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Brésil : Dilma Rousseff destituée, Michel Temer nouveau président

août 31, 2016

Brasilia – Le centriste Michel Temer, 75 ans, est devenu mercredi le nouveau président du Brésil, quelques heures après la destitution de Dilma Rousseff pour maquillage des comptes publics, marquant la fin de 13 ans de gouvernements de gauche dans le plus grand pays d’Amérique latine.

Ancien vice-président de Mme Rousseff dont il a précipité sa chute, l’homme fort du PMDB (centre droit) a prêté serment au Sénat et devra diriger un Brésil dans la tourmente jusqu’aux prochaines élections législatives et présidentielles fin 2018.

Tout aussi impopulaire que sa rivale, Michel Temer n’a pas fait de déclarations après cette courte cérémonie, à l’issue de laquelle il s’envolera vers la Chine pour un sommet du G20, où il tentera de redorer le blason terni de la première économie d’Amérique latine.

Selon les médias, il s’exprimera dans la soirée dans une allocution télévisée enregistrée.

Dilma Rousseff a fustigé sa destitution et réaffirmé son innocence.

Le Sénat a pris une décision qui entre dans l’histoire des grandes injustices. Il a commis un coup d’Etat parlementaire, a-t-elle dénoncé.

Une majorité de plus des deux tiers requis des sénateurs ont voté sans surprise pour la destitution de la dirigeante de gauche, première femme avoir été élue à la tête du Brésil en 2010, puis réélue de justesse en 2014.

Sur les 81 parlementaires, 61 ont voté pour sa destitution et seulement 20 ont voté contre.

Dilma Rousseff a commis des crimes de responsabilité importants (…), elle a été condamnée et perd ainsi son mandat de présidente de la République, a conclu le président de la Cour suprême (STF) Ricardo Lewandowski, qui dirigeait les débats du Sénat transformé pour l’occasion en tribunal.

– ‘Nous reviendrons’ –

Mme Rousseff a en revanche conservé ses droits civiques à la faveur d’un second vote, où la majorité des deux tiers requise pour l’en priver pendant huit ans n’a pas été atteinte. Seuls 42 sénateurs ont voté pour, 36 contre et 3 se sont abstenus.

Cela signifie qu’elle reste éligible. Elle pourra être candidate à des mandats de sénatrice, de députée, mais pas à la présidence en 2018, puisqu’elle a déjà été élue pour deux mandats consécutifs, a expliqué à l’AFP un universitaire en droit de Rio, Rogerio Dultra dos Santos.

Nous reviendrons, a d’ailleurs promis l’ex-dirigeante, s’exprimant devant un petit groupe de partisans depuis sa résidence du palais de l’Alvorada où elle avait suivi le vote en compagnie de son mentor, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva.

Il ne s’agit pas d’un adieu, mais d’un à bientôt, a-t-elle lancé à l’adresse des Brésiliens, annonçant une opposition féroce au nouveau gouvernement putschiste.

Englué depuis la réélection de Mme Rousseff fin 2014 dans une crise politique et économique de magnitudes historiques, sur fond de méga-scandale de corruption, le Brésil, également cinquième pays le plus peuplé de la planète, rompt ainsi avec 13 ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT) initiée en 2003 par Lula.

Une longue page d’histoire marquée par le miracle socio-économique des années 2000 qui a vu sortir 29 millions de Brésiliens de la misère, avant les affaires de corruption et un brutal retournement économique qui ont précipité le Brésil et Mme Rousseff dans l’abîme.

Les chiffres officiels publiés mercredi ont confirmé que la récession s’installe au Brésil, avec un sixième trimestre consécutif de baisse du PIB.

– Procès marathon –

Le verdict est tombé au sixième jour d’un procès marathon, de dizaines d’heures de débats techniques et passionnés où le droit de la défense et la Constitution auront été scrupuleusement respectés sur la forme, sans forcément convaincre de la culpabilité de Mme Rousseff au plan strictement juridique.

La dernière session s’est conclue sur les discours enflammés de sénateurs de chaque camp: Temer n’a pas la légitimité pour gouverner ce pays, a lancé la sénatrice Vanessa Grazziotin (PCdoB, parti allié du PT).

Le sénateur Ronaldo Caiado (DEM, droite) a rétorqué que les vraies canailles sont ceux qui pillent les coffres de Petrobras et s’enrichissent avec l’argent public, les vraies canailles sont ceux qui laissent des millions de Brésiliens sans emploi.

Le motif de cette destitution’ Le maquillage des comptes publics pour camoufler l’ampleur du déficit, via un tour de passe-passe faisant incomber certains frais à des banques publiques, et l’approbation de trois décrets engageant des dépenses sans le feu vert du Parlement.

Pour la défense de Mme Rousseff, tous ses prédécesseurs ont eu recours aux manœuvres budgétaires incriminées sans avoir été inquiétés. Il s’agit donc d’un coup d’Etat institutionnel orchestré par l’opposition de droite et Michel Temer.

Le vice-président avait porté un coup fatal à l’ex-guérillera de 68 ans torturée et emprisonnée sous la dictature (1964-1985) en poussant en mars son grand parti centriste, le PMDB à claquer la porte de sa coalition.

La démonstration de combativité administrée lundi par Dilma Rousseff, répondant pendant plus de 14 heures au feu roulant de questions des sénateurs avec calme et fermeté, n’était donc qu’un baroud d’honneur pour la postérité.

Votez contre la destitution, votez pour la démocratie, avait-elle lancé aux sénateurs, dont plus de la moitié sont soupçonnés de corruption ou visés par une enquête.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2016 22h31)

Le Brésil sur le point de tourner la page Dilma Rousseff

août 31, 2016

Brasilia – Dilma Rousseff vit ses dernières heures à la tête du Brésil: sauf coup de théâtre, les sénateurs voteront mercredi à Brasilia sa destitution pour maquillage des comptes publics au terme d’une procédure juridico-politique hautement controversée.

Mme Rousseff a prévu de faire une déclaration à la presse vers 13H00 heure locale (16H00 GMT), après le vote, a indiqué l’un de ses collaborateurs.

Michel Temer, 75 ans, ex vice-président de Mme Rousseff dont il a précipité la chute, assumera alors pleinement la présidence.

Tout aussi impopulaire que sa rivale, Michel Temer prêtera serment au Parlement dans la journée, lors d’une très brève cérémonie, avant de s’envoler vers la Chine pour participer à un sommet du G20, où il tentera de redorer le blason terni du Brésil.

Le Brésil ne peut pas être absent de la réunion du G20, a souligné M. Temer au quotidien O Globo, mercredi.

Il exerce déjà la présidence à titre intérimaire depuis la suspension, le 12 mai par le Sénat, de la première femme élue, en 2010, à la tête du cinquième pays le plus peuplé de la planète.

Englué depuis la réélection de Mme Rousseff fin 2014 dans une crise politique et économique de magnitudes historiques, sur fond de méga-scandale de corruption, le Brésil tournera ainsi la page de 13 ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT, gauche) initiée en 2003 par Luiz Inacio Lula da Silva.

Une longue page d’histoire marquée par le miracle socio-économique des années 2000 qui a vu sortir 40 millions de Brésiliens de la misère, avant les affaires de corruption et un brutal retournement économique qui ont plongé le Brésil et Mme Rousseff vers l’abîme.

– Jugement politique –

Le verdict va tomber au sixième jour d’un procès marathon, de dizaines d’heures de débats techniques et passionnés où le droit de la défense et la Constitution auront été scrupuleusement respectés sur la forme, sans forcément convaincre de la culpabilité de Mme Rousseff au plan strictement juridique.

Le président de la Cour suprême (STF) Richard Lewandowski, qui dirige les débats, lira d’abord mercredi son rapport résumant le procès.

On passera ensuite au vote électronique.

Les 81 sénateurs devront répondre à la question : Dilma Rousseff a-t-elle commis un crime de responsabilité?. S’ils sont 54 (les deux tiers) à voter oui, elle sera écartée définitivement du pouvoir. Dans le cas contraire, elle réintègrerait immédiatement ses fonctions.

Selon un décompte effectué par le quotidien Folha de Sao Paulo, le plancher est déjà atteint, avec 54 sénateurs pour, 20 contre et 7 indécis.

La probabilité que Dilma Rousseff ne soit pas destituée est quasi-nulle. J’estime que les chances de l’impeachment sont aujourd’hui de 99%, déclare à l’AFP Adriano Codato, professeur et analyste politique de l’Université fédérale du Parana.

Plusieurs sénateurs ont déjà déclaré que le jugement n’est au fond ni technique, ni juridique, ni financier, ni comptable, mais politique. Or elle n’a plus la majorité, argumente-t-il.

Pour la défense de Mme Rousseff, tous ses prédécesseurs ont eu recours aux manoeuvres budgétaires incriminées sans avoir été inquiétés. Il s’agit donc d’un coup d’Etat institutionnel orchestré par l’opposition de droite et Michel Temer.

Le vice-président avait porté un coup fatal à cette ex-guérillera de 68 ans torturée et emprisonnée sous la dictature (1964-1985) en poussant en mars son grand parti centriste, le PMDB à claquer la porte de sa coalition.

La démonstration de combativité administrée lundi par Dilma Rousseff, répondant pendant plus de 14 heures au feu roulant de questions des sénateurs avec calme et fermeté, n’aura été selon toute vraisemblance qu’un baroud d’honneur pour la postérité.

Votez contre la destitution, votez pour la démocratie, avait-elle lancé aux sénateurs, dont plus de la moitié sont soupçonnés de corruption ou visés par une enquête.

– ‘Conscience tranquille’ –

Mme Rousseff avait martelé avec force avoir la conscience tranquille de n’avoir commis aucun crime de responsabilité.

Le motif officiel de cette destitution annoncée? Le maquillage des comptes publics pour camoufler l’ampleur du déficit, via un tour de passe-passe faisant incomber certains frais à des banques publiques, et l’approbation de trois décrets engageant des dépenses sans le feu vert du Parlement.

Mais en réalité, Dilma Rousseff est attaquée pour avoir osé remporter une élection qui contrariait les intérêts de ceux qui voulaient changer le cap du pays et ne pas avoir empêché la poursuite des enquêtes sur la corruption au Brésil, a affirmé mardi son avocat, l’ex-ministre de la Justice José Eduardo Cardozo.

Sans hésiter à invoquer Dieu, l’avocate de l’accusation Janaina Paschoal a au contraire préconisé la destitution comme remède constitutionnel auquel nous devons recourir quand la situation devient particulièrement grave.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2016 14h30)

La présidente brésilienne affronte les sénateurs avant l’éviction

août 29, 2016

La présidente du Brésil Dilma Rousseff est arrivée lundi au Sénat à Brasilia pour se défendre personnellement dans son procès en destitution. Ce sera son ultime intervention avant une probable éviction, point final à 13 ans de règne de la gauche.

Plusieurs centaines de ses partisans ont accueilli la dirigeante, souriante à son arrivée vers 9h00 (14h00 en Suisse). Ils chantaient « Dilma, guerrière de la patrie brésilienne », brandissant des pancartes du Parti des travailleurs (PT) et des fleurs à lui remettre en guise d’encouragement.

« Nous avions l’espoir que ça n’irait pas aussi loin, c’est pour ça que je me sens indignée », confiait une manifestante, Marlene Bastos, 65 ans, professeure à la retraite.

Vote final mardi ou mercredi
Tous les pronostics sont contre l’ex-guérillera de 68 ans, emprisonnée et torturée sous la dictature militaire (1964-1985). Mais Dilma Rousseff vient à ce rendez-vous historique « décidée, préparée pour la bataille », a déclaré aux journalistes le député Silvio Costa (PT do B, parti allié du PT).

Elle aura la parole durant 30 minutes et décidera ensuite si elle accepte ou non les questions des parlementaires. Le cas échéant, ils disposeront chacun de cinq minutes pour s’exprimer.

Puis suivront de longs débats et le vote final, attendu mardi ou mercredi. Un « oui » des deux tiers des sénateurs – 54 sur 81 – est requis pour prononcer la destitution, qui serait une première dans l’histoire du Brésil.

Accompagnée de Lula
Tous les sondages indiquent qu’une grande majorité des sénateurs sont favorables à l' »impeachment ». Pour les affronter lundi matin, Mme Rousseff était accompagnée de son mentor politique, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), du célèbre chanteur engagé à gauche Chico Buarque et d’une douzaine d’anciens ministres.

Depuis des mois, celle qui avait été la première femme élue à la tête du Brésil en 2010 clame son innocence. Elle crie au « coup d’Etat » institutionnel ourdi par le principal bénéficiaire de la manoeuvre: son ancien vice-président devenu rival, Michel Temer (PMDB, centre droit), 75 ans.

Popularité à 13%
M. Temer assure l’intérim depuis la suspension de la présidente le 12 mai par un vote de plus des deux tiers des sénateurs. Il gardera les manettes jusqu’aux élections présidentielle et législatives fin 2018 si elle est destituée.

Si Mme Rousseff est écartée du pouvoir, elle ne pourra plus occuper de fonctions publiques pendant huit ans. Si elle est innocentée, cette économiste dont la popularité stagne à 13% retrouvera son mandat.

Romandie.com avec(ats / 29.08.2016 15h24)

Brésil: le procès en destitution de Dilma Rousseff s’est ouvert

août 25, 2016

Le procès en destitution de Dilma Rousseff s’est ouvert jeudi devant le Sénat brésilien, avec l’audition des témoins à charge et à décharge. Accusée de maquillage de comptes publics, la présidente brésilienne est suspendue de ses fonctions depuis le 12 mai.

« Je déclare la séance ouverte », a annoncé le président du Tribunal suprême fédéral (STF) Ricardo Lewandowski. Il a rappelé aux sénateurs qu’ils se transformaient pour l’occasion en juges et devaient laisser de côté leurs « positions idéologiques et partisanes ».

Les 81 sénateurs brésiliens décideront d’ici le 31 août si l’ex-guérillera de 68 ans doit ou non quitter la présidence. Lundi, la cheffe de l’Etat apparaîtra devant les 81 sénateurs qui écouteront ses arguments de défense. Ses adversaires se disent persuadés d’obtenir plus de suffrages que les 54 voix nécessaires pour la condamner.

Le vote final devrait avoir lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Si la destitution est votée, le vice-président Michel Temer sera confirmé à la présidence pour le reste du mandat de Mme Rousseff, jusqu’en 2018. Il assure déjà l’intérim à la tête de l’Etat en attendant le procès.

« Coup d’Etat » déguisé
Selon un sondage publié jeudi par le quotidien O Globo, 51 sénateurs se sont engagés à voter contre Dilma Rousseff, 19 la soutiennent et 11 disent ne pas avoir décidé. Elle-même dément avoir commis une quelconque action irrégulière et qualifie de coup d’Etat la campagne visant à sa destitution.

Mme Rousseff est accusé d’avoir engagé des dépenses sans l’approbation du Congrès et d’avoir maquillé les comptes publics pour dissimuler l’ampleur du déficit budgétaire lors de la campagne présidentielle de 2014. Elle avait alors été réélue. Le Parti des travailleurs (PT, gauche) de Dilma Rousseff et de son prédécesseur et mentor Luiz Inácio Lula da Silva est au pouvoir depuis 13 ans.

Romandie.com avec(ats / 25.08.2016 16h12)

Brésil: une commission du Sénat vote pour la destitution de Dilma Rousseff

août 4, 2016

Brasilia – Une commission spéciale du Sénat brésilien a voté jeudi à Brasilia en faveur de la destitution de la présidente de gauche suspendue Dilma Rousseff, à la veille de l’ouverture de Jeux Olympiques de Rio de Janeiro.

Le résultat est de 14 voix à 5 en faveur de la destitution, a déclaré le sénateur Raimundo Lira, un partisan du président par intérim Michel Temer dirigeant les travaux de cette commission.

Ce vote ouvre la voix au jugement final de Mme Rousseff par l’assemblée plénière du sénat, qui devrait intervenir fin août, quelques jours après la fin des JO.

Selon la plupart des analystes, la présidente a peu de chance d’inverser la tendance et de sauver son mandat.

La présidente de gauche a été suspendue de ses fonctions le 12 mai par le Sénat et c’est son ancien vice-président devenu rival, Michel Temer qui a assumé depuis la présidence du Brésil par intérim.

C’est à ce titre qu’il reviendra à M. Temer, 75 ans, de déclarer ouverts les Jeux Olympiques de Rio vendredi soir en présence de 45 chefs d’Etats et de gouvernements dans l’enceinte du mythique stade Maracana.

Mme Rousseff a décidé de bouder la cérémonie, tout comme son mentor politique, l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, qui avait largement contribué à l’attribution des JO à Rio de Janeiro, première ville d’Amérique du sud à organiser les Jeux d’été.

La présidente Dilma Rousseff, rééelue pour un second mandat de 4 ans fin 2014, est accusée de maquillages des comptes publics ainsi que d’avoir signé des décrets engageant des dépenses non prévues au budget sans demander l’accord préalable du parlement.

Elle conteste formellement avoir commis un quelconque crime de responsabilité et dénonce un coup d’Etat institutionnel ourdi par M. Temer et la droite brésilienne.

Romandie.com avec(©AFP / 04 août 2016 18h34)

Brésil : manifestations pour et contre Rousseff à cinq jours des JO

juillet 31, 2016

Rio de Janeiro – A cinq jours des jeux Olympiques, des milliers de personnes ont manifesté dimanche dans plusieurs villes du Brésil pour réclamer le départ définitif de la présidente Dilma Rousseff, soutenue ici ou là par des groupes plus petits.

A Rio de Janeiro, environ 4.000 personnes ont défilé sur le boulevard longeant la célèbre plage de Copacabana, en plein contraste avec l’image de carte postale que cette métropole veut donner à l’approche des Jeux qu’elle accueille, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des haut-parleurs montés sur des camions diffusaient l’hymne national et de la samba, derrière une pancarte sur laquelle on pouvait lire Dilma dehors et la prison pour Lula, son prédécesseur à la présidence, actuellement inculpé dans le cadre de l’enquête sur un scandale de corruption qui touche le géant pétrolier Petrobras.

Dans la capitale Brasilia, quelque 3.000 personnes ont manifesté contre la présidente devant le Congrès, selon la police.

A Sao Paulo, la plus grande agglomération du pays, des milliers de personnes se sont rassemblées sur l’avenue Paulista, dans le centre-ville, pour demander la destitution définitive de Mme Rousseff et la prison pour Lula.

D’autres manifestations contre la présidente ont également réuni des milliers de personnes dans des villes comme Recife et Salvador (nord-est) et Belo Horizonte (sud-est), ont dit leurs organisateurs.

Des rassemblements plus petits contre son adversaire, le président par intérim Michel Temer, ont parallèlement eu lieu dans plusieurs agglomérations brésiliennes, à l’appel d’une organisation baptisée Le Front du peuple sans peur.

Mme Rousseff, visée par des accusations de falsification des comptes publics, est sous le coup d’une procédure de destitution qui pourrait aboutir en septembre.

Elle se dit victime d’un coup d’Etat parlementaire ourdi par le vice-président Temer. Si elle est définitivement écartée du pouvoir, c’est lui qui la remplacera jusqu’à la fin de son mandat, en 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2016 23h23)

Brésil: Le ministre Romero Juca du nouveau gouvernement limogé après sa mise en réserve

mai 24, 2016

Rio de Janeiro – Le ministre rattrapé par le scandale de corruption Petrobras qui s’était mis en réserve lundi du nouveau gouvernement brésilien a été démis de ses fonctions, selon un décret du président par intérim Michel Temer publié mardi dans le Journal officiel.

Romero Juca, ministre de la Planification, avait été mis en cause lundi par un enregistrement compromettant publié par le quotidien Folha de Sao Paulo qui ébranlait le gouvernement douze jours seulement après sa mise en place.

Dans cette conversation datant de mars, M. Romero prônait un pacte passant par la destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff pour étouffer l’enquête sur les détournements de fonds autour du groupe étatique Petrobras dans laquelle il est lui-même visé.

L’impeachment est nécessaire. Il n’y a pas d’autre issue. Il faut résoudre toute cette merde. Il faut changer de gouvernement pour stopper l’hémorragie, déclarait M. Juca lors d’un rendez-vous à son domicile avec un ancien sénateur de son parti, Sergio Machado, ex-président de la compagnie pétrolière Transpetro, lui-même soupçonné de corruption.

Romero Juca a tenté lundi matin de se justifier en affirmant qu’il se référait par hémorragie à la crise économique et non à l’enquête Petrobras. Mais nulle part dans la conversation, publiée par la suite en version longue, il ne fait allusion à la sévère récession économique qui plombe le géant émergent d’Amérique latine.

Le sénateur Romero Juca a été l’un des principaux articulateurs politiques de cette procédure de destitution, dénoncée par Mme Rousseff comme un coup d’Etat institutionnel ourdi par le vice-président Temer. Elle a été écartée du pouvoir le 12 mai pour un maximum de six mois en attendant son jugement par le Sénat pour maquillages budgétaires.

M. Juca est un proche de Michel Temer (75 ans). Il a assumé récemment à sa place la présidence du grand parti centriste PMDB qui avait précipité la chute de Mme Rousseff en claquant la porte de la coalition gouvernementale fin mars.

Le PMDB est éclaboussé au plus haut niveau par le scandale Petrobras, au même titre que le Parti des travailleurs (PT, gauche) de Mme Rousseff avec qui il a dirigé le pays depuis 2003.

C’est Dyogo Oliveira, ex-secrétaire exécutif au ministère de la Planification, qui récupère ce portefeuille par intérim.

Romandie.com (©AFP / 24 mai 2016 15h28)

Brésil: des ministres riches, blancs et en délicatesse avec la justice

mai 14, 2016

Brasilia – Les 24 ministres du nouveau gouvernement brésilien auront sûrement bien des choses à se dire, compte tenu de leurs points communs : ils sont tous des hommes, blancs, conservateurs, et beaucoup ont des ennuis avec la justice.

Choisis par le président intérimaire Michel Temer, monté au pouvoir après la suspension jeudi de Dilma Rousseff, ils affichent un profil quasi-identique, qui tranche avec la diversité d’un pays continent de 204 millions d’habitants.

Alors que la population brésilienne s’est indignée ces derniers mois face à l’énorme scandale de corruption Petrobras, qui éclabousse une grande partie de l’élite politique, la nouvelle équipe gouvernementale a promis un changement d’ère.

Dehors la corruption et bienvenue à l’efficacité, a assuré vendredi le chef de cabinet (quasi Premier ministre) de Michel Temer, Eliseu Padilha, à l’issue du premier Conseil des ministres.

Personne ne sait s’ils seront efficaces, mais le Brésil peut compter sur des ministres appréciés des marchés.

Sur le front de l’honnêteté, la tâche s’annonce plus difficile : au moins trois membres du gouvernement sont cités dans l’enquête Petrobras, dont Romero Juca, ministre-clé en charge de la Planification.

Trois autres font l’objet d’une enquête, selon le site spécialisé Congresso em Foco, tandis que deux ministres sont les fils d’hommes politiques cités dans le scandale Petrobras.

Et après un gouvernement mené par la première femme présidente du Brésil, l’équipe de Temer donne une étrange impression de retour en arrière : pas de femme, pas de Noir, pas de profil proche des classes pauvres.

Certains ministres semblent même avoir été choisis pour insister sur le virage conservateur : c’est le cas de celui de l’Agriculture, Blairo Maggi, surnommé le roi du soja et critiqué par Greenpeace comme l’un des plus grands responsables de la déforestation en Amazonie.

Le titulaire de l’Industrie, Marcos Pereira, est un pasteur évangélique qui avait même été envisagé pour les Sciences, une perspective qui avait suscité les protestations de la communauté scientifique.

– ‘Le pitbull de Temer’ –

Que dire, enfin, du ministre de la Justice, Alexandre de Moraes, jusqu’à présent chef de la sécurité à Sao Paulo. Sous ses ordres, la police est accusée de fréquentes violations de droits de l’homme, dont l’usage d’escadrons de la mort pour affronter les gangs.

Surnommé le pitbull de Temer par un journal brésilien, il aura également sous sa responsabilité les droits de la femme et l’égalité raciale.

La suppression du ministère de la Culture a elle été dénoncée par des artistes comme le musicien Chico Buarque et l’acteur Wagner Moura.

Mais le gouvernement ne semble guère s’émouvoir des réactions outrées suscitées par sa composition.

Interrogé sur l’absence de femmes, Eliseu Padilha a simplement rétorqué : Nous avons essayé de trouver des femmes mais, en raison du calendrier resserré, ça n’a pas été possible. Il a juste promis la nomination de femmes secrétaires d’Etat, qui auront des attributions de ministres.

L’équipe gouvernementale compte de nombreux anciens parlementaires, alors même que cette institution, dont 60% des membres ont ou ont eu des ennuis avec la justice, est largement discréditée aux yeux des Brésiliens.

Mais c’est sûrement de bonne guerre : ce sont justement les députés puis les sénateurs qui ont permis, avec leur vote, d’écarter du pouvoir Dilma Rousseff pour la remplacer par Michel Temer, alors vice-président, qui a dû se sentir redevable.

Le nouveau ministre de la Ville, Bruno Arauja, était le député dont le vote a permis de franchir la barrière des deux tiers à l’Assemblée, pour faire avancer la procédure au Sénat.

A la Chambre haute, c’est le désormais ministre de l’Agriculture Blairo Maggi qui a lui aussi apporté le vote décisif.

Derrière ce casting, il y a une stratégie de la part de M. Temer : les ministres proviennent de 11 partis différents, assurant un large soutien parlementaire aux mesures d’austérité économique qu’il compte mettre en place.

C’est très pragmatique, observe Michael Mohallem, professeur de droit à la Fondation Getulio Vargas, qui estime même que l’exclusion des femmes et des minorités de son gouvernement est également calculée, pour refléter un Brésil majoritairement conservateur et sous influence religieuse.

Pas sûr que les habitants approuvent un tel manque de diversité : ils pourraient faire connaître leur sentiment dans les prochains mois, prévient-il.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mai 2016 09h03)

Dilma Rousseff appelle les Brésiliens à « se mobiliser » contre le « coup d’Etat »

mai 12, 2016

Dilma Rousseff le 6 mai.

Dilma Rousseff le 6 mai. UESLEI MARCELINO / REUTERS
La présidente du Brésil, tout juste écartée du pouvoir par le Sénat, n’a pas baissé les armes, jeudi 12 mai, lors de sa première déclaration après le vote ouvrant à son procès en destitution. Elle a appelé les Brésiliens à « se mobiliser » contre ce qu’elle considère comme un « coup d’Etat ». « Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement mon mandat, c’est le respect des urnes, de la souveraineté du peuple brésilien et de la Constitution », a déclaré la chef de l’Etat suspendue, remplacée par son vice-président Michel Temer. Elle a aussi répété qu’elle était victime d’une « farce juridique et politique », et que son gouvernement avait subi « un intense sabotage ».

Comme prévu, le Sénat avait confirmé quelques heures plus tôt et par un vote massif (55 sénateurs sur 81) l’ouverture d’un procès à son encontre pour maquillage des comptes publics, entraînant automatiquement sa suspension. La Chambre haute a désormais jusqu’à cent quatre-vingts jours pour la juger. Si elle condamne la présidente, Dilma Rousseff sera définitivement écartée du pouvoir. Le jugement pourrait intervenir en septembre après les Jeux olympiques de Rio de Janeiro (du 5 au 21 août), mais avant les élections municipales d’octobre.

Lire aussi :   Brésil : Dilma Rousseff écartée du pouvoir

« J’ai peut-être commis des erreurs, mais aucun crime »

Avant de quitter le palais présidentiel du Planalto à Brasilia, Dilma Rousseff s’est dite convaincue d’être acquittée au terme de la procédure. « J’ai peut-être commis des erreurs mais je n’ai commis aucun crime », a-t-elle dit. Qualifiant à nouveau la procédure d’« impeachment » de « frauduleuse », Dilma Rousseff s’est jugée victime d’une grande injustice devant ses dizaines de partisans qui l’attendaient à la sortie du palais.

En pleine tourmente, le Brésil tourne la page de treize ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT), ouverte en 2003 par Luiz Inacio Lula da Silva, qui a présidé au boom socio-économique brésilien des années 2000.

Lire aussi :   Brésil : comprendre la chute de Dilma Rousseff en 8 épisodes

« Maintenant c’est Lulia ! »

La nomination de Michel Temer, âgé de 75 ans et issu du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), est largement commentée par la presse brésilienne : « La chance de Temer », titre le quotidien O Estado de Sao Paulo ; « Maintenant c’est Lulia ! », s’amuse le journal populaire Carioca O Dia en jouant sur l’état-civil complet du vice-président – Michel Miguel Elias Temer Lulia – et le diminutif du prédécesseur de Mme Rousseff, Lula.

M. Temer a annoncé qu’il allait dès jeudi « investir les ministres » de son gouvernement, axé sur le redressement économique. Il s’adressera à la nation dans la journée depuis la présidence.

Lire aussi :   Brésil : Michel Temer, un intérim à risque en attendant la destitution de Dilma Rousseff 

 

Lemonde.fr avec AFP

Dilma Rousseff écartée du pouvoir au Brésil

mai 12, 2016

Dilma Rousseff et Michel Temer en mars 2016 au palais du Planalto.

Dilma Rousseff et le vice-président Michel Temer

Le Sénat brésilien a approuvé jeudi par 55 voix contre 22 l’ouverture d’un procès en destitution de la présidente Dilma Rousseff. Elle doit céder sa place dans la journée au vice-président Michel Temer à la tête du Brésil.

La cheffe de l’Etat sera remplacée par son vice-président Michel Temer le temps que durera le procès, d’une durée maximale de 180 jours. L’organisation de ce procès a été approuvée par 55 sénateurs sur 81, à l’issue d’une séance historique entamée mercredi matin et qui a duré une vingtaine d’heures. Une majorité simple de 41 sénateurs suffisait.

La Chambre des députés avait déjà avalisé la procédure de destitution le 17 avril par une écrasante majorité.

Au terme du procès en destitution de Mme Rousseff, une majorité des deux tiers, soit 54 voix sur 81, sera nécessaire pour acter sa mise à l’écart définitive. Dans cette hypothèse, Michel Temer assurerait la présidence jusqu’à la fin de son mandat, le 31 décembre 2018.

Il devrait annoncer dès jeudi la composition de son gouvernement. Henrique Meirelles, ancien président de la banque centrale, devrait être nommé aux Finances, selon la presse.

Economie ruinée
L’opposition reproche à Dilma Rousseff d’avoir ruiné une économie qui fut un temps l’une des plus performantes des pays en développement en mettant en œuvre des mesures qualifiées de populistes. Celles-ci sont selon elle responsables de l’envolée de l’inflation, l’entrée en récession du pays et une explosion du chômage.

« Aujourd’hui, nous essayons de surmonter cette situation en révoquant ce gouvernement irresponsable. Nous n’avons pas d’alternative », a déclaré le sénateur Blairo Maggi, l’un des plus gros producteurs brésiliens de soja, qui devrait entrer au gouvernement de Michel Temer pour prendre le portefeuille de l’agriculture.

A l’extérieur du Sénat, protégé par une clôture métallique érigée pour séparer les manifestants, près de 6000 partisans de la destitution se sont réunis pour exprimer leur joie tandis que la police utilisait des gaz lacrymogènes pour disperser les soutiens de la présidente.

Dilma Rousseff a fait connaître son intention de dissoudre le gouvernement dès sa destitution approuvée. Elle a donné des instructions pour ne pas faciliter la transition, car elle considère sa suspension comme illégale. Son gouvernement s’est tourné vers la Cour suprême pour contester la procédure, mais son recours a été rejeté mercredi.

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