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Canada: Des députés et des employés auraient été harcelés pendant le siège d’Ottawa

juin 21, 2022
Deux personnes sur une rue saluent une troisième personne dans un camion à 18 roues. Sur le camion, il est écrit: «True North Strong & Free ».

Le sergent d’armes a raconté également qu’une employée avait été abordée par un homme qui a tenté de lui jeter ce qui semblait être un sac d’excréments humains, avant qu’un autre employé n’arrive et ne pousse l’homme au sol (archives). Photo: La Presse Canadienne/Justin Tang

Le sergent d’armes de la Chambre des communes se dit « sidéré » par la façon dont la police d’Ottawa a permis que des députés et des employés de la colline du Parlement continuent à se faire harceler pendant les manifestations contre les restrictions sanitaires en février.

Patrick McDonell, qui travaille en étroite collaboration avec le chef du Service de protection parlementaire, a déclaré mardi à un comité des Communes que les députés et les employés étaient victimes de harcèlement presque tous les jours sur la rue Wellington, au centre-ville d’Ottawa, qui relève de la police municipale.

Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre étudie l’opportunité d’élargir la compétence fédérale quant à la sécurité opérationnelle de la Cité parlementaire afin d’inclure des sections de la rue Wellington, où des véhicules avaient stationné durant trois semaines pendant le convoi, et de la rue Sparks, qui comprend un mail piétonnier.

Une vue lointaine de l'importance opération policière.

Une importante opération policière a permis de mettre fin à l’occupation qui a duré trois semaines (archives). Photo: AFP via Getty Images/Andrej Ivanov

Le sergent d’armes McDonell, qui est aussi directeur de la sécurité institutionnelle de la Chambre des communes depuis 2015, a indiqué mardi qu’il y avait une voiture de police tout à fait à portée de vue des incidents de harcèlement qu’il décrivait, et que des événements étaient signalés `tous les jours’ à la police d’Ottawa.

Il a raconté qu’une personne avait bloqué le passage de voitures de certains employés lorsqu’ils arrivaient sur un stationnement à proximité. Si l’employée était une femme, l’individu frappait sa voiture avant de s’écarter de sa route.

Le sergent d’armes a raconté également qu’une employée avait été abordée par un homme qui a tenté de lui jeter ce qui semblait être un sac d’excréments humains, avant qu’un autre employé n’arrive et ne pousse l’homme au sol.

Avec Radio-Canada

Rachel Keke, Nadège Abomangoli, Carlos Martens Bilongo… Qui sont les nouveaux députés français d’origine africaine ?

juin 21, 2022

À l’issue du scrutin des 12 et 19 juin qui a largement rebattu la composition de la représentation nationale, de nouvelles figures originaires du continent font leur entrée au Palais Bourbon, incarnant un peu plus la diversité de la société française.

Rachel Keke, élue Nupes de la 7e circonscription du Val-de-Marne © Bruno Levy pour JA

En 2017, Emmanuel Macron promettait « des visages, ceux de la France réelle, […] la France de tous les visages, de toutes les couleurs », lançant dans la course aux législatives un panel de candidats aux parcours professionnels, aux origines socio-économiques et géographiques variés.

Cinq ans plus tard, alors que la nouvelle composition de l’hémicycle consacre une poussée historique du Rassemblement national de Marine Le Pen et voit Emmanuel Macron perdre la majorité absolue, de nouveaux visages font leur apparition. Des profils qui viennent renforcer l’envie de diversité de certains électeurs. En témoigne l’élection de Rachel Keke, femme de chambre franco-ivoirienne qui s’est imposée dans la 7e circonscription du Val-de-Marne. Ou celle du diplomate franco-tunisien Karim Ben Cheïkh dans la 9e circonscription des Français de l’étranger.

Jeune Afrique a ainsi recensé, de manière non exhaustive, 17 députés « d’origine africaine », qu’ils soient binationaux, nés en Afrique ou nés en France de parents Africains. Dix d’entre eux sont issus des rangs d’Ensemble !, la coalition de La République en marche (246 députés au total) et sept de la coalition de gauche, la Nupes (142 députés au total). Jeune Afrique dresse la liste des personnalités les plus marquantes de la nouvelle assemblée.

Ceux qui arrivent

  • Rachel Keke (Nupes)

Cette Franco-Ivoirienne de 49 ans, native d’Abobo, un quartier populaire d’Abidjan en Côte D’Ivoire, s’est faite connaître pour son combat contre le groupe hôtelier Accor. Entre 2019 et 2021, elle incarne le visage et la voix des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles qui mènent une grève historique de deux ans afin d’exiger de meilleures conditions de travail.

Élue dans le Val-de-Marne sous l’étendard de la Nupes, cette insoumise a battu l’ancienne ministre déléguée chargée des Sports Roxana Maracineanu (LREM). Se définissant volontiers comme une guerrière, Rachel Keke entend représenter « les invisibles » et les « essentiels ».

  • Karim Ben Cheïkh (Nupes)
Karim Ben Cheikh
Karim Ben Cheikh

Également candidat de la Nupes, ce Franco-Tunisien de 45 ans s’est distingué en défaisant l’ancienne ministre de l’Égalité hommes-femmes, Élisabeth Moreno, originaire du Cap Vert.

Ce diplomate de carrière est le seul candidat de la gauche à avoir remporté l’adhésion des Français expatriés – neuf circonscriptions des Français de l’étranger sur onze sont tombées dans l’escarcelle de la majorité présidentielle. « Vous avez exprimé un choix clair pour la justice sociale et la défense de nos services publics », a réagi le député de la 9e circonscription des Français de l’étranger, qui comprend le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.

  • Nadège Abomangoli (Nupes)
Nadège Abomangoli
Nadège Abomangoli

Ce 19 juin, cette native du Congo Brazzaville de 46 ans, candidate de la Nupes, a fait tomber le député sortant Les Républicains (LR) Alain Ramadier à Aulnay-sous-Bois et Bondy (10e circonscription de Seine-Saint-Denis – 93).

Cette ancienne militante de SOS Racisme a été collaboratrice parlementaire entre 2013 et 2015. Nadège Abomangoli a également siégé au Conseil régional d’Île-de-France entre 2010 et 2015, alors qu’elle était encartée au Parti socialiste avant de rejoindre La France insoumise (LFI).

  • Carlos Martens Bilongo (Nupes)
Carlos Martens Bilongo
Carlos Martens Bilongo

Autre insoumis faisant son entrée dans l’hémicycle : Carlos Martens Bilongo, élu à Villiers-le-Bel dans le Val-d’Oise face au candidat MoDem François Pupponi, avec 61,72 % des suffrages.

Cet enseignant en économie de 31 ans, né en France de parents congolais (RDC) et angolais, est très actif dans le milieu associatif, notamment via une structure qui propose aux enfants de tous les milieux des activités sportives et culturels accessibles.

  • Farida Amrani (Nupes)
Farida Amrani
Farida Amrani

Née au Maroc en 1976, arrivée en France à l’âge de deux ans, cette candidate de la Nupes a été élue dans la 1ère circonscription de l’Essone au terme d’une bataille qu’elle mène de longue date.

Battue aux législatives de 2017 par Manuel Valls, qui l’accuse alors de complaisance avec les islamistes, Farida Amrani soupçonne l’ancien Premier ministre de tricherie. Lorsque ce dernier démissionne afin de se lancer à l’assaut de la mairie de Barcelone, elle tente de lui succéder à l’occasion de l’élection législative partielle de novembre 2018. Elle est alors défaite par Francis Chouat, candidat soutenu par Emmanuel Macron. À 45 ans, cette conseillère municipale a pris sa revanche en battant le candidat LREM avec près de 60 % des voix.

Ceux qui partent

  • Saïd Ahamada, (LREM – Ensemble !)

Comme de nombreux députés sortants de la majorité, Saïd Ahmada a fait les frais de la sanction électorale infligée au camp présidentiel lors de ces législatives. Député des quartiers nord de Marseille, entré dans l’hémicycle en 2017 sous les couleurs de La République en marche, il a été évincé dès le 12 juin au profit du Rassemblement national (RN) et de la Nupes.

Né à Saint-Denis de la Réunion, celui qui fut porte-parole de son groupe parlementaire entre 2019 et 2020 est d’origine comorienne.

  • Laetitia Avia, (LREM – Ensemble !)

Figure de la diversité nouvelle de l’hémicycle en 2017, cette avocate de 36 ans est née en France de parents togolais et a été naturalisée à l’âge de 12 ans. Cette ancienne membre de la Commission des lois ainsi que des groupes d’amitié France-Ghana et France-Canada n’a obtenu que 45,92 % des voix face à la candidate écologiste de la Nupes Éva Sas, dans la 8e circonscription de Paris.

  • Brahim Hammouche (MoDem – Ensemble !)

Élu en Moselle en 2017, ce natif de Smaoun, en Algérie, n’a lui non plus pas réussi à dépasser le premier tour du scrutin. Médecin-psychiatre de formation, il cède son siège d’élu LREM à Laurent Jacobelli du Rassemblement national.

  • Jean-François Mbaye (LREM – Ensemble !)

Ce natif de Dakar, au Sénégal, a été largement battu lors du 2e tour du scrutin par la candidate de la Nupes Clémence Guetté (64,2 % des voix) dans la 2ème circonscription du Val-de-Marne. Il avait été élu en 2017 dans les rangs de la majorité présidentielle.

Arrivé en France en 1998 pour ses études, Jean-François Mbaye est le petit-fils d’une ancienne conseillère municipale de l’île de Gorée, dans la capitale sénégalaise.

  • Patrice Anato (LREM – Ensemble !)

Élu dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis, ce Franco-Togolais né à Lomé en 1976 perd son siège au profit du candidat LFI (Nupes) Thomas Portes. Ce juriste, qui a rejoint LREM en 2016, s’était porté candidat à la présidence de son groupe parlementaire, face à François de Rugy et Christophe Castaner.

Ceux qui restent

  • Danièle Obono (Nupes)

À 41 ans, elle fait partie des rares députés élus dès le premier tour des élections législatives. Elle entame ainsi son deuxième mandat pour la 17e circonscription de Paris. Née à Libreville au Gabon, elle arrive en France à l’âge de onze ans. Elle a notamment largement soutenu la candidature de Rachel Keke.

  • Mohamed Laqhila (MoDem – Ensemble !)

Né à Oulmès, au Maroc, en 1959, ce député de la majorité présidentielle conserve son siège en tant qu’élu de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône. Cet expert-comptable et commissaire aux comptes est membre du groupe d’amitié France-Maroc, lequel comptait plusieurs députés franco-marocains, comme Fiona Lazaar (non-réélue), Nadia Hai (réélue) ou encore Mustapha Laabid (ex-député LREM démissionnaire, poursuivi pour abus de confiance)

  • Huguette Tiegna (LREM – Ensemble !)

Cette députée de la majorité, née en 1982 à Bangassogo au Burkina Faso et arrivée en France en 2009, rempile pour un second mandat. Élue dans la 2e circonscription du Lot, elle doit sa carrière politique à une rencontre en 2015 avec Emmanuel Macron qui, à l’époque où il était encore ministre de l’Économie, a visité les locaux de la start-up où elle travaillait.

  • Amélia Lakrafi (LREM – Ensemble !)

Réélue par les Français de la 10e circonscription de l’étranger, la député de 44 ans continuera de défendre les projets de l’exécutif à l’Assemblée nationale. Née à Casablanca, au Maroc, elle représente les citoyens français établis dans quarante-neuf pays répartis entre l’Est et le Sud du continent africain et le Moyen-Orient.

Avec Jeune Afrique par Manon Laplace et Olivier Marbot

Canada: Le Parti conservateur demande à ses députés de se taire sur l’avortement

mai 3, 2022

En pleine tempête sur l’arrêt Roe c. Wade aux États-Unis, les députés conservateurs à Ottawa sont appelés à rester discrets.

Candice Bergen, debout, à la Chambre des communes.

La directive est venue du bureau de la cheffe par intérim, Candice Bergen. Photo: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Quelques heures seulement après des révélations explosives aux États-Unis sur l’avenir de l’accès à l’avortement, le Parti conservateur du Canada (PCC) a envoyé une directive claire à ses élus.

Les conservateurs ne commenteront pas la fuite de l’avant-projet d’une décision par la Cour suprême des États-Unis, peut-on lire dans la missive envoyée aux députés conservateurs et leur personnel, obtenue par Radio-Canada et d’abord publiée par le Globe and Mail.

Lundi, le site américain Politico a dévoilé l’avant-projet d’une décision majoritaire rédigée par le juge conservateur Samuel Alito qui qualifie d’infondé l’arrêt Roe c. Wade. Si cette conclusion est effectivement retenue, la Cour suprême des États-Unis pourrait annuler le droit à l’avortement dans le pays.

Cette consigne de ne pas commenter est la preuve que ce parti n’est pas capable de s’assumer dans ses positions et qu’il ne fait pas confiance à ses propres députés, indique une source conservatrice influente au sein de l’organisation.

La direction du parti est consciente que c’est un enjeu problématique qui crée des tensions à l’interne, poursuit-elle, et veut éviter des tiraillements comme la formation politique a connu sous le leadership d’Erin O’Toole.

La décision d’envoyer cette note vient directement du bureau de la cheffe intérimaire Candice Bergen, selon une autre source conservatrice de l’ouest du pays. Elle voit son rôle comme une position où elle doit protéger l’image de marque du parti jusqu’à l’arrivée du prochain chef, et elle veut éviter les enjeux qui polarisent, explique ce conservateur.

Il ajoute que, selon lui, c’est un dossier épineux pour Candice Bergen, puisque la population de sa circonscription est très religieuse et socialement conservatrice. Son réflexe c’est d’éviter ces enjeux autant que possible, avance cette source.

Un enjeu aux États-Unis, pas au Canada

La députée Leslyn Lewis met son masque sur ses oreilles, alors qu'elle sort de la rencontre du caucus conservateur.

La députée anti-avortement Leslyn Lewis tente de briguer la chefferie conservatrice pour une deuxième fois. Photo: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

D’autres membres du parti estiment qu’il est prématuré de se prononcer sur une fuite de documents, dans un dossier qui touche par ailleurs les États-Unis et non le Canada.

C’est ridicule qu’on demande à des politiciens canadiens de commenter des événements qui n’ont pas de lien clair avec notre pays, lance un attaché politique, qui a reçu la note mercredi matin. La jurisprudence n’est pas la même entre les deux pays.

La candidate à la chefferie anti-avortement, Leslyn Lewis, a d’ailleurs choisi de rester silencieuse sur l’enjeu. Dans un communiqué, son responsable des communications indique que l’actuelle députée de Haldimand-Norfolk, en Ontario, ne commentera pas la fuite de documents de la Cour suprême américaine, car il ne s’agit pas d’une décision finale.

De son côté, l’équipe de Jean Charest indique qu’il est pro-choix. Il ne s’opposerait pas à ce que des députés déposent des projets de loi d’initiative personnelle sur la question, mais un gouvernement sous son leadership ne présentera ni n’appuiera jamais une législation sur les droits reproductifs, précise son équipe.

Quant à Patrick Brown, il affirme que l’avortement au Canada devrait être légal, sécuritaire et à mon avis, rare. Il ajoute qu’il va toujours défendre le droit des femmes de prendre leurs propres décisions concernant leur santé reproductive.

Au moment d’écrire ces lignes, l’équipe de Pierre Poilievre n’avait pas encore offert de commentaire sur le sujet.

Une motion du Bloc québécois

Des militants pro-choix manifestant devant la Cour suprême.

« Anti-avortement = anti-femmes », peut-on lire sur une pancarte, et « Les catholiques appuient l’avortement », sur une autre, lors d’une manifestation devant la Cour suprême des États-Unis mardi. Photo : Getty Images/Anna Moneymaker

Les troupes bloquistes ont l’intention de saisir la balle au bond. Après la période des questions, la leader adjointe du Bloc québécois, Christine Normandin, déposera une motion par consentement unanime concernant le libre choix des femmes en matière d’avortement.

Le texte de la motion se lit comme suit : Que la Chambre réitère que le corps de la femme n’appartient qu’à elle seule et reconnaisse son libre choix en matière d’avortement, pour quelque raison que ce soit.

Cette motion non contraignante pourrait exposer les divisions au sein du caucus conservateur sur cette question même s’il n’y aura pas de vote individuel des députés.

Le premier ministre Trudeau a quant à lui réitéré l’importance du droit à l’avortement par l’entremise de Twitter.

Le droit est fort, selon le NPDNouveau Parti démocratique

Le chef du NPDNouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, s’est dit attristé par ces derniers développements autour de l’enjeu de l’avortement au sud de la frontière. À ses yeux, ce droit n’est pas menacé du point de vue légal au pays. Au Canada, notre droit est fort, fait-il valoir.

Toutefois, il exprime des inquiétudes autour du mouvement anti-avortement au Canada. Oui, j’ai des craintes quand on a des candidats pour la chefferie d’un parti qui n’appuient pas le droit à l’avortement, a-t-il fait remarquer en référence au PCCCommission de la capitale provinciale.

D’après Jagmeet Singh, le gouvernement canadien doit se battre pour assurer un meilleur accès à ces services au pays, dans les secteurs ruraux notamment. C’est inutile d’avoir un droit sans y avoir accès, fait-il remarquer.

Selon lui, Ottawa doit se prévaloir des dispositions de la Loi canadienne sur la santé pour forcer les provinces à fournir des services adéquats à leur population.

Avec Radio-Canada par Laurence Martin, Christian Noël et Louis Blouin

Sexisme, menaces, agressions… La dure vie politique des députés africaines

décembre 5, 2021
Manifestation contre les violences faites aux femmes à Johannesburg, en septembre 2019 © REUTERS/Marius Bosch

Sur le continent, de plus en plus de femmes parviennent à se faire une place sur la scène politique. Mais elles y sont la cible de nombreuses discriminations et même de violences.

« Au moment de l’attribution des postes de responsabilité à l’Assemblée, témoigne une élue, un collègue de mon parti m’a bousculée et a menacé de me frapper. » « On a essayé de m’enlever, des coups de feu ont visé ma voiture. Il y a eu un mort », affirme une candidate à propos de sa campagne électorale. D’autres encore évoquent des menaces via les réseaux sociaux – « On m’a menacée en disant qu’on avait une sextape de moi » – ou par des biais plus traditionnels – « J’ai reçu un message d’un marabout à qui l’on avait demandé de m’éliminer ».

Scènes de violence ordinaire d’une vie politique africaine trop souvent marquée par la brutalité ? Possible. Mais ce qui ressort des témoignages, c’est aussi que les agressions, qu’elles soient physiques ou verbales, directes ou plus insidieuses, touchent particulièrement les femmes engagées dans la vie politique.

« Au lit et à la cuisine »

« Pendant longtemps, les hommes du parti ont essayé d’imposer le fait qu’une femme doive coucher avec eux pour pouvoir être candidate », résume l’une d’elles. « J’ai été attaquée à mon domicile. Je suis allée voir un officier de police. Il m’a promis son aide en échange de faveurs sexuelles », poursuit une deuxième tandis qu’une autre indique que « [son] mari est devenu violent et [elle] a commencé à [la] frapper lorsque [elle a] été élue à l’Assemblée. »

MON ADVERSAIRE ME TRAITE DE PROSTITUÉE, IL RACONTE QUE JE COUCHE AVEC N’IMPORTE QUI

« On m’attaque parce que je suis célibataire, mon adversaire me traite de prostituée, il raconte que je couche avec n’importe qui », renchérit une autre élue, alors qu’une collègue résume le discours tenu par nombre de ses voisins de banc à l’Assemblée : « Vous les femmes, votre place est au lit et à la cuisine. »

En matière de représentation politique des femmes, l’Afrique n’est pourtant pas la plus mal lotie. Le pourcentage d’élues siégeant dans les parlements du continent est passé, depuis le début du siècle, d’un peu moins de 10 % à plus de 20 %, grâce parfois à des lois introduisant des quotas obligatoires. L’exemple le plus connu reste le Rwanda, où plus de 60 % des députés sont des femmes, mais quelques autres pays approchent progressivement de la parité et on recense aussi des présidentes de parlements, des ministres en nombre croissant et occupant de plus en plus de postes régaliens ainsi que des dirigeantes de gouvernement.

C’est un progrès, mais est-ce assez ? L’accession équitable de personnes des deux sexes aux fonctions politiques règle-t-elle l’ensemble des problèmes, compense-t-elle toutes les discriminations que les femmes peuvent encore subir ?

Violences physiques et économiques

Pas si l’on en croit l’étude publiée récemment par l’Union interparlementaire (UIP), institution basée en Suisse et qui réunit des représentant de 179 parlements nationaux. De juin 2020 à juin 2021, elle a interrogé, avec l’appui de l’Union parlementaire africaine, 137 femmes siégeant dans les parlements de 50 pays africains et 87 y travaillant comme fonctionnaires, afin de dresser un état des lieux des formes de discrimination qu’elles rencontrent dans leur activité, d’en mesurer la fréquence et d’élaborer des solutions.

CELA VA DES PROPOS SEXISTES JUSQU’À DES AFFAIRES DE HARCÈLEMENT ET DE VIOL, DES MENACES DE MORT

La palette des problèmes rencontrés est large, explique Martin Chungong, le secrétaire général de l’UIP : « Cela va commencer par des propos sexistes relativement anodins que la plupart des hommes vont juger tout à fait normaux, mais ça va aussi jusqu’à des affaires de harcèlement et de viol. Des menaces de mort. » Quant à la proportion de femmes se disant victime de telles pratiques, elle n’a rien d’anecdotique : 80 % assurent avoir subi des violences psychologiques, 67 % des remarques ou comportements sexistes, 46 % ont été victimes d’attaques en ligne.

42 % ont en outre fait l’objet de menaces de mort, de viol, ou d’enlèvement les visant elles-mêmes ou leurs proches. 39 % évoquent intimidations ou harcèlement. Enfin, 39 % affirment avoir subi des violences sexuelles, 23 % des violences physiques et 29 % des violences économiques, c’est-à-dire des pressions les empêchant d’exercer leur mandat ou de mener leur campagne en les privant d’aides financières auxquelles elles avaient droit.

Des formes de violences très variées, qui s’exercent à n’importe quel moment de la vie politique des élues interrogées, et en n’importe quel lieu. « Les agressions peuvent venir des membres du parlement, survenir lors des meetings, quand les femmes viennent d’être élues… », égrène Nkhensani Kate Bilankulu, députée sud-africaine issue des rangs de l’ANC, qui dirige le Multi-Party Women’s Caucus, au Cap.

Un problème mondial

« Dans les réunions ou dans l’hémicycle, on a en théorie le même temps de parole que les hommes. Mais si on ne se lève pas pour demander la parole, personne ne nous la donne, complète la députée béninoise Mariama Baba Moussa Soumanou. Parfois aussi, les journalistes se retirent avant qu’on parle. Pendant la campagne, l’équipe d’un candidat est venue au dernier moment tenir une réunion exactement à l’endroit où mes partisans avaient préparé un meeting. On a préféré aller ailleurs… Les hommes ne tolèrent pas qu’on soit en concurrence avec eux. »

À discuter avec les femmes élues, d’un bout à l’autre du continent, on se fait vite l’image d’une vie politique africaine particulièrement violente, d’une corporation excessivement misogyne où rôdent machos décomplexés et prédateurs sexuels à l’affût. Erreur d’analyse, corrigent les témoins interrogés : l’UIP a mené le même type d’enquêtes au niveau mondial, puis européen, en 2016 et 2018, posant les mêmes questions aux élues et obtenant des résultats extrêmement comparables. Les parlementaires européennes sont même plus nombreuses que leurs consœurs africaines à se dire victimes de violences psychologiques (85 %) et 25 % d’entre elles évoquent des violences physiques.

La patronne des députées sud-africaines ne se dit « pas surprise » par la similarité des chiffres observés d’un continent à l’autre : « Nos sœurs ont des problèmes dans le monde entier. D’ailleurs, je pense que les chiffres réels sont encore plus élevés car beaucoup n’osent pas se signaler. » Le sujet des violences que subissent les femmes engagées en politique a d’ailleurs fait l’objet, en 2018, d’une étude de la Rapporteuse spéciale des Nations unies en charge de ces questions, l’universitaire croate Dubravka Šimonović.

« En Afrique les femmes sont victimes de discrimination dans la société en général. Elles n’ont pas le droit de prendre la parole en public, surtout devant des hommes, souligne  Oumo Sanogo, membre du parlement malien. Mais les chiffres sont presque les mêmes partout dans le monde donc ce n’est pas qu’une question de culture locale. »

39 % de victimes de violences sexuelles

« Dans l’ensemble, les niveaux sont les mêmes, confirme Martin Chungong. La principale spécificité africaine, c’est l’ampleur des violences physiques – 40 % des femmes interrogées en ont été victimes, contre 17 % en Europe – mais je pense que c’est lié au fait que plusieurs pays sont en situation de crise, de conflit… Vous retrouvez alors au parlement des représentants de groupes qui étaient en conflit sur le terrain et ces oppositions se transportent dans l’hémicycle. Sans compter les raisons religieuses, culturelles… »

BEAUCOUP DISENT : LES FEMMES, IL FAUT QU’ON LES VOIT MAIS QU’ELLES NE S’EXPRIMENT PAS

Selon les femmes ayant témoigné, les violences sexuelles sont sensiblement plus fréquentes en Afrique (39 %) qu’en Europe (25 %) et au dessus de la moyenne mondiale (22 %). Martin Chungong tente prudemment d’analyser le phénomène : « Souvent, et sans vouloir sombrer dans le cliché ou être condescendant, les hommes africains veulent renvoyer une image de force et ça doit se traduire à tous les niveaux. Tous les moyens sont bons. Beaucoup disent : les femmes, il faut qu’on les voit mais qu’elles ne s’expriment pas. »

Le sujet est d’autant plus délicat que beaucoup de victimes d’agression sexuelle préfèrent ne pas se manifester. La honte, comme souvent, les pousse à rester muettes, confirme la Béninoise Mariama Baba Moussa Soumanou : « Quand une femme dit qu’un homme l’a attaquée, on va lui dire qu’elle l’a provoqué. Quant à parler de viol… c’est très difficile, socialement. Une femme qui dit “on m’a violée” peut en pâtir toute sa vie. » Le problème est même décuplé dans le milieu politique, où une femme qui déclare avoir été agressée va souvent se voir répondre que « de toute façon », elle est arrivée au poste qu’elle occupe en jouant de ses charmes voire, plus crûment, en couchant avec le chef de son parti…

« Elle n’a pas le niveau »

À ce préjugé vient fréquemment s’en ajouter un autre, présent chez beaucoup d’hommes mais aussi chez certaines femmes : celui d’être illégitime, de ne pas posséder les compétences requises pour occuper des fonctions politiques et, donc, de « voler » les postes aux hommes, qui à l’inverse sont a priori supposés compétents et « naturellement supérieurs ».

« Ce sont des choses qu’on entend lors de réunions et qui nous visent mais sans avoir l’air de nous être destinées directement : “vous n’avez pas le niveau”, “vous réagissez avec vos émotions”…, confirme Mariama Baba Moussa Soumanou. La question du niveau intellectuel revient toujours quand il faut nommer une femme à un poste, mais jamais à propos des hommes ! Quand il y a des postes à pourvoir aussi c’est difficile, il y a lutte pour le pouvoir et pour beaucoup, la lutte c’est pour les hommes. Intellectuellement, on est pourtant aussi bien pourvues qu’eux, mais ces arguments reviennent toujours et créent un malaise. La politique reste considérée comme un milieu d’hommes. On entend : elle n’a pas le niveau, ou c’est une femme légère… »

CERTAINES DISENT “ON VA SE BATTRE”, MAIS C’EST UNE MINORITÉ. LA PLUPART TROUVENT ÇA INVIVABLE

« Les femmes sont aussi considérées comme insuffisamment productives, ajoute Oumo Sanogo. Si leur enfant tombe malade elles ne vont pas travailler, même chose si elles tombent enceintes… » « Tout ça est fait avant tout pour les décourager, soupire le secrétaire général de l’UIP. Certaines disent “on va se battre”, mais c’est une minorité. La plupart trouvent ça invivable. »

Les attaques sont souvent encore plus marquées lorsque les élues sont célibataires ou veuves, défenseuses des droits des minorités, membres de l’opposition, ce qui amène l’UIP à évoquer des « discriminations croisées » rendant le quotidien de certaines représentantes parfois insupportable. La question de l’incompétence supposée des femmes est d’ailleurs instrumentalisée à tous les niveaux, souligne Martin Chungong : « Parfois nous interpellons les autorités de certains pays sur le manque de parité et on nous répond : “qu’est-ce qu’on peut faire, il y a trop peu de femmes à qui on peut confier des responsabilités ?” »

Quotas et lieux d’écoute

Le plus triste, témoignent certaines élues, c’est que les agressions viennent souvent de collègues parlementaires que les victimes côtoient au quotidien (dans 49 % des cas), et même de camarades du même mouvement politique (41 %). « On a pourtant milité ensemble, mené les mêmes campagnes, on est tous là par la volonté du peuple », souligne avec amertume Oumo Sanogo.

LA TUNISIE, LA SIERRA LEONE, L’OUGANDA, LE BURKINA FASO, LE RWANDA, L’AFRIQUE DU SUD ET LA ZAMBIE S’ATTAQUENT AU PROBLÈME

Une part croissante des hommes occupant des fonctions politiques semble toutefois avoir identifié le problème et, dans plusieurs pays, la législation évolue, des mesures sont prises. Réservation d’une proportion de sièges ou de circonscriptions aux femmes, lutte plus active contre les discriminations ou les actes et propos sexistes, mise en place d’instances permettant aux victimes d’être entendues, parfois de façon anonyme… La situation évolue. La Tunisie, la Sierra Leone, l’Ouganda, le Burkina Faso, le Rwanda, l’Afrique du Sud et la Zambie ont ainsi choisi de s’attaquer au problème et adopté des règles protégeant mieux les femmes victimes de violences sexistes, qu’elles soient ou non des responsables politiques.

Pour Oumo Sanogo, la création de lieux permettant de déposer plainte est sans doute la première priorité mais il y en a d’autres : « Il faut des lieux d’écoute. Les quotas sont aussi une bonne chose : au Mali, les femmes sont plus nombreuses que les hommes donc il faut les encourager à intégrer les instances de décision. Après tout, ce sont elles qui subissent les conséquences des décisions que les hommes prennent à leur place ! »

Mais le problème des violences et du harcèlement que subissent les femmes politiques du continent ne se résoudra qu’avec une évolution des mentalités. Chantier long et ambitieux, conclut la Sud-Africaine Nkhensani Kate Bilankulu : « Il faut éduquer les gens, ça prendra du temps. Il faut expliquer l’impact négatif que ces violences ont sur nos enfants, sur nos sociétés, sur nos pays… Dans beaucoup de familles, les enfants grandissent dans une atmosphère de domination des hommes qui peut être abusive, brutale… Ce sera difficile de changer ça. Et ce sera long. Mais c’est impératif. »

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Pas de bébés au parlement: les députés britanniques sont outrés

novembre 24, 2021

LONDRES — Plusieurs politiciens britanniques ont réclamé des modifications aux règles parlementaires mercredi, après qu’une députée eut été informée que son bébé de trois mois n’était pas le bienvenu à la Chambre des communes.

© Fournis par La Presse Canadienne

La parlementaire travailliste Stella Creasy a dit avoir reçu une lettre de la part des responsables de la Chambre des communes après avoir été accompagnée de son fils Pip lors d’un débat.

Elle a ajouté avoir précédemment emmené Pip et sa fille aînée au parlement sans problème, mais les règles auraient été modifiées en septembre. Les membres du Parlement sont maintenant informés qu’ils ne devraient pas «prendre votre siège dans la chambre lorsque vous êtes accompagné(e) par votre enfant».

Mme Creasy estime que ce règlement nuit à la conciliation entre la vie familiale et la carrière politique.

«Il y a des obstacles qui empêchent les mamans de s’impliquer en politique, et je pense que ça nuit à notre débat politique», a-t-elle dit à la BBC.

Le vice-premier ministre, le conservateur Dominic Raab, a déclaré avoir «beaucoup de sympathie» pour Mme Creasy, mais que la décision revient aux responsables de la Chambre des communes.

«Je pense que nous devons nous assurer que notre profession correspond au monde moderne, au 21e siècle, et qu’il est possible pour les parents de combiner leur travail avec le temps en famille dont ils ont besoin», a dit M. Raab.

La parlementaire Caroline Lucas, du Parti vert, a estimé que l’interdiction des bébés est «absurde». Elle a ajouté que les bébés sont «beaucoup moins dérangeants que les braiments de certains députés d’arrière-ban».

By The Associated Press

RDC : les « 500 Jeeps » de Tshisekedi aux députés ne passent pas

juin 28, 2021
Kash

La polémique autour des 500 véhicules offerts aux députés pour assurer leur fidélité à l’Union sacrée de Félix Tshisekedi continue de faire couler beaucoup d’encre à Kinshasa.

« L’affaire » a été révélée le 18 juin par Jeune Afrique. Pour apaiser les tensions naissantes au sein de l’Union sacrée et s’assurer de la fidélité des députés, Christophe Mboso N’kodia Pwanga, le président de l’Assemblée nationale, a réuni la majorité nouvellement constituée pour leur garantir que Félix Tshisekedi « va tenir ses promesses ».

Et parmi celles-ci, la remise prochaine de 500 véhicules : « 250 jeeps sont déjà là (…). Le 12 juillet, les 250 autres jeeps seront là. Fin juillet, elles seront remises à tous les députés, y compris à ceux de l’opposition », a assuré Christophe Mboso, dans un audio ayant par la suite fuité sur les réseaux sociaux.

Sans surprise, la polémique a été à la hauteur du – présumé – cadeau. Joseph Lembi Libula, le rapporteur de l’Assemblée nationale, a bien tenté d’éteindre le feu des commentaires, en parlant de « prêts » plutôt que de « cadeaux » et en insistant sur le fait que ce geste « participe à la prestation sociale des députés et procède de l’engagement pris par le bureau de l’Assemblée nationale de donner un sens élevé au mandat représentatif des parlementaires ». Mais son intervention n’a finalement fait que rajouter de l’huile sur le feu. Du côté de la société civile et de l’opposition, au sein desquelles les députés affichent leur refus d’accepter le supposé « cadeau » automobile, on ne manque évidemment pas de crier au scandale et de réclamer l’ouverture immédiate d’une enquête.

Par  Kash

Caricaturiste, bédéiste, peintre et designer publicitaire congolais installé à Kinshasa.

France: Quatre députés français interpellent Emmanuel Macron sur la mort suspecte, à l’aéroport du Bourget, d’un opposant, Guy-Brice Parfait Kolelas, candidat à l’élection présidentielle de la République du Congo

avril 4, 2021
Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.

Les Centrafricains votent pour leur président et leurs députés sous la menace rebelle

décembre 27, 2020
Une femme vote à l’occasion des élections présidentielle et législatives, au Lycée Boganda à Bangui, en Centrafrique, le 27 décembre 2020.

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche en Centrafrique pour des élections présidentielle et législatives sous extrême tension dans un pays sous la menace d’une nouvelle offensive rebelle contre le régime du sortant et favori, Faustin-Archange Touadéra.

Nombre de bureaux à Bangui ont ouvert avec 50 minutes de retard ce matin, le matériel de vote n’étant pas arrivé à temps. La capitale est calme mais de très nombreuses patrouilles de Casques bleus et de soldats centrafricains et rwandais patrouillent dans tous les quartiers et ont installé des blindés blancs de la force de maintien de la paix de l’ONU surmontés de mitrailleuses devant les lieux de vote.

Probablement, seule une faible partie des Centrafricains pourront voter librement dans un pays aux deux tiers sous la coupe de groupes armés depuis près de huit ans et dont les plus puissants sont entrés en rébellion il y a neuf jours, jurant de « marcher sur Bangui » pour empêcher les élections.

La légitimité en question

Ils sont cependant pour l’heure tenus à bonne distance de la capitale grâce au renfort de centaines de paramilitaires russes, soldats rwandais et Casques bleus de la force de maintien de la paix de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca).Les rebelles ont finalement reçu dimanche le soutien public de l’ex-président François Bozizé, dont la candidature avait été invalidée début décembre et qui, après avoir démenti mener un « coup d’État » à leur tête, a appelé à boycotter les scrutins.La tenue de ces élections présidentielle et législatives est un enjeu majeur pour le pays mais aussi pour la communauté internationale, qui tente de l’aider à se reconstruire et d’y maintenir une sécurité toute relative depuis 2014.

La question de la légitimité des futurs élus – le président et 140 députés – est déjà posée quand une partie importante de la population ne pourra pas voter, ou le faire librement et sereinement, en dehors de Bangui, selon les experts et l’opposition.

Des responsables de l’organe supervisant les scrutins ont indiqué que les opérations de vote seraient prolongées de 50 minutes dans les bureaux ayant ouvert en retard. Comme au lycée Boganda, dans l’est de Bangui. Une trentaine d’électeurs patientaient devant l’établissement à l’ouverture.

JE VEUX D’ABORD LA PAIX ET CELA PASSE PAR LE VOTE

« C’est très important pour moi d’être là en tant que citoyenne. Je pense que ce vote va changer notre pays, quel que soit le président », s’enthousiasme Hortense Reine, une enseignante. « Je veux d’abord la paix et cela passe par le vote », renchérit Roméo Elvin, un étudiant de 24 ans.

Bureaux restés fermés

Mais loin de Bangui, des combats sporadiques ont lieu depuis neuf jours.

Des incidents épars étaient rapportés dimanche en milieu de matinée et des milliers de personnes étaient encore privées de leurs cartes d’électeurs jamais arrivées en raison de l’insécurité, selon des responsables locaux et de l’ONU qui ont tous requis l’anonymat.

Le président sortant Faustin-Archange Touadéra vote au Lycée Boganda à Bangui, le 27 décembre 2020.

Ainsi, dans le nord-ouest, à plus de 500 km de Bangui, des rebelles ont saisi du matériel électoral à Koui et des agents électoraux ont été menacés de mort à Ngaoundaye, selon un haut responsable de l’ONU.

À Bokaranga, les rebelles menacent quiconque ira voter. À Bambari, la quatrième ville du pays, à 380 km au nord-est de Bangui, les bureaux de vote sont demeurés fermés le matin en raison de tirs des groupes armés, selon Jeannot Nguernendji, président du comité de paix local.

NOUS ATTENDONS ENCORE LE MATÉRIEL DE VOTE

Plus près, à Bossembélé, une ville de 50 000 habitants à 150 km de Bangui, « nous n’avons pas reçu les cartes d’électeurs, cela concerne environ 11 000 personnes », se désole une haute responsable de la sous-préfecture. « Nous attendons encore le matériel de vote », déplore aussi en milieu de matinée un agent électoral à Batangafo, à 380km au nord de Bangui.

Opposition dispersée

La Russie, soutenant ouvertement depuis 2018 le gouvernement Touadéra, a envoyé 300 « instructeurs militaires » – en fait des paramilitaires de société privées russes de sécurité – en renfort de centaines de leurs pairs déployés depuis plus de deux ans. Et le Rwanda a dépêché des soldats d’élite hors Minusca, « des centaines », selon Bangui.

L’opposition s’avance en ordre dispersé, avec pas moins de 15 candidats, face à un Touadéra qui a toutes les chances d’obtenir un second mandat. Mais elle accuse le camp du chef de l’État de préparer des fraudes massives pour l’emporter dès le premier tour.

Des milliers de personnes ont été tuées et plus d’un quart des 4,9 millions de Centrafricains ont fui leur domicile depuis le début de la guerre civile, en 2013, quand une coalition à dominante musulmane, la Séléka, a renversé François Bozizé.

Depuis 2018, la guerre a considérablement baissé d’intensité, les groupes armés se disputant le contrôle des ressources tout en perpétrant sporadiquement attaques et exactions contre les civils.

 Par Jeune Afrique avec AFP

RDC-Assemblée nationale : examen ce jeudi des pétitions initiées contre l’équipe Mabunda

décembre 9, 2020

Le président du bureau provisoire Mboso Nkodia a reconnu aux membres du bureau Mabunda le droit de préparer leur défense et a appelé les députés à faire preuve de respect, d’amour, de dignité et de décence dans leurs interventions.  

Le doyen Mboso Nkodia entouré de ses deux jeunes assistants

Après des échauffourées ayant émaillé la séance plénière du mardi 8 décembre qui a vu les pétitionnaires et les non- pétitionnaires contre l’équipe Jeanine Mabunda en découdre a point de mettre sens dessus dessous l’hémicycle du Palais du peuple, il s’est observé une accalmie relative en fin de journée. Si la présidente de la chambre basse n’a pu tenir sa plénière au cours de laquelle elle entendait faire part d’une communication importante aux élus du peuple, celle convoquée par le secrétaire général de l’institution a eu lieu. En l’absence de Jeanine Mabunda et son équipe, obligés à vider les lieux face à la pression exercée sur eux par des députés en furie, deux cent soixante-dix-neuf élus du peuple ont pu siéger dans la salle des spectacles, celle des congrès étant restée fermée.

Ces députés, pour la plupart anti Mabunda, ont siégé, le quorum étant valablement atteint. Ils ont, conformément au règlement régissant le fonctionnement de leur institution, mis en place un nouveau bureau constitué du doyen d’âge et de ses deux benjamins.

C’est le doyen Mboso Nkodia qui a été porté au perchoir de la chambre basse. Il est assisté de Gael Bussa et Aminata Namasiya. La nouvelle équipe qui n‘est que provisoire va travailler avec cinq experts (venus du groupe des pétitionnaires) et cinq autres (du camp des non-pétitionnaires) pour déterminer la procédure à suivre. La principale mission assignée à ce bureau d’âge est d’examiner les différentes pétitions initiées individuellement à chaque membre du bureau Mabunda. Sauf changement, c’est ce jeudi 10 décembre que Jeanine Mabunda et son équipe, accusés de mauvaise gestion, d’incompétence et de nonchalance dans la conduite de l’appareil parlementaire, vont se présenter à l’hémicycle pour y être entendus sur les faits mis à leur charge.     

Le président du bureau provisoire Mboso Nkodia a reconnu aux membres du bureau Mabunda le droit de préparer leur défense et a appelé les députés à faire preuve de respect, d’amour, de dignité et de décence. « Quand les collègues viendront se défendre devant la plénière, nous devons être disponibles à les écouter pour qu’ils assurent en toute quiétude, en toute sérénité et avec tout le respect leur défense (…). C’est de leur droit constitutionnel, nous devons leur garantir leur droit de défense, pour que nous prenions à notre tour, en toute responsabilité, la décision qui interviendra après le débat autour de ces différentes pétitions », a-t-il déclaré à l’intention de ses pairs.                          

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC: Bagarre entre députés de l’UDPS et FCC, à l’Assemblée nationale, après la destitution de Jean-Marc Kabund

mai 25, 2020

 

 

Avec Vitrine RDC