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Canada: Seulement cinq députés noirs élus à la Chambre des communes

novembre 1, 2019
© Sean Kilpatrick
 

Moins de 11 % des candidats noirs ont remporté leurs élections. Le nombre de députés noirs a diminué à Ottawa.

Les Noirs représentent 3,5 % de la population canadienne. Il faudrait donc que 12 députés soient élus pour atteindre la représentativité à Ottawa.

Le nombre de candidats noirs au sein des cinq principaux partis était tout de même passé de 31 à 44 cette année, mais seuls 11 % ont été élus.

Nous sommes extrêmement déçus. Sans la représentation, nos voix ne peuvent être entendues.

Velma Morgan, présidente de Operation Black Vote Canada

La raison? Les deux grands partis n’ont pas consacré assez d’efforts pour présenter plus de candidats noirs dans des circonscriptions gagnables, estime Operation Black Vote Canada, un organisme non partisan qui encourage les Noirs à s’engager politiquement.

Quatre des cinq députés noirs sont en effet des libéraux réélus, incluant la doyenne Hedy Fry de Vancouver-Centre. Le néo-démocrate Matthew Green de Hamilton-Centre est le seul nouveau venu à la Chambre des communes.

Le libéral Ahmed Hussen a été réélu dans sa circonscription de York-Sud–Weston, à Toronto.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Le libéral Ahmed Hussen a été réélu dans sa circonscription de York-Sud–Weston, à Toronto.
Les conservateurs n’ont présenté que deux candidats noirs et les libéraux n’en avaient que sept, déplore Velma Morgan. Les deux candidates noires du Bloc Québécois se présentaient dans des châteaux forts libéraux et n’ont pas été élues.

En contrepartie, le NPD a présenté 22 candidats dans des circonscriptions où ils avaient au moins des chances de gagner, estime Velma Morgan.

La militante exhorte Justin Trudeau d’augmenter la représentation noire au sein de son conseil des ministres. À la dissolution de la Chambre, Ahmed Hussen était le seul ministre noir.

Mea culpa

Le député libéral sortant de Hull–Aylmer et président du caucus des parlementaires noirs, Greg Fergus, concédait lors de la campagne que son parti aurait pu recruter plus de candidats noirs.

C’est regrettable, a réagi Greg Fergus lorsque joint à nouveau par Radio-Canada après les élections. Mais ça n’empêche pas le fait que le gouvernement libéral a pris des engagements qui s’additionnent à presque 291 millions de dollars pour faire avancer l’agenda des Noirs et lutter contre l’intolérance.

Le chef libéral Justin Trudeau et le député Emmanuel Dubourg lors de la victoire de ce dernier dans Bourassa lors de l'élection partielle de 2013.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Le chef libéral Justin Trudeau et le député Emmanuel Dubourg lors de la victoire de ce dernier dans Bourassa lors de l’élection partielle de 2013.
Son collègue Emmanuel Dubourg, qui a été réélu pour un troisième mandat dans Bourassa, dit avoir tenté personnellement de convaincre plusieurs Noirs de se présenter sous la bannière libérale.

Pour les Noirs, je trouve cela bien dommage.

Emmanuel Dubourg, député libéral de Bourassa

La communauté haïtienne s’intéresse beaucoup à la politique, observe le député d’origine haïtienne, mais quand on rentre dans le processus même, il peut y avoir une certaine réticence.

L’aspect économique est une grande barrière selon lui, mais la forte capacité de mobilisation de la communauté est sa principale force.

Réussir à faire des collectes de fonds est un obstacle extrêmement important, mais une fois que ces gens-là se présentent, on fait aller les téléphones et on trouve beaucoup de bénévoles. Les chauffeurs de taxi de la communauté sont très généreux et donnent leurs journées de travail pour amener les gens voter.

Recruter plus tôt

S’ils espèrent faire élire plus de Noirs, les partis devront à l’avenir prioriser le recrutement de candidats beaucoup plus tôt, selon Verma Morgan.

Il ne faut pas attendre à trois ou quatre mois avant les élections pour nommer des candidats noirs. Ça ne leur donne pas assez de temps pour s’organiser et se faire connaître dans leur circonscription.

Greg Fergus, député libéral sortant de Hull–Aylmer

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Greg Fergus, député libéral sortant de Hull–Aylmer
Greg Fergus compte sillonner le pays pour encourager les Canadiens noirs à commencer leur réflexion dès maintenant. Ça prend deux ans pour faire le travail sur le terrain, pour faire rayonner son nom et s’assurer qu’on a de bonnes chances de gagner.

Tous les partis doivent mettre la main à la pâte, souligne-t-il, et promouvoir la représentativité sans tomber dans la partisanerie.

Réaction des conservateurs

L’attachée de presse du Parti conservateur, Josée Morissette, n’a pas expliqué pourquoi le parti n’avait aucun député noir, mais a indiqué par courriel que le processus de nomination dans les 338 circonscriptions était ouvert pour tous.

Nous travaillons sans relâche pour encourager le plus grand nombre possible de personnes à envisager de se présenter comme candidat pour le Parti conservateur du Canada.

Radio-Canada.ca par Natasha MacDonald-Dupuis

Brexit : les députés britanniques compromettent une sortie de l’UE le 31 octobre

octobre 22, 2019

 

Réagissant à ce revers, le premier ministre Boris Johnson a annoncé la suspension du projet de loi.

BRITAIN-EU-POLITICS-BREXIT

Boris Johnson s’adressant aux députés, mardi au Parlement britannique, avant les votes décisifs pour le Brexit. Jessica Taylor / AFP

C’est une première étape capitale que vient de franchir Boris Johnson. Après des semaines d’embuscades parlementaires, les députés ont voté positivement sur le texte qui traduit dans la loi britannique son accord de retrait de l’UE, le WAB (Withdrawal Agreement Bill). Ils l’ont soutenu par 329 voix contre 299, soit une confortable majorité. Le Parlement ayant refusé de se prononcer sur l’accord de Brexit arraché à Bruxelles dans son ensemble, Boris Johnson avait choisi de contourner l’obstacle en leur soumettant la législation technique nécessaire à sa mise en œuvre.

En revanche, après ce soutien initial, Boris Johnson a perdu un deuxième vote tout aussi important. Les députés ont rejeté par 322 voix contre 308 son calendrier d’examen du WAB. Or, de ce «programme» dépendait la possibilité ou non pour Boris Johnson de tenir sa promesse de sortie de l’UE au 31 octobre, alors que l’on est à huit jours de l’échéance.

Suspension du projet de loi

Forcé samedi par ses opposants de demander un report du Brexit à Bruxelles, le premier ministre est d’autant plus désireux d’accélérer les choses. Se félicitant du premier vote mais déplorant le revers sur le calendrier, Boris Johnson a annoncé la suspension du projet de loi tout en se disant toujours déterminé à sortir de l’UE le 31 octobre «avec cet accord», une échéance qui paraît pourtant compromise. Il attend désormais la réaction des Européens avec qui il va se consulter.

Boris Johnson voulait un travail législatif au pas de charge, en trois jours, demandant aux élus de siéger « jour et nuit » s’il le fallait. Mais cet examen express d’un texte aussi important a fait grincer les dents de nombreux députés. Le document qui leur a été remis lundi soir fait 110 pages, auxquelles il faut ajouter des notes explicatives qui épaississent sérieusement le dossier.

L’ancien chef de cabinet de Theresa May, Gavion Barwell, admettait qu’il s’agissait d’un texte législatif « long et complexe ». Un think-tank faisait remarquer que les Communes disposeront de moins de temps pour débattre de ce texte majeur qu’ils n’en ont eu pour discuter d’une loi interdisant le recours à des animaux sauvages dans les cirques…

Dans la journée, après avoir redit que le pays était fatigué de ces interminables joutes parlementaires et qu’il était temps de « tourner la page », Boris Johnson avait fait monter la pression. Il avait menacé de retirer son projet de loi et de demander des élections anticipées si les parlementaires refusaient la feuille de route qu’il proposait.

En fait, des sources de Downing Street laissaient entendre qu’il serait disposé à une courte extension, le temps que son texte soit examiné, mais pas à un report de trois mois. « Si le Parlement refuse de laisser le Brexit se faire et décide de tout repousser à janvier ou même plus tard, le texte devra être retiré et nous devrons aller vers des élections anticipées » avait déclaré Boris Johnson devant la Chambre des communes. De son côté, le Labour s’est dit disposé à discuter d’un nouveau calendrier pour trouver un compromis.

Vers une batterie d’amendements

Le parcours du combattant n’est pas terminé pour Boris Johnson. L’opposition entend bien mettre sur sa route toute une batterie d’amendements. L’un proposerait le maintien dans une union douanière avec l’UE. Il pourrait rassembler assez de voix, même si une telle proposition avait déjà été rejetée par le Parlement il y a quelques mois. Pour les Brexiters, elle est inacceptable car un tel maintien empêcherait Londres de négocier librement de nouveaux accords commerciaux.

Un autre amendement possible concerne la tenue d’un référendum « de confirmation » de l’accord de sortie, ce qui revient de facto, à la possibilité d’annuler purement et simplement la procédure de divorce avec les Européens. D’ex-députés conservateurs mettraient aussi comme condition à leur soutien l’adoption d’un amendement empêchant toute sortie sans accord à la fin de la période de transition en décembre 2020.

Des amendements inacceptables, « sabotant » son « deal », seraient un autre motif pour Boris Johnson de retirer son texte d’accord. Si la sortie de l’UE était reportée et que le combat se portait sur le terrain électoral, le premier ministre a averti qu’il ferait campagne sous le slogan « Let’s get Brexit done ».

Il est à peu près impossible à un citoyen lambda qui a un travail de suivre les derniers développements du Brexit

Tony Blair

Pour l’heure, le Parti travailliste continue à dire qu’il ne soutiendra la tenue d’un scrutin anticipé que si un délai pour le Brexit est définitivement acquis, afin de s’assurer qu’une sortie sans accord ne soit pas possible. Mais si ce report est acté, il lui sera difficile de refuser plus longtemps une élection qu’il redoute, car les sondages ne lui sont pour l’heure guère favorables.

Tony Blair a décrit assez bien la confusion qui règne dans le pays pendant que l’on ferraille à Westminster. « Il est à peu près impossible à un citoyen lambda qui a un travail de suivre les derniers développements du Brexit. » Ajoutant : «C’est devenu aussi complexe que la science balistique… »

Le Figaro.fr par Arnaud de La Grange Correspondant à Londres

Espèces menacées: des députés européens demandent l’interdiction de la chasse aux trophées

août 18, 2019

 

Plus de 50 députés européens et une cinquantaine d’organisations de défense de la nature ont appelé dimanche les parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) à interdire la chasse aux trophées ciblant des animaux en danger comme les rhinocéros et les éléphants.

La CITES interdit tout commerce de plus de 1000 espèces végétales et animales considérées comme en danger d’extinction, qui sont recensées dans son annexe 1.

Dans une lettre adressée à la secrétaire générale de la CITES Ivonne Higuero, les signataires déplorent que la chasse aux trophées, ayant un caractère récréatif et considérée comme «non commerciale», ait échappé à cette interdiction.

La lettre a été rendue publique au moment où sont réunis à Genève des milliers de délégués venus de plus de 180 pays, défenseurs de l’environnement et responsables politiques, qui doivent discuter de 56 propositions visant à modifier le degré de protection accordé aux animaux et aux plantes sauvages par la Convention. La question des trophées de chasse ne figure toutefois pas à l’ordre du jour de la conférence.

«Un nombre considérable de trophées d’espèces (relevant) de l’annexe 1 (du traité) sont commercialisés chaque année, dont les trophées d’espèces figurant sur la liste rouge de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) en tant qu’espèces ne subsistant plus à l’état sauvage, gravement menacées (ou) en danger d’extinction, vulnérables ou proches des seuils de menace», souligne la lettre.

Les signataires appellent les parties à la Convention à «traiter les trophées de chasse de la même manière que les autres formes de commerce de la vie sauvage», et à «appliquer un moratoire immédiat sur les importations de toutes les espèces (recensées) dans l’annexe 1»

Un grand nombre d’espèces sont convoitées par les chasseurs, dont les éléphants, les rhinocéros noirs et blancs, les girafes, les crocodiles, les perroquets gris, les guépards mais aussi les primates comme les chimpanzés. Les Etats-Unis sont les plus gros importateurs de trophées de chasse, suivis par la Chine.

La chasse aux trophées est légale dans de nombreuses régions d’Afrique. Les touristes payent pour tirer sur un petit nombre d’animaux sélectionnées.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC: l’invalidation de l’élection de députés de l’opposition annulée

juillet 5, 2019

Une audience de la Cour constitutionnelle de la RDC, le 27 juillet 2015 à Kinshasa (archives). © Ph. John Bompengo/Monusco

 

La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo est partiellement revenue mercredi et jeudi sur sa décision d’invalider l’élection de plusieurs députés d’opposition, une mesure qui avait ravivé les tensions politiques à Kinshasa.

La Cour a réhabilité dix-neuf des 23 députés de la coalition d’opposition Lamuka invalidés, après examen d’ « erreurs matérielles » par une chambre spéciale de cette instance judiciaire, selon un décompte de l’AFP auprès des formations politiques. Parmi les députés de l’opposition dont la victoire a finalement été confirmée par la Cour : Raphael Kibuka, Daniel Mbayo du MLC, Chérubin Okende, Daniel Safu et Mutombo Kasongo Germain  de l’AMK, Jean Claude Kibala (MS) ou encore Amato Bayubasire (UNC).

Au total les juges se sont prononcés sur 178 dossiers de contestation des résultats des législatives nationales du 30 décembre rendus par la Commission électorale et leur validation par la Cour constitutionnelle. La liste définitive des députés nationaux devait être connue jeudi, selon le greffe de cette instance judiciaire congolaise.

Parmi les parlementaires de Lamuka, au moins quatre députés proches de l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, ont été réhabilités par ces arrêts. Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba a reconnu que trois de ses élus invalidés avaient été réhabilités, dans un communiqué.

« J’ai un sentiment de satisfaction, teinté de regret étant données les péripéties qu’a connue ma validation définitive, alors que j’ai obtenu plus de 26 000 voix. L’invalidation de mes camarades de l’opposition pour des raisons inavouées me laissent aussi un goût amer » a réagit Raphael Kibuka, contacté par Jeune Afrique. « Les autorités politiques et judiciaires doivent désormais tout mettre en œuvre pour que nous ayons une justice véritable, gage de tout développement. L’appareil judiciaire devra écarter les brebis galeuses », a-t-il ajouté.

Au moins deux députés du parti de l’ancien président Joseph Kabila, le parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) précédemment validés, ont été écartés par ces décisions définitives de la Cour constitutionnelle.

Le FCC toujours majoritaire

La Cour constitutionnelle avait invalidé le 11 juin l’élection de 23 députés d’opposition, dans la plupart des cas au bénéfice de la majorité parlementaire de l’ancien président Joseph Kabila. Plusieurs ministres et gouverneurs de provinces ont vu leurs mandats validés, alors que la Commission électorale ne les avait pas proclamés élus. Le président Félix Tshisekedi avait lui-même estimé que certains arrêt de la Cour étaient « scandaleux ». L’ex-candidat Martin Fayulu avait participé dimanche à une manifestation interdite, en partie contre ces décisions.

Les décisions de la Cour constitutionnelle en RDC ne donnent normalement pas lieu à des recours. En dépit de ces annulations d’invalidations, le Front commun pour le Congo (FCC), coalition des partisans de l’ex-président Kabila, dispose de la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Les députés français suppriment le mot « race » dans la Constitution

juin 27, 2018

Paris – Les députés français ont supprimé mercredi à l’unanimité, en commission, le mot « race » de l’article 1er de la Constitution et y ont introduit l’interdiction de « distinction de sexe ».

Si ces amendements sont revotés lors de l’examen en séance du projet de révision constitutionnelle, à partir du 10 juillet, l’alinéa modifié s’écrira: la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion » au lieu de « sans distinction d’origine, de race ou de religion »

Sur la suppression du mot « race », tous les groupes avaient déposé des amendements pour considérer que la persistance de ce terme, introduit dans la Constitution en 1946 pour rejeter les théories racistes après le nazisme, était aujourd’hui « mal comprise » et « infondée », alors qu’il est démontré qu’il n’existe pas de races au sein de l’espèce humaine.

La co-rapporteure du texte, Yaël Braun-Pivet, a assuré que la suppression « n’affaiblirait pas l’arsenal juridique » dans la lutte contre le racisme en réponse aux craintes de certains.

Cette suppression est une revendication ancienne des Français d’outremer, qui se sont félicités de ce vote.

Pour l’ancien ministre des Outre-mer et sénateur socialiste de Guadeloupe, Victorin Lurel, « on peut légitimement crier victoire après un long combat des humanistes ». Maina Sage, députée de centre-droit de Polynésie, a salué « une avancée considérable quand on connaît l’histoire de la France ».

Les députés communistes se sont également félicités de cette « grande avancée », rappelant qu’ils avaient porté une proposition de loi dans ce sens dès 2013.

Même consensus sur l’interdiction « de distinction de sexe ».

« Pour parvenir à une société égalitaire, ce principe d’égalité des femmes et des hommes devant la loi doit irriguer l’ensemble de notre droit. Il semble aujourd’hui impératif d’en faire un principe fondamental en l’inscrivant plus clairement dans notre Constitution », avait plaidé la Délégation aux droits des femmes dans son amendement adopté.

Les députés ont en revanche rejeté un amendement proposant de féminiser les titres de fonctions (président ou présidente, Premier ministre ou Première ministre, ambassadeur ou ambassadrice, etc.) dans la loi fondamentale.

Une position jugée « un peu conservatrice », par le député communiste Sébastien Jumel.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juin 2018 15h51)                                                        

Canada: les députés votent la légalisation du cannabis

juin 18, 2018

Rassemblement à l’occasion de la Journée internationale du cannabis devant le Parlement canadien à Ottawa, le 20 avril 2016 / © AFP/Archives / Chris Roussakis

Les députés canadiens ont adopté lundi le projet de loi pour légaliser le cannabis, ce qui ferait du Canada le premier pays du G7 à autoriser la consommation libre de cette drogue douce.

Le texte législatif a été adopté à 205 voix contre 82 et a été renvoyé au Sénat, qui l’avait amendé. En vertu de la constitution, le Sénat peut retarder l’adoption d’un projet de loi mais pas la bloquer.

Une fois cette réforme adoptée par la chambre haute, elle devra recevoir la sanction royale (signature du décret d’application). Une légalisation effective est attendue début septembre.

Le gouvernement libéral avait rejeté la semaine dernière 13 des 46 amendements proposés par le Sénat qui avait approuvé le projet de loi la semaine précédente au terme de sept mois d’étude.

L’un de ces amendements aurait laissé le choix aux provinces d’interdire la culture du cannabis à domicile, comme souhaitent le faire le Manitoba et le Québec. Mais le gouvernement s’y est fermement opposé.

« On reconnaît qu’il y a diverses perspectives à travers le pays mais nous avons fait les études et les consultations par rapport à la culture à domicile », avait déclaré le Premier ministre Justin Trudeau en justifiant la décision du gouvernement d’autoriser la culture de quatre plants de cannabis au maximum par personne.

« Dans trois ans, on pourra réviser ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas » dans la loi, avait-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juin 2018 22h52)

Canada: les députés dissidents du Bloc démissionnent en bloc

février 28, 2018

 

© Radio-Canada Martine Ouellet
 

Les sept députés dissidents du Bloc québécois viennent d’annoncer en conférence de presse qu’ils quittent le caucus du parti, en raison de leur conflit avec la chef Martine Ouellet. Il ne reste donc plus que trois députés au sein du caucus qu’elle dirige.

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, aura donc tenté en vain de rétablir la confiance avec ces dissidents lors d’une rencontre avec son caucus ce matin.

« Je tends la main aux députés », avait-elle déclaré peu avant la rencontre. Martine Ouellet et sa garde rapprochée ont travaillé jusque tard en soirée mardi pour préparer la proposition que les députés ont finalement rejeté.

En point de presse mercredi matin, la chef s’est dite prête à travailler sur sa personnalité, objet de critiques de la part des dissidents.

L’aile parlementaire était divisée en deux factions : sept députés qui remettaient en question le leadership de leur chef et trois qui la soutiennent. C’est la démission, dimanche, du leader parlementaire du parti, Gabriel Ste-Marie, qui a provoqué cette crise. Ce dernier avait évoqué son incapacité à communiquer avec sa chef.

Un discours de la chef bloquiste avait mis le feu aux poudres lors du conseil général du parti, une semaine plus tôt. Elle avait alors tenté de se distancier des « mêmes recettes qui sont là depuis 25 ans », ce qui avait choqué les dissidents.

Invité à commenter la crise mercredi, l’ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a souligné que ces « vieilles recettes » ont mené le parti à plusieurs victoires à partir de 1993, de même qu’à la tenue du référendum de 1995.

Pour lui, défendre les intérêts du Québec va de pair avec l’indépendance du Québec. « Il faut que cet objectif-là passe avant les intérêts personnels de chacun. »

L’aile jeunesse du parti s’est rangée derrière Mme Ouellet. Dans une lettre envoyée à Radio-Canada mercredi, l’exécutif du Forum jeunesse du Bloc québécois défend son leadership. « Nous n’avons jamais vu une chef qui collabore autant avec son aile jeunesse », peut-on y lire.

La lettre dénonce également la sortie des députés dissidents, critiquant leur « entêtement à ne pas vouloir bouger des positions qu’ils ont depuis des années ».

C’est que cette crise n’est pas la première. En juin 2017, sept députés du parti avaient affirmé que leur lien de confiance avec Martine Ouellet était rompu. Mme Ouellet avait alors dû congédier son chef de cabinet, Louis-Philippe Dubois qui, selon le Huffington Post, avait voulu ouvertement nuire à un député du parti, Rhéal Fortin, pour rétablir la situation.

Radio-canada.ca

Pays-Bas: les députés font un pas vers la reconnaissance du génocide arménien

février 22, 2018

Photo publiée par l’Historial de Péronne d’un camp de réfugié arménien à Port Saïd, en Egypte, en 1915 / © Historial de Péronne/AFP/Archives / Str

Les députés néerlandais ont fait un pas jeudi vers la reconnaissance du génocide arménien il y a un siècle, s’attirant les foudres de la Turquie dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux pays.

La chambre basse du Parlement néerlandais a massivement approuvé par 142 voix contre trois une motion proposant « que le Parlement parle en termes clairs du génocide arménien ». Elle a également approuvé l’envoi d’un représentant du gouvernement à Erevan le 24 avril pour la commémoration des massacres perpétrés entre 1915 et 1917 sous l’Empire ottoman.

Sans surprise, la réplique d’Ankara ne s’est pas faite attendre: « Nous condamnons fermement la décision prise aujourd’hui par la chambre des représentants des Pays-Bas de reconnaître comme génocide les événements de 1915 », déclare le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Turquie refuse catégoriquement l’utilisation du terme de « génocide », évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.

L’exécutif néerlandais a de son côté pris ses distances avec la motion parlementaire. « Nous partageons toujours le désir de voir les parties impliquées se réconcilier, mais le gouvernement voit la manière d’y parvenir différemment que la motion proposée », a déclaré Sigrid Kaag, qui fait fonction de ministre des Affaires étrangères.

« Nous rendrons hommage aux victimes et aux proches de tous les massacres de minorités », a-t-elle dit, soulignant que le gouvernement ne jugera pas s’il s’agit ou non d’un génocide.

Après avoir reconnu en 2004 le caractère génocidaire des massacres et déportations survenus entre 1915 et 1917, l’exécutif néerlandais a toujours évoqué la « question du génocide arménien », ce qui restera le cas, a répété jeudi Mme Kaag.

– ‘Aucune place dans l’Histoire’ –

Les députés sont restés prudents en rejetant jeudi une motion du Parti pour la Liberté (PVV) du député d’extrême droite Geert Wilders proposant que le gouvernement reconnaisse le massacre comme étant un « génocide ».

Les Arméniens estiment qu’un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique à la fin de l’Empire ottoman entre 1915 et 1917. Nombre d’historiens et plus de vingt pays, dont la France, l’Italie et la Russie, ont reconnu qu’il y avait eu un génocide.

Signe de l’irritation provoquée par le vote des députés néerlandais, Ankara a renvoyé les Pays-Bas au massacre de plus de 8.000 garçons et hommes musulmans à Srebrenica (Bosnie) en 1995, reconnu comme « génocide » par plusieurs décisions de la justice internationale. L’enclave de Srebrenica était sous protection de Casques bleux néerlandais et La Haye a été reconnu partiellement coupable du décès de 350 musulmans.

« Les décisions infondées prises par le Parlement d’un pays qui a fermé les yeux sur le génocide de Srebrenica (…) n’ont aucune place dans l’Histoire », a ainsi grincé le ministère turc des Affaires étrangères.

Le ministère turc indique également avoir « pris note » de l’attitude du gouvernement néerlandais qui s’est distancié de la motion votée par les députés.

Le vote des députés néerlandais jeudi survient alors que les relations bilatérales sont au plus bas depuis que les Pays-Bas ont annoncé début février le retrait de leur ambassadeur à Ankara, qui n’avait « plus accès à la Turquie depuis mars 2017 », selon La Haye.

Le gouvernement néerlandais avait empêché en mars 2017 deux ministres turcs de s’exprimer lors d’un meeting organisé pour la communauté turque à Rotterdam (sud) à l’occasion de la campagne du référendum sur le renforcement des pouvoirs présidentiels.

Plus d’un siècle après les faits, la question du génocide des Arméniens est une source de tensions régulières entre la Turquie et les pays européens.

Romandie.com avec(©AFP / 22 février 2018 22h56)

Royaume-Uni: les députés adoptent la loi de retrait de l’UE

janvier 17, 2018

Le drapeau européen flotte devant le Parlement à Londres, le 18 décembre 2017 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Les députés britanniques ont adopté mercredi soir un projet de loi gouvernemental crucial dans la mise en œuvre du Brexit, au terme d’un parcours turbulent ayant plusieurs fois mis à mal l’exécutif et avant une nouvelle bataille devant l’europhile chambre des Lords.

Le projet de loi sur le retrait de l’Union européenne a été voté par 324 voix contre 295.

Il doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement lorsqu’il aura coupé le cordon avec le bloc européen le 29 mars 2019. Concrètement, il doit mettre fin à la suprématie du droit européen sur le droit national britannique et intégrer dans le droit britannique les lois communautaires.

« Cette loi est essentielle pour préparer le pays à l’étape historique du retrait de l’Union européenne », a déclaré peu avant le vote le ministre chargé du Brexit, David Davis.

« Elle garantit qu’au première jour (après le Brexit), nous aurons une législation qui fonctionne, permettant le retrait en douceur et ordonné voulu par le peuple et les entreprises au Royaume-Uni », a-t-il ajouté.

L’adoption du projet de loi marque certes une victoire pour le gouvernement, souvent chahuté durant les débats. Mais son examen se poursuivra à partir du 30 janvier devant la chambre des Lords, majoritairement pro-UE, où il pourrait connaître un nouveau lot d’obstacles et de surprises.

A l’image des âpres débats qui ont animé depuis septembre la chambre des Communes, illustrant les divisions persistantes, y compris au sein de la majorité conservatrice, sur les orientations à donner au Brexit.

Il y aura « de grandes batailles » dans les prochains mois sur des questions constitutionnelles, a prévenu une source travailliste à la chambre des Lords interrogée par l’AFP.

– Version ‘améliorée’ –

En décembre, la Première ministre conservatrice Theresa May avait subi une défaite cuisante lorsque onze de ses députés, emmenés par Dominic Grieve, avaient voté avec l’opposition travailliste pour que le Parlement obtienne un vote final sur les termes du divorce d’avec l’UE.

Afin d’éviter un nouvel affront, la dirigeante avait dû ensuite accepter un amendement de trois députés tories autorisant un éventuel report de la date du Brexit, au cas où les discussions avec les 27 membres de l’UE devaient se poursuivre au-delà de mars 2019.

Soulignant que le texte avait été débattu pendant plus de 80 heures et fait l’objet de plus de 500 amendements, David Davis s’est réjoui de pouvoir soumettre à la chambre des Lords une version « améliorée » qui, a-t-il espéré, serait examinée « de manière aussi constructive ».

Mais dans l’opposition, Keir Starmer, le référent du Labour pour le Brexit, a répondu que le texte ne répondait « toujours pas à l’objectif poursuivi ».

L’exécutif n’a pas échappé non plus à de nouvelles critiques venues de son propres camp mercredi.

Justine Greening, qui a renoncé début janvier à son portefeuille de ministre de l’Education, a prévenu que si le Brexit n’était pas favorables aux jeunes, ils pourraient chercher à « améliorer ou défaire ce que nous avons fait ».

Le Tory Kenneth Clarke, passionnément europhile, a dit espérer que les Lords apporteraient au texte « un très grand nombre de changements ».

La veille, c’est une nouvelle fois Dominic Grieve, l’ancien plus haut magistrat du pays sous le gouvernement conservateur de David Cameron, qui avait ouvert les hostilités.

Il a qualifié d' »incohérent » le choix de l’exécutif de ne pas incorporer la Charte européenne des droits fondamentaux dans la loi, une position contradictoire selon lui avec le souhait de Theresa May de « moderniser le Parti conservateur ».

Il a estimé aussi que le projet de loi ne serait pas adopté à la chambre des Lords « sans que cette question soit examinée ».

En plus des discussions à la chambre des Lords, Theresa May devra mener de front les négociations avec Bruxelles sur la période de transition avant d’aborder la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE à compter d’avril.

La tâche s’annonce ardue pour la Première ministre, qui devra concilier des vues discordantes au sein de son cabinet entre les tenants d’une relation commerciale privilégiée et les partisans d’une franche rupture.

Les dirigeants européens ont assuré mardi que la porte restait « ouverte » pour une éventuelle volte-face des Britanniques même si l’option d’un nouveau référendum a été écartée par Theresa May.

Romandie.com avec(©AFP / 17 janvier 2018 21h16)                

En Ouganda, des députés rendent l’argent de la corruption

octobre 26, 2017

 

Des étudiants ougandais protestent contre le projet de réforme de la Constitution visant à supprimer l’âge limite pour les candidats à l’élection présidentielle, le 26 septembre 2017, à Kampala. Crédits : ISAAC KASAMANI/AFP

En Ouganda, le débat sur la réforme de la Constitution destinée à supprimer l’âge limite (75 ans) des candidats à la présidentielle bat son plein. Et le dernier coup d’éclat des opposants au projet de révision a eu lieu au Parlement, à Kampala, mercredi 25 octobre. Six députés de l’opposition se sont présentés avec des sacs pleins de billets pour critiquer l’octroi à chaque parlementaire d’une somme importante destinée officiellement à mener des « consultations » dans leurs circonscriptions… mais considérée par certains comme une forme de corruption.

Assis devant d’impressionnantes liasses de billets, tout de rouge vêtu et portant une toque de même couleur – devenue le symbole de l’opposition au projet de réforme –, Ibrahim Ssemuju, le meneur des députés hostiles au projet, a dénoncé lors d’une conférence de presse le fait que chaque député ait reçu quelque 7 000 euros pour « frais de fonctionnement ». « Il n’y a absolument aucun doute que cet argent a été envoyé par [le président] Museveni pour influencer notre position sur l’abrogation [de l’âge limite] dans la Constitution », a-t-il indiqué.

Sur mesure

Cette réforme, taillée sur mesure pour Yoweri Museveni – officiellement âgé de 73 ans, il serait disqualifié pour l’élection de 2021 si la Constitution restait en l’état –, pourrait ne pas être simple à faire passer. Car les députés du Mouvement national de résistance (NRM, au pouvoir) ne se bousculent pas pour la défendre, et certains d’entre eux ont même clairement pris position contre et ont rejoint les rangs de l’opposition.

Le gouvernement a besoin de 290 députés physiquement présents (les deux tiers du Parlement) pour adopter le projet de loi. La porte-parole du groupe NRM, Margaret Muhanga, a affirmé au quotidien The Observer avoir reçu l’assurance de 320 députés, mais elle dénonce les parlementaires de l’opposition qui auraient « reçu de l’argent des ONG pour désorganiser [son] camp ». Une accusation de partialité qui a déjà valu à plusieurs organisations, comme ActionAid et l’Institut d’études stratégiques des Grands Lacs (Gliss), de voir leurs bureaux perquisitionnés et leurs comptes récemment gelés.

Mais l’explication d’une telle fronde est plus sûrement à trouver dans un sondage mené en septembre par l’institut Hatchile Consult pour l’institut Afrobaromètre. On y apprend que plus de 75 % des Ougandais sont contre la révision de la Constitution, une conviction partagée par près de 67 % des adhérents du parti présidentiel. De quoi faire réfléchir fortement les députés, qui devront rendre des comptes devant leurs électeurs.

Bagarre générale

D’ores et déjà, le gouvernement a réussi le tour de force de remettre en selle le Forum pour le changement démocratique (FDC, opposition), jusque-là divisé par une interminable querelle de leadership. C’est justement alors qu’il revenait d’un meeting de soutien à un député de ce parti en pleine ascension, Patrick Amuriat, que Kizza Besigye, l’opposant historique, a été arrêté, la semaine dernière, pour « incitation à la violence ». Le meeting, qui a donné lieu à une manifestation et à des affrontements avec les forces de l’ordre, a causé la mort d’au moins un manifestant, tué par balle. Libéré sous caution mercredi, Kizza Besigye a été de nouveau arrêté seulement cinq heures après.

Le vieil ennemi de Museveni n’est plus seul à porter la voix de l’opposition. Le très populaire Robert Kyagulanyi, député indépendant mieux connu sous son nom de chanteur de ragga, « Bobi Wine », a également eu l’occasion de faire parler de lui lors d’une bagarre générale au Parlement, fin septembre. Les images le montrant en position de boxeur ou évacué par la force ont depuis fait le tour du monde. Le « président du ghetto », comme il se surnomme, et d’autres députés ont depuis été victimes de menaces de mort et leurs habitations ont fait l’objet d’attaques à la grenade.

Lemonde.fr