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Côte d’Ivoire : les démobilisés rappellent leurs revendications financières à l’approche des Jeux de la francophonie

juillet 10, 2017

Militaires ivoiriens dans les rues de Bouaké, le 6 janvier 2017. © Haby Niakaté pour JA

Les démobilisés, d’anciens rebelles non intégrés à l’armée ivoirienne après la crise postélectorale de 2010-2011, menacent de perturber « de manière pacifique » les Jeux de la Francophonie si les négociations avec le gouvernement n’avancent pas, affirment-ils, alors que certains de leurs responsables ont été interpellés à Bouaké.

« Le gouvernement nous avait promis des mesures concrètes, mais nous ne voyons rien arriver. Si rien n’est fait, nous allons nous manifester de manière pacifique le 21 juillet pour l’ouverture des Jeux de la francophonie, pour que tout le monde voit la souffrance des démobilisés », affirme lundi 10 juillet depuis Korhogo Issouf Ouattara, secrétaire exécutif de « la cellule 39 ».

« Les discussions avec le gouvernement n’avancent pas. On se fout de nous, nous voulons nos 18 millions de francs CFA », renchérit un autre démobilisé sous couvert d’anonymat.

Deux responsables des démobilisés arrêtés 

Des revendications financières rappelées dimanche 9 juillet à Bouaké, où un groupe de démobilisés a brièvement bloqué le corridor nord de la deuxième ville du pays avant d’être dispersé par les forces de l’ordre.

Quelques heures après ce mouvement d’humeur condamné par la hiérarchie de « la cellule 39 », deux responsables des démobilisés, dont Diomandé Megbé, l’un des porte-parole des démobilisés, ont été arrêtés à Bouaké, a appris Issouf Ouattara auprès d’anciens rebelles sur place. « Selon leurs témoignages, les arrestations se poursuivent », a-t-il fait savoir.

Cinq morts en mai dans les rangs des démobilisés

Fin mai, les démobilisés – en majorité d’anciens rebelles des ex-Forces nouvelles – avaient bruyamment rappelé leurs exigences :  le paiement de 18 millions de francs CFA (environ 27 000 euros) à chacun d’entre eux. Une somme bien supérieure aux 12 millions obtenus par les mutins, qui contrairement aux démobilisés avaient été intégrés à l’armée après le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).

Des demandes financières officiellement rejetées par le gouvernement, qui avait en revanche annoncé avoir trouvé un terrain d’entente avec les démobilisés. « On ne paie pas les primes, mais nous avons trouvé un terrain d’entente », avait affirmé à l’AFP le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, après une rencontre avec une délégation d’anciens rebelles à Abidjan.

Un « terrain d’entente » alors confirmé par les démobilisés, endeuillés par la mort de cinq d’entre eux depuis le début de leur mobilisation du mois de mai. Le 23 mai, leur dispersion par les forces de l’ordre au corridor sud de Bouaké avait fait quatre morts dans leurs rangs. Un bilan d’autant plus lourd qu’un autre ancien rebelle avait également été tué à Bouaké quelques jours auparavant. Le 14 mai, des mutins avaient en effet ouvert le feu sur les démobilisés, les accusant de compromettre le paiement de leurs primes en raison de leurs revendications financières similaires.

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

Côte d’Ivoire: 4 ex-rebelles meurent pendant une manifestation

mai 23, 2017

 

Des policiers ivoiriens à l’entrée de Bouaké, le 23 mai 2017, après des heurts avec des ex-rebelles / © AFP / STR

Quatre ex-rebelles « démobilisés » ont été tués et au moins une quinzaine blessés mardi lors de la dispersion de leur attroupement par les forces de sécurité à Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire et épicentre des mutineries de soldats en janvier et mai.

Trois corps ensanglantés ont été amenés au Centre hospitalier universitaire de Bouaké, peu après l’assaut des forces de police vers 7h00 (locales et GMT), a constaté un journaliste de l’AFP. Une quatrième personne gravement blessée est décédée vers midi à l’hôpital, a appris l’AFP de source hospitalière sous couvert de l’anonymat.

Une quinzaine d’autres personnes, dont trois grièvement blessées, ont été hospitalisées.

« C’est grave ce qui est arrivé », a affirmé à l’AFP Amadou Ouattara, porte-parole adjoint des « démobilisés ». « Je ne sais que dire. Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse tirer sur des personnes aux mains nues qui manifestaient ».

Le gouvernement accuse les démobilisés d’être à l’origine des morts. « Les forces de sécurité ont déployé les moyens conventionnels, (…) certains des manifestants armés ont dégoupillé une grenade offensive qui a explosé en leur sein. Le bilan à cette heure est de trois personnes décédées suite à l’éclat des fragments de grenade, 14 blessés dont 4 cas graves », selon le texte du communiqué signé du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko et diffusé avant l’annonce du quatrième décès.

« Du côté des forces de l’ordre, trois éléments de la Gendarmerie et deux éléments de police ont été blessés par des projectiles », précise le texte.

« Le Gouvernement appelle au calme et invite nos concitoyens à poser leurs préoccupations aux autorités dans le calme et dans le respect des lois », conclut le communiqué.

Les « démobilisés » sont d’anciens rebelles qui n’ont pas été intégrés à l’armée, contrairement aux soldats qui s’étaient mutinés il y a une dizaine de jours. Environ 6.000 « démobilisés » (sur 60.000 démobilisés environ) réclament chacun 18 millions de francs CFA de primes » (27.000 euros) alors que les 8400 mutins ont obtenu chacun 12 millions (18.000 euros) après avoir mené deux mouvements en janvier et mai.

Lors de la mutinerie mi-mai, un démobilisé a été tué à Bouaké par des soldats mutinés, qui craignaient que les revendications des démobilisés ne mettent en péril le paiement de leurs propres primes.

Le défunt devait être enterré lundi et les démobilisés avaient appelé à une journée d’action. Ils ont bloqué dans la journée de lundi l’entrée sud de Bouaké et l’entrée nord de Korhogo (nord). Une cinquantaine d’entre eux ont aussi vainement tenté de bloquer l’entrée nord d’Abidjan.

– Débandade –

A Bouaké, ancienne « capitale » de la rébellion ayant soutenu le président Alassane Ouattara pendant la crise électorale de 2010-2011, les forces de l’ordre sont intervenues pour déloger les démobilisés de l’entrée sud située sur le principal axe du pays, reliant Abidjan au Nord et au Burkina Faso.

Cette route stratégique avait été bloquée lors des mutineries de la semaine dernière. Plus de 500 camions avaient été immobilisés pendant la crise de quatre jours, les mutins contrôlant alors les entrées sud et nord de Bouaké. Un important contingent de forces de l’ordre étaient positionné à l’entrée sud de Bouaké mardi.

« Ca s’est passé vers 7h. Les policiers ont commencé à lancer des gaz lacrymogènes », raconte Diakité Aboudou, délégué des démobilisés de Ouangolodogou (nord), présent à Bouaké.

« Nous sommes restés et on a entendu des bruits de grenades (sans précision sur le type). Ca a été la débandade. Après, on a entendu des tirs de pistolets automatiques et de kalachnikov », a-t-il ajouté.

A Korhogo, les démobilisés qui occupaient l’entrée nord ont quitté les lieux dans la matinée sans incident, a constaté un correspondant de l’AFP.

« Ils ont sans doute appris les événements de Bouaké », a confié un policier.

« Nous sommes prêts pour le sacrifice suprême pour avoir nos primes de guerre », a assuré Issouf Ouattara, porte-parole des démobilisés à Korhogo.

Un accord conclu entre le gouvernement et les mutins avait permis de mettre fin au mouvement lancé le 12 mai à Bouaké.

Les mutins ont obtenu satisfaction à la pointe du fusil alors que les fonctionnaires font régulièrement grève depuis des mois, réclamant augmentations et paiement d’arriérés de primes estimés à plus de 200 milliards de FCFA (300 millions d’euros).

La Côte d’Ivoire connaît une croissance soutenue mais la forte baisse des cours du cacao, produit d’exportation vital à son économie, a obligé le gouvernement à revoir son budget à la baisse.

Romandie.com avec(©AFP / 23 mai 2017 16h31)                       

Côte d’Ivoire: des « démobilisés » bloquent des accès à Bouaké et Korhogo

mai 22, 2017

Bouaké (Côte d’Ivoire) – Des ex-rebelles ivoiriens démobilisés, réclamant des primes similaires à celles des mutins qui ont ébranlé le pays la semaine dernière, ont bloqué lundi des accès à Bouaké, deuxième ville du pays, et Korhogo, ont constaté des journalistes de l’AFP.

A Bouaké (centre), ancienne capitale rebelle, les démobilisés ont chassé la police et la gendarmerie du corridor sud d’entrée de la ville et empêchent la circulation sur cet axe, le principal du pays, reliant au sud à la capitale économique du pays Abidjan, et nord, au Burkina Faso voisin.

« On ne quittera pas d’ici! Une de ces trois personnes doit nous appeler (téléphoner, ndlr) pour nous faire partir: le président (ivoirien Alassane) Ouattara, le ministre de la Défense (Alain-Richard Donwahi) ou le chef d’état-major (Touré Sekou) », a affirmé à l’AFP Diomande Megbe, porte-parole du mouvement. Ils bloquaient toujours la circulation à 20h locales et GMT.

Dans la ville de Korhogo (nord), une cinquantaine de démobilisés ont pris le contrôle de l’entrée nord de la ville. « Comme les militaires mutins, nous réclamons nos primes de guerre (rébellion) au président Ouattara », a indiqué Issouf Ouattara, un des démobilisés.

Des démobilisés ont affirmé à l’AFP vouloir renforcer leur présence pendant la nuit pour éviter d’être délogés par des forces de sécurité.

A Abidjan, une cinquantaine de démobilisés ont tenté de bloquer l’entrée nord de la ville mais ont été refoulés par des policiers, selon des médias ivoiriens.

Les démobilisés, dont le nombre est estimé à environ 6.000 à travers le pays, sont d’anciens rebelles qui n’ont pas été intégrés à l’armée, contrairement aux mutins. Lors de la mutinerie mi-mai, un démobilisé avait été tué à Bouaké par les soldats révoltés qui estimaient que les revendications des démobilisés mettaient en péril le paiement de leurs primes.

Le démobilisé, qui a succombé à ses blessures le 14 mai, devait être enterré ce lundi et ses camarades ont prévu des actions dans le pays.

La ministre de la Solidarité, Mariatou Koné, venue assister à la levée du corps à la morgue, a prononcé un discours promettant notamment qu’un fonds sera mis en place pour des « projets » (aide à la création d’entreprises) de démobilisés.

Ses propos ont provoqué la colère des démobilisés: « On ne veut pas des projets, on veut l’argent », a crié l’un d’entre eux, a constaté un journaliste de l’AFP.

La ministre a alors regagné sa voiture, où elle a dû attendre une dizaine de minutes avant que les démobilisés acceptent de la laisser partir.

Les démobilisés réclament « 18 millions de F CFA de primes » (27.000 euros) alors que les mutins ont obtenu 12 millions (18.000 euros) après leurs deux mouvements de janvier et mai.

« Comment paie-t-on 17 millions – 12 millions cette année et 5 millions en 2014 selon lui – aux mutins et à nous, on nous parle de projets ! », a lancé M. Megbe.

Romandie.com avec(©AFP / 22 mai 2017 22h13)