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Canada: Le premier ministre de la Colombie-Britannique annonce sa démission

juin 28, 2022
Le premier ministre de la Colombie-Britannique annonce sa démission.

John Horgan dirige la Colombie-Britannique depuis 2017. Photo : Radio-Canada/Ben Nelms

À la sortie de la réunion de son Cabinet à Vancouver, le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a annoncé mardi qu’il démissionnera à l’automne.

Il restera en poste en tant que premier ministre jusqu’au moment où le Nouveau Parti démocratique aura pu élire un nouveau leader. John Horgan a l’intention de terminer son mandat de député, mais ne se représentera pas aux prochaines élections provinciales, et assure qu’il n’aura pas de rôle dans le choix du prochain chef du NPD.

John Horgan dirige la province depuis 2017 et les prochaines élections générales provinciales sont prévues en 2024. En octobre 2020, il avait réussi son pari de mener le NPD vers une majorité de sièges à l’Assemblée législative de Victoria.

John Horgan a tenu à présenter ses pensées en début de conférence de presse pour les personnes affectées par une fusillade à Saanich.

Le premier ministre, en rémission, dit avoir consulté sa femme, et pris en compte son énergie affectée par son cancer de la gorge, pour prendre cette décision difficileJe sais qu’il y aura beaucoup de temps pour parler du passé, a-t-il déclaré. John Horgan pense qu’il est temps de laisser la place à une autre génération.

John Horgan quitte la salle de conférence au milieu de journalistes.

John Horgan a souhaité mettre fin aux spéculations des médias sur son avenir politique. Photo: Radio-Canada/Ben Nelms/CBC

Mais avant de faire le bilan de son exercice, John Horgan promet de rester à la tâche et dit avoir voulu mettre fin aux spéculations sur son avenir politique. Nous continuerons [à] nous concentrer sur ce qui compte pour les Britanno-Colombiens.

« Nous avons été un gouvernement réactif. […] nous avons systématiquement abordé les problèmes. »— Une citation de  John Horgan, premier ministre de la C.-B.

John Horgan dit avoir des regrets, et des réussites, mais se félicite que son gouvernement se soit concentré sur les questions qui comptent pour les [Britanno-Colombiens].

Le premier ministre continuera à travailler et ne souhaite pas, pour l’instant, faire le bilan de son action. John Horgan souhaite œuvrer pour davantage de transferts du fédéral en matière de santé. Il est grand temps de s’y attaquer, et ce notamment lors de la rencontre des premiers ministres des provinces et territoires qui se déroulera à Victoria les 11 et 12 juillet.

Il souhaite également se concentrer sur les questions d’abordabilité, et pas seulement celle du logement dans la province.

Les dossiers importants ont toujours passionné John Horgan, se remémore-t-il. Le premier ministre assure avoir toujours dit ce qu’il pensait, avec des conséquences politiques parfois désavantageuses. Désormais, il a hâte de pouvoir discuter avec les Britanno-Colombiens, simplement en tant que John, et non comme leader politique.

Le parti vert remercie John Horgan

La cheffe du parti vert de la Colombie-Britannique, Sonia Furstenau, a tenu à remercier John Horgan pour son service dans un rôle qui est très difficile depuis cinq ans. Elle espère que le prochain leader travaillera de concert avec le reste de la classe politique sur les crises qui affectent la province, comme les changements climatiques ou le système de santé.

Le député fédéral néo-démocrate de New Westminster Burnaby, Peter Julian, est triste de la nouvelle. C’est vraiment quelqu’un qui n’a aucune prétention, qui voulait vraiment travailler dans l’intérêt de tout le monde puis ça se voit avec ses années de gouvernement et […] ce qu’il a pu accomplir.

Le président du Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique, Aaron Sumexheltza, a quant à lui expliqué dans un communiqué que John Horgan a « incarné [les] valeurs néo-démocrates […] qui consistent à donner la priorité aux gens et à travailler chaque jour pour relever les vrais défis auxquels ils sont confrontés ».

Il précise que dans les prochains jours, le conseil provincial se réunira pour ratifier les règles et le calendrier d’une élection pour la direction du parti.

Adam Pankratz, professeur de stratégie et d’économie à la Sauder School of Business de l’Université de la Colombie-Britannique, émet l’idée que le candidat évident à la succession de John Horgan pourrait être David Eby, l’actuel procureur général et ministre du Logement.

Un premier ministre populaire

John Horgan est député de Langford – Juan de Fuca, sur l’île de Vancouver, depuis 2005. Il a pris la place d’Adrian Dix à la tête du NPD en 2014, après la défaite du parti lors des élections provinciales de 2013, malgré des sondages qui le donnaient vainqueur.

John Horgan a dirigé la Colombie-Britannique au cœur de la pandémie de COVID-19, avec un accent mis sur la responsabilité citoyenneIl a été au pouvoir pendant quatre, cinq ans, dans des conditions difficiles pour gouverner, parmi les plus difficiles qu’on puisse imaginer dans les cinquante dernières années, déclare le politologue Gerald Baier, de l’Université de la Colombie-Britannique.

Il explique que l’héritage de John Horgan porte notamment sur les succès électoraux du parti et « des gains importants dans des régions de la province qui n’étaient traditionnellement pas des bastions du NPD ». Les investissements dans les infrastructures publiques et son style de leadership de délégation resteront également en mémoire, selon le politologue.

Le premier ministre et la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, John Horgan et Bonnie Henry.

Le premier ministre a délégué la gestion de la pandémie à la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry et au ministre de la Santé, Adrian Dix. (Archives) Photo : Radio-Canada/Mike McArthur

Selon de récents sondages, John Horgan est toujours populaire auprès de la population malgré une récente polémique autour du Musée royal de la Colombie-Britannique, un projet finalement suspendu.

Un choix qu’il a pris, dit-il, car le dossier est trop important pour être un champ de bataille politique. J’adore le musée [et] il y aura un meilleur plan [et] résultat.

En janvier 2022, le premier ministre, âgé de 62 ans, a terminé un traitement pour son cancer de la gorge.

Lors d’une entrevue en 2017, John Horgan avouait ne s’être jamais vu comme un acteur de premier plan en politique.

Radio-Canada par Mélinda Trochu avec des informations de Dominique Levesque, Gian-Paolo Mendoza et l’émission Panorama

Canada-Québec: Des démissions d’infirmières à répétition qui pèsent lourd sur le réseau de la santé

juin 4, 2022

Deux femmes de dos arborant un chandail noir sur lequel est écrit «La Chaudière déborde». En arrière-plan, la façade d'un hôpital.

En Chaudière-Appalaches, 700 postes d’infirmières sont à pourvoir. Conséquence de quoi, celles qui sont sur le front croulent sous le travail. Photo : Radio-Canada/Camille Carpentier

La pandémie a découragé les meilleures volontés. Beaucoup de professionnelles de la santé, épuisées par la crise sanitaire, ont quitté le réseau public, préférant exercer dans le privé où elles ont trouvé de meilleures conditions de travail.

Cette réalité se vérifie partout dans la grande région de Québec et en Chaudière-Appalaches. Depuis le début de l’année – qui n’est pas terminée -, 526 infirmières en poste au CHU de Québec ont démissionné. Elles étaient 478 en 2021 et 417 en 2020.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches rapporte 310 départs pour la période 2021-2022, alors qu’il y en avait eu 240 en 2020-2021 et 213 en 2019-2020.

Les embauches ne parviennent pas à compenser cette fuite de main-d’œuvre. Résultat, il manque 800 infirmières au CHU de Québec et 700 au CISSS de Chaudière-Appalaches.

Les gens n’en peuvent tout simplement plus, alerte Patricia Pouliot, la co-présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches.

Les primes du gouvernement ont eu peu d’effet

Le gouvernement a bien tenté de convaincre les professionnelles de la santé de rester dans le public ou d’y venir, en accordant des primes. Hélène Gravel, la présidente de l’Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec, juge que l’initiative n’a pas eu l’effet escompté.

On n’a vu aucune différence. À notre avis, ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de qualité de vie.

Brigitte Martel, la directrice des soins infirmiers au CHU de Québec, abonde dans le même sens. Il y a beaucoup d’offres de travail. Les infirmières font des choix pour leur vie personnelle.

Parce que le manque d’employés est criant dans les hôpitaux, le recours à des agences de placement augmente.

En 2019-2020, la proportion des heures travaillées par le personnel infirmier provenant d’agences au sein du CIUSSS de la Capitale-Nationale était de 1,15 %. En 2021-2022, elle a atteint les 4,24 %.

Tandis que la saison estivale s’annonce, Patricia Pouliot craint le pire.

On est rendu, je pense, et je n’aime pas tenir ce discours, à devoir couper des services. (…) La ligne est mince avant que les gens disent on lâche tout, on abandonne.

Acec Radio-Canada d’après les informations de Camille Carpentier

Côte d’Ivoire : après la primature, Patrick Achi à la vice-présidence ?

avril 15, 2022

Alors que le Premier ministre vient de démissionner, les spéculations vont bon train sur son avenir et sur les contours du futur gouvernement ivoirien. Le politologue Geoffroy Julien Kouao analyse les enjeux de ce remaniement.

Patrick Achi au palais présidentiel, à Abidjan, le 10 juillet 2018. Patrick Achi, the secretary general of the presidency, arrives for the announcement of the new government at the presidential palace in Abidjan, Ivory Coast July 10, 2018 © REUTERS/Luc Gnago

Le Premier ministre Patrick Achi a annoncé ce mercredi 13 avril sa démission ainsi que celle de son gouvernement, après plusieurs mois de suspense entretenu par le président Alassane Ouattara. Nommé Premier ministre il y a un an, ce technocrate a su imprimer sa marque dans un contexte de pandémie et de crise sécuritaireCet ex-cadre du PDCI a également su trouver sa place au sein du parti présidentiel et dans le premier cercle du président.

En attendant l’annonce la semaine prochaine d’un gouvernement plus resserré voulu par le président ivoirien, Geoffroy Julien Kouao, politologue et auteur de l’essai Côte d’Ivoire : une démocratie sans démocrates. La ploutocratie n’est pas la démocratie, revient sur les enjeux de ce remaniement.

Jeune Afrique : Pourquoi Alassane Ouattara procède-t-il à un remaniement maintenant ?

Geoffroy Julien Kouao : Dans son discours prononcé au moment où le Premier ministre a remis sa démission, Alassane Ouattara a dit vouloir que l’action gouvernementale soit plus efficace sur les volets sociaux et sécuritaires. Pour y parvenir, il lui faut certainement une nouvelle équipe gouvernementale.

Par ailleurs, il est possible que le président veuille pourvoir le poste de vice-président resté vacant après le départ de Daniel Kablan Duncan il y a deux ans. On peut penser qu’il souhaite nommer Patrick Achi à cette fonction.

Ce remaniement ne serait pas un signe de défiance envers Patrick Achi ? 

Je ne pense pas que ce soit le cas. Alassane Ouattara est en train de s’organiser dans la perspective de la présidentielle de 2025 pour laquelle Henri Konan Bédié du PDCI-RDA et Laurent Gbagbo du PPA-CI montrent déjà des velléités de candidature.

Concernant Patrick Achi, s’il est effectivement nommé vice-président, il deviendra la deuxième personnalité de l’État et sera vu comme le dauphin du président ivoirien. Le vice-président remplace le président de la République en cas de vacance du pouvoir et peut se voir déléguer un certain nombre de prérogatives. Lorsqu’on regarde la Constitution ivoirienne, le Premier ministre n’a qu’un simple pouvoir administratif qui consiste à animer et coordonner l’action gouvernementale. Si Patrick Achi parvenait à être nommé vice-président, il gagnerait en grade politique.

En le désignant comme deuxième personnalité de l’État, le président ferait aussi de la géopolitique, en contrant Laurent Gbagbo dans le sud-est du pays. D’autre part, cela permettrait de nommer une nouvelle personnalité à la primature, qui pourrait lui succéder aussi en cas de besoin.

On parle de lui à la vice-présidence mais Patrick Achi ne pourrait-il pas être tout simplement reconduit comme Premier ministre ?

Il peut l’être mais dans la pratique politique ivoirienne, cette hypothèse est peu plausible. Dans l’usage, lorsqu’un Premier ministre qui démissionne est reconduit, il l’est immédiatement. Là, ça n’a pas été le cas.

Quel pourrait être le profil du nouveau chef du gouvernement ivoirien ?

Il y a deux hypothèses. Si Alassane Ouattara veut un technocrate, il va certainement penser à trois personnalités : le secrétaire général de la présidence, Abdourahmane Cissé (qui a succédé à Patrick Achi en mars 2021), son directeur de cabinet, Fidèle Sarassoro ou encore la ministre du Plan et du Développement, Kaba Nialé. Il pourrait même faire appel à monsieur Jean Claude Kassi Brou, actuel président de la Commission de la Cedeao.

S’il veut donner une touche plus politique au gouvernement, il pourrait plutôt nommer un homme politique. Dans ce cas, il pensera à des cadres du RHDP comme Gilbert Kafana Koné, Adama Bictogo ou encore Kandia Camara.

Tout cela se fait dans la perspective des élections locales de 2023 et présidentielle de 2025. Le président essaie de choisir les meilleurs chevaux sur lesquels son parti et lui-même peuvent miser pour ces consultations locales et générales.

Le président doit s’adresser au congrès le 19 avril. Doit-on s’attendre à une annonce sur la nomination du futur vice-président ?

Souvenez-vous que c’est devant l’Assemblée nationale, lorsque nous n’avions qu’une seule chambre, que le président avait annoncé officiellement aux députés et à la nation la nomination de Daniel Kablan Duncan au poste de vice-président de la République. En réunissant le congrès, c’est-à-dire l’Assemblée nationale et le Sénat, à Yamoussoukro le mardi 19 avril pour se prononcer sur l’état de la nation, c’est l’occasion idéale pour le président de nommer le vice-président en accord avec le parlement, comme le stipule la constitution. C’est donc une hypothèse très plausible.

Avec Jeune Afrique par Aïssatou Diallo – à Abidjan

Côte d’Ivoire : le Premier ministre Patrick Achi démissionne

avril 13, 2022

Le prochain chef du gouvernement ivoirien doit être connu dès la semaine prochaine. Il aura pour mission de mettre sur pied un exécutif resserré d’une trentaine de membres.

Alassane Ouattara et Patrick Achi, au palais présidentiel, le 7 avril 2021. © LEGNAN KOULA/EPA/MaxPPP

Ce mercredi 13 avril, alors que tous étaient réunis au palais présidentiel pour le traditionnel conseil des ministres, le Premier ministre Patrick Achi a présenté sa démission ainsi que celle de son gouvernement au président ivoirien Alassane Ouattara, qui les a acceptées.

Ce remaniement était évoqué depuis le début de l’année. D’abord prévu en janvier, puis en février, il intervient tout juste un an après l’arrivée de Patrick Achi à la primature.

Alors qu’il regrettait en privé le relatif manque d’efficacité de l’actuel gouvernement, Alassane Ouattara a annoncé que le prochain exécutif serait resserré autour d’une trentaine de membres – contre 41 aujourd’hui, un effectif qui a parfois été source de conflits.

« En vue de renforcer l’efficacité de l’action du gouvernement et pour tenir compte de la conjoncture économique mondiale actuelle, j’ai décidé de la réduction du nombre des ministres du gouvernement. En effet, il est impératif de réduire les dépenses de l’État tout en les réorientant vers la résilience sociale et sécuritaire », a expliqué ADO à l’issue du conseil des ministres.

Le nom du nouveau Premier ministre sera connu dès la semaine prochaine, a-t-il précisé. Des jours qui s’annoncent politiquement décisifs puisque ce mardi, la présidence ivoirienne a annoncé que chef de l’État s’adressera au Parlement réuni en Congrès mardi prochain, 19 avril.

Avec Jeune Afrique

RDC : Lettre de Démission de Jean-Marc KABUND au poste de Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale

mars 31, 2022

Canada: Le chef de police d’Ottawa démissionne après 18 jours de manifestation

février 15, 2022
Le chef de police Peter Sloly devant une caméra.

Peter Sloly a démissionné de son poste de chef de police d’Ottawa. Photo : Radio-Canada/Guy Quenneville

Le chef de la police démissionne, emporté par le mouvement de protestation des camionneurs.

Peter Sloly a remis sa démission mardi matin. Le chef de la police d’Ottawa subissait d’intenses pressions en raison de l’enlisement du mouvement de protestation des camionneurs au centre-ville de la capitale. Le centre-ville d’Ottawa est occupé depuis maintenant 19 jours.

Peter Sloly réclamait du renfort depuis déjà plusieurs jours. Il affirmait ne pas pouvoir compter sur des ressources suffisantes au sein des forces policières de la capitale fédérale pour mettre un terme à l’occupation du centre-ville.

Le chef de la police d’Ottawa constatait qu’il était impossible pour ses agents de bloquer toutes les sources de ravitaillement. Peter Sloly affirmait avoir un plan pour mettre fin au mouvement de protestation, mais ce plan, disait-il, ne pourrait être mis en œuvre que lorsque le service de police d’Ottawa aurait reçu les ressources supplémentaires.

Il doit officiellement remettre sa démission plus tard mardi, après la réunion de la Commission des services policiers, selon des sources qui ont parlé à Canadian Broadcasting CorporationCBC.

Peter Sloly est entré en fonction dans ce poste en octobre 2019. Son contrat devait se terminer en 2024.

Avec Radio-Canada

Grande-Bretagne: Démissions en série dans l’entourage de Boris Johnson dans la foulée du « partygate »

février 4, 2022

Après avoir présenté platement ses excuses devant la Chambre des communes, Boris Johnson avait annoncé qu’il allait réorganiser ses services, sans que cela calme les critiques dont il fait l’objet

Boris Johnson sortant de Downing Street, à Londres, le 2 février 2022.
Boris Johnson sortant de Downing Street, à Londres, le 2 février 2022. HENRY NICHOLLS / REUTERS

Les noms de trois d’entre eux avaient été cités dans l’enquête sur les fêtes à Downing Street en plein confinement de la population britannique pendant la pandémie de Covid-19. Le directeur de cabinet de Boris Johnson, le premier ministre britannique, Dan Rosenfield, son principal secrétaire privé, Martin Reynolds, son directeur de la communication, Jack Doyle, et sa conseillère politique Munira Mirza ont tous démissionné, jeudi 3 février. Martin Reynolds est celui qui avait envoyé un courriel à une centaine de personnes pour les inviter à un pot en mai 2020.

Après avoir présenté platement ses excuses devant la Chambre des communes à la suite de la publication d’un rapport accablant de la haute fonctionnaire Sue Gray en début de semaine, Boris Johnson avait annoncé qu’il allait réorganiser ses services, sans que cela calme les critiques dont il fait l’objet.

Le premier ministre a remercié Martin Reynolds et Dan Rosenfield pour leur « importante contribution au gouvernement », notamment pour leur travail sur la pandémie et la reprise économique, a déclaré un porte-parole dans un communiqué. « Ils resteront en place jusqu’à ce que leurs successeurs soient désignés », a-t-il ajouté.

Accusations erronées contre le chef du Labour

Munira Mirza a reproché à Boris Johnson d’avoir lancé une accusation « trompeuse » contre le chef de l’opposition lorsqu’il se défendait au Parlement après la publication d’un rapport interne accablant sur ces rencontres à Downing Street, qui lui imputait des « erreurs de leadership ».

Le premier ministre avait accusé le chef du parti travailliste, Keir Starmer, d’avoir permis au pédophile Jimmy Savile, feue ex-star de la BBC, d’échapper à la justice quand il dirigeait le parquet britannique.

Le recours à cette accusation, répandue dans les milieux complotistes et d’extrême droite, a provoqué un tollé. Keir Starmer a lui-même accusé Boris Johnson de répéter « les théories du complot de fascistes pour marquer des points politiques pour pas cher »« Il n’y avait aucune base raisonnable ou juste à cette assertion », a écrit Munira Mirza, responsable des politiques à Downing Street, dans sa lettre de démission publiée sur le site du magazine The Spectator.

Il s’agissait d’une « référence partisane et déplacée à une affaire épouvantable d’abus sexuels sur des enfants », a-t-elle déclaré. Malgré son appel en ce sens, « vous n’avez pas présenté d’excuses pour l’impression trompeuse que vous avez donnée », a-t-elle poursuivi.

Ancienne membre du défunt Parti communiste révolutionnaire, Munira Mirza a travaillé avec Boris Johnson quand il était maire de Londres, entre 2008 et 2016.

Selon le tabloïd Daily Mail, Jack Doyle, le directeur de la communication de Boris Johnson, a dit à ses équipes qu’il avait toujours été dans son intention de partir deux ans après son arrivée à Downing Street en 2020, d’abord dans un rôle subalterne, et que sa vie familiale avait fortement souffert de ce scandale ces dernières semaines.

Downing Steet a souligné la « gratitude » de Boris Johnson à ces deux anciens conseillers pour leur « contribution au gouvernement ».

Par Le Monde avec AFP

Burkina : le président Kaboré écarté, le lieutenant-colonel Damiba prend le pouvoir

janvier 24, 2022
Roch Marc Christian Kaboré, en octobre 2019. © Mikhail Metzel/TASS/Sipa USA/SIPA

Selon un communiqué lu par les militaires sur les ondes de la radio-télévision nationale, le chef de l’État a été destitué, ce lundi 24 janvier. Un « Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration » annonce prendre la tête du pays.

Les militaires putschistes ont confirmé, aux environs de 17h30 TU, le renversement du président Roch Marc Christian Kaboré. La déclaration, signée du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, « président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration[MPSR] » a été lue à la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB).

« Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire et de l’incapacité manifeste du pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré à unir les Burkinabè pour faire face efficacement à la situation et suite à l’exaspération des différentes couches sociales de la nation, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration a décidé d’assumer ses responsabilités devant l’Histoire, a lu le capitaine Sidaoré Kader Ouédraogo, coiffé d’un béret bleu. Le mouvement, qui regroupe toutes les composantes de forces de défense et de sécurité, a ainsi décidé de mettre fin au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré  ce 24 janvier 2022. »

« Tournant décisif »

Capture d’écran des militaires burkinabè lisant la déclaration annonçant la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le lundi 24 janvier 2022.
Capture d’écran des militaires burkinabè lisant la déclaration annonçant la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le lundi 24 janvier 2022. © DR / RTB

Il a dans la foulée annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale ainsi que la fermeture des frontières terrestres et aériennes du Burkina Faso. Il a également précisé que le coup d’État avait eu lieu « sans effusion de sang et sans aucune violence physique à l’encontre des personnes arrêtées ». Il a promis que le MPSR présenterait « un calendrier de retour à l’ordre constitutionnel ». Il s’agit, a-t-il conclu, d’un « tournant décisif » pour le Burkina Faso.

« Le président Kaboré a voulu éviter un bain de sang », avait confié un membre de son proche entourage, joint par Jeune Afrique peu de temps avant la lecture du communiqué, laissant entendre qu’il s’était résolu à démissionner.

Jusqu’au bout, Roch Marc Christian Kaboré aura tenté de trouver une issue pour rester au pouvoir. « Il pensait encore pouvoir trouver une solution pour que toutes les forces armées ne rallient pas les putschistes », glisse l’un de ses intimes qui l’a eu au téléphone hier. Mais le chef de l’État savait sa marge de manœuvre réduite d’autant que, derrière les mutineries qui ont éclaté hier dans plusieurs camps et casernes du pays, se dessinait le scénario d’une action concertée.

À Emmanuel Macron, Alassane Ouattara ou encore Macky Sall, avec lesquels il a échangé dans l’après-midi de ce dimanche, le président burkinabè a répété la même chose : « Nous essayons de gérer la situation. Nous avons entamé des discussions avec les mutins et nous espérons un dénouement favorable. »

SELON LE MPP, LE CHEF DE L’ÉTAT A ÉCHAPPÉ À UNE TENTATIVE D’ASSASSINAT

Le dénouement surviendra, mais il ne lui sera pas favorable. Dès dimanche soir, une fois la parenthèse de la victoire des Étalons en huitièmes de finale de la CAN refermée, les événements se précipitent. Des mutins prennent d’assaut sa résidence personnelle, dans le quartier de la Patte-d’Oie. Deux véhicules de sa garde rapprochée sont criblés de balles. Leurs sièges, filmés par la foule le lendemain, sont maculés de taches de sang. Quatre membres de sa sécurité sont blessés.

Ses proches affirment qu’il a été exfiltré et placé en « lieu sûr » par les gendarmes qui composent sa garde. Son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), affirme même que le chef de l’État a échappé à une tentative d’assassinat.

Tout au long de ce lundi, plusieurs de ses collaborateurs affirment qu’il est en sécurité et qu’ils échangent avec lui. Une version contredite par d’autres sources, selon lesquelles il est au contraire entre les mains des putschistes. La confusion règne, mais une chose est sûre : alors que les heures passent, le chef de l’État, invisible et introuvable, voit le pouvoir lui échapper. Les putschistes contrôlent les abords de la présidence et de sa résidence, ainsi que la télévision nationale.

En coulisses, les tractations entre militaires progressent. L’ensemble de l’armée, y compris la gendarmerie, réputée fidèle à Kaboré, semble se rallier aux putschistes. Malgré les pressions politiques et diplomatiques pour maintenir le président en place, l’affaire semble entendue. Difficile, dès lors, de voir comment le rapport de force pouvait s’inverser. Contrairement à ce qu’il espérait il y a encore quelques heures, Roch Kaboré n’y est pas parvenu. Il rejoint désormais la liste – qui ne cesse de s’allonger – des chefs d’État ouest-africains renversés par un putsch.

Par Jeune Afrique

RDC: Jean Marc Kabund démissionne de ses fonctions du premier vice-président de l’Assemblée nationale

janvier 14, 2022
Jean Marc Kabund/Ph ACTUALITE.CD

Jean Marc Kabund a annoncé ce vendredi 14 janvier sa démission de ses fonctions de premier vice-président de l’Assemblée nationale. C’est une forte décision qui fait suite à une expédition punitive menée en sa résidence par les militaires de la Garde Républicaine (GR) chargée de la sécurité du Président de la République et de sa famille. 

M. Kabund, président a.i de l’UDPS, parti au pouvoir est au cœur d’une altercation entre les policiers commis à sa garde et un militaire de la GR. Ce dernier, assis sur le siège de devant d’une voiture roulant à contresens s’opposait à l’interpellation des occupants dedit engin. Paroles contre paroles, muscles contre muscles, le bras de fer n’a pas été long. Son arme lui a été ravie et il a été extirpé du véhicule par les gardes de Kabund. Le militaire a été embarqué et déporté à l’auditorat. 

Dans la soirée, ses compagnons d’armes sont allés à la résidence de Kabund pour venger le leurs. Ils ont cassé, chamboulé les biens dans la maison du président ad interim du parti présidentiel. Ils ont aussi arrêté tous les policiers commis à la résidence de Kabund. 

Aux dernières nouvelles, et le militaire GR et les policiers arrêtés au domicile de Kabund ont été libérés. Cette situation n’a pas visiblement plu à Jean Marc Kabund, bras droit du Chef de l’Etat. 

Avec RDC Presse

Canada-Québec: Le départ du Dr Arruda, une occasion de repenser la gestion de la pandémie

janvier 11, 2022

« Son successeur devra bénéficier de la plus grande indépendance dans ses avis pour assurer l’adhésion de la population », plaide le Collège des médecins.

Gros plan d'Horacio Arruda.

Le DNSP du Québec, le Dr Horacio Arruda, a démissionné lundi soir. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

La démission du Dr Horacio Arruda offre une occasion de revoir comment le gouvernement du Québec et la direction nationale de santé publique (DNSP) gèrent la pandémie de COVID-19, estiment des experts interrogés par Radio-Canada.

C’est notamment le cas du Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), qui n’a pas mâché pas ses mots envers l’ancien patron de la direction nationale de santé publiqueDNSP dans une entrevue accordée à l’émission Tout un matin.

Il a été très utile pour rallier la population au combat contre la pandémie, mais avec le temps, il devenait de plus en plus fatigué et il y a certaines de ses décisions ou recommandations qui devenaient controversées. Il semblait aussi être un peu déphasé avec ce que la science internationale disait, a-t-il commenté mardi.

Alors un moment donné, ça devient évident que ces choses-là vont arriver. Je pense que l’idée, c’est de tourner la page et espérer que si on a commis des erreurs, peut-être dans la façon dont la santé publique donnait leurs avis, j’espère qu’on va prendre cette opportunité-là pour les corriger.

Au début de la pandémie, il était difficile d’asseoir des recommandations sur des données scientifiques probantes, qui n’étaient tout simplement pas au rendez-vous, concède M. Veillette. Mais les connaissances scientifiques sur la COVID-19 se sont ensuite améliorées, sans que M. Arruda n’en soit au diapason.

C’est sûr qu’une fois qu’on a considéré ces données-là, évidemment, on peut moduler en fonction de la politique ou des besoins sociaux ou d’autres considérations. Mais d’abord et avant tout, ça devrait être basé sur de la science. On ne peut pas faire des choses à l’encontre de la science, plaide-t-il.

Et c’est là où je pense que, ces derniers temps, M. Arruda avait certaines difficultés. Moi, je préconisais qu’il devrait y avoir davantage d’avis d’experts indépendants du gouvernement qui influencent le ministère de la Santé et le premier ministre. Je pense que c’est possible de faire ça.

« Quand M. Arruda parlait de ses experts, on ne savait jamais de qui il parlait. Il disait : »mes experts m’ont dit ci, m’ont dit ça ». Je pense que ce serait plus important d’avoir plus de transparence. Qui sont les experts? »— Une citation de  Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’IRCMAndré Veillette,  assis sur une chaise, devant une caméra.

L’immunologiste André Veillette, lors d’une entrevue pour l’émission Découverte (archives)

PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-FRANCOIS MICHAUD

De l’importance d’obtenir des avis d’experts indépendants

Selon le chercheur, il serait plus approprié qu’il y ait une certaine distance entre les experts et le gouvernement , et que ce dernier recueille l’opinion de conseillers scientifiques indépendants qui ne font partie du gouvernement, qui ne sont pas payés par le gouvernement.

Ce n’est pas juste pour le virus, c’est pour la ventilation, c’est pour la santé mentale, les comportements de la population, poursuit M. Veillette.

On a besoin de ces avis indépendants et je pense qu’il devrait y avoir quand même une certaine transparence quand ces avis sont émis. Est-ce qu’ils devraient être rendus publics ou non? Je ne le sais pas, mais ça devrait être clair qu’il y a un comité indépendant d’aviseurs.

« Je pense qu’ils doivent revoir le mécanisme d’avis d’experts. Les experts, on devrait les connaître, ça devrait être de vrais experts, […] pas des experts du gouvernement qui sont payés par le gouvernement. Vous savez, quand votre employeur vous demande votre opinion, que c’est lui qui paie votre salaire, c’est sûr que votre opinion peut être assez influencée par cette situation. »— Une citation de  Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’IRCM

Le Collège des médecins du Québec a abondé dans le même sens dans un tweet où il salue le Dr Arruda pour avoir mobilisé la population pour respecter les mesures sanitaires dès le début de cette longue pandémie 

Son successeur devra bénéficier de la plus grande indépendance dans ses avis pour assurer l’adhésion de la population, plaide l’ordre professionnel des médecins québécois.Le Dr Mauril Gaudreault, en entrevue

Le président du Collège des médecins du Québec, Mauril Gaudreault (archives)

PHOTO : RADIO-CANADA

Des rôles à différencier

Maude Laberge, chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec pour l’axe Santé des populations et pratiques optimales en santé et professeure à l’Université Laval, est aussi de cet avis. Selon elle, il faut mieux départager les rôles du gouvernement et de la direction nationale de santé publiqueDNSP.

La science, ça peut être tenir compte de la science et des données probantes qu’on a, mais il y a aussi d’autres éléments dont le gouvernement va tenir compte que la santé ne va pas tenir compte, a-t-elle expliqué dans une entrevue accordée à l’émission Première heure.

Elle donne l’exemple de la pression que des tenanciers de bars ou des propriétaires de restaurant peuvent exercer sur le gouvernement pour ouvrir leurs portes, pour des raisons économiques. C’est tout à fait possible que ces gens fassent pression sur le gouvernement, mais par contre, [ils] ne devraient pas faire pression sur la santé publique, observe-t-elle.

« Ce n’est pas quelque chose que le directeur national de santé publique devrait nécessairement prendre en compte lorsqu’il fait ses recommandations, mais je pense que le gouvernement, le premier ministre, peut tenir compte des recommandations de la santé publique sans être calqué exactement non plus dessus dans ses décisions. »— Une citation de  Maude Laberge, chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec

À l’instar du Dr Veillette, elle reconnaît qu’il était pratiquement inévitable que des erreurs aient été commises au moment on construisait l’avion en plein vol. Plus récemment, Québec aurait cependant eu avantage à s’appuyer sur une diversité des opinions pour appuyer ses décisions.

Il y a un moment où la population est beaucoup plus fatiguée par rapport aux mesures, et l’adhésion est plus difficile à avoir, et donc, le discours a besoin d’être très clair. Et on a eu une certaine confusion ces derniers temps par rapport à certaines mesures, par rapport à certains revirements, observe la professeure Laberge.

Donc je pense que, parfois, dans la rapidité à prendre des décisions, il y a peut-être des acteurs clés qui n’ont pas toujours été consultés pour s’appuyer sur la diversité des opinions avant de faire une recommandation et qui peut avoir donné lieu à certaines erreurs.

La chercheuse croit qu’il serait dorénavant avantageux que le directeur national et de la santé publique et le gouvernement du Québec offrent des points de presse distincts pour s’assurer qu’on ne mélange pas la santé publique et les décisions, [qui] sont celles du gouvernement.

Il y a peut-être une transparence qui est nécessaire là [afin] de ne pas faire poser le fardeau sur la santé publique alors que ce n’est pas nécessairement le seul élément que considère le gouvernement quand il prend des décisions, souligne-t-elle.