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Brésil : Dilma Rousseff saisit le Tribunal suprême fédéral pour annuler la procédure de destitution

mai 10, 2016

Dilma Rouseff, le 10 mai à Brasilia.

Dilma Rouseff, le 10 mai à Brasilia. UESLEI MARCELINO / REUTERS
L’avocat de la présidente brésilienne Dilma Rousseff ont annoncé qu’ils allaient saisir, mardi 10 mai, le Tribunal suprême fédéral pour faire annuler la procédure de destitution à son encontre.

« Le dernier jour de mon mandat est le 31 décembre 2018 », a déclaré mardi Dilma Rousseff, qui s’exprimait devant des milliers de partisans.

« Je vais lutter de toutes mes forces en utilisant tous les moyens disponibles, tous les moyens légaux, tous les moyens de combat. »

Selon l’avocat de la présidente, la procédure contre Mme Rousseff est le résultat d’une « vengeance personnelle » du président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha, farouche adversaire de la cheffe d’Etat. Ce dernier a été suspendu jeudi de ses fonctions par la haute juridiction pour entrave aux enquêtes judiciaire et parlementaire le visant dans le cadre du scandale de corruption Petrobras.

L’annonce des avocats arrive à la veille d’un vote décisif du Sénat, qui pourrait écarter Mme Rousseff du pouvoir. L’issue du scrutin ne fait pratiquement aucun doute : une cinquantaine de sénateurs, sur 81, ont déjà annoncé leur intention de voter en faveur de l’ouverture du procès en destitution de la présidente, qui dénonce un « coup d’Etat parlementaire sans base légale ». Le vice-président du Sénat, Michel Temer, remplacerait alors temporairement la présidente et formerait un nouveau gouvernement.

Soubresauts

La vie politique brésilienne connaît de nombreux soubresauts à l’approche de cette éventuelle destitution. Lundi, le président intérimaire de l’Assemblée, Waldir Maranhao, a demandé l’annulation du vote des élus de sa chambre, qui avaient lancé à la mi-avril la procédure contre la présidente. Il est ensuite revenu sur sa décision, quelques heures plus tard.

La procédure doit donc maintenant suivre son cours, sauf intervention du Tribunal suprême fédéral. Son président, Ricardo Lewandowski, a fait savoir qu’il « [donnerait] priorité aux recours judiciaires » en lien avec la destitution et a assuré que la procédure respecterait la loi.

 

Lemonde.fr

Brésil: le scandale Petrobras rattrape le président de l’Assemblée, ennemi de Rousseff

décembre 15, 2015

Brasilia – Peu après avoir donné le feu vert à la destitution de la présidente Dilma Rouseff, le président de l’Assemblée du Brésil, l’ultra-conservateur Eduardo Cunha, risque lui-même de chuter avec les perquisitions menées mardi et le lancement d’une procédure pour mensonge.

Dans le cadre du scandale de corruption Petrobras, la police fédérale a perquisitionné sa résidence officielle à Brasilia mais aussi son domicile privé à Rio et est repartie avec un grand nombre de documents, son téléphone portable et son ordinateur.

L’opération policière, déclenchée sur l’ordre de la Cour suprême, s’est déroulée simultanément dans six Etats du pays et visait d’autres hommes politiques, dans le but d’éviter que des preuves importantes ne soient détruites par les accusés, a indiqué la police. Au total, 53 mandats de perquisition ont été délivrés, dont au moins quatre concernent deux ministres et deux parlementaires du même parti centriste (PMDB) que M. Cunha.

Le gouvernement de Mme Rousseff a affirmé dans un communiqué espérer que soient tirés au clair, le plus rapidement possible, tous les faits qui touchent des ministres et autres autorités, afin de établir la vérité.

Quelques heures plus tard, M.Cunha connaissait un nouveau revers.

Après sept reports, le Conseil d’éthique de la chambre des députés a finalement voté l’ouverture d’une procédure interne à l’Assemblée qui pourrait aboutir à sa destitution.

– ‘Une revanche’ –

53 mandats ont été exécutés, c’est normal dans le cadre de l’enquête mais il est très étrange que cela se passe le jour où le Conseil d’éthique devait se prononcer à mon sujet. C’est une revanche. Je suis totalement innocent, a déclaré un Cunha imperturbable à la presse, accusant le gouvernement de vouloir détourner l’attention du vrai problème, la destitution de la chef de l’Etat.

M. Cunha avait lui-même accepté le 2 décembre l’ouverture de la procédure d’impeachment contre Mme Rousseff – qui pâtit d’une popularité en berne, à 10% seulement, et de la récession économique. Il avait depuis fait en sorte de retarder la procédure lancée contre lui pour avoir menti à ses pairs sur des comptes bancaires en Suisse alimentés par l’argent de Petrobras.

En août, il avait été accusé par le parquet d’avoir reçu au moins cinq millions de dollars de pots-de-vin.

Déjà cerné par l’enquête judiciaire, il va devoir maintenant être auditionné par ses pairs. Il aura dix jours pour se défendre devant le Conseil d’éthique puis, au bout de trois mois, ce dernier se prononcera sur sa destitution qui devra ensuite être votée en séance plénière à l’Assemblée.

M.Cunha est membre du parti centriste PMDB, le plus important à l’Assemblée et membre de la coalition gouvernementale. Mais depuis des mois, il a pris ses distances vis-à-vis de la présidente Dilma Rousseff. M. Cunha a appelé mardi le PMDB à rompre immédiatement avec le gouvernement.

A l’initiative de propositions de loi ultra-conservatrices, contre l’avortement ou les homosexuels, il est la cible des féministes et mouvements de gauche qui réclament son départ dans les manifestations aux cris de Dehors Cunha!.

L’enquête sur Petrobras, lancée en 2014, a mis au jour un système de trucage systématique des marchés passés entre l’entreprise pétrolière et ses sous-traitants, donnant lieu à des commissions de 3% sur chaque contrat dont une partie était reversée à des élus de la coalition au pouvoir.

Elle a déjà envoyé en prison des élus du Parti des travailleurs (PT-gauche au pouvoir) et de la coalition, la plupart des ex-directeurs du géant étatique et les patrons des plus puissants groupes de BTP du Brésil ainsi que le PDG de la banque BTG pactual.

De son côté, Mme Rousseff, réélue de justesse fin 2014, se dit victime d’une tentative de coup d’Etat institutionnel, ourdie par une opposition n’ayant pas digéré sa défaite. Le calendrier de sa procédure de destitution n’est pas encore connu : il dépendra de l’annulation ou non des vacances parlementaires, prévues du 22 décembre au 1er février.

Romandie.com avec (©AFP / 15 décembre 2015 19h17)