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Hommage aux légendes africaines : Melane Nkounkolo représente le Congo

septembre 23, 2022

La grande rencontre interculturelle et intergénérationnelle organisée par la diaspora africaine se tiendra le 24 septembre à Cologne, en Allemagne. Elle mettra en avant la richesse des grandes légendes de la musique africaine qui constitue l’un des facteurs du développement du continent.

L’affiche de l’événement/DR

Melane Nkounkolo partagera le podium avec des artistes africaines comme la diva Queen Eteme, marraine de la soirée; Elvis Kemeyo; Charlotte Dipanda; Carole Bakota; Christian Bakotessa et Flore de Lille. Papa Wemba, Manu Dibango, Fela Ramson Kuti, Miriam Makeba, Mory Kante font partie de ces légendes qui seront honorées à l’occasion.  

Par cette initiative, les organisateurs veulent les immortaliser. L’Afrique, comme l’indiquent les organisateurs, possède des incroyables talents qui ont su traverser ses frontières et s’imposer à l’international. Avec leurs voix, leurs immenses talents et leurs messages, leurs chansons ont su toucher les cœurs de millions de gens, tout en valorisant la musique afro sur le continent africain et ailleurs.

Ces légendes ont, par leurs œuvres, dénoncé les injustices sociales, la misère des peuples et la mauvaise gouvernance, tel est le cas de la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, dite Mama Africa, une militante politique, connue dans tout le continent et dans le monde entier, qui a utilisé sa musique pour dénoncer le régime de l’apartheid et valoriser l’Afrique.

Ces artistes remarquables ont su faire apprécier la musique africaine au public occidental. Aujourd’hui, en Europe, en Asie, en Amérique, il y a presque autant d’artistes qui puisent dans le gisement sonore de ces grandes légendes. Si l’Afrique a eu du mal à s’imposer sur la scène internationale au plan politique, ses mélodies n’ont pas besoin de visa pour traverser les frontières.

Révélée grâce à sa présence sur les plateformes musicales de Youtube, la chanteuse congolaise Melane Nkounkolo trace sa route et fait parler d’elle. De 8 à 14 ans, elle a pratiqué la musique dans une chorale, a fréquenté une école de musique avant d’être chanteuse en studio ou vocaliste de groupes de Cologne, Essem, Düssel Dorf et d’autres grandes villes environnantes. Ses premières écoutes musicales seront celles de la musique du pays d’accueil de ses parents venus en Allemagne pour leurs études dans les années 1980. La découverte de la musique de son pays d’origine se fera grâce à des vidéocassettes ramenées par un ami de la famille du Congo et de l’Angola. L’artiste découvre les exploits musicaux et scéniques de Pépé Kallé, Papa Wemba, Tshala Mwana, Madilu Système, Djuna Djanana, Patience Dabany.

Avec Adiac-Congo par Cissé Dimi

Congo-diaspora: Simbou Vili reprend sa carrière musicale

juillet 19, 2022

Figure de proue de la musique folk-moderne du royaume Loango, en République du Congo, la chanteuse-comédienne Simbou Vili va relancer sa carrière.

Simbou Vili

Simbou Vili

Après deux ans d’éclipse en raison de l’épidémie de coronavirus, Simbou Vili s’est remise au travail avec une ardeur renouvelée. En manque de producteur, elle était à la recherche de la bonne personne et du moment idéal pour relancer sa carrière. C’est chose faite : une collaboration tenue encore secrète avec un producteur et surtout un programme de travail qui vient d’être mis en place.

Dès le mois d’août, Marie Hélène Loembé alias  Simbou Vili prévoit d’aller puiser son inspiration dans les « Gorges de Diosso », sur « la Route de l’esclavage », où subsistent des traces de l’Histoire et les processus ayant façonné et légitimé de telles pratiques au large de l’océan Atlantique jusqu’aux Amériques.

L’ancienne choriste de So Kalmery et de Nzongo Soul veut également renouer avec des projets artistiques voisins de ceux par lesquels elle a jusqu’alors su s’impliquer pour se battre à propos de l’éducation des jeunes filles ; l’égalité des chances ; le respect de la nature et des esprits ; la recherche du sens de l’existence et de l’amour. Le tout orchestré entre musique traditionnelle, rumba et afro-beats, une manière sans doute d’être fidèle à ses racines vili.

À ce jour, Simbou Vili compte déjà trois albums au travers desquels elle chante l’Afrique au féminin. Et maintenant ?

« Je suis prête à remonter sur scène avec la sortie d’un nouvel album sur tous les sujets du moment : changement climatique ; questions du genre ; l’égalité des chances », assure la chanteuse pour un rendez-vous à la fin de l’année, heureuse de pouvoir renouer prochainement avec son public et porter haut, les couleurs du Bassin du Congo à l’international.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Chasser la France, choisir la Russie : pour le meilleur et pour le pire au Mali

juillet 3, 2022

La junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali il y a près de deux ans a remercié les Français et décidé de se rapprocher plutôt des Russes pour assurer la sécurité du pays. Plusieurs membres de la diaspora malienne appuient ce choix, même s’il n’est pas sans conséquence, notamment en matière de respect des droits de la personne.

Manifestation antifrançaise dans la capitale du Mali, Bamako, en février 2022.

Au Mali, le sentiment antifrançais a pris passablement d’ampleur, un phénomène dont profite la Russie. Photo: AFP

« À bas la France! La France, dégage! La France, terroriste! » Ce sont des slogans antifrançais fréquemment entendus lors de manifestations dans les rues de plusieurs pays africains, dont le Mali. La colère gronde contre l’ancien colonisateur qui, après neuf ans de présence militaire, n’a pas réussi à chasser les djihadistes, qui sèment la terreur dans le pays.

Pendant ce temps, d’autres drapeaux ont fait leur apparition dans ces rassemblements. Ils sont blanc, bleu et rouge eux aussi, mais ce sont ceux de la Fédération de Russie, fièrement brandis par les manifestants. Parmi eux, on peut aussi voir des pancartes sur lesquelles il est écrit : Merci Wagner!, une allusion au groupe de mercenaires russes de la société privée Wagner.

Ce groupe est de plus en plus présent en Afrique et travaillerait main dans la main avec le Kremlin pour mener des opérations antiterroristes, bien qu’officiellement Moscou nie tout lien avec ces militaires maintes fois accusés d’avoir massacré des civils.

Les relations entre la France et le Mali se sont détériorées depuis le coup d’État militaire d’août 2020 et le renversement du gouvernement de transition quelques mois plus tard. Paris reproche aux militaires de vouloir s’accrocher au pouvoir et de faire appel aux services du groupe Wagner pour y parvenir. Ce sont d’ailleurs les arguments qu’a utilisés le président français Emmanuel Macron pour justifier le retrait des troupes françaises du Sahel. Les autorités maliennes se défendent d’instaurer une dictature et réfutent la présence de Wagner sur leur territoire. Elles affirment vouloir décider, enfin, de l’avenir de leur pays.

L’espoir de la diaspora et le discours pro-junte

Lassine Traoré.

L’ancien président du Haut Conseil des Maliens du Canada, Lassine Traoré Photo : Radio-Canada/Karine Mateu

L’ancien président du Haut Conseil des Maliens du Canada, Lassine Traoré, qui habite à Montréal, s’est établi au Québec il y a 16 ans. Depuis, il n’a jamais cessé de suivre l’évolution politique de son pays d’origine. Selon lui, c’est la jeunesse malienne qui est derrière les bouleversements que connaît le pays en ce moment. Avec Internet, les jeunes naviguent beaucoup. Ils voient d’autres pays. Ils veulent que le Mali soit un pays développé, un pays comme ses voisins. C’est une jalousie constructive. Ils veulent un changement! dit-il.

C’est cette même jeunesse, ajoute-t-il, qui souhaite la présence de la Russie, qui n’est pas nouvelle au Mali. Au contraire, précise Lassine Traoré : lors de son indépendance, le pays s’était aligné sur le bloc de l’Est jusqu’à la chute de l’URSS, en 1991.

« Les Russes nous ont aidés pendant nos tout débuts. Donc, les gens sont descendus dans les rues réclamer les Russes pour venir à notre secours parce que la France, qui avait été acclamée, ne fait plus l’affaire et joue à des jeux troubles. L’armée a juste voulu répondre aux besoins de la population. »— Une citation de  Lassine Traoré, ancien président du Haut Conseil des Maliens du Canada

L’échec de la France

Youssouf Tounkara.

Le président du Haut Conseil des Maliens du Canada, Youssouf Tounkara Photo : Youssouf Tounkara

Comme son prédécesseur, l’actuel président de cette organisation, Youssouf Tounkara, n’est pas tendre envers la France qui, selon lui, a échoué dans sa mission d’éliminer la menace djihadiste. Presque une dizaine d’années plus tard, le conflit, au lieu d’être isolé au nord, s’est répandu au centre du pays, avec quelques cas isolés au sud. Par la suite, la population a découvert beaucoup d’histoires choquantes. Lorsqu’on apprend qu’un camp militaire de l’armée malienne se fait attaquer tout près de l’armée française, que celle-ci n’intervient pas et qu’en plus elle interdit à l’armée malienne d’intervenir, on comprend que la population soit agacée et qu’elle demande à ses autorités de chercher de nouveaux partenaires pour l’aider dans cette lutte, déplore-t-il.

Il s’étonne par ailleurs que la présence russe suscite autant de questionnement : Moi, ça me fait rire, parce que je trouve que l’Occident se focalise beaucoup sur la Russie, mais comme nos autorités le disent, nous avons beaucoup d’autres partenaires. La France est un partenaire du Mali, même si nos relations sont tendues. L’Union européenne, la Turquie, la Chine et la Russie : nous avons beaucoup de partenaires.

Censure ou patriotisme?

Par ailleurs, ce n’est pas seulement le rapprochement avec la Russie qui mine les relations entre la junte malienne et les Occidentaux. Ces derniers accusent l’armée malienne et les mercenaires de Wagner de commettre des exactions contre des populations civiles lors de leurs opérations antiterroristes, comme cela aurait été le cas à la fin de mars dans la ville de Moura, au centre du pays, où 300 civils auraient été tués.

Bamako réfute ces accusations : il s’agissait non pas de civils mais plutôt de combattants djihadistes. Selon les autorités, ce serait une victoire militaire. Elles nient encore une fois toute présence du groupe Wagner sur leur territoire. Seuls des instructeurs russes seraient présents au Mali, disent-elles.

Accusés de vouloir rapporter de fausses informations qui nuisent à la junte, les médias RFI et France 24 ont été chassés du pays en avril dernier. Lassine Traoré appuie cette décision des autorités maliennes. C’est comme en Russie quand les médias occidentaux, dont Radio-Canada, ont été interdits, parce que la communication importe beaucoup, affirme-t-il. Aujourd’hui, tous les Maliens de l’intérieur ou de l’extérieur sont fiers du régime en place, de l’armée et de la récupération des territoires aux mains des djihadistes.

« En interdisant la diffusion de ces deux antennes [RFI et France 24], je crois que les autorités sont dans leur droit de mettre fin à la propagande qui était diffusée sur ces ondes pour ne pas affaiblir l’élan de patriotisme que les Maliens commencent à avoir. »— Une citation de  Lassine Traoré, ancien président du Haut Conseil des Maliens du Canada

Youssouf Tounkara adhère lui aussi à la version des autorités maliennes en ce qui concerne la présence du groupe Wagner sur le territoire malien.

« On parle beaucoup de Wagner au Mali. Nos autorités ont toujours été claires : il n’y a pas de Wagner au Mali. Et moi, en tant que citoyen malien, je fais confiance à mes autorités. Lorsqu’elles disent qu’il n’y a pas de Wagner au Mali, eh bien, pour moi, il n’y a pas de Wagner au pays! »— Une citation de  Youssouf Tounkara, président du Haut Conseil des Maliens du Canada

La démocratie pour qui?

Soumaila Coulibaly.

Le président de l’Association de la diaspora africaine du Canada, Soumaila Coulibaly Photo : Radio-Canada/Karine Mateu

Le président de l’Association de la diaspora africaine du Canada, Soumaila Coulibaly, s’est installé à Ottawa à son arrivée en sol canadien. Bien qu’il ne représente pas uniquement le Mali, son pays d’origine, les accusations d’exactions commises par l’armée malienne et par le groupe Wagner le font réagir.

Wagner, vraiment, ce n’est pas un problème du Mali. C’est un peu l’épouvantail de la communication. Comme le ministre Abdoulaye Diop l’a répété à la tribune des Nations unies dernièrement, le problème du Mali aujourd’hui, ce n’est pas Wagner. Le problème du Mali aujourd’hui, c’est la sécurité. Le problème du Mali aujourd’hui, c’est l’accès aux soins. Le problème du Mali aujourd’hui, c’est l’éducation des citoyens maliens, affirme-t-il.

M. Coulibaly soutient par ailleurs la junte au pouvoir, d’autant qu’elle a annoncé le transfert du pouvoir aux civils d’ici deux ans. Et il tient à rappeler que la démocratie par le vote, telle que préférée par l’Occident, est discutable.

« Quand on parle de démocratie, on doit se demander : comment a-t-on instauré cette démocratie? Comment ces élections sont-elles organisées? Parce qu’il y a des gens qui organisent ces élections et qui [font élire] des gens pour leurs intérêts et pour ceux de leurs compagnies. Chaque fois que la population est laissée pour compte, les forces armées sont obligées d’intervenir pour rétablir l’équilibre. »— Une citation de  Soumaila Coulibaly, président de l’Association de la diaspora africaine du Canada

La Russie, un partenaire dangereux

Frédéric Samy Passilet.

Spécialiste en prévention des conflits en Afrique, Frédéric Samy Passilet a aussi travaillé pour les missions de maintien de la paix des Nations unies au Congo, en Côte d’Ivoire et au Mali. Photo : Frédéric Saly Passilet

Lui aussi installé à Ottawa depuis six ans, Frédéric Samy Passilet, un spécialiste en prévention des conflits en Afrique, comprend le rejet de la France par les populations africaines mais s’inquiète de cet engouement pour la Russie. Ce Tchadien qui a dû fuir son pays d’origine a aussi travaillé pour des missions de maintien de la paix des Nations unies au Congo, en Côte d’Ivoire et au Mali.

« Voilà l’erreur que l’Afrique est en train de commettre : allez chasser les Français et allez pactiser avec des criminels de tout bord, comme les gens de Wagner. Parce que ce sont des criminels, ce sont des terroristes. Le terroriste est celui qui utilise la violence pour atteindre ses objectifs. »— Une citation de  Frédéric Samy Passilet, spécialiste en prévention des conflits en Afrique

Wagner utilise la violence la plus sadique. Il tue les populations civiles. Je crois que c’est une erreur. Un jour, nous allons écrire l’histoire du Mali et ils vont regretter, même si aujourd’hui, ils croient qu’il y a la sécurité, craint-il.

Frédéric Samy Passilet met aussi en garde contre les régimes qui ne tolèrent aucune critique : Pour le moment, nous assistons à une situation de populisme politique au Mali, ce qui fait qu’il y a un aveuglement pour cerner la vérité. Et tous les chefs d’État, toutes les autorités africaines qui ne veulent pas la vérité désignent Radio France Internationale et les organisations des droits de l’homme comme des cibles. En vérité, il n’y a pas de fumée sans feu. Pourquoi n’ont-elles pas permis à la mission de l’ONU qui est présentement au Mali, la MINUSMA, d’enquêter sur les crimes? Pourquoi? Que cachent les autorités maliennes?

Une tromperie?

Tatiana Smirnova.

Tatiana Smirnova est chercheuse au postdoctorat au Centre franco-paix de l’Université du Québec à Montréal. Photo : Radio-Canada/Karine Mateu

Chercheuse postdoctorale au Centre franco-paix de l’Université du Québec à Montréal, Tatiana Smirnova, qui est d’origine russe et française, est une spécialiste de la situation au Sahel. Selon elle, la Russie, qui est de plus en plus isolée sur la scène internationale en raison de la guerre en Ukraine, va s’engager davantage en Afrique, mais l’investissement n’y sera pas comme au temps de l’URSS.

L’URSS avait mis beaucoup d’argent dans le volet développement : la construction d’hôpitaux, de stades, etc. Sa présence n’était pas que militaire, elle était aussi axée sur le développement. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. La Russie n’en a pas les moyens. Elle s’investit donc à travers la vente d’armes et le développement militaire ainsi que par des contrats économiques avec de grandes entreprises. Malheureusement, je pense que c’est là en quelque sorte la tromperie de l’offre que la Russie fait aux populations, parce que celles-ci acceptent l’offre en espérant que la Russie va revenir comme au temps de l’URSS avec toute cette offre, y compris avec une coopération en matière de santé et plus encore, prévient-elle.

Tatiana Smirnova précise que la Russie a changé, tout comme ses méthodes.

« La Russie s’appuie aujourd’hui sur les élites politiques du business parce que ça nourrit, le business. Et Wagner, c’est une des compagnies privées, mais il y en a d’autres. Le problème des groupes privés est qu’ils sont moins redevables à l’État. Ils sont plus redevables à eux-mêmes et aux intérêts privés qui les payent. C’est ça, le danger. »— Une citation de  Tatiana Smirnova, chercheuse postdoctorale au Centre franco-paix de l’Université du Québec à Montréal

La spécialiste dit comprendre les Maliens qui cherchent d’autres partenaires pour leur venir en aide, mais à long terme, les conséquences pourraient être graves.

La stratégie contre le terrorisme russe qui a été vendue aux pays sahéliens est efficace à court terme, mais elle va engendrer des effets extrêmement graves pour les populations à long terme. Elle va produire des tensions intercommunautaires, parce qu’il y aura des exactions, des missions de punition et ainsi de suite, dit-elle. Ce que je trouve aussi malheureux, c’est que les partenaires occidentaux peuvent maintenant mettre tous les malheurs du Sahel sur le dos de la Russie ou sur celui de Wagner, alors qu’il y a eu des exactions bien avant l’arrivée de Wagner au Mali. On ne peut pas regarder la situation d’une façon dichotomique. Il faut aller au-delà de l’affrontement avec la Russie.

Toutefois, aux yeux du spécialiste des conflits en Afrique Frédéric Samy Passilet, le Mali et d’autres pays africains jouent un jeu bien dangereux en se tournant vers la Russie.

« Les Russes ne viennent pas sans intérêt. Les Russes ne regardent pas la démocratie. Un jour, le peuple va commencer à exiger la démocratie et le régime en place va dire :  »Non! vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre! » »— Une citation de  Frédéric Samy Passilet, spécialiste des conflits en Afrique.

Avec Radio-Canada avec AFP

Congo-Diaspora: Alain Mabanckou se brûle les ailes

avril 16, 2022

Tel Icare mort après avoir volé trop près du Soleil alors qu’il s’échappait du labyrinthe avec des ailes créées par son père avec de la cire et des plumes, monsieur Alain Mabanckou vient de se confronter à la triste réalité : l’on ne peut pas faire semblant tout le temps car la réalité nous rattrape toujours. 

S’il était un ami, j’aurai titré : « Alain Mabanckou, l’ami perdu à jamais. » 

On le voyait vociférer à juste raison contre la dictature du Congo-Brazzaville. Mais, nous avons aussi oublié que tout homme a un prix. Quel a été celui de monsieur Alain Mabanckou ? Seul lui sait et c’est là notre drame de céder au chant des sirènes. 

L’on pensait qu’il était des nôtres dans cette lutte de libération du Congo-Brazzaville contre la dictature qui sévit au Congo-Brazzaville. Avez-vous oublié dans ce pays que le deuxième Président de la République Alphonse Massamba-Débat n’a pas de sépulture, évaporé dans la nature ? Avez-vous oublié ces assassinats de masse des Congolais par des Congolais au petit matin avec des cours révolutionnaires réactionnaires ? Avez-vous oublié les 353 disparus du Beach de Brazzaville ? Avez-vous oublié l’emprisonnement arbitraire pour atteinte à la sureté de l’État du général Jean-Marie Michel Mokoko et du ministre André Okombi Salissa, candidats à l’élection présidentielle du 20 mars 2016 ? Avez-vous oublié tout simplement la misère que vit le peuple congolais dans le déshonneur depuis des lustres ? C’est vrai que l’éloignement éloigne les sentiments et que la Californie n’est pas à côté du Congo-Brazzaville en Afrique, mais aux États-Unis en Amérique du Nord.  

Après son rendez-vous en juin 2016 avec François Hollande, Président de la France, à qui il reprochait ‘‘le long silence du président français’‘ concernant l‘élection présidentielle de mars 2016 au Congo-Brazzaville, monsieur Alain Mabanckou se mura dans le silence, ne dit aucun mot à ce sujet, alors qu’il était perçu par nombreux d’entre nous comme l’un des possibles leaders pouvant porter les revendications du peuple congolais au niveau international afin qu’une solution soit trouvée pour mettre fin à la misère et au cauchemar que subissaient et continuent à subir ce peuple autrefois vaillant. Il avait accès aux médias et aux puissants de ce monde. L’on peut comprendre le secret des conversations. Mais ici, c’est un silence de cathédrale et glacial auquel les Congolaises et les Congolais avaient eu droit. Je ne puis penser que ce fut du mépris. 

François Hollande est ce Président socialiste français qui a mis un frein et une fin à notre volonté de démocratie au Congo-Brazzaville en déclarant : « Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit et le peuple doit répondre ». Ainsi, il avait trahi l’esprit de son discours de Dakar (Sénégal) vu comme une mise en garde pour les dirigeants africains tentés de se maintenir au pouvoir « en violant l’ordre constitutionnel ». 

Nous avons tous oublié que monsieur Alain Mabanckou n’était qu’un universitaire et pas un intellectuel engagé qui ne peut se renier tel une girouette qui indique la direction du vent. Ce n’est pas la girouette qui change mais le vent.  

Mais quel mauvais vent a pris monsieur Alain Mabanckou pour aller faire l’éloge de madame Belinda Ayessa, l’une des nombreuses concubines de monsieur Denis Sassou Nguesso et fille de monsieur Firmin Ayessa le vice-premier ministre de la République du Congo, également chargé de la fonction publique, de la réforme de l’État, du travail et de la sécurité sociale depuis août 2017. 

Madame Belinda Ayessa est la directrice du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, un esclavagiste, alors que rien dans ce pays ne met en valeur par ce pouvoir tyrannique certains de nos anciens Présidents de la république. Tout un paradoxe.  

Monsieur Alain Mabanckou fait l’éloge de madame Belinda Ayessa en la tutoyant depuis la Californie, lors d’une vidéo postée sur les réseaux sociaux qui devait peut-être rester du domaine privé. Hélas ! Ceci traduit une proximité entre les deux car ce qui se ressemble s’assemble. Bien que madame Belinda Ayessa ait reçu en visite à Brazzaville les jeunes et les professeurs congolais qui enseignent la littérature, « l’imaginaire congolais », monsieur Alain Mabanckou promet de faire ce travail, lequel, ensemble avec madame Belinda Ayessa. Il a par ailleurs invité cette dernière à aller expliquer, parler du travail qu’elle fait au Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza à son université de Californie à Los Angeles (communément désignée par l’acronyme UCLA, ou University of California, Los Angeles), notamment au département d’histoire et même au département des civilisations. En plus, monsieur Alain Mabanckou est en spiritualité mais aussi du côté du cœur avec Belinda Ayessa et ses hôtes. Mais, cette fois-ci ce n’est pas le cœur de monsieur Alain Mabanckou qui nous tracasse mais son cerveau. 

Monsieur Alain Mabanckou est celui qui avait critiqué le ministre de la Culture du Congo-Brazzaville au salon du livre à Paris en disant « Qu’il vit dans un pays qui n’a pas de culture. Les plus grands écrivains son là-bas, mais dont la politique culturelle est l’une des plus désastreuses que je n’ai jamais vue dans l’espace du continent africain et l’histoire retiendra cela … » Cette critique faisait suite à l’absence d’images sur la télévision congolaise de la leçon inaugurale de monsieur Alain Mabanckou au Collège de France le jeudi 17 mars 2016. C’était son ego qui était atteint. Avait-il oublié que chaque média a sa ligne éditoriale ? 

Si l’on comprend bien maintenant au Congo-Brazzaville, la culture est incarnée par madame Belinda Ayessa à travers laquelle il s’adresse à la jeunesse congolaise. Quelle lubie ! À la jeunesse congolaise de savoir que tout ce qui brille n’est pas de l’or, mais parfois c’est du toc. 

Monsieur Alain Mabanckou, vous avez tant fait rêver la jeunesse congolaise qui se retrouve aujourd’hui orpheline à cause de vos errements. 

Oui monsieur Alain Mabanckou, chacun de nous a le droit d’avoir ses amies et ses amis. Mais dans le contexte du Congo-Brazzaville et selon votre parcours antérieur, comprenez que nous soyons surpris par cette proximité avec « votre très très chère Belinda Ayessa » qui est l’incarnation même du pouvoir dictatorial du Congo-Brazzaville que nous avons tous jadis combattu.  

À l’attention de madame Belinda Ayessa, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. 

Ce n’est pas une immixtion dans la vie privée de monsieur Alain Mabanckou qui est par ailleurs un personnage public. 

Pour certains d’entre nous, monsieur Denis Sassou Nguesso serait-il devenu un despote éclairé ? À cette allure, il ne restera plus qu’à écrire un livre à sa gloire. Serait-ce la prochaine étape ? 

N’est pas un intellectuel engagé qui veut, car la cohérence de la pensée et de l’action est un élément structurant de la vision que l’on se fait de sa société et du monde environnant.  

Monsieur Alain Mabanckou, votre aura a pâti et vôtre étoile a pâli. « La petite vérole », vous nous manquerez. 

Le peuple congolais ne renoncera jamais à son désir de liberté, à sa dignité, malgré le départ des petits couteaux. 

C’est Victor Hugo poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français qui disait « Fidèle à l’engagement que j’ai pris vis-à-vis de ma conscience, je partagerai jusqu’au bout l’exil de la liberté. Quand la liberté rentrera, je rentrerai. Victor Hugo, déclaration du refus de l’amnistie, 18 août 1859.  

N’est pas Victor Hugo qui veut, personnalité politique et un intellectuel engagé qui a joué un rôle majeur dans l’histoire du XIXe siècle. 

« On peut tout fuir, sauf sa conscience. » écrivait Stefan Zweig. 

Alain Mabanckou est maintenant seul face à sa conscience. 

Adieu l’étoile filante qui va se consumer dans le cosmos de la platitude. 

Avec Congo-liberty.com par Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Congo-Diaspora/Livres : André Hervé N’kindou Loutonadio signe « L’esquille d’un enseignement spirituel et inexploré » et « Dolisie, terre sacrée »

mars 19, 2022

Les deux ouvrages sont parus aux éditions Le Lys Bleu. « L’esquille d’un enseignement spirituel et inexploré » est un roman ésotérique de 356 pages, alors que dans « Dolisie, terre sacrée » de 243 pages, l’auteur met en exergue les émoluments de l’ambition ordonnée d’un jeune débrouillard, parti du néant pour atteindre le sommet.

DR 1- La couverture du livre « L’esquille d’un enseignement spirituel et inexploré »

« L’esquille d’un enseignement spirituel et inexploré » est le récit de l’initiation d’un profès élu nommé Sobi, qui trouve dans son village natal les réponses à son mal-être et franchit les étapes pour élever son âme selon le Lemba (philosophie d’humanisation kongo), pour enfin restaurer la tradition kongo. Il engendre la quête d’une spiritualité encore inexplorée et, l’auteur, au terme d’un travail de recherche fastidieux, fait surgir quelques ambiguïtés des marchands d’illusion qui plongent le monde à l’ère du Verseau dans l’obscurantisme.

Par un incipit intriguant, André Hervé N’kindou Loutonadio captive d’emblée par sa plume le lecteur qui découvre des savoirs sur l’histoire et la culture kongo, puis s’enchaînent les péripéties mystérieuses et rythmées pour le maintenir en haleine jusqu’à une belle pluie finale très évocatrice. Il propose, pour ainsi dire, un parcours initiatique plein de spiritualité et de recul critique. Un ensemble d’études qui ont le mérite de la clarté et de soulever des questionnements riches pour cette période contemporaine. Ce discours, profondément humaniste, pourrait bien rénover le rapport monolithique à la religion.

« Vous avez livré un roman qui décrit à merveille un monde qui pourrait être le nôtre. Vos personnes ont une épaisseur certaine qui leur confère une cohérence totale. Les dialogues sont riches et permettent au lecteur de s’associer aux protagonistes et de s’insérer dans votre histoire », a apprécié l’éditeur.

DR 2 – Le livre « Dolisie, terre sacrée »

Préfaçant cet ouvrage, Claire Levaillant de Charny pense que ce roman comble une lacune dans le paysage de l’édition religieuse. Il est le premier à proposer un panorama chronologique de l’aventure spirituelle de la spiritualité kongo. C’est une démarche qui rejoint, par exemple, l’apparition conjointe en différents endroits du monde de grands mouvements spirituels à une époque donnée. Le VIe siècle avant Jésus Christ, dit la préfacière, a vu fleurir un Lao-Tseu, un Confucius, les sages des Upanishad sur les bords du Gange, Zarathoustra en Iran, les grands prophètes bibliques Isaïe, Jérémie et Ezéchiel et le début de la philosophie grecque. Une démarche qui prouve aussi à l’envie que les grandes traditions mystiques se rejoignent sur l’essentiel. André Hervé N’kindou Loutonadio a voulu, à travers ce premier roman, rendre hommage à Augustin Niangouna, son éminent professeur de français, peut-être sans le savoir, en lui disant ceci : « Si tu trouves un papier avec des écrits qui traînent par terre, ramasses le, tu trouveras un mot qui t’apportera la lumière quelque part ».

« Dolisie, terre sacrée »

Dans « Dolisie, terre sacrée », bien que né de la fiction, André Hervé N’kindou Loutonadio met en exergue les émoluments de l’ambition ordonnée d’un jeune débrouillard, parti du néant pour atteindre le sommet, après avoir atterri dans une ville immensément riche, dont les autochtones eux-mêmes n’en connaissaient pas vraiment les potentialités. À l’âge où on se cherche dans la vie, Mabina est attiré par la ville de Dolisie où il croit se frayer un chemin pavé d’or. Son rêve se matérialise avec la rencontre de la jeune Lily, originaire de ladite ville.

En effet, derrière Dolisie, capitale du Niari, ce nom chargé d’histoire, d’aventure et d’exotisme, se profile une ville fascinante, une terre riche de la République du Congo et un peuple que l’on découvre lorsqu’on foule son sol. Dolisie, trois syllabes qui évoquent la chaleur tropicale humide, une richesse de l’or vert, des paysans qui profitent de son don de la nature, une terre fertile, langueur des nuits du Niari, mais aussi des affres de la guerre.

DR 3 – L’écrivain André Hervé N’kindou Loutonadio

Pour son auteur, de nombreux ouvrages ont été publiés sur cette terre légendaire dont le destin a été lié à celui de la France, durant près d’un siècle. Colonialistes et anticolonialistes se sont affrontés en de vains débats. Essais politiques, articles, thèses d’historiens et d’ethnologues, la bibliographie du Niari est riche. Voire très riche. Sa période de développement économique a fait rêver des milliers de lecteurs et hommes d’affaires, qui vibraient aux seules évocations du mot Niari ou de sa capitale Dolisie. Rares sont les familles françaises ou d’autres nationalités qui n’ont vu l’un des leurs, soldats au « Grand Niari », employé des postes à Dolisie, commerçants, enseignants ou élèves, faire leur temps dans cette terre légendaire. Tout a été dit, tout a été écrit sur ce domino africain de l’empire français. « Pendant de longues années, nous avons complètement oublié le rôle joué par cette capitale de l’or vert et l’historique transition du manganèse en direction de Pointe-Noire en passant par Mbinda, Makabana, Mont Mbelo, Dolisie et ensuite Pointe-Noire, la ville océane. Elle ne survivait que dans les manuels d’histoire, dans la mémoire de ceux qui ont connu cette période charnière, de l’exploitation forestière, de l’école de formation des instituteurs de Dolisie, de l’école des eaux et forêt de Mossendjo et de sa rizerie », écrit André Hervé N’kindou Loutonadio.

L(auteur est né le 9 septembre 1952 à Brazzaville (République du Congo). Après un parcours scolaire élogieux, il évolue dans la vie civile dans ses affaires. Opérateur économique dans le bâtiment et travaux publics, génie civil, dans son pays d’origine, il se consacre aujourd’hui à sa passion qu’est la littérature dans ses moments de repos en France, précisément dans la ville de Reims.

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Congo-Diaspora: Décès du colonel Mabiala Gilbert Michel

novembre 25, 2021

Avec Zenga-mambu

Liban : par le vote, la diaspora peut inverser le cours de l’histoire

novembre 17, 2021
« Le peuple a décidé, le changement est en marche », peut-on lire sur un affichage électorale à Beyrouth, en octobre 2021 © JOSEPH EID/AFP

Moins de 140 000 Libanais de l’étranger sur 1 million de votants potentiels sont inscrits sur les listes électorales. La mobilisation pour les législatives de mars 2022 est pourtant cruciale pour l’avenir du Liban.

L’indépendance du Liban, dont nous devrions célébrer les 78 ans ce 22 novembre, n’est qu’une indépendance de façade. L’enjeu, désormais, c’est sa survie pure et simple en tant que Nation et en tant qu’État. Les élections législatives de mars 2022 marqueront soit l’expression de la volonté du peuple, soit celle d’une classe politique discréditée accaparant le pouvoir. Tentons d’inverser par le vote le cours de l’Histoire. Ne nous laissons pas décourager par une éventuelle révision de la loi électorale qui viendrait affaiblir le vote de la diaspora. Soyons un soutien des forces de l’opposition qui tentent d’émerger malgré une très forte adversité. Le temps presse.

Les Libanais de la diaspora doivent être inscrits sur les listes électorales avant le 20 novembre. Au soir de cette date, le nombre total d’inscrits reflètera la capacité de la mobilisation diasporique. Or à ce jour, sur un 1 million de votants potentiels dans le monde, seuls près de 140 000 d’entre nous se sont inscrits. De fait, la mobilisation n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Le doute, la lassitude, l’indifférence ou l’éloignement sont-ils en train d’entraver la volonté de voter ? La probabilité est forte. Mais le prix a été trop élevé pour que nous renoncions …

Frustrations et attachement

Inscrivons-nous par frustration de n’avoir jusque-là que subi le cours des choses. Inscrivons-nous par solidarité avec nos proches vivant au Liban : enfants sans écoles, diplômés sans emplois qualifiés, malades sans soins, travailleurs sans salaires, jeunesse sans avenir… Inscrivons-nous pour que le volontarisme et l’intelligence l’emportent sur la médiocrité et la corruption.

CE VOTE MONTRERA À LA MÉDIOCRATIE EN PLACE ET AU MONDE ENTIER NOTRE MOBILISATION À TOUTE ÉPREUVE

Inscrivons-nous par devoir de mémoire pour tous ceux qui ont payé cher la construction du pays. Inscrivons-nous pour ne pas avoir un jour à répondre, la mort dans l’âme, à cette question de nos enfants : « Mais qu’as-tu fait pour essayer de changer la situation » ? Et surtout …. Inscrivons-nous par conviction que ce pays est bien le nôtre, y compris et surtout dans le malheur, que nous y sommes indéfectiblement attachés et qu’il a besoin de nous.

C’est en nous mobilisant de façon massive et démocratique que nous pourrons retrouver un Liban indépendant, en reprenant en main notre destinée sans plus la déléguer à d’autres. Inscrivons-nous avant le 20 novembre sur les listes et votons massivement en mars 2022. Participons activement à ce geste démocratique. Tournons délibérément le dos à toute résignation ou défaitisme. Ce vote n’est qu’une étape. Mais c’est une étape fondamentale qui montrera à la médiocratie en place et au monde entier notre mobilisation à toute épreuve dans la reconquête de notre indépendance.

Liste des cosignataires : Karim Daher (Aldic), Albert Kostanian (Kulluna Irada), Dania Khalil (Lebanon Talks). Ferris Wehbe (Our New Lebanon), Chibli Mallat (TMT), Hana Jaber (TMT), Nawal Meouchy (TMT), Isabelle Edde (TMT),  Nancy Stephan (The Lebanese Diaspora Network), Marc Tueni (Meghterbin Mejtemiin), Kamal Tarabey (Collectif franco-libanais), Georges Stephan (AADL), Rabih El Amin (Lebanese Executive Council), Nehme Lebbos (Union pour un Liban solidaire), Nadine Garabedian (Machrou Watan), Joumana Timery (La nouvelle République), Sergio Jalil (Celibal).

Collectif Change Lebanon

Avec Jeune Afrique par Collectif Change Lebanon

Association de droit français composée d’experts de la société civile libanais et franco-libanais

Congo-Premier forum de recrutement de la diaspora: Noelly Oyabiki Iwandza dresse le bilan

novembre 11, 2021

Le palais des congrès d’Issy-les-Moulineaux vient de vivre deux jours intenses d’approche entre l’Agence congolaise pour l’emploi (ACPE) et les Congolais de l’étranger. Noelly Oyabiki Iwandza, directrice de la structure congolaise, dresse le bilan.

Noelly Oyabiki Iwandza

Photo : Noelly Oyabiki Iwandza

À l’heure du bilan à la presse, plus précisément sur le plateau de Ziana TV, la directrice a exprimé en deux mots toute sa satisfaction à l’issue d’une rencontre au demeurant improbable. « Bilan positif ! », a-t-elle clamé. Un constat à vue d’œil étant donné l’engouement visible suscité, tant par les entreprises exposantes que par les Congolais qui ont effectué la démarche, pourtant en semaine, de venir en présentiel.

Noelly Oyabaki a expliqué que plusieurs curriculum vitae ont été déposés. Les entreprises, selon les critères de leur direction de ressources humaines, en ont déjà retenu quelques-uns.

Après une telle opération, l’ACPE a tenu à préciser que bien qu’existent des compétences sur place, au Congo, il était important de venir puiser, de plus, dans le gisement des ressources humaines de la diaspora. Cette décentralisation momentanée de la structure en France se justifie par le fait que sont recherchées des compétences dans des domaines plus élargis et qui allient à la fois diplôme et expérience. Et, quoi de plus normal de débaucher les cadres congolais en prévision du remplacement de la main-d’œuvre étrangère au Congo !

Il s’agit pour les organisateurs d’éviter ce que l’on appelle en matière de ressources humaines « le clonage », c’est-à-dire, disposer des mêmes profils. L’heure est désormais à la diversification de la main-d’œuvre avec un personnel en partie constitué des Congolais.

En ce qui concerne le recrutement, de l’avis des spécialistes, pratiquer le clonage des profils mène à freiner la diversité des équipes et à tendre à l’innovation.

Les entreprises peinent à trouver les compétences sur place, elles sont venues en France élargir leurs recherches auprès des Congolais à l’étranger ayant les profils adéquats.

D’une façon permanente, la structure demeure à disposition pour l’accompagnement de tous les demandeurs d’emploi congolais. De ce fait, les coachings et autres techniques sont toujours à leur disposition.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Congo-1er Forum de recrutement de la diaspora : avis d’un participant

novembre 10, 2021

Les avis convergent sur la bonne tenue du Forum des 9 et 10 novembre organisé par l’Agence congolaise pour l’emploi, au Palais des Congrès d’Issy-les-Moulineaux 

Marie-Cécile Mackoubily

Marie-Cécile Mackoubily / Crédit photo : Fredy Mizelet by Flam

Ces derniers temps, le gouvernement congolais et ses compatriotes de l’étranger se rapprochent conjointement pour mettre en place les synergies à distance ou de manière rapprochée. Le projet gouvernemental incite à concrétiser cette volonté réciproque.

Pour Marie-Cécile Mackoubily, c’est le moment de concrétiser la structuration institutions-diaspora. « Une telle initiative est à saluer ». Elle concerne la diaspora en général, et plus particulièrement les Afro-descendants, enfants nés à l’étranger. Mais, en amont, estime la présidente de l’association Afrique Terre Origine, ATO, il y a un travail à effectuer afin, d’abord, de faire connaître le Congo. « Aller travailler dans un pays que l’on ne connaît pas relève de l’exploit. »

Elle explique qu’au début, ce sont les entreprises et les chambres de commerce qui doivent établir des conventions de stages de validation de fin d’études pour accueillir ces jeunes. Un premier contact est nécessaire pour connaître le pays.

« Créons un Erasmus à la congolaise pour faciliter la mobilité des jeunes entre l’Europe et le Congo. Cela permettra la découverte du Congo et son environnement. Nous aurons tous à gagner à obtenir leur implication, ici en France, et là-bas en Afrique », espère-t-elle.

Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Congo-Économie : le premier forum de recrutement de la diaspora ouvert à Paris

novembre 9, 2021

La rencontre, ouverte le 9 novembre au Palais des congrès d’Issy-les-Moulineaux, est une occasion de rencontrer les entreprises et de bénéficier d’un accompagnement de spécialistes de l’Agence congolaise pour l’emploi (ACPE) tel que préconisé par les organisateurs.

Hugues Ngouelondélé entouré de ses homologues des PME et de l’enseignement supérieur /Crédit photo : Frdy Mizelet by Flam

Hugues Ngouélondélé, ministre de la Jeunesse, des Sports, de l’Education civique, de la Formation qualifiante, en présence de ses homologues Jacqueline Lydia Mikolo des Petites et moyennes entreprises et Edith Delphine Emmanuel, de l’Enseignement supérieur, ainsi que de Rodolphe Adada, ambassadeur du Congo en France, a déclaré ouverte la première édition du Forum de recrutement des compétences au sein de la diaspora congolaise en Europe.

Au préalable, il a rappelé le contexte actuel où le Congo,  sous l’impulsion du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, vit le projet de société « Ensemble poursuivons la marche » désormais converti en programme d’action gouvernementale.

C’est dans ce contexte de vaste chantier que l’ACPE a pris la résolution d’organiser un forum de l’emploi pour les compétences qui existent au sein de la communauté congolaise résidant en Europe. « Car notre diaspora d’Europe, faut-il le rappeler, constitue un vivier indéniable de talents de haute qualité, dont le Congo et les entreprises installées dans notre pays ont grand besoin », a déclaré Hugues Ngouélondélé.

À son adresse, le ministre de la Jeunesse a dit : « Quelles que soient les motivations qui justifient votre présence en Europe, le temps est venu de porter un regard nouveau sur la terre de nos ancêtres. Comme le proclame notre devise « Unité-Travail-Progrès », qu’il me soit permis de vous rappeler que la mère-patrie  a besoin de vous ; elle tend la main, saisissez-la ! ».

Un message en rajout du précédent où le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, disait en substance : « …avec un peu de patriotisme, la diaspora congolaise peut jouer un rôle capital dans la marche vers le développement ».

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma