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La Côte d’Ivoire transforme 1,4 milliard d’euros de dette en don

octobre 28, 2021

CONVERSION. Les ministres des Finances ivoirien et français ont signé un troisième contrat de désendettement et de développement, mécanisme qui permet de convertir la dette en don.

Abidjan, en accord avec la France, va flecher cette somme en priorite vers le developpement de secteurs cles comme l'emploi des jeunes, l'agriculture, le transport, etc.
Abidjan, en accord avec la France, va flécher cette somme en priorité vers le développement de secteurs clés comme l’emploi des jeunes, l’agriculture, le transport, etc.© ISSOUF SANOGO / AFP

Les négociations étaient en cours depuis plusieurs mois. À Paris, Adama Coulibaly, le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, et son homologue français, Bruno Le Maire, ont donc finalement signé un contrat de désendettement et de développement en faveur de la Côte d’Ivoire. C’est la troisième fois que la France et le pays d’Afrique de l’Ouest signent un tel accord, dont l’objectif est de transformer une partie des dettes ivoiriennes en subventions à son propre bénéfice, pour 1,14 milliard d’euros, soit 751 milliards de francs CFA.

Le premier contrat de désendettement et de développement avait été adopté en 2012, au moment de l’accession du président Ouattara au pouvoir, et le deuxième en 2014, pour un montant cumulé des trois contrats de quelque 2,9 milliards d’euros entre Paris et Yamoussoukro. Cette mesure, entérinée mercredi par les deux ministres, vise « à mobiliser, au niveau tant bilatéral que multilatéral, les financements nécessaires aux besoins des pays en développement, en particulier en Afrique », indique le ministère français dans un communiqué.

Une bulle d’oxygène

Le contrat de désendettement et de développement, ou C2D, est un outil consistant pour un État pauvre et endetté à voir le remboursement de sa dette issue de l’aide publique au développement transformée en subventions à son propre bénéfice.

Concrètement, la Côte d’Ivoire va rembourser une partie de sa dette à la France, mais ce montant sera placé sur un compte, sous la supervision de l’Agence française de développement (AFD), pour financer des projets de développement chez elle. Le pays a déjà indiqué qu’il mettrait l’accent à travers son plan national de développement, entre 2021 et 2025, sur l’éducation, la formation, l’emploi et la santé, ainsi que sur le développement urbain et l’agriculture.

Avec une croissance de l’ordre de 8 % par an en moyenne depuis 2012, l’économie ivoirienne est l’une des plus dynamiques et diversifiées du continent. Après un léger ralentissement à 6,9 % en 2019, le pays devrait pâtir des conséquences de la pandémie de Covid-19 en 2020, les perspectives du FMI tablant sur 2,7 % de croissance du PIB cette année. Cependant, le rebond pourrait être particulièrement fort en 2021, à 8,7 %.

Depuis la création du mécanisme en France, en 2001, 18 États en ont bénéficié, dont 15 en Afrique, parmi lesquels le Cameroun, la Guinée, la Mauritanie et le Malawi. Le total des fonds engagés dans ces dispositifs s’élevait, avant la signature du troisième contrat par la Côte d’Ivoire, à 4 milliards d’euros, selon les statistiques du ministère français de l’Économie.

Par Le Point avec AFP

Zambie : Hakainde Hichilema face à la « montagne » de la dette

août 29, 2021
Hakainde Hichilema, lors d’une conférence de presse à son domicile, à Lusaka, le 16 août 2021.

Lors de son premier discours en tant président, Hakainde Hichilema s’est engagé à réduire la dette du pays, désormais supérieure au PIB.

C’est masqué que le nouveau président zambien a prêté serment devant une foule de 60 000 spectateurs. Lors de son premier discours en tant que président, Hakainde Hichilema est revenu sur ses principaux objectifs : rendre la « vie meilleure », réduire le chômage et le poids de la dette.

Le successeur d’Edgar Lungu, qui en était à sa sixième candidature, va devoir relancer une économie minée par la dette, fragilisée par les cours imprévisibles des matières premières, et depuis peu le Covid-19. Entre 2019 et 2020 la dette du pays est passée de 94,5 % du PIB à plus de 117 % et la Zambie est devenue en novembre dernier le premier pays africain à faire défaut sur sa dette souveraine depuis le début de la pandémie.

« Au cours de la dernière décennie, le niveau de la dette est devenu insoutenable, réduisant la capacité du pays à investir », a soutenu Hakainde Hichelma devant ses sympathisants réunis dans le stade des Héros de Lusaka, la capitale du pays.

Restaurer la confiance

« Notre priorité au cours des cinq prochaines années sera de restaurer la stabilité macroéconomique », a-t-il poursuivi. « Nous accorderons une attention particulière à la réduction du déficit budgétaire, à la réduction de la dette publique et au rétablissement de la confiance des marchés dans notre pays. »

La dette extérieure zambienne s’élève au total à 12 milliards de dollars, dont environ 3 milliards d’euro-obligations, 3,5 milliards de dettes bilatérales, 2,1 milliards de dollars dues à des organismes de prêt multilatéraux (le FMI notamment), et 2,9 milliards de dollars dûs à des banques commerciales.

La victoire surprise d’Hakainde Hichilema, surnommé « HH », réussira peut-être à rassurer les créanciers : depuis son arrivée au pouvoir la différence de taux d’intérêts entre les bons du Trésor américains, valeurs de référence, et les obligations zambiennes est revenu à son niveau d’avant la pandémie.

« Notre budget national a été submergé par le service de la dette », a déclaré le nouveau président zambien, septième homme à occuper ce poste depuis l’indépendance du pays en 1964, promettant de tout faire pour rétablir la situation d’avant crise.

Pour cela, l’ancien homme d’affaires va devoir négocier avec les différents créanciers. Et la tâche ne s’annonce pas facile : les accords trouvés avec la Chine et les groupes chinois, qui représentent un quart de la dette extérieure du pays, comprennent des clauses de confidentialité particulièrement délicates au vu des exigences du FMI.

Par Jeune Afrique

Grande-Bretagne: Boris Johnson obtient l’annulation d’une dette réclamée par la justice

mai 13, 2021

Le premier ministre britannique Boris Johnson a obtenu l’annulation d’une dette de 535 livres sterling (624 euros) que lui réclamait la justice britannique, qui faisait mauvais effet au moment où le dirigeant est en cause dans une série de scandales sur son intégrité.

Le bimensuel satirique d’informations Private Eye avait révélé l’existence de ce jugement datant du 26 octobre 2020, trouvé dans une base de données en ligne des tribunaux civils anglais et gallois.

Consultée par l’AFP, la décision de justice ne donnait pas de détails sur la nature de la dette, ni le créancier. Elle désigne en revanche clairement comme débiteur Boris Johnson, inscrit sous la célèbre adresse du 10 Downing Street, résidence des Premiers ministres britanniques depuis 1735.

Downing Street avait indiqué avoir déposé un recours pour annuler cette dette «totalement sans fondement» et le jugement a été retiré dans la journée de jeudi, a indiqué une source judiciaire à l’agence de presse britannique PA.

Selon le quotidien Daily Mail, Boris Johnson devait cette somme à une conspirationniste procédurière qui accuse le chef du gouvernement de «diffamations répétées». Elle lance régulièrement des procédures contre diverses institutions et envoie des copies de ses plaintes à la reine, à la BBC et au Parlement, selon le journal.

Il précise que le jugement en question avait été rendu par défaut car la procédure était restée sans réponse de la part de Boris Johnson. Elle avait été initiée auprès d’un tribunal local, alors que les procédures de diffamation sont normalement traitées par les magistrats de la Haute Cour de Londres.

Par Le Figaro avec AFP

[Tribune] En 2021, la Tunisie face au mur de la dette

décembre 29, 2020
Le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, lors du vote de confiance du Parlement, le 1er septembre 2020.

Pour l’économiste tunisien Skander Ounaies, un accord avec le FMI est désormais la seule option pour sortir le pays de sa spirale d’endettement. Mais il craint que ce ne soit pas sans conséquence sur la souveraineté.

L’année 2021 verra la Tunisie faire face à trois contraintes économiques majeures. Il s’agit d’une part de l’aggravation du taux de chômage, avec près de 250 000 chômeurs supplémentaires, notamment du fait du taux de croissance négatif du PIB estimé à – 7 % pour 2020 par le FMI et qui pourrait se révéler pire encore.

D’autre part, de l’impossibilité quasi certaine de financer un budget 2021 qui nécessite 4 milliards d’euros de financements extérieurs, une somme très difficilement mobilisable alors que la notation souveraine du pays a été dégradée en novembre par l’agence Fitch Ratings, sa perspective passant de stable à négative.

Une erreur de diagnostic fatale

Enfin, du niveau des dettes publique et extérieure, insoutenable pour l’économie. Cet engrenage de l’endettement a été causé par deux éléments majeurs.

D’abord, une erreur de diagnostic économique : en 2012, le gouvernement issu des élections législatives d’octobre 2011 a considéré que la Tunisie subissait un choc de demande, alors que le pays subissait en réalité un choc d’offre, suite aux différents mouvements sociaux liés à la révolution, nécessitant une action immédiate en faveur des entreprises, comme un report momentané de leurs paiements, pour maintenir leur compétitivité.

À L’ENDETTEMENT DU PAYS, IL FAUT AJOUTER LES PERTES DES ENTREPRISES PUBLIQUES

L’autre élément a été l’emprunt massif, essentiellement extérieur, auquel l’État a recouru pour pour faire face, entre autres, à une explosion de sa masse salariale résultant des différentes augmentations de salaires ainsi que des recrutements aberrants effectués dans la fonction publique ; le tout sur fond de croissance atone et de baisse drastique du taux d’épargne nationale, passé de 23 % du PIB en 2011 à 2 % en 2020.

Il en résulte, selon une étude de l’Institut tunisien des études stratégiques, que l’encours de la dette publique a été multiplié par 3 entre 2010 et 2018, et que sa part dans le PIB a progressé de 40,7 % à 71,7 % sur la même période. En parallèle, la moyenne de la croissance annuelle du PIB était de 1,5 % sur la période 2011-2019, contre près de 5 % pour la décennie précédente.

LE FMI ASSORTIRA CERTAINEMENT SON INTERVENTION DE CONDITIONS DRACONIENNES POUR LE PAYS

Ces chiffres sont à rapprocher de l’envolée de la dette extérieure, dont la part dans le PIB est passée de 37 % en 2010, à 86 % en 2018, selon le FMI, et devrait culminer à 90 % du PIB pour 2021, selon Fitch Ratings.

Le FMI comme dernier recours

À cet endettement, il faut ajouter les pertes des entreprises publiques, ainsi que le montant à payer pour le litige de la Banque franco-tunisienne (BFT), estimé à près de 1 milliard de dollars. Cette pression financière se prolongera jusqu’en 2025, vu les échéances de remboursements qui se profilent.

La crise sanitaire en cours et ses effets à venir poseront certainement des problèmes graves en termes de remboursement des dettes, pour lesquelles, à mon sens, on aurait dû négocier une restructuration dès les années 2015-2016, car la marge de manœuvre était encore possible, et elle ne l’est plus actuellement.

Pour le pays, la seule voie encore possible est donc celle d’un nouvel accord avec le FMI, qui permettrait d’éviter la situation d’un « mur de la dette ». Mais il faut être conscient que l’institution assortira certainement son intervention de conditions draconiennes pour le pays.

L’économiste Michel Aglietta affirme qu’ « il n’y a de monnaie légitime qu’adossée à une souveraineté », pour le cas de Tunisie, à partir de 2021, cette réflexion prend une signification vitale.

Avec Jeune Afrique

Par  Skander Ounaies

Professeur à l’Université de Carthage. Ancien économiste au Fonds souverain du Koweït (KIA)

Le ratio d’endettement des ménages grimpe à 170,7 %, indique Statistique Canada

décembre 13, 2020

OTTAWA — Les ménages canadiens traînaient en moyenne une dette de 1,71 $ pour chaque dollar de leur revenu disponible au troisième trimestre, a indiqué vendredi Statistique Canada.

© Fournis par La Presse Canadienne

Selon l’agence fédérale, la dette des ménages exprimée en pourcentage du revenu disponible est passée à 170,7 % au troisième trimestre, comparativement à 162,8 % au deuxième trimestre. 

Ce ratio restait néanmoins inférieur à celui du quatrième trimestre de 2019, alors que les ménages devaient 1,81 $ pour chaque dollar de leur revenu disponible. 

«En ayant plus d’argent et moins de dépenses, les ménages ont été capables de rembourser une partie de leur dette à la consommation. Et même s’il y a eu une récente hausse, cela reste inférieur aux niveaux observés plus tôt cette année», a souligné Priscilla Thiagamoorthy, économiste chez BMO Marchés des capitaux, dans une note à ses clients. 

L’encours de la dette sur le marché du crédit a augmenté de 1,6 % au troisième trimestre, pendant que le revenu disponible des ménages diminuait de 3,1%, les Canadiens se remettant des pertes d’emplois attribuables à la pandémie de COVID-19, a expliqué l’agence. Les ménages à plus faible revenu avaient tendance à avoir un ratio d’endettement plus élevé, a indiqué l’agence. 

Même si l’emploi a augmenté au cours du trimestre pour se situer à moins de 3,7 % de son niveau d’avant la pandémie en février, cela n’a pas suffi pour contrebalancer la fin des programmes gouvernementaux de soutien au revenu, et cela a entraîné une réduction de près de 50 % des prestations d’assurance-emploi. 

Mais avec les restrictions liées à la COVID-19, les gens ne se sont pas beaucoup éloignés de la maison. L’épargne des ménages est restée élevée et a atteint 56,8 milliards $ au cours du trimestre, a précisé Statistique Canada, en baisse par rapport au record de 90,1 milliards $ au deuxième trimestre, puisqu’un moins grand nombre de Canadiens ont eu recours aux programmes de soutien du revenu et aux reports de paiement. 

Valeur nette des ménages en hausse 

Les ménages ont aussi profité d’une hausse «notable» de la valeur des actions de fonds communs de placement, la Bourse de Toronto ayant progressé de 3,9 % pendant la période de trois mois. Dans l’ensemble, la valeur nette des ménages canadiens a grimpé de trois pour cent à 12 300 milliards $. 

«La distribution de la richesse a tendance à être hautement inégale à travers les groupes de revenus, et en conséquence, les récents gains de la valeur nette ont profité de façon disproportionnelle aux Canadiens qui s’en sortaient déjà mieux», a observé Ksenia Bushmeneva, économiste au service d’études économiques de la Banque TD, dans une note à ses clients. 

«De façon générale, les individus les plus fortunés ont enregistré de plus fortes augmentations de leur épargne puisqu’ils étaient plus susceptibles de conserver leur emploi tout en réduisant leurs dépenses discrétionnaires, comme les voyages et les restaurants, qui n’étaient largement pas disponibles.» 

En outre, il y a eu une augmentation record des emprunts hypothécaires, a précisé Statistique Canada, et l’investissement dans le logement a atteint son plus haut niveau jamais enregistré alors que les coûts d’emprunt se sont maintenus à des niveaux historiquement bas. 

La dette hypothécaire a atteint 1630 milliards $, la demande pour les prêts hypothécaires ayant grimpé à un nouveau sommet de 28,7 milliards $. 

«Manifestement, l’argent comptant n’est pas toujours roi, et le fait d’avoir des biens — (qu’il s’agisse) d’actifs financiers ou immobiliers — a vraiment valu la peine cette année, avec la reprise des valeurs mobilières et des prix de l’immobilier», a écrit Mme Bushmeneva. 

Dans son rapport, Statistique Canada a aussi rapporté que le ratio du service de la dette des ménages — qui exprime le total des paiements obligatoires du capital et des intérêts sur la dette sur le marché du crédit en proportion du revenu disponible — avait grimpé à 13,22 %, après avoir été de 12,36 %. Il avait reculé plus tôt cette année, en raison des programmes de reports de paiements liés à la pandémie de COVID-19. Plusieurs de ces programmes ont pris à la fin du troisième trimestre, a souligné Statistique Canada. 

«Les finances des ménages canadiens sont en meilleure santé cette année, surtout grâce aux transferts gouvernementaux sans précédent qui ont gonflé les revenus d’ensemble», a noté M. Thiagamoorthy. 

Avec Anita Balakrishnan, La Presse Canadienne

Le G20 donne son aval à la suspension temporaire du service de la dette des pays les plus pauvres

avril 15, 2020

«Tous les créanciers officiels bilatéraux participeront à cette initiative», a indiqué le groupe, en appelant les créanciers privés à faire de même.

Le ministre des Finances allemand Olaf Scholz, durant la visioconférence du G20, ce mercredi 15 avril.
Le ministre des Finances allemand Olaf Scholz, durant la visioconférence du G20, ce mercredi 15 avril. HANNIBAL HANSCHKE / REUTERS

Les ministres des finances et les banquiers centraux du groupe G20 se sont accordés pour donner une grande respiration aux pays les plus pauvres. Ils ont donné ce mercredi leur aval à une suspension provisoire du service de leur dette, à l’issue d’une réunion virtuelle.

«Nous nous sommes mis d’accord sur une approche coordonnée avec un échéancier commun fournissant les principales caractéristiques de cette initiative (…) qui a également été approuvée par le Club de Paris», précise un communiqué. «Tous les créanciers officiels bilatéraux participeront à cette initiative». Les créanciers privés sont également appelés à participer à l’initiative. La suspension provisoire du service de la dette des pays les plus pauvres par le G20 constitue un «acte de solidarité internationale de portée historique», a jugé le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz. «Nous laissons ainsi aux pays concernés de grandes marges de manœuvre financières pour investir dans la protection sanitaire de leurs populations, immédiatement et sans examen chronophage au cas par cas», a affirmé le ministre dans un communiqué.

Côté français, on salue également une initiative «historique». «Cette décision libère 14 milliards de dollars de la part des créanciers bilatéraux publics, donnant à ces pays des marges de manoeuvre pour rapidement répondre à la crise», a souligné Bruno Le Maire dans un communiqué. Emmanuel Macron s’était exprimé, en début de semaine, pour demander l’annulation pure, simple et «massive» de la dette de pays africains les plus démunis. Son remboursement représente en moyenne 13 % des revenus des Etats.

Mardi, le G7 s’était également dit favorable à une telle initiative pour aider ces pays à faire face aux impacts sanitaires et économiques de la pandémie du coronavirus, mais à condition de recevoir l’aval du G20. «Nous sommes déterminés à ne ménager aucun effort pour protéger les vies humaines», a déclaré Mohammed al-Jadaan, le ministre des Finances saoudien lors d’une conférence de presse virtuelle.

Il a en outre souligné qu’en cette période inédite, il fallait soutenir autant que possible l’économie mondiale et s’assurer de la résilience du système financier. «Nous devons poursuivre nos efforts et les amplifier», a-t-il ajouté, alors que les gouvernements ont déjà dépensé des milliers de milliards de dollars pour endiguer l’impact de la pandémie, qui paralyse des pans entiers de l’économie mondiale. Le Covid-19 a contaminé plus de deux millions de personnes dans le monde.

Par Le Figaro avec AFP

Chine-Afrique: le président sénégalais rejette les critiques sur la dette

septembre 4, 2018

Le président du Senegal Macky Sall (au centre) parle avec son homologue chinois Xi Jinping à Pékin le 2 septembre 2018n / © POOL/AFP / Nicolas ASFOURI

Le président sénégalais Macky Sall a appelé mardi l’Afrique à ne « pas avoir la conscience perturbée » par les critiques occidentales contre la dette des pays africains vis-à-vis de Pékin, assurant que ce dossier était « parfaitement maîtrisé ».

M. Sall s’exprimait lors de la conférence de presse finale du 7e Forum sur la coopération sino-africaine (Focac). Ce sommet diplomatique et commercial a réuni pendant deux jours des dirigeants de 53 pays africains.

« Tout ce que nous faisons avec la Chine – j’insiste là-dessus – est parfaitement maîtrisé, y compris le volet financier, le volet de la dette », a souligné Macky Sall, dont le pays hérite de la coprésidence tournante du Focac.

« Nous ne devons pas avoir la conscience perturbée par les critiques faites sur la nature de nos relations avec la Chine », a-t-il martelé au côté du président chinois Xi Jinping.

La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique. Elle investit annuellement plusieurs milliards de dollars sur le continent depuis 2015 dans des infrastructures (routes, chemins de fer, ports) ou des parcs industriels. Des investissements largement salués par les pays africains.

Ces initiatives chinoises suscitent toutefois des critiques croissantes venues d’institutions ou d’instituts de recherche occidentaux. Ils estiment que l’endettement de l’Afrique est en grande partie dû aux prêts généreux accordés par Pékin.

« La Chine n’a pas augmenté le niveau d’endettement de l’Afrique. Les raisons derrière la dette africaine sont complexes », a réagi mardi Xu Jinghu, la représentante spéciale du gouvernement chinois pour les Affaires africaines.

Elle incrimine les fluctuations de l’économie mondiale « qui ont accru le coût du financement pour l’Afrique » et le recul des recettes fiscales pour les pays exportateurs de matières premières à la suite de la baisse des cours mondiaux.

« Même pour les pays lourdement endettés, la Chine n’est pas le principal créancier. C’est donc insensé et infondé de mettre la dette africaine sur notre dos », a plaidé Mme Xu.

Xi Jinping a promis lundi une nouvelle enveloppe de 60 milliards de dollars dédiée au développement de l’Afrique. Elle comprend notamment des investissements et des prêts supplémentaires pour le continent.

« Nous serons très consciencieux (avec cette somme). Nous ferons une étude de faisabilité complète avant de sélectionner un projet », a souligné Xu Jinghu. « Il s’agira d’aider l’Afrique à renforcer sa capacité d’autosuffisance, et d’éviter (d’accroître) la dette ».

Romandie.com avec(©AFP / (04 septembre 2018 16h06)

Le Congo discute d’une restructuration de sa dette avec les négociants en pétrole

avril 22, 2018

Brazzaville a conclu un accord avec le FMI après de longs mois de discussions. Le pays dont la dette a été fortement réévaluée négocie avec Glencore, Trafigura ainsi qu’avec la Chine.

Les discussions ont été longues et houleuses. Le Fonds monétaire international (FMI) et Brazzaville viennent d’annoncer un accord qui apportera un financement sur trois ans au pays. «La République du Congo se félicite d’avoir répondu à l’ensemble des critères pour être éligible » à un tel programme, souligne un communiqué de Brazzaville. Le plus dur reste peut-être à faire : l’Etat doit s’entendre avec ses créanciers (non obligataires) pour restructurer sa dette.

Géants du trading de matières premières

La République du Congo et ses conseillers vont devoir faire accepter un sacrifice aux groupes de négoce de matières premières,  Glencore et Trafigura, ainsi qu’à la Chine qui, à eux trois, détiendraient près de 70% de la dette publique, selon une source bien informée. En septembre, l’agence S&P Global Ratings soulignait l’importance des arriérés de paiement de la compagnie pétrolière congolaise SNPC à l’égard des géants du trading.

Ces contrats, ainsi que ceux signés avec la Chine dans le cadre d’un accord « infrastructures contre ressources minérales » ont longtemps été cachés. C’est après les avoir découverts que le FMI a révisé son estimation de la dette congolaise de 77 % à 110 % du PIB entre mars et octobre 2017 !

Montages opaques et corruption

Le pays dirigé d’une main de fer par Denis Sassou-Nguesso a un lourd passif, ce qui explique que les discussions avec le FMI aient duré aussi longtemps. Le Fonds, qui, dans le passé, a donné son feu vert à un effacement de la dette congolaise (PPTE), exige que Brazzaville n’ait plus  recours au système de préfinancement pétrolier : cette pratique consiste à gager sa future production d’or noir auprès de traders ou groupes pétroliers, en échange d’argent frais. Elle donne lieu à toutes sortes de montages opaques et alimente la corruption.

Aide de 135 millions de la France

Le programme sur lequel le ministère des Finances et le FMI viennent de s’entendre stipule d’ailleurs de «renforcer la gouvernance y compris la transparence dans la gestion des ressources naturelles ». C’est à cette condition que la République du Congo obtiendra une aide financière, notamment un soutien complémentaire de 135 millions d’euros de la part de la France.

Le pays s’apprête donc à vivre sous la surveillance rapprochée des institutions multilatérales pendant des années. C’est peut-être pour éviter d’en arriver là que Brazzaville est allé solliciter d’autres sources au cours des derniers mois.. Il aurait notamment frappé à la porte du royaume saoudien, comme l’indiquait la « Lettre du continent ». Mais cette tentative a semble-t-il échoué.

Le pays traîne par ailleurs toujours un boulet : le  contentieux qui l’oppose à la société Commisimpex , qui détient une créance de plus d’1 milliard de dollars, soit environ 16% du PIB du Congo. Malgré des décisions de justice de 2000 et 2013 en faveur du groupe appartenant à l’homme d’affaires anglo-libanais Mohsen Hojeij, qui fut autrefois un proche de Denis Sassou-Nguesso, cette dette n’est pas prise en compte par le FMI, ni par les agences de notation.

Isabelle Couet

Congo-Brazzaville: le FMI au chevet de la dette congolaise

avril 14, 2018

Siège de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), à Brazzaville (Congo). © Baudouin Mouanda pour JA.

Une délégation du FMI est présente à Brazzaville depuis le 3 avril afin de poursuivre ses négociations avec le gouvernement congolais. Si les deux parties arrivent à un accord, le pays, très endetté, pourrait bénéficier bientôt d’un programme d’appui de l’institution, avec plusieurs centaines de millions de dollars à la clé. Mais tous les obstacles sont loin d’être levés. Lucie Villa, économiste chez Moody’s, revient pour Jeune Afrique sur les différents scénarios possibles.

Alors que les experts du FMI, arrivés le 3 avril à Brazzaville, sont à pied d’œuvre, la publication par le journal Le Monde, le 10 avril, d’un article intitulé  « Comment le groupe Total a aidé le Congo à berner le FMI » a fait l’effet d’une douche froide. Le quotidien y décrit un mécanisme de sociétés-écrans qui auraient permis au gouvernement congolais de décrocher en 2003, via l’entreprise Likouala SA, un prêt de 70 millions de dollars auprès de la BNP Paribas, garanti par Total. Une version aussitôt démentie par l’entreprise. Quant aux autorités congolaises, sollicitées par Jeune Afrique, elles n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce sujet dans l’immédiat.

Ces révélations font mauvais effet alors que quelques mois à peine se sont écoulées depuis que le FMI a pris conscience de l’ampleur réelle de la dette congolaise : l’institution, qui l’estimait à 77 % en mars 2017, avait dû revoir ses chiffres à la hausse et avancer un chiffre de 117 % au mois d’août, après s’être fait communiquer de nouveaux documents par le gouvernement. « Et fin décembre 2017, la dette a atteint 127 % du PIB », précise Lucie Villa, qui suit le pays pour l’agence de notation Moody’s.

Pour elle, l’information du Monde, si elle est avérée, n’aura qu’une portée limitée : « Sur les problèmes de transparence économique, de non-report d’un certain volume de passifs, on a pris acte de ce qui s’est passé et cela pèse encore, mais le pays ne peut pas descendre plus bas dans notre échelle. »

Menace d’un défaut de paiement

Reste à savoir, dans ces conditions, jusqu’à quel point l’institution financière internationale voudra poursuivre ses négociations avec les autorités du pays et ce qu’elle sera en mesure de lui proposer. Les pays de la Cemac ont en effet ouvert la porte à de nouveaux prêts du FMI lors du sommet extraordinaire de décembre 2016, pour contrer le scénario d’une dévaluation.

Suite à cela, l’institution a signé des accords en juin 2017 avec le Gabon (642 millions de dollars) et le Cameroun (666,2 millions de dollars), et en juillet 2017 avec le Tchad (312,1 millions de dollars). Le Congo sera-t-il le prochain ? Pour Lucie Villa, c’est « plus difficile qu’ailleurs, car la capacité institutionnelle est très basse ».

Mais même si l’accord était paraphé, le pays ne serait pas tiré d’affaire, estime Moody’s. « Dans le cadre d’un programme, le gouvernement pourrait s’engager sur deux plans, qui ne sont pas exclusifs : des mesures budgétaires, pour ne pas aggraver la dette en accumulant les déficits, mais aussi une restructuration de la dette. Et le volume de la dette est tel qu’on s’attend à ce qu’il soit nécessaire de poursuivre cette restructuration », explique Lucie Villa.

Dans ce cas, le pays pourrait être amené à revoir sa dette avec ses créanciers privés, notamment ceux qui ont souscrit à l’eurobond de 478 millions de dollars émis en 2007, et dont la dernière échéance doit intervenir en juin 2029. « Ce n’est pas notre scénario central, car le plus gros de la dette congolaise reste détenu par un bailleur public : la Chine. Mais cela pourrait arriver, et ce serait alors considéré comme un défaut de paiement. C’est pour cela que nous avons attaché à la notation du pays une perspective négative », développe Lucie Villa, qui précise que selon l’expérience de Moody’s, « au moins un émetteur sur trois auquel était attachée une perspective « négative » a vu sa note abaissée ».

Embellie

Malgré ce risque à court terme, l’économiste estime que la conclusion d’un programme avec le FMI serait une bonne nouvelle à moyen et long terme. Ces derniers mois, plusieurs mesures gouvernementales vont dans le sens d’une embellie : le conseil des ministres du 27 décembre 2017 a voté un budget conforme aux recommandations du FMI et prévoyant un excédent de 334 millions d’euros ; et début février, l’État a annoncé le démantèlement de ses sociétés publiques d’eau et d’électricité pour les remplacer par des sociétés anonymes.

En outre, dans sa dernière publication concernant le pays, datée du 27 mars, Moody’s fait état du recours du gouvernement aux conseillers d’Ernst & Young pour l’aider à gérer le stock de ses impayés envers ses fournisseurs sur la période 2014-2016.

En outre, les cours du pétrole sont légèrement remontés ces derniers mois. Un souffle qui pourrait n’être que temporaire, selon Lucie Villa : « Il y a une amélioration, mais on reste dans un environnement relativement bas et extrêmement volatil. En outre, le plateau de production congolais est assez court : s’il n’y a pas de nouvelle découverte les chiffres vont rapidement baisser ».

En 2017, la mise en production du projet Moho Nord a permis au pays d’améliorer sa production, en dépit de l’arrivée à maturité de plusieurs champs.

« Ultra-spéculatif » ou simplement « très risqué » ?

Dans sa dernière publication, Moody’s attribuait au Congo la note de Caa2, « ce qui signifie qu’un investisseur privé peut s’attendre à des pertes indicatives de 10% à 20% si un émetteur fait défaut », précise Lucie Villa.

L’investissement est donc considéré comme « ultra spéculatif ». À titre de comparaison, S&P, le principal concurrent de Moody’s, a donné au pays, le 23 mars, la note CCC+, un brin meilleure : elle correspond à un risque « élevé » et se voit attachée à une perspective « stable ».

Jeuneafrique.com par

A trop fêter leur prospérité retrouvée, certains États se réveillent avec une solide gueule de bois

octobre 25, 2017

Le siège du Fonds monétaire international, à Washington, le 21 octobre 2017. © Jose Luis Magana/AP/SIPA

Tribune co-rédigée par Jean-Laurent Pyndiah, économiste.

Tout voyageur se rendant en Afrique voit un continent en chantier, où se croisent pelleteuses, camions et ouvriers casqués – locaux ou chinois !

Tunis n’en finit pas d’étendre ses quartiers. L’Éthiopie finalise son pharaonique « barrage de la Renaissance » à coups de de béton. Le Sénégal bâtit sa ville nouvelle de Diamniadio

Selon les Nations unies, pour réaliser ses objectifs de développement, l’Afrique aurait besoin d’environ 1 000 milliards de dollars d’investissement par an. Les ressources budgétaires demeurant limitées, la dette publique est souvent plébiscitée, en Afrique comme dans le reste du monde.

Le FMI a repris ses missions sur le continent. Congo, Zambie et Mozambique ont commencé à goûter ses potions amères

Pourtant, dans un contexte de baisse des cours des matières premières et de croissance décevante (1,5% en moyenne en 2016), le spectre d’une dette écrasante revient hanter l’Afrique Sub-saharienne : le FMI a repris ses missions sur le continent, dans plus d’une vingtaine de pays. Le Congo, la Zambie, le Mozambique ont commencé à goûter ses potions amères.

Du continent perdu à la dernière frontière

L’Afrique était pourtant bien partie au début des années 2000, avec une dette largement annulée par l’initiative PPTE (Initiative des pays pauvres très endettés, lancée en 1996 par la Banque mondiale et le FMI avec pour objectif affiché une réduction de la pauvreté par la réduction de la dette des États concernés, NDLR) et une croissance satisfaisante (6% l’an) tirée par l’apparition de classes moyennes et les matières premières.

Le contexte politique assaini couronnait le tout et conduisait The Economist ou McKinsey à présenter l’Afrique non plus comme « the lost continent » (le continent perdu), mais comme la « dernière frontière » pour les investisseurs internationaux.

À trop fêter leur prospérité retrouvée, beaucoup d’États africains se réveillent avec une solide gueule de bois

Malheureusement, après avoir bien fêté leur prospérité retrouvée, à coups de « programmes émergents » et de « renaissance africaine », beaucoup de pays d’Afrique se réveillent avec une solide gueule de bois.

Euphorie d’investissements improductifs

Trop d’États ont été pris dans une euphorie d’investissements souvent improductifs. Mégacités angolaises financées par des prêts chinois et demeurées vides ; hôpitaux publics et autoroutes surdimensionnés bâtis en Guinée équatoriale… Des projets propices à des « taux d’évaporation » hors norme : l’ancienne ministre des hydrocarbures au Nigeria est accusée d’avoir détourné des centaines de millions de dollars, comme l’entourage du Président de Guinée équatoriale ou de Jacob Zuma.

Qui n’a point d’argent dans la bourse doit avoir du miel dans la bouche

Se sont ajoutées des opérations de maquillage des finances publiques. « Qui n’a point d’argent dans la bourse doit avoir du miel dans la bouche » : il semble que les autorités du Congo n’aient pas réussi à convaincre les fonctionnaires du FMI. Elles ont dû faire amende honorable après avoir révélé que l’endettement du pays n’était pas de 80% du PIB, mais de 120%, du fait de prêts de la Chine ou de traders, gagés sur le pétrole et non budgétés.

Même chose au Mozambique où l’endettement a quadruplé en dix ans, atteignant 120% du PIB, dans des conditions opaques (affaire des « tuna bonds »), suscitant l’ire de partenaires internationaux.

Aucune malédiction africaine ne peut être invoquée, certains pays présentant une dette publique raisonnable (inférieure à 55%), notamment la Côte d’Ivoire – gérée par un ancien haut fonctionnaire du FMI ! -, le Nigeria, le Kenya. Des outils connus permettent de poser les bases de finances publiques saines.

Des outils pour des finances publiques saines

Premièrement, la diversification économique permet de générer des ressources fiscales additionnelles et d’échapper à la « malédiction des commodités » : le Kenya a fait émerger les secteurs de l’horticulture et du tourisme (1 milliard de dollars de recettes chacun) et des services financiers, contrairement aux pays mono-producteurs d’hydrocarbures (Angola, Gabon, Algérie).

Deuxièmement, la promotion d’institutions financières locales fortes, notamment les fonds de pension – puissants en Afrique du Sud, et dans une moindre mesure au Nigeria, au Kenya, au Ghana – permet de disposer de ressources longues, en monnaie locale et de moins dépendre des investisseurs internationaux plus volatiles, voire de certains « fonds vautours ».

Troisièmement, la mise en place de projets en PPP permet, tout en évitant de laisser la main totalement libre au privé, de financer des projets d’infrastructure lourds, à moindre coût, en bénéficiant d’une gestion a priori efficace.

L’autoroute à péage du Sénégal, le secteur de l’énergie en Côte d’Ivoire ou encore le partenariat Olam – Gabon font figures d’exemples.

La dette, un instrument de domination

Quatrièmement, la plupart des États disposent de marges de manœuvre massives en matière d’augmentation des recettes fiscales : celles du Nigeria représentent 7% du PIB seulement, contre 18% au Kenya et 25% en l’Afrique du Sud.

La dette a été un puissant instrument de domination au long de l’histoire : la Tunisie fut mise sous protectorat en 1881 faute de pouvoir rembourser sa dette extérieure, et la Grèce a dû passer sous la tutelle de la « troïka » plus récemment.

Il appartient aux dirigeants africains et à leurs « grands argentiers » de faire usage de prudence et de détermination, afin que l’avenir du continent ne soit pas décidé à Washington, Paris ou Pékin, mais bien à Abidjan, Nairobi ou Maputo.

Jeuneafrique.com par Amaury De Féligonde

Ancien de McKinsey et de l’AFD, associé d’Okan, société de conseil en stratégie et en finance dédiée à l’Afrique.