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Tunisie : en désaccord avec Ghannouchi, 113 membres d’Ennahdha démissionnent

septembre 25, 2021
Rached Ghannouchi, en février 2020.

Une centaine de membres d’Ennahdha ont annoncé samedi leur démission du parti d’inspiration islamiste en dénonçant « les mauvais choix » de son président Rached Ghannouchi, qui ont alimenté, selon eux, la crise politique secouant la Tunisie depuis deux mois.

Les 113 membres d’Ennahdha démissionnaires ont dénoncé, dans un communiqué, « l’échec du président (Ghannouchi, ndrl) qui a refusé tous les conseils ». « La direction actuelle est responsable de l’isolement (du mouvement) et en grande partie de la dégradation de la situation générale dans le pays », ont-ils estimé.

Figurent parmi les démissionnaires, des députés, des cadres du parti, des anciens ministres, des membres du Conseil de la Choura (bureau politique de Ennahdha) et des élus locaux.

« Mauvais choix politiques »

De façon inattendue, le président Kaïs Saïed, élu fin 2019, s’est arrogé le 25 juillet les pleins pouvoirs, en limogeant le Premier ministre, en suspendant les activités du Parlement, où Ennahdha a le plus grand nombre de députés, et en s’octroyant aussi le pouvoir judiciaire. Il a officialisé son coup de force mercredi avec une série de décrets présidentiels, en décidant de « mesures exceptionnelles » pour réguler les pouvoirs exécutif et législatif. Ces textes tendent à présidentialiser le système politique, qui reposait avant sur un régime hybride plutôt parlementaire.

Kaïs Saïed, dont Ennahdha est la bête noire, a confirmé la suspension sine die du Parlement, auquel il va se substituer en légiférant par décrets, et sera aussi désormais le président du conseil des ministres. Rached Ghannouchi, 80 ans, président d’Ennahdha et chef du Parlement, a dénoncé dans une interview à l’AFP jeudi « le pouvoir absolu d’un seul homme ». Il a reconnu que son parti était partiellement responsable de la crise ayant motivé le coup de force de Kaïs Saïed.

Dans leur communiqué, les 113 membres ont critiqué « les mauvais choix politiques de la direction du mouvement », notamment des accords de coalition noués ces dernières années avec d’autres partis au Parlement, pour avoir la majorité des sièges. Selon eux, à cause de ces « alliances politiques inappropriées », des lois ont été adoptées qui « ont nui à la crédibilité de Ennahdha ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Canada: Deux candidats néo-démocrates démissionnent à la suite de commentaires sur Twitter

septembre 15, 2021

Deux candidats du NPD ont démissionné après que des commentaires sur les réseaux sociaux eurent provoqué des réactions négatives.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le parti a confirmé que Dan Osborne, candidat dans la circonscription de Cumberland-Colchester en Nouvelle-Écosse, et Sidney Coles, candidate dans Toronto-St. Paul’s, ont mis fin à leur campagne et «ont accepté de se renseigner davantage sur l’antisémitisme».

«Les néo-démocrates sont unis contre la discrimination de toutes sortes. Nous sommes déterminés à prendre des mesures durables et significatives pour mettre fin aux préjugés et à la haine sous toutes ses formes», a déclaré George Soule, porte-parole du NPD.

Mme Coles, qui a depuis supprimé son compte Twitter, aurait déclaré qu’Israël était lié à la disparation de vaccins contre la COVID-19.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a condamné ces messages lors d’un arrêt de campagne, mardi, mais n’a pas exigé sa démission.

M. Singh a souligné que la candidate a présenté des excuses et qu’il a été encouragé de voir des excuses claires et un retrait complet des commentaires.

M. Osborne aurait de son côté écrit à Oprah Winfrey sur Twitter, en 2019, pour lui demander si Auschwitz était un endroit réel. Il a répondu au contrecoup de la publication sur Twitter au cours du week-end en disant qu’il l’avait écrite quand il était adolescent.

«Je veux présenter des excuses», a écrit M. Osborne dimanche, ajoutant qu’il ne fallait jamais oublier Auschwitz et l’Holocauste.

«L’antisémitisme doit être combattu et arrêté. Je ne me souviens pas d’avoir posté cela, j’avais alors 16 ans et je peux honnêtement dire que je ne voulais pas faire de mal.»

Lorsqu’on lui a demandé mardi si les candidats devaient démissionner à cause de propos antisémites, M. Singh a déclaré qu’il n’y avait pas de place chez les néo-démocrates pour le racisme ou les préjugés.

Avec La Presse Canadienne

Canada: Un épidémiologiste démissionne de la Table scientifique sur la COVID-19 de l’Ontario

août 30, 2021

 David Fisman allègue que la modélisation de la Table pour l’automne n'est pas partagée de « manière transparente avec le public ».

© /Ousama Farag/CBC David Fisman allègue que la modélisation de la Table pour l’automne n’est pas partagée de « manière transparente avec le public ».

David Fisman, membre de la Table consultative scientifique sur la COVID-19 de l’Ontario, a démissionné, alléguant que le groupe a retardé la publication de ses projections pour l’automne en raison d’ingérence politique. Une accusation que la Table a niée.

Le professeur d’épidémiologie à l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto a annoncé qu’il se retirerait de la Table sur Twitter lundi matin, publiant une lettre de démission qu’il a envoyée au coprésident du comité scientifique, le Dr Adalsteinn Brown.

David Fisman a déclaré que même s’il avait des émotions mitigées» à propos de sa démission, il s’était opposé publiquement à plusieurs reprises aux directives de la Table», et a ajouté que l’Ontario avait besoin d’un système de santé publique indépendant de la politique».

Je me sens de plus en plus mal à l’aise avec le fait que les considérations politiques semblent influencer les conclusions de la Table, ou du moins à quel point ces conclusions sont partagées de manière transparente avec le public», a écrit David Fisman.

La lettre ne contenait cependant aucun détail sur les prétendues considérations politiques. L’épidémiologiste a déjà été retiré de la liste des membres sur le site web de la Table.

Une modélisation pour l’automne retardée?

Sa démission survient deux jours après qu’il a tweeté que la Table scientifique avait fait un travail de modélisation important qui projette un automne sombre». Il a aussi laissé entendre que sa publication avait été intentionnellement retardée.

Je ne comprends pas pourquoi ils ne publient pas cela. Il est important que les gens comprennent ce qui les attend et quels sont les enjeux», a-t-il écrit.

La Table réfute les propos de David Fisman

La Table a fermement réfuté le fait qu’elle dissimule délibérément des projections pour l’automne. Dans une série de tweets sur son compte officiel, elle clarifie sa position : Il semble y avoir des rumeurs selon lesquelles la Table de consultation scientifique retient une modélisation de COVID-19 pour l’automne. Pour être absolument clair, ce n’est pas vrai.»

La Table a aussi expliqué qu’elle travaillait actuellement à comprendre comment la COVID-19 pourrait affecter l’Ontario dans les mois à venir», ce qui implique l’intégration et l’examen de nombreux modèles réalisés par de nombreuses équipes» jusqu’à ce qu’il y ait un consensus scientifique raisonnable».

De nombreux travaux mathématiques et scientifiques sont nécessaires pour générer un consensus de modélisation sur lequel les Ontariens peuvent compter; nous agissons rapidement, mais pas prématurément», a-t-elle ajouté.

Les dernières données de modélisation de la Table de consultation scientifique sur la COVID-19 ont été rendues publiques le 10 juin. Les projections indiquaient qu’une quatrième vague causée par le variant Delta était peu probable, car les cas positifs de COVID-19 en Ontario ont continué de baisser fortement».

Cependant, les principales conclusions de la modélisation soulignaient que le variant Delta serait probablement la forme dominante du virus au cours de l’été et pourrait être plus dangereux» que les variants qui ont entraîné les vagues précédentes de la pandémie.

David Fisman a été un critique virulent du gouvernement Ford et de bon nombre de ses hauts responsables de la santé publique et a été l’un des premiers défenseurs de l’hypothèse selon laquelle le virus est principalement transmis par les aérosols.

Avec CBC/Radio-Canada

Médias – Radio-Canada se défend d’avoir poussé Pascale Nadeau vers la sortie

août 19, 2021

Accusée d’avoir menti sur les raisons du départ de l’ex-cheffe d’antenne Pascale Nadeau, Radio-Canada s’est défendue mercredi de l’avoir poussée vers la sortie. La société d’État laisse entendre que la journaliste n’accepte pas les conclusions d’une enquête externe qui pointait un « comportement inapproprié ».

L’ex-cheffe d’antenne Pascale Nadeau a brisé le silence dans une lettre ouverte publiée mercredi dans «Le Soleil», où elle affirme avoir été la cible d’une «dérive disciplinaire» à la suite d’une plainte «anonyme».

© Radio-Canada L’ex-cheffe d’antenne Pascale Nadeau a brisé le silence dans une lettre ouverte publiée mercredi dans «Le Soleil», où elle affirme avoir été la cible d’une «dérive disciplinaire» à la suite d’une plainte «anonyme».

« En général, [une enquête], c’est un wake-up call pour se dire : “Il faut peut-être que je corrige certains comportements” », a mentionné la directrice générale de l’information du diffuseur public, Luce Julien, lors d’une mise au point avec les journalistes. « Il n’y a pas eu de congédiement, encore moins de congédiement déguisé ou d’âgisme », a-t-elle affirmé.

Le 5 août dernier, Radio-Canada avait annoncé le départ de Mme Nadeau en affirmant qu’elle avait « récemment informé la direction de l’information de son intention de prendre sa retraite cet automne ».

La journaliste a brisé le silence dans une lettre ouverte publiée mercredi dans Le Soleil, où elle affirme avoir plutôt été la cible d’une « dérive disciplinaire » à la suite d’une plainte « anonyme ». « Je ne pensais pas mettre fin à ma carrière si vite, j’avais encore de belles années à offrir et je ne croyais surtout pas la terminer de cette façon, par la porte d’en arrière », a écrit Mme Nadeau.

L’incident déclencheur de cette « affaire » reste assez obscur ; le dossier de la plainte en question demeure confidentiel. Peu d’employés de la société d’État ont d’ailleurs accepté de parler de la controverse au Devoir — et aucun en se laissant nommer publiquement.

Mme Nadeau a évoqué dans une entrevue avec Le Soleil qu’un commentaire sur le travail d’un employé du service de l’information serait à la source de la plainte. « C’était un mot que j’avais dit en 2019 par rapport à un texte, un ramassis de phrases, de remarques prises hors contexte, d’allégations qui relevaient carrément de l’anecdote », a-t-elle expliqué au quotidien de Québec. L’ex-cheffe d’antenne a décliné la demande d’entrevue du Devoir.

Le point de vuede Pascale Nadeau

Dans sa missive publiée mercredi, Mme Nadeau a expliqué vouloir « dire la vérité » au public. Elle qualifie la plainte « anonyme » de « ramassis d’allégations mensongères ou citées totalement hors contexte ».

« Je ne suis pas parfaite. J’ai du caractère et il peut m’arriver d’avoir des moments d’impatience », admet-elle, soulignant par ailleurs que les agissements qui lui ont été reprochés ne constituent pas du harcèlement ou du dénigrement, mais plutôt des « remarques faites dans le cadre de mon travail et de mes fonctions ».

Mme Julien estime que l’ex-cheffe d’antenne donne « sa version des faits », mais ajoute qu’en tant que journaliste, elle est bien au fait qu’une dénonciation « anonyme » ne veut pas dire qu’on ignore l’identité de la personne qui l’a déposée, mais plutôt qu’on lui assure la confidentialité.

La décision de la sanctionner un mois sans salaire n’a pas été facile, reconnaît Mme Julien, qui confirme avoir dit à la journaliste de « ne pas avoir le choix » de le faire. « Le processus d’enquête a été rigoureux. […] Il y a eu des conclusions, des employés rencontrés, par respect pour le processus, j’aurais manqué à mon devoir de gestionnaire si j’avais fermé les yeux sur le rapport », dit-elle.

Mme Julien a refusé de préciser la nature des allégations qui sont reprochées à Mme Nadeau et s’est limitée à dire qu’il s’agit d’un « comportement inapproprié ». « En 2021, il y a des comportements qui étaient acceptés à une autre époque qui ne le sont plus », a-t-elle ajouté.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Radio-Canada a confirmé qu’un grief a été déposé concernant la sanction imposée à Mme Nadeau. « Ce que l’employeur allègue pour justifier la sanction ne tient pas la route, c’est exagéré pour quelqu’un qui n’avait aucune tache à son dossier », mentionne le président du syndicat, Pierre Tousignant. Selon ses informations, Mme Nadeau n’a jamais été avisée de ce qu’elle a pu faire d’offensant ou blessant.

La directrice générale de l’information a également précisé qu’à la suite de sa suspension, Mme Nadeau a annoncé à la direction qu’elle s’absentait pour un congé de maladie. Cet été, elle leur a demandé des excuses, ce que Radio-Canada a refusé. « Elle nous a ensuite indiqué avoir l’intention de prendre sa retraite », a noté Mme Julien.

Conflit intergénérationnel ?

Deux journalistes expérimentés de la salle des nouvelles de Radio-Canada affirment que cette controverse découle d’un conflit intergénérationnel.

Mme Nadeau était cheffe d’antenne du Téléjournal du week-end. Or, pendant la fin de semaine, la salle emploie surtout des surnuméraires, des journalistes, des rédacteurs et des techniciens moins expérimentés, souvent plus jeunes. Elle évoque d’ailleurs dans sa lettre que « travailler avec la relève est stimulant, mais […] comporte aussi ses défis ».

« Ma génération a encore des comportements épouvantables et inacceptables », affirme l’un des reporters d’expérience qui a accepté de parler au Devoir. « Maintenant, on tord le bâton dans l’autre sens : une partie de la nouvelle génération casse au moindre reproche. Il me semble qu’il faudrait trouver un juste milieu. »

Deux cultures du travail se seraient donc affrontées. D’un côté, il y aurait donc Pascale Nadeau, franche, expérimentée, exigeante, voire perfectionniste, qui aurait critiqué comme à son habitude le travail jugé bâclé d’un collègue ; et de l’autre, il y aurait donc ce jeune employé blessé par le poids du jugement critique de Mme Nadeau, dont la carrière s’étale sur quatre décennies.

« Le centre de l’information de Radio-Canada, c’est comme un hôpital. Il y a des gens qui travaillent de soir, de nuit, de fin de semaine. Et comme partout, oui, il y a un clash générationnel. Mais, encore une fois, Radio-Canada fait partie d’une société qui évolue », a fait valoir Mme Julien.

Par Le Devoir avec Stéphane Baillargeon

États-Unis: Accusé de harcèlement sexuel, le gouverneur de l’Etat de New York annonce sa démission

août 10, 2021
Accuse de harcelement sexuel, le gouverneur de l'Etat de New York annonce sa demission
Accusé de harcèlement sexuel, le gouverneur de l’Etat de New York annonce sa démission© POOL/AFP/Archives/CARLO ALLEGRI

Le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, accusé de harcèlement sexuel par plusieurs femmes, a annoncé mardi sa démission, une semaine après un rapport accablant sur l’affaire.

« Etant donné les circonstances, la meilleure manière de vous aider est de me retirer », a déclaré Andrew Cuomo, qui a aussi présenté ses « profondes excuses » aux femmes qui se sont « senties offensées » par ses actions.

Andrew Cuomo, 63 ans, gouverneur en place depuis 2011 et réélu en 2014 et 2018, avait été mis en cause pour la première fois en février, et les témoignages d’anciennes employées de son administration ou conseillères s’étaient multipliées depuis. En mars, il avait déjà repoussé des appels à la démission.

Mais la situation était devenue beaucoup plus difficile pour lui depuis la diffusion, il y a une semaine, des conclusions accablantes d’une enquête demandée par la procureure générale de l’Etat de New York, Letitia James, qui l’accusait d’avoir harcelé sexuellement onze femmes et enfreint les lois fédérales et de l’Etat. Dans la foulée, le président américain Joe Biden l’avait appelé à quitter ses fonctions.

Parmi les femmes figurant dans le rapport, une assistante a déposé plainte la semaine dernière, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires contre le gouverneur.

« Les accusations les plus graves ne reposent sur aucune base crédible dans le rapport. Et il y a une différence entre des allégations d’agissements inappropriés et le fait de conclure qu’il y a harcèlement sexuel », s’est encore défendu Andrew Cuomo mardi.

« Mais ça ne veut pas dire que onze femmes n’ont pas été offensées. Elles le sont. Et pour cela, je m’excuse profondément », a-t-il ajouté.

Il a précisé que sa démission prendrait effet dans 14 jours et a rendu hommage à la vice-gouverneure Kathy Hochul, « intelligente et compétente », qui va le remplacer dans l’immédiat, et devenir la première femme gouverneure de l’Etat de New York.

Gouverneur du quatrième Etat le plus peuplé du pays, Andrew Cuomo était devenu une vedette nationale au plus fort de la pandémie de coronavirus au printemps 2020, grâce à ses points télévisés quotidiens, vus comme rationnels et rassurants en pleine crise, et qui l’avaient érigé en figure anti-Trump.

Mais son bilan avait déjà été terni par une affaire de sous-estimation du nombre de morts du Covid-19 dans les maisons de retraite, puis par les accusations de harcèlement sexuel.

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Joe Biden demande la démission du gouverneur de New York Andrew Cuomo

août 4, 2021

NEW YORK — Le gouverneur de New York Andrew Cuomo a été confronté à des appels à la démission de plus en plus nombreux, mardi,  notamment de la part du président Joe Biden et d’autres anciens alliés démocrates, après qu’une enquête ait révélé qu’il avait harcelé sexuellement près d’une douzaine de femmes et avait tenté de se venger de l’une de ses accusatrices.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

«Je pense qu’il devrait démissionner», a déclaré Joe Biden aux journalistes mardi, faisant écho aux sentiments de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et des sénateurs américains Chuck Schumer et Kirsten Gillibrand, tous démocrates. 

Le chef de l’assemblée de l’État, qui a le pouvoir de porter des accusations de destitution contre Andrew Cuomo, a déclaré qu’il était clair que le gouverneur ne pouvait plus rester en fonction. 

Le président Carl Heastie, un démocrate, a déclaré qu’il entreprendrait de mener une enquête en destitution «le plus rapidement possible». 

Le gouverneur de New York est demeuré provocant, dans sa réponse préenregistrée,  aux conclusions de l’enquête.  

«Les faits sont très différents de ce qui a été décrit», ajoutant qu’il «n’a jamais touché personne de manière inappropriée ou fait des avances sexuelles inappropriées». 

L’enquête de près de cinq mois était supervisée par la procureure générale de New York Letitia James et dirigée par deux avocats indépendants.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

Allemagne : un éminent cardinal démissionne en dénonçant « la catastrophe des abus sexuels »

juin 4, 2021

L’un des cardinaux les plus influents d’Allemagne, l’archevêque de Munich Reinhard Marx, a demandé au pape François d’être démis de ses fonctions, tirant les conséquences de l' »échec », selon lui, de l’Église catholique dans « la catastrophe des abus sexuels » qui ébranle tout particulièrement un diocèse allemand.

L'archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

© THOMAS KIENZLE L’archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d'une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

© LENNART PREISS Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d’une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

« Pour moi, il s’agit essentiellement de partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels commis par des responsables de l’Église au cours des dernières décennies », a écrit l’ancien président de la Conférence épiscopale allemande dans ce courrier adressé le 21 mai au pape.

Il dénonce également un « échec institutionnel ou systémique » dans ce vaste scandale qui éclabousse toute l’Église.

Le prélat de 67 ans, considéré comme un libéral au sein de l’institution, juge que l’Église catholique est arrivée à « un point mort ».

Les récentes discussions ont montré « que certains au sein de l’Église ne veulent pas accepter cette responsabilité et donc la complicité de l’institution et s’opposent ainsi à tout dialogue de réforme et de renouvellement en lien avec la crise des abus » sexuels, poursuit-il dans cette missive.

A ce stade, la démission du cardinal n’a pas été acceptée par le pape François, dont il est un proche. « Le pape lui-même voulait que cette lettre soit publiée, c’est important », a souligné Mgr Marx lors d’une conférence de presse.

L’actuel président de la Conférence épiscopale, Georg Bätzing, a exprimé son « respect » pour le geste de son prédécesseur. 

« Je comprends la décision du cardinal Marx » qui veut « envoyer un signal », a-t-il dit, assurant que les abus sexuels et leur dissimulation avaient « révélé des faiblesses systémiques dans l’Eglise qui appellent également des réponses systémiques ».

Reinhard Marx fait partie d’un conseil restreint de cardinaux conseillant le pape sur ses réformes de la Curie romaine. Il coordonne aussi au Vatican le Conseil pour l’économie chargé de veiller à la bonne gestion financière du Saint-Siège.

Archevêque de Munich et de Freising (sud) depuis près de 14 ans, il avait refusé il y a un mois la plus haute distinction allemande, la Croix fédérale du Mérite.

– « Visiteurs apostoliques » –

Cette demande de démission intervient alors que le pape a ordonné fin mai une enquête sur le traitement de cas d’agressions sexuelles de mineurs au diocèse de Cologne (ouest), le plus grand d’Allemagne, secoué par une grave crise depuis des mois.

L’archevêque de Cologne, Rainer Maria Woelki, un conservateur dans les rangs de l’Église, est accusé notamment d’avoir longtemps couvert deux prêtres de la communauté religieuse de Düsseldorf soupçonnés de violences sexuelles.

Le Saint-Siège a nommé deux « visiteurs apostoliques », des envoyés pontificaux extraordinaires, chargés d' »appréhender la situation pastorale complexe à l’archevêché et parallèlement d’étudier d’éventuelles fautes » du cardinal Woelki et d’autres prélats.

Reinhard Marx a assuré que sa décision ne visait pas à dicter leur conduite à ses pairs. « Chacun doit prendre ses responsabilités comme il l’entend », a-t-il déclaré.

Un rapport accablant, rendu public en mars, révélait que des centaines de mineurs avaient subi des violences sexuelles dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018, et que plusieurs responsables religieux s’étaient tus.

– Fuite en masse –

L' »affaire » du diocèse de Cologne s’est notamment traduite par une fuite en masse des fidèles.

En 2019, lors d’un sommet inédit au Vatican de présidents de conférences épiscopales consacré aux scandales d’abus sexuels sur mineurs, Reinhard Marx fut une personnalité en pointe pour réclamer davantage de transparence sur la question.

L’année précédente, il avait présenté les excuses de l’Église allemande après un rapport révélant des abus sexuels sur plus de 3.600 mineurs pendant des décennies.

Le président du puissant comité central des catholiques allemands, qui représente les laïcs au sein de l’institution, a salué son engagement dans ce domaine. « Ce n’est pas lui qui devrait partir », a jugé Thomas Stenberg au quotidien Rheinische Post.

Le chargé des questions d’abus sexuels au sein du gouvernement allemand, Johannes-Wilhelm Rörig, a lui souhaité que toute la lumière soit faite sur ces crimes dans tous les diocèses, selon l’agence dpa.

L’Église allemande, qui reste la plus grande confession du pays avec quelque 22,6 millions de membres, mène par ailleurs depuis des mois un « synode » national houleux où s’opposent progressistes en faveur par exemple de l’ordination de femmes et évêques plus conservateurs.

Avec AFP par bur-yap/ilp/mba

Mali: démission des dirigeants de la transition arrêtés par les militaires

mai 26, 2021
Mali: demission des dirigeants de la transition arretes par les militaires
Mali: démission des dirigeants de la transition arrêtés par les militaires© AFP/Archives/Michele Cattani

Le président et le Premier ministre de transition maliens ont démissionné après leur arrestation lundi par les militaires, dans ce qui s’apparente à un deuxième coup d’Etat en neuf mois et qui a poussé les Etats-Unis à suspendre mercredi leur assistance aux forces maliennes.

Le président Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane ont démissionné en présence de la mission de diplomates venus les voir à la base militaire de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, a dit à un correspondant de l’AFP Baba Cissé, conseiller spécial du colonel Assimi Goïta, à l’origine de ce coup de force aux conséquences imprévisibles.

En réalité, ils ont démissionné avant l’arrivée de la mission à Kati, lieu de leur rétention, a dit à des journalistes sous le couvert de l’anonymat un membre de la délégation constituée de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de l’Union africaine (UA) et de la Mission de l’Onu dans le pays (Minusma).

La délégation s’est ensuite rendue dans les bureaux du colonel Goïta, vice-président de la transition, qu’elle avait déjà rencontré mardi. « On a revu le vice-président pour lui dire notre désaccord », a déclaré le même membre de la délégation.

Ces démissions, dont on ignore les conditions mais qui figuraient parmi les multiples scénarios possibles depuis le coup de tonnerre de lundi, maintiennent une inconnue totale sur la suite des évènements dans ce pays crucial pour la stabilité du Sahel, plongé depuis des années dans une inextricable crise polymorphe.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné à l’unanimité cette éviction sans toutefois parler de coup de force, ni envisager de mesures coercitives.

« Imposer un changement de direction de la transition par la force, y compris par des démissions forcées, (est) inacceptable », a déclaré le Conseil.

Libération « de façon graduelle »

Les Etats-Unis ont suspendu l’assistance aux forces de sécurité et de défense maliennes, a annoncé le département d’Etat, précisant que Washington étudierait « des mesures ciblées contre les responsables politiques et militaires qui ont entravé la transition civile vers une gouvernance démocratique ».

Si les efforts de médiation n’aboutissent pas, « nous prendrons des sanctions contre tous ceux qui empêchent le processus de transition de se développer », a prévenu auparavant le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dont le pays engage environ 5.000 soldats au Sahel.

Les pays européens sont également prêts à des sanctions, a déclaré le président français Emmanuel Macron qui a parlé de « coup d’Etat dans le coup d’Etat ». La Cédéao a elle aussi fait savoir que des sanctions étaient possibles, comme elle l’avait fait après le coup d’Etat mené par les mêmes colonels en août 2020.

La rencontre de la mission de la Cédéao avec les dirigeants arrêtés s’annonçait lourde de conséquences.

« Les négociations sont en cours pour leur libération et la formation d’un nouveau gouvernement », a dit le collaborateur du colonel Goïta.

Le colonel Goïta « nous a dit qu’ils travaillaient aux modalités de leur libération », a dit le chef de la délégation de la Cédéao, Goodluck Jonathan.

« Après la démission du président et du Premier ministre, les personnes détenues vont recouvrer leur liberté, cela se fera de façon graduelle pour d’évidentes raisons de sécurité », ensuite déclaré devant la presse Baba Cissé, le conseiller du colonel Goïta.

Mais la mission, ainsi qu’une grande partie de la communauté internationale, n’entendait pas seulement obtenir des assurances quant à leur état de santé et exiger leur libération immédiate. Elle réclamait un retour à la transition, censée ramener des civils élus au pouvoir début 2022.

Dans un communiqué publié lundi soir, les organisations africaines, la Minusma, la France, les Etats-Unis et d’autres prévenaient qu’ils n’accepteraient pas un fait accompli comme une démission forcée.

Depuis leur arrestation, le président et le Premier ministre de transition sont tenus au secret au camp militaire de Kati, là où le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu un an plus tôt, avait été conduit lui aussi par les colonels en août 2020 et poussé à annoncer sa démission.

Tous deux sont depuis réduits au silence.

« Différends profonds »

C’est le colonel Goïta qui a indiqué mardi les avoir écartés en les accusant d’avoir formé un nouveau gouvernement sans le consulter alors qu’il est le vice-président en charge des questions de sécurité, attribution primordiale dans un pays dans la tourmente des violences jihadistes et en tous genres.

Le nouveau gouvernement annoncé lundi dépossédait de leur portefeuille sécuritaire deux des acteurs principaux du putsch d’août 2020.

Baba Cissé a invoqué mercredi soir des « différends profonds tant sur la forme que sur le fond » et des « blocages » auxquels le président de transition se serait livré, par exemple contre la préparation des élections à venir ou l’arrestation de responsables suspects de « mauvaise gestion financière ».

Il a paru confirmer que les colonels auteurs du putsch d’août 2020 avaient mal pris que le président et le Premier ministre aient écarté deux d’entre eux de postes clés dans le gouvernement qu’ils ont annoncé lundi. Il y a eu « des limogeages ou des changements abusifs » qui pouvaient « avoir comme conséquence la démoralisation des troupes et une certaine rupture dans la chaîne de commandement », a dit le conseiller du colonel Goïta.

Le coup de force, énième soubresaut de l’histoire contemporaine malienne, soulève une multitude de questions quant à son impact sur la lutte antijihadiste et sur la gouvernance au Mali, et plus immédiatement sur la relation future avec les colonels et le respect des échéances prévues, comme la tenue d’élections début 2022.

Par Le Point avec AFP et sd-kt-lal-ah/ybl

Mali : Bah N’Daw démissionne, Assimi Goïta devient président

mai 26, 2021
Le président de la transition Bah N’Daw, et le vice-président, le colonel Assimi Goïta, lors de la prestation de serment, le 25 septembre 2020 à Bamako.

Le président de la transition, Bah N’Daw, a remis sa démission à son vice-président, Assimi Goïta. Ce dernier devient, de fait, le nouveau chef de la transition.

Moins de 48 heures après avoir démis de leurs fonctions le président de la transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, le colonel Assimi Goïta devient de fait le nouveau président de la transition.

Bah N’Daw a en effet remis, ce mercredi 26 mai, sa démission ainsi que celle de son Premier ministre à celui qui était, jusque-là, son vice-président. Le gouvernement, dont la composition avait été dévoilée le 24 mai, quelques heures avant le coup de force des militaires, est quant à lui dissous.

Point de non-retour

Cette annonce vient confirmer la reprise en main de l’exécutif par le chef de la junte qui a mené le coup d’État contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le 18 août dernier.

Les tensions entre Assimi Goïta et Bah N’Daw s’étaient accrues depuis la reconduction de Moctar Ouane au poste de Premier ministre, le 14 mai dernier. Mais c’est l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, lundi soir, qui a constitué le point de non-retour. Assimi Goïta, tenu à l’écart des discussions, contestait en particulier l’éviction de deux de ses fidèles, membres influents de l’ancien Conseil national pour le salut du peuple (CNSP, officiellement dissous en janvier) : les colonels Modibo Koné et Sadio Camara, qui était respectivement ministres de la Sécurité et de la Défense dans le précédent gouvernement.

Interpellés le 24 mai au soir, Bah N’Daw et Moctar Ouane se trouvent depuis au camp militaire de Kati, situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako. C’est également le cas du général Souleymane Doucouré, qui devait devenir le nouveau ministre de la Défense, et de Kalilou Doumbia, conseiller spécial de Bah N’Daw.

Par Jeune Afrique

Mali : démission du gouvernement, le Premier ministre Moctar Ouane reconduit

mai 14, 2021

Le Premier ministre Moctar Ouane, le 10 février 2021, lors de la rencontre avec les partis politiques.

Le Premier ministre a présenté sa démission et celle de son gouvernement, ce vendredi 14 mai au président de transition Bah N’Daw. Moctar Ouane a immédiatement été reconduit et chargé de former un nouveau gouvernement faisant plus de place à la classe politique.

La démission du Premier ministre Moctar Ouane et de son gouvernement intervient après une série de rencontres initiée par le président Bah N’Daw en vue de renouer le dialogue politique et social entre les autorités de la transition et les représentants des partis politiques et de la société civile.

Vers un gouvernement « plus inclusif »

Moctar Ouane a cependant été immédiatement reconduit à la primature, et chargé de constituer un gouvernement « plus inclusif » et « faisant plus de place à la classe politique », selon les confidences de l’un des membres du gouvernement sortant à Jeune Afrique.

Selon notre source, cette décision ne serait pas en rapport avec la visite récente de la Cedeao, mais plutôt liée à la rencontre entre Bah N’Daw et les représentants du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), le 6 mai dernier.

Le M5 avait alors réclamé, par la voix de Choguel Maïga, président du comité stratégique du mouvement, « la démission du gouvernement » et une « rectification de la transition ». Il avait également rappelé avoir introduit une procédure devant la Cour suprême réclamant la dissolution du gouvernement et celle du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif, réclamant la mise en place d’une instance « plus respectueuse de la loi et plus légitime ».

Avec Jeune Jeune Afrique par Aïssatou et Fatoumata Diallo