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Des journalistes iraniens critiquent l’arrestation de leurs collègues

octobre 30, 2022
Un homme tient un exemplaire d'un journal.

Lettre signée par 300 journalistes iraniens apparaît sur la couverture d’un journal à Téhéran. Photo: Getty Images/AFP/Atta Kenare

Des journalistes iraniens ont dénoncé dimanche l’arrestation de plusieurs de leurs collègues par les autorités sur fond de mouvement de contestation déclenché en Iran par la mort en détention de Mahsa Amini il y a plus d’un mois.

L’Iran est secoué par des protestations depuis la mort le 16 septembre de cette jeune Kurde iranienne, décédée trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire strict du pays, prévoyant notamment le port du voile en public.

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants, mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées lors des manifestations qualifiées généralement d’émeutes par les autorités.

Des centaines d’autres, dont des femmes, ont été arrêtées.

Le quotidien réformateur Sazandegi a annoncé dimanche que plus de 20 journalistes sont toujours en détention, notamment à Téhéran, mais aussi dans d’autres villes. Plusieurs autres ont été convoqués par les autorités, ajoute le journal.

Détenus sans audience

Selon les médias locaux, plus de 300 journalistes et photojournalistes iraniens ont signé un communiqué afin de critiquer les autorités pour avoir arrêté leurs confrères et les avoir privés de leurs droits de citoyens après leur détention.

Ils n’ont pas eu accès à leurs avocats, ont été interrogés et accusés avant de tenir une audience publique, a ajouté le texte, appelant les autorités à libérer les journalistes.

Dans une déclaration publiée dans le journal Etemad, l’Association des journalistes de Téhéran a rejeté comme illégale et en conflit avec la liberté de la presse l’approche sécuritaire envers le métier du journalisme.

L‘Occident montré du doigt

L’association syndicale faisait allusion à un long rapport publié vendredi par des services de sécurité du pays sur les origines des manifestations et les interventions du régime américain dans les récentes émeutes en Iran.

Ils ont accusé des Occidentaux d’avoir organisé des cours de formation pour des Iraniens dans le but de renverser le pouvoir en Iran.

Le rapport accuse notamment deux journalistes, en les identifiant par leurs initiales, d’avoir reçu ces formations et d’avoir joué le rôle de sources primaires pour les médias étrangers.

Selon les médias locaux, le rapport faisait allusion à la journaliste Elaheh Mohammadi du quotidien Sazandegi et à la photographe Niloufar Hamedi du journal Shargh, qui avaient contribué à rendre publique l’affaire de Mahsa Amini et qui sont détenues depuis des semaines.

Notre journaliste et notre journal […] ont agi dans le cadre de la mission journalistique, a indiqué le directeur du quotidien Shargh, Mehdi Rahmanian, précisant que Niloufar Hamedi n’était pas la première à avoir annoncé la mort de la jeune femme. De son côté, le journal Sazandegi a critiqué le rapport décevant des services des renseignements, ajoutant que confronter les journalistes entraînerait la destruction des médias.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Russie: 15 morts dans une fusillade dans une école, Poutine dénonce un « attentat inhumain »

septembre 26, 2022
Russie: 15 morts dans une fusillade dans une ecole, Poutine denonce un "attentat inhumain"
Russie: 15 morts dans une fusillade dans une école, Poutine dénonce un « attentat inhumain »© Kommersant Photo/AFP/Maria BAKLANOVA

Au moins 15 personnes ont été tuées, dont 11 enfants, au cours d’une fusillade dans une école d’Ijevsk, dans le centre de la Russie, un « attentat terroriste inhumain » selon le président Vladimir Poutine.

« Le président regrette profondément la mort de personnes et d’enfants dans cette école où un attentat terroriste a été perpétré », a indiqué à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

« A la suite du crime, 15 personnes sont décédées, dont onze enfants et quatre adultes (et) 24 autres blessées dont 22 enfants et 2 adultes », a indiqué dans l’après-midi le Comité d’enquête, revoyant son bilan précédent à la hausse.

« Le président souhaite la guérison aux blessés de cet attentat inhumain », a ajouté le Kremlin.

Le suspect, qui s’est suicidé selon les enquêteurs, portait un pull « noir à la symbolique nazie et une cagoule ». Il s’agit d’un ancien élève de cette école, Artiom K., né en 1988, ont-ils précisé dans un communiqué séparé.

« On vérifie s’il était adepte des positions néo-fascistes et de l’idéologie nazie », selon la même source.

Les enquêteurs ont également publié une vidéo montrant le corps d’un individu allongé sur le sol, du sang autour du crâne et vêtu d’un pull noir sur lequel figurait un croix gammée rouge.

« Les policiers ont retrouvé le corps de l’homme qui a ouvert le feu. Selon nos informations, il s’est suicidé », avait indiqué de son côté le ministère russe de l’Intérieur.

Les faits se sont déroulés dans la matinée dans l’école n°88 de cette ville située juste à l’ouest du massif de l’Oural, chaîne montagneuse qui sépare la Russie européenne et asiatique. Cette cité abrite toujours les usines fabriquant les fusils d’assaut Kalachnikov.

Selon le gouverneur de la région, Alexandre Bretchalov, l’assaillant a tué le garde avant d’ouvrir le feu à l’intérieur de l’école.

Le site de l’établissement scolaire indique qu’il compte près de mille élèves et 80 enseignants.

Le gouverneur s’exprimait, visiblement ému, dans une vidéo réalisée devant l’école. Derrière lui, on pouvait voir des personnels médicaux entrer dans le bâtiment au pas de course, certains transportant un brancard.

« Des enquêteurs, des criminalistes et des experts du Comité d’enquête russe travaillent sur place », a déclaré dans l’après-midi le président du principal organe d’investigation du pays, Alexandre Bastrykine.

Selon le ministère de la Santé, « 14 équipes d’ambulanciers » sont aussi sur le site et « un groupe de médecins » doit se rendre à Ijevsk « pour aider les victimes ».

Une enquête pour « meurtre » et « port illégal d’armes » a été ouverte.

Climat tendu

La fusillade de lundi intervient dans un climat tendu dans de nombreuses régions de Russie, sur fond de mobilisation militaire de centaines de milliers de réservistes pour l’offensive russe en Ukraine.

Lundi également, un homme a ouvert le feu dans un centre de recrutement de l’armée russe en Sibérie, blessant grièvement un militaire qui y travaillait.

Autrefois rarissimes, les fusillades mortelles, notamment dans des écoles, ont tendance à devenir plus fréquentes en Russie depuis quelques années, au point que le président Vladimir Poutine s’en est alarmé, y voyant un phénomène importé des États-Unis et un effet pervers de la mondialisation, ce qui l’a conduit à durcir la législation sur le port d’armes.

En avril, un homme avait ouvert le feu dans une école maternelle et tué deux enfants ainsi qu’une institutrice, avant de se suicider, dans la région d’Oulianovsk, également dans le centre de la Russie.

La fusillade la plus meurtrière remonte à octobre 2018, quand un lycéen avait tué 19 personnes avant de se donner la mort dans un lycée de Kertch, dans la péninsule annexée de Crimée.

Ijevsk, ville de près de 650.000 habitants, est la capitale de la république d’Oudmourtie dans le centre du pays.

C’est dans cette ville industrielle et longtemps fermée aux étrangers sous l’ère communiste que Mikhaïl Kalachnikov a mis au point en 1947 son premier « AK-47 », devenu depuis mondialement célèbre.

Par Le Point avec AFP

L’armée est « terrorisée » : un soldat russe dénonce la guerre en Ukraine

août 30, 2022
Un soldat marche dans les ruines de l'usine.

Un soldat russe patrouille sur le site de l’usine sidérurgique Azovstal, à Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, le 13 juin 2022. (Archives) Photo : AFP via Getty Images/Yuri Kadobnov

Il a brisé la loi du silence et s’est enfui de la Russie : Pavel Filatiev, un militaire qui a combattu deux mois en Ukraine avant de dénoncer l’offensive du Kremlin dans un long récit publié sur Internet, demande maintenant l’asile politique en France.

Âgé de 34 ans, le soldat est arrivé dimanche à l’aéroport de Roissy, à Paris, via la Tunisie et a rencontré des agents de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lundi.

Début août, le parachutiste, qui s’était réengagé l’an dernier dans le 56e régiment des troupes aéroportées basé en Crimée après avoir quitté quelque temps les rangs de l’armée, a publié sur le réseau social Vkontakte un récit de 141 pages dénonçant l’état des troupes russes et la guerre en Ukraine.

Portrait de Pavel Filiatiev.

Pavel Filiatiev faisait partie du 56e régiment des troupes aéroportées basé en Crimée lorsqu’il a publié son récit de 141 pages dénonçant l’armée russe. Photo: Getty Images/AFP/ Eleonore Dermy

Quand j’ai appris que le commandement demandait à ce que je sois condamné à 15 ans de prison pour informations mensongères [contre l’armée russe], j’ai compris que je n’arriverais à rien ici et que mes avocats ne pourraient rien pour moi en Russie, raconte Pavel Filatiev à l’AFP, qui l’a rencontré lundi dans la zone d’attente des demandeurs d’asile à Roissy.

Son texte, intitulé ZOV – qui signifie appel en russe et rappelle dans le même temps les lettres peintes sur les blindés russes en Ukraine –, critique l’invasion russe lancée le 24 février.

Nous n’avions pas le droit moral d’attaquer un autre pays, qui plus est le peuple qui nous est le plus proche, écrit dans ce récit le soldat, lui-même fils d’un militaire qui avait servi dans ce même 56e régiment.

Désordre et corruption

Il y dépeint une armée russe en lambeaux, à peine équipée et manquant de formation, dans le même état que ce qu’est devenue la Russie ces dernières années.

D’année en année, le bazar et la corruption deviennent de plus en plus prégnants, explique Pavel Filatiev. La corruption, le désordre, le je-m’en-foutisme ont dépassé les limites de l’acceptable, ajoute-t-il en racontant avoir très vite déchanté après avoir signé son contrat.

« Les premiers mois, j’étais sous le choc. Je me disais  »ce n’est pas possible » et, à la fin de l’année, j’ai compris que je ne voulais pas servir dans une telle armée. »— Une citation de  Pavel Filatiev

Pour autant, il ne démissionne pas et se retrouve sur le front une fois que ce que le Kremlin appelle l’opération spéciale est lancée. Avec son régiment, il va d’abord à Kherson, puis à Mykolaïv, deux villes sur les bords de la mer Noire.

Si l’armée était en temps de paix déjà en bazar, corrompue et je-m’en-foutiste, il est évident qu’en temps de guerre, de combats, cela va apparaître encore plus et le manque de professionnalisme devenir encore plus visible, dit-il, estimant que le gouvernement russe avait joué un rôle majeur pour détruire l’armée héritée de l’URSS.

Après deux mois de combats au cours desquels il assure que son régiment n’a pris part à aucune exaction contre des civils ou des prisonniers, Pavel Filatiev est évacué en raison d’une infection à l’œil droit et hospitalisé à Sébastopol, en Crimée.

L’armé est « terrorisée »

Il tente de démissionner pour raisons de santé, mais sa hiérarchie lui demande de retourner au front, le menaçant d’ouvrir une enquête à son encontre s’il ne le faisait pas.

Début août, il quitte la Crimée et publie sur Internet son journal. Après avoir erré de ville en ville en Russie pour éviter d’être repéré, il finit par quitter le pays.

Pourquoi je raconte tout cela en détail? Je veux que les gens en Russie et dans le monde comprennent comment cette guerre est arrivée, pourquoi des gens continuent de la faire, explique Pavel Filatiev.

« Ce n’est pas parce qu’ils ont envie de combattre, c’est parce qu’ils se trouvent dans de telles conditions qu’il leur est très difficile de partir. »— Une citation de  Pavel Filatiev

L’armée, tout comme la société russe, est terrorisée, affirme-t-il, estimant à seulement 10 % la proportion de militaires soutenant la guerre, la majorité des soldats craignant à l’inverse de parler ouvertement. Ceux qui sont contre la guerre ont peur de le dire, de partir, ont peur des conséquences.

S’il obtient le statut de réfugié, il dit vouloir agir pour faire en sorte que cette guerre se termine.

Je veux que le moins possible de jeunes hommes russes y aillent et soient mêlés à cela, qu’ils sachent ce qui se passe là-bas.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

France-« La police tue » : Mélenchon assume et scandalise ses opposants

juin 7, 2022

Dans deux tweets, samedi et dimanche, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « une police [qui] tue », Élisabeth Borne dénonce des propos « très choquants ».

La passagere du vehicule est morte apres avoir ete touchee par balle.
La passagère du véhicule est morte après avoir été touchée par balle. © STAFF / AFP

Le contrôle au cours duquel un conducteur a été grièvement blessé et une passagère tuée par des tirs policiers samedi à Paris a viré à la querelle politique lundi entre Jean-Luc Mélenchon, ses adversaires et les syndicats de police, à une semaine du premier tour des législatives. Le chef de file des Insoumis, qui brigue le poste de Premier ministre en cas de victoire de la gauche réunie, n’a pas tardé à s’exprimer après le contrôle opéré dans le 18e arrondissement de la capitale.

Dans deux tweets samedi et dimanche, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « une police (qui) tue », coupable d’appliquer « la peine de mort pour un refus d’obtempérer » et exerçant « un abus de pouvoir inacceptable ». « Le préfet approuve ? Le ministre félicite ? La honte, c’est quand ? » a-t-il ajouté, s’en prenant aussi au syndicat Alliance qui a pris la défense des fonctionnaires, qualifié de « groupe factieux ». « Les policiers, les gendarmes méritent le respect. Ils font un travail courageux, difficile et risquent leur vie à chaque instant », lui a répondu le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, « les insulter déshonore ceux qui veulent gouverner. Laissons les enquêtes se faire sans les utiliser comme des otages d’une campagne électorale ». Marine Le Pen a de son côté dénoncé les mots « d’une gravité inouïe » de Jean-Luc Mélenchon. Alliance a annoncé un dépôt de plainte « dès demain » (mardi) et le syndicat Synergie accusé le chef des Insoumis de « tapiner un peu plus auprès du caïdat », alors qu’il « ne connaît rien à l’affaire ».

Auprès de France Info, David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), dénonce : « Comme d’habitude, c’est à la fois un manque de pudeur, un manque de respect, y compris pour les victimes. » Il estime que « montrer du doigt un coupable, si toutefois il y a un coupable, c’est suppléer la justice » et « regrette les postures totalement nauséabondes de Jean-Luc Mélenchon ». « Il y a une affaire pénale très grave, poursuit-il. Il y a trois policiers qui jouent leur carrière et leur avenir. Donc la pudeur serait le minimum qu’on pourrait attendre d’un leader politique. »

Mélenchon assume « évidemment », ses opposants s’insurgent

Invité ce mardi matin dans la matinale de France Inter, le chef de file de La France insoumise est revenu sur ses propos qui ont fait polémique. « Évidemment, c’est mon devoir », répond-il quand on lui demande s’il assume ces phrases. « Je dis que ce n’est pas normal qu’on tue quelqu’un parce qu’il refuse d’obtempérer ; il y a la loi, des punitions, des amendes mais pas la peine de mort. » Jean-Luc Mélenchon affirme se placer comme une voix importante de l’opposition, en particulier sur ce sujet. « J’ai monté le ton, et j’ai eu ce que je veux, déclare-t-il. Les gens savent qu’il y a un responsable politique qui n’accepte pas la doctrine d’usage de la force de police en place dans notre pays. Il est nécessaire d’arrêter cette escalade, sinon nous allons être les États-Unis d’Amérique. Je suis pour une police de maintien de la paix – une police de proximité –, beaucoup de police judiciaire pour démanteler les trafics ».

Presque simultanément, Bruno Retailleau (LR), Christian Estrosi (soutien de la majorité), Marine Le Pen (RN) et Xavier Bertrand (LR) se sont tous déclarés scandalisés par la teneur du discours de Jean-Luc Mélenchon. Sur France 2, Bruno Retailleau estime que « les propos de Jean-Luc Mélenchon sont intolérables et montrent qu’il est d’extrême gauche » et qu’il « doit des excuses aux policiers ». Même son de cloche sur RTL chez Xavier Bertrand, qui martèle : « C’est un scandale ce qu’il a dit, faire un fonds de commerce de la critique permanente des policiers, c’est un scandale. Et il voudrait être Premier ministre, mais jamais de la vie ! »

« Je trouve très choquant (sic) la façon qu’a Jean-Luc Mélenchon de s’en prendre systématiquement à la police avec des propos totalement outranciers », a déclaré la Première ministre, Élisabeth Borne, sur France Bleu mardi. « Les policiers exercent une mission difficile au service des Français. » Quelques heures plus tard, Éric Dupond-Moretti a réagi à son tour aux propos polémiques. « Bien sûr que Jean-Luc Mélenchon va trop loin. Il a dérapé et c’est un dérapage contrôlé », a déclaré le garde des Sceaux à l’antenne de BFMTV. « Ceux qui rendent la justice, ce ne sont pas Le Pen ou Mélenchon. Qu’on laisse la justice faire son travail », a-t-il ajouté.

Sur BFMTV, le maire de Nice, Christian Estrosi, se garde de juger l’affaire en cours. « On ne jugera pas ce matin, la justice se fait dans un tribunal, il y a présomption d’innocence », déclare-t-il tout en dénonçant à son tour le comportement de Jean-Luc Mélenchon. « Il faut mettre Jean-Luc Mélenchon hors d’état de nuire. S’attaquer à la police, c’est nuire à la République. » Enfin, l’ex-adversaire à la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon Marine Le Pen (RN) s’insurge contre des propos qui, selon elle, sont « une véritable honte ». « Je crois qu’il s’éloigne totalement des valeurs républicaines, ajoute-t-elle, la vérité, c’est qu’il commet une diffamation extrêmement lourde à l’égard de la police. Jean-Luc Mélenchon est toujours du côté des voyous, des criminels, il n’est jamais du côté des forces de l’ordre […] ».

Par Le Point avec AFP

Ukraine: Volodymyr Zelensky dénonce « des centaines de viols »

avril 12, 2022

Une Ukrainienne réfugiée en Pologne, lors d’une manifestation visant à dénoncer les violences commises par l’armée russe en Ukraine, à Cracovie, samedi dernier. Photo: Getty Images/Omar Marques

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé mardi « des centaines de viols » constatés dans les zones précédemment occupées par l’armée russe, « y compris sur de jeunes filles mineures et de tout petits enfants ».

Dans les zones libérées des occupants, l’enregistrement et l’enquête sur des crimes de guerre commis par la Russie se poursuivent. Presque quotidiennement, on retrouve de nouvelles fosses communes, a-t-il déclaré, s’adressant au Parlement lituanien grâce à une liaison vidéo.

Des milliers et des milliers de victimes. Des centaines de cas de tortures. On continue de retrouver des corps dans les canalisations et les caves, a-t-il poursuivi.

« Des centaines de cas de viol ont été enregistrés, y compris ceux de jeunes filles mineures et de tout petits enfants. Même d’un bébé! Cela fait peur rien que d’en parler. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Il a évoqué, sans entrer dans les détails, une vidéo envoyée, selon lui, par un parachutiste ou membre de services spéciaux russes, identifié, où l’on voit ce qu’il fait à ce bébé, comment il le torture. Cette information n’a pu être vérifiée de source indépendante.

Le président lituanien, Gitanas Nauseda, a réagi avec émotion à ces paroles. Il est tout simplement impossible d’imaginer de plus grandes horreurs : le président Zelensky a parlé aujourd’hui d’un bébé violé, a-t-il dit.

M. Zelensky a déploré, par ailleurs, que certains pays de l’Union européenne n’osent toujours pas décider quand ils vont ne serait-ce que limiter les achats d’hydrocarbures russes, en dépit des meurtres massifs à Boutcha, des déportations des populations et de la destruction préméditée de villes pacifiques par des missiles et des bombes russes.

Des témoignages rapportés par les médias corroborent les craintes d’organisations non gouvernementales (ONG), qui relèvent des indices d’utilisation du viol comme arme de guerre.

Une Ukrainienne a notamment raconté à l’Agence France-Presse avoir été violée par deux soldats russes après qu’ils ont appris qu’elle était l’épouse d’un militaire ukrainien.

Radio-Canada par Agence France-Presse

Un média allemand recrute la journaliste russe qui a dénoncé la guerre en Ukraine

avril 11, 2022

Marina Ovsiannikova, journaliste russe ayant ouvertement critiqué l’invasion de l’Ukraine, à sa sortie du palais de justice du district Ostankinsky à Moscou, au lendemain de son irruption sur un plateau de télévision à une heure de grande écoute. Photo: Getty Images/-AFP

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, qui a fait irruption dans un studio de la télévision d’État russe avec une pancarte antiguerre il y a un mois, a été recrutée par la chaîne d’information allemande Welt.

La journaliste, qui avait fait les manchettes des médias internationaux en défiant le pouvoir russe en plein journal télévisé, agira comme correspondante pour l’entreprise propriétaire de Die Welt, l’un des grands quotidiens allemands, et comme contributrice à son réseau télévisé d’information.

Elle couvrira notamment l’Ukraine et la Russie, a précisé le média.

Welt défend ce qui est défendu avec tant de véhémence par les personnes courageuses sur le terrain en Ukraine en ce moment : la liberté, a déclaré Mme Ovsiannikova, citée par plusieurs médias.

Je considère qu’il est de mon devoir, en tant que journaliste, de défendre cette liberté. Et je suis ravie de pouvoir le faire maintenant pour Welt, ajoute-t-elle, alors que le Kremlin a radicalement resserré l’étau sur l’information.

« Ma vie est divisée en un avant et un après. Les principes moraux ont fini par prendre le pas sur le bien-être, la tranquillité d’esprit et une vie bien réglée. La guerre en Ukraine a été le point de non-retour et le moment où il n’était plus possible de se taire. »— Une citation de  Traduction du début du premier texte de Marina Ovsiannikova publié sur le site de Welt

Dans un communiqué, le rédacteur en chef du groupe Welt, Ulf Porschardt, s’est dit enthousiaste à l’idée de travailler avec elle, estimant qu’elle avait défendu l’éthique journalistique la plus importante, malgré la menace de répression de l’État russe.

Le chef de la Douma évoque la déchéance de la nationalité russe

Le président de la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a dénoncé l’embauche de Marina Ovsiannikova par un quotidien occidental.

Maintenant, elle va travailler pour un pays de l’OTAN, justifier les livraisons d’armes aux néonazis ukrainiens, l’envoi de mercenaires étrangers pour combattre nos soldats et défendre les sanctions contre la Russie, a-t-il déclaré sur la plateforme de discussion en ligne cryptée Telegram.

Il l’a citée en exemple en proposant de déchoir de leur nationalité les traîtres opposés à l’offensive en Ukraine.

« La vaste majorité de nos concitoyens soutient l’opération militaire spéciale en Ukraine, ils comprennent sa nécessité pour la sécurité de notre pays et de notre nation. Mais il y a aussi ceux qui se comportent avec lâcheté, avec traîtrise. »— Une citation de  Viatcheslav Volodine, président de la chambre basse du Parlement russe

Hélas, pour de tels [individus], il n’existe pas de procédure de déchéance de la citoyenneté et d’interdiction d’entrer dans notre pays. Mais peut-être que ce serait bien, a poursuivi le chef de la Douma.

Le pouvoir russe a fait taire les médias indépendants et renforcé la répression au cours des dernières semaines. Il a par exemple adopté une loi qui réprime, selon les prétentions du Kremlin, toute fausse information sur l’armée russe.

La loi, qui interdit entre autres de qualifier l’invasion russe de guerre, prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour la diffusion d’informations mensongères.

Les autorités russes ont aussi interdit Facebook et Instagram en plus de restreindre l’accès à Twitter et de réprimer les manifestations antiguerre.

Selon l’organisation OVD-Info, qui recense les arrestations politiques et fournit de l’aide juridique aux détenus en Russie, plus de 15 400 manifestants antiguerre, en date du 11 avril, ont été détenus depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier.

Même des Russes armés d’une seule feuille blanche ont été arrêtés.

Un coup d’éclat

À la mi-mars, Maria Ovsiannikova, alors productrice de Pervy Kanal, la plus puissante chaîne télévisée de Russie, avait profité du principal programme dit d’informations, diffusé en direct à heure de grande écoute, pour exprimer son opposition à la guerre : elle avait surgi derrière la présentatrice munie d’une pancarte sur laquelle on pouvait lire : Arrêtez la guerre. Ne croyez pas la propagande. Ils vous mentent ici.

Choisissant une heure de grande écoute, Marina Ovsiannikova a exprimé son message le mois dernier devant des millions de Russes. Photo : Twitter/@KIRA_YARMYSH

Avant son coup d’éclat, la femme de 43 ans, née d’un père ukrainien et d’une mère russe, avait enregistré une vidéo dans laquelle elle disait regretter d’avoir véhiculé la propagande du Kremlin et d’avoir ainsi permis que le peuple russe soit  »zombifié ». Dans cette vidéo, publiée par OVD-Info, elle appelait également les Russes à se lever contre la guerre.

Rapidement arrêtée pour son geste et interrogée pendant plusieurs heures, elle avait été reconnue coupable d’avoir commis une infraction administrative et condamnée à payer une amende de 30 000 roubles (un peu moins de 350 $ CA).

Outre cette sentence clémente, elle risque toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, en vertu de la nouvelle loi interdisant toute fausse information sur l’armée russe.

Dans une entrevue accordée à l’agence Reuters le mois dernier, Mme Ovsiannikova indiquait ne pas avoir l’intention de quitter son pays, même si elle s’avouait inquiète pour sa sécurité. Elle disait espérer que son geste ouvrirait les yeux des Russes sur la propagande du pouvoir.

Il y a trois semaines, une journaliste russe d’une grande chaîne de télévision qui était en poste à l’étranger a également dénoncé la guerre en Ukraine et la propagande du Kremlin. Au cours d’une conférence de presse organisée par l’organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) à Paris, Zhanna Agalakova, qui a démissionné de son poste, a elle aussi déploré que ses concitoyens soient zombifiés.

Le climat qui règne en Russie semble de plus en plus hostile à toute voix qui s’élève contre l’offensive militaire, et la délation de citoyens envers les opposants à la guerre s’ajoute à la censure des autorités.

Ce week-end, le New York Times faisait état de cas de délation, notamment à l’encontre d’enseignantes, vraisemblablement dénoncées par leurs élèves adolescents.

Radio-Canada par Sophie-Hélène Lebeuf avec les informations de Reuters et AFP

Algérie : nous sommes tous épris de « Liberté »

avril 7, 2022

La procédure de dépôt de bilan du quotidien a été lancée le 6 avril. Les intellectuels dénoncent la fin de l’un des derniers médias critiques du pouvoir.

Le quotidien a été créé en 1992 à Alger par trois journalistes. © YAD KRAMDI/AFP

Depuis plusieurs années, des mouvements populaires et citoyens tentent de faire bouger l’Algérie. Le départ du président Bouteflika n’y a rien fait, pas plus, bien sûr, que les premières années mortifères du règne d’Abdelmadjid Tebboune. L’Algérie ne va nulle part et, pour éviter que cela ne se voie trop, elle se mure dans le silence. Pourtant, on l’observe, et on ne peut que désespérer de ce beau pays.

Pour étouffer les voix dissonantes, le pouvoir coupe les dernières sources d’information qui essayent d’offrir un son de cloche différent, de réveiller les consciences et de ressusciter un chouïa d’espoir dans le plus grand pays d’Afrique.

La disparition programmée du quotidien Liberté en est le nouvel exemple, peut-être le dernier. Le Hirak mort et enterré par la pandémie et la répression, ce média était l’un des derniers à témoigner d’un espoir de changement.

Contre l’intégrisme et la corruption

Voir un journal qui est une référence en matière de combat pour la liberté d’expression délibérément sabordé tant par l’actionnaire que par le pouvoir est inadmissible. Nous sommes tous épris de Liberté : dénonçons sa fermeture !

Quotidien créé en 1992 à Alger par trois journalistes, Liberté tire à près de 115 000 exemplaires chaque jour dans tout le pays. Journal généraliste de langue française, il est connu à l’international pour la publication des caricatures d’Ali Dilem.

APRÈS LA GUERRE CIVILE, LE JOURNAL SERA TOUJOURS UNE ÉPINE DANS LE PIED DU POUVOIR

Liberté se confond avec l’histoire de l’Algérie contemporaine : dans un contexte de libération de la parole et d’espoir démocratique face à la montée des islamistes en 1988, le titre apporte du sang neuf, une autre façon de lutter contre l’intégrisme.

Au point d’en payer le prix pendant la décennie noire avec l’assassinat de quatre employés, dont deux membres de la rédaction : Hamid Mahiout et Zineddine Aliou Salah. Après la guerre civile, le journal sera toujours une épine dans le pied du pouvoir car l’islamisme n’est pas le seul adversaire du quotidien, il y a aussi la corruption. En août 2003, il est suspendu avec cinq autres journaux.

Depuis, Liberté dénonce l’immutabilité des dirigeants algériens tout comme le mur dans lequel ils conduisent l’Algérie depuis trop d’années. Le 6 avril, la procédure de dépôt de bilan a débuté. Une pétition a été mise en ligne sur le site du journal.

« Nous, intellectuels, universitaires, chercheurs et artistes algériens, profondément attachés au pluralisme médiatique, ne pouvons rester insensibles au risque de la disparition d’un titre qui porte la voix plurielle de l’Algérie. C’est parce qu’un journal est un espace d’échange et de transmission des idées, des valeurs et d’expression citoyenne nécessaire à la vitalité démocratique d’un pays, qu’il faut le préserver, le défendre et le faire vivre. »

« Il faut se battre ! »

Des écrivains – parmi lesquels Yasmina Khadra, Boualem Sansal, Kamel Daoud –, des sociologues, des acteurs, des comédiens comme Fellag, des universitaires, d’anciens ambassadeurs, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, des journalistes, des artistes, des économistes, des scientifiques : tout ce que le pays compte d’intellectuels dénonce ce scandale qui renforce un peu plus encore le repli de l’Algérie sur elle-même.

Plus de voix dissidentes, plus d’autre option politique, plus d’espoir démocratique pour 44 millions d’Algériens : pour que Liberté résiste, pour que Liberté demeure, il faut se battre ! On ne noircit pas un pays avec du pétrole, on le noircit avec de l’encre pour l’embellir et le faire vivre.

Avec Jeune Afrique par Sébastien Boussois

« Le droit de veto devient un droit de tuer », dénonce Zelensky devant l’ONU

avril 5, 2022

Le président ukrainien s’est adressé au Conseil de sécurité de l’ONU, le 5 avril 2022. Photo : AFP via Getty Images/Timothy A. Clary

Une réforme du système de sécurité internationale, c’est ce qu’a réclamé mardi le président ukrainien tandis qu’il s’adressait au Conseil de sécurité de l’ONU pour la première fois depuis l’invasion de son pays par la Russie.

Le Conseil de sécurité existe pour maintenir la sécurité. Mais où est la paix aujourd’hui? Où sont les garanties que les Nations unies sont censées apporter? a demandé Volodymyr Zelensky aux membres du Conseil réunis d’urgence – incluant la Russie – pour se pencher sur les exactions qui ont été commises à Boutcha, en banlieue de Kiev, par l’armée russe.

M. Zelensky a dénoncé la paralysie du Conseil de sécurité devant une guerre qui viole clairement l’article 1 de la Charte des Nations unies, celui-là même qui érige le maintien de la paix et la sécurité internationale comme le but premier de l’organisation.

« Aujourd’hui, la Charte est bafouée. […] Le droit de veto devient un droit de tuer. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Les crimes les plus horribles ont été perpétrés dans notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale, a dénoncé M. Zelensky. Je m’adresse à vous au nom de ceux qui sont morts à Boutcha, qui ont pris des balles dans le dos, dans la rue, dans leurs appartements, dans leurs maisons.

D’autres ont été jetés dans un puits, certains ont été tués dans leur voiture alors qu’ils tentaient de fuir, des femmes ont été violées devant leurs enfants, on a décapité certaines personnes, a poursuivi le président ukrainien.

Tout cela a été fait par un membre du Conseil de sécurité des Nations unies.

Des cadavres dans les rues de Boutcha, près de Kiev, lors du retrait des Russes au début avril 2022. La ville était assiégée par les Russes depuis le 27 février. Photo : AFP via Getty Images/Ronaldo Schemidt

Si ça continue, on ne pourra dépendre que des armes pour assurer notre sécurité et non plus du droit international, a mis en garde M. Zelensky. Êtes-vous prêts à laisser tomber le droit international?

Le président ukrainien a ainsi réclamé une réforme du Conseil de sécurité qui permettrait d’éviter qu’un membre ne puisse bloquer des décisions concernant une intervention militaire qu’il a lui-même lancée.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et disposent d’un droit de veto sur toutes les résolutions de cette instance, la plus puissante de l’ONU.

Avec Radio-Canada par Joëlle Girard

Washington et l’OTAN dénoncent la mise en alerte de la force nucléaire russe

février 27, 2022

Washington et l’OTAN ont condamné dimanche la décision « irresponsable » du président russe Vladimir Poutine d’ordonner la mise en alerte de la force nucléaire russe. Face à cette escalade, la Maison-Blanche a déclaré qu’elle n’excluait pas de sanctionner le secteur de l’énergie russe, crucial pour Moscou.

Dans un entretien avec ses chefs militaires retransmis à la télévision, M. Poutine a ordonné la mise en alerte des forces de dissuasion de l’armée russe – qui comportent un volet nucléaire – invoquant des sanctions illégitimes prises contre la Russie par les Occidentaux et des déclarations belliqueuses de l’OTAN.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a rejeté toute responsabilité. C’est la Russie qui a engagé la guerre, qui mène une invasion militaire à grande échelle d’une nation souveraine et pacifique, donc il n’y a aucun doute que la Russie est responsable. Le président Poutine est responsable de ce conflit, a-t-il insisté, dénonçant une rhétorique dangereuse.Le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu et le chef d'état-major Valery Gerasimov.

Le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu (à droite) et chef d’état-major Valery Gerasimov ont participé à un entretien avec le président Vladimir Poutine dimanche lors duquel il leur a demandé de mettre en alerte la force de dissuasion russe. Photo : AFP/Alexey Nikolsky

M. Poutine fabrique des menaces qui n’existent pas, a pour sa part dénoncé dimanche la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki. À aucun moment la Russie n’a été menacée par l’OTAN ou l’Ukraine […] Nous allons résister à cela. Nous avons la capacité de nous défendre, a-t-elle ajouté.

Les États-Unis n’écartent pas la possibilité d’infliger de nouvelles sanctions contre la Russie, cette fois dans le secteur de l’énergie, selon Mme Psaki.

Les sanctions énergétiques font certainement partie des mesures que nous évaluons. Nous ne les avons pas retirées. Mais nous voulons nous assurer que nous minimisons l’impact sur le marché mondial et aller de l’avant de manière concertée, a déclaré Jen Psaki.

Par ailleurs, les États-Unis sont disposés à offrir de nouvelles aides financières à l’Ukraine, a ajouté Mme Psaki. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a annoncé dimanche une aide humanitaire de 54 millions de dollars américains, qui s’ajoute à l’une aide militaire de 350 millions de dollars.

Le ciel se rétrécit pour la Russie

Un avion d'Aeroflot vu de l'intérieur d'un aéroport.

La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, franchit plusieurs fois par jour le ciel au-dessus du Canada pour ses vols aux États-Unis. Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Le Canada, l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, la Finlande et le Danemark ont annoncé dimanche la fermeture de leur espace aérien aux compagnies russes en représailles à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

En vigueur immédiatement, l’espace aérien canadien est fermé à tous les exploitants d’aéronefs russes, a indiqué à 9 h (HNE) sur Twitter le ministre canadien des Transports, Omar Alghabra. Nous tiendrons la Russie responsable de ses attaques non provoquées contre l’Ukraine.

Cette interdiction vise les avions et les exploitants d’avions russes pour trois mois, mais ne concerne pas d’éventuels vols humanitaires, a précisé le ministère des Transports, qui emboîte le pas à d’autres pays européens, dont la Finlande, qui a une frontière de plus de 1300 kilomètres avec la Russie.

Avec les nombreux pays ayant déjà fermé ou annoncé la fermeture de leur espace aérien comme la Pologne, la République tchèque et la Bulgarie, la Russie se retrouve avec une importante zone de non-survol en Europe, qui l’obligera à effectuer d’importants détours.

L’interdiction d’accès à l’espace aérien canadien ajoute son lot de complications. La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, franchit plusieurs fois par jour le ciel au-dessus du Canada pour ses vols aux États-Unis.

En revanche, Moscou a commencé à interdire le survol de son territoire à plusieurs pays.

Ces mesures viennent s’ajouter aux sanctions entreprises contre Moscou, dont l’exclusion de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire SWIFT.

Ce réseau interbancaire SWIFT a annoncé tard samedi se préparer à mettre en œuvre dans les prochains jours les nouvelles mesures décidées par les puissances occidentales.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et La Presse canadienne

Suisse: Des Tibétains dénoncent les « Jeux de la honte » devant le siège du CIO

février 3, 2022
Des Tibetains denoncent les "Jeux de la honte" devant le siege du CIO
Des Tibétains dénoncent les « Jeux de la honte » devant le siège du CIO© AFP/VALENTIN FLAURAUD

Un demi-millier de Tibétains ont manifesté jeudi devant le siège du Comité international olympique (CIO) à Lausanne (Suisse), conduits par un activiste chaussé de skis et traînant le drapeau chinois derrière lui, pour protester contre l’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Pékin.

Venus de toute l’Europe, les manifestants ont parcouru les trois kilomètres séparant le siège du CIO au musée olympique à la veille de la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver à Pékin vendredi.

Plusieurs portaient des drapeaux tibétains et des masques à ses couleurs, défilant sous des bannières appelant au boycott des Jeux, dénonçant les « Jeux de la honte » et proclamant « Arrêtez les violations des droits humains au Tibet« .

Une affiche brandie dans le cortège représentait un skieur se tenant devant un char dont les chenilles étaient remplacées par les anneaux olympiques, allusion visuelle à la célèbre photographie d’un manifestant bloquant seul une colonne de blindés lors de la répression du mouvement démocratique de la place Tiananmen en 1989 à Pékin.

Une autre réclamait: « Que Pékin 2022 ne devienne pas Berlin 1936 ».

L’artiste tibétain Loten Namling, qui vit en Suisse depuis 32 ans, menait la manifestation sur des skis sur lesquels était peint le mot « liberté ».

« La raison pour laquelle je traîne le drapeau chinois est que la Chine a détruit mon pays, la Chine a détruit ma culture. Qu’ils réalisent combien c’est dur pour nous », a-t-il déclaré.

« Jamais il ne faudrait octroyer l’organisation des Jeux olympiques à des meurtriers de masse et des dictateurs. Il est temps de dire d’arrêter. »

Les opposants tibétains dénoncent la mainmise de Pékin sur la région himalayenne qui a été rattachée de facto à la Chine en 1951 et accusent le gouvernement central chinois de mener une répression religieuse et culturelle.

Les manifestants ont défilé en scandant les slogans « Pas de droits, pas de Jeux » et « Jeux de Pékin, jeux du génocide ».

Plusieurs d’entre eux sont montés sur le toit surplombant l’entrée du siège du CIO, où ils ont déployé une bannière noire portant l’inscription « Non à Pékin 2022 ».

A l’origine de ce rassemblement, Karma Choekyi, présidente de la communauté des Tibétains de Suisse, a reproché au mouvement olympique et à ses partenaires financiers d’avoir fermé les yeux sur la situation des libertés civiques en Chine.

« Le régime communiste chinois est renforcé et estime que ces Jeux légitiment son droit à réprimer les droits humains (…) », a-t-elle ajouté.

« Nous condamnons le CIO et les sponsors pour avoir permis que cela se produise. »

Une manifestation a également mobilisé une cinquantaine de personnes à Los Angeles devant le consulat de Chine.

Kevin Young, membre des « Amis du Tibet » de la ville californienne de Santa Barbara, a déclaré que les JO d’hiver à Pékin étaient destinés à faire oublier les abus du gouvernement chinois.

« Je ne veux pas que les violations des droits humains, la torture au Tibet, à Hong Kong, contre les Ouïghours, soient minimisées à cause de ces Jeux olympiques », a-t-il dit à l’AFP.

« Nous ne voulons pas rester silencieux face à l’oppression du régime » communiste, a ajouté le manifestant.

Par Le Point avec AFP