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Ex-espion russe: la Lettonie expulsera « au moins un diplomate » russe

mars 23, 2018

Riga – La Lettonie prévoit d’expulser « un ou plusieurs » diplomates de l’ambassade russe à Riga impliqués dans des activités d’espionnage, en réaction à l’affaire Skripal, a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères du pays balte.

« Un ou plusieurs Russes impliqués dans les activités d’espionnage, alors qu’ils séjournent en Lettonie avec des passeports diplomatiques, seront expulsés de notre pays. Leur nombre exact fait l’objet actuellement de discussions avec nos partenaires européen et sera annoncé lundi », a indiqué le porte-parole de la diplomatie de Riga, Gints Jegermanis.

La Lettonie devient ainsi le premier pays après le Royaume-Uni à annoncer une mesure d’expulsion, alors que plusieurs pays de l’UE ont annoncé vendredi à Bruxelles qu’ils pourraient prendre des mesures similaires à la suite de l’empoisonnement de l’ancien espion russe Sergueï Skripal sur le sol britannique.

« Par solidarité avec le Royaume-Uni et d’autres pays de l’UE, a déclaré M. Jegermanis, la Lettonie discute actuellement avec eux pour savoir comment coordonner une réponse appropriée aux activités de la Russie dans le contexte de l’attaque chimique contre Sergueï Skripal à Salisbury », a ajouté le porte-parole.

Il n’a pas été en mesure de dire combien de pays peuvent se joindre à cette action de solidarité avec Londres.

Les services de sécurité de Riga relèvent fréquemment dans leurs communications publiques que les activités des services russes de renseignements et de sécurité représentent la plus grande menace pour la Lettonie, a rappelé l’agence BNS.

Le 8 mars dernier, le chef du Bureau de protection de la Constitution Janizs Miztis a indiqué aux journalistes que son service a expulsé plusieurs personnes, pour la plupart vers la Russie, sans en informer l’opinion publique.

Romandie.com avec(©AFP / 23 mars 2018 13h11)                                            

Affaire Skripal: des diplomates russes expulsés quittent l’ambassade à Londres

mars 20, 2018

Des personnes portant des bagages quittent l’ambassade de Russie à Londres, le 20 mars 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Des diplomates russes ont quitté leur ambassade mardi à l’expiration de l’ultimatum fixé par Londres pour sortir du pays en rétorsion à l’empoisonnement d’un ex-espion russe, objet d’une enquête qui pourrait prendre des mois, selon la police.

Plusieurs dizaines de personnes, y compris des enfants et des animaux domestiques, sont montées à bord des véhicules à plaque diplomatique, ont constaté des journalistes de l’AFP. La Première ministre Theresa May leur avait donné une semaine, mercredi dernier, pour quitter le pays.

En retour, Moscou a décidé samedi d’expulser 23 diplomates britanniques et de fermer le British Council, instrument du rayonnement culturel britannique à travers le monde.

Ces départs interviennent alors que Theresa May a réuni une nouvelle fois son Conseil de sécurité nationale pour faire le point sur l’enquête et décider d’éventuelles nouvelles sanctions contre Moscou, accusé d’être responsable de l’attaque à l’agent innervant menée contre l’ex-agent double Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre).

Tous deux sont depuis « dans le coma », a déclaré le ministre britannique des Affaire étrangères Boris Johnson, dans une tribune dans le Daily Telegraph mardi.

Le nouveau chef de la police anti-terroriste britannique, Neil Basu, a affirmé que l’enquête pourrait prendre des mois.

« C’est sans doute frustrant pour les gens mais cela va prendre des semaines, voire des mois », a déclaré sur la BBC M. Basu qui prend officiellement ses fonctions mercredi, en remplacement de Mark Rowley qui part à la retraite.

« Nous avons récolté environ 400 témoignages. Nous en avons d’autres encore à recueillir. Nous avons rassemblé près de 800 indices et avons visionné 4.000 heures de vidéos », a-t-il ajouté, tandis que quelque 250 détectives sont mobilisés pour cette enquête.

Lundi, Moscou a réclamé à Londres des « preuves » à l’appui de ses accusations ou des excuses.

« Tôt ou tard, il faudra répondre de ces accusations infondées: soit fournir des preuves, soit présenter ses excuses », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, tandis qu’à Bruxelles les chefs de la diplomatie de l’Union européenne assuraient Londres de leur « totale solidarité ».

Romandie.com avec (©AFP / 20 mars 2018 13h38)                

Londres expulse 23 diplomates russes et gèle les contrats bilatéraux

mars 14, 2018

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé le 14 mars 2018 le gel de toute relation bilatérale avec Moscou et l’expulsion de 23 diplomates russes. Capture d’écran du système de retransmission du Parlement britannique PRU.n / © PRU/AFP / HO

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mercredi une série de sanctions contre la Russie, dont l’expulsion de 23 diplomates et le gel des contacts bilatéraux, jugeant Moscou « coupable » de l’empoisonnement d’un ex-espion russe sur son sol.

L’ambassade de Russie à Londres a immédiatement dénoncé la réaction britannique, la qualifiant d' »hostile, inacceptable et injustifiée », dans un communiqué.

Theresa May a dénoncé devant le Parlement « un usage illégal de la force par l’État russe contre le Royaume-Uni » et jugé « tragique » la « voie choisie » par le président russe Vladimir Poutine, qui n’a pas répondu à sa demande d’explication sur cette affaire.

Elle s’exprimait dix jours après l’empoisonnement d’un ex-espion, Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Ioulia, 33 ans, victimes d’une attaque avec un agent innervant militaire de fabrication russe à Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

L’escalade des tensions entre les deux pays intervient à quelques jours de l’élection présidentielle en Russie, dimanche, dont le président Vladimir Poutine est le grand favori, et à quelques mois de la Coupe du monde de football en Russie.

Theresa May a précisé à ce propos que Londres n’enverrait aucun représentant, diplomate ou membre de la famille royale, pour assister à la compétition.

La Russie disposait jusqu’ici de 59 diplomates accrédités au Royaume-Uni. Les 23 diplomates expulsés ont « une semaine » pour quitter le territoire, a indiqué Theresa May.

Ajoutant qu’elle suspendait « tous les contacts bilatéraux de haut niveau prévus » et « la révocation de l’invitation faite au ministre des Affaires étrangères (Sergueï Lavrov) de visiter » le Royaume-Uni, elle a toutefois dit « continue(r) de croire que ce n’est pas dans notre intérêt national de couper tout dialogue ».

Tentant de réunir le soutien de ses alliés et de la communauté internationale, au moment où le pays s’apprête à quitter l’Union européenne, la cheffe du gouvernement britannique a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, qui se tiendra ce mercredi à 19H00 GMT, a annoncé la présidence néerlandaise en exercice de la plus haute instance de l’ONU.

Le Royaume-Uni y « informera » le Conseil sur l’empoisonnement de l’ex-espion russe.

Le Kremlin a clamé de nouveau mercredi matin, peu avant l’annonce de ces sanctions, son innocence en soulignant qu’il « n’admet pas » les accusations « sans preuves » et les ultimatums de Londres. Son porte-parole Dmitri Peskov a espéré « que le bon sens l’emportera ». « La Russie n’a aucun rapport avec ce qui s’est passé au Royaume-Uni », a-t-il réaffirmé.

– ‘Attaque inacceptable’ –

Londres avait fixé un ultimatum pour que la Russie fournisse des explications à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) sur l’agent innervant militaire utilisé, qui a expiré mardi à minuit.

Les principaux alliés du Royaume-Uni, France, Union européenne, Allemagne, Etats-Unis, ont apporté leur soutien aux Britanniques.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé mercredi à Helsinki que la Russie était « très probablement » derrière cette « attaque brutale » et annoncé qu’il allait demander à mettre le sujet à l’agenda du sommet européen prévu la semaine prochaine.

L’Otan a de son côté sommé la Russie de répondre aux questions posées par le Royaume-Uni et dénoncé mercredi l’empoisonnement de Skripal comme « une violation flagrante des normes et accords internationaux » sur les armes chimiques.

A l’issue d’une conversation téléphonique avec Mme May, le président américain Donald Trump avait estimé mardi que la Russie devait apporter des réponses « sans ambiguïté » sur cet empoisonnement, selon la Maison Blanche.

« Les deux dirigeants estiment qu’il doit y avoir des conséquences pour ceux qui usent de ces armes odieuses en violation flagrante des normes internationales », a ajouté la présidence américaine.

– ‘Novitchok’ –

Retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, Sergueï Skripal et sa fille, sont hospitalisés depuis dans un état « critique ». Un policier qui était intervenu sur place reste lui aussi dans un état « grave » mais fait de « bons progrès », selon la police.

Selon Theresa May, la substance utilisée appartient au groupe des agents toxiques « Novitchok », mis au point par la Russie à l’époque soviétique.

L’un des « pères » des « Novitchok », Vil Mirzaïanov, qui vit désormais aux États-Unis, a affirmé que la Russie était le seul pays capable de produire et déployer un agent innervant aussi puissant.

L’affaire a rappelé le cas de Litvinenko, ancien agent secret russe empoisonné au polonium-210 et mort à Londres en 2006, où la responsabilité russe avait été établie par un juge britannique.

Dans ce contexte, le décès inexpliqué, lundi à son domicile à Londres, d’un autre Russe, Nikolaï Glouchkov, ancien partenaire en affaires du milliardaire et opposant au Kremlin Boris Berezovksi, décédé en 2013, a attiré l’attention des médias.

Berezovski avait été retrouvé pendu à son domicile.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mars 2018 15h24)                

Décret Trump: les employés de l’ONU assurés de pouvoir entrer aux États-Unis

janvier 30, 2017

Nations unies (États-Unis) – Washington a assuré les Nations unies que leurs employés pourraient continuer à entrer aux États-Unis même s’ils viennent des sept pays à majorité musulmane affectés par le nouveau décret migratoire du président Donald Trump, a indiqué le porte-parole de l’ONU lundi.

Après avoir dans un premier temps affirmé à la presse qu’une poignée d’employés de l’ONU n’avaient pas pu embarquer à destination des États-Unis au cours du week-end, le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a précisé n’avoir recensé aucun cas confirmé de personnel affecté par le décret américain.

M. Trump a suspendu vendredi par décret l’entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Yémen, Somalie, Soudan, Syrie et Libye) et de tous les réfugiés, le temps de revoir les critères d’octroi de visas.

Des employés de l’ONU originaires des pays concernés sont détenteurs de visas américains G4, attribués au personnel travaillant pour des organismes internationaux et qui ne sont en principe pas concernés par le nouveau décret.

« Nous avons été assurés par la mission américaine (auprès des Nations unies) que les employés de l’ONU venant des sept pays concernés, détenteurs de visas G4 valides, seront autorisés à entrer aux Etats-Unis pour leur travail », a déclaré Stéphane Dujarric. Le siège de l’ONU est à New York.

« Nous avons bien entendu constaté la confusion de ces derniers jours et il est évident que cela nous préoccupe », a-t-il ajouté.

Les Nations unies ont dit espérer que l’interdiction d’entrée ne serait que temporaire mais elles n’ont pas demandé à Donald Trump de revenir sur sa décision.

La réaction la plus forte est venue du Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, le Jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, qui a dénoncé le décret comme étant contraire aux droits de l’homme.

L’ONG Human Rights Watch a appelé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à aller plus loin en condamnant le décret américain.

« Au moment où les gouvernements, la société civile et les chefs d’entreprises sont de plus en plus nombreux à le dénoncer, il est important que le message de l’ONU ne vienne pas seulement du responsable de l’ONU pour les droits de l’homme », a déclaré un responsable de HRW, Philippe Bolopion.

« Le secrétaire général devrait dire clairement que le décret de Trump est un coup porté aux réfugiés, qu’il fait preuve d’intolérance et sera peu efficace face au terrorisme », a-t-il poursuivi.

Romandie.com avec(©AFP / 30 janvier 2017 22h55)             

Chefs d’Etat, diplomates, hommes d’affaires, le Who’s who des écoutes britanniques en Afrique

décembre 8, 2016

Plongée inédite sur le détail d’interventions visant vingt pays africains, réalisées par les services secrets britanniques entre 2009 et 2010.

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C’est un panorama rare sur la réalité de l’espionnage satellitaire moderne. Loin d’une vision technique et abstraite, il donne à voir non seulement le visage des victimes des interceptions, mais aussi l’étendue de cette surveillance, à l’échelle d’un continent, l’Afrique. Les nouveaux documents extraits par Le Monde, en collaboration avec le site The Intercept, des archives de l’ex-consultant de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine Edward Snowden confiées à Glenn Greenwald et Laura Poitras, offrent, en effet, une plongée inédite sur le détail d’une collecte visant vingt pays africains, réalisée par les antennes des services secrets britanniques (GCHQ) entre 2009 et 2010.

Les dizaines de relevés d’interceptions que Le Monde a pu consulter correspondent à un moment particulier du travail des techniciens du GCHQ. Ces rapports font état du succès avec lequel ils sont parvenus à détourner des flux de communications satellitaires et concluent qu’ils peuvent, désormais, passer à la collecte systématique.

L’identité des cibles figure dans les listes de centaines d’interceptions du GCHQ : des chefs d’Etat, des premiers ministres en poste ou ayant quitté le pouvoir, des diplomates, des chefs militaires et du renseignement, des membres de l’opposition et les principaux acteurs de la vie économique et financière de vingt pays africains. C’est la souveraineté politique, économique et stratégique de ces territoires souvent gouvernés par des dirigeants alliés de la Grande-Bretagne qui est ainsi violée.

Lire aussi :   La RDC, étroitement scrutée par les espions britanniques et américains

  • Les chefs d’Etat et premiers ministres

Au premier rang des cibles du GCHQ figurent les chefs d’Etat et les premiers ministres. Principal partenaire économique du Kenya, la Grande-Bretagne et ses services secrets interceptent les échanges du président Mwai Kibaki et de ses conseillers les plus stratégiques, mais aussi ceux du premier ministre Raila Odinga en mars 2009. Il en va ainsi de l’Angola, premier producteur de pétrole d’Afrique, dirigé depuis 1979 par le président José Eduardo dos Santos. Toujours selon ces rapports d’interception, en 2009, le palais présidentiel de Luanda a été visé. Cette année-là, l’Angola est frappée par la baisse brutale des cours des matières premières et la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, se rend à Luanda pour renforcer la coopération stratégique. La Grande-Bretagne partage alors leurs informations pour assurer leur mainmise sur la région.

A 924 km plus au nord, de l’autre côté d’une frontière qui fut traversée par des troupes angolaises venues soutenir Laurent Désiré Kabila durant la seconde guerre du Congo (1998-2003), Kinshasa est également étroitement surveillée. Depuis l’assassinat de son père en janvier 2001, le fils, Joseph Kabila, a pris les rênes de ce géant d’Afrique et semble intriguer les espions britanniques qui visent toutes ses télécommunications ainsi que celles de ses proches conseillers politiques, diplomatiques et militaires.

En Afrique de l’Ouest, le GCHQ a opéré des interceptions massives au Nigeria. Dans son ancienne colonie, membre du Commonwealth, les espions britanniques suivent en temps réel les télécommunications du président Umaru Yar’Adua, de son aide de camp et de ses proches conseillers, comme son secrétaire principal et son conseiller spécial. Ils visent également le vice-président de ce pays, le plus peuplé du continent et première puissance économique régionale. Le chef d’Etat nigérian étant malade – il décède le 5 mai 2010 –, son successeur Goodluck Jonathan figure aussi parmi les lignes téléphoniques à intercepter.

Le dispositif est le même au Ghana, où le président John Kufuor et ses collaborateurs sont écoutés, mais aussi en Sierra Leone dirigé par Ernest Koroma, dont le numéro de mobile est intercepté. Plus au nord, en Guinée-Conakry, les Britanniques surveillent les échanges téléphoniques et électroniques de Kabiné Komara, premier ministre de la junte dirigée par le président putschiste Moussa Dadis Camara, dont les proches conseillers sont aussi mentionnés dans les bases de données consultées par Le Monde. Au Togo, les télécommunications du chef d’Etat, Faure Gnassingbé, sont aussi interceptées.

  • Les anciens présidents et premiers ministres

Dans les relevés d’interceptions datées de 2009 consultés par Le Monde apparaissent également plusieurs anciens chefs d’Etat et de gouvernement que les Britanniques et leurs alliés semblent toujours suivre de près. Y figurent l’ancien chef d’Etat nigérian, Olusegun Obasanjo (1999-2007), et son homologue de Sierra Leone, Ahmed Tejan Kabbah (1998-2007). Dans ce dernier pays d’Afrique de l’Ouest ravagé par une décennie de guerre civile, un homme est particulièrement ciblé : l’ancien président et chef de guerre Charles Taylor, de même que ses principaux lieutenants. Taylor a été jugé, en avril 2012, pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » par la Cour spéciale pour la Sierra Leone et condamné à cinquante ans de prison.

A Conakry, Cellou Dalein Diallo et Lansana Kouyaté, anciens premiers ministres du dictateur Lansana Conté, aujourd’hui chefs de file de l’opposition, sont alors visés. Si les Britanniques suivent de près ce qui se trame dans l’est de la République démocratique de Congo (RDC) et au palais présidentiel de Kinshasa, de l’autre côté du fleuve Congo, c’est l’ancien chef d’Etat, Pascal Lissouba (1992-1997), en exil en France, qui a été au cœur de leur surveillance en 2009. Jugé proche des sociétés pétrolières anglo-saxonnes, il avait été renversé en 1997 par Denis Sassou-Nguesso qui était soutenu militairement par la France et l’Angola.

  • La diplomatie

Le GCHQ s’est intéressé de près aux diplomaties de ces pays. L’une de leurs cibles, le Burkinabé Djibril Bassolé, interrogé par Le Monde, a indiqué : « Ce que je disais au téléphone, je le disais en public. » Il est aujourd’hui incarcéré à Ouagadougou pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » dans le cadre de la tentative de coup d’Etat de septembre 2015. Mais, six ans plus tôt, il était ministre des affaires étrangères du Burkina Faso et pilotait le soutien à la rébellion ivoirienne pour le compte de Blaise Compaoré. Il intervenait pour le compte de l’Union africaine et des Nations unies comme médiateur dans la crise du Darfour, une activité diplomatique qui lui a sans doute valu d’être espionné par les services secrets britanniques.

La surveillance des réseaux diplomatiques africains est aussi large que celle ciblant les dirigeants. Les ministres des affaires étrangères du Nigeria, du Kenya, du Zimbabwe, du Soudan et de Libye, ainsi que leurs plus proches collaborateurs sont écoutés, leurs courriels interceptés, une manière de contrôler l’évolution de ces Etats. On relève ainsi l’intérêt marqué pour les bureaux du ministère des affaires étrangères nigérian et notamment les lignes téléphoniques fixes et mobiles du directeur de cabinet du chef de la diplomatie Ojo Maduekwe.

Pour renforcer leur dispositif d’espionnage, les services secrets britanniques ont étendu leur espionnage aux ambassades africaines. L’ambassadeur du Zimbabwe à Kinshasa, son homologue de RDC à Brasilia, l’ambassade du Soudan à Islamabad, les ambassades du Nigeria à Ankara, Pretoria, Tripoli, Yaoundé, Téhéran ou encore les locaux genevois de la mission du Nigeria auprès de l’ONU. A Riyad, en Arabie saoudite, ils ont ciblé les ambassades d’Erythrée, d’Algérie, de Guinée et du Soudan. L’ambassadeur de Syrie à Khartoum figure aussi sur la base de données. Les réseaux diplomatiques tchadiens sont surveillés de près, de Moscou à Tripoli.

  • Les services de renseignement et les rebelles

Dans ces pays, souvent instables, les Britanniques accordent un intérêt tout aussi prononcé aux services de renseignement et aux mouvements rebelles, potentiels successeurs aux régimes alors en place. Alors que le Darfour, à l’ouest du Soudan, est en proie à un conflit armé depuis 2003, les services secrets britanniques interceptent les télécommunications des mouvements rebelles. Les lignes téléphoniques ouvertes aux Emirats arabes unis, au Qatar, au Tchad ou en Libye de plusieurs leaders de la rébellion figurent dans la base de données. Exemple : Jibril Ibrahim Mohammed, frère de Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l’égalité qui sera tué en 2011.

Lire aussi :   En Afrique, les organisations internationales surveillées de toutes parts

Dans cette région marquée par les rébellions, les services secrets britanniques suivent de près les télécommunications des caciques des groupes armés soudanais mais aussi tchadiens, comme le démontrent les interceptions visant Albissaty Saleh Allazam, du Conseil d’action révolutionnaire. Les services de renseignement extérieur et intérieur libyens sont, par ailleurs, particulièrement ciblés par leurs homologues britanniques. De même en RDC où les principaux dirigeants de l’armée et des services sont visés. Et plusieurs lignes d’interception précisent « liés aux services de renseignements d’Egypte ».

Plusieurs membres du Mouvement d’émancipation du delta du Niger (MEND), groupe armé qui lutte contre les grandes majors pétrolières anglo-saxonnes dans le sud pétrolifère du Nigeria, sont placés sur écoute. De 2004 à 2014, date d’un accord politique avec les autorités nigérianes, ils menacent des intérêts pétroliers anglo-saxons en s’attaquant aux tankers et aux pipelines au nom d’une revendication économique et environnementale. Lors de la prise d’otage d’un Britannique par le MEND, on découvre que le GCHQ surveille autant les militaires, les services de renseignement et les négociateurs nigérians et britanniques que les chefs du groupe rebelle.

  • Les acteurs financiers et économiques

Les objectifs du GCHQ ne sont pas que politiques. On trouve, en effet, au sein des listes les principales élites économiques et financières, des ministres aux industriels et aux philanthropes, comme le Kényan Chris Kirubi. Aujourd’hui considéré comme l’un des Africains les plus riches et influents, le milliardaire nigérian Tony Elumelu a aussi été ciblé par les interceptions des services britanniques en 2009. Ami du président d’alors, Umaru Yar’Adua, il est à la tête de la United Bank of Africa (UBA).

Au Nigeria, on relève aussi bien les identifiants du ministre des finances, du ministre du pétrole comme ceux des systèmes de télécommunications ou des principales banques comme Zenith Bank. Apparaissent également les coordonnées du richissime Dahiru Mangal, le plus grand contrebandier de la région, originaire de Katsina, comme le chef de l’Etat nigérian, qu’il soutient financièrement, de même que son homologue du Niger. A Lagos, capitale économique, les espions britanniques n’omettent pas de surveiller les télécommunications de l’Africa Finance Corporation, institution financière panafricaine de financement des infrastructures. Le vice-président, Solomon Asamoah, est particulièrement visé.

En RDC, outre le vice-ministre des mines, c’est le tout puissant conseiller spécial de Joseph Kabila, Augustin Katumba Mwanke, qui est dans les radars. Cet homme discret a la haute main sur les contrats miniers et organise ce que la communauté internationale qualifie de « pillage des ressources naturelles » au service du clan au pouvoir.

D’autres hommes d’affaires proches de Joseph Kabila figurent parmi les personnalités visées, comme Victor Ngezayo à la tête d’un groupe d’hôtellerie notamment. Politique et affaires vont de pair au Katanga où le populaire gouverneur, Moïse Katumbi, profite de sa position pour orchestrer l’exploitation minière. Proche de Joseph Kabila grâce à qui il a pu constituer sa richesse, M. Katumbi a rallié l’opposition à son maître d’hier qu’il vodrait affronter désormais dans les urnes.

Les télécommunications de grands groupes étrangers opérant sur le continent sont également surveillées. Il en va ainsi du spécialiste italo-suisse de logistique Mediterranean Shipping Company. La plupart des opérateurs de télécommunications sont espionnés, comme le sud-africain MTN, les Saoudiens de Saudi Telecom, France Télécom et Orange.

Lemonde.fr par et Simon Piel

Congo: Visite imminente de la Maison d’arrêt de Brazzaville

mai 16, 2016

Les diplomates étrangers, les organismes nationaux et internationaux des Droits de l’homme sur le point de rencontrer les prisonniers politiques

Les diplomates en poste à Brazzaville, les organismes nationaux et internationaux des Droits de l’Homme ont émis le souhait de visiter les prisonniers politiques qui se trouvent actuellement à la Maison d’arrêt centrale de Brazzaville, à proximité du Palais de justice.

Depuis quelques jours, des organismes internationaux en charge des droits de l’homme avec leurs confrères nationaux assisté des diplomates en poste à Brazzaville, ont, semble t-il, obtenu du gouvernement congolais la visite des prisons du Congo.

Dans un état pléthorique, la Maison d’arrêt de Brazzaville fait office de vieille garde, de rempart honteux de notre justice. Pour éviter d’être témoins du constat malheureux et fâcheux d’une proximité inconcevable des prisonniers durant cette visite, le pouvoir de Brazzaville veut procéder dès ce soir de disperser en plusieurs postes de détention les prisonniers politiques afin de distraire ces visiteurs, en mission de prospection.

Le prisonniers politiques qui croupissent sans jugement à la maison d’arrêt de Brazzaville sont : Paulin Makaya, Jean Ngouabi, Anatole Limbongo Ngoka, Jacques Banagadzala, Raymond Eboga, Christine Moyen, Geoffroy Danghat, Serge Matsouele, Jean de Dieu Kiakouama, Yvon Sendet, Martin Madebana, Jean-Claude Sita, Narcisse Mazouta, Colonel Marcel Mpika, Marion Michel Madzimba Ehouango, Anthyme Bahimina, Patrice Legani, Bruno Ngouabi et tout récemment Joseph Kitsadi, arrêté à Kinkala, conduit par hélicoptère et transféré dans ce lieu de triste souvenir.

Or selon certaine source, une opération discrète va être menée pour distraire les diplomates consistant à déplacer les 3/4 des prisonniers politiques. Ce beau monde sera transféré nuitamment pour échapper à la visite des diplomates et des organismes internationaux des Droits de l’Homme, certains seront placés dans les commissariats d’autres seront transférés la nuit à la maison d’arrêt de Ouesso.

Aux diplomates, organismes nationaux et internationaux d’être exigeants avec Mr 8%

Les ambassadeurs, les responsables des chancelleries étrangères, les organismes nationaux et internationaux des Droits de l’Homme veulent former une délégation pour visiter la maison d’arrêt de Brazzaville, en vue de confronter le régime illégal de Brazzaville, afin de connaître le nombre exact des prisonniers politiques au Congo Brazzaville, dont le chiffre est occulté et méconnu, au regard de nombreuses arrestations intempestives et sauvages.

Or certains prisonniers politiques sont des prisons extrajudiciaires du genre DGST et d’autres sont portés disparus.

Informé de la démarche, le pouvoir aux abois de Brazzaville, persona non grata dans certaines missions et réunions internationales – en mal de confiance et de reconnaissance – veut déplacer les prisonniers qui s’y trouvent.

Cette démarche de la visite des diplomates devrait également s’étendre aux leaders de l’opposition qui sont encerclés: Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa.

Avec Brazzanews.fr

Deux diplomates chinois abattus dans un restaurant aux Philippines

octobre 21, 2015

Manille – Deux diplomates chinois ont été tués par balle mercredi et un troisième a été blessé dans un restaurant de Cebu, dans le centre des Philippines, a annoncé la police.

Le consul adjoint et le chargé des finances au consulat de Pékin à Cebu ont été tués. Le consul-général a été blessé, a dit le porte-parole de la police nationale, Wilben Mayor dans un sms à l’AFP.

Deux ressortissants chinois ont été arrêtés à la suite de cette attaque, dont l’époux d’une diplomate du consulat, a ajouté le porte-parole.

Une femme travaillant également pour la représentation diplomatique chinoise est l’autre personne arrêtée. La police a récupéré sur les lieux un colt 45.

L’attaque est survenue à 13H30 (05H30 GMT) dans un restaurant populaire de Cebu.

Une porte-parole de l’ambassade de Chine à Manille, Li Lingxia, s’est refusée dans l’immédiat à tout commentaire.

Notre ambassade est toujours en train de vérifier les faits. Dès qu’il y aura du neuf, nous vous le ferons savoir, a-t-elle dit dans un sms à l’AFP.

Le ministère philippin des Affaires étrangères s’est également refusé à commenter cette attaque, expliquant que les autorités cherchaient à établir ce qu’il s’était passé.

Romandie.com avec(©AFP / 21 octobre 2015 11h37)

Pakistan: Sept morts dont deux diplomates dans un crash d’un hélicoptère

mai 8, 2015

Au moins sept personnes, dont les ambassadeurs de Norvège et des Philippines, ont été tuées dans le crash d’un hélicoptère vendredi au Pakistan. L’ambassadeur suisse, qui voyageait voyage dans un autre hélicoptère, n’a pas été blessé.

Les talibans pakistanais, en quête permanente de publicité, ont revendiqué comme une « attaque » ce crash survenu dans un secteur hautement militarisé où ils n’ont pas de présence connue. Cette revendication n’a été étayée par aucun autre témoignage.

Les autorités pakistanaises ont diligenté une enquête sur les causes de cette tragédie embarrassante pour la puissante armée. Elles pointent en direction d’une « erreur technique », sans plus détails.

Une délégation d’ambassadeurs, de diplomates et de journalistes visitait la région touristique de Gilgit-Baltistan, au nord du pays. L’un des trois hélicoptères s’est écrasé contre une école à l’atterrissage, a dit un membre de la délégation voyageant dans un autre appareil.

L’ambassadeur de France dans la délégation

En 1988, le dictateur Zia ul-Haq avait d’ailleurs perdu la vie avec des généraux et l’ambassadeur des États-Unis dans le crash de leur avion militaire dans le centre du pays, un accident dont les circonstances exactes demeurent à l’origine de nombreuses théories. Vendredi, une délégation d’ambassadeurs, de diplomates et de journalistes visitait la région touristique de Gilgit-Baltistan lorsqu’un des trois hélicoptères dans lesquels ils avaient pris place s’est écrasé contre une école à l’atterrissage, a dit un membre de la délégation voyageant dans un des deux autres appareils.

L’ambassadrice de France au Pakistan, Martine Dorance, faisait partie de cette délégation venue visiter des projets financés par la communauté internationale dans le nord-est du pays, mais ne se trouvait pas l’hélicoptère qui s’est abîmé, selon des sources proches du dossier.

Les ambassadeurs de Pologne et des Pays-Bas ont aussi été blessés dans le crash qui s’est produit dans un village reculé de la région himalayenne de Gilgit-Baltistan (Nord-Est), selon l’armée, une information qui colle avec la liste des passagers.

Epouses des ambassadeurs

Les épouses des ambassadeurs de Malaisie et d’Indonésie, ainsi que les deux pilotes et un membre de l’équipage de l’hélicoptère, ont aussi perdu la vie dans ce crash. Les ambassadeurs de Pologne et des Pays-Bas ont été blessés.

L’ambassadeur suisse faisait partie de cette excursion. Comme il ne se trouvait pas dans l’appareil qui s’est écrasé, il n’a pas été blessé, a répondu à l’ats un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères. « Aucun autre ressortissant suisse ne faisait partie de la délégation étrangère », a-t-il ajouté.

Les talibans pakistanais du TTP, en lutte contre le pouvoir à Islamabad, ont affirmé avoir abattu l’hélicoptère à l’aide d’un missile air-sol, qu’ils utilisent rarement. Cette zone de l’Himalaya est hautement contrôlée par l’armée pakistanaise.

Premier ministre visé
Les insurgés affirment aussi avoir visé le Premier ministre Nawaz Sharif. Ce dernier devait se rendre vendredi à Gilgit, le chef-lieu de la région de Gilgit-Baltistan, mais il n’était pas attendu dans le village reculé de Noman, de la vallée de Naltar, où l’incident a eu lieu, et ne se trouvait donc dans aucun des hélicoptères, selon des sources concordantes

« Cette revendication est complètement ridicule. Ce n’est pas possible, au moins à Naltar », a déclaré une source sécuritaire locale.

Les diplomates devaient rencontrer le Premier ministre plus tard à Gilgit. M. Sharif, qui se dirigeait vers cette ville au moment du crash, a exprimé ses plus sincères condoléances aux victimes. Il est rentré par avion à Islamabad, a fait savoir son bureau.

D’après des témoins, l’école du village de Noman s’est embrasée après le crash de l’hélicoptère. Des sources médicales locales avaient d’abord affirmé que des enfants s’y trouvaient, comme chaque vendredi au Pakistan. Elles ont ensuite démenti, ce vendredi ayant été déclaré férié dans le secteur.

Frontalière de la Chine, la région de Gilgit-Baltistan est l’une des plus sûres de tout le Pakistan.

Romandie.com

ALERTE – Syrie: réunion mercredi à 19H00 GMT du Conseil de sécurité de l’ONU

août 21, 2013

NEW YORK (New York) – Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra des consultations à huis clos mercredi à 19H00 GMT à propos d’un massacre en Syrie qui aurait été perpétré –selon l’opposition– à l’arme chimique, ont indiqué mercredi des diplomates à l’ONU.

Cette réunion se tient à la demande conjointe de cinq des quinze pays membres du Conseil (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Luxembourg et Corée du Sud).

Romandie.com avec (©AFP / 21 août 2013 18h35)

Saïd Bouteflika : mister mystère

août 5, 2013
a vingt ans de moins que son illustre aîné. © Ryad Kramdi

Saïd Bouteflika a vingt ans de moins que son illustre aîné. © Ryad Kramdi

Depuis des années, Saïd Bouteflika se tient dans l´ombre de son frère. On lui prête de l´ambition, le goût de l´intrigue et une immense influence sur le président, encore accrue par la maladie de ce dernier. Fantasme ou réalité ?

On le qualifie volontiers de vice-président, de vizir ou de président bis. Plus jeune frère du chef de l´État, conseiller spécial à la présidence, Saïd Bouteflika exerce une influence considérable. Dernière illustration de cette proximité, le black-out médiatique qu´il a imposé tout au long de l´hospitalisation d´Abdelaziz Bouteflika en France (du 27 avril au 16 juillet) pour un accident vasculaire cérébral (AVC), à 76 ans. Depuis le Val-de-Grâce, les Invalides, l´hôtel George V – où il a pris ses quartiers – ou encore une célèbre brasserie parisienne, Saïd filtrait l´information, prodiguait recommandations et instructions au gouvernement, aux cadres de la présidence, aux directeurs des médias publics ou privés, aux élus du Front de libération nationale (FLN)… Bref, le conseiller se substituait presque au président.

Obscur enseignant à l´université Houari-Boumédiène de Bab-Ezzouar jusqu´en 1999, année de l´élection d´Abdelaziz Bouteflika, cet homme à la silhouette frêle est aujourd´hui le maillon fort de la famille et le pivot du clan présidentiel. À tel point qu´on lui prête, au « pays des mille et une rumeurs », l´intention de désigner le successeur de son frère, voire de lui succéder lui-même. La vie de cet homme aussi mystérieux que puissant au palais d´El-Mouradia comme à la ville est une énigme. Si bien que le département d´État américain lui-même, à en croire les câbles secrets du site WikiLeaks, a demandé entre 2008 et 2009 à ses diplomates basés en Algérie, en France, au Maroc et en Tunisie d´enquêter sur cet homme « secret et discret ».

Si les journalistes le côtoient régulièrement, rares sont ceux qui osent pousser plus loin leurs investigations. Saïd Bouteflika n´accorde jamais d´entretien, ses amis craignent de parler et refusent de témoigner. Ses détracteurs ne disent que du mal de lui. « Ne vous fatiguez pas, nous conseille l´un de ses intimes. Il ne parlera jamais. » La paranoïa est si grande que l´on vous explique parfois qu´il serait préférable de ne pas trop s´intéresser au personnage. Ce qui épaissit davantage le mystère autour de ce conseiller dont le destin, quoi qu´on en dise, reste intimement lié à celui du président.

Issu d´une fratrie de neuf (cinq frères, une soeur et trois demi-soeurs), Saïd naît en 1957 – vingt ans après Abdelaziz – à Oujda, ville marocaine frontalière. Le père, mandataire de marché de gros, meurt un an plus tard. Le garçon est alors élevé par sa mère, Mansouriah, qui tient un bain maure, le Hammam Jerda. « C´était une véritable « mamma à l´italienne », se rappelle un ami de la famille. Elle couvait ses enfants autant qu´elle se montrait sévère envers eux. En l´absence du père, c´est Abdelaziz qui a pris Saïd sous son aile comme s´il était son fils. Plus tard, Saïd a eu un autre protecteur, Houari Boumédiène [proche de la famille, NDLR], qui s´est pris d´affection pour lui. »

Un élève moyen un peu reservé

À l´indépendance, en juillet 1962, la famille s´installe en Algérie. Abdelaziz est d´abord député de Tlemcen, puis devient ministre des Affaires étrangères sous la présidence d´Ahmed Ben Bella. Les Bouteflika s´installent alors dans une résidence à Poirson, sur les hauteurs d´Alger. Saïd profite des meilleurs établissements de la capitale : primaire et secondaire chez les Pères blancs à l´école Saint-Joseph, lycée chez les Jésuites. « Il y a été scolarisé au même titre que les enfants des membres du Conseil de la révolution [cabinet noir né après le putsch du 19 juin 1965 contre Ben Bella] ou que la progéniture de la nomenklatura, se souvient un camarade de classe. C´était un élève moyen, plutôt effacé, qui ne faisait pas le fier bien que son grand frère ait été alors considéré comme le numéro deux du régime. »

Après un baccalauréat et une licence à l´université scientifique de Bab-Ezzouar, il gagne Paris en 1983 pour préparer un doctorat en informatique. Dans le même temps, la roue tourne du mauvais côté à Alger. Successeur putatif de Boumédiène, décédé le 27 décembre 1978, Abdelaziz Bouteflika est mis sur la touche par les militaires, qui lui préfèrent le colonel Chadli Bendjedid. Écarté du comité central du FLN en décembre 1981, l´ex-ministre choisit de s´exiler. Paris, Damas, Genève, les Émirats – où il monnaie ses services comme consultant international. Il boudera son pays pendant des années. De son éviction, il gardera longtemps un goût amer : « J´aurais pu prétendre au pouvoir à la mort de Boumédiène. Mais la réalité est qu´il y a eu un coup d´État à blanc et l´armée a imposé un candidat imprévu », affirme-t-il le 8 juillet 1999 à la radio française Europe 1. Sa famille n´est pas non plus épargnée par cette opération de « déboumédiénisation » : elle est contrainte de quitter la villa qu´elle occupe. À l´époque, on entend souvent la mère, les frères et les soeurs se lamenter de cette disgrâce : « Hagrouna ! » (« ils nous ont humiliés »).

L´acharnement ira plus loin : après une instruction entamée début 1979, la Cour des comptes l´accuse le 8 août 1983 de détournement de fonds. Chef de la diplomatie à l´époque des faits – entre 1965 et 1978 -, Abdelaziz Bouteflika aurait demandé aux consulats et ambassades d´Algérie de verser leurs excédents budgétaires sur deux comptes personnels ouverts en Suisse. Montant total : 60 millions de dinars (environ 570 000 euros actuels). L´accusation et, surtout, la volonté de le salir le marquent à jamais. « Contrairement à ce que dit et croit la vox populi, ni Abdelaziz ni Saïd ne roulaient sur l´or durant ces années d´exil, confie une vieille connaissance qui les fréquentait à Paris. Certes, Abdelaziz était pris en charge par ses amis des pétromonarchies et gagnait bien sa vie, mais il était loin d´être millionnaire. Quant à Saïd, s´il vivait dans le quartier du Cherche-Midi (6e arrondissement), il habitait un studio et avait des difficultés à boucler ses fins de mois. »

D’enseignant à conseiller spécial du président

Le retour de Saïd à Alger, en 1987, coïncide avec la fin de la disgrâce de son frère aîné. Après six années passées hors du pays, Abdelaziz retrouve une certaine respectabilité en réintégrant le comité central du FLN. Dans la foulée, sa famille se voit restituer la villa de Sidi Fredj, confisquée par le gendre de Chadli Bendjedid, et en obtient même une autre dans le quartier d´El-Biar, sur les hauteurs de la capitale. Les deux frères ne sont jamais loin l´un de l´autre : dans l´immeuble, l´aîné occupe le 6e étage, le cadet le 5e. Mais Saïd se tient à l´écart de la politique.

Enseignant à l´université, marié à une médecin biologiste, il se contente de militer comme syndicaliste au sein du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes). « Saïd en était un membre mineur, tempère un ancien camarade. Il participait aux réunions et aux grèves, mais il était discret. Il était plutôt manoeuvrier, dans la mouvance trotskiste. »

En septembre 1998, le président Liamine Zéroual annonce sa démission et l´organisation d´élections anticipées. C´est le début d´une nouvelle ère pour la famille : alors qu´il avait décliné leur offre en janvier 1995, Bouteflika est de nouveau sollicité par les militaires pour se présenter. « Candidat du consensus », il fédère autour de lui le ban et l´arrière-ban du régime. Durant cette période, son frère est déjà à ses côtés, mais demeure discret. « Saïd a joué un rôle insignifiant dans la campagne électorale, se souvient un ancien ministre. Dans la villa de Hydra [Alger] qui servait de QG, il connaissait très peu de monde et ne figurait même pas dans l´organigramme de l´équipe du candidat Bouteflika. »

Vingt ans après avoir été évincé, Abdelaziz Bouteflika est élu président, le 15 avril 1999. Au palais d´El-Mouradia, le nouveau chef de l´État s´entoure de sa famille : Saïd devient son conseiller spécial, et Zhor, sa soeur, naguère sage-femme, prend soin de lui et mitonne les petits plats dont il raffole. Mustapha, spécialiste en ORL, devient son médecin personnel (il décédera en juillet 2010). Tous sont nommés par décrets non publiables. Les deux autres frères restent à l´écart. Abdelghani est avocat à Paris et Nacer garde son poste de secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle.

Au siège de la présidence, Saïd s´occupe officiellement du service informatique. S´il accompagne le chef de l´État dans tous ses déplacements, son pouvoir est limité. « Durant ce premier mandat, on comptait plus de vingt conseillers au palais, explique l´un d´eux. Saïd se mêlait rarement des affaires du protocole ou de la sécurité. De plus, la présidence était tenue par des hommes chevronnés tels qu´Ali Benflis [directeur de cabinet puis chef du gouvernement entre août 2000 et mai 2003] ou Larbi Belkheir [directeur du cabinet présidentiel après Benflis]. »

Mais une année avant la fin du premier quinquennat, le pouvoir du benjamin de la famille croît subitement. Il devient « les yeux et les oreilles du chef de l´État, juge un ex-conseiller à la présidence. Il est le seul à entrer dans son bureau sans être annoncé. Il jouit de la confiance absolue du président, réputé méfiant et soupçonneux ».

Saïd tisse des liens étroits avec certains ministres qu´il côtoie le soir dans les restaurants ou les villas privées, cajole les associations et les organisations civiles de masse qui bénéficient des subventions de Sonatrach ou du ministère de l´Action sociale et de la Solidarité nationale. Il sait aussi se faire menaçant, et pousse hommes d´affaires et industriels à financer la campagne du président sortant. Toujours en coulisses, il participe au limogeage d´Ali Benflis en mai 2003 et prend part à la campagne qui aboutira quelques mois plus tard à sa destitution du poste de secrétaire général du FLN. Il est vrai que ni Bouteflika ni son clan ne pardonnent à l´ancien Premier ministre de s´être porté candidat. « Si Benflis reste au gouvernement, il installera ses relais partout et nous mangera tout crus », susurre un jour Saïd au président.

Saïd Bouteflika manoeuvre pour évincer ses détracteurs

Si la réélection de Bouteflika en 2004 renforce l´ascendant de Saïd, il lui reste néanmoins à évincer Larbi Belkheir (aujourd´hui décédé), alias le Cardinal, l´homme fort du cabinet présidentiel – celui à qui, entre autres, Bouteflika doit son retour aux affaires. De notoriété publique, Saïd et Larbi ne s´entendent pas. Alors, comment faire ? Réponse : mettre en minorité le Cardinal. « Belkheir avait un impressionnant carnet d´adresses, du tact, l´expérience des arcanes du pouvoir et une vraie influence sur l´armée, explique un diplomate. Bref, tout ce qui manquait ou presque à Saïd. Belkheir lui faisait de l´ombre, il fallait donc le pousser vers la sortie. »

Un ex-cadre d´El-Mouradia renchérit : « Le frère a manoeuvré habilement pour monter le président contre Belkheir, si bien que les deux hommes ont fini par ne plus communiquer. L´atmosphère était viciée par les rumeurs, les intrigues et les complots… » Le président finit par se séparer de son directeur de cabinet en août 2005 et le nomme ambassadeur au Maroc. Moulay Mohamed Guendil prend sa place, mais la plupart de ses prérogatives sont transférées à Mohamed Rougab, le secrétaire particulier du président, et à Mokhtar Reguieg, son directeur général du protocole. Deux hommes totalement dévoués au président, donc à son frère…

Un autre événement majeur, en novembre 2005, conforte encore un peu plus l´influence de Saïd. Victime d´un « ulcère hémorragique », Abdelaziz Bouteflika est hospitalisé en France. Le président frôle la mort. Lorsqu´il reprend ses activités, il est contraint de lever le pied. Son rythme de travail se ralentit, ses voyages se raréfient, les Conseils des ministres s´espacent. Comme un retournement du destin, c´est désormais son frère qui veille sur lui. « La maladie du président a ouvert un boulevard à Saïd, analyse un habitué du sérail. Il tient l´agenda du chef de l´État, intervient dans les nominations de ministres, de diplomates, de walis [préfets], de patrons d´organismes publics, et influe sur la vie interne du FLN. Devenu incontournable pour accéder au président, le conseiller spécial prend de facto la direction des affaires à El-Mouradia. »

Tant qu’Abdelaziz est président, Saïd peut rester aux affaires

Une prise de contrôle qui permet à Saïd de préparer le terrain au chef de l´État pour un troisième mandat… Car il le sait, son propre maintien aux affaires dépend de l´avenir de son aîné. Les proches ne se montrent pas unanimement favorables à la réélection d´Abdelaziz ? Saïd se charge de les convaincre et incite ce dernier à modifier, en 2008, la Constitution de 1996, qui limitait le nombre de mandats du président. Mieux qu´en 2004, Saïd met au pas hommes d´affaires et organisations patronales, qui contribuent à hauteur de 40 % au financement de la campagne électorale. « Certains ont versé des milliards de dinars pour le candidat-président, confie un entrepreneur. Ceux qui rechignaient à mettre la main à la poche redoutaient d´être privés de marchés. » Mission accomplie : avec la victoire d´Abdelaziz, Saïd s´assure cinq années de plus à El-Mouradia.

Reste à savoir s´il veut maintenant peser sur la succession. Et s´il dispose, comme en 2009, de relais suffisants. « La donne a changé, décrypte un connaisseur. Le président ? Affaibli. Les hommes qui ont constitué l´ossature de son pouvoir ? Tous évincés. Le FLN et le RND [Rassemblement national démocratique], qui servaient de majorité ? En crise. Aujourd´hui, Saïd tient sa puissance de son statut de frère et conseiller spécial d´un président encore en exercice. Le jour où Abdelaziz annoncera officiellement qu´il ne briguera pas de quatrième mandat, les cartes seront redistribuées. »

Jeuneafrique.com par Farid Alilat