Posts Tagged ‘Démission’

RDC: Jean Marc Kabund démissionne de ses fonctions du premier vice-président de l’Assemblée nationale

janvier 14, 2022
Jean Marc Kabund/Ph ACTUALITE.CD

Jean Marc Kabund a annoncé ce vendredi 14 janvier sa démission de ses fonctions de premier vice-président de l’Assemblée nationale. C’est une forte décision qui fait suite à une expédition punitive menée en sa résidence par les militaires de la Garde Républicaine (GR) chargée de la sécurité du Président de la République et de sa famille. 

M. Kabund, président a.i de l’UDPS, parti au pouvoir est au cœur d’une altercation entre les policiers commis à sa garde et un militaire de la GR. Ce dernier, assis sur le siège de devant d’une voiture roulant à contresens s’opposait à l’interpellation des occupants dedit engin. Paroles contre paroles, muscles contre muscles, le bras de fer n’a pas été long. Son arme lui a été ravie et il a été extirpé du véhicule par les gardes de Kabund. Le militaire a été embarqué et déporté à l’auditorat. 

Dans la soirée, ses compagnons d’armes sont allés à la résidence de Kabund pour venger le leurs. Ils ont cassé, chamboulé les biens dans la maison du président ad interim du parti présidentiel. Ils ont aussi arrêté tous les policiers commis à la résidence de Kabund. 

Aux dernières nouvelles, et le militaire GR et les policiers arrêtés au domicile de Kabund ont été libérés. Cette situation n’a pas visiblement plu à Jean Marc Kabund, bras droit du Chef de l’Etat. 

Avec RDC Presse

Canada-Québec: Le départ du Dr Arruda, une occasion de repenser la gestion de la pandémie

janvier 11, 2022

« Son successeur devra bénéficier de la plus grande indépendance dans ses avis pour assurer l’adhésion de la population », plaide le Collège des médecins.

Gros plan d'Horacio Arruda.

Le DNSP du Québec, le Dr Horacio Arruda, a démissionné lundi soir. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

La démission du Dr Horacio Arruda offre une occasion de revoir comment le gouvernement du Québec et la direction nationale de santé publique (DNSP) gèrent la pandémie de COVID-19, estiment des experts interrogés par Radio-Canada.

C’est notamment le cas du Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), qui n’a pas mâché pas ses mots envers l’ancien patron de la direction nationale de santé publiqueDNSP dans une entrevue accordée à l’émission Tout un matin.

Il a été très utile pour rallier la population au combat contre la pandémie, mais avec le temps, il devenait de plus en plus fatigué et il y a certaines de ses décisions ou recommandations qui devenaient controversées. Il semblait aussi être un peu déphasé avec ce que la science internationale disait, a-t-il commenté mardi.

Alors un moment donné, ça devient évident que ces choses-là vont arriver. Je pense que l’idée, c’est de tourner la page et espérer que si on a commis des erreurs, peut-être dans la façon dont la santé publique donnait leurs avis, j’espère qu’on va prendre cette opportunité-là pour les corriger.

Au début de la pandémie, il était difficile d’asseoir des recommandations sur des données scientifiques probantes, qui n’étaient tout simplement pas au rendez-vous, concède M. Veillette. Mais les connaissances scientifiques sur la COVID-19 se sont ensuite améliorées, sans que M. Arruda n’en soit au diapason.

C’est sûr qu’une fois qu’on a considéré ces données-là, évidemment, on peut moduler en fonction de la politique ou des besoins sociaux ou d’autres considérations. Mais d’abord et avant tout, ça devrait être basé sur de la science. On ne peut pas faire des choses à l’encontre de la science, plaide-t-il.

Et c’est là où je pense que, ces derniers temps, M. Arruda avait certaines difficultés. Moi, je préconisais qu’il devrait y avoir davantage d’avis d’experts indépendants du gouvernement qui influencent le ministère de la Santé et le premier ministre. Je pense que c’est possible de faire ça.

« Quand M. Arruda parlait de ses experts, on ne savait jamais de qui il parlait. Il disait : »mes experts m’ont dit ci, m’ont dit ça ». Je pense que ce serait plus important d’avoir plus de transparence. Qui sont les experts? »— Une citation de  Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’IRCMAndré Veillette,  assis sur une chaise, devant une caméra.

L’immunologiste André Veillette, lors d’une entrevue pour l’émission Découverte (archives)

PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-FRANCOIS MICHAUD

De l’importance d’obtenir des avis d’experts indépendants

Selon le chercheur, il serait plus approprié qu’il y ait une certaine distance entre les experts et le gouvernement , et que ce dernier recueille l’opinion de conseillers scientifiques indépendants qui ne font partie du gouvernement, qui ne sont pas payés par le gouvernement.

Ce n’est pas juste pour le virus, c’est pour la ventilation, c’est pour la santé mentale, les comportements de la population, poursuit M. Veillette.

On a besoin de ces avis indépendants et je pense qu’il devrait y avoir quand même une certaine transparence quand ces avis sont émis. Est-ce qu’ils devraient être rendus publics ou non? Je ne le sais pas, mais ça devrait être clair qu’il y a un comité indépendant d’aviseurs.

« Je pense qu’ils doivent revoir le mécanisme d’avis d’experts. Les experts, on devrait les connaître, ça devrait être de vrais experts, […] pas des experts du gouvernement qui sont payés par le gouvernement. Vous savez, quand votre employeur vous demande votre opinion, que c’est lui qui paie votre salaire, c’est sûr que votre opinion peut être assez influencée par cette situation. »— Une citation de  Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’IRCM

Le Collège des médecins du Québec a abondé dans le même sens dans un tweet où il salue le Dr Arruda pour avoir mobilisé la population pour respecter les mesures sanitaires dès le début de cette longue pandémie 

Son successeur devra bénéficier de la plus grande indépendance dans ses avis pour assurer l’adhésion de la population, plaide l’ordre professionnel des médecins québécois.Le Dr Mauril Gaudreault, en entrevue

Le président du Collège des médecins du Québec, Mauril Gaudreault (archives)

PHOTO : RADIO-CANADA

Des rôles à différencier

Maude Laberge, chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec pour l’axe Santé des populations et pratiques optimales en santé et professeure à l’Université Laval, est aussi de cet avis. Selon elle, il faut mieux départager les rôles du gouvernement et de la direction nationale de santé publiqueDNSP.

La science, ça peut être tenir compte de la science et des données probantes qu’on a, mais il y a aussi d’autres éléments dont le gouvernement va tenir compte que la santé ne va pas tenir compte, a-t-elle expliqué dans une entrevue accordée à l’émission Première heure.

Elle donne l’exemple de la pression que des tenanciers de bars ou des propriétaires de restaurant peuvent exercer sur le gouvernement pour ouvrir leurs portes, pour des raisons économiques. C’est tout à fait possible que ces gens fassent pression sur le gouvernement, mais par contre, [ils] ne devraient pas faire pression sur la santé publique, observe-t-elle.

« Ce n’est pas quelque chose que le directeur national de santé publique devrait nécessairement prendre en compte lorsqu’il fait ses recommandations, mais je pense que le gouvernement, le premier ministre, peut tenir compte des recommandations de la santé publique sans être calqué exactement non plus dessus dans ses décisions. »— Une citation de  Maude Laberge, chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec

À l’instar du Dr Veillette, elle reconnaît qu’il était pratiquement inévitable que des erreurs aient été commises au moment on construisait l’avion en plein vol. Plus récemment, Québec aurait cependant eu avantage à s’appuyer sur une diversité des opinions pour appuyer ses décisions.

Il y a un moment où la population est beaucoup plus fatiguée par rapport aux mesures, et l’adhésion est plus difficile à avoir, et donc, le discours a besoin d’être très clair. Et on a eu une certaine confusion ces derniers temps par rapport à certaines mesures, par rapport à certains revirements, observe la professeure Laberge.

Donc je pense que, parfois, dans la rapidité à prendre des décisions, il y a peut-être des acteurs clés qui n’ont pas toujours été consultés pour s’appuyer sur la diversité des opinions avant de faire une recommandation et qui peut avoir donné lieu à certaines erreurs.

La chercheuse croit qu’il serait dorénavant avantageux que le directeur national et de la santé publique et le gouvernement du Québec offrent des points de presse distincts pour s’assurer qu’on ne mélange pas la santé publique et les décisions, [qui] sont celles du gouvernement.

Il y a peut-être une transparence qui est nécessaire là [afin] de ne pas faire poser le fardeau sur la santé publique alors que ce n’est pas nécessairement le seul élément que considère le gouvernement quand il prend des décisions, souligne-t-elle.

Canada-Québec: Le Dr Horacio Arruda démissionne

janvier 10, 2022
Dr Horacio Arruda

Le directeur national de la Santé publique, le Dr Horacio Arruda, a remis sa démission lundi soir. 

Dans une lettre adressée au premier ministre, le Dr Arruda explique qu’il préférait remettre sa démission, puisque ses avis controversés sur la gestion de la pandémie commençaient, selon lui, à nuire à la crédibilité du gouvernement.

«Les propos récents tenus sur la crédibilité de nos avis et sur notre rigueur scientifique causent sans doute une certaine érosion de l’adhésion de la pollution. Dans un tel contexte, j’estime approprié de vous offrir la possibilité de me remplacer avant l’échéance du terme de mon mandat, du moins à titre de DNSP», a écrit le médecin.

«Ne voyez pas en ce geste un abandon de ma part, mais plutôt l’offre d’une opportunité pour vous de réévaluer la situation, après plusieurs vagues et dans un contexte en constante évolution», a poursuivi celui qui était à la tête de la Santé publique du Québec depuis 12 ans.

Cette annonce survient en pleine crise de la vague du variant Omicron, qui a amené le Québec a dépasser la barre des 2500 hospitalisations liées à la COVID-19 lundi.

Figure emblématique de la gestion de la pandémie qui avait suscité l’engouement des Québécois aux premiers mois de la crise en 2020, la gestion de la pandémie par le Dr Arruda était de plus en plus critiquée et les appels à son remplacement se faisaient de plus en plus nombreux, notamment en raison de ses multiples volte-face.

En effet, le gouvernement et son directeur national de la santé publique avaient dû reculer à plusieurs reprises, notamment sur le port du masque, présenté comme inutile en début de pandémie. Plus récemment, l’annonce du retour au travail du personnel de la santé infecté, mais asymptomatique, avait pris tout le monde par surprise.

«Il importe de considérer chacune de ces recommandations dans le contexte des connaissances du moment et de l’époque», a plaidé le Dr Arruda dans sa lettre en assurant avoir fait «les meilleures [recommandations] possibles» avec les connaissances qu’il avait.

Par TVA avec Agence QMI

Soudan : Abdallah Hamdock jette l’éponge

janvier 3, 2022
Abdallah Hamdok à Khartoum, au Soudan, le 24 août 2019. © MOHAMED NURELDIN ABDALLAH/REUTERS

Moins de deux mois après être revenu au pouvoir, le Premier ministre a annoncé sa démission. Il a dit avoir « tout tenté » pour son pays, mais a reconnu avoir échoué. Depuis le putsch d’octobre, la répression des manifestations a fait près de 60 morts.

Ce dimanche 2 janvier, alors qu’il était revenu au pouvoir dans le cadre d’un accord politique conclu avec les militaires moins de deux mois plus tôt, Abdallah Hamdok a annoncé qu’il quittait ses fonctions de Premier ministre.

Ces derniers jours, la rumeur n’avait cessé d’enfler, la presse locale assurant même qu’il ne se présentait plus à son bureau. Lors d’une longue intervention sur les ondes de la télévision d’État, il a dit avoir tout tenté mais échoué à mener à bien sa mission.

Tournant dangereux

« J’ai essayé d’empêcher [le Soudan] de glisser vers la catastrophe, alors qu’aujourd’hui il traverse un tournant dangereux qui menace sa survie […] au vu de la fragmentation des forces politiques et des conflits entre les composantes de la transition, a-t-il argué. Malgré tout ce qui a été fait pour parvenir à un consensus, […] cela ne s’est pas produit. »

Les positions des civils et des militaires sont trop irréconciliables pour qu’un « consensus » vienne « mettre fin à l’effusion de sang », a-t-il encore ajouté.

Cet ancien économiste onusien, qui avait obtenu l’effacement de la dette du Soudan et la fin de son isolement sur la scène internationale, n’a pas connu de répit depuis le coup d’État du 25 octobre 2021. 

Ce jour-là, son principal partenaire, le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, l’avait fait placer en résidence surveillée. Et avec lui, la quasi-totalité des civils des autorités de transition, rompant brutalement l’attelage baroque constitué en 2019, au lendemain de la chute du président Omar el-Béchir.

À l’époque, généraux et civils s’étaient entendus sur un calendrier de transition qui prévoyait une remise de la totalité du pouvoir aux civils et l’organisation d’élections libres en 2023. Mais le 25 octobre dernier, le général Burhane a rebattu les cartes : il a prolongé de deux ans son mandat à la tête du pays, puis réinstallé un mois plus tard Abdallah Hamdok dans ses fonctions, non sans avoir préalablement écarté nombre de responsables qui comptaient parmi les partisans les plus actifs d’un pouvoir civil, notamment au sein du Conseil de souveraineté.

« Traître »

Abdallah Hamdok était depuis perçu par la rue comme le « traître » qui aidait les militaires à « faciliter le retour de l’ancien régime ».

Depuis le putsch, 57 manifestants ont été tués et des centaines d’autres blessés. Ce dimanche, dans un ballet désormais rodé, les autorités ont une nouvelle fois tenté d’étouffer la mobilisation. Des milliers de Soudanais étaient sortis dans les rues et les forces de sécurité ont tué deux personnes.

La ville de Khartoum est depuis plusieurs jours coupée de ses banlieues par des containers placés en travers des ponts situés sur le Nil. Sur les principaux axes, les forces de sécurité, juchées sur des blindés armés de mitrailleuses lourdes, surveillent les passants.

LES MANIFESTANTS APPELLENT À FAIRE DE 2022 « L’ANNÉE DE LA POURSUITE DE LA RÉSISTANCE »

Toute l’après-midi ce dimanche, les partisans d’un pouvoir civil ont scandé des slogans hostiles aux militaires (« Les militaires à la caserne », « Le pouvoir au peuple »), tandis que des jeunes à motos sillonnaient la foule en évacuant les blessés, puisqu’à chaque mobilisation les ambulances sont bloquées par les forces de sécurité.

Les manifestants appellent à faire de 2022 « l’année de la poursuite de la résistance », réclamant justice pour ceux qui ont été tués depuis le putsch, mais aussi pour les plus de 250 civils abattus lors de la « révolution » de 2019.

Internet coupé

Outre les morts et la coupure du téléphone et d’internet, les forces de sécurité sont également accusées d’avoir eu recours en décembre à un nouvel outil de répression : le viol. Au moins 13 manifestantes ont été agressées, selon l’ONU.

Chaque jour et dans chaque quartier, des comités de résistance, petits groupes qui organisent les manifestations, annoncent par ailleurs de nouvelles arrestations ou disparitions dans leurs rangs.

LES MANIFESTATIONS NE SONT QU’UNE PERTE D’ÉNERGIE ET DE TEMPS

Les militaires paraissent pour l’instant sourds à la contestation. Un conseiller du général Burhane a affirmé vendredi que « les manifestations ne sont qu’une perte d’énergie et de temps » qui ne mènera « à aucune solution politique ».

Les Européens ont déjà exprimé leur indignation, de même que le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, et les Nations unies. Tous plaident pour un retour au dialogue comme préalable à la reprise de l’aide internationale, coupée après le dernier putsch.

Antony Blinken a prévenu que les États-Unis étaient « prêts à répondre à tous ceux qui cherchent à empêcher les Soudanais de poursuivre leur quête d’un gouvernement civil et démocratique ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Ce jour-là : Senghor quitte le club des chefs d’État

décembre 31, 2021
Léopold Sédar Senghor, dans sa propriété de Verson, près de Caen (Normandie), en août 1981. © Pascal Maitre/Jeune Afrique

Le 31 décembre 1980, Léopold Sedar Senghor annonçait sa démission. Comment ses homologues africains avaient-ils à l’époque réagi au départ volontaire du premier président du Sénégal ? Un éditorial signé Siradiou Diallo.

En Afrique, peu de gens croyaient à une démission volontaire du président Senghor. « Vous verrez, il ne cherche qu’à amuser la galerie… » Malgré les fuites plus ou moins calculées qui, entre août et décembre 1980, se développèrent à différents niveaux, l’opinion demeurait étrangement sceptique.

L’incrédulité n’était pas le seul fait des masses ou des intellectuels. Elle se retrouvait au niveau des responsables politiques. Plus exactement, jusqu’au sommet des États. « Vous croyez à ce conte de fées imaginé par un poète ? », nous demandait en septembre un chef d’État. Et, sans attendre notre réponse, il partait d’un grand éclat de rire ! Notre interlocuteur était si convaincu que Senghor faisait une farce que nous ne cherchâmes nullement à le dissuader.

Vibrant témoignage

Depuis, les rires sarcastiques ont fait place à la surprise d’abord, à l’embarras ensuite, pour finir par une profonde furie du pouvoir. Certes des chefs d’État sont parfois sortis de leur rêve éveillé pour envoyer des messages de sympathie à l’ex-président sénégalais. Au Maroc, il a reçu un vibrant témoignage d’admiration de Hassan II. Le président Moussa Traoré, du Mali, a exprimé sa « profonde admiration pour cette élévation de pensée rare et cette marque de grandeur qui honore l’Afrique ».

Mais, dans l’ensemble, nos chefs d’État ont mal accueilli le scénario de sortie conçu et joué par leur ancien collègue. Certains, parce qu’il ne les a pas tenus informés. Cas du président Houphouët-Boigny, qui a espéré jusqu’au dernier moment que son vieil ami Senghor ne quitterait pas ainsi la magistrature suprême sans qu’ils en aient parlé ensemble. Ne serait-ce, ajoute leader ivoirien, qu’à cause des lourdes responsabilités que nous avons tous les deux assumées sur la scène politique africaine.

Or le leader sénégalais ne s’est ouvert de son projet qu’à deux ou trois de ses homologues africains. C’est le président Valéry Giscard d’Estaing, lui-même informé seulement fin novembre, qui a pris sur lui de répercuter la nouvelle auprès de ses amis africains. Mais, par-delà ces considérations d’ordre protocolaire, c’est surtout la valeur d’exemple de la décision qui dérange les dirigeants du continent. Déjà le multipartisme sénégalais, qui a de fortes chances d’être élargi sous l’impulsion d’Abdou Diouf, en agace plus d’un. Car, affirment ces derniers, le « multipartisme n’est pas d’essence africaine, c’est une copie des systèmes politiques européens » ! Comme si le parti unique, lui, était authentiquement africain…

En vérité, nombre de nos chefs d’État craignent que l’exemple de Senghor ne donne des idées à leurs « sujets” plus ou moins résignés jusque-là à les voir quitter la scène de façon brutale. Ils redoutent l’effet de comparaison ou les risques de contagion. C’est pourquoi certains ont parlé de « trahison » de Senghor. Entendant par là que l’homme d’État n’a pas respecté les lois du club qui, en bien des points, ressemblent à celles du « milieu » : garder non seulement le secret, mais le pouvoir, coûte que coûte. Ne serait-ce que pour avoir brisé le tabou, Senghor mérite des félicitations. Il est vrai qu’en quittant le pouvoir il ne risque pas de tomber dans le chômage moral et intellectuel. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de la plupart de ceux qui se trouvent soudain écartés du devant de la scène en Afrique.

Avec Jeune Afrique

France: Condamné pour déclaration incomplète de son patrimoine, le ministre Alain Griset démissionne du gouvernement

décembre 8, 2021

Au gouvernement depuis juillet 2020, M. Griset était le premier des ministres en exercice à comparaître devant un tribunal correctionnel, pour avoir omis de déclarer, en août 2020, une partie de son patrimoine et de ses intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Alain Griset devant l’Assemblée, le 15 septembre 2020.
Alain Griset devant l’Assemblée, le 15 septembre 2020. MARTIN BUREAU / AFP

Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises, a annoncé mercredi 8 décembre dans un communiqué sa démission du gouvernement. Cette décision intervient moins de deux heures après sa condamnation à six mois de prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité de trois ans avec sursis pour la « déclaration incomplète ou mensongère » de sa situation patrimoniale.

L’avocat du ministre, absent à l’audience, MPatrick Maisonneuve, a annoncé qu’il allait faire appel. Au gouvernement depuis juillet 2020, M. Griset était le premier des ministres en exercice à comparaître devant un tribunal correctionnel, pour avoir omis de déclarer, en août 2020, après sa nomination, une partie de son patrimoine et de ses intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Il était soupçonné d’avoir intentionnellement caché à cette instance la détention d’un plan d’épargne en actions (PEA) de 171 000 euros, ainsi que des « participations directes » dans plusieurs sociétés, comme la Française des jeux ou Natixis.

Egalement en cause, une somme de 130 000 euros placée sur son PEA, laquelle appartenait à la Confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services (Cnams) du Nord, une organisation interprofessionnelle que M. Griset dirigeait depuis 1991. En prononçant son jugement, le tribunal a retenu que M. Griset « avait fait le choix de dissimuler une partie substantielle de son patrimoine » et relevé deux éléments aggravants : les fonds en cause étaient hébergés dans une banque française et il a « fait preuve d’une réelle volonté de dissimulation ».

« Mal conseillé » par des « sachants »

Devant le tribunal, M. Griset a soutenu qu’il avait reçu en août 2019 « mandat » de la Cnams pour « faire fructifier cette somme sur une courte durée afin d’acheter un bien immobilier ». Il s’était, au passage, félicité de la plus-value de 19 000 euros réalisée en onze mois. « Mon mandat, c’était de gérer cet argent en tant que président du Cnams. N’étant plus président, ce mandat s’arrêtait. Cet argent ne m’appartenait pas. Il ne m’a jamais appartenu avant d’être ministre, et encore moins après », a-t-il soutenu.

La HATVP avait saisi la justice en novembre 2020 après avoir constaté l’omission de M. Griset. Pour l’institution, l’omission de déclaration avait essentiellement pour but « d’empêcher la révélation de faits susceptibles de recevoir la qualification pénale d’abus de confiance ».

Le procureur a rappelé que la Cnams, en tant que personne morale, n’avait pas le droit d’ouvrir un PEA réservé aux personnes physiques. « J’ai été mal conseillé », a expliqué M. Griset à l’audience, rejetant « la maladresse » sur son banquier, les comptables et autres « sachants qui ne me disaient rien ». Lors de son procès, M. Griset, 68 ans, un ancien artisan taxi du nord de la France, avait plaidé la « maladresse » et rejeté toute « malhonnêteté ».

Son avocat avait plaidé la relaxe, soulignant que son client n’avait « pas de compte à l’étranger, de société écran et qu’il n’y a pas eu de fraude fiscale massive ». En cas de condamnation, « je continuerai tant que le président [Emmanuel Macron] me [fera] confiance », avait affirmé le ministre à la mi-septembre.

Par Le Monde avec AFP

France-Monseigneur Aupetit : sortie à deux après sa démission

décembre 8, 2021

Depuis les révélations du « Point » et l’annonce par le pape François de sa démission, on était sans nouvelles de Mgr Aupetit. Lundi 6 décembre, il est réapparu.

Monseigneur Aupetit lors d'une ceremonie en avril 2019 devant Notre-Dame de Paris.
Monseigneur Aupetit lors d’une cérémonie en avril 2019 devant Notre-Dame de Paris.© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La vie continue pour l’archevêque de Paris monseigneur Aupetit, dont la démission a été acceptée jeudi 2 décembre par le pape François. Depuis les révélations du Point, qui dévoilait la semaine dernière qu’il avait eu en 2012 une relation intime avec une femme, sa vie privée fait l’objet de toutes les attentions. Un intérêt médiatique qui n’a pas empêché le religieux de retrouver son amie et guide spirituelle Laetitia Calmeyn pour un après-midi en forêt lundi 6 décembre. Mme Calmeyn est une théologienne belge, née le 6 septembre 1975 à Bruxelles, selon sa fiche Wikipédia, qui est devenue « vierge consacrée », comme on appelle ces femmes qui, par amour de Dieu, s’engagent à vivre dans le célibat et la chasteté.

Selon nos informations, monseigneur Aupetit a quitté la résidence officielle de l’archevêque de Paris, située rue Barbey-de-Jouy, dans le 7e arrondissement de Paris, dans la matinée pour aller retrouver son amie. Habillé en civil, il est passé la chercher en voiture dans le 15e arrondissement pour l’emmener déjeuner dans un restaurant de Viroflay, dans les Yvelines. Les deux amis sont ensuite allés se promener dans la forêt de Meudon, où un photographe de Paris Match a pu les prendre en photo. 

Ce même lundi 6 décembre, le pape François expliquait, dans l’avion qui le ramenait de Grèce, pourquoi il avait accepté la démission de l’archevêque de Paris. Mgr Michel Aupetit « ne peut plus gouverner », car « sa réputation a été atteinte » par les « commérages », a-t-il estimé.

Une messe d’action de grâce prévue dimanche

Le souverain pontife a notamment évoqué « un manquement au sixième commandement » (« Tu ne commettras pas d’adultère »), « pas total mais des petites caresses et des massages qu’il faisait à sa secrétaire ». « Ça, c’est un péché. Mais ce n’est pas le péché le plus grave, car les péchés de la chair ne sont pas les plus graves. […] Ainsi, Mgr Aupetit est pécheur. Comme je le suis, comme l’a été Pierre, l’évêque sur lequel le Christ a fondé son Église », a-t-il déclaré.

Selon nos informations, c’est davantage les explications ambiguës et les versions contradictoires et peu probantes de Mgr Aupetit, à la suite des révélations du Point, que ses « manquements » qui auraient poussé le pape à accepter la démission de l’archevêque.

Dimanche 12 décembre, une messe d’action de grâce sera célébrée à 19 heures en l’église Saint-Sulpice pour « entourer et remercier monseigneur Michel Aupetit ». Mais la moitié des religieux invités a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne s’y rendrait pas.

Avec Le Point

Démission de Mgr Aupetit : Ce qu’a dit le Pape dans l’avion

décembre 6, 2021

Avec KTO TV

Canada-Québec: Un conseiller municipal accusé en matière de pornographie juvénile démissionne

novembre 17, 2021
Des mains sur un clavier dans la pénombre.

Simon Arsenault a remis sa démission à la suite de son arrestation pour pornographie juvénile. Photo: Radio-Canada/Trevor Brine

Arrêté la semaine dernière dans le cadre d’une vaste opération policière liée à la pornographie juvénile, le conseiller municipal de Saint-Christophe-d’Arthabaska, Simon Arsenault a remis sa démission.

Par communiqué, la directrice générale de la Municipalité confirme avoir reçu la démission du conseiller du district 4. La lettre de démission a été déposée lors de la dernière séance du conseil municipal lundi dernier.

La Municipalité mentionne qu’elle ne fera aucun autre commentaire concernant le dossier de Simon Arsenault.

Un échéancier sera élaboré pour la tenue d’une élection partielle au cours des prochaines semaines.

La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités prévoit qu’une élection doit être fixée dans les 30 jours suivant une démission, et dans un délai n’excédant pas quatre mois.

Des individus de Sherbrooke, Cookshire-Eaton, Drummondville et Granby ont aussi été arrêtés dans le cadre d’une opération réalisée en matière de pornographie juvénile.

Un enseignant du Centre de services scolaire des Chênes, Jean-Michel Fontaine, 35 ans, a notamment été accusé dans cette affaire.

Avec Radio-Canada

Pédocriminalité dans l’Eglise: appel à la démission des évêques, mobilisation sur les réseaux sociaux

octobre 11, 2021
Pedocriminalite dans l'Eglise: appel a la demission des eveques, mobilisation sur les reseaux sociaux
Pédocriminalité dans l’Eglise: appel à la démission des évêques, mobilisation sur les réseaux sociaux© POOL/AFP/Archives/Thomas COEX

C’est un appel inédit qu’ont lancé lundi trois personnalités en réclamant la démission de l’ensemble des évêques, comme seule réponse « honorable », selon eux, aux conclusions du rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Eglise catholique.

Par ailleurs, via les réseaux sociaux et des hashtags comme #MyChurchToo, des catholiques s’indignent ou se mobilisent pour réformer leur église.

Dans un texte transmis à l’AFP, trois personnalités ont réclamé lundi « la démission collective de l’ensemble des évêques en exercice », « comme un signe d’espoir et de renouveau ».

Il s’agit du cofondateur de l’association de victimes La parole libérée (aujourd’hui dissoute) François Devaux, de la directrice de la rédaction de Témoignage chrétien Christine Pedotti et de la théologienne Anne Soupa, qui milite depuis plusieurs années pour donner davantage de place aux femmes dans la gouvernance de l’Eglise.

Selon eux, la démission « est le seul geste à la mesure de la catastrophe et de la perte de confiance dans laquelle nous sommes. C’est un premier acte de repentir concret, coûteux, à l’égard des victimes. C’est la seule attitude qui peut permettre de restaurer la maison Eglise ».

C’est aussi « la seule façon de rendre possible l’indemnisation des victimes car la faillite de l’institution est aussi matérielle. Les fidèles ne veulent pas contribuer pour des fautes qu’ils n’ont pas commises. Mais dans une Eglise restaurée dans laquelle tous et toutes seront représentés, cette solidarité et cette fraternité nouvelles permettront de trouver les ressources financières nécessaires », détaillent-ils.

Dans son rapport publié mardi dernier, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, a estimé à 216.000 le nombre de mineurs victimes d’un prêtre ou d’un religieux en France depuis les années 1950, et à 330.000 si l’on ajoute les agresseurs laïcs en lien avec les institutions de l’Eglise.

La France compte un peu moins de 120 évêques.

#MyChurchToo

« Le rapport Sauvé dit que la pédocriminalité est un phénomène systémique. C’est donc l’ensemble du corps – institutionnel – qui doit réagir », a déclaré à l’AFP le père Pierre Vignon. « Les évêques sont responsables, dans l’ensemble du corps – même s’il ne s’agit pas de la responsabilité personnelle de l’un ou l’autre ».

« Ce qui aurait eu du panache et aurait marqué les esprits, aurait été de démissionner aussitôt collectivement », a-t-il écrit ce week-end, dans un texte au site internet religieux italien Adista. Le père Vignon avait réclamé, en août 2018, la démission du cardinal Barbarin.

Tous rappellent qu’en Allemagne, en juin dernier, un des cardinaux les plus influents du pays, l’archevêque de Munich Reinhard Marx, a demandé au pape François d’être démis de ses fonctions, tirant les conséquences de l' »échec », selon lui, de l’Église catholique dans « la catastrophe des abus sexuels », notamment dans le diocèse de Cologne, le plus important du pays. Une demande qui sera ensuite rejetée par le pape.

Trois mois avant, un rapport accablant avait révélé que des centaines de mineurs avaient subi des violences sexuelles dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018, et que plusieurs responsables religieux s’étaient tus.

Le rapport Sauvé a continué lundi à susciter des réactions. Vendredi des messages ont émergé sur le réseau Twitter sous les hashtags #AussiMonÉglise et #MyChurchToo, relayés par des influenceurs catholiques comme Erwan Le Morhedec, auteur du blog koztoujours. Des fidèles, pratiquants ou non, s’interrogent sur les réformes à mener, ou expriment leur indignation.

« Aux victimes qui nous lisent, pardon. Pardon de ne pas avoir été là pour vous, hier. Croyez que nous voulons l’être aujourd’hui. Laïcs, nous réclamons les réformes nécessaires. Pas au rabais, pas au minimum, avec ambition ! », a lancé Erwan Le Morhedec.

De son côté, la conférence des baptisés francophones, un réseau d’associations de catholiques réformateurs qui tenait ses assises ce week-end à Paris, a prévenu dans un communiqué que les fidèles attendaient « des changements de fond à hauteur des enjeux » et prévenu qu’elle serait « la vigie exigeante de la mise en œuvre des recommandations » de la Ciase.

Par Le Point avec AFP