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Allemagne : un éminent cardinal démissionne en dénonçant « la catastrophe des abus sexuels »

juin 4, 2021

L’un des cardinaux les plus influents d’Allemagne, l’archevêque de Munich Reinhard Marx, a demandé au pape François d’être démis de ses fonctions, tirant les conséquences de l' »échec », selon lui, de l’Église catholique dans « la catastrophe des abus sexuels » qui ébranle tout particulièrement un diocèse allemand.

L'archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

© THOMAS KIENZLE L’archevêque de Munich et ancien président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx, le 1er février 2017 à Stuttgart

Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d'une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

© LENNART PREISS Le cardinal allemand Reinhard Marx lors d’une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 4 juin 2021

« Pour moi, il s’agit essentiellement de partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels commis par des responsables de l’Église au cours des dernières décennies », a écrit l’ancien président de la Conférence épiscopale allemande dans ce courrier adressé le 21 mai au pape.

Il dénonce également un « échec institutionnel ou systémique » dans ce vaste scandale qui éclabousse toute l’Église.

Le prélat de 67 ans, considéré comme un libéral au sein de l’institution, juge que l’Église catholique est arrivée à « un point mort ».

Les récentes discussions ont montré « que certains au sein de l’Église ne veulent pas accepter cette responsabilité et donc la complicité de l’institution et s’opposent ainsi à tout dialogue de réforme et de renouvellement en lien avec la crise des abus » sexuels, poursuit-il dans cette missive.

A ce stade, la démission du cardinal n’a pas été acceptée par le pape François, dont il est un proche. « Le pape lui-même voulait que cette lettre soit publiée, c’est important », a souligné Mgr Marx lors d’une conférence de presse.

L’actuel président de la Conférence épiscopale, Georg Bätzing, a exprimé son « respect » pour le geste de son prédécesseur. 

« Je comprends la décision du cardinal Marx » qui veut « envoyer un signal », a-t-il dit, assurant que les abus sexuels et leur dissimulation avaient « révélé des faiblesses systémiques dans l’Eglise qui appellent également des réponses systémiques ».

Reinhard Marx fait partie d’un conseil restreint de cardinaux conseillant le pape sur ses réformes de la Curie romaine. Il coordonne aussi au Vatican le Conseil pour l’économie chargé de veiller à la bonne gestion financière du Saint-Siège.

Archevêque de Munich et de Freising (sud) depuis près de 14 ans, il avait refusé il y a un mois la plus haute distinction allemande, la Croix fédérale du Mérite.

– « Visiteurs apostoliques » –

Cette demande de démission intervient alors que le pape a ordonné fin mai une enquête sur le traitement de cas d’agressions sexuelles de mineurs au diocèse de Cologne (ouest), le plus grand d’Allemagne, secoué par une grave crise depuis des mois.

L’archevêque de Cologne, Rainer Maria Woelki, un conservateur dans les rangs de l’Église, est accusé notamment d’avoir longtemps couvert deux prêtres de la communauté religieuse de Düsseldorf soupçonnés de violences sexuelles.

Le Saint-Siège a nommé deux « visiteurs apostoliques », des envoyés pontificaux extraordinaires, chargés d' »appréhender la situation pastorale complexe à l’archevêché et parallèlement d’étudier d’éventuelles fautes » du cardinal Woelki et d’autres prélats.

Reinhard Marx a assuré que sa décision ne visait pas à dicter leur conduite à ses pairs. « Chacun doit prendre ses responsabilités comme il l’entend », a-t-il déclaré.

Un rapport accablant, rendu public en mars, révélait que des centaines de mineurs avaient subi des violences sexuelles dans le diocèse de Cologne entre 1975 et 2018, et que plusieurs responsables religieux s’étaient tus.

– Fuite en masse –

L' »affaire » du diocèse de Cologne s’est notamment traduite par une fuite en masse des fidèles.

En 2019, lors d’un sommet inédit au Vatican de présidents de conférences épiscopales consacré aux scandales d’abus sexuels sur mineurs, Reinhard Marx fut une personnalité en pointe pour réclamer davantage de transparence sur la question.

L’année précédente, il avait présenté les excuses de l’Église allemande après un rapport révélant des abus sexuels sur plus de 3.600 mineurs pendant des décennies.

Le président du puissant comité central des catholiques allemands, qui représente les laïcs au sein de l’institution, a salué son engagement dans ce domaine. « Ce n’est pas lui qui devrait partir », a jugé Thomas Stenberg au quotidien Rheinische Post.

Le chargé des questions d’abus sexuels au sein du gouvernement allemand, Johannes-Wilhelm Rörig, a lui souhaité que toute la lumière soit faite sur ces crimes dans tous les diocèses, selon l’agence dpa.

L’Église allemande, qui reste la plus grande confession du pays avec quelque 22,6 millions de membres, mène par ailleurs depuis des mois un « synode » national houleux où s’opposent progressistes en faveur par exemple de l’ordination de femmes et évêques plus conservateurs.

Avec AFP par bur-yap/ilp/mba

Mali: démission des dirigeants de la transition arrêtés par les militaires

mai 26, 2021
Mali: demission des dirigeants de la transition arretes par les militaires
Mali: démission des dirigeants de la transition arrêtés par les militaires© AFP/Archives/Michele Cattani

Le président et le Premier ministre de transition maliens ont démissionné après leur arrestation lundi par les militaires, dans ce qui s’apparente à un deuxième coup d’Etat en neuf mois et qui a poussé les Etats-Unis à suspendre mercredi leur assistance aux forces maliennes.

Le président Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane ont démissionné en présence de la mission de diplomates venus les voir à la base militaire de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, a dit à un correspondant de l’AFP Baba Cissé, conseiller spécial du colonel Assimi Goïta, à l’origine de ce coup de force aux conséquences imprévisibles.

En réalité, ils ont démissionné avant l’arrivée de la mission à Kati, lieu de leur rétention, a dit à des journalistes sous le couvert de l’anonymat un membre de la délégation constituée de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de l’Union africaine (UA) et de la Mission de l’Onu dans le pays (Minusma).

La délégation s’est ensuite rendue dans les bureaux du colonel Goïta, vice-président de la transition, qu’elle avait déjà rencontré mardi. « On a revu le vice-président pour lui dire notre désaccord », a déclaré le même membre de la délégation.

Ces démissions, dont on ignore les conditions mais qui figuraient parmi les multiples scénarios possibles depuis le coup de tonnerre de lundi, maintiennent une inconnue totale sur la suite des évènements dans ce pays crucial pour la stabilité du Sahel, plongé depuis des années dans une inextricable crise polymorphe.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné à l’unanimité cette éviction sans toutefois parler de coup de force, ni envisager de mesures coercitives.

« Imposer un changement de direction de la transition par la force, y compris par des démissions forcées, (est) inacceptable », a déclaré le Conseil.

Libération « de façon graduelle »

Les Etats-Unis ont suspendu l’assistance aux forces de sécurité et de défense maliennes, a annoncé le département d’Etat, précisant que Washington étudierait « des mesures ciblées contre les responsables politiques et militaires qui ont entravé la transition civile vers une gouvernance démocratique ».

Si les efforts de médiation n’aboutissent pas, « nous prendrons des sanctions contre tous ceux qui empêchent le processus de transition de se développer », a prévenu auparavant le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dont le pays engage environ 5.000 soldats au Sahel.

Les pays européens sont également prêts à des sanctions, a déclaré le président français Emmanuel Macron qui a parlé de « coup d’Etat dans le coup d’Etat ». La Cédéao a elle aussi fait savoir que des sanctions étaient possibles, comme elle l’avait fait après le coup d’Etat mené par les mêmes colonels en août 2020.

La rencontre de la mission de la Cédéao avec les dirigeants arrêtés s’annonçait lourde de conséquences.

« Les négociations sont en cours pour leur libération et la formation d’un nouveau gouvernement », a dit le collaborateur du colonel Goïta.

Le colonel Goïta « nous a dit qu’ils travaillaient aux modalités de leur libération », a dit le chef de la délégation de la Cédéao, Goodluck Jonathan.

« Après la démission du président et du Premier ministre, les personnes détenues vont recouvrer leur liberté, cela se fera de façon graduelle pour d’évidentes raisons de sécurité », ensuite déclaré devant la presse Baba Cissé, le conseiller du colonel Goïta.

Mais la mission, ainsi qu’une grande partie de la communauté internationale, n’entendait pas seulement obtenir des assurances quant à leur état de santé et exiger leur libération immédiate. Elle réclamait un retour à la transition, censée ramener des civils élus au pouvoir début 2022.

Dans un communiqué publié lundi soir, les organisations africaines, la Minusma, la France, les Etats-Unis et d’autres prévenaient qu’ils n’accepteraient pas un fait accompli comme une démission forcée.

Depuis leur arrestation, le président et le Premier ministre de transition sont tenus au secret au camp militaire de Kati, là où le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu un an plus tôt, avait été conduit lui aussi par les colonels en août 2020 et poussé à annoncer sa démission.

Tous deux sont depuis réduits au silence.

« Différends profonds »

C’est le colonel Goïta qui a indiqué mardi les avoir écartés en les accusant d’avoir formé un nouveau gouvernement sans le consulter alors qu’il est le vice-président en charge des questions de sécurité, attribution primordiale dans un pays dans la tourmente des violences jihadistes et en tous genres.

Le nouveau gouvernement annoncé lundi dépossédait de leur portefeuille sécuritaire deux des acteurs principaux du putsch d’août 2020.

Baba Cissé a invoqué mercredi soir des « différends profonds tant sur la forme que sur le fond » et des « blocages » auxquels le président de transition se serait livré, par exemple contre la préparation des élections à venir ou l’arrestation de responsables suspects de « mauvaise gestion financière ».

Il a paru confirmer que les colonels auteurs du putsch d’août 2020 avaient mal pris que le président et le Premier ministre aient écarté deux d’entre eux de postes clés dans le gouvernement qu’ils ont annoncé lundi. Il y a eu « des limogeages ou des changements abusifs » qui pouvaient « avoir comme conséquence la démoralisation des troupes et une certaine rupture dans la chaîne de commandement », a dit le conseiller du colonel Goïta.

Le coup de force, énième soubresaut de l’histoire contemporaine malienne, soulève une multitude de questions quant à son impact sur la lutte antijihadiste et sur la gouvernance au Mali, et plus immédiatement sur la relation future avec les colonels et le respect des échéances prévues, comme la tenue d’élections début 2022.

Par Le Point avec AFP et sd-kt-lal-ah/ybl

Mali : Bah N’Daw démissionne, Assimi Goïta devient président

mai 26, 2021
Le président de la transition Bah N’Daw, et le vice-président, le colonel Assimi Goïta, lors de la prestation de serment, le 25 septembre 2020 à Bamako.

Le président de la transition, Bah N’Daw, a remis sa démission à son vice-président, Assimi Goïta. Ce dernier devient, de fait, le nouveau chef de la transition.

Moins de 48 heures après avoir démis de leurs fonctions le président de la transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, le colonel Assimi Goïta devient de fait le nouveau président de la transition.

Bah N’Daw a en effet remis, ce mercredi 26 mai, sa démission ainsi que celle de son Premier ministre à celui qui était, jusque-là, son vice-président. Le gouvernement, dont la composition avait été dévoilée le 24 mai, quelques heures avant le coup de force des militaires, est quant à lui dissous.

Point de non-retour

Cette annonce vient confirmer la reprise en main de l’exécutif par le chef de la junte qui a mené le coup d’État contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le 18 août dernier.

Les tensions entre Assimi Goïta et Bah N’Daw s’étaient accrues depuis la reconduction de Moctar Ouane au poste de Premier ministre, le 14 mai dernier. Mais c’est l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, lundi soir, qui a constitué le point de non-retour. Assimi Goïta, tenu à l’écart des discussions, contestait en particulier l’éviction de deux de ses fidèles, membres influents de l’ancien Conseil national pour le salut du peuple (CNSP, officiellement dissous en janvier) : les colonels Modibo Koné et Sadio Camara, qui était respectivement ministres de la Sécurité et de la Défense dans le précédent gouvernement.

Interpellés le 24 mai au soir, Bah N’Daw et Moctar Ouane se trouvent depuis au camp militaire de Kati, situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako. C’est également le cas du général Souleymane Doucouré, qui devait devenir le nouveau ministre de la Défense, et de Kalilou Doumbia, conseiller spécial de Bah N’Daw.

Par Jeune Afrique

Mali : démission du gouvernement, le Premier ministre Moctar Ouane reconduit

mai 14, 2021

Le Premier ministre Moctar Ouane, le 10 février 2021, lors de la rencontre avec les partis politiques.

Le Premier ministre a présenté sa démission et celle de son gouvernement, ce vendredi 14 mai au président de transition Bah N’Daw. Moctar Ouane a immédiatement été reconduit et chargé de former un nouveau gouvernement faisant plus de place à la classe politique.

La démission du Premier ministre Moctar Ouane et de son gouvernement intervient après une série de rencontres initiée par le président Bah N’Daw en vue de renouer le dialogue politique et social entre les autorités de la transition et les représentants des partis politiques et de la société civile.

Vers un gouvernement « plus inclusif »

Moctar Ouane a cependant été immédiatement reconduit à la primature, et chargé de constituer un gouvernement « plus inclusif » et « faisant plus de place à la classe politique », selon les confidences de l’un des membres du gouvernement sortant à Jeune Afrique.

Selon notre source, cette décision ne serait pas en rapport avec la visite récente de la Cedeao, mais plutôt liée à la rencontre entre Bah N’Daw et les représentants du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), le 6 mai dernier.

Le M5 avait alors réclamé, par la voix de Choguel Maïga, président du comité stratégique du mouvement, « la démission du gouvernement » et une « rectification de la transition ». Il avait également rappelé avoir introduit une procédure devant la Cour suprême réclamant la dissolution du gouvernement et celle du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif, réclamant la mise en place d’une instance « plus respectueuse de la loi et plus légitime ».

Avec Jeune Jeune Afrique par Aïssatou et Fatoumata Diallo

Canada-Québec: La ministre caquiste Marie-Eve Proulx démissionne

mai 4, 2021

QUÉBEC — La ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, a démissionné mardi, selon ce que rapporte Radio-Canada.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Elle était dans la controverse depuis plusieurs mois: plus d’une dizaine de personnes dans son entourage avaient démissionné ou avaient été licenciées.   

Lundi, Mme Proulx avait laissé entendre que la toute dernière démission survenue parmi son personnel, soit son attachée de presse, était une affaire de régie interne et qu’elle ne souhaitait pas commenter.  

Le vendredi 9 avril, elle devait comparaître au Tribunal administratif du travail pour répondre à deux plaintes d’un ex-employé de son bureau de circonscription, une pour harcèlement psychologique et une autre pour congédiement pour cause de maladie ou d’accident.

Une entente à l’amiable était finalement intervenue et la ministre n’avait pas eu à comparaître.

La ministre est députée de Côte-du-Sud. 

Avec Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

Vatican: Le pape accepte la démission du cardinal guinéen Robert Sarah

février 21, 2021
Cardinal Robert Sarah sur la place Saint Pierre le 4 mars 2013.

Le pape François a accepté la démission du cardinal guinéen ultra-conservateur Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a annoncé samedi le Vatican.

Le cardinal Robert Sarah, qui avait présenté sa démission le 15 juin 2020 à l’occasion de ses 75 ans (âge officiel de la retraite au Vatican), s’était retrouvé mêlé à une polémique après la sortie en janvier 2020 d’un livre défendant avec force le célibat des prêtres, thème brûlant de l’Église, co-signé avec le pape émérite Benoît XVI.

La sortie en France de cet ouvrage intitulé Des profondeurs de nos coeurs, avec en couverture les photos de Benoît XVI et du cardinal Sarah, avait suscité de nombreuses interrogations sur le pape émérite, affaibli par son grand âge. Ce livre était apparu pour certains comme une immixtion dans le pontificat du pape François, et pour d’autres comme un coup de semonce provenant de la frange traditionaliste de l’Église.

Face à la polémique, Benoît XVI avait demandé que son nom soit retiré de la couverture du livre, ainsi que de l’introduction et de la conclusion co-signées. Mgr Sarah a réagi samedi à l’annonce du Vatican sur son compte Twitter : « Je suis entre les mains de Dieu. Le seul roc, c’est le Christ. Nous nous retrouverons très vite à Rome et ailleurs. 

Successeur

Nommé archevêque de Conakry en 1979 par Jean Paul II, à seulement 34 ans, Mgr Sarah avait été nommé cardinal en 2010 par Benoît XVI, puis à la tête de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en 2014 par le pape François.

Le nom de son successeur n’a pas été annoncé dans l’immédiat. L’un de ses dernières décisions à la tête de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a été de publier le 17 février les lignes directrices pour que les célébrations de Pâques 2021 se déroulent « de la manière la plus efficace possible pour nos communautés, tout en respectant le bien commun et la santé publique », alors que la pandémie du Covid-19 fait encore rage.

Le pape a également accepté samedi la démission du vicaire général pour la Cité du Vatican et président de la Fabrique de saint Pierre (qui gère les travaux d’entretien et de restauration au Vatican, notamment de la basilique Saint-Pierre), le cardinal Angelo Comastri, auquel succédera le franciscain Mauro Gametti, récemment nommé cardinal et Gardien général du couvent sacré de saint François à Assise.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président des JO de Tokyo va démissionner après ses propos sur les femmes

février 11, 2021

LE PRÉSIDENT DES JO DE TOKYO VA DÉMISSIONNER APRÈS SES PROPOS SUR LES FEMMES

© Reuters/POOL 

TOKYO (Reuters) – Yoshiro Mori, président du comité d’organisation des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, va démissionner après ses propos sur les femmes, trop bavardes selon lui, qui lui ont valu de vives critiques, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

Cette démission risque d’accentuer les doutes sur la tenue des JO cet été alors que la pandémie due au coronavirus, qui a déjà provoqué un report d’un an de l’événement, n’est pas terminée.

L’ancien Premier ministre, âgé de 83 ans, a lui-même déclaré à la télévision japonaise qu’il allait « expliquer (s)a pensée » lors d’une réunion prévue vendredi et qu’il devait assumer la situation. Il n’a toutefois pas confirmé les rumeurs sur sa démission à venir.

« Je ne peux pas laisser ce problème perdurer plus longtemps », a-t-il dit, en présentant une nouvelle fois ses excuses.

Un porte-parole du comité d’organisation a refusé de s’exprimer sur le sujet.

D’après les sources, Yoshiro Mori va être remplacé par Saburo Kawabuchi, âgé de 84 ans, ancien président de la fédération japonaise de football et maire du village olympique.

Avec Reuters par (Yoshifumi Takemoto, Elaine Lies et Takashi Umekawa; Version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot)

États-Unis: Le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim du Cabinet Trump quitte le navire

janvier 11, 2021

Neuf jours avant la fin du mandat du président Trump, le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf, a démissionné, lundi. Il devient ainsi le troisième membre de son Cabinet à partir depuis l’assaut du Capitole, il y a cinq jours.

Chad Wolf n'a pas invoqué l'irruption d'émeutiers au Capitole dans sa lettre de démission.

© Greg Nash/Associated Press Chad Wolf n’a pas invoqué l’irruption d’émeutiers au Capitole dans sa lettre de démission.

Toutefois, contrairement à ses deux collègues démissionnaires, il ne lie pas son départ à l’émeute de mercredi dernier.

Dans une lettre obtenue par plusieurs médias américains, Chad Wolf s’est dit «attristé» de prendre cette décision, affirmant que son intention était «de servir le département jusqu’à la fin de cette administration».

Jeudi, il avait d’ailleurs assuré qu’il resterait en poste jusqu’au bout, pour s’assurer que le département «concentre ses efforts sur les graves menaces qui pèsent sur notre pays et sur une transition ordonnée vers l’équipe du [département] du président désigné Biden.»

Sa démission entrera en vigueur dès minuit.

«Malheureusement, cette action est justifiée par les événements récents, notamment les décisions des tribunaux en cours et sans fondement concernant la validité de mon autorité en tant que secrétaire par intérim», soutient-il.

«Ces événements et ces préoccupations servent de plus en plus à détourner l’attention et les ressources du travail important du ministère en cette période critique de transition du pouvoir.»

S’il incluait l’émeute de mercredi dans les «événements récents» auxquels il faisait référence, il ne l’a pas précisé, mais il l’avait critiquée avec véhémence la semaine dernière, qualifiant ces actes d’«inacceptables» et d’«inadmissibles».

Il avait entre autres publié une déclaration dans laquelle il «implorait» le président et tous les élus de «condamner avec fermeté la violence» qui a mené à la mort de cinq personnes, dont un policier.

«Ce qui s’est passé [mercredi] est tragique et écoeurant. Alors que j’ai toujours condamné la violence politique des deux camps, en particulier la violence dirigée contre les forces de l’ordre, nous voyons maintenant certains partisans du président utiliser la violence comme un moyen d’atteindre des objectifs politiques», avait-il dénoncé.

En septembre dernier, un juge fédéral avait conclu que M. Wolf avait été nommé de façon qui contrevenait à la loi.

Environ deux mois plus tard, un autre juge en était venu à la même conclusion, invalidant pour cette raison la suspension du programme de protection des jeunes arrivés clandestinement aux États-Unis lorsqu’ils étaient enfants – mieux connus sous l’appellation des «Dreamers» –, auquel Donald Trump tente de mettre fin depuis 2017.

Pendant son passage au département de la Sécurité intérieure, Chad Wolf s’est montré l’un des membres de l’administration Trump les plus loyaux, notamment lors du déploiement des agents fédéraux à Portland, en Oregon, l’été dernier.

Départ à une période très critique

Avec quelques jours à peine au mandat de Donald Trump, c’est l’administrateur de l’agence fédérale américaine de gestion des crises, Peter Gaynor, qui lui succédera de façon intérimaire, à un moment critique pour la sécurité des États-Unis. Son travail consistera à contribuer à assurer la sécurité de l’investiture du président désigné, au centre de tensions très vives.

ABC News et CNN ont tous deux mis la main sur un document interne du FBI indiquant que des manifestations avec des protestataires armés étaient planifiées non seulement au Capitole, mais aussi dans les 50 capitales des États américains, le jour de l’investiture, le 20 janvier, et les jours précédents.

Le Pentagone a annoncé lundi avoir autorisé le déploiement de 15 000 soldats de la Garde nationale à Washington pour la cérémonie d’investiture.

Elaine Chao et Betsy DeVos, qui étaient respectivement aux Transports et à l’Éducation, ont démissionné jeudi dernier, au lendemain de l’assaut du Capitole, vers lequel Donald Trump avait encouragé ses partisans à converger pour exercer des pressions sur les élus.

Dans sa lettre de démission au président, Mme Devos a écrit que l’impact de la «rhétorique» de Donald Trump sur la situation ne laissait «aucun doute». Elaine Chao, la femme du leader de la majorité républicaine du Congrès, Mitch McConnell, s’est pour sa part dite «profondément troublée» par les événements d’une façon, disait-elle, qu’elle ne pouvait «pas mettre de côté».

Leur départ coïncide avec les pressions exercées par les démocrates pour le recours au 25e amendement de la Constitution, qui peut être invoqué par le Cabinet lorsqu’un président devient inapte à exercer ses fonctions.

Outre trois secrétaires, plusieurs membres de l’administration Trump ont eux aussi démissionné.

Un taux de roulement élevé

Même s’il était en poste depuis 14 mois, Chad Wolf n’a jamais vu sa nomination soumise à une confirmation du Sénat. Il avait succédé à Kevin McAleehan, lui aussi nommé à ce poste par intérim après la démission de Kirstjen Nielsen.

Peter Gaynor deviendra le sixième titulaire du poste dans l’administration Trump, sur un total de 12 depuis les débuts du département, en 2003.

Par Sophie-Hélène Lebeuf avec AP

USA: Démission du conseiller spécial de Trump sur le coronavirus

décembre 1, 2020

USA: DÉMISSION DU CONSEILLER SPÉCIAL DE TRUMP SUR LE CORONAVIRUS© Reuters/Carlos Barria 

WASHINGTON (Reuters) – Scott Atlas a démissionné de son poste de conseiller spécial de Donald Trump sur le coronavirus, a annoncé lundi un représentant de la Maison blanche, après plusieurs mois de controverse durant lesquels le médecin s’est régulièrement opposé aux autres membres du groupe de travail sur la crise sanitaire.

D’après la chaîne Fox News, qui a rapporté en premier lieu l’information, Scott Atlas a adressé à Donald Trump une lettre datée du 1er décembre.

Le neuroradiologue a été vivement critiqué par des experts en santé publique, dont Anthony Fauci, le principal expert américain en maladies infectieuses, pour avoir fourni à Donald Trump des informations erronées sur l’épidémie.

Scott Atlas a régulièrement minimisé l’importance du port du masque et a récemment décrit les mesures de confinement comme un « échec majeur » dans la lutte contre la propagation du coronavirus.

Avec Reuters par (Andrea Shalal, Aram Roston et Eric Beech; version française Jean Terzian)

Pierre Buyoya démissionne de l’Union Africaine

novembre 24, 2020

  

L’ancien président du Burundi a quitté ses fonctions d’envoyé spécial pour le Mali et le Sahel ce mardi 24 novembre, sans préciser de raison officielle.

Le 20 octobre dernier, Pierre Buyoya a été condamné à de la prison à perpétuité dans son pays pour l’assassinat en 1993 de son prédécesseur, Melchior Ndadaye.

La justice burundaise l’a trouvé coupable, avec une vingtaine de proches, « d’attentat contre le chef de l’Etat, attentat contre l’Etat et attentat tendant à porter le massacre et la dévastation ».

Selon un haut responsable de l’UA, Pierre Buyoya souhaiterait préparer sa défense en appel de cette condamnation qu’il avait qualifié de « parodie de justice ». L’instance continentale n’a pas fait de commentaire depuis l’énoncé du verdict.

Premier chef de l’Etat démocratiquement élu du Burundi et premier hutu à accéder au pouvoir, Melchior Ndadaye a été assassiné en octobre 1993 lors d’un coup d’Etat militaire qui allait entraîner le pays dans une guerre civile opposant l’armée, dominée par la minorité tutsie, à des groupes rebelles hutu, qui fera 300 000 morts jusqu’en 2006.

Melchior Ndadaye avait succédé à Pierre Buyoya, lui-même porté par l’armée au pouvoir en 1987, et qui redeviendra président à la faveur d’un nouveau coup d’Etat entre 1996 et 2003, avant de remettre le pouvoir à Domitien Ndayizeye, un hutu, en vertu d’un accord de paix signé en 2000 à Arusha en Tanzanie.

Avec agence Presse