Posts Tagged ‘Destin’

Regarde mon moignon

février 23, 2013

  

Regarde ma triste main coupée

Détachée de mon corps ensanglanté

Aux doigts assemblés de ma naissance

Qui ont vécu mon enfance et ma jeunesse

 

Regarde ce morceau de mon corps jeté

Qui finit dans la gueule du chien affamé

Entre ses dents friand régal de mes doigts

Devant mon regard plongé dans l’émoi

 

Regarde mon moignon qui te regarde

Dans la souffrance de la dure cicatrice

Qui refuse de saluer ton petit grade

Malgré la supériorité de ta conscience

 

Regarde mon membre sauvagement amputé

Éternel souvenir de ton orgueil mentionné

De ma condition courageuse de brave indigné

Qui regrette sans joie ses doigts sectionnés

 

Regarde ce bout de moignon sans main

Dans la rondeur de son nouveau destin

Qui admire la finesse de ta sale main

Dans la plénitude de ton ingratitude sans fin.

 

Bernard NKOUNKOU

La fraîcheur de ton sein

août 19, 2012

Regarde la fraîcheur de ton sein

qui se flétrit à regret chaque matin

comme une belle fleur du jardin

dont la sève obéit à la loi du destin.

 

Ne retiens pas entre tes mains ta jeunesse

tirée par les chevaux de la vieillesse

qui traversent le chemin de l’espérance

loin de bons souvenirs de l’enfance.

 

Profite de la vie au soleil de la joie

comme l’oiseau qui rentre dans le bois.

Ne voyage pas avec des pensées sans âmes

Mais avec des idées pleines de baume.

Bernard NKOUNKOU

La canicule sur les seins dorés

août 19, 2012

 

Reine du ciel sans couronne

au sommet de son destin monotone

la canicule pénètre sans permission

les seins dorés qui manquent d’attention

les chauffe de bouffée de chaleur sans lotion

pulvérisant leurs aisselles de son aversion.

 

Elle se promène volontiers sur tous les corps

audacieuse sans permission de ticket à bord.

Elle sort si vite l’enfant, l’adulte et le vieillard

qui se comportent naturellement comme un lézard

se prélassant sans interdit au soleil de la vie

dans la joie indicible des cocotiers des îles Fidji.

 

Bernard NKOUNKOU

Le souffle de la chaleur

août 4, 2012

Le gazon vert du jardin sèche

Et la pluie a perdu sa bouche

Quand les fleurs crient leur faim

Les plantes de la cour n’ont plus de destin

 

Chaque jour le moineau visite la mangeoire

Et emmène au plaisir ses amis tous les soirs

Quand prenant un verre de vin au balcon

J’appelle Christine qui traîne encore au salon

 

Dans le voyage agréable du temps qui dort

La chaleur a déjà décidé la marche du sort

Réduisant mes efforts à néant d’agriculteur

Qui noie ses espoirs dans un vin sans bonheur

Bernard NKOUNKOU

La minute de mon sang

juillet 24, 2011

Le sang versé à la place publique
devient une référence historique
relent de parfum de vieille relique

Loin entre les ciseaux de la clinique
qui ampute mes morceaux déjà chiques
je suis allongé comme une bourrique

Le sort du destin est vraiment unique
dans cette détonation tectonique
qui a rendu mon ouïe peu acoustique.

Bernard NKOUNKOU

Le parfum floral du mariage

juillet 2, 2011

Blanches sont les fleurs du mariage
à la main couleur de robe sage
triomphant dans le vert paysage

Main dans la main dans le jardin
après le « oui » solennel du destin
nous étions heureux comme deux lapins

Dans le feu du bonheur et la joie
de la fête le parfum du mariage sur le toit
s’exhalait et se reposait jusque dans la demeure des rois.

Bernard NKOUNKOU

L’illusion de l’armée

juin 15, 2011

L’armée avait vidé son venin
Sur le champ de bataille sans fin
Malgré les derniers galons du destin
Qui étaient tombés avec les engins.

Elle flottait comme un bouchon de liège
Qui était détaché de son bon siège
Alors qu’elle avait préparé sa défense
Sans avoir une bonne et réelle constance.

L’armée se nourrissait de grandes illusions
Avec des armes et beaucoup de munitions
Et de vaillants combattants mal aguerris
Qui sentaient dans les rangs le pourri.

Bernard NKOUNKOU

L’orgueil du pouvoir

octobre 9, 2010

Il était l’insolence de l’État,
il avait le pouvoir
et régnait sur la république
se donnant le luxe des
femmes.

Il avait l’argent,
des coffres-forts et des comptes
partout
se promettant d’acheter des
voitures et des châteaux
dans une république
sans routes,
sans eau et électricité,
ni hôpitaux, ni écoles.

Il était le destin du peuple
et aucun souci du peuple,
le malheur du peuple
et le fossoyeur du peuple.

Il était le vice de la nation,
la honte criarde de la nation,
la bêtise démocratique de la nation,
le dernier garant respectueux de la nation.

Il était tout,
un fourre-tout,
nul partout,
un surtout.

Bernard NKOUNKOU

Devant la porte de la fatalité

septembre 11, 2010

Le temps a volé mon âme
quand j’étais dans la jeunesse de l’âge
au cœur de ma progéniture
et de ma famille
mais aussi dans la joie
amicale
je cherchais à m’accrocher
au fil du destin
qui devenait ténu
par les incisives de la peine
une peine que je vivais
dans l’incapacité de la science
malgré les progrès actuels
j’avançais sans coup férir
vers le soupir
du détachement de la vie
des hommes
sans avoir réalisé la totalité
de mes projets
car j’étais définitivement debout
devant les portes d’un monde
sans dimension
irrésistible
qui tombait dans la fatalité
et
l’irréparable.

Bernard NKOUNKOU