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L’astronaute français Thomas Pesquet désigné commandant de bord de l’ISS

mars 16, 2021

Il sera également le premier Européen à rejoindre la Station spatiale internationale à bord d’un vaisseau privé américain, la capsule Crew-2 Dragon de Space X, qui doit décoller depuis la Floride le 22 avril

«J’ai la chance d’être le premier Français aux commandes d’un véhicule spatial»: l’astronaute Thomas Pesquet désigné commandant de bord de l’ISS

Une première pour un astronaute français: lors de sa deuxième mission en orbite, «Alpha», Thomas Pesquet sera quelque temps commandant de bord de la Station spatiale internationale (ISS), pour laquelle il doit s’envoler le 22 avril depuis la Floride.

À 43 ans, celui qui a été pilote de ligne prendra les commandes à quelque 400 kilomètres au-dessus de la Terre, durant environ un mois, vers la fin de son séjour de six mois. «Je suis incroyablement honoré !», s’est réjoui l’astronaute, lors d’une conférence de presse en ligne de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui lui a assigné cette fonction en accord avec les autres agences spatiales partenaires de l’ISS (Etats-Unis, Russie, Japon et Canada). «J’ai la chance d’être le premier Français aux commandes d’un véhicule spatial. C’est grâce à l’histoire, à la place de la France et de l’Europe dans les vols habités, c’est une reconnaissance pour tout le monde», s’est félicité l’astronaute.

La fonction de commandant est exercée tour à tour par les membres désignés de l’équipage de l’ISS. «C’est comme un bateau, il y a un seul maître à bord après Dieu», a commenté Thomas Pesquet. «Évidemment, il y a beaucoup de choses qui se décident au centre de contrôle au sol», a-t-il expliqué, mais «quand ça va mal et qu’il faut réagir vite, c’est le commandant qui décide, qui assigne un peu les tâches, par exemple si on doit faire face à un départ de feu ou une dépressurisation».

Autre première de la mission «Alpha»: Thomas Pesquet sera le premier Européen à rejoindre l’ISS à bord d’un vaisseau privé américain, la capsule Crew-2 Dragon de Space X, qui doit décoller depuis le Kennedy Space Center en Floride le 22 avril, avec trois autres astronautes (les Américains Megan Mc Arthur et Shane Kimbrough, et le Japonais Akihiko Hoshide).

«La fleur au fusil»

«Ça approche, c’est dingue ! Il y a tellement de choses qui se passent qu’avant même de pouvoir y penser, je me retrouverai au pied de la fusée» Falcon 9, qui propulsera la capsule, a raconté Thomas Pesquet, en plein entraînement pour ce vol. Aux journalistes lui demandant s’il avait le trac, il a répondu que c’était «comme un premier saut en parachute, où on va un peu la fleur au fusil».

Son seul regret est de ne pas être en première ligne à bord de la capsule Dragon: «Sur quatre membres d’équipage, il y en a deux qui sont vraiment aux commandes et deux qui n’y sont pas, moi malheureusement je fais partie des deux qui n’y sont pas, c’est pas moi qui ai décidé, c’est la Nasa». Ce qui ne l’empêchera pas d’apporter son «expertise» en tant qu’ancien pilote du vaisseau russe Soyouz, qui l’avait emmené sur l’ISS pour sa première mission, «Proxima», en 2016-2017.

Une fois arrimé à l’ISS, lui et son équipe du Crew-2 cohabiteront quelques jours avec les quatre astronautes de Crew-1, qui rentreront ensuite après six mois dans l’espace. Durant cette période de passation, la station spatiale accueillera pas moins de 11 personnes. «On sera un peu en mode camping», s’était amusé récemment Shane Kimbrough.

À la fin de son séjour, Thomas Pesquet devrait être rejoint par un autre astronaute de l’ESA, l’Allemand Matthias Maurer. «Ça arrive très rarement que deux Européens travaillent ensemble sur l’ISS, ce serait un beau symbole», espère Thomas Pesquet. Plus d’une centaine d’expériences scientifiques attendent l’astronaute à bord de l’ISS, vaste laboratoire en apesanteur. «Une qui me plaît beaucoup, c’est une expérience sur des  »mini-cerveaux ». L’environnement spatial, c’est comme un modèle accéléré du vieillissement, merveilleusement réversible, donc on va essayer de regarder ses effets sur le cerveau, en assemblant des cellules dans des boîtes de Petri».

Quatre sorties «extra-véhiculaires» dans l’espace sont en outre programmées, dont la plus importante consistera en l’installation de nouveaux panneaux solaires, «des énormes tubes de 350 kilos». En dehors des heures de travail, il prendra des photos de la Terre vue de l’espace, mais «un peu moins que la dernière fois», car il veut, cette fois, «prendre plus de temps pour se faire des souvenirs».

Par Le Figaro avec AFP

Burundi : Évariste Ndayishimiye désigné candidat à la présidentielle par le CNDD-FDD

janvier 27, 2020

Le général Evariste Ndayishimiye, le 22 mai 2018 à Bujumbura.

Le général Evariste Ndayishimiye, le 22 mai 2018 à Bujumbura. © AFP

 

Le parti au pouvoir au Burundi (CNDD-FDD) a désigné dimanche le général Évariste Ndayishimiye pour porter ses couleurs à la présidentielle du 20 mai et tenter de succéder au président sortant Pierre Nkurunziza dont il est proche.

« Gen. Évariste Ndayishimiye choisi pour représenter le CNDD-FDD lors de la Présidentielle de 2020 », a annoncé le parti sur son compte officiel Twitter.
Il a été choisi lors d’un congrès extraordinaire du CNDD-FDD organisé dimanche à Gitega, la nouvelle capitale administrative du pays, en présence de l’actuel président, Pierre Nkurunziza.
Au pouvoir depuis 2005, il avait pris tout le monde de court lorsqu’il avait annoncé en juin 2018 qu’il ne se présenterait pas à sa succession en 2020, alors que la nouvelle Constitution qu’il venait de faire modifier par référendum le lui permettait.

Ces derniers jours, le nom du général Ndayishimiye faisait partie des favoris à la succession de Pierre Nkurunziza. Le nom du président de l’Assemblée nationale Pascal Nyabenda était aussi régulièrement cité.

À 52 ans, Évariste Ndayishimiye est l’un des hommes clés du système qui dirige aujourd’hui le pays. Ancien ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, chef de cabinet militaire et civil du président, le général Ndayishimiye comptait parmi les principaux chefs militaires du CNDD-FDD à la signature de l’accord de cessez-le-feu en 2003 qui mit un terme à la guerre civile au Burundi (au moins 300 000 morts entre 1996 et 2003).

Le parti a prévu d’importantes manifestations dans l’après-midi pour célébrer l’annonce de son nouveau champion.

Parachute doré

Samedi, le président sortant avait souligné la portée historique pour le pays du congrès de dimanche, précédé d’ailleurs de « Trois jours de prières » organisées par le parti.
« Ce congrès est un événement exceptionnel qui va marquer le début d’une nouvelle page dans l’histoire du Burundi et du parti CNDD-FDD », avait ainsi déclaré PierreNkurunziza, réaffirmant au passage sa volonté de ne pas se représenter « malgré ceux qui me le demandent ».

« Tout ce qui va se passer dimanche, c’est le plan de Dieu. L’Éternel a déjà opéré son choix », avait ajouté Pierre Nkurunziza, chrétien évangélique doublé d’un amoureux du ballon rond.

Ces dernières années, il se déplaçait rarement sans sa propre équipe de football et sa chorale, jouant avec des équipes locales et organisant des prières à la faveur de l’inauguration d’une école (il en a fait construire quelque 5 000) ou d’un stade omnisports.

On ignore encore si le chef de l’État sortant se retirera du débat public ou s’il gardera une influence sur les affaires du pays. Quoi qu’il en soit, son confort matériel est assuré par un projet de loi récemment adopté.

Outre une villa « de très haut standing » qui doit être construite dans une localité de son choix d’ici cinq ans, Pierre Nkurunziza devrait recevoir une allocation de près de 500 000 euros. Un salaire à vie lui est aussi garanti.

Le président sortant laisse derrière lui un pays fracturé par une crise politique marquées par de nombreux cas d’assassinats ciblés, de torture et autres graves violations des droits de l’homme documentées dans de nombreux rapports de l’ONU ou d’organisations des droits humains. Des accusations systématiquement rejetées par le régime.

De nombreux activistes des droits de l’homme et journalistes burundais vivent actuellement en exil.
La crise a aussi durement affecté l’économie qui en 2018 affichait 1,6% de croissance contre 0,5 % en 2017, après deux années consécutives de récession en 2015 (-3,9 %) et 2016 (-0,6 %), selon la Banque mondiale.