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Inflation : la Côte d’Ivoire mobilise plus de 80 millions d’euros pour lutter contre l’envolée des prix

mars 8, 2022
Sur un marché à Adjamé, l’une des communes d’Abidjan, le 18 juin 2020. © Reuters/Thierry Gouegnon

Après l’Algérie et le Sénégal, la Côte d’Ivoire légifère pour contenir l’inflation, qui frappe l’ensemble de la région.

Le 4 mars, au journal télévisé de 20h, sur la chaîne publique nationale, Souleymane Diarrassouba, le ministre ivoirien du Commerce et de l’Industrie, a annoncé qu’une série de mesures allaient être mises en œuvre pour faire face à une inflation alimentaire galopante.

Entre janvier et mars 2022, les prix des produits pétroliers, notamment ceux du gasoil, seront partiellement subventionnés grâce à une enveloppe budgétaire de 55 milliards de F CFA (83,8 millions d’euros). S’agissant des produits alimentaires, un plafonnement des prix s’appliquera durant une période de trois mois sur l’huile de palme raffinée, le sucre, le lait, le riz, le concentré de tomate, la viande de bœuf et les pâtes. La liste des produits de grande consommation et des services dont les prix sont réglementés sera élargie.

L’impact du conflit en Ukraine

Le gouvernement ivoirien souhaite également contrôler davantage l’évolution des prix lorsque celle-ci dépend de décisions locales et non des fluctuations des cours sur les marchés internationaux.

Pour y parvenir, et durant les six mois précédant toute augmentation du prix des denrées de grande consommation, une « information préalable » sera communiquée, suivie d’une « concertation ». Par ailleurs, pour favoriser le marché intérieur, les exportations de produits vivriers de grande consommation (banane plantain, manioc, igname…) seront soumises à autorisation.

Les acteurs du secteur vivrier bénéficieront, pour leur part, d’une allocation. La population sera tenue au courant du démantèlement des barrages routiers illégaux. Enfin, le gouvernement consentira des efforts supplémentaires pour informer les consommateurs de l’évolution des cours des produits et des intrants sur le marché international.

Pour un même produit, indique le ministère du Commerce et de l’Industrie, l’inflation varie en amplitude d’une région à une autre. Ce phénomène serait dû à « une combinaison de facteurs endogènes et exogènes ». En raison de la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie, le prix du pétrole a fortement augmenté. Ce lundi 7 mars, le baril de Brent a crû de 17,8%, pour atteindre 139,13 dollars, du jamais-vu depuis la crise de 2008, année de son record historique à 147,50 dollars. Le coût du transport maritime s’est lui aussi envolé, les tarifs du fret étant en forte augmentation.

Sur le plan intérieur, une faible pluviosité a « entraîné une perturbation du calendrier agricole », ce qui a abouti à « une insuffisance de l’offre de produits vivriers locaux ».

Mieux qu’au Mali ou au Bénin

L’inflation qui sévit en Côte d’Ivoire frappe également, à des niveaux variables, la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb. Dans un bulletin publié au début de mars, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) souligne que la rapidité de la hausse des prix dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) est principalement liée aux produits alimentaires.

Si l’on considère que ce taux est passé de 6% en décembre 2021 à 6,5% en janvier 2022 dans l’Uemoa, la Côte d’Ivoire est plutôt épargnée (5,6%) par rapport à ses voisins tels que le Mali (8,7%), le Bénin (7,9%) et le Togo (7,5%). Les cours mondiaux des principaux produits alimentaires atteignent quant à eux des sommets, comme ceux de l’huile, dont le taux atteint 54% en glissement annuel

Pour contenir la poussée inflationniste sur les biens alimentaires de grande consommation, l’Algérie et le Sénégal ont eux aussi annoncé l’adoption de mesures. Lors d’un Conseil des ministres, Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, a décidé de geler des taxes sur certains produits alimentaires, qui figurent dans la loi de finances 2022. Au Sénégal, 50 milliards de F CFA (76,2 millions d’euros) ont été mobilisés pour subventionner les producteurs locaux de riz. Une baisse de 100 F CFA (0,15 euro) sur le prix de l’huile, de 25 F CFA sur le kilo de riz « brisé non parfumé » et de 25 F CFA sur celui du sucre a été annoncée.

Avec Jeune Afrique par Maureen Songne

Congo-Développement : moderniser le secteur agricole pour réduire les importations des denrées alimentaires

juin 23, 2021

Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a exprimé, le 21 juin à Brazzaville, la détermination du gouvernement de moderniser l’agriculture afin d’améliorer la productivité et réduire le coût des importations des denrées alimentaires au Congo.

Vue d’un site agricole/ DR

« Désormais, le gouvernement modernisera ce secteur pour en améliorer la productivité. Nous miserons notamment sur la mécanisation, avec à la clé une unité de montage de tracteurs à Maloukou », a fait savoir Anatole Collinet Makosso.

Selon le chef du gouvernement, avec une agriculture modernisée offrant des possibilités de réduction des coûts et une filière industrielle moderne, le Congo sera un espoir pour sa jeunesse au terme des cinq prochaines années.

Le Premier ministre a indiqué devant les députés que le Congo importe divers produits agricoles et denrées alimentaires à près de 700 milliards de FCFA, en moyenne, chaque année. Mais, dit-il, la relance de l’économie va de pair avec la réduction à terme des importations alimentaires. Pour cela, il a estimé qu’il faut développer les cultures vivrières et fruitières sur toute l’étendue du territoire national, intensifier les cultures maraîchères en zones urbaines et préurbaines, ainsi qu’étendre l’élevage de différentes espèces animales et des volailles.

Le gouvernement s’emploiera à vulgariser les nouvelles techniques agricoles, résultant de la recherche et des études scientifiques mèneront sur un important programme d’irrigation dans les bassins de production.

Il sera procédé à la relecture des lois ayant trait au foncier, notamment la loi foncière et domaniale qui devra s’imposer, en vue d’un recadrage législatif de la gouvernance du secteur, autant qu’est envisagée la poursuite du programme de constitution des réserves foncières de l’Etat.

Avec Adiac-Congo par Gloria Imelda Lossele