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Est de la RDC: 80.000 déplacés en six jours de combats à Kizi

juillet 14, 2017

 

Des milices « d’autodéfense », opposées au régime de Kabila, et les forces militaires s’affrontent depuis début juin dans le Sud-Kivu.

Des militaires congolais en patrouille dans le village de Mboko, dans le Sud-Kivu, en novembre 2009. Crédits : ADIA TSHIPUKU/AFP

L’ONU a dénombré 80 000 personnes déplacées, en six jours, fuyant des violents combats entre une milice et l’armée congolaise dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris l’AFP, mercredi 12 juillet, de l’ONU.

Le 29 juin, des combats ont éclaté entre l’armée congolaise et les miliciens Maï-Maï Yakotumba qui ont pris le contrôle de quatre localités en un jour avant d’en être délogés et repoussés cinq jours plus tard par les forces armées. Les deux parties avaient utilisé armes lourdes et légères, tuant au moins douze personnes.

« Plus de 80 000 personnes ont fui leur domicile suite aux combats entre l’armée et les Maï-Maï du 29 juin au 5 juillet dans le territoire de Fizi », a déclaré Maman Sidikou, chef de la Mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), lors d’une conférence de presse à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu.

« Nous sommes très inquiets pour ces gens qui sont jetés sur les routes, ces gens qui vivent avec la peur au ventre », a ajouté M. Sidikou, précisant que « la plupart de ces déplacés sans assistance sont regroupés essentiellement » sur trois sites.

Des « groupes d’autodéfense »

« Nous sommes très occupés par les abus contre les populations civiles », a indiqué M. Sidikou, qui a rappelé aux groupes armés, aux milices et aux forces de sécurité l’attachement de l’ONU « au respect de droits humains ». L’ONU estime à 3,7 millions de personnes le nombre de déplacés internes en RDC. Les Maï-Maï sont des « groupes d’autodéfense » constitués sur une base essentiellement ethnique.

Pratiquement dépourvu d’infrastructures, le territoire de Fizi est une zone traditionnellement hostile au pouvoir de Kinshasa. Il a abrité pendant longtemps le maquis de Laurent-Désiré Kabila, qui avait fait tomber en 1997 le dictateur Mobutu Sese Seko.

Aujourd’hui, cette zone, où sont situées de nombreuses mines d’or, est le repaire des Maï-Maï Yakotumba, du nom d’un ancien officier de l’armée régulière qui s’est proclamé « général » et affirme vouloir chasser M. Kabila du pouvoir.

Certains experts soulignent de leur côté que cet ex-officier se contente surtout de contrôler divers trafics avec la Tanzanie à travers le lac Tanganyika, qui sert de frontière naturelle entre ce pays et la RDC.

La façade orientale de la RDC, particulièrement les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, est déchirée par des conflits armés, alimentés par des différends ethniques et fonciers depuis plus de vingt ans.

Le Monde.fr avec AFP

Somalie: elles fuient la faim, et sont violées dans les camps de déplacés

juin 2, 2017

Des familles déplacées somaliennes près de leur cabane dans un camp de fortune à la périphérie de Baidoa, dans le sud-ouest du pays, le 14 mars 2017 / © AFP/Archives / TONY KARUMBA

C’était une nuit du mois de mars. Le soldat était mince, mais fort. Son uniforme et ses bottes étaient neufs. Après s’être introduit dans le misérable abri de fortune de Hawo, il a pointé une arme sur la gorge de cette Somalienne et l’a violée. Deux fois.

« Dans ma tête, je peux encore le voir », confie cette jeune femme vivant à Dusta, un camp installé dans la ville de Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie, où sont rassemblés des Somaliens déplacés par la faim et la sécheresse.

Hawo ne souhaite pas révéler som nom complet. Son nouveau-né pleurait pendant qu’elle subissait ce viol, terrifiée. Ses deux autres enfants, un peu plus âgés, dormaient eux à poings fermés.

Dusta, véritable océan de bicoques faites de bâtons, bâches en plastiques et vieux tissus, s’étend jusqu’à un camp où sont stationnés des soldats de la mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom), qui combattent les islamistes shebab affiliés à Al-Qaïda et ayant juré la perte du gouvernement somalien.

Pourtant, les résidents de Dusta interrogés par l’AFP assurent être livrés à eux-mêmes. Personne ne les protège, disent-ils, que ce soit l’Amisom, l’armée, les milices locales ou l’ONU.

La plupart des habitants de Dusta sont des femmes et enfants issus de régions contrôlées par les shebab et venus dans la capitale régionale à la recherche de nourriture, d’eau et de soins médicaux.

Selon un décompte de l’AFP basé sur les chiffres de deux ONG locales – Isha et le Somali Children Welfare and Rights Watch (SCWRW) -, au moins 54 femmes ont été violées ou agressées sexuellement dans les 168 camps, qui abritent plus de 155.000 personnes et se sont multipliés autour de Baidoa alors que le pays est au bord de la famine.

La majorité de ces attaques sont commises par des soldats, explique Muhudin Daud Isack, qui travaille pour Isha. « Quand ils ont l’opportunité de le faire, ils commettent un viol ».

– Viols collectifs –

Farhiyo Ahmed Mohamed, une policière à la tête d’une unité spéciale chargée de combattre les violences envers les femmes, reconnaît que des hommes en uniforme ont été impliqués dans de telles attaques et évoque une affaire de viol dans la ville de Goof Gaduud, à l’extérieur de Baidoa, pour laquelle un soldat a été condamné et emprisonné.

Elle accuse cependant les ONG d’exagérer le nombre de viols dans les camps afin d’obtenir plus de subsides.

La Somalie est plongée dans le chaos et la violence depuis plus de 25 ans, et si la communauté internationale l’aide à rebâtir des institutions telles que l’armée et la police, le processus met du temps à porter ses fruits.

Selon l’ONG Isha, neuf femmes du camp de « Buur fuule 2 » ont été violées une nuit de janvier par un groupe de civils armés de pistolets et de couteaux. Elles ont été extraites de leurs abris et violées par plusieurs hommes.

Cinq de ces femmes ont été interrogées par l’AFP. Deux d’entre elles ont raconté que leurs maris étaient tenus en joue pendant les viols. Une victime de 37 ans a, elle, assuré que si les viols sont monnaie courante dans ces camps, les viols collectifs ne le sont pas.

Les organisations humanitaires reconnaissent l’existence du problème croissant des viols, mais expliquent que la crise somalienne comporte de multiples facettes et que la priorité est accordée à d’autres maux. « Les programmes visant à améliorer la protection des femmes sont souvent sous-financés (…), ce même si les violences faites aux femmes augmentent lors des situations d’urgence », souligne Evelyn Aero, du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

– Dignité –

De retour à Dusta, Hawo explique que malgré son viol par un soldat, elle souhaite davantage de personnes armées dans le camp. Après ce traumatisme, elle a rapproché son abri de la base de l’Amisom et dit se sentir ainsi plus en sécurité.

D’autres ne souhaitent pas voir plus d’hommes armés dans le camp et estiment que la solution passe par la construction d’abris solides, en pierre et en tôle.

« Au-delà de la survie, l’abri est nécessaire (…) pour s’assurer que chaque personne soit en sécurité, et assurer le droit à la vie privée et la dignité, particulièrement pour les femmes et enfants », estime Gavin Lim, un spécialiste de la protection pour le Haut-commissariat de l’ONU aux réfugiés (UNHCR).

Mais alors que la sécheresse se prolonge et que la menace de la famine se rapproche chaque jour un peu plus, le nombre de déplacés augmente, rendant encore plus épineuse la question de la sécurité des femmes dans les camps.

Plus de 377.000 Somaliens ont été déplacés lors des trois premiers mois de 2017, portant à plus d’un million le nombre total de personnes déplacées par le conflit et la sécheresse en Somalie. Et l’UNHCR table sur trois millions d’ici la fin de l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juin 2017 19h18)                

Irak: au moins 30’000 civils déplacés de Fallouja en trois jours

juin 19, 2016

Les autorités irakiennes sont débordées par l’afflux de civils fuyant Fallouja. Les combats entre l’armée régulière, les milices chiites et l’Etat islamique (EI) ont déplacé au moins 30’000 personnes en trois jours, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

L’ONG, qui gère des camps de déplacés autour de Fallouja, a ajouté que 32’000 personnes avaient déjà été déplacées depuis le début de l’offensive lancée par les forces gouvernementales sur la ville il y a près d’un mois. Selon le NRC, des familles sont encore à l’intérieur de la ville, dont des civils vulnérables comme des femmes enceintes, des personnes malades ou âgées.

L’ONG est dépassée par l’afflux massif de déplacés, dont certains dorment en plein air dans l’attente d’une tente, sous un soleil de plomb. « Nous implorons le gouvernement irakien de prendre en charge cette catastrophe humanitaire qui se déroule sous nos yeux », a déclaré le directeur du NRC pour l’Irak, Nasr Muflahi.

Le NRC a averti qu’il ne pouvait plus fournir l’assistance nécessaire, avec un déficit de rations d’eau, alors que les conditions sanitaires deviennent de plus en plus précaires.

Le premier ministre irakien Haïdar al Abadi a ordonné samedi des mesures d’urgence pour venir en aide à ces déplacés et la mise en place de dix nouveaux camps, mais les autorités ne parviennent même pas à estimer leur nombre car beaucoup d’entre eux ne sont pas dans les camps ou s’entassent à plusieurs familles sous la même tente.

Ban Ki-moon scandalisé par l’attaque d’un camp de déplacés en Syrie

mai 6, 2016

Nations unies (Etats-Unis) – Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est dit vendredi scandalisé par l’attaque d’un camp de déplacés dans le nord de la Syrie jeudi, qui a tué 28 civils.

M. Ban a demandé à nouveau que le Conseil de sécurité prenne des mesures pour conduire la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir des enquêtes sur la Syrie pour de possibles crimes de guerre.

Les responsables de cette attaque semble-t-il calculée d’hier contre des civils dans le camp de Idlib, qui pourrait être un crime de guerre, doivent rendre des comptes, a déclaré un porte-parole du chef de l’ONU.

Stephane Dujarric a affirmé qu’il était difficile de croire que les raids aériens aient été une erreur.

Syrie et Russie ont nié avoir bombardé le camp, suggérant que cette attaque était l’oeuvre des rebelles syriens.

Le Conseil de sécurité a déjà tenté en 2014 de présenter la Syrie à la CPI mais il s’était heurté à l’opposition de la Chine et de la Russie, alliée de Damas.

Romandie.com avec(©AFP / 06 mai 2016 19h40)