Posts Tagged ‘Diplomate’

États-Unis/Destitution: l’administration Trump empêche un diplomate de témoigner au Congrès

octobre 8, 2019

 

Le gouvernement de Donald Trump a durci ce mardi la confrontation avec les démocrates du Congrès en empêchant l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne de témoigner pour leur enquête en vue d’une procédure explosive de destitution contre le président républicain.

«Tôt ce matin, le département d’État américain a demandé à l’ambassadeur Gordon Sondland de ne pas se présenter aujourd’hui» à la déposition prévue à la Chambre des représentants, a indiqué son avocat Robert Luskin, sans préciser les raisons de cette décision. Gordon Sondland «espère que les problèmes évoqués par le département d’État» pour l’empêcher de témoigner «seront résolus rapidement», a-t-il poursuivi dans un communiqué.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mystérieuse perte d’ouïe chez un diplomate canadien en poste à Cuba

août 11, 2017
Mystérieuse perte d’ouïe chez un diplomate canadien en poste à Cuba
© Fournis par Radio Canada Mystérieuse perte d’ouïe chez un diplomate canadien en poste à Cuba
Au moins un diplomate canadien en mission à Cuba a dû être soigné pour une perte d’ouïe, a reconnu le gouvernement fédéral, jeudi.

Des diplomates américains en poste à La Havane auraient souffert des mêmes problèmes qui seraient attribuables, selon les autorités, à un dispositif acoustique sophistiqué.

Les autorités canadiennes « sont au courant des symptômes inhabituels affectant le personnel diplomatique canadien et américain et leur famille à La Havane », a déclaré une porte-parole d’Affaires mondiales Canada, Brianne Maxwell.

Le gouvernement canadien affirme qu’il « travaille avec les autorités américaines et cubaines pour en déterminer les causes. »

Pas de crainte pour les touristes

Les autorités estiment qu’il n’y a aucune raison de croire que les touristes canadiens ou d’autres pays pourraient être affectés par ce problème, a ajouté Mme Maxwell.

L’automne dernier, plusieurs diplomates américains en poste à Cuba avaient souffert d’une perte d’ouïe, selon des sources proches de l’enquête.

Plusieurs d’entre eux venaient d’arriver à l’ambassade des États-Unis, qui avait rouvert ses portes en 2015, lorsque l’ancien président Barack Obama avait rétabli les relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba.

Certains diplomates ont dû écourter leur séjour à La Havane et retourner aux États-Unis, ont indiqué d’autres sources. Les autorités auraient conclu que ces diplomates avaient subi les effets d’une arme acoustique dont les fréquences seraient hors de la portée de l’oreille humaine et qui aurait été déployée à l’intérieur ou à l’extérieur de leur résidence.

On ignore s’il se serait agi d’une attaque délibérée ou des effets secondaires d’un dispositif ayant un autre objectif.

Diplomates cubains expulsés des États-Unis

Une porte-parole du département d’État américain, Heather Nauert, a indiqué que les États-Unis avaient expulsé deux diplomates cubains en représailles, le 23 mai.

Elle n’a pas révélé le nombre de diplomates américains affectés par ce problème ni confirmé qu’ils souffraient de perte d’ouïe, se contentant de dire qu’ils ressentaient « une variété de symptômes ».

Le ministère cubain des Affaires étrangères indique avoir été informé de ce problème le 17 février. Il assure avoir lancé une « enquête exhaustive, prioritaire et urgente à la demande des représentants du plus haut niveau du gouvernement cubain ».

Selon le ministère, la décision d’expulser ses deux diplomates était « injustifiée et infondée ».

Radio-canada.ca

Le diplomate nord-coréen qui a fait défection est un criminel

août 20, 2016

Séoul – Le haut diplomate nord-coréen qui a récemment fait défection au Sud est un criminel qui avait reçu l’ordre de revenir au pays pour y être interrogé, a affirmé Pyongyang samedi dans une première réaction officielle.

Le transfuge Thae Yong-Ho, numéro deux de l’ambassade de Corée du Nord en Grande-Bretagne, a détourné une importante somme d’argent, a violé un mineur et a espionné pour le compte de Séoul, a accusé l’agence de presse officielle KCNA.

L’agence a par ailleurs critiqué le Royaume-Uni pour avoir permis à cette pourriture humaine de faire défection en Corée du Sud, affirmant que Pyongyang avait au préalable averti Londres pour ces méfaits et demandé son extradition.

Il s’agit de la première réaction officielle à une défection qui constitue un grave revers pour la dictature de Kim Jong-Un.

Les défections de diplomates sont d’autant plus rares que la Corée du Nord, de plus en plus isolée sur la scène internationale en raison de son programme nucléaire militaire, maintient relativement peu d’ambassades.

Parmi les précédents, figurent notamment la défection en 1997 de l’ambassadeur nord-coréen en Egypte, ou celle l’année dernière d’un diplomate en poste en Afrique.

Toute trahison de diplomate constitue un sérieux revers pour Pyongyang. Mais la défection de Thae Yong-Ho semble d’une importance toute autre, car Londres est une des représentations nord-coréennes les plus prestigieuses.

M. Thae avait travaillé pendant dix ans au sein de l’ambassade, une durée totalement inhabituelle à un poste aussi prestigieux. Sa défection a certainement été facilitée par le fait que sa femme et ses enfants vivaient auprès de lui. Une configuration qui n’est pas la norme puisque certains diplomates doivent laisser femme et enfants au pays, précisément pour prévenir toute volonté de fuite.

Romandie.com avec(©AFP / 20 août 2016 13h49)

Un colonel et un diplomate nord-coréens sont passés au Sud en 2015

avril 11, 2016

Séoul – Un colonel nord-coréen chapeautant des activités d’espionnage est passé au Sud en 2015, de même qu’un diplomate du Nord en poste en Afrique, a annoncé lundi le gouvernement sud-coréen.

Aucun détail n’a été fourni sur l’identité de l’officier, si ce n’est qu’il était avant sa défection responsable des opérations d’espionnage visant Séoul au sein du Bureau général de reconnaissance nord-coréen, rapporte l’agence officielle sud-coréenne Yonhap.

Les ministères sud-coréens de la Défense et de l’Unification ont confirmé cette défection.

C’est le plus haut responsable militaire à être passé au Sud, a déclaré un responsable du gouvernement cité par Yonhap.

Le porte-parole du ministère de l’Unification a par ailleurs confirmé des informations du quotidien Dong-A Ilbo selon lequel un diplomate nord-coréen en poste dans un pays africain a également rejoint la Corée du Sud, en mai, avec trois membres de sa famille.

Ces rares informations tombent trois jours après l’annonce, par Séoul, de la défection jeudi de 13 Nord-Coréens qui travaillaient dans un restaurant appartenant à l’Etat nord-coréen à l’étranger.

Il y a déjà eu des cas de défections individuelles dans ces restaurants mais c’est la première fois qu’autant de personnel d’un même établissement tire sa révérence en même temps.

Il s’agissait de l’homme gérant l’établissement et de 12 femmes. Des médias ont affirmé qu’ils travaillaient dans la ville portuaire de Ningbo, dans l’est de la Chine, et qu’ils étaient parvenus à gagner la Corée du Sud en transitant par un pays d’Asie du Sud-Est.

Séoul confirme rarement les défections de Nord-Coréens, surtout quand il s’agit de personnes qui occupaient des responsabilités, en mettant en avant les risques pour leur sécurité.

La Corée du Sud cherche également à éviter toute crispation diplomatique avec les pays par lequel ces transfuges transitent.

L’annonce de la défection du colonel nord-coréen a été critiquée par l’opposition, qui a accusé le gouvernement de faire de la récupération à deux jours de législatives, dans une campagne très orientée sur le bilan de la présidente Park Geun-Hye et de son parti conservateur Saenuri.

Les ministères de la Défense et de l’Unification ont démenti toute utilisation électoraliste de cet événement, affirmant que la défection du militaire relevait de l’intérêt public.

Je ne peux m’empêcher de considérer ces très rares révélations comme une tentative d’influencer l’élection, a déclaré le politologue Cheong Seong-Chang, du cabinet de recherches Sejong de Séoul.

Ces défections surviennent à une période de tensions élevées sur la péninsule coréenne depuis le quatrième essai nucléaire du Nord début janvier, suivi d’un essai de missile longue portée en février.

Près de 30.000 Nord-Coréens sont parvenus à fuir au Sud la pauvreté et l’oppression qu’ils subissaient dans leur pays, en dépit des risques encourus.

Le nombre de transfuges, qui a pu atteindre les 2.000 personnes certaines années, a considérablement chuté depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un en 2011.

Ceux qui parviennent à quitter la Corée du Nord ont généralement de la famille au Sud ou appartiennent à une élite ayant suffisamment d’argent et de relations pour entreprendre ce périple, selon des experts et des militants aidant ces transfuges.

Le transfuge nord-coréen le plus important jamais passé au Sud demeure Hwang Jang-Yop, qui avait été le tuteur de l’ex-dirigeant Kim Jong-Il. Il avait fait défection en 1997 lors d’une visite en Chine et est décédé en 2010 à 87 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2016 11h35)

Libye: Un diplomate tunisien enlevé à Tripoli

avril 17, 2014

Tripoli – Un diplomate tunisien a été enlevé jeudi par des inconnus à Tripoli, 48 heures après le rapt de l’ambassadeur jordanien dans cette même ville, selon une source au sein des services de sécurité libyens.

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a évoqué la disparition dans des circonstances obscures de ce diplomate, Al-Aroussi Kontassi, mais sans confirmer qu’il s’agissait d’un enlèvement.

Et le porte-parole du ministère libyen des Affaires étrangères, Saïd Lassoued, a indiqué qu’il n’était pas en mesure de démentir ou de confirmer l’information.

Une source tunisienne à Tripoli a toutefois confirmé le rapt, du diplomate mais n’était pas en mesure de donner plus de détails.

Le diplomate aurait été enlevé par des inconnus près de la place al-Kadissia, dans le centre de la capitale, non loin de l’ambassade tunisienne, selon un responsable de la Direction de la police de Tripoli cité par le site d’information libyen Al-Wassat.

Dans la soirée, le ministère tunisien des Affaires étrangère a appelé les membres de la communauté tunisienne en Libye à la prudence dans leurs déplacements pour préserver leur sécurité (…) dans ces circonstances exceptionnelles.

Il a également appelé les Tunisiens à reporter tout déplacement sur le territoire libyen et à ne le faire qu’en cas de besoin.

Les autorités tunisiennes sont profondément préoccupées par le fait que les diplomates tunisiens soient visés en Libye, poursuit le ministère dans son communiqué.

Un autre employé de l’ambassade de Tunisie en Libye a été enlevé par des inconnus le 21 mars à Tripoli, sans qu’aucune information sur son sort n’ait été communiquée depuis.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, les représentations diplomatiques en Libye sont régulièrement la cible d’attaques et d’enlèvements.

Cinq diplomates égyptiens ont été enlevés en janvier et détenus durant deux jours par une milice qui aurait réclamé la libération de son chef arrêté en Egypte.

Lundi soir, une employée locale de sécurité de l’ambassade américaine à Tripoli a été enlevée puis retrouvée le lendemain dans un hôpital de la capitale. Elle était hospitalisée pour des blessures après avoir échappé à ses ravisseurs, a indiqué à l’AFP Joe Mellott, porte-parole de l’ambassade.

Selon des sources diplomatiques à Tripoli, ces enlèvements sont souvent perpétrés par des milices qui tentent d’obtenir la libération de Libyens détenus à l’étranger.

Ainsi, des sources libyennes n’écartent pas que l’enlèvement mardi de l’ambassadeur jordanien en Libye, Fawaz Aitan, ait un lien avec les demandes de libération d’un jihadiste détenu en Jordanie depuis plus de sept ans, Mohamed Saïd Al-Doursi, alias Mohamed Al-Noss.

Concernant cette dernière affaire, le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Abdelaziz, a indiqué mercredi que les services de sécurité libyens avaient établi des contacts indirects avec les ravisseurs.

Les chancelleries elles-mêmes ont été à plusieurs reprises visées par des attaques. La plus meurtrière a eu lieu le 11 septembre 2012 quand des islamistes ont pris d’assaut le consulat américain à Benghazi (est), coûtant la vie à quatre Américains dont l’ambassadeur Chris Stevens.

La répétition de ces attaques, dans l’impunité la plus totale, a mis en évidence l’incapacité des nouvelles autorités libyennes à rétablir l’ordre dans ce pays en proie au chaos et où les milices font la loi depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Romandie.com avec(©AFP / 17 avril 2014 21h15)

Le pourquoi de l’attaque islamiste au Mali: la razzia et le chaos

janvier 21, 2013
Le pourquoi de l'attaque islamiste au Mali: la razzia et le chaos Le pourquoi de l’attaque islamiste au Mali: la razzia et le chaos © AFP

L’offensive vers le sud des islamistes armés au Mali, arrêtée par l’armée française, visait à renverser le régime, torpiller les négociations, piller ce qui pouvait l’être et semer le chaos, estiment des sources concordantes à Bamako et Paris.

Si, avec quelques milliers de combattants et quelques centaines de pick-up, les groupes radicaux ne pouvaient espérer conquérir le pays ou contrôler sa capitale, ils pouvaient profiter de la désintégration avancée de l’armée malienne pour pousser le plus au sud possible et faire plonger le pays dans un état d’anarchie d’où il aurait été long et difficile de l’en sortir, ajoutent-elles.

« Même s’ils n’avaient pas poussé jusqu’à Bamako, s’ils s’étaient par exemple arrêtés à Mopti (centre), l’onde de choc aurait été telle, avec la disparition de l’armée, que des bouleversements radicaux seraient intervenus ici » assure, à Bamako, un diplomate occidental qui demande à ne pas être identifié.

« Ce qui est certain c’est que la pression aurait été telle qu’un autre pouvoir, qui leur aurait été plus favorable, aurait été instauré ici », ajoute-t-il.

Sous l’égide du Burkina Fasso d’un côté et de l’Algérie de l’autre, des tractations étaient en cours pour tenter de faire revenir à la table de négociations certains mouvements touareg maliens et les inciter à rompre avec les forces les plus radicales, notamment Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)

« Le but de cette offensive était de contrecarrer sur le terrain cet agenda de négociations », estime un observateur avisé de la situation à Bamako, qui demande un strict anonymat.

« Les Algériens, qui croyaient tenir en laisse (le mouvement touareg) Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) l’ont vu briser sa chaîne et venir mordre. Ils sont furieux. Ils ont dit: +Ils vont le payer cher+ », ajoute cette source, qui voit là la raison pour laquelle Alger a permis aux avions français de traverser son espace aérien pour bombarder les positions intégristes.

Logique de la razzia

« Un autre motif, sans doute le plus puissant, de leur attaque vers le Sud est la faim », ajoute cet observateur. « Les barbus ne sont pas des gestionnaires. Il n’y a plus rien dans le Nord, plus de troupeaux, pas assez de céréales. L’argent des rançons contre des otages ne rentre plus. C’est la logique de la razzia, des prédateurs du désert: ils espéraient voler du bétail, des Toyota, piller des villes, des banques, pourquoi pas l’or de la banque centrale si personne ne les avait arrêtés avant Bamako ».

« Ils n’auraient jamais pu tenir la ville ou le pays, n’en avaient pas l’intention, mais ils auraient semé un indescriptible chaos. Il aurait fallu des mois, sans doute des années pour reconstruire l’Etat. Et cela aurait été autant de temps gagné pour eux. Les Français ont réagi de la seule façon possible pour les arrêter. Cela s’est joué à une demi-journée près ».

Leur premier objectif, la prise de l’aéroport de Sévaré (630 km au nord-est de Bamako), seule piste assez longue pour accueillir de gros porteurs dans le centre du Mali, aurait rendu beaucoup plus délicate toute opération internationale d’envergure contre eux.

Jean-Pierre Filiu, spécialiste de l’islam radical, professeur à Sciences-Po Paris et auteur notamment du « Nouveau Moyen-Orient », est persuadé, comme les deux autres sources, que les islamistes « ont sans doute sous-estimé la rapidité et la brutalité de la réaction française ».

« Cela dit, une fois le premier choc encaissé, ils ont réussi la manoeuvre de contournement de Diabali (ouest) et ils nous attendent maintenant sur un terrain qu’ils maîtrisent parfaitement, où ils peuvent théâtraliser la confrontation avec la France +infidèle+ », ajoute-t-il.

Le but de l’opération internationale contre eux est désormais « de libérer les grandes villes du Nord qu’ils tiennent encore, de revenir à la situation ex-ante afin de pouvoir organiser des élections dans le pays et d’entamer la reconstruction en profondeur de l’armée malienne », conclut le même diplomate.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le président Alassane Ouattara, grand favori de la Cedeao

février 17, 2012

Réunis en sommet depuis jeudi 16 février, les 15 États de la  Communauté  économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) devraient élire  le  nouveau chef de l’organisation ce vendredi. Pour beaucoup cela ne fait aucun  doute, c’est le président ivoirien Alassane Ouattara qui succèdera à son  homologue nigérian Goodluck Jonathan.

« Le président de la Commission sera un Burkinabè et le président en exercice sera Ouattara ». C’est  ce qu’a affirmé Mohammed Bazoum, ministre nigérien des Affaires étrangères, en sortant de la salle de  réunion du sommet de la Communauté économique des États d’Afrique de  l’Ouest (Cedeao), qui s’est ouvert jeudi 16 février à Abuja.

Pour le ministre comme pour beaucoup d’autres observateurs, la présidence de la Cedeao sera sans aucun doute confiée au  président ivoirien Alassane Ouattara, qui succèderait ainsi à son  homologue nigérian  Goodluck Jonathan.

L’élection du nouveau chef de l’organisation, pour un mandat d’un an  renouvelable, est prévue ce vendredi 17 février, au dernier jour du sommet. « À  mon avis, c’est réglé », Ouattara accèdera à la tête de l’organisation, a  expliqué un diplomate ayant requis l’anonymat.

« Selon les informations que nous avons tous eues, il y a déjà un accord  (pour élire le président Ouattara). Peut-être qu’ils (les chefs d’État) se sont  mis d’accord lors du sommet de l’Union africaine », fin janvier, a précisé une  autre source au sein de la Cedeao.

« Ce n’était pas un choix difficile par rapport à d’autres fois ou ça a été  moins consensuel », s’explique un diplomate ouest-africain. « Les pays de la  région ont le sentiment de s’être investis beaucoup pour la Côte d’Ivoire et voient ça comme le couronnement de leurs  efforts », poursuit-il.

Mais pour d’autres, l’élection du chef de l’État ivoirien ne se fera pas sans  discussions préalable. « Il va y avoir des débats, il y a des pays qui ne sont  pas d’accord », raconte un diplomate ouest-africain travaillant à la Cedeao,  soulignant tout de même qu’Alassane Ouattara a « de grandes chances » d’accéder  à ce poste, « une façon d’encourager la réconciliation dans son pays ».

« Nombreuses crises »

Le changement à la tête de la Cedeao, qui rassemble 15 pays, intervient alors  que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader dans la zone. Notamment au  Sahel, région dans laquelle une nouvelle rébellion touareg et des attaques de la  branche maghrébine d’Al-Qaïda (Aqmi) se sont manifestées ces dernières  semaines.

« Nous sommes les témoins de nombreuses crises dans plusieurs parties de la  sous-région », a expliqué dans son discours d’ouverture du sommet le président  Goodluck Jonathan.

« En raison de la crise dans la région du Sahel, nous constatons un afflux  d’armes légères et, bien sûr, certains pays font face à différentes formes de  menaces, notamment le Nigeria », pour sa part confronté aux attaques du groupe  islamiste Boko Haram, qui ensanglantent le pays depuis deux mois.

L’Afrique de l’Ouest fait actuellement face à « la résurgence de la rébellion  et du banditisme au Mali et dans d’autres États du Sahel, en raison de facteurs  historiques non résolus et alimentés par la récente crise en Libye », a déploré  le président sortant de la Commission de la Cedeao, James Victor Gbeho.

Une aide financière de 3 millions de dollars sera donc allouée aux victimes  de la crise alimentaire et des attaques rebelles dans les pays du Sahel, a  précisé un communiqué de l’organisation régionale.

Jeuneafrique.com avec AFP

WikiLeaks : Comment les Américains jugent nos leaders

septembre 14, 2011

Un « Gouvernement en Exil » reçu à Paris

Etre diplomate, cela consiste parfois à perdre son temps. A en juger par ses commentaires, c’est ce qu’a fait André YOUNG, Conseiller politique de l’Ambassade des Etats-Unis à Paris, en recevant le 4 novembre 2009 une délégation d’un étrange « Gouvernement en exil de la République du Congo » conduite par son « Premier ministre autoproclamé », un certain Tony Gilbert MOUDILOU.

Cela donne lieu néanmoins à une longue dépêche surréaliste classée confidentiel dans laquelle le conseiller retranscrit fidèlement tout ce qui lui a été dit.

Le Président Denis SASSOU NGUESSO, souffrirait d’une « profonde dépression », ne voyagerait plus, serait entrain de préparer son fils (lequel ?) pour lui succéder, etc.

Puis on en vient aux choses sérieuses : « A de nombreuses reprises, écrit André YOUNG, Tony Gilbert MOUDILOU répète que lui et son groupe ont besoin de l’aide américaine (…). Il semble que des paiements d’ordre financiers fassent partie de ses vœux.

J’ai dû lui expliquer que les Etats Unis ne finançaient pas les Partis politiques ou les Groupes en exil. Conseil du diplomate à ses interlocuteurs : rentrez au pays pour y mener votre action politique. Mais on sent qu’il ne se fait guère d’illusions à ce sujet : « ils ne paraissent pas du tout disposés à se salir les mains ».

Commentaire final : « Nous n’avons aucune mesure de la crédibilité de Tony Gilbert MOUDILOU, ni de la réalité des menaces de persécution qui pèsent sur lui et qui l’empêcheraient de jouer son rôle d’opposant à Brazzaville ».

Pour le reste WikiLeaks diffuse une cinquantaine de dépêches d’intérêt inégal sur le Congo Brazzaville. Les diplomates américains sur place, qui avaient prévu comme tout le monde la victoire de SASSOU NGUESSO à la présidentielle de 2009, semblent tenir en assez piètre estime ses concurrents. L’Ambassadeur Alan EASTHAM reprend ainsi, dans une dépêche de juin 2009, le jugement de son collègue de l’Union Européenne, Miguel AMADO, lequel explique « les principaux leadeurs de l’Opposition ne sont guère différents de SASSOU NGUESSO lui-même. Ils sont de la même génération, ils ont été actifs au sein de même parti et ils sont tous francs-maçons. Aucun d’eux n’a une vision du futur différente de celle de SASSOU ».

D’après Tony Gilbert MOUDILOU depuis cette première rencontre, plusieurs autres ont eu lieu entre le Gouvernement Congolais en Exil et les autorités américaines. Et depuis, un travail très approfondi et très sérieux se fait sur la base de la mutuelle compréhension et du respect des relations internationales.

Par François SOUDAN Jeune Afrique

France : SARKOZY lâche-t-il la FrançAfrique ?

Dans une interview au JDD, l’avocat franco-libanais Robert BOURGI dévoile la teneur des propos qui sont repris dans le prochain livre de Pierre Péan, « La République des Mallettes ».

C’est une plongée au cœur de la Françafrique des grandes heures avec des djembés remplis de billets et, pour une fois, des noms et des montants. Ces révélations provoquent un séisme dans la classe politique française où Jacques CHIRAC et Dominique de VILLEPIN ont annoncé qu’ils allaient porter plainte. Mais Robert BOURGI, proche de Nicolas SARKOZY est-il en opération commandée ?

« Il y a du lourd ? » : c’est par ces mots que Jacques CHIRAC l’accueillait, le soir, quand il venait apporter l’argent des chefs d’Etats africains, raconte Robert BOURGI dans une interview au Journal Du Dimanche.

L’héritier de Jacques FOCCART revient sur 25 ans de financement occulte des partis politiques français. De MOBUTU (Zaïre) à Omar BONGO (Gabon), bien sûr, en passant par Blaise COMPAORÉ (Burkina Faso), Teodoro OBIANG NGUEMA (Guinée Equatoriale) et Denis SASSOU NGUESSO (Congo) et aussi, plus surprenant, à Laurent GBAGBO (Côte d’Ivoire) et Abdoulaye WADE (Sénégal), tous ces chefs d’Etats ont versé de grosses sommes d’argent, en liquide, à destination de Dominique de VILLEPIN, alors Secrétaire général de l’Elysée, et à Jacques CHIRAC. Ces versements auraient cessé, explique Robert BOURGI, lors de l’arrivée au pouvoir de Nicolas SARKOZY.

Bien entendu, Jacques CHIRAC et Dominique de VILLEPIN démentent fermement ces révélations et ont annoncé qu’ils allaient porter plainte contre Robert BOURGI. Dominique de VILLEPIN a déclaré au journal télévisé de France 2 : « Les accusations qu’il porte sont graves, scandaleuses, détaillées comme tous les mauvais polars et c’est pour cela que comme Jacques CHIRAC, je porterai plainte contre lui ». En réponse, Robert BOURGI a affirmé qu’il était à la disposition de la justice.

Ces révélations, qui ne sont que la confirmation de ce que « tout le monde savait » mais que personne n’osait raconter, ont été en partie confirmées par Mamadou KOULIBALY, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne et ancien proche de Laurent GBAGBO : « Robert BOURGI a parfaitement raison, il y a eu un transfert d’argent entre Laurent GBAGBO et Jacques CHIRAC, en 2002 », a ainsi déclaré l’homme politique, faisant état « d’environ deux milliards de francs CFA (environ trois millions d’euros) transportés d’Abidjan vers Paris par valise ».

Réactions en chaînes

Depuis, les réactions affluent. Bien entendu, les présidents africains en exercice réfutent les accusations alors que la classe politique française de gauche comme du centre se lève comme un seul homme pour demander l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Les personnalités de droite, elles, se font plus discrètes. Mais la vraie question qui se pose derrière ces révélations est de savoir pourquoi elles interviennent aujourd’hui et si Robert BOURGI, qui est un proche du président français Nicolas SARKOZY, est en service commandé, lorsqu’il décide de lancer ce pavé dans la mare.

Robert BOURGI affirme que tous ces versements ont cessé lors de l’arrivée au pouvoir de Nicolas SARKOZY qui a plusieurs fois annoncé la fin de la Françafrique, sans pour l’instant que personne ne puisse y croire réellement.

Un câble de Wikileaks révélé en décembre dernier avait même mis à mal cette version en expliquant que près de 30 millions d’euros auraient été détournés de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) par le défunt président gabonais Omar BONGO. Cette somme aurait financé, pour une partie, les partis politiques français, en particulier Jacques CHIRAC mais aussi Nicolas SARKOZY.

Une vérité qui en cache une autre

Robert BOURGI s’est toujours présenté comme un ami proche du président français et déclarait très officiellement lors d’une interview au journal Le Monde qu’il travaillait pour les chefs d’Etats africains, mais en étroite collaboration avec Nicolas SARKOZY et Claude GUÉANT, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration et ancien Secrétaire général de l’Élysée. Pourquoi alors mettre aujourd’hui ces mêmes chefs d’Etats africains dans une situation délicate ?

Plusieurs réponses sont possibles. D’une part, nous sommes à deux jours de l’ouverture de l’appel du procès Clearstream où Dominique de VILLEPIN, ennemi juré de Nicolas SARKOZY, est l’accusé principal. Mais la sortie mercredi du livre de Pierre Péan « La République des Mallettes » vient mettre en avant un possible nouvel instigateur en la personne d’Alexandre DJOUHRI, ce qui pourrait dédouaner Dominique de VILLEPIN.

Avec ce nouveau coup porté par Robert BOURGI, Dominique de VILLEPIN ne se relèvera sans doute pas et peut mettre une croix sur ses ambitions présidentielles. Mais surtout, les révélations de Robert BOURGI sont aussi en partie racontées dans le livre de Pierre PÉAN.

Peut-être alors aurait-il simplement considéré qu’il était préférable de prendre les devants en déballant tout à la presse, mais en prenant bien soin de protéger Nicolas SARKOZY ? Puisque le scandale va éclater, autant en être l’instigateur et faire de l’ombre aux autres révélations du livre de Pierre PÉAN qui elles pourraient être plus gênantes.
D’autre part, ces déclarations pourraient être un avertissement aux chefs d’Etats mentionnés, les informant qu’ils sont lâchés par la France, qui souhaite modifier ses relations avec le continent africain. La famille WADE a déjà été lâchée officiellement, toujours à travers des déclarations de Robert BOURGI faisant référence à Karim WADE alors qu’Ali BONGO n’est plus soutenu que du bout des lèvres par le gouvernement français.

Les récentes révolutions du monde arabe ont par ailleurs démontré que les populations africaines étaient en marche pour renverser les dictatures corrompues. La révélation d’un passé trouble serait donc une façon habile de faire table rase du passé pour repartir sur des bases différentes afin de reconstruire les relations franco-africaines.

A six mois de la présidentielle française, cette nouvelle position de Nicolas SARKOZY lui permettrait sans aucun doute d’améliorer son image, au moins auprès des électeurs français d’origine africaine.

L’Interview de Robert BOURGI

L’avocat Robert BOURGI, successeur de Jacques FOCCART, révèle vingt-cinq ans de pratiques occultes sous CHIRAC. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d’Afrique.

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?

Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre PÉAN, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre DJOUHRI et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de VILLEPIN.

Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre PÉAN. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre PEAN, vous racontez comment Dominique de VILLEPIN vous a déçu…

J’ai travaillé avec Dominique de VILLEPIN pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas De GAULLE qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?

En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques FOCCART, Dominique de VILLEPIN m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l’Elysée, il y a Jacques CHIRAC. Le président me demande de reprendre le flambeau avec VILLEPIN… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le « Doyen », comme j’appelais FOCCART.

C’est-à-dire ?

Pendant trente ans, Jacques FOCCART a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques CHIRAC. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques CHIRAC, en personne, à la mairie de Paris.
Directement ?

Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. « Il y a du lourd ? » demandait CHIRAC quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis.

Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de VILLEPIN. L’argent venait du maréchal MOBUTU, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques FOCCART est allé remettre à CHIRAC. En rentrant, le « Doyen » m’avait dit que cela s’était passé « en présence de VILLEPINTE », c’est comme cela qu’il appelait VILLEPIN. FOCCART ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque.

Pourquoi ?

En 1995, JUPPÉ et VILLEPIN se sont opposés à ce que FOCCART occupe le bureau du 2, rue de l’Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De GAULLE et POMPIDOU. Le « Doyen » en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d’argent de FOCCART venant d’Afrique ?

Incalculable ! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques CHIRAC, accusé par Jean- Claude MÉRY dans sa fameuse cassette d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…

Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de FOCCART, avec Dominique de VILLEPIN ?
Je l’ai présenté aux chefs d’État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec VILLEPIN, qui avait déjà son discours officiel sur la « moralisation »… Je leur ai dit que c’était une décision du « Grand », autrement dit de CHIRAC. Je dois dire que VILLEPIN s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire… Il m’appelait « camarade » et s’est mis à m’offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?

Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, VILLEPIN m’a carrément demandé « la marche à suivre ». Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant.

Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de « M. Chambertin », une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom.

Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains – Abdoulaye WADE (Sénégal), Blaise COMPAORÉ (Burkina Faso), Laurent GBAGBO (Côte d’Ivoire), Denis SASSOU NGUESSO (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar BONGO (Gabon) – ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel JOSPIN, que l’affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d’État africains…

C’est l’exacte vérité. Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise COMPAORÉ. Je devais ramener pour CHIRAC et VILLEPIN 3 millions de dollars.

COMPAORÉ a eu l’idée, « connaissant VILLEPIN comme un homme de l’art », a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif DIALLO, alors ministre de l’Agriculture.

Je revois VILLEPIN, sa secrétaire, Nadine IZARD, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, VILLEPIN a dit : « Blaise déconne, c’est encore des petites coupures ! »

Comment écoulait-il ces fonds ?

Pierre PEAN a demandé à Éric WOERTH, trésorier de la campagne de 2002, qui n’a jamais eu vent de ces espèces…

Je ne sais pas ce que CHIRAC et VILLEPIN en faisaient. C’est leur problème.

Vous dites que Laurent GBAGBO aussi a financé la campagne de Jacques CHIRAC en 2002…

Oui. Il m’avait demandé combien donnait Omar BONGO, et j’avais dit 3 millions de dollars. Laurent GBAGBO m’a dit : « On donnera pareil alors. » Il est venu à Paris avec l’argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J’ai eu l’idée de les emballer dans une affiche publicitaire d’Austin Cooper.

Et je suis allé remettre le tout à VILLEPIN, à l’Élysée, en compagnie d’Eugène ALLOU, alors directeur du protocole de Laurent GBAGBO. Devant nous, VILLEPIN a soigneusement déplié l’affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même VILLEPIN a ensuite traité GBAGBO, cela peut donner à réfléchir…

Jacques CHIRAC était-il au courant de toutes les remises d’espèces?

Bien sûr, tant que VILLEPIN était en poste à l’Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques CHIRAC pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général.

Une fois, j’étais en retard. BONGO, qui m’appelait « fiston » et que j’appelais « papa », m’avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de VILLEPIN, est venue me chercher en bas et m’a fait passer par les sous-sols de l’Élysée. J

’avais un gros sac de sport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. BONGO et CHIRAC étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l’Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général, et j’ai eu honte.

Après la réélection de 2002, VILLEPIN a quitté l’Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous ?

Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau « donateur », le président de Guinée équatoriale OBIANG NGUÉMA, a voulu participer. J’ai organisé un déjeuner au ministère de l’Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye WADE et son fils Karim, au cours duquel OBIANG NGUÉMA a remis à VILLEPIN une mallette contenant un million et demi d’euros.

Parfois, Dominique sortait directement l’argent devant nous, même si je venais accompagner d’un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l’anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu’il l’ouvre en lui donnant le code de la serrure… Une autre fois, lorsqu’il était à Matignon, Villepin s’impatientait parce que l’ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d’euros.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de VILLEPIN a toujours évoqué les consignes présidentielles de « moralisation de la vie publique »…

Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu’un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. « On va bourrer le nabot », disait-il en parlant de Nicolas SARKOZY. Il était certain, pendant des mois, que l’affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival.

Au total, après qu’il eut quitté l’Élysée, j’estime avoir remis à VILLEPIN, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des « cadeaux »…

Quel genre ?
Je me souviens d’un bâton du maréchal d’Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Omar BONGO et Laurent GBAGBO lui ont aussi offert de superbes masques africains. Omar BONGO lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon… CHIRAC a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d’une montre Piaget offerte par Omar BONGO, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France…

Comment savez-vous cela ?

J’avais accès au gestionnaire du compte parisien d’Omar BONGO, et il m’est arrivé d’aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec « papa », nous avions un code : entre nous, nous appelions Dominique de VILLEPIN « Mamadou », parce qu’autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : « Papa, ‘Mamadou’ a besoin de quelque chose ». Et Omar BONGO me disait de faire le nécessaire.

Vous disiez que les remises d’espèces ont continué quand Villepin était à Matignon…

Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que VILLEPIN allait préparer la présidentielle. Omar BONGO, place Beauvau, lui avait dit : « Dominique, entends-toi avec Nicolas ». Et VILLEPIN lui avait ri au nez et lui avait répondu : « J’irai à Matignon, puis à l’Élysée ». Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque.

Je me souviens d’un jour, au Quai d’Orsay, où sa secrétaire m’appelle en urgence. « Camarade, un double whisky aujourd’hui, la ration John WAYNE », me lance DOMINIQUE dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : « Aujourd’hui, j’ai atteint l’âge du général De GAULLE le jour de l’appel du 18 juin, j’ai 49 ans, Robert! Je serai l’homme du recours » Il a prononcé plusieurs fois cette phrase – « Je serai l’homme du recours » – en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j’ai dit à ma femme qu’il y avait peut-être un problème…

Comment cela s’est-il arrêté et pourquoi ?

Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m’appelle selon le code : « Nous allons acheter des fleurs ». Cela voulait dire que l’on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m’amener à Matignon. Ce jour-là, elle m’a fait entrer par l’arrière et m’a laissé dans le pavillon de musique. VILLEPIN m’a fait attendre une demi-heure. J’ai tout de suite eu l’intuition qu’il y avait un problème.

Que s’est-il passé ?

Il est arrivé et a lancé un drôle de « Alors, camarade, ça va ? », avant de m’expliquer : « L’argent de SASSOU, de BONGO, de tous les Africains, sent le soufre. C’est fini », a-t-il poursuivi… Je me souviens de sa phrase : « Si un juge d’instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir ». Il parle exactement comme cela. Je l’ai bien regardé. Je lui ai dit qu’il m’emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m’a couru après en disant « camarade, camarade ! », m’a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J’avais décidé que ce n’était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas SARKOZY.

Comment cela?

Nicolas SARKOZY m’a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd’hui. Même lui, il m’a paru étonné. Je l’entends encore me demander : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de tout cet argent, Robert ? » Il m’a dit aussi : « Ils t’ont humilié comme ils m’ont humilié, mais ne t’inquiète pas, on les aura ». Je l’ai revu la semaine suivante. Nicolas SARKOZY m’a dit : « Robert, là où je suis, tu es chez toi », et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par « valises ».

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire… D’autant que Sarkozy, à peine élu, s’est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise…

Je dis ce que je sais. Ni Omar BONGO ni aucun autre chef d’État africain, par mon intermédiaire, n’a remis d’argent ni à Nicolas SARKOZY ni à Claude GUÉANT.

Vous étiez proche de Laurent GBAGBO, vous n’avez pas été invité à l’intronisation d’Alassane OUATTARA…

Laurent GBAGBO est un ami de trente ans. Il m’a raccroché au nez la dernière fois que je l’ai appelé. J’étais dans le bureau de Claude GUÉANT et c’était dans les derniers jours avant sa destitution… Il ne voulait plus prendre ni SARKOZY ni OBAMA au téléphone. Il ne voulait rien entendre et m’a dit : « C’est la dernière fois que je te parle ». Par la suite, tout le monde le sait, Alain JUPPÉ m’a fait enlever de la liste des invités pour l’intronisation de OUATTARA.

Vous en voulez à Alain JUPPÉ…

Lui aussi me fait sourire quand je l’entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain JUPPÉ a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s’est installé dans de superbes locaux de l’avenue Montaigne. C’est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l’époque. D’ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom !

L’argent d’Omar BONGO a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années… Le secrétaire général du Club 89, Alain JUPPÉ, ne pouvait pas l’ignorer. Je sais qu’aujourd’hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.

Source: Patrick Eric Mampouya