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Au Brésil, des dizaines de milliers de manifestants réclament la destitution de Jair Bolsonaro

juillet 25, 2021

Pour le quatrième week-end consécutif, la gauche appelait à défiler contre la mauvaise gestion de la pandémie par le gouvernement.

Manifestation contre Jair Bolsonaro à Rio de Janeiro, au Brésil, le 24 juillet 2021.
Manifestation contre Jair Bolsonaro à Rio de Janeiro, au Brésil, le 24 juillet 2021. CARL DE SOUZA / AFP

Des dizaines de milliers de Brésiliens sont descendus dans les rues, samedi 24 juillet, réclamant la destitution du président, Jair Bolsonaro, pour sa gestion de la crise sanitaire, alors que le bilan de l’épidémie dépasse le demi-million de morts. Les manifestants ont défilé pour le quatrième week-end d’affilée à l’appel des partis de gauche et des syndicats notamment contre le président de droite, qui est visé par une enquête pour avoir présumément fermé les yeux sur des détournements de fonds publics dans l’achat de vaccins.

A Rio, des milliers de personnes habillées de rouge et portant des masques ont défilé sous des slogans comme « Dehors le criminel corrompu ». Les organisateurs avaient appelé à manifester dans tout le pays « pour défendre la démocratie, la vie des Brésiliens et pour mettre Bolsonaro dehors ». A Rio comme ailleurs, les manifestants ont dénoncé le démarrage tardif de la campagne de vaccination au Brésil, le chômage massif et ont réclamé davantage d’aides pour les populations pauvres confrontées à la pandémie.

« Pour le retour de la démocratie »

« Il est très important que quiconque se sent offensé ou opprimé par ce gouvernement sorte dans la rue parce que nous devons lutter pour le retour de la démocratie », explique Laise de Oliveira, une employée des services sociaux de 65 ans venue manifester. La presse brésilienne faisait état, dans l’après-midi, de manifestations dans 20 des 26 Etats brésiliens. Ni les organisateurs ni les autorités n’avaient rendu publiques d’estimations du nombre de manifestants à cette heure. Mais des grandes manifestations étaient attendues à Sao Paulo, la ville brésilienne la plus peuplée avec 12,3 millions d’habitants, et dans la capitale, Brasilia.

Jair Bolsonaro est confronté au pire moment de sa présidence, entamée en 2019. Son taux d’approbation a atteint un plus bas de 24 % et les sondages suggèrent qu’il perdrait l’élection présidentielle d’octobre face à son prédécesseur de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, dont le Parti des travailleurs soutenait les manifestations de samedi.

Le Brésil a enregistré officiellement près de 550 000 morts du Covid-19, un bilan dépassé par les seuls Etats-Unis, dont la population est supérieure de 120 millions à celle du géant sud-américain. Jair Bolsonaro s’est montré ouvertement sceptique quant à la crise sanitaire, à la nécessité du port du masque et des autres mesures visant à réduire la propagation du virus. L’opposition a présenté, le 30 juin, une plainte en destitution constituée de 20 accusations différentes contre le président, mais Jair Bolsonaro dispose toujours de suffisamment de soutien au Congrès pour bloquer ces initiatives.

Avec Le Monde avec AFP

États-Unis: Les avocats de Donald Trump jettent l’éponge avant son procès en destitution

janvier 31, 2021

Plusieurs des avocats de l’ex-président américain Donald Trump ont renoncé à le défendre à quelques jours de son procès en destitution, ont rapporté samedi CNN et d’autres médias américains.

Donald Trump salue ses supporteurs devant la Maison Blanche, le 6 janvier 2021 à Washington

© Brendan Smialowski Donald Trump salue ses supporteurs devant la Maison Blanche, le 6 janvier 2021 à Washington

Cinq avocats, dont deux supposés diriger l’équipe d’avocats du milliardaire new-yorkais, ont renoncé à le défendre après des désaccords sur la façon de procéder, a affirmé la chaîne de télévision citant des sources anonymes.

Trump souhaitait que ses avocats continuent à plaider la thèse d’une fraude massive lors de l’élection présidentielle, qui a conduit à la victoire du démocrate Joe Biden, plutôt que de se concentrer sur la légalité de poursuites à l’égard d’un président n’étant plus en fonctions, a précisé CNN, précisant que l’ex-président était peu enclin à en discuter.

La Chambre des représentants a voté pour la deuxième fois un procès en destitution de Donald Trump. Les dates-clés des deux procès

© Gal ROMA La Chambre des représentants a voté pour la deuxième fois un procès en destitution de Donald Trump. Les dates-clés des deux procès

Au nombre de ces avocats démissionnaires figurent Butch Bowers et Deborah Barbier, qui devaient prendre la tête de l’équipe de défense de Donald, a encore indiqué la chaîne et d’autres médias.

« Nous avons beaucoup travaillé, mais nous n’avons pas encore pris une décision définitive quant à notre équipe légale, nous le ferons bientôt », a affirmé sur Twitter Jason Miller, conseiller de Donald Trump, en réponse à ces informations de presse.

Le démocrate Jamie Raskin et d'autres représentants déposent l'acte d'accusation contre Donald Trump, le 25 décembre 2021 au Capitole, à Washington

© Melina Mara Le démocrate Jamie Raskin et d’autres représentants déposent l’acte d’accusation contre Donald Trump, le 25 décembre 2021 au Capitole, à Washington

Le procès de Donald Trump pour « incitation à l’insurrection », après l’occupation du Capitole le 6 janvier par des partisans de l’ex-président, doit débuter le 9 février.

Mais avec seulement cinq sénateurs républicains prêts à se joindre aux 50 sénateurs démocrates pour considérer que le procès doit avoir lieu, la majorité des deux-tiers requise pour aller de l’avant, soit 67 sénateurs, ne sera probablement pas atteinte.

Le vote d’une motion de censure, moins sévère, requiert le vote d’au moins dix sénateurs républicains pour avoir une chance d’être adoptée, ce que certains estiment en revanche envisageable.

Avec AFP par bur-st/axn/ob/c

RDC: Le Premier Sylvestre Ilunga destitué

janvier 27, 2021

Avec TV5/Afrique

États-Unis: Le second procès en destitution de Trump débutera dans la semaine du 8 février

janvier 23, 2021

Les premiers arguments en faveur de la destitution de Donald Trump, qui est accusé « d’incitation à l’insurrection », devraient être entendus par le Sénat américain dans la semaine du 8 février.

Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a annoncé l'échéancier convenu avec le camp républicain en vue du procès en destitution de l'ex-président américain Donald Trump.

© Drew Angerer/Getty Images Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a annoncé l’échéancier convenu avec le camp républicain en vue du procès en destitution de l’ex-président américain Donald Trump.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, en a fait l’annonce vendredi, au terme de discussions avec le chef des républicains à la Chambre haute, Mitch McConnell.

Selon l’échéancier convenu, l’acte d’accusation sera transmis au Sénat lundi soir prochain. Les sénateurs prêteront serment le lendemain. Les deux parties auront par la suite le temps de se préparer en vue du procès.

Le 2 février, l’ex-président devra présenter sa réponse à l’acte d’accusation, tandis que les représentants de la Chambre devront dévoiler les éléments de preuve qu’ils comptent évoquer.

Viendra ensuite le tour des avocats de M. Trump, le 8 février. Le même jour, la Chambre devra présenter sa réplique à la réponse de l’ex-président.

Et le 9 février, les plaidoiries d’ouverture pourront s’amorcer.

Le procès se trouve donc repoussé d’au moins deux semaines, ce qui doit donner le temps à la Chambre haute de confirmer les nominations de Joe Biden au sein de son administration. Un argument qu’avait évoqué Mitch McConnell afin de retarder le début des débats. Le républicain avait ainsi fait valoir qu’il était dans l’intérêt de l’administration Biden d’attendre.

«La mise en accusation par la Chambre a été plus rapide et minimaliste que jamais. L’étape suivante ne peut pas être un procès insuffisant au Sénat», avait-il insisté, plaidant pour que le procès ne débute pas avant la mi-février.

Joe Biden, qui a indiqué à maintes reprises que les modalités du procès étaient entre les mains du Congrès, a réagi vendredi au consensus trouvé par les deux camps. «Plus nous avons de temps pour nous préparer, mieux c’est», a-t-il indiqué aux journalistes.

Un peu plus tôt dans la journée, la cheffe de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, avait fait savoir que les neuf «procureurs» du camp démocrate étaient «prêts à défendre leur dossier devant les 100 sénateurs qui serviront de juges pendant le procès».

Ces «procureurs», qui sont en réalité des élus démocrates de la Chambre menés par Jamie Raskin, traverseront donc les couloirs du Congrès, lundi, pour apporter l’acte d’accusation dans l’hémicycle du Sénat, où ils le liront aux sénateurs.

Les démocrates se sont dits déterminés à boucler ce procès rapidement, jugeant qu’il ne serait peut-être même pas nécessaire d’appeler des personnes à témoigner, les procureurs ayant été eux-mêmes témoins de la tentative d’insurrection au Capitole.

L’un des procureurs, le représentant de la Californie Ted Lieu, a expliqué vendredi que les démocrates auraient préféré concentrer leurs énergies à faire adopter de nouvelles lois. «Mais nous ne pouvons pas ignorer» ce qui s’est produit le 6 janvier dernier, a-t-il déclaré.

Donald Trump est accusé d’avoir encouragé ses partisans à se lancer à l’assaut du Capitole, au moment où les élus du Congrès certifiaient la victoire de son rival démocrate à la présidentielle.

«Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts», avait-il lancé à ses partisans quelques instants avant qu’ils n’envahissent le Capitole. Cinq personnes sont mortes dans cette attaque.

Butch Bowers contre les démocrates

L'avocat de la Caroline du Sud, Butch Bowers, de son vrai nom Karl S. Bowers Jr, représentera l'ex-président Donald Trump dans son deuxième procès en destitution.

© U.S. AIR FORCE/U.S. AIR FORCE via Reuters L’avocat de la Caroline du Sud, Butch Bowers, de son vrai nom Karl S. Bowers Jr, représentera l’ex-président Donald Trump dans son deuxième procès en destitution.

L’ex-président américain a choisi l’avocat Butch Bowers pour assurer sa défense. Spécialisé en processus électoral et en éthique, M. Bowers est une figure connue des cercles républicains.

Traiter un dossier d’une telle envergure constituera une première dans sa carrière.

Lors de son premier procès en destitution, M. Trump s’était entouré d’une foule d’avocats, dont Alan Dershowitz, Kenneth Starr et Jay Sekulow, qui le représentait dans l’enquête sur la Russie.

Selon ce dernier, Butch Bowers peut compter sur des années d’expérience durant lesquelles il a représenté nombre d’élus et de personnalités politiques dans la tourmente.

Parmi les causes qu’il a défendues, on trouve celle de l’ancien gouverneur de la Caroline du Sud Mark Sanford, qui a échappé à une procédure de mise en destitution.

«C’est un excellent avocat avec une excellente réputation qui comprend le droit et la politique», a assuré M. Sekulow, vendredi.

Donald Trump est devenu le premier président de l’histoire des États-Unis à être mis en accusation deux fois par la Chambre des représentants.

Le premier de ces procès avait été lancé fin 2019, après que M. Trump eut été accusé d’avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur le fils de Joe Biden. Le Sénat, contrôlé par les républicains, l’avait rapidement acquitté.

Or, cette fois-ci, des élus républicains se sont montrés très critiques à l’égard de Donald Trump. Même Mitch McConnell, qui avait été l’un de ses plus solides alliés pendant sa présidence, a indiqué qu’il n’excluait pas de le juger coupable.

Selon les règles stipulées dans la Constitution, un seuil des deux tiers des voix est requis pour qu’un président soit condamné. Il faudrait donc que 17 sénateurs républicains se rallient aux 50 démocrates pour que cette majorité soit atteinte.

Si le Sénat venait à déclarer Donald Trump coupable, ce dernier ne pourrait être destitué, mais il deviendrait alors inéligible au poste de président des États-Unis; un nuage qui viendrait assombrir son projet potentiel de briguer l’investiture de la Maison-Blanche une nouvelle fois, à la présidentielle de 2024.

Avec CBC/Radio-Canada 

États-Unis: Les démocrates veulent enclencher le processus de destitution de Trump lundi

janvier 9, 2021

La majorité à la Chambre des représentants des États-Unis préférerait ne pas attendre au 20 janvier pour changer de président.

Nancy Pelosi dans un couloir du Capitole américain, le 8 janvier 2020

© Alex Wong/Getty Images Nancy Pelosi dans un couloir du Capitole américain, le 8 janvier 2020

Selon plusieurs médias américains et internationaux, le processus de destitution de Donald Trump pourrait s’enclencher lundi avec le dépôt contre lui d’accusations dans la foulée de l’invasion du Capitole cette semaine, alors que le Congrès était réuni pour certifier l’élection de Joe Biden.

Le cas échéant, le vote de destitution pourrait avoir lieu aussi tôt que mercredi, d’après l’Associated Press. Le vice-président Mike Pence prendrait ainsi la place de Donald Trump pour assurer la transition.

Un brouillon de la mise en accusation, rédigé par le représentant David Cicilline et dont CNN a obtenu copie, reproche entre autres au président actuel d’avoir perpétré des «crimes et délits graves» en incitant ses partisans à «s’insurger contre le gouvernement des États-Unis».

Même certains républicains pourraient voter en faveur de la mise en accusation. C’est notamment le cas de la sénatrice de l’Alaska Lisa Murkowski qui, dans une entrevue au Anchorage Daily News, a appelé à son départ de tous ses vœux. «Je veux qu’il parte, a-t-elle déclaré. Il a causé assez de dégâts comme ça.»

Le sénateur du Nebraska Ben Sasse est allé dans le même sens, vendredi. «Il va de soi que je prendrai en considération les articles qui seront déposés [au Congrès], car, comme je vous l’ai déjà dit, je crois que le président n’a pas respecté son serment d’office», a-t-il déclaré à CBS.

Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier, n'entend pas se mêler de la destitution de Donald Trump.

© KEVIN LAMARQUE/Reuters Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier, n’entend pas se mêler de la destitution de Donald Trump.

Joe Biden, de son côté, laissera au Congrès la responsabilité d’ouvrir ou non une procédure de destitution contre Donald Trump. Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse à Wilmington, dans le Delaware, le président désigné a clairement fait savoir qu’il n’entendait pas participer directement au processus.

«Nous allons donc nous concentrer sur notre travail, et le Congrès peut décider de la façon de procéder [face à Donald Trump]», a-t-il dit, tout en jugeant son prédécesseur «inapte» à gouverner.

Un funeste bilan

Ce n’est pas la première fois que les élections américaines trempent dans la controverse. Dans la foulée de la course présidentielle de 2020, marquée par la peur, les menaces et de profondes divisions, voici un retour sur certains des plus grands scandales et des plus grandes polémiques jamais vues dans l’histoire de la politique américaine.

L’invasion du Capitole par des partisans pro-Trump – dont plusieurs membres de l’extrême droite – a causé la mort de quatre manifestants et d’un policier, Brian Sicknick, qui a succombé à ses blessures jeudi.

Depuis, 15 personnes ont été inculpées, a annoncé le ministère de la Justice vendredi après-midi. Parmi les émeutiers accusés figure Richard Barnett, l’homme photographié dans le bureau de la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi.

Un autre prévenu est soupçonné d’avoir déposé une bombe artisanale près du Congrès, a précisé Ken Kohl, du bureau du procureur fédéral de Washington.

Richard Barnett a pris la liberté de s'asseoir dans la chaise de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, mercredi.

© SAUL LOEB/Getty Images Richard Barnett a pris la liberté de s’asseoir dans la chaise de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, mercredi.

Par ailleurs, Donald Trump a annoncé vendredi, sur son compte Twitter, qu’il «n’assistera pas à la prestation de serment du 20 janvier». Il deviendra ainsi le premier président sortant depuis Andrew Johnson à ne pas assister à l’assermentation de son successeur.

Selon une source proche du dossier citée par Reuters, il est même question que Donald Trump quitte Washington la veille pour se rendre dans sa résidence en Floride.

Cette décision n’aurait rien d’étonnant, compte tenu du fait que Donald Trump répète depuis plusieurs semaines que la victoire lui a été volée et qu’il a été victime d’une vaste fraude électorale. Sa propre administration affirme plutôt que le vote a été juste et libre.

M. Trump a toutefois reconnu, jeudi, qu’il devait céder sa place, sans toutefois nommer ni féliciter Joe Biden pour sa victoire.

Le vice-président sortant Mike Pence devrait quant à lui assister à la cérémonie d’assermentation du président désigné le 20 janvier.

Un président « déséquilibré »

Enfin, Nancy Pelosi – qui a perdu son ordinateur portable lors de l’invasion du Capitole – a déclaré vendredi s’être entretenue avec l’armée américaine afin de s’assurer que Donald Trump – un «président déséquilibré», a-t-elle dit – ne puisse utiliser les codes nucléaires d’ici la fin de son mandat.

Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment le 20 janvier à midi, respectivement comme président et vice-présidente des États-Unis.

Traditionnellement, le président sortant et le président désigné se rendent ensemble au Capitole pour incarner la transition pacifique. La cérémonie très attendue se déroule sur les marches du Congrès, devant les pelouses du National Mall.

Tous les quatre ans, des centaines de milliers de spectateurs se pressent dans la capitale fédérale américaine pour y assister, mais l’accès sera limité en raison de la pandémie de COVID-19.

Avec CBC/Radio-Canada

États-Unis: Destituer Trump? «Il n’a rien fait de mal» martèle sa défense

janvier 25, 2020

Après le long réquisitoire des démocrates en faveur d’une destitution, les avocats de Donald Trump ont entamé samedi leurs plaidoiries, mettant en garde, tout en restant évasifs sur le fond, contre la tentation de remettre en cause le verdict des urnes.

«Quand vous entendrez les faits (…) vous verrez que le président n’a absolument rien fait de mal», a lancé Pat Cipollone, avocat de la Maison Blanche, qui a pris la parole devant le Congrès lors d’une brève séance exceptionnellement organisée un samedi. «Toute personne honnête qui a regardé le procès au Sénat aujourd’hui a pu voir à quel point j’ai été traité de manière injuste», a tweeté Donald Trump peu après.

L’ancien homme d’affaires de New York est accusé d’avoir utilisé le pouvoir de la présidence pour essayer de forcer l’Ukraine à enquêter sur l’un de ses adversaires potentiels, le démocrate Joe Biden, et ainsi le «salir», selon les termes de l’accusation. Dans un Sénat contrôlé par les républicains (53 sièges sur 100), l’acquittement du 45e président des Etats-Unis fait peu de doute. Mais à moins de 300 jours de l’élection présidentielle, les débats sont aussi une bataille pour l’opinion publique.

Face à des sénateurs impatients de quitter Washington pour le week-end, en particulier les candidats démocrates Bernie Sanders et Elizabeth Warren désireux de retrouver les estrades de campagne dans l’Iowa, les défenseurs du président ont été brefs: à peine deux heures. Ancien animateur d’une émission de télé-réalité et avide téléspectateur, Donald Trump avait lui-même donné le ton la veille: le samedi est la «Vallée de la mort» en termes d’audience, pas la peine de perdre son temps dans de longues plaidoiries, mieux vaut garder des forces pour lundi.

Comme l’accusation, les avocats du milliardaire disposeront au total de 24 heures, étalées sur trois journées. La présentation de samedi s’assimilait plutôt à une «bande-annonce», selon les termes de la défense, avant le plat de résistance que constituera l’intervention du célèbre constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui fut, entre autres, l’avocat d’O.J. Simpson et du financier Jeffrey Epstein.

Troisième président de l’histoire à subir l’infamie d’un procès en destitution, Donald Trump est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Face aux sénateurs, Pat Cipollone a accusé les adversaires politiques du président de chercher à organiser «la plus grande interférence dans les élections de l’histoire américaine». «Ils vous demandent de (destituer le président) sans la moindre preuve (…) Ils vous demandent de déchirer tous les bulletins de vote de ce pays», a-t-il asséné.

«Laissez le peuple décider»

«Nous ne pouvons accepter cela», a-t-il ajouté, promettant de mener à bien la deuxième partie de ce procès historique de façon «efficace et rapide» pour que tous les Américains puissent se tourner vers le rendez-vous électoral du 3 novembre. «Laissez le peuple décider, c’est ce que les pères fondateurs voulaient», a-t-il conclu.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, a mis le président en accusation le 18 décembre. Preuve que Donald Trump peut compter sur un «Grand Old Party» au garde-à-vous, pas un seul républicain n’avait alors soutenu ce vote d’«impeachment».

Samedi, les partisans du président sont montés en première ligne. «Deux heures de vérité écrasent largement 20 heures de spéculations et de rumeurs», a tweeté l’élu républicain Jim Jordan en référence aux arguments développés par les démocrates depuis mercredi.

Mais dans une Amérique très divisée, rien n’indique que ces auditions fassent véritablement bouger les lignes, parmi les élus comme parmi les électeurs. «Il sera intéressant de voir, quand tout sera terminé, combien d’Américains auront regardé à la fois l’accusation et la défense», soulignait David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama. «Ou est-ce que ce sera comme l’essentiel de notre débat politique, avec des gens qui n’écoutent que les arguments qui les renforcent dans leurs convictions?».

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Des constitutionnalistes se prononcent sur l’enquête en destitution de Trump

décembre 4, 2019

© AP/Alex Brandon
 

Depuis 10 h (HAE), quatre experts en droit constitutionnel donnent leur point de vue sur le sujet aux membres du comité, dominé par les démocrates, mais aussi au public, qui peut assister à ce débat sur les chaînes d’information en continu.

Ces témoignages portent sur les bases historiques et constitutionnelles d’une procédure de mise en accusation, sur l’intention des auteurs de la Constitution et sur la nature des agissements pouvant mener à une destitution.

Trois des experts entendus – Noah Feldman, Pamela Karlan et Michael Gerhardt – ont été convoqués par les démocrates, tandis qu’un autre, Jonathan Turley, a été invité par les républicains. Ils témoignent conjointement.

Les trois experts invités par les démocrates ont dit être d’avis que les faits reprochés à Donald Trump correspondent à l’un des motifs de destitution cités dans la Constitution, soit la trahison, la corruption ou d’autres crimes et délits majeurs.

Impliquer un gouvernement étranger dans notre processus électoral est un abus de pouvoir particulièrement grave parce qu’il affaiblit la démocratie, a fait valoir Mme Karlan, professeure de droit à l’Université Stanford.

Si le Congrès ne le destitue pas, la procédure de destitution aura perdu tout son sens, tout comme les garanties constitutionnelles destinées à empêcher l’installation d’un roi sur le sol américain, a ajouté M. Gerhardt, de l’Université de Caroline du Nord.

M. Turley a cependant jugé les preuves amassées insuffisantes et déploré la précipitation des démocrates dans ce dossier. Ce n’est pas comme ça qu’un président doit être destitué, a estimé le professeur de l’Université George Washington.

Des républicains membres du Comité judiciaire ont installé des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des déclarations passées d'élus démocrates afin de faire valoir que la procédure de destitution n'est qu'une manoeuvre politique. À l'avant-plan, le républicain le plus important du Comité, Doug Collins.

© Fournis par Radio-Canada.ca
Des républicains membres du Comité judiciaire ont installé des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des déclarations passées d’élus démocrates afin de faire valoir que la procédure de destitution n’est qu’une manoeuvre politique. À l’avant-plan, le républicain le plus important du Comité, Doug Collins.

Des preuves accablantes, selon un rapport du Comité du renseignement

Ces audiences marquent une nouvelle étape dans l’enquête en destitution du président républicain, après l’audition d’une quinzaine de témoins cet automne par le Comité du renseignement de la Chambre des représentants.

Dans son rapport publié mardi, ce dernier a conclu qu’il existe des preuves accablantes justifiant une procédure de destitution contre Donald Trump, dans la foulée d’une conversation téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en juillet.

Le président a conditionné une invitation à la Maison-Blanche et une aide militaire à l’Ukraine à l’annonce d’enquêtes favorables à sa campagne présidentielle et il a entravé les investigations menées par la Chambre à ce sujet, peut-on y lire.

«Le président a placé ses intérêts politiques personnels au-dessus des intérêts nationaux des États-Unis, a cherché à saper l’intégrité du processus de l’élection présidentielle américaine et a mis en danger la sécurité nationale américaine.»

-Extrait du rapport du Comité du renseignement de la Chambre des représentants

Les démocrates accusent plus précisément Donald Trump d’avoir demandé à M. Zelensky d’enquêter sur l’ex-vice-président Joe Biden, qui pourrait être son adversaire démocrate lors de la présidentielle, en utilisant comme levier une aide militaire.

Cette aide d’environ 400 millions de dollars qu’attendait le gouvernement ukrainien, engagé dans un conflit armé contre des séparatistes soutenus par Moscou, a été gelée pendant 55 jours avant d’être finalement débloquée.

Ce rapport du Comité du renseignement constitue la base sur laquelle doit s’appuyer le Comité judiciaire pour décider s’il convient d’accuser formellement le président américain, et de décider des chefs d’accusation qui seront retenus contre lui.

Des accusations d’abus de pouvoir, de corruption, d’entrave à la bonne marche du Congrès et d’entrave à la justice sont les plus susceptibles d’être retenues.

Vers un procès au Sénat?

Une fois rédigés, les articles d’accusation doivent être soumis à un vote à la Chambre des représentants. S’ils sont approuvés, il revient au Sénat de tenir le procès en destitution du président, sous la présidence du juge en chef de la Cour suprême.

La destitution du président sera prononcée si 67 des 100 sénateurs votent en faveur d’un chef d’accusation. Le Sénat compte à l’heure actuelle 53 républicains, et les élus du parti du président ont jusqu’ici fait bloc derrière lui.

Le cas échéant, Donald Trump deviendrait le troisième président à être mis en accusation de la sorte, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998. Ils ont tous deux été acquittés par la suite.

Richard Nixon a pour sa part démissionné en 1974 avant que la procédure n’aboutisse.

Invités par le président du Comité judiciaire, Jerry Nadler, les avocats de la Maison-Blanche ont refusé de participer à cette audition en dénonçant une procédure inéquitable, tout en se réservant la possibilité d’intervenir ultérieurement.

Donald Trump a jusqu’ici refusé de coopérer à une enquête qu’il qualifie de farce ou de chasse aux sorcières, et a interdit à aux membres de son administration de se présenter au Congrès ou de fournir les documents réclamés par les élus du Congrès.

Par CBC/Radio-Canada.ca

États-Unis/ Destitution: l’enquête a rassemblé des «preuves accablantes» contre Trump

décembre 3, 2019

Le rapport officiel de la commission parlementaire est désormais capable de démontrer la «conduite inappropriée» du président républicain.

L’enquête en destitution contre Donald Trump a rassemblé des «preuves accablantes» de «conduite inappropriée» du président républicain, selon le rapport officiel de la commission parlementaire qui a supervisé les investigations.

«L’enquête en destitution a montré que le président Trump, personnellement et par l’entremise d’agents dans et en dehors du gouvernement, a sollicité l’ingérence d’un pays étranger, l’Ukraine, pour favoriser sa campagne de réélection», selon ce rapport de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, à majorité démocrate. «Le président a conditionné une invitation à la Maison Blanche et une aide militaire à l’Ukraine à l’annonce d’enquêtes favorables à sa campagne» et il a «entravé» les investigations, détaillent ses auteurs.

«L’imposture» de l’enquête en destitution n’a produit «aucune preuve» contre Donald Trump, a déclaré la Maison Blanche en réponse à ce rapport, qui «ne reflète rien d’autre que les frustrations» des démocrates. Il «se lit comme les divagations d’un blogueur de bas étage qui s’évertue à prouver quelque chose quand il n’y a clairement rien», a ajouté la porte-parole de l’exécutif Stephanie Grisham.

 

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis: Destitution de Trump: une diplomate irréprochable devant le Congrès

novembre 15, 2019

Marie Yovanovitch, ex-ambassadeur américain à Kiev, a livré un témoignage sobre et émouvant du déroulement de son ambassade entre 2016 et 2019.

Commentée en direct par un tweet sarcastique de Trump, l’audition au Congrès de Marie Yovanovitch, ex-ambassadeur américain à Kiev, s’est déroulée dans une ambiance tendue entre parlementaires républicains et démocrates.

La diplomate a été entendue pendant toute la matinée de vendredi par la commission parlementaire chargée de l’enquête pour la destitution de Donald Trump. Elle a livré un témoignage sobre et émouvant du déroulement de son ambassade entre 2016 et 2019. Elle a raconté comment elle a vu se mettre en place un réseau diplomatique parallèle, composé par l’avocat personnel de Trump, Rudy Giuliani et l’ambassadeur américain auprès de l’Union Européenne Gordon Sondland. Elle a décrit comment elle a été victime d’une campagne de calomnie à Washington et à Kiev, mettant en cause ses capacités professionnelles. Elle a expliqué les circonstances dans lesquelles elle a été finalement rappelée à Washington sans explications en mai 2019, par un simple coup de téléphone, quelques jours avant la cérémonie d’entrée en fonction du nouveau président ukrainien Zelensky.

« L’ancienne ambassadeur américaine, la femme, c’était une mauvaise nouvelle… Il va lui arriver des choses ».

Donald Trump au président ukrainien

Elle a enfin expliqué comment elle a été «choquée», et «dévastée» quand elle avait découvert qu’elle avait été citée par Donald Trump dans sa conversation du 25 juillet avec son homologue ukrainien: «L’ancienne ambassadeur américaine, la femme, c’était une mauvaise nouvelle», avait dit Trump à Zelensky, «il va lui arriver des choses».

«Les gens qui m’ont vu lire la transcription ont vu mon visage perdre toutes ses couleurs», a dit Yovanovitch.

Au même moment, un message de Trump sur Twitter a été lu par Adam Schiff, le président de la Commission. «Ça a mal tourné partout où elle est allée», a écrit Trump, «elle a commencé en Somalie, on a vu comment ça s’est passé. Et jusqu’à l’Ukraine, où le nouveau président ukrainien a parlé d’elle défavorablement dans mon deuxième appel téléphonique».

«C’est très intimidant», a reconnu l’ambassadeur devant la commission.

Forte impression

Si elle n’a pas apporté d’éléments nouveaux sur l’enquête, Yovanovitch a fait une forte impression sur l’auditoire. Les parlementaires républicains eux-mêmes ont rendu hommage à sa carrière et à son professionnalisme. À un parlementaire qui lui demande si elle est une opposante à Trump, elle rappelle qu’elle est entrée dans la carrière diplomatique sous Ronald Reagan, et qu’elle a servi sous plusieurs présidents républicains et qu’elle a été nommée ambassadeur par George W. Bush.

«Je pense qu’il est important de ne pas avoir d’affiliation politique en tant que diplomate», a-t-elle dit, «parce que ce nous faisons n’est pas au service d’un parti ou d’un autre, mais est important pour notre sécurité nationale, dans un monde de plus en plus dangereux».

Diplomate de carrière, née au Canada dans une famille d’origine ukrainienne, Yovanovitch a servi comme ambassadeur au Kyrgyzstan et en Arménie. Elle a reçu de nombreux témoignages de satisfaction au sein du Département d’Etat. Sa dignité, sa sobriété et la précision de ses réponses, lui ont valu des manifestations de respect de la part des membres de la commission, qui ont unanimement salué la carrière irréprochable de l’ambassadeur.

Mais l’atmosphère est restée tendue entre les parlementaires démocrates et républicains tout au long de l’audition. «Les Démocrates nous forcent une fois encore à participer à leur opération pour renverser un président légitimement élu», a commenté dès le début Devin Nunes, le vice-président républicain de la commission. Adam Schiff, qui menait les débats, a rappelé à l’ordre à plusieurs reprises ses collègues républicains. Il a aussi pris note du message de message de Trump mettant en cause Marie Yovanovitch. «Nous prenons les tentatives d’intimidations très au sérieux», a-t-il commenté

Par Le Figaro.fr par Adrien Jaulmes

États-Unis/Destitution de Trump: une conseillère de Pence entendue au Congrès

novembre 7, 2019

 

Une conseillère du vice-président américain était entendue jeudi à huis clos au Congrès dans le cadre de l’enquête visant à destituer Donald Trump, premier témoin employé par les services de Mike Pence à accepter la convocation des démocrates.

Egalement convoqué jeudi, l’ex-conseiller à la sécurité nationale du président américain, John Bolton, n’allait, lui, probablement pas se rendre au Congrès tant qu’il ne ferait pas l’objet d’une assignation formelle. La conseillère de Mike Pence, Jennifer Williams, est employée du département d’Etat. Elle est détachée depuis avril 2019 auprès du vice-président pour les questions concernant l’Europe et l’Ukraine.

A ce titre, elle a écouté en direct la conversation au cœur de la procédure de destitution qui menace Donald Trump: son appel téléphonique, le 25 juillet, avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. A cette occasion, Trump avait demandé à son homologue ukrainien d’enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et son fils Hunter. Convaincus de tenir, avec cette demande, la preuve d’un «abus de pouvoir», les démocrates ont ouvert le 24 septembre une enquête pour constituer un dossier de mise en accusation, «impeachment» en anglais, à la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires.

Les républicains détiennent en revanche la majorité au Sénat, ce qui rend improbable une condamnation de Donald Trump au terme d’un éventuel procès politique. Aucun calendrier n’a été fixé. Dénonçant une «mascarade», la Maison Blanche refuse de coopérer à l’enquête et met en doute la crédibilité des témoins, dont plusieurs sont des diplomates de carrière. «Jennifer est depuis longtemps une employée dévouée du département d’Etat», a déclaré son avocat Justin Shur aux médias. «Nous nous attendons à ce que son témoignage reflète largement ce qui a déjà été exprimé publiquement».

Cet entretien devrait être parmi l’un des derniers menés à huis clos, avant l’entrée dans une nouvelle phase beaucoup plus spectaculaire avec les premières auditions publiques à partir du 13 novembre. Donald Trump a en parallèle démenti jeudi matin des informations du Washington Post selon lesquelles son ministre de la Justice Bill Barr aurait refusé d’organiser une conférence de presse pour déclarer qu’il n’avait rien fait d’illégal lors de son appel. «Le ministère de la Justice a déjà établi que l’appel était correct», a tweeté le milliardaire, qui affirme que sa conversation, dont la Maison Blanche a publié un compte-rendu, était «irréprochable».

Par Le Figaro.fr avec AFP