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États-Unis: Les démocrates veulent enclencher le processus de destitution de Trump lundi

janvier 9, 2021

La majorité à la Chambre des représentants des États-Unis préférerait ne pas attendre au 20 janvier pour changer de président.

Nancy Pelosi dans un couloir du Capitole américain, le 8 janvier 2020

© Alex Wong/Getty Images Nancy Pelosi dans un couloir du Capitole américain, le 8 janvier 2020

Selon plusieurs médias américains et internationaux, le processus de destitution de Donald Trump pourrait s’enclencher lundi avec le dépôt contre lui d’accusations dans la foulée de l’invasion du Capitole cette semaine, alors que le Congrès était réuni pour certifier l’élection de Joe Biden.

Le cas échéant, le vote de destitution pourrait avoir lieu aussi tôt que mercredi, d’après l’Associated Press. Le vice-président Mike Pence prendrait ainsi la place de Donald Trump pour assurer la transition.

Un brouillon de la mise en accusation, rédigé par le représentant David Cicilline et dont CNN a obtenu copie, reproche entre autres au président actuel d’avoir perpétré des «crimes et délits graves» en incitant ses partisans à «s’insurger contre le gouvernement des États-Unis».

Même certains républicains pourraient voter en faveur de la mise en accusation. C’est notamment le cas de la sénatrice de l’Alaska Lisa Murkowski qui, dans une entrevue au Anchorage Daily News, a appelé à son départ de tous ses vœux. «Je veux qu’il parte, a-t-elle déclaré. Il a causé assez de dégâts comme ça.»

Le sénateur du Nebraska Ben Sasse est allé dans le même sens, vendredi. «Il va de soi que je prendrai en considération les articles qui seront déposés [au Congrès], car, comme je vous l’ai déjà dit, je crois que le président n’a pas respecté son serment d’office», a-t-il déclaré à CBS.

Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier, n'entend pas se mêler de la destitution de Donald Trump.

© KEVIN LAMARQUE/Reuters Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier, n’entend pas se mêler de la destitution de Donald Trump.

Joe Biden, de son côté, laissera au Congrès la responsabilité d’ouvrir ou non une procédure de destitution contre Donald Trump. Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse à Wilmington, dans le Delaware, le président désigné a clairement fait savoir qu’il n’entendait pas participer directement au processus.

«Nous allons donc nous concentrer sur notre travail, et le Congrès peut décider de la façon de procéder [face à Donald Trump]», a-t-il dit, tout en jugeant son prédécesseur «inapte» à gouverner.

Un funeste bilan

Ce n’est pas la première fois que les élections américaines trempent dans la controverse. Dans la foulée de la course présidentielle de 2020, marquée par la peur, les menaces et de profondes divisions, voici un retour sur certains des plus grands scandales et des plus grandes polémiques jamais vues dans l’histoire de la politique américaine.

L’invasion du Capitole par des partisans pro-Trump – dont plusieurs membres de l’extrême droite – a causé la mort de quatre manifestants et d’un policier, Brian Sicknick, qui a succombé à ses blessures jeudi.

Depuis, 15 personnes ont été inculpées, a annoncé le ministère de la Justice vendredi après-midi. Parmi les émeutiers accusés figure Richard Barnett, l’homme photographié dans le bureau de la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi.

Un autre prévenu est soupçonné d’avoir déposé une bombe artisanale près du Congrès, a précisé Ken Kohl, du bureau du procureur fédéral de Washington.

Richard Barnett a pris la liberté de s'asseoir dans la chaise de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, mercredi.

© SAUL LOEB/Getty Images Richard Barnett a pris la liberté de s’asseoir dans la chaise de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, mercredi.

Par ailleurs, Donald Trump a annoncé vendredi, sur son compte Twitter, qu’il «n’assistera pas à la prestation de serment du 20 janvier». Il deviendra ainsi le premier président sortant depuis Andrew Johnson à ne pas assister à l’assermentation de son successeur.

Selon une source proche du dossier citée par Reuters, il est même question que Donald Trump quitte Washington la veille pour se rendre dans sa résidence en Floride.

Cette décision n’aurait rien d’étonnant, compte tenu du fait que Donald Trump répète depuis plusieurs semaines que la victoire lui a été volée et qu’il a été victime d’une vaste fraude électorale. Sa propre administration affirme plutôt que le vote a été juste et libre.

M. Trump a toutefois reconnu, jeudi, qu’il devait céder sa place, sans toutefois nommer ni féliciter Joe Biden pour sa victoire.

Le vice-président sortant Mike Pence devrait quant à lui assister à la cérémonie d’assermentation du président désigné le 20 janvier.

Un président « déséquilibré »

Enfin, Nancy Pelosi – qui a perdu son ordinateur portable lors de l’invasion du Capitole – a déclaré vendredi s’être entretenue avec l’armée américaine afin de s’assurer que Donald Trump – un «président déséquilibré», a-t-elle dit – ne puisse utiliser les codes nucléaires d’ici la fin de son mandat.

Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment le 20 janvier à midi, respectivement comme président et vice-présidente des États-Unis.

Traditionnellement, le président sortant et le président désigné se rendent ensemble au Capitole pour incarner la transition pacifique. La cérémonie très attendue se déroule sur les marches du Congrès, devant les pelouses du National Mall.

Tous les quatre ans, des centaines de milliers de spectateurs se pressent dans la capitale fédérale américaine pour y assister, mais l’accès sera limité en raison de la pandémie de COVID-19.

Avec CBC/Radio-Canada

États-Unis: Donald Trump souhaite se tourner vers la Cour suprême

novembre 4, 2020
WASHINGTON — Le président Donald Trump a déclaré qu’il portera le résultat de l’élection présidentielle à la Cour suprême, mais on ne sait pas exactement ce qu’il veut dire dans un pays où le décompte des votes se poursuit régulièrement au-delà du jour du scrutin, et où les États fixent en grande partie les règles à ce sujet.

© Fournis par La Presse Canadienne
«Nous allons nous adresser à la Cour suprême des États-Unis — nous voulons que tous les votes cessent», a déclaré M. Trump tôt mercredi.Mais le vote est terminé, c’est le décompte des voix qui se poursuit à travers le pays. Aucun État ne comptera les votes oblitérés après le jour du scrutin.

La campagne du candidat démocrate Joe Biden a qualifié la déclaration de M. Trump de «scandaleuse, sans précédent et incorrecte».

«Si le président met à exécution sa menace de saisir le tribunal pour essayer d’empêcher la compilation adéquate des votes, nous avons des équipes juridiques prêtes à se déployer pour contrer cet effort», a déclaré Jen O’Malley Dillon, responsable de la campagne de Joe Biden dans un communiqué. «Et elles prévaudront.»

L’expert en droit électoral Richard Hasen a écrit dimanche dans le magazine «Slate» qu’«il n’y a jamais eu de fondement pour affirmer qu’un bulletin de vote arrivant à l’heure ne pourra pas être compté si les responsables ne peuvent pas terminer leur décompte le soir des élections.»

Le professeur de droit électoral de l’Université d’État de l’Ohio, Edward Foley, a écrit sur Twitter mercredi: «Les votes valides seront comptés. (La Cour suprême) ne serait impliquée que s’il y avait des votes de validité douteuse qui feraient une différence, ce qui pourrait ne pas être le cas. L’état de droit déterminera le vainqueur officiel du vote populaire dans chaque État. Laissez l’état de droit fonctionner.»

Il n’existe aucun moyen de s’adresser directement à la Haute Cour pour une allégation de fraude. M. Trump et sa campagne pourraient alléguer des problèmes avec la façon dont les votes sont comptés dans les États individuels, mais ils devraient commencer leur combat juridique dans un État ou un tribunal fédéral inférieur.

Il y a un appel républicain en instance devant la Cour suprême afin de savoir si la Pennsylvanie peut compter les votes qui arrivent par la poste de mercredi à vendredi, une prolongation ordonnée par la plus haute cour de l’État à la suite de l’objection des républicains. Ce cas ne concerne pas les bulletins de vote déjà déposés et en la possession de responsables électoraux, même s’ils n’ont pas encore été dépouillés.

La Haute Cour a refusé avant les élections d’exclure ces bulletins de vote, mais les juges conservateurs ont indiqué qu’ils pourraient réexaminer la question après les élections. La Cour suprême a également refusé de bloquer une prolongation pour la réception et le dépouillage des bulletins de vote par anticipation en Caroline du Nord au-delà des trois jours fixés par la loi de l’État.

Même un petit nombre de votes contestés pourrait avoir de l’importance si l’un ou l’autre des États détermine le vainqueur de l’élection et que l’écart entre MM. Trump et Biden est si petit que quelques milliers de voix, voire quelques centaines, pourraient faire la différence.

Par la Presse canadienne avec Mark Sherman, The Associated Press

Une femme bras droit de Biden? De quoi «offenser» des hommes, selon Trump

août 11, 2020
Donald Trump, le 10 août.
Donald Trump, le 10 août. KEVIN LAMARQUE / REUTERS

Donald Trump a dit mardi 11 août que certains hommes pourraient se sentir «offensés» par l’engagement de son rival démocrate Joe Biden à choisir une femme comme colistière pour la présidentielle de novembre. «Il s’est borné à un certain groupe de personnes», a déclaré le président américain dans un entretien téléphonique à la radio Fox Sports. «Certains diront que c’est une offense faite aux hommes, et d’autres diront que c’est OK».

Joe Biden, qui le défiera dans les urnes le 3 novembre, s’est engagé dès le début de sa campagne, au printemps, à choisir une femme comme numéro 2. Il doit annoncer son choix cette semaine. Seules deux femmes dans l’histoire politique américaine ont jusqu’ici été désignées comme colistières: Sarah Palin en 2008 aux côtés du candidat républicain John McCain, et Geraldine Ferraro en 1984 avec le démocrate Walter Mondale. Aucune n’est devenue vice-présidente.

Donald Trump a salué mardi dans son entretien radio le travail de son propre vice-président, Mike Pence, tout en minimisant l’importance du choix du colistier. «Les gens ne votent pas pour le colistier, pas du tout», a-t-il avancé. «Vous pouvez choisir un George Washington comme colistier. Ou Abraham Lincoln, revenu d’entre les morts. Ils ne votent tout simplement pas pour le colistier».

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Joe Biden sera officiellement le candidat démocrate

juin 6, 2020

 

Joe Biden a annoncé vendredi 5 juin disposer de suffisamment de délégués pour sa nomination comme candidat des démocrates afin d’affronter le président républicain Donald Trump lors de l’élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis.

«Ce soir, nous sommes assurés des 1991 délégués nécessaires pour remporter la nomination démocrate», a tweeté l’ancien vice-président. «Je vais consacrer chaque jour à me battre pour obtenir vos voix afin que, ensemble, nous puissions gagner la bataille pour l’âme de notre pays».

Joe Biden, 77 ans, a franchi le seuil des 1991 délégués lui permettant de s’assurer de sa nomination par son parti alors que se poursuivait le décompte d’une série de primaires démocrates organisées mardi. Il était d’ores et déjà considéré comme le candidat présumé après le ralliement en avril à sa candidature du champion de la gauche, Bernie Sanders.

Le pays connaît actuellement des manifestations massives de protestation après l’homicide le 25 mai de George Floyd, un homme noir non-armé, par un policier blanc.

«Il s’agit d’un moment difficile dans l’histoire de l’Amérique. Et la politique colérique et semeuse de discorde de Donald Trump n’est pas une réponse», a-t-il écrit sur la plateforme Medium après l’annonce du franchissement du seuil décisif du nombre de délégués. «Le pays réclame du leadership à cor et à cri. Un leadership capable de nous réunir. Un leadership qui puisse nous rassembler».

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Deux sondages donnent Biden en tête dans l’Iowa et le New Hampshire

janvier 13, 2020

L’ancien vice-président américain Joe Biden fait la course en tête dans les intentions de vote en vue de la primaire démocrate dans l’Iowa et le New Hampshire, premiers Etats à se prononcer le mois prochain, selon deux sondages publiés lundi. L’ex-colistier de Barack Obama obtiendrait 24% des suffrages dans l’Iowa, montre un sondage de l’université de Monmouth réalisé du 9 au 12 janvier auprès de 405 électeurs démocrates potentiels. Il devance de six points le sénateur du Vermont, Bernie Sanders.

L’Etat donnera le coup d’envoi des primaires démocrates le 3 février prochain. Six candidats à l’investiture du Parti démocrate en vue de la présidentielle de novembre – Joe Biden, Bernie Sanders, Pete Buttigieg, Elizabeth Warren, Amy Klobuchar et Tom Steyer – débattront mardi à Des Moines, dans l’Iowa.

Dans le New Hampshire, où la primaire aura lieu le 11 février, Biden est crédité de 26% des intentions de vote, quatre points devant Sanders, selon une enquête d’opinion de l’université Franklin Pierce réalisée du 7 au 12 janvier auprès de 434 électeurs démocrates potentiels.

Les sondages montraient jusqu’à récemment Joe Biden en difficulté dans l’Iowa et le New Hampshire, laissant entendre qu’il devrait subir quelques pertes dans les Etats précoces avant d’obtenir des résultats comme en Caroline du Sud, où il a plus de chances de l’emporter. Cependant, ces nouveaux sondages indiquent que Biden pourrait obtenir l’investiture démocrate plus rapidement que prévu. Il continue de faire la course en tête dans la plupart des sondages nationaux.

Par Le Figaro avec Reuters

États-Unis: Trump écrase ses rivaux démocrates dans les montants levés pour la présidentielle

janvier 2, 2020

L’équipe de Donald Trump a révélé jeudi avoir récolté un montant impressionnant pour financer sa campagne de réélection, un signal inquiétant pour ses rivaux démocrates au démarrage d’une année qui culminera avec la présidentielle très attendue de novembre. Alors même qu’il était visé, au dernier trimestre 2019, par une procédure de destitution infamante, menée par l’opposition démocrate, le président américain a levé 46 millions de dollars, soit son meilleur trimestre de l’année.

Sans compter les fonds levés par le parti républicain, qui soutient sa réélection, et d’autres groupes de soutien, Donald Trump a récolté 143 millions de dollars en 2019, a indiqué son équipe dans un communiqué. «Les démocrates et les médias ont été pris par l’hystérie autour de la destitution bidon tandis que la campagne du président n’a fait que grandir et se renforcer, avec notre meilleur trimestre en terme de levées de fonds cette année», a souligné son directeur de campagne, Brad Parscale. «Le trésor de guerre du président et son réseau de partisans font de sa campagne de réélection une force imparable», a-t-il poursuivi.

Donald Trump a été mis en accusation pour abus de pouvoir le 18 décembre par la Chambre des représentants, à majorité démocrate. Il doit encore être jugé par le Sénat, contrôlé par les républicains, où il devrait être acquitté. En face, il reste 14 candidats en lice pour décrocher l’investiture démocrate et le défier dans les urnes le 3 novembre.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders a annoncé jeudi un montant considérable: plus de 34,5 millions de dollars récoltés au dernier trimestre, soit le meilleur résultat annoncé par un candidat à la primaire démocrate sur l’année 2019. Le socialiste est deuxième dans les sondages pour la primaire démocrate, derrière l’ancien vice-président modéré Joe Biden, qui n’a pas encore annoncé les montants récoltés au dernier trimestre.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis/Destitution: les démocrates somment le Pentagone de livrer des documents

octobre 7, 2019

 

Les élus démocrates enquêtant dans le cadre de la procédure de destitution de Donald Trump ont exigé lundi du Pentagone et au responsable budgétaire de la Maison-Blanche qu’ils leur livrent des documents concernant l’affaire ukrainienne.

Ces documents, qu’ils exigent de recevoir d’ici le 15 octobre, sont «nécessaires» pour enquêter sur «les raisons derrière la décision de la Maison-Blanche de suspendre une aide militaire cruciale pour l’Ukraine, qui avait été autorisée par le Congrès pour lutter contre l’agression russe», expliquent, dans un communiqué, les présidents démocrates des trois commissions qui enquêtent à la Chambre des représentants.

L’opposition soupçonne le président américain d’avoir fait pression cet été sur son homologue ukrainien pour qu’il cherche des informations compromettantes sur son rival démocrate Joe Biden, en mettant notamment cette enveloppe d’assistance dans la balance. L’aide à l’Ukraine avait finalement été débloquée en septembre.

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis: Les démocrates ouvrent la procédure de destitution à l’endroit de Trump

septembre 24, 2019

 

© Andrew Harnik
La présidente de la Chambre des représentants annonce une enquête sur la destitution de Donald Trump.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui avait jusqu’ici servi de pare-feu à cette démarche en raison des risques électoraux qu’elle pose, a fini par annoncer, mardi après-midi, l’ouverture de l’enquête, aussitôt dénoncée par Donald Trump.

Cette démarche exceptionnelle de la politique américaine est réservée pour les actes de trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs.

Au cours d’un point de presse de six minutes, la démocrate la plus puissante du Congrès a accusé le président d’avoir violé la loi et ses responsabilités constitutionnelles pour faire des gains politiques.

Invoquant le système de contrepoids du système politique américain, elle a exposé les motifs de sa décision. L’administration Trump a refusé de remettre la plainte d’un lanceur d’alerte au Congrès, comme la loi l’exige, et le président lui-même a admis avoir demandé au président de l’Ukraine de poser des actions qui lui seraient bénéfiques [au président Trump] sur le plan politique, a-t-elle martelé.

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d’avoir fait pression sur son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, au cours d’un entretien téléphonique ayant eu lieu en juillet dernier pour qu’il relance une enquête sur une société gazière qui comptait le fils de son rival démocrate Joe Biden au sein de son conseil d’administration. Ils croient que le président pourrait l’avoir menacé, directement ou implicitement, de bloquer l’aide financière de près de 400 millions de dollars destinée à la défense du pays dans son conflit avec des autonomistes soutenus par la Russie.

Le président Trump a récemment admis avoir demandé à son homologue ukrainien d’enquêter sur Hunter Biden, mais a nié toute forme de pression.

« Le président doit rendre des comptes »

La présidente de la Chambre semble faire le pari que l’électorat, en majorité opposé à une procédure de destitution, atteindra à son tour le point de non-retour. Le rapport du procureur spécial Robert Mueller, qui avait relevé des exemples d’entraves à la justice de la part du président, n’avait pas fait bouger l’aiguille.

Le président doit rendre des comptes. Personne n’est au-dessus de la loi, a martelé Mme Pelosi.

«Les actions de la présidence Trump ont révélé le fait déshonorant selon lequel le président a trahi son serment de fonction, trahi notre sécurité nationale et trahi l’intégritéde nos élections.»

-Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des démocrates

Dans les minutes qui ont suivi l’allocution de Mme Pelosi, le président Trump, qui était à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, a dénoncé dans une série de tweets une saleté de chasse aux sorcières et s’est dit victime d’harcèlement présidentiel.

L’annonce de Nancy Pelosi survient quelques heures après que Donald Trump eut accepté de rendre publique la transcription de son entretien avec le président ukrainien, qui selon plusieurs médias américains, est au centre de la plainte du lanceur d’alerte, qui travaillerait pour la communauté du renseignement.

Elle devance aussi de deux jours le témoignage du directeur du renseignement national (DNI) par intérim, Joseph Maguire, devant le Comité du renseignement de la Chambre. Celui-ci devra expliquer pourquoi il a refusé de transmettre à la commission la plainte du lanceur d’alerte mystère, pourtant jugée crédible par l’inspecteur général de la communauté du renseignement, Michael Atkinson, nommé par M. Trump.

Au cours de son allocution, Mme Pelosi a d’ailleurs sommé M. Maguire de partager la plainte du lanceur d’alerte lors de sa comparution devant le comité.

Il devra choisir entre violer la loi ou honorer sa responsabilité envers la Constitution, a-t-elle averti.

L’enquête sur la destitution n’incombera pas à un comité spécial, comme cela avait été le cas lors de l’enquête sur le Watergate visant le président républicain Richard Nixon, en 1974. Mme Pelosi a précisé que les six comités investiguant déjà sur divers sujets liés à Donald Trump et à son administration poursuivront leurs enquêtes sous le parapluie de l’enquête sur la destitution.

La carte de la transparence abattue sur le tard

Le président Donald Trump a indiqué qu'il avait autorisé la publication de la transcription de sa conversation avec son homologue ukrainien.

©Fournis par Canadian Broadcasting Corporation
Le président Donald Trump a indiqué qu’il avait autorisé la publication de la transcription de sa conversation avec son homologue ukrainien. En après-midi, avant l’annonce des démocrates, le président a joué la carte de la transparence, mais c’était trop peu trop tard.J’ai autorisé la publication demain de la transcription complète, entièrement déclassifiée et non censurée de ma conversation téléphonique avec le président Zelensky d’Ukraine, a-t-il déclaré sur Twitter.

Vous verrez que c’était un appel très amical et tout à fait approprié, a-t-il soutenu.

La Maison-Blanche avait déjà refusé de rendre publique la transcription de conversations avec le président russe, Vladimir Poutine, invoquant l’absence de précédent.

Selon plusieurs médias, la conversation avec le président ukrainien n’est cependant pas la seule au cœur de la plainte du lanceur d’alerte.

Le président du Comité du renseignement de la Chambre, Adam Schiff, a indiqué en cours de journée que le lanceur d’alerte était pour sa part prêt à témoigner devant la commission et son pendant au Sénat. Il a dit espérer qu’il comparaîtrait cette semaine.

Avant son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, Donald Trump a encore nié avoir fait pression sur l’Ukraine afin de tenter de nuire à son rival démocrate Joe Biden.

Je mène dans les sondages. Ils ne savent pas comment m’arrêter, a-t-il déclaré, même si les principaux candidats à l’investiture démocrate le devancent dans les intentions de vote.

M. Trump a cette fois affirmé qu’il avait retardé l’aide américaine à l’Ukraine parce que les pays européens n’avaient pas payé leur juste part pour soutenir le pays. La veille, il avait pourtant lié sa décision à des préoccupations concernant la corruption en Ukraine.

Selon le Washington Post, le président avait pris cette décision au moins une semaine avant la conversation controversée avec le président ukrainien.

L’aide financière à l’Ukraine a finalement été autorisée la semaine dernière.

Républicains et candidats démocrates sur le pied de guerre

Les alliés républicains du président n’ont pas manqué de dénoncer le fait que les démocrates n’aient pas attendu la publication de la transcription de l’entretien téléphonique entre les présidents américain et ukrainien avant d’annoncer la procédure de destitution.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a déploré dans un communiqué l’obsession vieille de trois ans des démocrates pour la destitution .

Ils n’arrivent pas à accepter les résultats de l’élection de 2016, a pour sa part affirmé sur Twitter le leader de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy.

Les démocrates ne cherchent pas à aider les Américains, a soutenu le camp républicain, qui a prédit que leurs adversaires en paieraient le prix aux urnes.

Plusieurs candidats à l’investiture démocrate ont pour leur part applaudi à la décision de Mme Pelosi. C’est le cas de la sénatrice Elizabeth Warren, qui avait lancé un appel pour cette procédure dès le mois d’avril, du sénateur Bernie Sanders, de leur collègue Kamala Harris et de l’ex-représentant Beto O’Rourke.

En après-midi, le meneur de la course, Joe Biden, avait appelé à lancer la procédure de destitution si le président refusait de coopérer avec les enquêtes du Congrès, notamment sur l’affaire ukrainienne qui le concerne malgré lui.

La pression montait dans les rangs démocrates

Nancy Pelosi a procédé à son annonce nucléaire après avoir rencontré les leaders démocrates et l’ensemble de son caucus.

Outrés par l’affaire ukrainienne, plusieurs élus modérés ou représentants des districts qui ne sont pas acquis à leur formation ont changé de cap au cours des derniers jours, ce qui a fait augmenter la pression sur les leaders démocrates, qui avaient jusqu’ici joué de prudence.

Les démocrates de la Chambre ont ravi 43 sièges aux républicains lors des élections de mi-mandat de 2018; 21 d’entre eux l’ont fait avec des marges inférieures à 5 %, ce que gardait en tête la meneuse des troupes démocrates.

Une trentaine d’élus démocrates a rejoint les rangs des partisans d’une procédure de destitution dans la foulée du témoignage de l’ex-procureur spécial Robert Mueller devant la Chambre cet été.

L’affaire ukrainienne a fait céder plusieurs digues, et les plus progressistes ne se sont pas gênés pour interpeller directement leurs leaders.

La Chambre, présentement dominée par les démocrates, n’a pas encore le nombre d’appuis requis pour lancer la mise en accusation, qui nécessite la majorité simple des élus qui votent. Si l’ensemble des 435 représentants se prononçaient, le chiffre magique serait alors de 218, mais il serait moins élevé si les élus votaient en moins grand nombre.

Selon le décompte du New York Times, 202 représentants démocrates (sur un total de 235) soutiennent désormais cette option, et ce nombre croît d’heure en heure. Un ex-républicain devenu indépendant s’est joint à eux.

Si la procédure aboutit à une mise en accusation, le procès proprement dit relèverait du Sénat, sous contrôle républicain, où le scénario d’une destitution a peu de chances de se réaliser. À travers toutes les tempêtes, les républicains sont restés loyaux au président Trump.

Une procédure de destitution est exceptionnelle. Seuls deux présidents ont été mis en accusation – Andrew Johnson en 1868, puis Bill Clinton en 1998 – mais ont été acquittés, et un autre, Richard Nixon, a démissionné en 1974 avant d’être mis en accusation.

Avec Radio-Canda.ca par Sophie-Hélène Lebeuf

USA: Les démocrates plus nombreux à réclamer la destitution de Donald Trump

mai 23, 2019

 

© Fournis par Canadian Press Enterprises Inc
 

De plus en plus de démocrates réclament haut et fort d’entamer des procédures de destitution contre le président Donald Trump, qui vient d’empêcher son ancien avocat de témoigner devant le Congrès.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui est toujours favorable à une approche plus méthodique, a convoqué mercredi une réunion avec les démocrates pour discuter des étapes à venir.

Plusieurs représentants démocrates ont interpellé Mme Pelosi pour l’appeler à intervenir. Mardi, l’ex-avocat du président, Don McGahn, ne s’est pas présenté devant le comité de judiciaire de la chambre. Donald Trump a promis de se battre contre «toutes les assignations à comparaître».

Mme Pelosi dit croire que M. Trump «pousse» les démocrates à lancer des procédures de destitution.

 

Certains dirigeants démocrates, qui appuient toujours Mme Pelosi, ont toutefois signalé que la destitution pourrait devenir inévitable.

Le chef de la majorité démocrate à la chambre, Steny Hoyer, a déclaré devant les journalistes que si l’enquête de la chambre menait à «d’autres avenues, dont la destitution», alors «qu’il en soit ainsi».

Les représentants Joaquín Castro et Diana DeGette se sont récemment ajoutés aux démocrates qui réclament la destitution du président.

«Il y a un risque politique à le faire, mais il y a un plus grand risque pour notre pays de ne rien faire», a soutenu M. Castro sur Twitter.

Le représentant Jim Clyburn, le troisième démocrate en importance à la Chambre, a appelé ses collègues à la prudence. Selon lui, les élus devraient suivre une procédure méthodique pour avoir accès aux faits sur Donald Trump.

La Pressecanadienne.ca par Mary Clare Jalonick et Lisa Mascaro avec The Associated Press

Trump contre Obama: dernier week-end de campagne aux Etats-Unis

novembre 3, 2018

Donald Trump à un meeting le 2 novembre 2018 à Huntington, en Virginie occidentale / © AFP / Nicholas Kamm

Donald Trump sillonne ce week-end les États-Unis pour tenter de sauver la majorité républicaine au Congrès lors des élections législatives de mardi, face à un Barack Obama sorti de sa réserve pour mobiliser les démocrates.

Le premier rendez-vous électoral national depuis l’élection du milliardaire new-yorkais déterminera qui contrôlera les deux chambres du Congrès jusqu’à la prochaine présidentielle, en novembre 2020, à laquelle le président ne cache pas qu’il entend se présenter.

Il y a huit ans exactement, M. Obama s’apprêtait à subir un raz de marée républicain à ses propres premières élections de mi-mandat: c’était la « révolution » de la mouvance conservatrice du Tea Party, au pic d’impopularité du président démocrate.

Cette année, le retraité a la cote et est la figure la plus recherchée des candidats démocrates, remplissant un rôle autrefois occupé par Bill Clinton.

« Je suis là pour une simple raison: vous demander d’aller voter », a lancé Barack Obama vendredi soir à Atlanta, en Géorgie, pour soutenir la femme qui pourrait devenir mardi la première gouverneure noire élue de cet Etat du Sud, Stacey Abrams.

« Les conséquences de l’abstention sont profondes, car l’Amérique est à la croisée des chemins », a-t-il déclaré. « Les valeurs de notre pays sont en jeu ».

Quant à Donald Trump, il n’a pas cité son nom, mais a dénoncé un discours visant selon lui à « tenter de vous faire peur avec toute sorte d’épouvantails ».

– Immigration –

Les candidats républicains recherchent également activement le soutien de Donald Trump, qui reste la personnalité la plus rassembleuse et populaire du parti.

Le président est depuis plusieurs semaines pratiquement tous les jours sur le terrain, espérant convaincre ceux qui ont voté pour lui il y a deux ans de revenir aux urnes.

Contrairement à ce que faisaient ses prédécesseurs, il assume explicitement le fait que les élections de mi-mandat soient un référendum sur sa personne.

Après deux meetings vendredi, Donald Trump a encore quatre rassemblements prévus ce week-end: Montana, Floride, Géorgie et Tennessee.

Accusé par les démocrates d’avoir décomplexé l’extrême-droite et d’avoir servi de catalyseur à l’attaque mortelle dans une synagogue de Pittsburgh, il fait campagne sur deux thèmes principaux: la bonne santé économique du pays, et la lutte contre l’immigration clandestine, qu’il lie à l’insécurité.

Barack Obama avec la candidate démocrate au poste de gouverneure de Géorgie, Stacey Abrams, le 2 novembre 2018 à Atlanta / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Jessica McGowan

« Un Congrès républicain signifie davantage d’emplois, moins de criminalité », a répété le président vendredi soir à Indianapolis.

« Une vague bleue égale une vague criminelle, c’est très simple », a-t-il martelé. « Et une vague rouge égale emplois et sécurité ».

Lui cite volontiers « Barack H. Obama », comme il l’a appelé vendredi soir, en soulignant par le geste l’initiale du deuxième prénom de M. Obama, pour Hussein. « Je l’ai regardé aujourd’hui, il n’y avait pas grand monde » à son meeting, a-t-il lancé.

– Participation en hausse –

Echaudés par la surprise de l’élection présidentielle de 2016, les médias américains se montrent plus prudents et évitent toute prédiction définitive à partir des sondages qui donnent un avantage national aux démocrates pour la chambre basse du Congrès.

Pour les 435 sièges de la Chambre des représentants, qui seront renouvelés pour deux ans, la course se concentre en fait sur une soixantaine de circonscriptions, les autres étant assez solidement ancrées chez l’un ou l’autre parti.

Quant au Sénat, 35 sièges sur 100 sont en jeu, pour des mandats de six ans. Hasard du calendrier, ces 35 Etats sont pour la plupart dans des régions conservatrices, ce qui complique toute reconquête démocrate.

Centrées autour de Donald Trump, ces élections semblent bénéficier d’un enthousiasme inédit pour un rendez-vous qui habituellement ne suscite qu’une participation de 40 à 45%, contre plus de 60% aux présidentielles.

Plus de 32 millions d’électeurs ont déjà voté, selon Michael McDonald, professeur à l’Université de Floride qui se spécialise dans le vote anticipé, autorisé par correspondance ou en personne dans la plupart des Etats américains.

C’est déjà 20% de plus que l’ensemble des votes anticipés aux élections de mi-mandat de 2014, selon lui, soit un enthousiasme similaire à ce que l’on voit aux scrutins présidentiels.

Romandie.com avec(©AFP / (03 novembre 2018 15h48)