Posts Tagged ‘Démission’

Vatican: Le pape accepte la démission du cardinal guinéen Robert Sarah

février 21, 2021
Cardinal Robert Sarah sur la place Saint Pierre le 4 mars 2013.

Le pape François a accepté la démission du cardinal guinéen ultra-conservateur Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a annoncé samedi le Vatican.

Le cardinal Robert Sarah, qui avait présenté sa démission le 15 juin 2020 à l’occasion de ses 75 ans (âge officiel de la retraite au Vatican), s’était retrouvé mêlé à une polémique après la sortie en janvier 2020 d’un livre défendant avec force le célibat des prêtres, thème brûlant de l’Église, co-signé avec le pape émérite Benoît XVI.

La sortie en France de cet ouvrage intitulé Des profondeurs de nos coeurs, avec en couverture les photos de Benoît XVI et du cardinal Sarah, avait suscité de nombreuses interrogations sur le pape émérite, affaibli par son grand âge. Ce livre était apparu pour certains comme une immixtion dans le pontificat du pape François, et pour d’autres comme un coup de semonce provenant de la frange traditionaliste de l’Église.

Face à la polémique, Benoît XVI avait demandé que son nom soit retiré de la couverture du livre, ainsi que de l’introduction et de la conclusion co-signées. Mgr Sarah a réagi samedi à l’annonce du Vatican sur son compte Twitter : « Je suis entre les mains de Dieu. Le seul roc, c’est le Christ. Nous nous retrouverons très vite à Rome et ailleurs. 

Successeur

Nommé archevêque de Conakry en 1979 par Jean Paul II, à seulement 34 ans, Mgr Sarah avait été nommé cardinal en 2010 par Benoît XVI, puis à la tête de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en 2014 par le pape François.

Le nom de son successeur n’a pas été annoncé dans l’immédiat. L’un de ses dernières décisions à la tête de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a été de publier le 17 février les lignes directrices pour que les célébrations de Pâques 2021 se déroulent « de la manière la plus efficace possible pour nos communautés, tout en respectant le bien commun et la santé publique », alors que la pandémie du Covid-19 fait encore rage.

Le pape a également accepté samedi la démission du vicaire général pour la Cité du Vatican et président de la Fabrique de saint Pierre (qui gère les travaux d’entretien et de restauration au Vatican, notamment de la basilique Saint-Pierre), le cardinal Angelo Comastri, auquel succédera le franciscain Mauro Gametti, récemment nommé cardinal et Gardien général du couvent sacré de saint François à Assise.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président des JO de Tokyo va démissionner après ses propos sur les femmes

février 11, 2021

LE PRÉSIDENT DES JO DE TOKYO VA DÉMISSIONNER APRÈS SES PROPOS SUR LES FEMMES

© Reuters/POOL 

TOKYO (Reuters) – Yoshiro Mori, président du comité d’organisation des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, va démissionner après ses propos sur les femmes, trop bavardes selon lui, qui lui ont valu de vives critiques, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

Cette démission risque d’accentuer les doutes sur la tenue des JO cet été alors que la pandémie due au coronavirus, qui a déjà provoqué un report d’un an de l’événement, n’est pas terminée.

L’ancien Premier ministre, âgé de 83 ans, a lui-même déclaré à la télévision japonaise qu’il allait « expliquer (s)a pensée » lors d’une réunion prévue vendredi et qu’il devait assumer la situation. Il n’a toutefois pas confirmé les rumeurs sur sa démission à venir.

« Je ne peux pas laisser ce problème perdurer plus longtemps », a-t-il dit, en présentant une nouvelle fois ses excuses.

Un porte-parole du comité d’organisation a refusé de s’exprimer sur le sujet.

D’après les sources, Yoshiro Mori va être remplacé par Saburo Kawabuchi, âgé de 84 ans, ancien président de la fédération japonaise de football et maire du village olympique.

Avec Reuters par (Yoshifumi Takemoto, Elaine Lies et Takashi Umekawa; Version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot)

États-Unis: Le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim du Cabinet Trump quitte le navire

janvier 11, 2021

Neuf jours avant la fin du mandat du président Trump, le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf, a démissionné, lundi. Il devient ainsi le troisième membre de son Cabinet à partir depuis l’assaut du Capitole, il y a cinq jours.

Chad Wolf n'a pas invoqué l'irruption d'émeutiers au Capitole dans sa lettre de démission.

© Greg Nash/Associated Press Chad Wolf n’a pas invoqué l’irruption d’émeutiers au Capitole dans sa lettre de démission.

Toutefois, contrairement à ses deux collègues démissionnaires, il ne lie pas son départ à l’émeute de mercredi dernier.

Dans une lettre obtenue par plusieurs médias américains, Chad Wolf s’est dit «attristé» de prendre cette décision, affirmant que son intention était «de servir le département jusqu’à la fin de cette administration».

Jeudi, il avait d’ailleurs assuré qu’il resterait en poste jusqu’au bout, pour s’assurer que le département «concentre ses efforts sur les graves menaces qui pèsent sur notre pays et sur une transition ordonnée vers l’équipe du [département] du président désigné Biden.»

Sa démission entrera en vigueur dès minuit.

«Malheureusement, cette action est justifiée par les événements récents, notamment les décisions des tribunaux en cours et sans fondement concernant la validité de mon autorité en tant que secrétaire par intérim», soutient-il.

«Ces événements et ces préoccupations servent de plus en plus à détourner l’attention et les ressources du travail important du ministère en cette période critique de transition du pouvoir.»

S’il incluait l’émeute de mercredi dans les «événements récents» auxquels il faisait référence, il ne l’a pas précisé, mais il l’avait critiquée avec véhémence la semaine dernière, qualifiant ces actes d’«inacceptables» et d’«inadmissibles».

Il avait entre autres publié une déclaration dans laquelle il «implorait» le président et tous les élus de «condamner avec fermeté la violence» qui a mené à la mort de cinq personnes, dont un policier.

«Ce qui s’est passé [mercredi] est tragique et écoeurant. Alors que j’ai toujours condamné la violence politique des deux camps, en particulier la violence dirigée contre les forces de l’ordre, nous voyons maintenant certains partisans du président utiliser la violence comme un moyen d’atteindre des objectifs politiques», avait-il dénoncé.

En septembre dernier, un juge fédéral avait conclu que M. Wolf avait été nommé de façon qui contrevenait à la loi.

Environ deux mois plus tard, un autre juge en était venu à la même conclusion, invalidant pour cette raison la suspension du programme de protection des jeunes arrivés clandestinement aux États-Unis lorsqu’ils étaient enfants – mieux connus sous l’appellation des «Dreamers» –, auquel Donald Trump tente de mettre fin depuis 2017.

Pendant son passage au département de la Sécurité intérieure, Chad Wolf s’est montré l’un des membres de l’administration Trump les plus loyaux, notamment lors du déploiement des agents fédéraux à Portland, en Oregon, l’été dernier.

Départ à une période très critique

Avec quelques jours à peine au mandat de Donald Trump, c’est l’administrateur de l’agence fédérale américaine de gestion des crises, Peter Gaynor, qui lui succédera de façon intérimaire, à un moment critique pour la sécurité des États-Unis. Son travail consistera à contribuer à assurer la sécurité de l’investiture du président désigné, au centre de tensions très vives.

ABC News et CNN ont tous deux mis la main sur un document interne du FBI indiquant que des manifestations avec des protestataires armés étaient planifiées non seulement au Capitole, mais aussi dans les 50 capitales des États américains, le jour de l’investiture, le 20 janvier, et les jours précédents.

Le Pentagone a annoncé lundi avoir autorisé le déploiement de 15 000 soldats de la Garde nationale à Washington pour la cérémonie d’investiture.

Elaine Chao et Betsy DeVos, qui étaient respectivement aux Transports et à l’Éducation, ont démissionné jeudi dernier, au lendemain de l’assaut du Capitole, vers lequel Donald Trump avait encouragé ses partisans à converger pour exercer des pressions sur les élus.

Dans sa lettre de démission au président, Mme Devos a écrit que l’impact de la «rhétorique» de Donald Trump sur la situation ne laissait «aucun doute». Elaine Chao, la femme du leader de la majorité républicaine du Congrès, Mitch McConnell, s’est pour sa part dite «profondément troublée» par les événements d’une façon, disait-elle, qu’elle ne pouvait «pas mettre de côté».

Leur départ coïncide avec les pressions exercées par les démocrates pour le recours au 25e amendement de la Constitution, qui peut être invoqué par le Cabinet lorsqu’un président devient inapte à exercer ses fonctions.

Outre trois secrétaires, plusieurs membres de l’administration Trump ont eux aussi démissionné.

Un taux de roulement élevé

Même s’il était en poste depuis 14 mois, Chad Wolf n’a jamais vu sa nomination soumise à une confirmation du Sénat. Il avait succédé à Kevin McAleehan, lui aussi nommé à ce poste par intérim après la démission de Kirstjen Nielsen.

Peter Gaynor deviendra le sixième titulaire du poste dans l’administration Trump, sur un total de 12 depuis les débuts du département, en 2003.

Par Sophie-Hélène Lebeuf avec AP

USA: Démission du conseiller spécial de Trump sur le coronavirus

décembre 1, 2020

USA: DÉMISSION DU CONSEILLER SPÉCIAL DE TRUMP SUR LE CORONAVIRUS© Reuters/Carlos Barria 

WASHINGTON (Reuters) – Scott Atlas a démissionné de son poste de conseiller spécial de Donald Trump sur le coronavirus, a annoncé lundi un représentant de la Maison blanche, après plusieurs mois de controverse durant lesquels le médecin s’est régulièrement opposé aux autres membres du groupe de travail sur la crise sanitaire.

D’après la chaîne Fox News, qui a rapporté en premier lieu l’information, Scott Atlas a adressé à Donald Trump une lettre datée du 1er décembre.

Le neuroradiologue a été vivement critiqué par des experts en santé publique, dont Anthony Fauci, le principal expert américain en maladies infectieuses, pour avoir fourni à Donald Trump des informations erronées sur l’épidémie.

Scott Atlas a régulièrement minimisé l’importance du port du masque et a récemment décrit les mesures de confinement comme un « échec majeur » dans la lutte contre la propagation du coronavirus.

Avec Reuters par (Andrea Shalal, Aram Roston et Eric Beech; version française Jean Terzian)

Pierre Buyoya démissionne de l’Union Africaine

novembre 24, 2020

  

L’ancien président du Burundi a quitté ses fonctions d’envoyé spécial pour le Mali et le Sahel ce mardi 24 novembre, sans préciser de raison officielle.

Le 20 octobre dernier, Pierre Buyoya a été condamné à de la prison à perpétuité dans son pays pour l’assassinat en 1993 de son prédécesseur, Melchior Ndadaye.

La justice burundaise l’a trouvé coupable, avec une vingtaine de proches, « d’attentat contre le chef de l’Etat, attentat contre l’Etat et attentat tendant à porter le massacre et la dévastation ».

Selon un haut responsable de l’UA, Pierre Buyoya souhaiterait préparer sa défense en appel de cette condamnation qu’il avait qualifié de « parodie de justice ». L’instance continentale n’a pas fait de commentaire depuis l’énoncé du verdict.

Premier chef de l’Etat démocratiquement élu du Burundi et premier hutu à accéder au pouvoir, Melchior Ndadaye a été assassiné en octobre 1993 lors d’un coup d’Etat militaire qui allait entraîner le pays dans une guerre civile opposant l’armée, dominée par la minorité tutsie, à des groupes rebelles hutu, qui fera 300 000 morts jusqu’en 2006.

Melchior Ndadaye avait succédé à Pierre Buyoya, lui-même porté par l’armée au pouvoir en 1987, et qui redeviendra président à la faveur d’un nouveau coup d’Etat entre 1996 et 2003, avant de remettre le pouvoir à Domitien Ndayizeye, un hutu, en vertu d’un accord de paix signé en 2000 à Arusha en Tanzanie.

Avec agence Presse

Pérou: démission du président par intérim Manuel Merino

novembre 15, 2020

C’est un tournant dans la crise politique au Pérou. Le président par intérim, Manuel Merino, vient de présenter sa démission. Depuis le début de la semaine, chaque jour, des manifestations avaient lieu pour demander son départ.

Manuel Merino, le 10 novembre 2020.© AP Photo/Martin Mejia Manuel Merino, le 10 novembre 2020.

Manuel Merino a démissionné. Il l’a annoncé à la télévision péruvienne ce dimanche midi en précisant que ses ministres vont, eux, rester en poste jusqu’à ce qu’un nouveau président soit nommé.

Cette démission du président Manuel Merino, c’était évidemment l’annonce attendue par tous, c’est ce que réclamaient les manifestants depuis le début de la mobilisation et surtout depuis la mort samedi de deux jeunes manifestants sous les tirs des policiers à Lima. Depuis le début de la mobilisation populaire au Pérou, les manifestations sont violemment réprimées par les forces de l’ordre.

Différents organismes de défense des droits de l’homme ont dénoncé à plusieurs reprises ces violences. Mais ça n’a pas empêché le drame de samedi, deux morts et une centaine de blessés. Depuis hier soir, la démission du président Manuel Merino semblait donc inévitable et nécessaire.

L’annonce de son départ a été vécue comme un grand soulagement sur place. On a entendu des cris de joie, mêlés à des concerts de casseroles, des applaudissements. Certains ont entonné l’hymne nationale. Des feux d’artifice ont même été tirés. Bref, les Péruviens sont soulagés.

Il faut dire que la situation politique était devenue très instable ces dernières heures. Dimanche matin, les chefs de partis s’étaient réunis pour évaluer la situation. Ils s’étaient mis d’accord pour demander la démission de Manuel Merino. C’est désormais chose faite. Maintenant, il faut encore que les députés se mettent d’accord sur son remplaçant. Le Premier ministre a donc convoqué en urgence une session plénière au Parlement pour désigner le nouveau président péruvien.

♦ La crise n’est pas terminée

Il reste encore à savoir qui sera le 4e président péruvien en trois ans. Un processus pas si simple.

Au Pérou, le président ou présidente de la République est toujours élu avec deux vice-présidents. En cas de démission, de censure, de mort ou d’incapacité physique, le chef de l’Etat est alors remplacé par le premier vice-président. Si ce dernier est à son tour démissionnaire ou censuré, c’est le deuxième vice-président qui termine le mandat. Selon l’article 115 de la Constitution, le président du Congrès est 4e dans l’ordre de succession.

Elu en juillet 2016, Pedro Pablo Kuczynski a démissionné en mars 2018 et a été remplacé par son premier vice-président Martin Vizcarra. La deuxième vice-présidente Mercedes Araoz suivait dans l’ordre de succession. Problème, Araoz s’est opposée à la dissolution du Congrès décrétée par Vizcarra et a démissionné. Après la récente destitution de Vizcarra, il ne restait plus donc que le président du Congrès pour le remplacer.

Or Manuel Merino n’a pas tenu une semaine avant de démissionner à son tour. Pour de nombreux constitutionnalistes, la solution est aujourd’hui de censurer Manuel Merino pour que ce dernier redevienne simple député et non pas président du Congrès. Restera ensuite à élire à la tête de la chambre une personnalité de consensus acceptée de l’opinion publique pour terminer un mandat pour le moins chaotique.

Par RFI avec la correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot et le correspondant régional, Eric Samson

Le Premier minitre libanais annonce sa démission du gouvernement

août 10, 2020

 

Quatre ministres s’étaient déjà retirés face au courroux des manifestants, qui crient «vengeance» depuis l’explosion ayant fait au moins 160 morts et des milliers de blessés la semaine dernière.

La pression devenait trop forte. Six jours après l’explosion qui a sinistré Beyrouth, le gouvernement a fini par tomber. Le premier ministre a annoncé à 19 h 30 qu’il présentait sa démission, affirmant avoir tout fait pour répondre aux aspirations au changement des Libanais, mais s’être heurté à un « mur très épais ». La catastrophe qui a frappé le pays n’est selon lui que le symptôme du « système de corruption qui étouffe et asservit l’État et ses institutions », a dénoncé Hassan Diab. Le président Michel Aoun a accepté sa démission mais lui a demandé d’expédier les affaires courantes en attendant la formation d’un nouveau gouvernement.

Les jeux étaient déjà faits dans la journée lorsque plusieurs ministres ont annoncé qu’ils jetaient l’éponge. La vague des démissions avait déjà commencé la veille de la détonation dans le port de Beyrouth, car cette catastrophe s’ajoute en réalité à une autre, antérieure, tout aussi dévastatrice pour le pays, à savoir la crise financière qui a éclaté au grand jour en octobre dernier. L’incapacité du gouvernement Diab à mettre en œuvre un plan de sauvetage est apparue au grand jour lorsque les négociations avec le Fonds monétaire international ont dû être interrompues : les options adoptées par le cabinet étaient désavouées par les tenants réels du pouvoir oligarchique qui est aux commandes du Liban depuis trois décennies.

Plusieurs centaines de manifestants étaient dans les rues de Beyrouth ce lundi alors que le premier ministre annonçait la démission de son gouvernement.
Plusieurs centaines de manifestants étaient dans les rues de Beyrouth ce lundi alors que le premier ministre annonçait la démission de son gouvernement. JOSEPH EID / AFP

Face à ces deux crises conjuguées, chacune d’une ampleur inégalée, quelque chose devait céder. Le Parlement faisant de la résistance – ni l’idée de raccourcir la durée de la législature, ni celle de la démission des principaux groupes parlementaires n’ayant été suivies -, le gouvernement était le fusible le plus facile. Sa formation, à la suite de la démission du premier ministre Saad Hariri sous la pression de manifestations géantes entamées le 17 octobre 2019, faisait déjà office de tentative de colmatage pour le système de pouvoir.

Conspuée dans la rue, la classe politique s’est alors fait représenter par des « technocrates » prétendument indépendants. Certains ministres l’étaient à titre individuel. Mais il est très vite apparu que les ficelles de l’exécutif étaient tirées en coulisses. « Je me suis battue sur plusieurs dossiers, mais nous étions confrontés à un système qui nous dépasse. Du plus petit au plus grand dossier que j’ai eu à traiter, j’ai acquis la conviction de la nécessité absolue d’une refonte du système politique libanais fondée sur un partage confessionnel du pouvoir. La démission du gouvernement ne résout rien en soi », déclare au Figaro, la ministre de la Justice démissionnaire, Marie-Claude Najm.

Les manifestations ont succombé à la violence.

Les manifestations ont succombé à la violence. ALKIS KONSTANTINIDIS / REUTERS

Professeur de droit respectée, elle a beaucoup déçu ceux qui réclament des réformes. « Je n’ai pas démissionné plus tôt car j’avais encore espoir de faire avancer les choses dans mon ministère. Après la catastrophe du 4 août, je me devais de ne plus accepter aucun compromis. » Avant de rendre son tablier, la ministre a transmis l’enquête sur la déflagration du port de Beyrouth à la Cour de justice, une cour d’exception présidée par un magistrat dont la probité n’a jamais été mise en doute, dans un pays où le pouvoir judiciaire est soumis à l’ingérence ostensible du politique. « J’espère que ce dossier permettra à la justice libanaise de regagner la confiance des Libanais, car nous ne pouvons pas nous en remettre à chaque fois à la justice internationale », poursuit Marie-Claude Najm, selon qui des experts français qui ont inspecté le site de l’usine AZF à Toulouse ont en tout cas été sollicités dès le début de l’enquête. De même que des experts français mandatés par le parquet de Paris, en vertu d’accords bilatéraux liés à la présence de ressortissants français parmi les victimes.

Manœuvres dilatoires

Pour l’instant toutefois, la défiance des citoyens est à son comble. D’autant que le scénario d’un véritable changement politique reste plus qu’incertain. « La question clé reste de savoir quand la multitude de groupes qui sont descendus dans la rue formera un mouvement politique en mesure, non pas de condamner le système de pouvoir criminel au Liban, mais d’imaginer et de travailler à en établir un autre », interroge le politologue Karim Makdessi.

L'explosion a soufflé une bonne partie de la capitale libanaise.
L’explosion a soufflé une bonne partie de la capitale libanaise. MAXAR TECHNOLOGIES / MAXAR via REUTERS

En attendant, des consultations parlementaires pour la formation d’un nouveau gouvernement vont débuter. « Le prochain cabinet devra être accepté de toutes les parties qui ont de l’influence au Liban, de Téhéran à Riyad en passant par Paris et Washington. Avec un mandat clair : des négociations avec le FMI, la réforme du secteur de l’électricité, et des élections anticipées », expose l’analyste Khaldoun el-Charif, directeur du site Lebanon 24. Autant dire que les manœuvres dilatoires continuent de prévaloir dans un système pour lequel, selon un connaisseur, « chaque jour qui passe est un jour de gagné ».

L'explosion a détruit la moitié de la ville de Beyrouth.
L’explosion a détruit la moitié de la ville de Beyrouth. THIBAULT CAMUS / AFP

Avec Le Figaro par Steve Tenré et AFP agence

Liban: démission d’un second membre du gouvernement, le ministre de l’Environnement

août 9, 2020

 

Après la ministre de l’Information, c’est au tour de Damianos Kattar, ministre de l’Environnement, d’annoncer son départ.

Damanios Kattar, en février 2020.
Damanios Kattar, en février 2020. AFP

Le ministre libanais de l’Environnement et du développement administratif, Damianos Kattar, a annoncé dimanche soir sa démission, devenant ainsi le second membre du gouvernement à le quitter après l’explosion meurtrière et dévastatrice du port de Beyrouth.

«Face à l’énorme catastrophe (…) et (…) un régime stérile qui a raté de nombreuses opportunités, (..), j’ai décidé de démissionner du gouvernement», a annoncé M. Kattar dans un communiqué. «En ce moment de douleur qui unit les Libanais, je vois de l’espoir dans la capacité de nos jeunes à faire progresser un nouveau Liban qui réponde à leurs aspirations et à leurs rêves».

Illustrant l’ampleur de la colère dans le pays, le Patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a lui-même réclamé dimanche la démission du gouvernement et des législatives anticipées. Ces derniers jours déjà, plusieurs députés ont démissionné.

Samedi, des milliers de manifestants en colère contre la classe dirigeante accusée de corruption, d’incompétence et de négligence après l’explosion, ont pris d’assaut brièvement des ministères et défilé dans le centre-ville de Beyrouth pour crier vengeance. Ils ont brandi des potences de fortune symbolisant la rage à l’égard des dirigeants.

«La démission d’un député par-ci, d’un ministre par-là, ne suffit pas», a lancé lors de son sermon dominical le cardinal Béchara Raï, cité par son service de presse. «Il faut, par respect pour les sentiments des Libanais et en raison de sa gravissime responsabilité, avoir la démission du gouvernement tout entier, incapable de faire avancer le pays, et organiser des législatives anticipées, plutôt que d’avoir un Parlement qui n’exerce pas ses fonctions», a-t-il ajouté.

«C’est ce qu’on peut appeler un crime contre l’humanité», a lancé le patriarche maronite, qui jouit d’une influence importante, en évoquant la tragédie du port, réclamant une «enquête internationale» afin que tous les responsables de ce «massacre» rendent des comptes.

Pour tenter d’apaiser la colère de la rue, le Premier ministre contesté Hassan Diab a annoncé samedi qu’il proposerait des législatives anticipées et s’est dit prêt à rester au pouvoir «pendant deux mois», le temps que les forces politiques s’entendent.

Par Le Figaro avec AFP

Côte d’Ivoire : le vide institutionnel s’installe au sommet de l’État

juillet 22, 2020

Le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, en 2016 à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, en 2016 à l’Assemblée générale de l’ONU. © Carlo Allegri/REUTERS

 

Premier ministre décédé, vice-président démissionnaire, présidents des deux chambres parlementaires absents… Ces derniers jours, Alassane Ouattara paraît bien seul au sommet de l’État.

Un malheur n’arrive jamais seul. Cet adage, Alassane Ouattara le mesure pleinement depuis la disparition brutale de son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet à Abidjan. En pleine tourmente personnelle et politique depuis la mort de celui qu’il considérait comme son propre fils, et qu’il avait choisi comme dauphin pour tenter de lui succéder à la présidentielle d’octobre, voici le chef de l’État confronté à un vide institutionnel inédit depuis son arrivée au pouvoir en 2011.

À la tête du gouvernement, personne n’a encore été nommé pour succéder à Gon Coulibaly. Ces derniers jours, le président, qui a l’intention de le remplacer comme candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et de briguer un troisième mandat, multiplie les entretiens au palais et à sa résidence de la Riviera-Golf.

Hamed Bakayoko, ministre d’État en charge de la Défense, qui avait assuré l’intérim du défunt Premier ministre pendant ses deux mois de convalescence à Paris, est fortement pressenti pour lui succéder. Mais le choix n’est pas encore définitivement arrêté et d’autres profils, comme Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, ou encore un technocrate pur jus pourraient finalement être choisis.

La démission de Daniel Kablan Duncan

Personne n’a également été nommé pour remplacer Daniel Kablan Duncan à la vice-présidence. Deuxième personnage de l’État et dauphin constitutionnel du président depuis la promulgation de la nouvelle Constitution, en 2016, ce poids lourd de l’exécutif a démissionné le 13 juillet pour « convenance personnelle ». Ces derniers mois, ses relations avec Alassane Ouattara s’étaient distendues. Kablan Duncan, 78 ans, n’avait notamment pas digéré que Gon Coulibaly lui soit préféré comme successeur désigné de Ouattara.

Dix jours avant la démission du vice-président, Jeannot Ahoussou-Kouadio, le président du Sénat, avait quitté la Côte d’Ivoire pour effectuer son contrôle médical annuel en Allemagne. Mais une fois sur place, il a été diagnostiqué positif au Covid-19. Selon un communiqué de son cabinet diffusé le 11 juillet, « son état de santé est considéré comme globalement satisfaisant ». Toujours en convalescence sur place où il poursuit son traitement, aucune date n’a été annoncée pour son retour à Abidjan.

Le 20 juillet, c’était au tour d’Amadou Soumahoro, le président de l’Assemblée nationale, de s’envoler pour Paris. Officiellement, son déplacement est lié à ses activités au sein de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF). Mais, selon nos informations, il y serait d’abord pour réaliser des examens médicaux.

Enfin, un autre fauteuil stratégique est toujours inoccupé au sommet de l’État : celui de président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec). Depuis le décès de Charles Koffi Diby, le 7 décembre 2019, personne n’a été désigné pour le remplacer. Ancien ministre de l’Économie et des finances puis des Affaires étrangères d’Alassane Ouattara, il avait été nommé mi-2016 et avait été confirmé à son poste par décret présidentiel quelques semaines avant sa mort.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

 

RDC : imbroglio autour de la démission de Benoît Lwamba, président de la Cour constitutionnelle

juillet 15, 2020

Le président de la Cour constitutionnelle de RDC, Benoît Lwanba, le 19 juin 2019

Le président de la Cour constitutionnelle de RDC, Benoît Lwamba, le 19 juin 2019 © President of the Constitutional Court BenoÓt Lwamba Bindu speaks during the pronouncement invalidated Martin Fayulu’s appeal and confirmed Tshisekedi’s victory in the presidential election in Kinshasa on January 19, 2019. – DR Congo’s top court on Sunday declared opposition leader Felix Tshisekedi the winner of disputed presidential elections after throwing out a legal challenge by the runner-up. (Photo by Caroline THIRION / AFP) 

Pourquoi le départ de Benoît Lwanba de la Cour institutionnelle a-t-il été démenti deux fois avant d’être acté ce 13 juillet ? Voici les dessous de cette affaire.

Le procès-verbal prenant acte de la démission de Benoît Lwamba comme membre et président de la Cour constitutionnelle a bel et bien été transmis le 13 juillet à 13 heures au chef de l’État Félix Tshisekedi, qui en a accusé réception.

Après que les premières rumeurs ont circulé concernant la démission du président de la Cour constitutionnelle, un premier démenti a été publié le 10 juillet par son directeur de cabinet, Ngoie Kalenda Valentin. Mais, ce même jour, comme l’avait révélé Jeune Afrique, sept des huit juges de la Cour ont signé une lettre prenant acte de sa démission. Un nouveau démenti a néanmoins été diffusé le lendemain. 

Les services de sécurité congolais soupçonnent Ngoie Kalenda Valentin d’avoir signé, à l’insu de Lwamba, les deux démentis. Ce dernier se trouve actuellement en Europe pour des raisons de santé. Selon sa famille, il n’est pas joignable par téléphone.

« Prise d’otage »

Le 13 juillet, Ngoie Kalenda Valentin a été auditionné durant plusieurs heures dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR). La veille, plusieurs agents des services de sécurité avaient effectué une descente dans le bureau de Benoît Lwamba, afin d’y récupérer certains documents – dont les sceaux – jusque-là confisqués par le directeur de cabinet afin d’assurer la continuité du travail.

Une initiative considérée avec « surprise » dans l’entourage présidentiel comme une « prise d’otage » de la Cour constitutionnelle. Cette visite de l’ANR a été dénoncée par l’avocat Théodore Ngoy, qui se présente comme le « conseil habituel » de Benoît Lwamba.

Comme révélé par Jeune Afrique, Benoît Lwamba avait par ailleurs rencontré Félix Tshisekedi le 4 juillet afin de l’informer de sa volonté de démissionner de son poste. Outre les raisons personnelles invoquées, et notamment son âge, 75 ans, le magistrat a surtout évoqué auprès du président les « pressions » qu’il dit « continuer » à subir pour motiver sa décision.

Dans sa lettre de démission, déposée le 27 juin sur le bureau du procureur général près la Cour constitutionnelle, Benoît Lwamba explique avoir affronté « des dures épreuves ayant permis à [leur] pays, tout en gardant le cap, de traverser des moments historiques ».

Par Jeune Afrique