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Départ de la patronne de PepsiCo, rare femme PDG d’une multinationale américaine

août 6, 2018

Indra Nooyi a passé 24 ans dans le groupe Pepsico, dont 12 à sa tête / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Alex Goodlett

PepsiCo a annoncé lundi le départ de son emblématique patronne Indra Nooyi, une des rares femmes à diriger une multinationale américaine, au moment où les producteurs de sodas et d’en-cas sont confrontés aux changements des goûts de consommateurs plus exigeants sur la qualité des aliments.

Mme Nooyi, qui a passé 24 ans dans le groupe, dont 12 à sa tête, sera remplacée le 3 octobre par Ramon Laguarta, un cadre dirigeant de la société qui fut le responsable des activités européennes. Elle-même restera présidente du conseil d’administration jusqu’au début de l’année 2019 pour assurer la transition.

« Ayant grandi en Inde, je n’aurais jamais imaginé avoir l’opportunité de diriger une entreprise aussi extraordinaire », a déclaré Indra Nooyi, 62 ans, qui avait incité en septembre le groupe à élever M. Laguarta au poste de numéro 2 afin de le préparer à lui succéder.

« Comme directrice générale, elle a fait croître notre chiffre d’affaires de plus de 80% (…), et ajouté une nouvelle marque à un milliard de dollars quasiment tous les deux ans », a assuré Ian Cook, un membre du conseil d’administration.

Mme Nooyi laisse un groupe ayant réalisé un chiffre d’affaires de 63,5 milliards de dollars l’an dernier et pesant près de 165 milliards en Bourse.

– 5% de femmes PDG –

Elle était une des rares femmes à la tête d’une grande entreprise américaine: selon le cabinet Catalyst, seules 5% des 500 grosses entreprises cotées à Wall Street sont dirigées par des femmes, soit 25 PDG. Avec le départ de Mme Nooyi, il n’en reste plus que 24. Denise Morrison chez Campbell Soup, Meg Whitman chez Hewlett Packard et Irene Rosenfeld (Mondelez) ont également cédé les rênes récemment.

Indra Nooyi est aussi connue pour ses opinions politiques. Pendant la dernière campagne présidentielle, elle avait pris parti pour la démocrate Hillary Clinton. Après l’élection de Donald Trump en novembre 2016, elle avait relayé les craintes de certains de ses employés en déclarant lors d’un colloque à New York: « Nos employés, en particulier ceux qui ne sont pas blancs ou qui sont LGBT, demandent: +sommes-nous en sécurité+? ».

Elle a pris les commandes de PepsiCo en octobre 2006 et avait fait la promesse de diversifier l’entreprise pour la rendre moins dépendante de ses sodas (Pepsi…), de ses boissons énergisantes (Gatorade) ainsi que de ses chips Doritos.

Joignant les actes aux paroles, cette immigrée, arrivée aux Etats-Unis en 1978 grâce à une bourse de la prestigieuse université de Yale, a investi à tout-va dans les produits nutritifs.

PepsiCo a ainsi acquis 50% du capital du fabricant d’houmous Sabra en 2008 et formé une co-entreprise avec le géant agroalimentaire saoudien Almarai en 2009. La même année, le groupe met la main sur le fabricant de boissons brésilien à l’eau de noix de coco Amacoco. En 2010, la société acquiert pour 5,4 milliards de dollars le groupe laitier russe Wimm-Bill-Dann.

En parallèle, Indra Nooyi donne plus de moyens à la recherche et développement, encourage les experts du groupe à aller en Islande pour étudier les algues, en Afrique et en Amazonie pour les bienfaits des plantes et des graines.

Elle se fixe en 2010 l’objectif de tripler les recettes générées par les produits nutritifs à 30 milliards de dollars dans les dix ans.

– Taxes sodas –

Cette ambition a depuis été revue à la baisse, donnant une fenêtre de tir au financier américain Nelson Peltz, qui a fait son entrée au capital du groupe en 2011 via son fonds Trian.

Jugeant que la diversification ne rapporte pas assez, M. Peltz exige de PepsiCo de se scinder en trois entités indépendantes: les sodas, l’activité d’embouteillage et les snacks.

Mme Nooyi s’y oppose et procède à des coupes pour choyer les actionnaires avec de juteux dividendes et programmes de rachat d’actions. Sous sa férule, les actionnaires de PepsiCo ont vu leur retour sur investissement s’élever à 149%.

Las, Nelson Peltz vend sa participation en 2016, mais la scission de l’entreprise reste d’actualité. D’autant que le secteur des boissons gazeuses non-alcoolisées demeure pénalisé en Amérique du nord par le déclin des ventes, les boissons sucrées étant liées à des maladies cardiovasculaires. Des municipalités américaines essaient d’adopter des taxes sodas pour forcer les producteurs à changer.

PepsiCo, comme Coca-Cola, se repose beaucoup sur l’augmentation de ses prix et l’introduction de nouveaux contenants afin d’arrêter l’érosion du chiffre d’affaires des sodas.

Romandie.com avec(©AFP / (06 août 2018 16h09)

Affaire Skripal: des diplomates russes expulsés quittent l’ambassade à Londres

mars 20, 2018

Des personnes portant des bagages quittent l’ambassade de Russie à Londres, le 20 mars 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Des diplomates russes ont quitté leur ambassade mardi à l’expiration de l’ultimatum fixé par Londres pour sortir du pays en rétorsion à l’empoisonnement d’un ex-espion russe, objet d’une enquête qui pourrait prendre des mois, selon la police.

Plusieurs dizaines de personnes, y compris des enfants et des animaux domestiques, sont montées à bord des véhicules à plaque diplomatique, ont constaté des journalistes de l’AFP. La Première ministre Theresa May leur avait donné une semaine, mercredi dernier, pour quitter le pays.

En retour, Moscou a décidé samedi d’expulser 23 diplomates britanniques et de fermer le British Council, instrument du rayonnement culturel britannique à travers le monde.

Ces départs interviennent alors que Theresa May a réuni une nouvelle fois son Conseil de sécurité nationale pour faire le point sur l’enquête et décider d’éventuelles nouvelles sanctions contre Moscou, accusé d’être responsable de l’attaque à l’agent innervant menée contre l’ex-agent double Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre).

Tous deux sont depuis « dans le coma », a déclaré le ministre britannique des Affaire étrangères Boris Johnson, dans une tribune dans le Daily Telegraph mardi.

Le nouveau chef de la police anti-terroriste britannique, Neil Basu, a affirmé que l’enquête pourrait prendre des mois.

« C’est sans doute frustrant pour les gens mais cela va prendre des semaines, voire des mois », a déclaré sur la BBC M. Basu qui prend officiellement ses fonctions mercredi, en remplacement de Mark Rowley qui part à la retraite.

« Nous avons récolté environ 400 témoignages. Nous en avons d’autres encore à recueillir. Nous avons rassemblé près de 800 indices et avons visionné 4.000 heures de vidéos », a-t-il ajouté, tandis que quelque 250 détectives sont mobilisés pour cette enquête.

Lundi, Moscou a réclamé à Londres des « preuves » à l’appui de ses accusations ou des excuses.

« Tôt ou tard, il faudra répondre de ces accusations infondées: soit fournir des preuves, soit présenter ses excuses », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, tandis qu’à Bruxelles les chefs de la diplomatie de l’Union européenne assuraient Londres de leur « totale solidarité ».

Romandie.com avec (©AFP / 20 mars 2018 13h38)                

Israël ordonne aux migrants illégaux africains de partir

février 4, 2018

Des migrants africains protestent contre le plan du gouvernement israélien exigeant leur départ « volontaire » sous peine d’emprisonnement, le 22 janvier dans la ville d’Herzliya. / © AFP/Archives / JACK GUEZ

Les autorités israéliennes ont commencé dimanche à distribuer des lettres à des milliers de migrants africains en situation irrégulière, leur ordonnant de partir d’ici la fin du mois de mars sous peine d’être emprisonnés, selon une porte-parole du service de l’Immigration.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé début janvier la mise en place d’un plan de départ d’environ 38.000 immigrés clandestins, principalement des Érythréens et des Soudanais.

Selon ce plan controversé, le gouvernement leur propose de partir « volontairement » avec un pécule de 3.500 dollars (2.800 euros) d’ici fin mars sous peine d’être arrêtés et détenus jusqu’à ce qu’ils acceptent de quitter le pays.

Pour l’instant les lettres n’ont été adressées qu’à des hommes seuls, selon des responsables.

Le ministère de l’Intérieur a assuré que les mineurs, les femmes et les parents de mineurs ne seront pas concernés par le plan du gouvernement. Selon les chiffres de l’Autorité et de l’Émigration du ministère de l’Intérieur, 4.000 enfants sont également en situation irrégulière en plus des 38.000 adultes.

Le quotidien israélien Haaretz a affirmé de son côté « que toute personne reconnue victime de trafic de personne ou d’esclavage » serait aussi exemptée pour le moment, estimant qu’entre 15.000 à 20.000 sont concernés par un départ à court terme.

Les migrants visés sont pour la plupart entrés illégalement en Israël via le Sinaï égyptien à compter de 2007. Ce flux a été stoppé avec la construction par l’Etat hébreu d’une clôture électronique le long de la frontière avec l’Egypte.

Le Premier ministre n’a pas précisé vers quel pays ces personnes pourraient être expulsées, sachant qu’Israël reconnaît tacitement qu’elles ne peuvent être renvoyées au Soudan ou en Erythrée sans mettre leur vie en danger.

L’Ouganda et le Rwanda ont été cités par des organisations israéliennes d’aide aux migrants, mais ces deux pays ont démenti.

Selon des chiffres officiels, 4.012 migrants en situation irrégulière ont déjà quitté Israël en 2017, dont 3.332 originaires d’Afrique subsaharienne.

Selon l’Organisation d’aide aux réfugiés et demandeurs d’asile en Israël, sept Érythréens ont obtenu le droit d’asile, sur environ 10.000 demandeurs de ce pays, et un seul Soudanais, sur un nombre de demandeurs non précisé. Le ministère de l’Intérieur a fait état de 11 demandes d’asiles acceptées entre 2009 et 2017.

Des manifestations se tiennent depuis quelques semaines à travers le pays pour protester contre cette mesure. Des pétitions ont été signées récemment par des pilotes, des universitaires, des rescapés de la Shoah et des enseignants afin d’arrêter cette politique d’expulsions.

Romandie.com avec(©AFP / 04 février 2018 16h42)                

Syrie: Washington « espère » le départ d’Assad

avril 11, 2017

Le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Lucques, en Italie, le 11 avril 2017 / © AFP / Vincenzo PINTO

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a dit, mardi à Lucques (centre), « espérer » le départ du président syrien Bachar al-Assad afin de permettre une solution politique à la guerre qui ravage son pays.

« Notre espoir est que Bachar al-Assad ne fasse pas partie de cet avenir », a indiqué M. Tillerson, cité dans un communiqué, après avoir insisté sur la nécessité pour le peuple syrien de déterminer son avenir politique.

Après les frappes lancées par l’aviation américaine dans la nuit du 6 au 7 avril contre une base aérienne syrienne, en représailles à une attaque chimique imputée à la Syrie, « les Etats-Unis vont continuer à évaluer leurs options stratégiques et les opportunités afin de diminuer la violence en Syrie », a précisé M. Tillerson devant ses collègues du G7, réunis lundi et mardi en Toscane.

« Pour être clair, notre action militaire était une réponse directe à la barbarie du régime d’Assad », a-t-il assuré.

Evoquant alors le processus de paix lancé à Genève et soutenu par « plusieurs pays » pour tenter de rapprocher les différentes parties au conflit syrien, M. Tillerson a précisé qu’il ne pourrait être efficace qu’à condition d’être précédé par un cessez-le-feu sur le terrain.

Malheureusement, a-t-il ajouté, les négociations entamées à Astana au Kazakhastan en vue d’un tel cessez-le-feu, n’ont pas produit « beaucoup d’effet ». Le chef de la diplomatie américaine a également accusé la Russie de ne pas avoir respecté les accords de 2013, pourtant soutenus par des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, en ce qui concerne la destruction des stocks d’armes chimiques en Syrie.

« On ne voit pas clairement si la Russie n’a pas pris au sérieux ses responsabilités » ou si elle a « simplement été incompétente » pour respecter l’accord conclu en 2013 sur la destruction de l’arsenal syrien d’armes chimiques en Syrie, a-t-il affirmé.

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2017 14h07)

La vice-présidente des Philippines annonce son départ

décembre 4, 2016

La vice-présidente des Philippines Leni Robredo a annoncé dimanche qu’elle allait quitter la vice-présidence du pays. Elle affirme qu’un complot visant à la destituer avait été planifié.

« J’ai été avertie qu’un complot visant à me déloger de mes fonctions avait été planifié. J’ai choisi d’ignorer cette information et de me concentrer sur mon travail. Mais il semblerait que le complot soit en train de se réaliser », a affirmé sur sa page Facebook la vice-présidente, qui appartient au Parti libéral.

Leni Robredo a pris cette décision après avoir reçu un SMS d’un autre ministre, Jun Evasco. Ce dernier lui a demandé, au nom du chef de l’Etat, de « ne plus participer au conseil des ministres ».

Le président et le vice-président sont élus lors de scrutins distincts aux Philippines. Leni Robredo n’était donc pas la « colistière » de Rodrigo Duterte, issu du Parti démocratique, lors des élections du 9 mai dernier.

Le porte-parole de Mme Robredo, Martin Andanar, a confirmé dimanche lors d’une interview à la télévision le départ de la vice-présidente, mettant en avant des « différences irréconciliables ».

« Si complot il y a, il ne vient pas du camp présidentiel », a ajouté sans autre précision M. Andanar. « Nous verrons demain si le président accepte ou non la démission de la vice-présidente », a-t-il dit.

Madame Robredo a par ailleurs affirmé avoir de « profondes divergeances de principes et de valeurs » avec le président Rodrigo Duterte notamment sur sa façon de livrer la guerre aux narcotrafiquants qui a fait plus de 2000 morts dans le pays ces cinq derniers mois.

Romandie.com avec(ats / 04.12.2016 16h12)             

A Daloa, gare clandestine d’où partent les jeunes Ivoiriens en quête de « l’eldorado » européen

octobre 10, 2016

A Daloa, beaucoup de jeunes, sans emploi, n’arrivent pas à occuper leurs journées et rêvent d’Europe.

A Daloa, beaucoup de jeunes, sans emploi, n’arrivent pas à occuper leurs journées et rêvent d’Europe. Crédits : Judith Kormann
En passant devant les hauts murs, hérissés de barbelés, du centre des impôts de Daloa, Abdoulaye*, la trentaine, ne peut retenir un soupir : « Ça fait mal. Ils sucent tout notre argent et ne nous donnent rien, ne font rien pour nous. » Le 1er septembre, avec 173 collègues, il a perdu son emploi à la mairie de cette grande ville du centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Depuis, le songe qui trottait dans sa tête depuis plusieurs années s’est transformé en idée fixe : quitter le pays, à tout prix, et rejoindre l’Europe.

Comme des milliers de jeunes Ivoiriens, il rêve d’une autre vie dans « l’eldorado » où, il en est persuadé, « tout est plus facile ». « Il y a trois gares clandestines à Daloa. Les gens viennent de tout le pays pour partir », assure Abdoulaye, sans accepter d’en révéler les emplacements, l’un des secrets les mieux gardés de la ville depuis que les autorités sont aux aguets.

L’ouverture de routes migratoires vers la Méditerranée

A Daloa, les entreprises sont rares, et beaucoup de jeunes, peu enclins au dur labeur des champs ou trop peu qualifiés, se retrouvent sans emploi après leurs études. En attendant des jours meilleurs, ils vivent de petits boulots, comme la vente de téléphones de seconde main à proximité de la gare routière, conduisent des taxis pour 15 000 francs CFA (23 euros) par mois.

Avec la déstabilisation de la Libye et du Sahel, et l’ouverture de routes migratoires vers la Méditerranée, ils ont cru voir leur chance arriver et, comme Abdoulaye, ont préparé leur baluchon. « Depuis novembre 2015, le fléau de l’émigration clandestine mine notre ville. Quand la voie du désert s’est dégagée, il y avait deux cars de soixante places qui partaient chaque jour. Ça a beaucoup diminué aujourd’hui, tout simplement parce que presque tous les candidats au départ sont partis », raconte Mamadou Soro, président de l’Union de la jeunesse communale de Daloa (UJCD). Les bus, qui quittent la ville de nuit, passent par le Burkina Faso ou le Mali pour rejoindre la porte du désert à Agadez, au Niger. Là-bas, des véhicules tout-terrain filent vers la Libye, où un troisième réseau de passeurs réceptionne les migrants, direction la côte.

Aucune donnée concrète n’est disponible sur le nombre de départs depuis les trois gares clandestines. « Ils se cachent pour partir, et les parents ne nous disent rien », déplore-t-on à la mairie. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 7 % des migrants arrivés sur les côtes italiennes de janvier à juillet de cette année étaient ivoiriens, soit environ 6 500 personnes. « Daloa est utilisée comme une plate-forme de départ, explique Issiaka Konaté, directeur général des Ivoiriens de l’extérieur au ministère de l’intégration. C’est un phénomène de mode. Ils dépensent beaucoup pour un hypothétique eldorado où ils devront tout recommencer à zéro, au lieu d’utiliser leurs fonds dans un projet ici. »

« Comment il a grossi depuis qu’il est là-bas »

Sous sa véranda, Abou Coulibaly, fabricant de clés au «  quartier Dioula », se souvient des projets montés pour son fils de 18 ans, danseur de talent qu’il voyait gendarme : « Il est parti sans rien me dire. Maintenant, il est en Italie, dans un coin au nom bizarre. Avec son courage, il pouvait tout faire ici. Là-bas, il est seul. » Autour de lui, les voisins s’attroupent. Tous sont concernés par le départ d’un enfant. Adama Keïta a lui encouragé ses deux fils et sa fille à partir, peu soucieux des dangers de la route. « Ils ont le bac, ont fait des études, mais ça ne leur a rien apporté, s’agace-t-il. Avec mon épouse, on préfère qu’ils s’en aillent, là où ils recevront une bonne formation. »

De l’avis de l’équipe de l’UJCD, outre le manque d’emplois, la principale raison de cette vague migratoire vient des réseaux sociaux. Pour Issiaka Konaté, c’est la raison numéro un. Les Ivoiriens qui parviennent à atteindre l’Italie publient immédiatement des photos d’eux avec des habits neufs, devant des belles voitures ou font des selfies avec des Européens.

« Regardez comment il a grossi depuis qu’il est là-bas », lancent, comme un refrain, plusieurs vendeurs de téléphones, en montrant des photos Facebook d’un frère ou d’un ami qui « a réussi ». Ils s’occultent ainsi la réalité : les morts dans le désert, les kidnappings, la prison en Libye et les rançons demandées aux parents… Et, plus dangereux encore, la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune, où les migrants s’entassent par centaines.

« Je ne veux plus courir derrière la vie »

L’horreur de la route, Ahmed Dramé, 28 ans, l’a connue et en est revenu. Après avoir vendu toutes ses affaires, il est parti en avril 2015, avant la grande vague de départ, et est parvenu à atteindre Tripoli, sur la côte libyenne, en août. « Quand nous avons pris l’eau, à plus de cent dans une petite embarcation, les corps habillés libyens nous ont interceptés et enfermés dans une maison. »

Ahmed Dramé est revenu de sa tentative pour rejoindre l’Europe en mars 2016, après avoir connu les geôles libyennes. Reparti dans son petit commerce de téléphones, il « ne veut plus courir derrière la vie ».

Ahmed Dramé est revenu de sa tentative pour rejoindre l’Europe en mars 2016, après avoir connu les geôles libyennes. Reparti dans son petit commerce de téléphones, il « ne veut plus courir derrière la vie ». Crédits : Judith Kormann

Emprisonné à l’étroit avec près de 400 personnes, à peine nourri, on lui dit qu’il ne sortira que si ses proches paient une rançon. « Certains, qui n’ont pas pu payer, sont enfermés là-bas depuis deux ans. Beaucoup ont perdu la tête », assure Ahmed. Orphelin, il n’a personne à contacter, mais parvient à s’échapper après une semaine de détention. Il rebrousse chemin par l’Algérie puis le Maroc, travaillant en route, et arrive à Daloa en mars.

Lire aussi :   Sur l’« Aquarius » : « La Libye est le pays de la mort ou du grand départ »

Depuis, il s’acharne à convaincre tous ses proches que le risque n’en vaut pas la peine, et que la plupart des migrants, quelques jours après le départ, regrettent déjà leur choix. « Ils continuent seulement parce qu’ils ont dépensé trop pour faire demi-tour », précise-t-il. Peu écouté, mis à l’écart et qualifié de « maudit », car il a échoué à traverser, il garde la tête haute et a recommencé son petit commerce de téléphones. « Je ne veux plus courir derrière la vie. J’ai perdu trop de temps et d’argent avec ce voyage », lance-t-il, amer.

« Ça ne sent pas dans les assiettes »

Depuis le début des départs, le gouvernement ivoirien et les autorités de Daloa ont mis en place une grande campagne de sensibilisation et de dialogue, avec l’aide de l’UJCD. Des films présentant les risques ont été projetés dans les quartiers et un avion spécial a été affrété par le ministère de l’intégration, fin novembre 2015, pour rapatrier 44 Ivoiriens bloqués en Libye. Selon Issiaka Konaté, les campagnes, associées à la lutte contre les passeurs, ont porté leurs fruits et réduit les départs.

Le 4 octobre 2016, proches des côtes libyennes, un bateau de migrants attend d’être secouru.

Le 4 octobre 2016, proches des côtes libyennes, un bateau de migrants attend d’être secouru. Crédits : ARIS MESSINIS/AFP

Mais les trois « gares de Libye », invisibles, sont toujours là. Et à Daloa, on continue à rêver. « On connaît le danger. On sait que 20 % de ceux qui partent meurent sur la route ou dans l’eau, concède Abdoulaye, le regard triste. Mais c’est insignifiant comparé au risque de rester ici. On a beau avoir un gouvernement riche, ça ne se sent pas dans les assiettes. » Fin prêt, il a commencé à vendre tous ses objets de valeur pour regrouper le million de francs CFA (1 520 euros) nécessaire pour le trajet jusqu’à Tripoli et la traversée de la mer. S’il arrive en Italie, il tentera de retrouver son petit frère, parti de Daloa en juillet avec tous ses amis.

* Le prénom a été modifié.

Lemonde.fr par Rémi Carlier, contributeur Le Monde Afrique, Daola, envoyé spécial

Le départ de Jean-Marie Le Pen souhaité par 87% des sympathisants

avril 11, 2015

Plus de neuf Français sur dix (91%) et 87% des sympathisants du Front national estiment que Jean-Marie Le Pen devrait se retirer de la vie politique, selon un sondage Odoxa pour « Le Parisien » et iTELE publié samedi. L’intéressé a accusé sa fille de « dynamiter » le FN.

Plus de la moitié des sympathisants du FN interrogés par l’institut de sondage (56%) affirment que l’exclusion du patriarche améliorerait l’image du parti, tandis qu’elle ne changerait rien pour 40% d’entre eux. Seuls 4% disent que son exclusion détériorerait l’image du FN.

Enfin, 28% des sympathisants du FN ont une bonne opinion du président d’honneur de la formation, moitié moins qu’il y a 5 mois, précise « Le Parisien ».

Ce sondage a été réalisé sur Internet les 9 et 10 avril auprès d’un échantillon de plus d’un millier de personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.

Romandie.com

Gabon: le gréviste de la faim emmené de force à l’hôpital

juillet 26, 2011

Le conseiller de la République Roland Désiré Aba’a qui a entamé une grève de la faim le 14 juillet à Libreville pour obtenir le départ des forces françaises du Gabon a été emmené de force à l’hôpital dans la nuit de lundi à mardi, a appris l’AFP de sources concordantes.

Une trentaine de ses partisans ont été délogés de la place de l’Indépendance, selon un des partisans, présent sur les lieux au moment de l’intervention policière.

M. Aba’a « n’est pas d’accord qu’on lui administre des soins de force. Il se considère comme séquestré à l’hôpital Jeanne Ebori (Libreville) malgré la volonté affichée du gouvernement de ne pas le voir mourir », a affirmé à l’AFP son porte-parole Francis Jean-Jacques Evouna, membre comme M. Aba’a du Conseil économique et social.

M. Evouna affirme avoir pu parler à M. Aba’a pendant la matinée avant que celui-ci ne lui signifie qu’on allait lui confisquer son portable.

Selon un témoin, la ministre de la Santé s’est déplacée en personne en soirée pour visiter le gréviste qui s’était attaché depuis le 14 juillet à la hampe d’un drapeau gabonais sur la place de l’Indépendance de Libreville.

« En fin de soirée, des forces anti-émeutes ont pris position sur la place et ont indiqué au conseiller qu’ils allaient l’emmener l’hôpital et que nous (ses partisans) devions partir. Il a refusé et alors ils l’ont emmené de force dans une ambulance après avoir coupé la chaîne. Ils ont déchiré les banderoles et arrêté une quinzaine de personnes. Une personne a été blessée », selon ce partisan, qui a précisé que ceux-ci avaient été libérés dans la matinée.

Selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Jean-Eric Nziengui Mangala il n’y a pas eu d’arrestations mais des « gens ont tenté de s’interposer ».

M. Aba’a avait choisi de commencer sa grève de la faim le 14 juillet, date de la fête nationale française.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le départ de Saleh en Arabie sonne-t-il la fin de son parcours?

juin 5, 2011

DUBAI (Reuters) – Chaque minute que passe le président Ali Abdallah Saleh en dehors du Yémen marque un pas de plus vers la fin de son règne de près de trente-trois ans à la tête d’un pays secoué par cinq mois de révolte populaire.

Blessé par un tir de roquette sur le palais présidentiel vendredi à Sanaa, Saleh est en Arabie saoudite depuis samedi pour y recevoir un traitement médical.

Les informations restent trop parcellaires ou contradictoires pour mesurer la portée exacte de l’événement.

On ignore ainsi le degré de gravité de ses blessures, on ne sait pas si ses fils ou neveux, qui commandent la garde républicaine et contrôlent les agences de renseignement et de sécurité du pays, font partie des 35 personnes de l’entourage du chef de l’Etat qui ont atterri samedi à Ryad.

« Tout ce que l’on sait, c’est que le moment est très dangereux », résume à Sanaa l’analyste politique Sali Seif Hassan.

Deux scénarios sont à envisager, ajoute-t-il.

Le premier est que les proches du président se précipiteront pour combler le vide laissé par Saleh à la tête de l’Etat, ce qui conduira à de nouveaux combats entre forces loyalistes et milices tribales et renforcera le risque de guerre civile.

Le deuxième est que l’Arabie saoudite a peut-être obtenu un accord qui permettra à Saleh de renoncer au pouvoir tout en sauvant la face.

L’issue de la crise dépend en grande partie de la manière dont le puissant voisin saoudien prendra position dans les heures et les jours qui viennent.

LE RÔLE CRUCIAL DE RYAD

Premier bailleur de fonds du Yémen, Ryad finance le gouvernement de Saleh, approvisionne l’armée et subventionne les hôpitaux.

Le premier exportateur mondial de pétrole partage une frontière de 1.500 km avec le Yémen et soutenait jusque récemment le régime du président Saleh afin de lutter contre Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

Quand il est devenu clair, en avril, que les manifestants antigouvernementaux ne renonceraient pas à leur exigence d’un départ du chef de l’Etat, Ryad et ses voisins du Golfe ont mis au point un plan de sortie de crise. Mais Saleh a refusé à trois reprises de le signer.

Pourtant, l’Arabie saoudite, qui finance également des tribus pour combattre Al Qaïda, n’a toujours pas pris la décision capitale de couper les fonds, sans doute par crainte de laisser le pouvoir vacant, avec l’incertitude qui en découle.

Khalid al Dakhil, analyste saoudien, est persuadé que Saleh ne se serait pas rendu en Arabie saoudite s’il n’avait pas eu l’intention de chercher une sortie.

« Le président du parlement, le Premier ministre et le président sont ici, donc dans les faits, tout le gouvernement est là », souligne Dakhil. « Cela facilitera un arrangement. »

TENTATIVE D’ASSASSINAT

Comme Saleh, le Premier ministre, les présidents des deux chambres du parlement et deux vice-premier ministres ont été blessés dans l’attaque à la roquette, remarquable de précision.

Tous étaient réunis dans une mosquée à l’intérieur du complexe présidentiel et seule une information fournie par une personne à l’intérieur a pu aider à les localiser, estiment les analystes de la société d’analyse géopolitique Stratfor.

En d’autres termes, il s’agit d’une tentative d’assassinat.

« Ce n’est pas l’oeuvre des tribus, mais des militaires, soutenus par des membres du régime présumés proches de Saleh », affirment-ils.

« Pour cette raison, Stratfor soupçonne que l’opposant le plus redoutable au sein de l’armée, le général Ali Mohsen al Ahmar, qui a été très discret au cours des derniers jours et suscite un grand respect au sein de la vieille garde, soit impliqué dans cette apparente tentative de coup d’Etat. »

Ali Mohsen, avec d’autres généraux, a rallié l’opposition à Saleh le 21 mars, après la mort de 52 manifestants abattus par des tireurs sur une place de Sanaa.

La réaction au départ en Arabie de Saleh, celle des généraux renégats, des tribus et des manifestants antigouvernementaux, pourrait jouer un rôle déterminant dans la suite des événements.

En l’absence de violence, l’Arabie saoudite pourrait se convaincre qu’un départ définitif du chef de l’Etat serait le meilleur moyen pour le Yémen de retrouver un semblant de calme et de stabilité.

Par Reed Stevenson | Reuters

La proie des barbus

septembre 30, 2010

Je suis la proie des barbus
et
de ces yeux qui refusent de dormir
soumis à l’opium depuis l’aube de la
guerre
suspendue au zénith de la conscience
dans un relent cynique
et
titanesque
Je suis la curiosité négligeable
d’un combat de refus de colonisation
de la condition étrangère
la cause perdue du désert
où je ne croise aucun regard
depuis ma terre de départ
Je suis loin de l’espoir
emmurée dans les sables du
désert
dans la misère
des soldats en lambeaux
plongés dans une guerre
inlassable
enragés comme des scorpions
à venin
prêts à mordre le moindre
mouvement ennemi
Je suis la victime des combats
dans un front qui ne décline
point l’échine vespérale de sa
fin.

Bernard NKOUNKOU