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La Chine bouge, l’Occident ne sait plus sur quel pied danser

décembre 29, 2021
Un homme agite un drapeau chinois devant un groupe de soldats.

Des interprètes en uniformes militaires participent à une représentation du centième anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois, à Pékin, le 28 juin 2021. Photo: Getty Images/Noël Celis

Pékin affirme sa puissance économique et militaire de façon chaque fois plus marquée. Les dirigeants chinois ne se gênent pas pour menacer ceux qui osent leur tenir tête, alors que les craintes d’une invasion de Taïwan augmentent. Quelles options pour les pays occidentaux face à cette Chine conquérante?

Une mobilisation plus agressive

Elbridge Colby a été sous-secrétaire adjoint à la Défense pour la stratégie et le développement des forces sous l’administration Trump (2017-2018). Il s’inquiète de l’influence grandissante de la Chine. L’objectif de la Chine est de devenir un hégémon, à tout le moins en Asie, et comme l’Asie représentera bientôt plus de 50 % du marché mondial, si elle atteint l’hégémonie en Asie, elle sera dominante dans le monde entier, affirme-t-il.

« Ce n’est pas simplement de l’ordre du possible, c’est plutôt hautement probable, à moins que nous prenions des mesures pour l’éviter. »— Une citation de  Elbridge Colby, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense

Militairement, cependant, les Chinois ne sont pas près de rattraper les Américains. Leur budget militaire (252 milliards de dollars américains) est le deuxième du monde, mais loin derrière celui des États-Unis (778 milliards).Un sous-marin avec des drapeaux chinois.

Un sous-marin nucléaire lanceur de missiles balistiques de l’armée chinoise lors d’une démonstration militaire en mer de Chine méridionale (archives). Photo: Reuters/ China Stringer Network

Les Américains ont une avance qualitative et quantitative très significative en matière de matériel militaire, croit Marc Julienne, chercheur, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Pékin fait toutefois du rattrapage accéléré. Les Chinois sont en train de construire un troisième porte-avions et disposent d’un impressionnant arsenal de missiles balistiques.

La menace est-elle réelle?

Washington en rajoute sans doute un peu afin de justifier sa politique envers Pékin, souligne Marc Julienne. De l’autre côté, la Chine le fait aussi, en tenant un discours de puissance dans lequel elle répète à qui veut l’entendre qu’elle est une grande puissance et qu’elle est en mesure de faire face à toute provocation, y compris sur le plan militaire, souligne le chercheur.

Si l’Occident veut empêcher la Chine de dominer la région, ce qu’elle tenterait actuellement de faire, il doit agir rapidement en collaborant avec des alliés régionaux tels que l’Inde, le Vietnam, la Corée du Sud et le Japon, pour établir un meilleur rapport de force, estime M. Colby. Actuellement, on parle beaucoup, mais on agit peu, déplore-t-il.

« On fait bien des déclarations sur la Chine, mais en réalité, notre position militaire est figée. Il y a plus de paroles que d’actions. »— Une citation de  Elbridge Colby, auteur de The Strategy of Denial: American Defense in an Age of Great Power Conflict

Les États-Unis devraient réduire au minimum leur présence militaire au Moyen-Orient et en Europe afin de se concentrer sur l’Asie, croit-il, tout en poussant les Japonais et les Taïwanais à augmenter leur propre budget de défense. Ce sont des choses que nous avons dit que nous allions faire, mais qui ne se produisent pas.Trois soldats américains courent en pointant leur fusil d'assaut dans les rues d'un village en Lituanie.

Les Européens devraient assumer une plus grande partie de leur défense au sein de l’OTAN pour que les Américains puissent déployer leurs troupes ailleurs, estime M. Colby. Photo : Reuters/ Ints Kalnins

Masser des troupes américaines dans la région ne risque-t-il pas, au contraire, de provoquer Pékin?

Fort possible, pense Marc Julienne, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’IFRI. L’émergence militaire et l’assurance stratégique de la Chine sont très préoccupantes. En revanche, je ne sais pas si la meilleure manière d’y répondre est une surenchère, notamment militaire.

Est-ce que la méthode américaine est la bonne, dans le sens où elle va permettre de rétablir un équilibre stratégique favorable aux États-Unis et de faire reculer la Chine dans ses ambitions et ses objectifs? J’ai peur, au contraire, que cela pousse la Chine à augmenter son développement militaire et à affirmer encore un peu plus sa puissance et sa coercition sur ses voisins.

« Sur la vision de la Chine, on peut assez facilement tomber d’accord. Mais sur la méthode à employer, je ne suis pas sûr du tout. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’Institut français des relations internationales

Une vraie coalition

Il faut parler aux voisins de la Chine pour exercer une pression politique dans le cadre de partenariats et d’organisations internationales, prône M. Julienne. Tout le contraire de ce qui a été fait avec AUKUS (une alliance entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis), un pacte négocié secrètement au nez et à la barbe des alliés qui risque de fragiliser les alliances existantes, dont l’OTAN, croit le chercheur.Scott Morisson, devant un lutrin. Sur des écrans placés de part et d'autre, Boris Johnson et Joe Biden.

Le premier ministre australien Scott Morisson, son homologue britannique Boris Johnson (à gauche) et le président américain Joe Biden (à droite) lors de l’événement virtuel où la nouvelle alliance AUKUS a été annoncée. Photo : La Presse Canadienne/AP/MickTsikas

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a parlé d’un coup de poignard dans le dos en référence à ce partenariat, qui implique le partage d’intelligence artificielle, de capacités cybernétiques et de technologies quantiques.

Outre la France, qui a perdu un contrat de sous-marins de près de 84 milliards de dollars, les pays de la région, comme l’Indonésie, les Philippines, Singapour, la Malaisie, mais aussi le Japon et la Corée du Sud, auraient dû être au courant avant l’annonce, estime-t-il.

« C’est un drôle de signal envoyé aux alliés des États-Unis, dont ils ont besoin dans la région indo-pacifique. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’IFRI

M. Julienne préconise plutôt une approche qui prend en compte la réalité de ces pays, très dépendants de la Chine sur le plan économique. Ils ne veulent pas avoir un choix de guerre froide entre la Chine et les États-Unis, puisqu’ils ont besoin de commercer avec la Chine et ont besoin des États-Unis comme partenaire de sécurité. Or on a le sentiment que l’approche américaine est un jeu à somme nulle : vous êtes avec nous ou contre nous.

La stratégie européenne, présentée cet automne, prend en compte les enjeux économiques, la gestion du changement climatique et les questions environnementales, pas seulement les aspects militaire et sécuritaire, avance M. Julienne.

« C’est une vision qui repose sur la paix, la coopération et le dialogue. Elle ne doit pas être naïve, mais elle est inclusive, c’est-à-dire qu’elle n’est pas fermée à la Chine. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’IFRI

Quel rôle pour le Canada?

Drapeaux canadiens et chinois.

Les relations entre le Canada et la Chine sont au plus bas depuis l’arrestation de Meng Wanzhou, en décembre 2018. Photo: Associated Press/Fred Dufour

Elbridge Colby s’étonne de ne pas voir le Canada jouer un rôle plus important dans la lutte contre l’hégémonie chinoise.

Si vous regardez les Five Eyes [Alliance des Cinq yeux, qui inclut les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande], vous verrez que le Royaume-Uni et l’Australie sont très actifs, alors que du côté du Canada, il ne se passe pas grand-chose, note-t-il.

Le Canada a pourtant dû se frotter aux façons de faire chinoises avec la détention arbitraire, en 2018, de Michael Kovrig et de Michael Spavor, emprisonnés en Chine après l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, à la demande des autorités américaines.

Étant donné les engagements passés du Canada, son silence dans ce dossier est frappant, croit l’analyste. Il garde espoir que le pays s’engagera plus résolument dans la défense de nos intérêts.

« Si les États-Unis craignent la Chine, le Canada devrait certainement en avoir peur aussi. »— Une citation de  Elbridge Colby, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense

Le gouvernement libéral n’a pas encore fixé sa stratégie Asie-Pacifique, promise lors de la campagne électorale et attendue impatiemment par plusieurs secteurs.

Avec Radio-Canada par Ximena Sampson

Turquie : « Un tiers de notre aide au développement est consacré à l’Afrique »

décembre 3, 2021
Serdar Çam, le vice-ministre turc de la Culture et du Tourisme. © Tika

L’Agence turque pour la coopération et le développement (Tika) compte 22 bureaux sur le continent et multiplie les projets. Entretien avec Serdar Çam, qui en tant que vice-ministre de la Culture chapeaute cette institution.

Ingénieur chimiste diplômé de la prestigieuse université Odtü (Ankara) et docteur en management (université de Boston), Serdar Çam a présidé l’Agence pour la coopération et le développement (Tika) de 2011 à 2019. Aujourd’hui vice-ministre de la Culture et du Tourisme, il chapeaute plusieurs organismes liés au soft power turc, dont la Tika, qui depuis sa création, en 1992, a conduit plus de 30 000 projets dans 170 pays. La Tika compte 850 employés et 62 bureaux, dont 22 en Afrique.

Jeune Afrique : Quels sont les objectifs de la Tika en Afrique ?
Serdar Çam : Partager nos valeurs et notre expérience, faire bénéficier les pays du continent de nos succès économiques. Nous avons surmonté de nombreuses difficultés et beaucoup appris ces quarante dernières années. Nous avons aussi aidé les pays turcophones d’Asie centrale après l’effondrement de l’URSS. Nos capacités étaient néanmoins limitées. Mais, depuis que Recep Tayyip Erdogan a accédé au pouvoir, en 2002, la Tika est devenue un acteur important de l’aide au développement. Sa caractéristique : soutenir les économies fragiles, sans marchandage ni contreparties.

Quels sont vos domaines d’action ?
Nous avons lancé des milliers de programmes dans tous les secteurs : éducation, santé, agriculture, industrie, développement durable, aide aux mères et aux enfants, promotion des femmes… Chaque année, 5 000 experts turcs, dont un tiers en Afrique, sont engagés dans des actions de formation.

À MOGADISCIO, NOUS AVONS CONSTRUIT L’HÔPITAL LE PLUS GRAND ET LE PLUS MODERNE DU CONTINENT

De quel budget disposez-vous ?

Il varie en fonction des besoins. Lors de la Quatrième Conférence de l’ONU sur les pays les moins avancés, qui a eu lieu à Istanbul en 2011, la Turquie s’était engagée à fournir 2 milliards de dollars sur dix ans à ces 48 États, dont 35 sont africains. Elle a tenu sa promesse. Aujourd’hui, un tiers de notre action est consacré à l’Afrique.

Quelle est votre approche ?
Elle consiste à demander aux pays quels sont leurs besoins et à leur donner ce qu’ils jugent nécessaire. Et cela, ils le savent mieux que nous. Selon les cas, cela peut être des infrastructures, de la formation pour les agricultrices, ou des écoles, car l’illettrisme est un frein au développement et un terreau pour le terrorisme.

Avez-vous des pays cibles ?
Nous veillons à être actifs partout. Dans les pays où nous n’avons pas de bureau, nous agissons depuis notre siège, à Ankara, ou depuis notre bureau régional le plus proche.

Quelles sont vos plus grandes réussites ?
Je pourrais évoquer celles qui ont mobilisé les plus gros budgets. Mais certaines, sans représenter des montants élevés, contiennent une forte charge émotionnelle. Au Ghana, nos médecins ont appareillé une quarantaine d’enfants profondément sourds. Ils peuvent aujourd’hui parler, et sont scolarisés. À Mogadiscio, nous avons construit et faisons fonctionner l’hôpital le plus grand (200 lits) et le plus moderne du continent.

Nous avons également construit, équipé ou rénové des hôpitaux, des centres médicaux, des écoles ou des Parlements, notamment au Bénin, en Gambie, en Libye, au Mali, au Niger, au Soudan et au Tchad. Et restauré des monuments ottomans, comme la mosquée Ketchaoua, à Alger, le consulat d’Harar, en Éthiopie, le musée et le palais du sultan Ali Dinar, au Soudan.

NOS ÉCHANGES AVEC CERTAINS PAYS ONT ÉTÉ DÉCUPLÉS

Quelles différences présentez-­vous avec les autres agences de développement ?
Sur le plan technique, il y en a peu. C’est notre approche politique qui est différente. Nous ne faisons pas comme certains États dont les banques prêtent de l’argent à des pays et qui, lorsque ces derniers ne peuvent plus rembourser, prennent le contrôle de pans entiers de leur économie.

Cela étant, nous sommes conscients que ce qu’il se passe dans d’autres parties du monde peut avoir des conséquences pour nous. Lutter contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest, par exemple, peut avoir un impact sur la France ou sur la Turquie. Cette dernière est un bon partenaire pour l’Union européenne (UE). Nous pouvons être concurrents dans une certaine mesure, mais, sur le plan global, nous pouvons aussi agir et, pourquoi pas, travailler ensemble.

Votre aide n’est pas forcément désintéressée…
Bien sûr, toute action positive suscite l’amitié. Nos échanges avec certains pays ont été décuplés sans que nous n’ayons rien calculé. Lors d’une visite du président Erdogan en Afrique du Sud, un homme d’affaires m’a demandé au déjeuner  : « Quelles sont vos attentes en Somalie ? » « Voir cesser la mortalité infantile », lui ai-je répondu. La première dame, Emine Erdogan, avait tenu dans ses bras un bébé, qui est mort peu après – les médecins du président n’avaient pu le sauver. Cela nous avait beaucoup remués. Nous aurions pu ouvrir notre premier bureau au Mozambique, qui possède les deuxièmes réserves de gaz du continent, mais non : nous aidons les plus pauvres et voulons montrer qu’on peut réussir à aider des États faillis.

L’AFRIQUE EST LE LIEU OÙ LA TURQUIE ET L’UNION EUROPÉENNE PEUVENT TROUVER DES COMPROMIS

Êtes vous favorables à des initiatives conjointes avec d’autres organismes d’aide au développement ?

Nous sommes toujours ouverts à d’autres collaborations, sans restrictions, que ce soit avec l’ONU, le Pnud, l’USaid, etc. Depuis près de sept siècles la Turquie est tournée vers l’Europe. Elle est très importante pour l’UE, les politiciens qui ne veulent pas que nous l’intégrions devraient le comprendre. L’Afrique est un continent essentiel, où la Turquie et d’autres pays européens peuvent mener des projets conjoints, avec de nouvelles approches, de nouveaux programmes. Nous devons nous tourner vers l’avenir. Justement, l’Afrique est le lieu où l’on peut trouver des compromis.

Travaillez-vous avec le secteur privé ?

Bien sûr, indirectement. Pour de gros projets, tels que des programmes techniques ou scientifiques, nous travaillons avec des ministères et autres institutions étatiques, mais nous nous appuyons aussi sur des universités ou sur des organisations techniques appartenant au secteur privé. En lançant des appels d’offre nous transférons la mise en œuvre de nos programmes au privé. Et, par ailleurs, des donateurs nous aident pour des projets spécifiques.

Avec Jeune Afrique par Joséphine Dedet

Congo/Développement: quarante coopératives de Goma Tsé-Tsé dotées d’équipements agricoles

octobre 15, 2020

A l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme rurale, le 15 octobre, la ministre chargée de l’Intégration de la femme au développement, Jacqueline Lydia Mikolo, a mis à la disposition des groupements agricoles du matériel et des semences pour la relance de leurs activités perturbées à cause des restrictions liées à la covid-19.

« Ce matériel va permettre aux femmes rurales de Goma Tsé-Tsé de relancer leurs activités en réduisant la pénibilité des travaux de production », a indiqué la ministre Jacqueline Lydia Mikolo lors de la remise des équipements. La femme rurale contribue à 64% de la production agricole du pays, à 80 % de la production vivrière, 60% dans les activités de fumage de poisson, de séchage s’agissant de la pêche, a souligné la ministre. Selon elle, le thème de célébration de cette journée : « La femme congolaise engagée dans la production locale » résume tout dans le sens de ce qu’elles font et de ce qu’elles doivent continuer à faire.

Le coordonnateur du système des Nations unies au Congo, Chris Mburu, a quant à lui, indiqué que la dotation faite à ces coopératives permettra d’empêcher l’exode rural qui a des conséquences négatives sur la production. Les activités agricoles des femmes rurales contribuent, entre autres, à la sécurité alimentaire, a rappelé le diplomate onusien avant de réitérer l’engagement du Programme des Nations unies pour le développement à soutenir le gouvernement congolais dans le processus de relèvement des populations vulnérables. Pour sa part, le sous-préfet du district de Goma Tsé-Tsé, Prosper Diatoulou, a salué l’initiative qui permettra aux femmes rurales de la localité de renouer avec les activités qui leur permettent de se prendre en charge. Les attentes des femmes rurales de cette localité du département du Pool, selon lui, demeurent nombreuses.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya

Développement de l’Afrique : « Comment l’argent de la diaspora peut soutenir le budget de l’État » au centre d’une réflexion

août 11, 2020

 

L’Association de développement de relations Nord Sud, ADRNS, analyse, au cours d’un séminaire, l’impact de l’argent de la diaspora dans ses pays d’origine respectifs. Dimitri M’Foumou-Titi, président de ADRNS et promoteur de African Valey, reprend les grandes lignes de cette réflexion menée  le 8 août à Paris.

 

 Dimitri m'Foumou-Titi,  président de ADRNS et promoteur de African Valey

Dimitri M’Foumou-Titi, président de ADRNS et promoteur de African Valey Crédit photo : Hady Photo

« En priorité, il faudrait transformer l’argent de la diaspora congolaise en investissement productif », rapporte Dimitri M’Foumou-Titi, par ailleurs diplômé de l’ESSEC Paris Business School. « Cette priorité a été élaborée en appui des données économiques OCDE, UA qui font état qu’en 2019 ce sont 72 Milliards $ qui ont été envoyés par la diaspora sur le continent africain. De ce fait, pour les pays africains, l’option demeure l’investissement productif, contrairement à l’investissement non-productif qui est une somme d’argent qui ne permet pas d’accroître un volume ou une capacité de production et n’a pas pour but le développement économique », a-t-il laissé entendre.

Et de poursuivre : « Par la suite, les pays doivent définir les secteurs à cibler en priorité et, dans ce cas, recenser les initiatives sur le continent qui pourraient être accompagnées par la diaspora. Avec, par exemple, 10% des sommes envoyées par la diaspora (environ 7milliards $), en appui avec le concept African Valley, les Etats pourraient investir dans : l’acquisition des équipements informatiques ou matériels de production ; le développement des filières et des chaînes de valeur dans le secteur agricole pour créer des entreprises de transformations en vue de créer des emplois ; dans les infrastructures de transport, pour accompagner la transition urbaine du projet de l’Agenda 2063. Il serait judicieux de prévoir également d’investir dans le capital humain et de créer des centres de formations, des écoles, des universités et des centres de recherche ».

Dans la foulée, il estime qu’il appartient aux entrepreneurs de la diaspora de reprendre le contrôle du marché des transferts détenu jusqu’alors par les Western Union et autres parce qu’il est tout à fait indispensable de restaurer la confiance et surtout de proposer aux membres de la diaspora des services performants qui puissent faire l’unanimité. « La clé réside dans la création d’entreprises concurrentes avec une vraie proposition de valeur, qui se distingueraient de celles déjà existantes, a-t-il ajouté. Ensuite, il y a l’innovation avec les solutions de FINTECH, à savoir avec « les money transfert », les cartes à débits immédiats, même si la réglementation des marchés financiers doit accompagner ces outils ; et enfin, si c’est faisable, la possibilité pour la diaspora de créer une banque car cela aurait plus de pertinence et d’acceptabilité.

African Valley propose que la diaspora dispose d’une crypto monnaie pour permettre d’avoir une alternative aux sociétés existantes ; « la cryptodiaspora currency ». »

Enfin, pour terminer, « les Etats africains devraient considérer la diaspora africaine comme des agents économiques et des partenaires extérieurs de premier plan en tant qu’alliés objectifs. Cela passerait par la création d’un dispositif ou un véhicule permettant de suivre l’apport de cet argent au développement du pays : ils pourront l’inscrire au budget national. C’est l’une des pistes proposées par African Valley en mettant en place un mécanisme pour le suivi de l’apport de la diaspora et d’en faire une donnée mesurable, acceptable et fiable, en toute confiance. Dans le cadre des investissements, pour les entreprises étatiques, un produit ou un instrument financier peut également être créé. Il permettra de négocier les contrats à propos des marchés des capitaux à court, moyen ou long terme ».

Durant cet été, malgré les mesures sanitaires du moment, ADRNS en appui des experts et les membres de la communauté des Congolais de l’étranger, mèneront d’autres séminaires de réflexion.

 

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Zimbabwe : contre toute évidence, Mugabe assure que son pays est le plus développé du continent après l’Afrique du Sud

mai 4, 2017

Le président zimbabwéen Robert Mugabe lors d’un discours à Masvingo, à environ 300 km au sud de la capitale Harare, en décembre 2016. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

En déplacement à Durban, le président du Zimbabwe Robert Mugabe a affirmé ce jeudi 4 mai que son pays était « le plus développé d’Afrique après l’Afrique du Sud », faisant ainsi fi de la grave crise économique et financière qui le touche depuis le début des années 2000.

Maître absolu du Zimbabwe depuis son indépendance en 1980, le chef d’État de 93 ans a fait une apparition au Forum économique mondial sur l’Afrique réuni à Durban, dans l’est de l’Afrique du Sud. Interrogé lors d’une discussion sur les États « en échec », il a répondu dans un grand éclat de rire que le sien ne faisait pas partie de cette catégorie.

 

« Bien sûr que ce n’est pas vrai (…) Nous ne sommes pas un pays pauvre et nous ne pouvons pas être un état fragile », a-t-il assuré, affalé dans son fauteuil. « Je peux considérer l’Amérique comme fragile, ils se sont mis à genou devant la Chine », a poursuivi le chef de l’État.

« Le Zimbabwe est le pays le plus développé d’Afrique après l’Afrique du Sud, je voudrais savoir quel pays à le niveau de développement que nous avons atteint au Zimbabwe », a-t-il insisté, citant notamment son niveau d’éducation.

Empêtré dans la crise

Le pays se débat depuis le début des années 2000 et une funeste réforme agraire dans une crise économique et financière dévastatrice qui a plongé ses 15 millions d’habitants dans le chômage de masse et la plus extrême pauvreté. Près de 90% de la population active est officiellement sans emploi et 80% du budget de l’État sert à payer les fonctionnaires.

Un bilan qui n’a pas empêché Robert Mugabe d’annoncer son intention de briguer un nouveau mandat en 2018.

Jeuneafrique.com avec AFP

« L’Afrique est l’avenir de la France »

mai 1, 2017

 

Le banquier d’affaires Ibrahim Magassa invite les candidats à la présidentielle française à enrayer le déclin du pays en faisant le pari de l’émergence du continent.

Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, en 2017. Crédits : Luc Gnago/REUTERS

Pour retrouver le prestige qu’elle mérite, la France, notre pays, aspire à une véritable révolution dans les cœurs et les esprits. A condition que les programmes proposés par les candidats à l’élection présidentielle redoublent, au second tour plus encore qu’au premier, d’audace et d’imagination.

Avec une population de 67 millions d’habitants, un taux de chômage de près de 10 % de la population active, un PIB de 2 806 milliards d’euros, une croissance non dynamique de 1,2 %, un endettement record de 2 200 milliards d’euros (et 50 milliards d’euros annuels d’intérêts), un taux de prélèvements obligatoires de 47,7 % et une durée du travail limitée à 35 heures, la France peut et doit retrouver son lustre d’antan en ouvrant quatre grandes portes : un engagement fort dans l’écologie et les services numériques ; un accroissement du temps de travail (pas la durée légale) et un renforcement de l’entreprenariat ; une forte promotion de l’innovation et des start-up, un équivalent français de la Silicon Valley ; et enfin un vaste plan de croissance basé sur les débouchés de marché en Afrique.

Réussir ensemble ou échouer séparément

Pourquoi l’Afrique ? Tout simplement parce que la relance économique de la France et l’émergence de l’Afrique constituent un seul et même problème : nous réussirons ensemble ou nous échouerons séparément. La population de l’Afrique francophone – 402 millions de personnes soit un tiers de la population du continent – est jeune et dynamique et, surtout, peut représenter un marché tout aussi important que celui de l’Union européenne dont la population était de 510 millions d’habitants en 2016.

Avec l’ambition de devenir émergente à l’horizon 2020, la Côte d’Ivoire, sous la présidence d’Alassane Ouattara, en offre une belle illustration : une croissance moyenne de 9 % par an avec un plan d’investissements de 60 milliards de dollars (55 milliards d’euros) sur cinq ans. Les besoins en énergie de la Côte d’Ivoire s’élèvent à 20 milliards d’euros. Les besoins en eau, en infrastructures, dans l’agriculture, les télécommunications, la santé, l’éducation, sont tout aussi importants. Au total, le besoin en investissements des 26 pays francophones du continent porte sur 1 500 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Pour la France, c’est une aubaine à saisir.

Une croissance supplémentaire de 5 % de son PIB représenterait annuellement 140,3 milliards d’euros supplémentaires, soit plus de 700 milliards durant le prochain quinquennat ! Comment la France pourrait-elle financer un tel programme avec de 2 200 milliards d’euros de dette et un PIB de 2 806 milliards d’euros, s’interrogeront les moins audacieux ?

En mettant en œuvre un nouveau plan Marshall, un montage financier global portant sur un portefeuille de programme sécurisé et économiquement viable dans le cadre d’un vaste fonds de développement durable en Afrique francophone, conduit et piloté par la France, au profit de l’Etat et des entreprises françaises – et non par l’Europe qui ne partage quasiment rien avec l’Afrique francophone. Comme en 1947 entre les Etats-Unis et l’Europe, il s’agirait d’un vaste partenariat public-public, soutenu par la Banque de France et le Fonds monétaire international (FMI), dans des secteurs porteurs, profitables et en adéquation avec les Objectifs du millénaire (ODM). La dernière étude annuelle de la Banque de France sur la composition et l’évolution des placements des ménages (4 300 milliards d’euros en 2016) confirme la réputation de champions de l’épargne des Français, qui pourraient trouver là une bien meilleure rémunération en participant à la relance de l’économie française et à l’émergence de l’Afrique.

Inverser la courbe de l’immigration

Je comprends fort bien qu’une nation qui se morfond devant le spectacle de son propre affaiblissement, qu’un pays en équilibre instable sur le fil de sa propre histoire éprouve quelques hésitations à se projeter vers de nouveaux horizons et préfère la nostalgie paresseuse à une aventure exaltante mais pleine d’imprévus. Pourtant, il faudra bien un jour que notre grande nation renonce à se satisfaire de ce qu’elle a été et se décide enfin à construire la grande nation qu’elle peut être à nouveau demain.

Les combattants de la République refusent dans leur immense majorité d’avoir à choisir entre le redressement de la France et sa vocation à s’ouvrir au monde et à parler en son nom. Seule une stratégie radicalement innovante nous permettra de tourner résolument la page du pessimisme et du déclin.

Cette stratégie consiste à s’ouvrir au monde et à considérer que le problème français et la question de l’Afrique doivent s’exprimer et se résoudre en une seule et même équation : il n’est pas possible de susciter un immense mouvement de renaissance de la France sans l’associer étroitement à la montée en puissance de l’émergence de l’Afrique. Allons plus loin : si l’on veut éviter que de plus en plus de jeunes Africains rêvent de s’exiler en France, il faut tout autant que des jeunes Français caressent l’idée de s’expatrier durablement en Afrique ! Je n’hésite pas à exprimer ici ce conseil dérangeant : jeunes Français, allez en Afrique pour aider les Africains à y rester ! Le temps est venu d’inverser la courbe de l’immigration, en encourageant nos compatriotes à investir massivement et à travailler durablement en Afrique. Le temps est venu de stopper le mouvement de fuite des cerveaux et d’inciter les jeunes Français à s’expatrier : que les tablettes remplacent les roquettes, le développement, la croissance et la paix ne pourront qu’y gagner.

Le monde.fr par Ibrahim Magassa, citoyen français, est banquier d’affaires et cofondateur de l’Afrique Business Club.

Pour Madagascar, des milliards de dollars et l’espoir d’un nouveau départ

décembre 6, 2016

Après avoir reçu des promesses d’aide de 6,4 milliards de dollars, le président malgache doit démontrer sa capacité à redresser le pays.

Des habitants d’Antananarivo jouent à la pétanque le 25 novembre 2016. Le pays vient d’être sacré champion du monde. Crédits : GIANLUIGI GUERCIA/AFP
« Une conférence historique » pour Madagascar : c’est avec ces mots que le président malgache Hery Rajaonarimampianina a salué le soutien promis par les bailleurs de fonds étrangers à l’issue de la réunion organisée à Paris les 1er et 2 décembre.

La Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne, les agences des Nations unies et quelques bailleurs bilatéraux dont la France ont été au-delà des attentes du chef de l’Etat, qui peut désormais se prévaloir de leur appui pour remettre sur pied une économie mise à mal par cinq années de crise politique et lancer un plan de développement qui promet de transformer la vie des Malgaches dont la grande majorité vit dans la pauvreté.

Le chiffre de 6,4 milliards de dollars (5,9 milliards d’euros) annoncé mérite cependant d’être examiné en détail. S’il est supérieur aux 5,6 milliards de dollars recherchés par le gouvernement, il s’agit pour partie seulement d’argent nouveau. La Banque mondiale, qui a fait la plus grosse annonce avec 1,3 milliard de dollars pour les trois prochaines années, avait déjà indiqué en février être en mesure de mobiliser 690 millions de dollars pour soutenir les couches les plus vulnérables de la population.

De la même façon, l’Union européenne avait annoncé en novembre 2015 une enveloppe de 518 millions d’euros sur cinq ans coïncidant avec la reprise officielle de l’aide suspendue après le renversement du président Marc Ravalomanana par l’ancien maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina en mars 2009. « Les conférences de donateurs ressemblent aux concours de beauté. C’est à qui fera la plus grosse annonce. Ce ne sont que des promesses. Ce chiffre montre seulement que les bailleurs sont bien disposés à l’égard de Madagascar et c’est déjà un bon signal », commente un observateur de l’aide internationale.

10 % des routes en bon état

Le décaissement réel de cette aide composée de dons et de prêts à faible taux d’intérêt est en effet suspendu à une longue liste de conditions : projets solides, transparence des procédures, contrôle financier… De l’avis des bailleurs, « la capacité d’absorption » de l’administration malgache avoisine aujourd’hui 500 millions de dollars par an. Depuis 2013, cette somme a été atteinte chaque année. Passer à la vitesse supérieure suppose de muscler les moyens de l’Etat malgache.

Une chose est sûre cependant : l’aide extérieure redevient le principal outil de financement des politiques publiques. « Nous n’avions pas mesuré l’impact qu’aurait notre retrait », reconnaissait vendredi à Paris le représentant d’un des pays donateurs. Entre 2009 et 2013, l’aide a chuté d’environ 30 % et s’est déplacée vers des programmes humanitaires. Les infrastructures se sont détériorées. En plus des dégâts liés aux cyclones, des coupes budgétaires ont aggravé l’état des routes et des infrastructures d’approvisionnement en eau et en électricité.

Le plan national de développement (PND) sur lequel Hery Rajaonarimampianina promet de bâtir « un nouveau Madagascar » est censé faire repartir le pays dans la bonne direction. Sur bien des plans, Madagascar démarre quasiment de zéro. Le programme d’investissements dans les infrastructures dessine en creux tout ce qui a été défait ou n’a jamais été fait au cours des dernières décennies. Sur les 31 640 km de routes, seuls 10 % sont en bon état et un tiers à peine sont praticables toute l’année. La remise en circulation du canal des Pangalanes qui s’étend sur 700 km le long de la côte doit ainsi être relancée. La construction de routes pour désenclaver des territoires et accroître la production agricole est également inscrite parmi les priorités des prochaines années. Alors que le pays souffre de la faim – 1,2 million de personnes sont sous assistance du Programme alimentaire mondial dans le sud de l’île –, seules 5 % des terres arables sont exploitées.

Message d’espoir

Inscrits aussi à l’inventaire : la création de six zones économiques spéciales bénéficiant de conditions d’investissement avantageuses et d’une main-d’œuvre à 40 dollars le mois, l’ouverture de 40 concessions à l’exploration pétrolière offshore, la remise en ordre des filières de production des pierres précieuses dont l’essentiel est aujourd’hui exporté illégalement, la construction de nouvelles infrastructures énergétiques…

« Nous envoyons un message d’espoir aux Malgaches », s’est félicité le président de la BAD, Akinwumi Adesina en annonçant une contribution de 1 milliard de dollars au Plan national de développement.

Espoir ? La presse malgache est restée prudente et célébrait plus volontiers, lundi matin, le titre de champion du monde de pétanque décroché face au Bénin que les lendemains qui chantent du PND. A preuve du contraire, les Malgaches se font peu d’illusions sur la volonté de leurs dirigeants comme sur la capacité de l’aide extérieure à changer leur quotidien. Pour répondre aux risques de corruption et de détournement, M. Rajaonarimampianina a promis la création d’« une structure de suivi ».

« Il va falloir gérer minutieusement les annonces de Paris, admet un bailleur. Les Malgaches qui travaillent dur pour pouvoir se payer un repas par jour ne comprendront pas que ces milliards de dollars n’aient aucune retombée concrète pour eux. »

C’est à ce prix qu’il sera possible d’affirmer que la conférence de Paris était « historique ».

 

Congo/André Okombi Salissa: Les 21 Axes de Développement

mars 9, 2016
Auteur: AOS

Monsieur Denis SASSOU NGUESSO s’auto proclame « Bâtisseur Infatigable », il devrait avoir honte de s’attribuer ce titre, car son bilan économique et infrastructurel est d’une « médiocrité lamentable » après 32 ans de pouvoir sans partage.

Avec le Candidat André OKOMBI SALISSA, comme Président de la République du Congo, le Peuple peut légitimement attendre du futur Gouvernement démocratique, d’initier des réflexions sérieuses et des actions concrètes sur les 21 Axes de développement suivants :

1. Diversifier l’économie nationale afin qu’elle ne soit plus dépendante du secteur pétrolier : la part du secteur pétrolier doit être supérieure ou égale à 40% du PIB, elle doit représentée 45% des recettes publiques et 50% des exportations d’ici 2035. Contre 66% du PIB, 75% des recettes publiques et 90% des exportations actuellement sous le régime de SASSOU après ses 32 ans lamentables de pouvoir.

2. Développer le secteur tertiaire, le secteur des NTIC, la production écologique, l’innovation et la recherche scientifique dans les domaines d’activités porteurs du Futur. Créer une Agence Congolaise de l’Innovation (ACI) en partenariat avec des responsables de la Silicone Vallet des USA.

3. Réduire les charges à l’importation, à l’exportation, au dédouanement et les charges fiscales de manière raisonnable et de nature à booster l’activité économique. Les charges à l’importation, à l’exportation, ou au dédouanement ne doivent pas dépasser 25 % de la valeur du bien objet de la transaction.

4. Stimuler l’économie nationale afin que le Congo ait un Taux de croissance à « Deux chiffres » sur les 20 prochaines années.

5. Mettre en place un système de préférence nationale en matière économique, qui va soutenir, former, financer et propulser des entrepreneurs Congolais. Dans cette optique, créer une Agence du Patriotisme Economique (APE) et une Banque spéciale chargées de piloter cette politique, et les doter d’un budget conséquent chaque année.

6. Créer des Banques spéciales chargées de soutenir les activités économiques des Jeunes et du Secteur Agricole.

7. Lutter contre l’évasion fiscale et monétaire vers l’extérieur du Congo.

8. Atteindre un niveau de plein emploi des Congolais avec un Taux de chômage réel compris entre 4 % et 7 % sur les 10 prochaines années. Contre 45 % de Taux de chômage réel de SASSOU après ses 32 ans lamentables de pouvoir.

9. Maintenir sur une période de 20 ans un Taux d’inflation inférieur ou égal à 2 %.

10. Mettre en place un système d’intelligence économique et de recherche économique, qui doit être un laboratoire plaçant le Congo en avant-garde des idées socio économiques du monde. Stratégies à la charge de l’Agence Congolaise de l’Innovation (ACI).

11. Pratiquer une politique économique inspirée du Keynésianisme comme les pays émergents d’Asie du sud est.

12. Gérer les finances publiques avec une très grande rigueur privilégiant l’intérêt national.

13. Combattre la logique des détournements massifs des fonds publics.

14. Poursuivre, Amplifier et Rationaliser le politique des Grands Travaux. Créer une nouvelle Grande Société publique chargée des Travaux et de l’Ingénierie Publique.

15. Mener une politique infrastructurelle simultanément dans les 12 départements du Congo, indépendamment de l’organisation tournante de la Fête Nationale de l’Indépendance.

16. Auditer chaque année la politique infrastructurelle par des cabinets internationaux indépendants.

17. Mener un audit de la politique des Grands Travaux des 15 dernières années.

18. Construire 400 KM de route bitumée par an pendant 5 ans.

19. Construire 7.000 logements sociaux par an pendant 5 ans à Brazzaville et à Pointe – Noire.

20. Construire 1 échangeur à Brazzaville et 1 échangeur à Pointe – Noire (des véritables échangeurs au standard international) sur 5 ans dans des zones de fort trafic pour fluidifier la circulation urbaine.

21. Construire le barrage de Sounda (le plus grand barrage hydro électrique du Congo) pour parvenir à l’auto suffisance énergétique. A ce propos, SASSOU n’a jamais construit ce barrage depuis 32 ans, ce qu’il vient de promettre à Pointe – Noire relève du « mensonge».


Alors, Votons Tous André OKOMBI SALISSA.
L’équipe de campagne numérique.

Présidentielle camerounaise : Paul Biya, le président inoxydable

octobre 8, 2011

Ce 9 octobre, Paul Biya, 78 ans, chef de l’état depuis 1982, brigue sans risque un nouveau septennat. Cet homme énigmatique, que la stabilité de son pays obsède au point de défier l’usure du temps, en est convaincu : les Camerounais ne sont pas encore mûrs pour le changement. Une certitude discutable, qui dissimule une angoisse bien réelle : celle de devoir un jour quitter le pouvoir…

Depuis trente ans, la « camerounologie » – néologisme réservé aux rares observateurs étrangers de la vie politique camerounaise – s’apparente à la scrutation de l’horizon depuis la proue d’un navire encalminé en pleine mer des Sargasses. Rien ne bouge, et de cette uniformité naît un insondable ennui. De temps à autre, rarement, un coup de tonnerre : 1984, tentative de putsch ; 1991, « villes mortes » ; 2006, opération Épervier ; 2008, émeutes contre la cherté de la vie.

Et puis, à nouveau, le calme plat, l’encé­phalogramme de comateux, l’océan d’huile. Pas plus que ses dix devancières depuis l’in­dépendance (dont cinq sous Paul Biya), l’élection présidentielle du 9 octobre ne dérogera à ce constat désespérément terne. À peine une brise à la surface des eaux dormantes, tant la campagne est ici une pure formalité, et les perspectives d’alternance au pouvoir, aussi ténues qu’étaient les chances (ou les risques) de voir l’hôte du palais d’Etoudi renoncer à briguer sa propre succession.

L’unique pourcentage que l’on guettera au soir de ce scrutin à un tour sera donc celui des abstentionnistes : combien d’électeurs camerounais auront-ils choisi l’« exit option », celle de l’impuissance et de la défection, sachant que ce qui légitime un acte électoral, c’est d’abord la participation ? Après la vague des élections sans choix de l’époque Ahidjo et les débuts de l’ère Biya, le Cameroun vit à l’heure des élections sans enjeux, avec candidat hyperdominant et casting de figurants. Celle qui vient ne devrait rien changer à la règle.

Le pays en bref

– Population : 20,4 millions d’habitants

– Produit intérieur brut : 22,48 milliards de dollars

– Taux de croissance économique : 3,2 %

– Taux de croissance démographique : 2,3 %

– Électeurs inscrits (en août 2011) : 7 525 122

Stabilité

Il faut être honnête. Une fois, une seule, le Cameroun a connu une présidentielle vraiment concurrentielle. C’était en octobre 1992, dans la foulée d’un printemps démocratique et contestataire comme le pays n’en avait jamais connu. Elle se déroula sur fond de violence frôlant la guerre civile et dans un climat d’exaltation des identités communautaires qui faillirent bien renverser un Biya temporairement affaibli. À l’issue de ce 11 octobre, plus de 60 % des Camerounais avaient voté contre lui, et il ne dut son salut qu’au sésame de l’élection à tour unique. Traumatisé par cette expérience presque autant que par le coup d’État manqué d’avril 1984, Paul Biya referma brusquement le couvercle et se coucha dessus, tel les lions endormis, mais vigilants, du parc de Waza.

Ce grand corps atone qu’est devenu le Cameroun est le produit direct de l’homme de 78 ans qui préside à ses destinées depuis près de trois décennies. Biya a une obsession : la stabilité à tout prix. Dans un pays mosaïque, qui a connu son lot de déchirements au cours des années 1950 et 1960, la réforme est un risque, la révolution une catastrophe et le conservatisme l’unique moyen de maintenir ensemble les pièces du puzzle. Ainsi pense Paul Biya. « S’il pouvait vitrifier le Cameroun, il le ferait », lâche un baron du régime, qui ajoute : « Au fond, c’est un grand angoissé. » Avoir maintenu son pays à l’écart des tourments qu’ont connus le Tchad, le Nigeria, la RDC ou la Côte d’Ivoire est d’ailleurs, avec l’instauration du multipartisme et de la liberté de la presse, le principal motif de fierté du président camerounais. Chacun de ses interlocuteurs étrangers y a droit, et tous sont priés de se servir de cette grille de lecture pour déchiffrer les principales décisions de ce personnage énigmatique et imprévisible.

Paul Biya a pendant deux décennies considéré la corruption des élites comme une sorte de mal nécessaire parce que stabilisateur.

Début 2008, un Paul Biya affable explique ainsi à l’ambassadrice des États-Unis, Janet Garvey, venue lui rendre visite, les raisons pour lesquelles il convient de supprimer la limitation constitutionnelle du nombre des mandats, ouvrant par là la voie à sa propre candidature en 2011. Il faut, dit-il, mettre un terme aux épuisantes rumeurs sur sa succession, qui divisent le pays, paralysent le gouvernement et risquent de faire le lit des militaires. Pour lui, la classe politique camerounaise n’est pas encore mûre pour assumer une transition et se passer de sa personne. Même dictionnaire pour comprendre le vaste coup de balai donné aux écuries du régime qu’est l’opération Épervier. « C’est à moi de le faire, confie Biya, car il sera impossible pour celui qui me succédera de commencer par cela. » En réalité, le président a pendant deux décennies considéré la corruption des élites comme une sorte de mal nécessaire parce que stabilisateur. La gangrène étant devenue hors de contrôle, donc déstabilisatrice, l’amputation devenait indispensable…

Prudence

L’osmose entre cette phobie du désordre et le style de gouvernance de Paul Biya est frappante. Cet homme intelligent, éduqué, urbain a fait de l’absence de communication une technique de gouvernement. Ses décisions sont prises à l’issue d’un processus lent, délibératif et réactif, marqué du sceau d’une extrême prudence et d’une méfiance de tous les instants. Les signaux qu’envoie le sphinx d’Etoudi sont toujours à double ou triple sens, au point de dérouter, voire de tromper, ses plus proches collaborateurs. La plupart d’entre eux, comme le démontrent les télégrammes récemment rendus publics par WikiLeaks, estimaient ainsi qu’il ne se représenterait pas en 2011. Et encore s’agit-il du petit cercle de privilégiés que Biya consulte régulièrement, lui qui avouait récemment ne pas connaître tous ses ministres, ni même leur curriculum vitæ. Rarement, comme saisi d’un prurit d’activisme et peut-être pour démontrer qu’il est toujours aux commandes, Paul Biya semble se souvenir du jeune quadra qu’il fut lors des deux premières années de son règne, quand il tenait des conférences de presse et prenait une décision par jour.

Fin 2009, on a cru qu’il remplirait le vide régional laissé par la disparition d’Omar Bongo Ondimba. Espoir déçu : la politique étrangère, avec son cortège de voyages, de discours et de spasmes diplomatiques à gérer, ce n’est pas sa tasse de thé. En octobre 2007, il accorde à France 24 une rarissime interview dans laquelle il dévoile ses projets constitutionnels et annonce que l’opération Épervier ira jusqu’à son terme. Au Cameroun, le choc est immédiat, et Biya regrette aussitôt de s’être ainsi livré. « Ce n’était pas prévu », confie-t-il à un interlocuteur américain, avant de se refermer comme une huître. L’auteur de ces lignes en fera d’ailleurs les frais ; alors que le rendez-vous avait été pris pour un entretien, il se verra tout à coup stoppé à la porte même du bureau présidentiel avec ces mots : « Le Chef s’excuse, il a changé d’avis, ce n’est plus opportun. »

C’est l’histoire d’un mutique à qui il n’arrive que des malheurs dès qu’il se risque à prononcer un mot…

Pour Paul Biya, la parole publique aussi peut être déstabilisatrice, et mieux vaut en user avec parcimonie. Au chargé d’affaires de l’ambassade de France qui le presse de donner ses impressions au retour d’une visite à Paris en 2009, Biya lâche dans un sourire : « On ne m’a pas lancé de tomates. » Rien de plus. On jurerait que le chef de l’État camerounais a sur sa table de chevet le récit de l’écrivain français Louis-René des Forêts intitulé Le Bavard : l’histoire d’un mutique à qui il n’arrive que des malheurs dès qu’il se risque à prononcer un mot…

Héritage

Conforté dans ses multiples frilosités par des décennies de politique camerounaise de la France – dont les ambassadeurs à Yaoundé se comportent tous comme s’ils évoluaient dans un magasin de porcelaine, ce qui explique d’ailleurs le ton volontiers agressif de l’opinion à l’égard de l’ancienne puissance coloniale –, cet homme de précautions nourrit, aux côtés de son tropisme stabilisateur, deux autres obsessions. Celle de son héritage, tout d’abord, comparativement à celui de son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo. Il sait, lui qui par nature répugne à l’usage de la force brute (sauf en 1991 et en 2008), qu’il aura été meilleur que son mentor sur le plan des avancées démocratiques, mais moins bon dans le domaine du développement économique et social.

« Quelle fierté aurais-je à laisser le Cameroun tel qu’il est aujourd’hui ? » reconnaissait, lucide, Paul Biya, un jour de 2006, devant le diplomate américain Niels Marquardt. C’était il y a cinq ans, et sans doute cette conscience de l’image en demi-teinte qu’il offrirait aux générations futures s’il quittait le pouvoir explique-t-elle encore et en partie sa décision de « rempiler » pour la cinquième fois. Moins « dicible » sans doute, mais tout aussi prégnante dans l’esprit de Paul Biya : la préoccupation permanente de protéger sa famille à la fois restreinte (il est père de jeunes enfants) et élargie (le grand groupe beti où plongent ses racines) de tout ce qui pourrait, après lui, apparaître comme une volonté de revanche, contre laquelle aucune garantie ne lui paraît de trop. Lui qui a de la géographie politique de son pays une science d’arpenteur sait très bien que son successeur sera issu d’une autre ethnie que la sienne, d’où l’extraordinaire secret qui entoure ses réflexions sur l’identité d’un dauphin qu’il entend se choisir de son vivant. S’il est une chose à laquelle doit servir ce qui devrait être son ultime mandat (il aura 85 ans à la prochaine échéance, en 2018), c’est bien celle-là.

Succession

D’aucuns lui prêtent d’ailleurs l’intention de démissionner dès que son choix aura été arrêté. Une vaste villa cossue l’attend, à deux encablures d’Etoudi, à l’ombre de l’ambassade des États-Unis. La Constitution lui assure l’immunité, et il lui arrive d’être saisi d’une immense envie d’aller se reposer. Mais l’homme est sans illusions sur la vraie nature de ses courtisans. Il sait d’expérience qu’un dauphin finit toujours par asseoir sa légitimité sur le meurtre, symbolique et obligé, du père – n’est-ce pas le chemin qu’il emprunta lui-même après le départ d’Ahidjo, dont les cendres, vingt-deux ans après sa mort, gisent toujours en exil ? Or, de cette logique-là, aucun grand maître du kong – la magie des Betis – ne peut le protéger.

Le problème, en définitive, est que tout cet entrelacs de prudences, de précautions, d’attentisme tissé autour de lui-même par un homme dont on sent en permanence le besoin d’être rassuré est devenu pour les Camerounais un puissant facteur anxiogène. Plus le chef tente d’évacuer ses propres angoisses de l’avenir en additionnant les mandats électifs, plus la population se demande de quoi demain sera fait – demain pouvant très bien être, au regard de l’âge du capitaine, le jour d’après.

Posons la question au citoyen lambda et répétons-la mille fois à Douala, Bafoussam, Garoua ou Yaoundé, la réponse sera toujours la même : si Dieu le rappelle à Lui, c’est le saut dans l’inconnu, le scénario indéchiffrable. Le fait que la compétition pour la succession du prince se déroule non pas avec des partis d’opposition, que la « politique du njangui » (l’échange, le troc avec le régime) a décrédibilisés, mais à l’intérieur même du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au pouvoir ajoute à cette opacité et à cette absence totale de repères. Trente années de biyaïsme n’ont pas donné aux Camerounais la confiance en leurs institutions indispensable pour envisager l’avenir avec sérénité. À cet égard, l’élection du 9 octobre apparaît comme un soin palliatif pour un malade relevant d’une thérapie de choc. Car les eaux sur lesquelles flotte, immobile, le navire Cameroun ne sont pas celles de la mer des Sargasses. Ce sont celles du lac Nyos.

Jeuneafrique.com par François Soudan

RDC – Congo-Brazzaville : mon livre, ma bataille

juillet 21, 2011

Publier un livre au Congo n’est pas une mince affaire. C’est pour rendre ce rêve possible qu’a été créée la maison d’édition Hemar. Malgré les difficultés, son directeur a une foi inébranlable.

Mukala Kadima-Nzuji est convaincu d’une chose : il n’y a pas de marché du livre, ni à Brazzaville ni à Kinshasa. D’aucuns expliquent cela par l’attachement à la tradition orale. D’autres mettent en avant la pauvreté et l’absence de politiques culturelles efficaces. « On a beau parler d’oralité pour expliquer le manque d’intérêt pour le livre, je n’y crois pas. Nous devons aller vers le livre, car c’est l’une des clés du développement », rétorque Mukala Kadima-Nzuji.

À 64 ans, l’homme est un véritable passionné. Originaire du Congo-Kinshasa, il enseigne la littérature à l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville depuis 1983. Il a également une expérience du monde de l’édition. Expérience acquise d’abord à Kinshasa et à Lubumbashi où, encore étudiant, il participe à la création, avec Valentin-Yves Mudimbe, des éditions du Mont Noir, qui publieront la plupart des jeunes écrivains de l’époque. Il y édite sa propre poésie. Ensuite à Paris, chez Présence africaine, où il sera, tour à tour, pendant près de dix ans, lecteur d’édition, secrétaire de rédaction de la revue éponyme, puis directeur littéraire. Chez cet éditeur, Mukala Kadima-Nzuji signera un essai sur l’œuvre du poète malgache Jacques Rabemananjara et un roman.

L’aventure des Éditions Hemar a commencé à Brazzaville, en 1989. « Nous étions quatre amis et nous nous sommes demandé s’il ne fallait pas créer une structure destinée à publier tous ces auteurs dont les manuscrits, adressés à des éditeurs européens, étaient systématiquement rejetés pour des raisons obscures », se souvient Kadima-Nzuji. Le premier titre paraît en avril 1990. Mais la situation politique et militaire du Congo à cette époque n’est pas propice à un travail serein. Elle conduit à l’interruption de l’activité, qui ne reprendra qu’en… 2000. Lors de ce redémarrage, l’ambition est encore modeste : sortir trois titres par an. Onze ans plus tard, Hemar en est à un livre par mois. Tirage moyen : mille exemplaires, avec un maximum de trois mille. Pourtant, les problèmes de diffusion et de distribution sont permanents, faute de librairies dignes de ce nom à Kinshasa et à Brazzaville, ainsi que de structures adéquates dans toute l’Afrique centrale. Pour continuer d’exister, Hemar a tout essayé : dépôts dans les quelques librairies « fréquentables », colportage… Face à ces démarches hasardeuses, Kadima-Nzuji projette d’ouvrir une librairie pour soutenir l’activité éditoriale.

Malgré toutes ces difficultés, certains livres du catalogue ont récolté un certain succès. Un de ses auteurs, Henri Djombo, est enseigné au Cameroun. Les écrivains maison ont trois types de contrats : le contrat à compte d’éditeur (Hemar engage ses propres fonds) ; le contrat de participation pour quelques livres « difficiles » (l’éditeur contribue à hauteur de 50 %) ; le contrat à compte d’auteur. Dans ce dernier cas, l’auteur reçoit 80 % du tirage, qu’il peut revendre lui-même au prix du catalogue ou un peu plus cher. « Quel que soit le type de contrat, nous ne sommes pas en mesure de payer les droits d’auteur faute de marché du livre », constate amèrement Mukala Kadima-Nzuji.

Impression

Attaché à la qualité de ses produits, le directeur d’Hemar a décidé de faire imprimer les livres à Louvain-la-Neuve (Belgique). « Il n’y a pas d’imprimeurs aguerris à Brazzaville et à Kinshasa. Un ouvrage imprimé en Belgique nous coûte moins cher, port compris, qu’à Kinshasa et Brazzaville, c’est-à-dire 4 000 euros. » Pour avoir une visibilité internationale, il est diffusé par Présence africaine et L’Harmattan, à Paris. Il a également signé un accord avec la Galerie Congo, toujours dans la capitale française. En attendant, Mukala Kadima-Nzuji garde l’espoir. « L’avenir est prometteur », dit-il avec le sourire.

Jeuneafrique.com par Tshitenge Lubabu M. K.