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Royaume-Uni : un membre de la maison royale démissionne après un incident raciste

novembre 30, 2022

Un proche de la monarchie britannique a démissionné après avoir posé des questions insistantes sur ses origines à une militante féministe noire.

L'incident s'est deroule lors d'une reception organisee par la reine consort Camilla a Buckingham. (Photo d'illustration).
L’incident s’est déroulé lors d’une réception organisée par la reine consort Camilla à Buckingham. (Photo d’illustration).© HERVE CHATEL / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Une personne appartenant à l’entourage de la monarchie britannique a démissionné après avoir posé des questions insistantes sur ses origines à une militante féministe noire lors d’une réception organisée par la reine consort Camilla à Buckingham, a indiqué mercredi le palais. Ngozi Fulani, directrice de l’association Sistah Space qui soutient les victimes de violences domestiques, a affirmé sur Twitter qu’un membre des services qui entourent les membres de la monarchie lui avait demandé avec insistance « d’où elle venait vraiment » lors d’une réception mardi au palais royal.

Dans un communiqué, le palais de Buckingham a déclaré prendre l’incident « extrêmement au sérieux ». « Des commentaires inacceptables et vraiment regrettables ont été faits », a déclaré le palais. « La personne concernée aimerait exprimer ses profondes excuses pour le mal causé et a quitté son rôle honorifique avec effet immédiat. » La réception organisée à Buckingham par la reine consort Camilla avait pour thème la lutte contre les violences à l’égard des femmes.

Des questions embarrassantes

Dans un tweet, Ngozi Fulani raconte avoir été interpellée dix minutes après son arrivée par une personne qu’elle désigne comme « Lady SH », qui lui a « touché les cheveux pour voir (son) nom sur (son) badge », explique-t-elle. Elle ajoute qu’après avoir expliqué qu’elle était là comme représentante de son association basée à Londres, son interlocutrice lui a demandé : « Non, mais d’où venez-vous en Afrique ? » et a continué d’insister quand Ngozi Fulani lui a répondu être britannique. « Non, mais d’où venez-vous vraiment ? D’où est-ce que les gens comme vous viennent ? » aurait-elle insisté.

Ngozi Fulani explique n’avoir pas su que répondre ni que faire. « Je ne pouvais pas le dire à la reine consort, et c’était un choc pour moi comme pour les deux autres femmes (à mes côtés), nous sommes restées abasourdies et muettes. » « Nous ne souhaitons pas révéler l’identité de la personne concernée, c’est le système qui doit évoluer », a insisté Sistah Space. L’incident intervient après que la famille royale britannique a été accusée de racisme l’année dernière par le prince Harry – fils cadet du roi Charles III – et son épouse Meghan, une Américaine métisse. Le couple, qui vit désormais aux États-Unis, assure notamment qu’un membre de la famille royale s’était interrogé avant sa naissance sur la couleur de peau qu’aurait leur fils Archie. Seulement 8,5 % des employés de la famille royale font partie de minorités ethniques, contre 13 % de la population britannique, avait révélé l’année dernière la famille royale en se fixant un objectif de 10 % pour 2022

Par Le Point avec AFP

France-Déclaration de patrimoine contestée: Caroline Cayeux quitte le gouvernement

novembre 28, 2022

Declaration de patrimoine contestee: Caroline Cayeux quitte le gouvernement
Déclaration de patrimoine contestée: Caroline Cayeux quitte le gouvernement© AFP/Archives/Ludovic MARIN

En délicatesse avec la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Caroline Cayeux a démissionné lundi de son poste de ministre déléguée aux Collectivités territoriales, pour une déclaration de patrimoine jugée « sous-évaluée ».

« Suite à ma déclaration de patrimoine, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique m’a indiqué qu’elle l’estimait sous-évaluée », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Elle y affirme avoir « tenu compte de ses observations » et s’être « alignée » mais, « en dépit de cela, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique persiste à mettre en doute ma sincérité ».

L’ancienne maire de Beauvais, âgée de 74 ans, explique donc avoir décidé de démissionner « afin de ne pas gêner l’action du gouvernement ».

L’Élysée avait annoncé auparavant avoir mis fin aux fonctions de Mme Cayeux « à sa demande », et précisé que ses attributions seraient reprises par sa collègue chargée de la Ruralité, Dominique Faure. Cette dernière passe du rang de secrétaire d’État à celui de ministre déléguée.

La HATVP, contactée par l’AFP, a indiqué qu’elle ne communiquerait pas dans l’immédiat, dans l’attente de la réunion de son collège mardi.

Ex-figure du RPR, de l’UMP puis de LR, cette représentante selon ses dires de la « droite sociale » avait fait l’objet d’une polémique dès son arrivée au gouvernement, en raison de propos datant de 2013. Elle avait alors qualifié le mariage pour tous et l’adoption pour les couples de même sexe, de « réforme de caprice et de dessein qui va contre la nature ».

Interrogée sur cette déclaration, Mme Cayeux avait répondu en juillet dernier: « Je maintiens évidemment mes propos. Mais j’ai toujours dit que la loi, si elle était votée, je l’appliquerais ». Puis avait ajouté: « Je dois vous dire quand même, j’ai beaucoup d’amis parmi ces gens-là. Franchement, c’est un mauvais procès qu’on me fait et ça m’a beaucoup contrariée ».

L’utilisation du terme « ces gens-là », en référence aux couples de même sexe, avait provoqué un tollé. Mme Cayeux avait ensuite déclaré « regretter » des propos passés « stupides et maladroits ».

Soutien de Fillon

Les oppositions n’ont pas tardé à ironiser sur ces nouveaux déboires du gouvernement.

« Rapide comme l’éclair ce passage au gouvernement ! Décidément le fric et la Macronie, c’est une histoire sans fin ? », a raillé le vice-président RN de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu.

« Caroline Cayeux démissionne. Non pas pour ses propos LGBT-phobes, qui ne dérangeaient pas Macron, mais suite à un désaccord avec la HATVP sur sa déclaration de patrimoine. Décidément, la Macronie est engluée dans les affaires d’argent, de conflit d’intérêt et d’opacité… « , a déploré le député LFI Bastien Lachaud, tout comme sa collègue Clémence Guetté, pour qui « on ne voit plus la fin des scandales macronistes ».

« La vraie question est : qui n’a pas de démêlé avec la justice ou la HATVP dans ce gouvernement ? », a tweeté pour sa part le patron du PS Olivier Faure.

Elle devait son portefeuille aux Collectivités à une bonne connaissance de leurs arcanes. A son arrivée au gouvernement en juillet 2022, elle était à la tête de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), un établissement public voulu par Emmanuel Macron pour assurer la coordination entre l’État et les collectivités territoriales.

Maire de Beauvais depuis 2001, elle présidait depuis 2014 « Villes de France », une association qui regroupe les localités de 20.000 à 100.000 habitants.

Politiquement, Mme Cayeux s’est affichée comme un soutien sans faille de François Fillon lors de la primaire de l’UMP en 2012, puis à la présidentielle de 2017. Elle ne l’a pas lâché, malgré les affaires.

C’est en 2018 qu’elle a claqué la porte des Républicains, en désaccord avec Laurent Wauquiez. Rupture partisane qui ne l’avait pas empêchée d’être réélue dès le premier tour des municipales en 2020 à Beauvais, sous l’étiquette divers droite mais soutenue par la République en Marche. Elle a été une active supportrice d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2022.

D’abord enseignante, puis responsable d’un organisme de formation professionnelle, cette licenciée d’anglais, titulaire d’un diplôme supérieur de droit international privé, est née à Paris le 1er novembre 1948.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec: Dominique Anglade quitte la vie politique

novembre 7, 2022

La députée de Saint-Henri–Sainte-Anne quitte la chefferie du PLQ et laissera son siège de députée le 1er décembre.

Dominique Anglade, en conférence de presse.

Dominique Anglade a annoncé lundi matin en conférence de presse qu’elle démissionnait de la chefferie du Parti libéral du Québec et de son siège de députée de Saint-Henri–Sainte-Anne. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Le grenouillage aura finalement eu raison du leadership de Dominique Anglade. Dans une brève déclaration devant la presse, Mme Anglade a confirmé lundi matin qu’elle abandonnait la chefferie du PLQ et qu’elle démissionnerait de son siège de députée de Saint-Henri–Sainte-Anne le 1er décembre.

« Depuis le 3 octobre dernier, j’ai pris la pleine mesure des résultats et, comme plusieurs, j’ai été déçue. J’ai alors entamé une réflexion personnelle qui est normale. »— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe démissionnaire du PLQ

Les enjeux démographiques, culturels, socio-économiques et écologiques sont trop importants pour que l’opposition officielle soit déchirée, a déclaré Mme Anglade.

Elle a ajouté que le PLQ, qui doit opérer un renouvellement de son offre politique, n’a pas le luxe d’être miné par des intrigues internes dont les Québécois n’ont que faire.

Dominique Anglade tourne la page de sa carrière politique presque sept ans jour pour jour après son élection dans une partielle comme députée libérale de Saint-Henri–Sainte-Anne. Si j’ai choisi la politique comme véhicule, c’est parce qu’au plus profond de moi j’ai la conviction que l’on doit travailler pour chaque personne, peu importe où elle habite sur notre territoire, peu importe le milieu duquel elle est issue.

L’engagement de la cheffe démissionnaire salué par les politiciens

Réagissant à la démission de la cheffe libérale, le premier ministre François Legault a insisté sur le courage de Mme Anglade.

Ça prend du courage pour se lancer en politique. Ça prend de la détermination pour être en politique. Ça prend de l’humilité pour quitter. Merci Dominique! a écrit le premier ministre François Legault sur Twitter.

Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire, a souligné l’engagement féministe et la préoccupation sincère pour la santé mentale de la cheffe démissionnaire.

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a mis l’accent sur l’engagement et le dévouement de Mme Anglade.

Peu importe nos divergences de point de vue, elle aura démontré de la résilience et un engagement complet envers la politique et envers son parti, déclaré le chef du parti québécois.

La mairesse de Montréal a elle aussi salué l’engagement de Mme Anglade.

« Par son travail et son implication, elle a montré aux femmes qu’il était possible d’aspirer aux plus hautes fonctions politiques. Merci. »— Une citation de  Valérie Plante, mairesse de Montréal

Au sein du Parti libéral, les réactions ne sont pas nombreuses. En entrevue à Midi info, le président de la dernière campagne nationale du Parti libéral du Québec et ancien ministre des Finances, Carlos Leitão, s’est dit déçu par ce qui est arrivé à Dominique Anglade.

On va prendre un an à deux ans de retard, a-t-il dit.

Selon M. Leitão, il aurait fallu prendre le temps d’examiner les raisons qui ont mené à cette situation [résultats des élections].

Il s’est également dit déçu par les collègues libéraux qui se sont manifestés pour montrer la sortie à leur cheffe.

« Il n’y avait pas d’empressement. On aurait pu faire tout ce travail à l’interne. »— Une citation de  Carlos Leitão , président de campagne du PLQ et ancien ministre des Finances

Le pire score de l’histoire du Parti libéral

Sous le leadership de Dominique Anglade, le PLQ a obtenu le pire score de son histoire, soit moins de 15 % des voix, lors des élections générales du 3 octobre.

La formation a obtenu 21 sièges au Parlement, mais le caucus libéral est passé à 20 députés il y a deux semaines, avec l’expulsion de Marie-Claude Nichols.

Insatisfaite de s’être vu refuser la troisième vice-présidence de l’Assemblée nationale, la députée de Vaudreuil avait préféré ne prendre aucune responsabilité parlementaire dans le cabinet fantôme de l’opposition officielle, ce qui avait poussé Dominique Anglade à l’exclure du caucus.

Cette décision – trop sévère, au goût de plusieurs membres du PLQ – avait créé bien des remous dans le parti, certains députés allant même jusqu’à réclamer le départ de la cheffe.

Dominique Anglade serrant Lise Thériault dans ses bras.

Dominique Anglade et Lise Thériault s’embrassant le jour de l’assermentation des nouveaux élus libéraux, le 18 octobre dernier. Deux semaines plus tard, l’ancienne députée d’Anjou–Louis-Riel exigeait sa démission. Photo: Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

Mme Anglade avait tenté la semaine dernière de tendre la main à Mme Nicholsmais en vain.

Dominique Anglade jette l’éponge à trois semaines de la rentrée parlementaire, prévue le 29 novembre. Un chef par intérim devra donc être choisi rapidement afin de pourvoir le poste de chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale.

La démission de Mme Anglade de son poste de députée de Saint-Henri–Sainte-Anne aura aussi pour conséquence de provoquer le déclenchement d’une élection partielle d’ici six mois.

Dominique Anglade avait accédé à la direction du PLQ en mai 2020, en pleine pandémie, après le retrait de la candidature de son seul opposant déclaré, Alexandre Cusson. Elle aura été cheffe pendant deux ans et demi.

La députée avait succédé à Philippe Couillard, qui avait lui-même quitté la chefferie du parti après sa défaite face à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, en 2018.

Avec Radio-Canada

La première ministre britannique Liz Truss démissionne

octobre 20, 2022

Les membres du Parti conservateur étaient profondément divisés au sujet de son programme de relance économique.

Mme Truss parle lors d'une conférence de presse.

La première ministre britannique Liz Truss a annoncé sa démission devant le 10, Downing Street, à Londres. Photo : Getty Images/Rob Pinney

Confrontée aux attaques de l’opposition et à une crise de confiance au sein du Parti conservateur, la première ministre britannique Liz Truss quitte ses fonctions 45 jours après avoir succédé à Boris Johnson.

Vainqueure de la course à la chefferie pour la succession de Boris Johnson, emporté par le scandale du « Partygate », Liz Truss a pris les commandes du gouvernement conservateur le 5 septembre dans un contexte politique et économique difficile.

À peine un mois après son arrivée à la tête du gouvernement, elle battait déjà des records d’impopularité dans la population alors que les membres de son parti étaient profondément divisés au sujet de son programme de relance économique.

Contrainte de faire volte-face sur plusieurs promesses phares de sa campagne et de changer de ministre des Finances en catastrophe à la suite d’un mini-budget qui a semé la panique sur les marchés financiers, Liz Truss a déposé les armes jeudi lors d’un discours prononcé devant sa résidence de fonction du 10, Downing Street, à Londres.

Liz Truss entre au 10, Downing Street, en compagnie de son conjoint.

Liz Truss est rentrée au 10, Downing Street, après avoir annoncé sa démission lors d’une brève allocution. Photo : Reuters/Toby Melville

« Dans le contexte actuel, je ne peux livrer le mandat pour lequel j’ai été élue par le Parti conservateur. »— Une citation de  Liz Truss, première ministre du Royaume-Uni

Son ou sa successeur(e) sera choisi au sein des députés conservateurs qui se sont donné huit jours pour déterminer qui assumera l’intérim à la tête du gouvernement.

Sur les bancs de l’opposition, le chef du Parti travailliste, Keir Starmer, a réclamé le déclenchement d’élections générales anticipées dès maintenant.

La première ministre britannique Liz Truss s’est finalement résignée jeudi à démissionner après seulement six semaines au pouvoir ressemblant à un chemin de croix pour la dirigeante conservatrice. La situation était devenue pour elle complètement insoutenable, comme l’explique Marie Isabelle Rochon.

Invitée à former un gouvernement par la reine Élisabeth II, le 6 septembre, Liz Truss avait deux jours plus tard annoncé au Parlement un gel de la facture d’énergie des particuliers et des entreprises et la relance de l’extraction de pétrole et de gaz pour tenter de calmer la crise énergétique engendrée par la guerre en Ukraine.

Le décès de la reine, le même jour, avait totalement occulté les débuts de son gouvernement pendant une dizaine de jours.

Déjà moins populaire que son prédécesseur, Boris Johnson, Liz Truss a connu ses premiers revers lorsque son ministre des Finances, Kwasi Kwarteng, a annoncé un mini-budget destiné à relancer la croissance en tablant sur des baisses d’impôts de dizaines de milliards de livres essentiellement financées par de la dette nationale.

Panique sur les marchés

Plombée par l’affolement des marchés, la valeur de la livre a encaissé une baisse historique qui a ébranlé le nouveau gouvernement et la confiance du public.

Le Royaume-Uni traverse une crise sociale et économique majeure aggravée par la flambée des prix de l’énergie et un taux d’inflation de 10,1 %, un sommet en 40 ans.

Pour calmer la panique des marchés, la Banque d’Angleterre a dû intervenir d’urgence sur le marché obligataire en invoquant un risque important pour la stabilité financière du Royaume-Uni.

L’opposition travailliste a une avance de 33 points sur les conservateurs dans les sondages, du jamais vu depuis la fin des années 1990.

Un homme debout au parlement britannique.

Le chef de l’opposition, le travailliste Keir Starmer. Photo : via Reuters/Jessica Taylort/Hoc

Ébranlée et contestée au sein de son propre parti, Liz Truss a annoncé lors du congrès du Parti conservateur qu’elle renonçait à supprimer la tranche d’imposition la plus élevée pour les contribuables les plus riches en excluant de réduire les dépenses publiques, le tout en promettant néanmoins des baisses d’impôts.

Des volte-face qui ont semé de sérieux doutes dans le pays sur sa politique économique et les capacités de son gouvernement à la mettre en œuvre.

Après avoir remplacé Kwasi Kwarteng aux Finances par Jeremy Hunt, son ancien adversaire dans la course pour Downing Street, Liz Truss avait annoncé un nouveau revirement en renonçant à maintenir à 19 % l’impôt sur les sociétés qui augmentera à 25 %, comme l’avait prévu le gouvernement précédent.

Quatre ministres des Finances plus tard

Jeremy Hunt, quatrième ministre des Finances du Royaume-Uni depuis le début de l’année, a finalement annoncé l’annulation du programme économique de Liz Truss dans sa quasi-totalité.

Attaquée de toutes parts, la première ministre s’était fait représenter par une autre ministre pour répondre aux questions qui fusaient à la Chambre des communes où on l’accusait de se cacher sous son bureau.

Moins d’une semaine après avoir dû limoger son ministre des Finances et ami proche, Kwasi Kwarteng, elle a perdu mercredi sa ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, responsable du dossier délicat des traversées illégales de la Manche, qui atteignent des niveaux records au Royaume-Uni.

Officiellement, Mme Braverman a démissionné pour avoir utilisé son courriel personnel pour l’envoi de documents officiels, enfreignant ainsi le code ministériel. Dans sa lettre de démission, Mme Braverman a exprimé ses graves inquiétudes sur la politique du gouvernement qui, selon elle, renonce à ses promesses, notamment dans le dossier migratoire.

Suella Braverman salue de la main.

Suella Braverman, occupait le poste de ministre de l’Intérieur (Home Office) au sein du gouvernement Truss. Photo : La Presse Canadienne/AP/Frank Augustein

Le déroulement totalement chaotique d’un vote mal expliqué en Chambre sur la reprise de la fracturation hydraulique dans le pays, une technique controversée d’extraction de gaz et de pétrole, dont le gouvernement voulait faire un test de loyauté est finalement venu à bout de la détermination de la première ministre Truss.

Jeudi matin, plus d’une douzaine de députés conservateurs réclamaient la démission de leur cheffe.

En Écosse, la première ministre Nicola Sturgeon n’a pas pris de pincettes sur son compte Twitter pour décrire la situation qui prévaut à la tête de l’État britannique.

« Il n’y a pas de mots pour décrire adéquatement cette pagaille. […] La réalité est que les gens ordinaires en paient le prix. Les intérêts du Parti conservateur ne devraient concerner personne en ce moment. »— Une citation de  Nicola Sturgeon, première ministre d’Écosse.

Des réactions à l’étranger

À Washington, le président américain Joe Biden a remercié Mme Truss tout en assurant la coopération de son administration avec le gouvernement britannique, rappelant au passage que les deux pays sont de grandsalliés liés par une amitié durable.

« Je remercie la première ministre Liz Truss pour son partenariat sur toute une série de questions, notamment celle de tenir la Russie responsable de sa guerre contre l’Ukraine. Nous poursuivrons notre étroite coopération avec le gouvernement britannique. »— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

De son côté, le président français, Emmanuel Macron, s’est gardé de faire tout commentaire sur la vie politique britannique tout en soulignant que Mme Truss et lui avaient eu des échanges toujours très constructifs.

La France, en tant que nation et peuple ami du peuple britannique, souhaite avant tout la stabilité dans le contexte que nous connaissons, qui est un contexte de guerre et de tension énergétique, a ajouté le chef de l’État français.

Par Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

Burkina: Damiba, chef de la junte, démissionne après deux jours de tensions

octobre 2, 2022
Burkina: Damiba, chef de la junte, demissionne apres deux jours de tensions
Burkina: Damiba, chef de la junte, démissionne après deux jours de tensions© AFP/Olympia DE MAISMONT

Le chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui refusait sa destitution annoncée par un jeune capitaine, a finalement accepté de démissionner dimanche après deux jours de tensions marquées par des manifestations antifrançaises.

Son départ était réclamé à Ouagadougou par des centaines de manifestants favorables au capitaine Ibrahim Traoré, 34 ans, qui avait annoncé sa destitution vendredi soir.

A la suite d’une médiation menée entre les deux rivaux par des chefs religieux et communautaires, « le Président Paul-Henri Sandaogo Damiba a proposé lui-même sa démission afin d’éviter des affrontements aux conséquences humaines et matérielles graves », indique un communiqué de ces chefs très influents au Burkina Faso.

Depuis l’annonce vendredi soir par des militaires emmenés par le capitaine Traoré de la destitution de M. Damiba – lui-même arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en janvier -, la tension a été vive au Burkina.

Le putschiste déchu avait clairement fait savoir qu’il n’entendait pas abdiquer, en dépit des manifestations qui lui étaient hostiles.

Il avait appelé samedi les nouveaux putschistes « à revenir à la raison pour éviter une guerre fratricide dont le Burkina Faso n’a pas besoin dans (le) contexte » des violences jihadistes qui minent le pays depuis 2015.

Un communiqué séparé publié dimanche par les militaires pro-Traoré indique que le capitaine « est chargé de l’expédition des affaires courantes jusqu’à la prestation de serment du président du Faso désigné par les forces vives de la nation », à une date non précisée.

Dans un discours prononcé devant une trentaine de secrétaires généraux de ministères, le capitaine Traoré s’est excusé pour les militaires qui « ont troublé Ouagadougou » ces dernières heures.

« Cela est arrivé parce que certaines choses ne fonctionnent pas bien », a-t-il dit, et « il faut aller vite » pour changer cela, car « tout le pays est en situation d’urgence ».

Appel « au calme et à la retenue »

Quelques dizaines de manifestants soutenant Ibrahim Traoré se sont rassemblés dimanche devant l’ambassade de France à Ouagadougou, mettant le feu à des barrières de protection et jetant des pierres à l’intérieur du bâtiment sur le toit duquel étaient positionnés des soldats français, d’autres arrachant des barbelés pour tenter d’escalader le mur d’enceinte du bâtiment diplomatique, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des gaz lacrymogènes ont été tirés depuis l’intérieur de l’ambassade pour disperser les manifestants, a-t-il également constaté.

Dans un communiqué lu par l’un de ses proches à la télévision nationale, le capitaine Traoré, qui se trouvait à ses côtés, a appelé les manifestants à « se départir de tout acte de violence et de vandalisme (…) notamment ceux qui pourraient être perpétrés contre l’ambassade de la France ou la base militaire française » à Ouagadougou. Il a appelé « au calme et à la retenue ».

Samedi en fin d’après-midi, deux institutions françaises avaient déjà été prises pour cibles par des manifestants: un incendie s’était déclaré devant l’ambassade de France et l’Institut français à Ouagadougou, un autre devant l’Institut français à Bobo-Dioulasso.

Des affirmations sur les réseaux sociaux faisant état d’une protection accordée par la France au lieutenant-colonel Damiba, ont contribué à la colère des manifestants pro-Traoré.

Elles ont été formellement démenties tant par Paris que par M. Damiba lui-même.

Quelques heures avant l’annonce de sa destitution vendredi soir, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté à Ouagadougou pour réclamer son départ, mais aussi la fin de la présence militaire française au Sahel, et une coopération militaire avec la Russie.

L’influence de Moscou ne cesse de croître dans plusieurs pays d’Afrique francophone ces dernières années, particulièrement au Mali et en Centrafrique.

Frontières rouvertes

Plusieurs centaines de manifestants, réclamant la reddition définitive de M. Damiba, scandant des slogans antifrançais et brandissant des drapeaux russes, avaient accompagné le cortège du capitaine Traoré à la télévision où il était allé pour l’enregistrement de son communiqué.

« Nous avons décidé de prendre notre destin en main et d’accompagner » le capitaine Traoré qui nous donne « espoir » a affirmé l’un d’eux, Yaya Traoré, mais « si ça ne va pas, nous allons sortir pour encore lui dire de partir. Donc c’est à lui de bien faire ».

Les militaires qui ont pris le pouvoir ont indiqué que le couvre-feu instauré vendredi de 21h00 à 05h00 (locales et GMT) avait été levé et les frontières terrestres rouvertes à compter de ce dimanche.

Le lieutenant-colonel Damiba était arrivé au pouvoir en janvier par un coup d’Etat ayant renversé le président Roch Marc Christian Kaboré, accusé d’inefficacité dans la lutte contre les violences jihadistes.

Mais ces derniers mois, des attaques frappant des dizaines de civils et de soldats se sont multipliées dans le Nord et l’Est du Burkina Faso, où des villes sont désormais soumises à un blocus des jihadistes.

Depuis 2015, les attaques régulières de mouvements armés affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique (EI) ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de quelque deux millions de personnes.

Par Le Point avec AFP

Congo: Les « ont dit » sur le départ du gouvernement de Rigobert Andely

septembre 26, 2022
 Les « ont dit » sur le départ du gouvernement de Rigobert Andely

Rigobert Andely a été viré parce que depuis son retour, il a voulu mettre de l’ordre. Ceux qui avaient l’habitude de voler ne pouvaient plus le faire….tout du moins très difficilement. J’ai travaillé avec lui pendant un an, et je peux vous dire que le ministre était quotidiennement harcelé pour qu’il rouvre les vannes.

Quand il a découvert avec stupéfaction le 17 Septembre dernier les valises bourrées de billets en provenance d’Oyo, remises à Nzoumba-ndama et saisies à la frontière avec le Gabon, le ministre Andely n’en revenait pas. Et quand il a appris le montant , 1 milliard 190 millions FCFA, que contenaient ces valises, j’étais aux côtés du ministres. Il était scandalisé. Nous avons vu et revu en boucle la vidéo, Il m’a dit, voilà nous cherchons désespérément l’argent pour payer les pensions de retraite, les salaires ou les bourses, à oyo il y a l’argent qui dort, ça ce n’est pas se moquer des Congolais? Je pense aux pauvres enfants d’autrui, nos enfants qui sont à l’étranger sans toucher leur bourse.

Aussitôt son téléphone n’a pas arrêté de sonner. Le ministre Andely a un sacré carnet d’adresses. Ses connaissances au sein des institutions financières de la Cemac lui ont dit, mais c’est quoi ça ce pays que vous servez? On dirait une mafia monsieur le ministre. Votre honneur est engagé, et tout le crédit qu’on avait pour votre gouvernement notamment par ta présence en son sein est ébranlé parce que tu étais, monsieur le ministre, le gage et la garantie du sérieux pour assainir et redresser les finances de ce pays que nous aimons tant et que malheureusement Monsieur Sassou et son clan n’ont cessé de saccager.

Le lundi 19 Septembre je me retrouve avec le ministre Andely dans son bureau. La mine grave, il me confie qu’il a pris sa décision de partir du gouvernement. Il attend le retour du président Sassou parti aux obsèques de la reine Elizabeth II. La vidéo de l’humiliation du président avec son petit-fils devant le bus a eu un effet dévastateur et a fini par convaincre le ministre Andely qu’il servait non pas un président mais plutôt un charlot.

Enfin, Mr Sassou rentre finalement de son périple humiliant de Londres. Le ministre Andely lui téléphone et lui dit qu’il avait des choses à lui dire en tête à tête. Monsieur le président, j’ai décidé de rendre mon tablier. Dit monsieur Andely au président. Monsieur Sassou lui dit, mais Non, pourquoi? J’ai encore besoin de toi.…écoutez monsieur le ministre, je vous attend demain.

Nous sommes donc le vendredi. Finalement, le ministre Andely est resté sur sa décision de partir. Le président Sassou n’a pas réussi à le dissuader. Je peux vous dire que le président Sassou n’a pas du tout apprécié cette défection et n’a pas caché son incompréhension. Il était un peu en colère, car avec le départ du ministre Andely, le président Sassou sait que c’est une porte qui se referme avec les négociations, notamment avec le Fmi et autres institutions financières. Il a essayé par tous les moyens de retenir le ministre Andely, en vain. S’étant aperçu qu’il n’y avait plus rien à faire, le président Sassou s’est résolu de faire ce petit remaniement. Voilà comment les choses se sont passées.

Il a démissionné de lui-même, il ne supporte pas la gabegie de la famille Nguesso et cette affaire Nzouba Dama été la goutte qui a fait déborder le vase!

Avec Le Congolais.fr

France-Chantage à la sextape : un adjoint de Gaël Perdriau démissionne

septembre 23, 2022

Samy Kéfi-Jérôme, adjoint de Gaël Perdriau à la mairie de Saint-Étienne, impliqué dans l’affaire de chantage politique à la sextape, a présenté sa démission.

Gael Perdriau et Samy Kefi-Jerome a l'issue du conseil municipal du 3 juillet 2020.
Gaël Perdriau et Samy Kéfi-Jérôme à l’issue du conseil municipal du 3 juillet 2020.© Rémy PERRIN / MAXPPP / PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

Nouveau rebondissement dans l’affaire du chantage à la sextape à la mairie de Saint-Étienne. Un des adjoints du maire Gaël Perdriau a annoncé vendredi 23 septembre à l’Agence France-Presse avoir démissionné de ses mandats à la ville et à la métropole. Il s’agit de Samy Kéfi-Jérôme, également mis en cause dans cette affaire de chantage politique à la sextape qui secoue la ville depuis fin août. « J’ai présenté ce matin ma démission de mes mandats de conseiller municipal et conseiller métropolitain » à la préfète de la Loire « et j’en ai informé monsieur le maire », écrit l’adjoint municipal à l’éducation dans un communiqué transmis à l’AFP.

Dans la tourmente depuis les confessions d’un ancien proche de la municipalité sur un « barbouzage de mœurs » remontant à 2015, le maire Gaël Perdriau a pour sa part décidé jeudi de déléguer ses fonctions représentatives à la métropole et à la mairie dans un souci de retour à la « sérénité ». En début de semaine, l’élu de 50 ans avait déjà limogé son directeur de cabinet, également sous le feu des critiques à cause de son rôle présumé dans le chantage.

« Je déplore les attaques personnelles dont je fais l’objet »

L’affaire a éclaté fin août quand le site Mediapart a publié les confessions détaillées de l’ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme sur le tournage d’une vidéo compromettante, commanditée selon lui par le maire et son entourage pour neutraliser l’ex-premier adjoint centriste, Gilles Artigues. Selon lui, l’opération a été rétribuée via des prestations fictives facturées à deux associations culturelles subventionnées par la mairie.

Gaël Perdriau a été placé en garde à vue le 13 septembre, en même temps que son délateur, son adjoint à l’éducation et son directeur de cabinet.

« Je déplore les attaques personnelles dont je fais l’objet et constate que les conditions d’exercice de mes fonctions ne sont plus réunies », souligne vendredi dans son communiqué Samy Kéfi-Jérôme, en soulignant qu’il vivait « comme une profonde injustice » les accusations le visant.

L’élu de 42 ans siégeait au conseil municipal de Saint-Étienne depuis 2014, date d’élection de Gaël Perdriau à la tête de cette ville en plein déclin industriel. Il n’a pas démissionné de ses fonctions au conseil régional mais avait été suspendu, fin août, de ses fonctions de délégué à la stratégie digitale par le président de la région Laurent Wauquiez (LR).

Par Le Point avec AFP

RDC-Démission à la présidence de la République : l’Acaj recommande une enquête judiciaire crédible sur les faits reprochés à Vidiye Tshimanga

septembre 17, 2022

Réagissant à la récente démission du conseiller spécial en matière stratégique du président de la République, Vidiye Tshimanga, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) dit avoir tiré certaines leçons. Elle le félicite pour sa décision de se retirer à la suite d’un scandale politico-financier porté à la connaissance du public, preuve qu’il est un homme d’Etat et républicain respectueux de la personne du chef de l’Etat qu’il est appelé à servir, même en dehors des institutions.

 

Vidiye Tshimanga/DR

« C’est un exemple pour démontrer à la classe politique qu’il existe une vie décente et apaisée en dehors des fonctions politiques. Il ne faudrait pas faire croire à l’opinion que sans la politique, il n’y a point de vie », a souligné l’Acaj dans un communiqué publié le 17 septembre et signé par son chargé de monitoring, Me Ben Bonginda.

L’association note, par ailleurs, que sous réserve du contenu entier de l’enregistrement rendu public, lequel aurait été saucissonné et sorti de son contexte, selon Vidiye Tshimanga, les propos tenus sont graves en ce qu’ils portent atteinte à l’honneur et à la crédibilité de l’institution présidence de la République. « Le constat qui se dégage de ce faisceau d’indices est que, loin d’être un fait anodin, les propos imputés à M. Vidiye sont susceptibles de revêtir le caractère pénal », a souligné cette organisation. Et de citer son coordonnateur, Me Georges Kapiamba, qui fait savoir que « la lutte contre la corruption, le trafic d’influence, le détournement et le blanchiment des capitaux constitue le baromètre à travers lequel l’action des gouvernants est jaugée », tout en soulignant qu’« il importe dès lors d’outiller conséquemment les structures y dédiées en ressources humaines, matérielles et surtout financières pour les soustraire à des éventuelles tentations ».

Face à ces révélations et à la démission qui en a suivi, l’Acaj recommande au procureur général près la Cour de cassation d’ordonner une enquête judiciaire crédible et exhaustive sur ces faits. Elle appelle, par ailleurs, le directeur de cabinet du chef de l’Etat à mettre en place une politique de tolérance zéro, en vue d’éliminer toutes les brebis galeuses qui seraient encore tapies dans les couloirs de la présidence de la République et useraient de leur position pour exercer pression et/ou trafic d’influence afin de satisfaire leurs intérêts égoïstes.

Il est, en effet, rappelé que Vidiye Tshimanga, conseiller spécial en matière stratégique du président Félix-Antoine Tshisekedi, venait de démissionner de son poste, le 16 septembre. Il est au cœur d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le mêlant à une possible tentative de trafic d’influence. Il s’agit de la publication, le 15 septembre, par le journal suisse « Le Temps« , de plusieurs vidéos dans lesquelles il négocie de l’argent auprès de pseudo-investisseurs. « J’ai déposé ma démission ce matin auprès du chef de l’État. Une décision mûrement réfléchie afin d’avoir toute la liberté de dénoncer et lever le voile sur les commanditaires de cette machination. Et ainsi démontrer, preuves à l’appui, les manipulations et détournements de mes propos », a-t-il affirmé.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Le président sri-lankais poussé à la démission après un assaut contre son palais

juillet 9, 2022

Gotabaya Rajapaksa démissionnera le 13 juillet, selon un responsable gouvernemental.

Une foule de manifestants massée à l'entrée du palais présidentiel sri-lankais.

Des manifestants demandant la démission du président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa ont réussi à pénétrer dans l’enceinte du palais présidentiel du Sri Lanka, à Colombo. Photo : AFP

Le président du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa a accepté samedi de démissionner la semaine prochaine, quelques heures après avoir été contraint de fuir sa résidence envahie par la foule, après des manifestations monstres à Colombo provoquées par la crise catastrophique frappant le pays.

Pour assurer une transition pacifique, le président a dit qu’il allait démissionner le 13 juillet, a déclaré à la télévision le président du parlement, Mahinda Abeywardana.

Deux proches du président avaient sans attendre démissionné: le chef du service de presse Sudewa Hettiarachchi et le ministre des Médias Bandula Gunawardana, qui a également laissé son poste à la tête du parti présidentiel.

De son côté, le premier ministre Ranil Wickremesinghe a tenté d’ouvrir la voie à un gouvernement d’union nationale, en convoquant en urgence une réunion de crise du gouvernement avec les partis d’opposition auquel il a proposé sa démission.

Mais cela n’a pas suffi à calmer la colère des manifestants qui dans la soirée ont assiégé sa résidence, en son absence, et y ont mis le feu, sans faire de blessés.

Le président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa à un pupitre.

Le président Gotabaya Rajapaksa lors d’une conférence de la COP26 à Glasgow (Archives) Photo: Getty Images

Un peu plus tôt, le président Rajapaksa, sur la sellette depuis des mois, avait eu juste le temps de fuir quelques minutes avant que plusieurs centaines de manifestants ne pénètrent dans le palais présidentiel, un bâtiment symbole normalement réservé aux réceptions mais où il avait déménagé en avril après l’assaut de son domicile privé.

Le président a été escorté en lieu sûr, a indiqué une source de la Défense à l’AFP. Les soldats gardant la résidence officielle ont tiré en l’air pour dissuader les manifestants d’approcher du palais jusqu’à ce qu’il soit évacué.

Selon cette source, le président a embarqué à bord d’un navire militaire faisant route vers les eaux territoriales au sud de l’île.

Autrefois pays à revenu intermédiaire avec un niveau de vie envié par l’Inde, le Sri Lanka a été laminé par la perte des recettes touristiques consécutives à un attentat djihadiste en 2019 et à la pandémie de COVID-19.

Le palais présidentiel sri-lankais envahi par des manifestants.

Des manifestants demandant la démission du président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa ont atteint l’enceinte de sa résidence, à Colombo. Photo: AFP

La crise, sans précédent depuis l’indépendance en 1948 de cette île de 22 millions d’habitants, a été aggravée, selon des économistes, par une série de mauvaises décisions politiques, dont le clan présidentiel au pouvoir depuis 2005 est accusé par la population.

Les chaînes de télévision locales ont montré des images de centaines de personnes escaladant les grilles de son palais.

Des manifestants ont ensuite diffusé en direct sur les réseaux sociaux des vidéos de la foule déambulant à l’intérieur, certains s’égayant dans la piscine présidentielle ou dans les chambres à coucher.

C’est la chambre de Gotabaya, voici les sous-vêtements qu’il a laissés, s’extasiait un jeune homme, brandissant un slip noir sur une vidéo en direct, repartagée sur les réseaux sociaux. Il a aussi abandonné ses chaussures!.

Les protestataires ont également investi les bureaux de la présidence à proximité devant lesquels des manifestants campaient depuis trois mois.

Une dizaine de manifestants barbotent joyeusement dans la piscine du président du Sri Lanka.

Quelques manifestants se sont aventurés dans la piscine présidentielle, lors de l’invasion du palais. Photo: AFP

Les manifestations pour exiger la démission de M. Rajapaksa ont rassemblé samedi des centaines de milliers de personnes, des manifestants ayant même forcé les autorités ferroviaires à les acheminer en trains, alors que le pays n’a presque plus une goutte d’essence.

Trois personnes ont été blessées par balles quand les forces de l’ordre ont tenté de disperser la foule massée dans le quartier administratif de la capitale, à grand renfort de gaz lacrymogènes.

Inflation galopante, pénuries, le Sri Lanka manque de tout: essence, électricité, nourriture, médicaments.

Une foule de manifestants aspergée par la police sri-lankaise.

À Colombo, la police tente de disperser les manifestants sri-lankais exigeant la démission du président Gotabaya Rajapaksa. Photo : AP/Amitha Thennakoon

Le pays négocie un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI), susceptible d’imposer des hausses d’impôts.

Les Nations unies estiment qu’environ 80 % de la population est contrainte de sauter des repas.

Ma femme et moi, on mange une fois par jour depuis deux mois pour être sûr que notre enfant fasse trois repas, confiait à l’AFP Janith Malinga, dans les rangs d’une autre manifestation contre le pouvoir à Fort Galle, dans le sud-ouest, où des épreuves de cricket se poursuivent sans encombre, avec l’Australie en vedette.

Des magasins fermés le long d'une rue déserte à Colombo.

Une grève générale a paralysé le pays au printemps. Photo : Getty Images/Ishara S. Kodikara

C’est le bazar complet, et ce n’est pas le Sri Lanka dont je rêvais, ajoute ce manifestant.

Selon les autorités, quelque 20 000 soldats et policiers avaient été dépêchés à Colombo pour protéger le président.

En mai, neuf personnes avaient été tuées et plusieurs centaines blessées lors de manifestations.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Royaume-Uni : Boris Johnson démissionne de la tête du Parti conservateur

juillet 7, 2022

Fin de « party » chez les torys. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé, jeudi 7 juillet, sa démission du Parti conservateur mais indiqué qu’il resterait au pouvoir jusqu’à ce que soit désigné son successeur. Trois ans après son accession à Downing Street, Boris Johnson, 58 ans, s’est trouvé poussé vers la sortie par une avalanche de démissions au sein de son gouvernement après une succession de scandales. Au total, une soixantaine de départs ont été annoncés au sein du gouvernement depuis mardi, dont cinq ministres, un exode d’une rapidité sans précédent dans l’histoire politique britannique.

Lors de sa brève allocution, « BoJo » s’est montré « fier des réalisations de ce gouvernement », pour lesquelles il s’est « battu ». « C’est clairement la volonté du Parti conservateur qu’il y ait un nouveau leader et donc un nouveau Premier ministre », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse devant Downing Street, se disant « triste de démissionner du meilleur poste du monde ». Il a ajouté que le calendrier pour l’élection d’un nouveau leader conservateur serait précisé la semaine prochaine.

The Prime Minister @BorisJohnson makes a statement. https://t.co/EfgXuyazjw— UK Prime Minister (@10DowningStreet) July 7, 2022

« Mes amis, en politique, personne n’est indispensable. J’ai foi en ce système politique, qui élira un nouveau dirigeant. À ce nouveau dirigeant, homme ou femme, sachez que je vous soutiendrai autant que possible », a-t-il indiqué devant un parterre de journalistes.

La cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss a appelé « au calme et à l’unité » après la démission de Boris Johnson de chef du Parti conservateur. « Le Premier ministre a pris la bonne décision. (…) Nous avons besoin de calme et d’unité maintenant et de continuer à gouverner jusqu’à ce qu’un nouveau chef du parti soit désigné », a-t-elle déclaré dans un tweet envoyé depuis Bali, en Indonésie, où elle doit assister à une réunion ministérielle du G20 vendredi.

À la suite de cette annonce, la présidence ukrainienne a remercié le Premier ministre britannique pour son soutien. « Merci à Boris Johnson pour avoir compris la menace du monstre russe, avoir toujours été à l’avant-garde du soutien à l’Ukraine » et avoir « pris ses responsabilités dans les moments les plus difficiles », a écrit sur Twitter le conseiller de la présidence Mykhaïlo Podoliak. « Nous tous avons accueilli cette nouvelle avec tristesse. Pas seulement moi, mais aussi toute la société ukrainienne qui sympathise beaucoup avec vous », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a joint Boris Johnson par téléphone.

« Bye Boris »

Toute la journée mercredi, les démissions s’étaient succédé. La séance hebdomadaire de questions à la Chambre avait été particulièrement houleuse pour Boris Johnson, avec de nouveaux appels à la démission dans son propre camp, des rires témoignant de sa perte d’autorité, et un « bye Boris » à la fin de la séance.

Mercredi soir, plusieurs ministres s’étaient rendus à Downing Street pour essayer, en vain, de convaincre Boris Johnson qu’ayant perdu la confiance du Parti conservateur, il devait démissionner, dans son intérêt et celui du pays. Le Premier ministre de 58 ans, qui affirme qu’il a un « mandat colossal » à accomplir, a riposté en limogeant par téléphone mercredi soir le ministre qui avait été le premier à venir lui conseiller de démissionner plus tôt dans la journée, Michael Gove, chargé du rééquilibrage territorial. Selon la BBC, Downing Street aurait qualifié Michael Gove de « serpent » indigne de la confiance de Boris Johnson.

Le mécontentement couvait depuis des mois, nourri notamment par le scandale des fêtes illégales à Downing Street pendant le confinement anti-Covid, alors que les Britanniques devaient respecter des règles très strictes. Boris Johnson, connu pour ne pas être à un mensonge près, avait varié dans ses explications, provoquant frustration puis colère des élus conservateurs, dans un pays confronté à une inflation record de 9 % et à des mouvements sociaux. Sa cote de popularité avait plongé, et près de 70 % des Britanniques souhaitent désormais son départ, selon deux sondages cette semaine.

La démission mardi soir du ministre des Finances Rishi Sunak et du ministre de la Santé Sajid Javid avait sonné l’hallali pour le Premier ministre, après un nouveau scandale sexuel impliquant le « whip » adjoint, chargé de la discipline des députés conservateurs, que M. Johnson avait nommé en février, « oubliant » des accusations passées de même type. Boris Johnson avait échappé le mois dernier à un vote de défiance, 40 % des députés conservateurs refusant cependant de lui accorder leur confiance.

Par Le oint avec AFP