Posts Tagged ‘Diplomatie’

Ambassade américaine: l’Autorité palestinienne rappelle 4 ambassadeurs en Europe

mai 16, 2018

Ramallah (Territoires palestiniens) – La direction palestinienne basée en Cisjordanie occupée a annoncé mercredi le rappel de ses ambassadeurs dans quatre pays de l’Union européenne, qui avaient envoyé des représentants à une cérémonie israélienne en l’honneur de l’ouverture de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem.

L’Autriche, la Hongrie, la République tchèque et la Roumanie sont concernées, ont indiqué les Affaires étrangères palestiniennes.

Des représentants de ces pays ont pris part à une cérémonie avec la délégation américaine au ministère des Affaires étrangères israélien dimanche, veille de l’inauguration de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, sapant l’unité de l’Union européenne (UE) sur la question de Jérusalem.

L’UE se conforme à un consensus international de plusieurs décennies selon lequel les ambassades doivent être installées ailleurs qu’à Jérusalem tant que le statut de la ville n’aura pas été réglé. Elle soutient la solution dite « à deux Etats », donc la création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël, avec Jérusalem pour capitale des deux Etats.

L’UE a décliné l’invitation israélienne à la réception de dimanche, a dit une porte-parole.

Israël s’est emparé de Jérusalem-Est en 1967 et l’a annexée. Une loi fondamentale de 1980 a entériné Jérusalem comme capitale « éternelle et indivisible » d’Israël. Le Conseil de sécurité de l’ONU a déclaré la loi « nulle et non avenue », et appelé tous les Etats qui avaient leur mission diplomatique à Jérusalem à l’en retirer.

L’ONU continue à considérer Jérusalem-Est comme occupée.

Le ministère des Affaires étrangères palestinien juge la participation des envoyés des quatre pays à la réception israélienne de dimanche comme une « grave violation du droit international et des résolutions des Nations unies », a-t-il dit dans un communiqué.

La décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des États-Unis, jusqu’alors installée à Tel-Aviv, a ulcéré les Palestiniens.

Ces derniers y voient la négation de leurs revendications sur Jérusalem-Est, dont ils veulent faire la capitale de l’État auquel ils aspirent.

La direction palestinienne a suspendu les contacts avec les officiels américains depuis l’annonce par M. Trump, le 6 décembre, de sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Elle a annoncé mardi le rappel de son ambassadeur aux Etats-Unis.

Jusqu’alors, seuls le Guatemala et le Paraguay se sont fermement engagés à suivre l’exemple américain. Cependant, la décision américaine semble avoir mis à l’épreuve l’unité européenne.

La République tchèque a rapporté samedi avoir, avec la Hongrie et la Roumanie, bloqué l’adoption d’une déclaration européenne critique sur le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Romandie.com avec (©AFP / 16 mai 2018 13h33)                                                        

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Muhammadu Buhari, premier dirigeant d’Afrique subsaharienne reçu par Donald Trump

avril 30, 2018

 

Selon la Maison Blanche, les conversations vont se concentrer sur « la lutte contre le terrorisme » et le développement au Nigeria.

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, à Londres, le 18 avril 2018. Crédits : REUTERS

 

 

Le président américain, Donald Trump, a reçu, lundi 30 avril, son homologue nigérian, Muhammadu Buhari, premier dirigeant d’Afrique subsaharienne invité à la Maison Blanche depuis son arrivée au pouvoir. Les deux hommes devaient se retrouver en milieu de journée pour un tête-à-tête dans le bureau Ovale, avant de participer à une conférence de presse commune dans les jardins de la Maison Blanche.

 

L’exécutif américain est resté plutôt discret à l’approche de cette visite durant laquelle aucune annonce de taille n’est attendue. Mais quinze mois après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, elle constitue un signal. « Le fait que le président du pays le plus peuplé d’Afrique visite Washington pourrait bien, en soi, être plus important pour renforcer les relations Etats-Unis-Afrique que telle ou telle discussion politique spécifique », souligne John Campbell, du Council on Foreign Relations.

Un président qui se soucie peu du continent

Les relations entre l’Afrique et Donald Trump ont été durablement marquées par les propos de ce dernier, qui avait évoqué des « pays de merde » à propos de Haïti et des pays africains. Le limogeage brutal, en mars, du secrétaire d’Etat Rex Tillerson alors qu’il se trouvait en visite officielle au Nigeria pour sa première tournée africaine, n’a fait que renforcer l’image d’un président qui se soucie peu de ce continent. Nombre de postes de haut niveau sur l’Afrique sont par ailleurs toujours vacants au sein du département d’Etat.

 

« L’administration voit peut-être cette visite de Buhari comme une occasion de rectifier le tir, même s’il est peu probable qu’elle le formule ainsi », souligne John Campbell, qui fut ambassadeur des Etats-Unis au Nigeria de 2004 à 2007. Muhammadu Buhari est devenu, en 2015, le premier dirigeant nigérian d’opposition à battre un président sortant au cours d’une élection considérée comme libre et légitime.

Selon la Maison Blanche, les conversations vont se concentrer sur « la lutte contre le terrorisme » et le développement économique et démocratique au Nigeria, où une élection présidentielle est prévue en février 2019. Le Nigeria entre dans sa neuvième année de lutte contre le groupe djihadiste Boko Haram, qui a dévasté le nord-est du pays. Le conflit a fait plus de 20 000 morts et des centaines de milliers de déplacés, y compris dans les pays voisins, le Tchad, le Cameroun et le Niger.

  1. Buhari affronte aussi une résurgence d’un conflit agropastoral récurrent entre agriculteurs et éleveurs, sur fond de divisions ethniques et religieuses.

Un pays où la corruption est endémique

La coopération entre les deux pays s’est améliorée au cours de l’année écoulée. Peu après son arrivée au pouvoir, en 2015, M. Buhari avait reproché au président Barack Obama d’avoir refusé de vendre des armes au Nigeria pour lutter contre Boko Haram. Mais l’administration Trump a changé de position en autorisant la vente au Nigeria d’avions Super Tucano d’une valeur de 500 millions de dollars (environ 410 millions d’euros), des appareils de surveillance et de soutien tactique qui doivent être livrés en 2020.

 

Cet accord a récemment été examiné avec attention au Nigeria, un pays où la corruption est endémique. Les élus nigérians ont accusé leur président d’illégalité au sujet des fonds utilisés pour acheter ces avions. M. Buhari, qui cherche à être réélu en 2019, devrait sans doute mettre en avant les réformes agricoles de son administration et souligner son engagement envers la démocratie.

Lemonde.fr avec AFP

Le pape salue « l’issue positive » du sommet intercoréen

avril 29, 2018

Le pape François au Vatican, le 29 avril 2018 / © AFP / Andreas SOLARO

Le pape François a assuré dimanche qu’il accompagnait de sa prière « l’issue positive » du sommet intercoréen de vendredi et « l’engagement courageux » des dirigeants des deux pays en faveur de la paix.

« J’accompagne par la prière l’issue positive du sommet intercoréen de vendredi dernier et l’engagement courageux pris par les leaders des deux parties pour réaliser un parcours de paix sincère en faveur d’une péninsule coréenne libre d’armes nucléaires », a déclaré le pape après la prière du Regina Coeli.

« Je prie le Seigneur pour que l’espoir d’un avenir de paix et d’amitié fraternelle ne soit pas déçu et pour que la collaboration (entre les deux Corées, ndlr) puisse se poursuivre, portant des fruits bénéfiques au peuple coréen bienaimé et au monde entier », a conclu le pape argentin.

Mercredi déjà, deux jours avant la rencontre historique entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in, le pape avait assuré que « le Saint-Siège accompagne, soutient et encourage » cette rencontre et souhaite un « dialogue transparent » et un « parcours concret de réconciliation ».

Romandie.com avec (©AFP / 29 avril 2018 14h42)                

Trump salue la rencontre « historique » entre Kim et Moon

avril 27, 2018

Washington – Donald Trump a salué vendredi la rencontre « historique » entre les dirigeants sud et nord-coréens, remerciant chaleureusement le président chinois Xi Jinping pour son « aide précieuse » sur ce dossier dans une série de tweets.

Le président américain a toutefois émis une note de prudence, en soulignant que seuls les actes à venir permettraient de juger de la nature des changements en cours.

« Après une année folle de lancements de missiles et de tests nucléaires, une rencontre historique entre la Corée du Nord et la Corée du Sud a lieu. Des choses positives se passent mais seul le temps permettra de juger! », a tweeté Donald Trump.

M. Trump a par ailleurs estimé que les Américains devraient être « fiers » de l’évolution de la situation sur la péninsule, avec l’engagement pris vendredi entre les deux Corées de chercher cette année à mettre fin de manière permanente à la guerre.

« LA GUERRE EN COREE VA SE TERMINER! Les Etats-Unis et tous leurs citoyens devraient être vraiment fiers de ce qui se passe en ce moment en Corée! », a-t-il écrit.

Un sénateur américain, le républicain Lindsey Graham, a d’ailleurs estimé vendredi que Donald Trump mériterait le prix Nobel de la Paix si ces avancées diplomatiques débouchent sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

« Cela ne serait pas arrivé sans Trump », a-t-il affirmé sur Fox News. « Que s’est-il passé ? Donald Trump a convaincu la Corée du Nord et la Chine qu’il voulait sérieusement contribuer au changement », a ajouté le sénateur. « Nous n’en sommes pas encore là mais si cela arrive, le président Trump mérite le prix Nobel de la Paix ».

Alors que la Chine, seul grand allié de Pyongyang, a pu un temps paraître marginalisée dans le processus de rapprochement entre les Corées et avec l’annonce début mars que Donald Trump acceptait de rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, le président américain a pris soin vendredi de saluer le rôle de Pékin.

« Veuillez ne pas oublier l’aide précieuse que mon bon ami, le président Xi de Chine, a apporté aux Etats-Unis, particulièrement à la frontière avec la Corée du Nord. Sans lui, cela aurait été un processus bien plus long et dur! », a-t-il écrit.

Pyongyang et Séoul sont toujours techniquement en guerre depuis l’armistice du 27 juillet 1953 qui a établi un cessez-le-feu mais sans déboucher sur un traité de paix.

Donald Trump a accepté de rencontrer Kim Jong Un d’ici juin pour un sommet inédit. Son nouveau chef de la diplomatie, Mike Pompeo, a rencontré, lorsqu’il était encore à la tête de la CIA, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un durant le week-end de Pâques au cours d’une mission tenue un temps secrète. Les deux hommes se sont bien entendus, selon Donald Trump.

Avançant que Pyongyang souhaitait que le sommet ait lieu dès que possible, le président américain a mardi salué l’attitude du dirigeant nord-coréen, estimant qu’il avait été « très ouvert » et avait eu un comportement « très honorable ».

Romandie.com avec(©AFP / 27 avril 2018 13h01)                                            

Après Macron, Merkel à Washington pour tenter de convaincre Trump

avril 26, 2018

Photo d’archives du 17 mars 2017 montrant une poignée de mains entre Donald Trump et Angela Merkel à Washington / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Angela Merkel est attendue vendredi à Washington pour une ultime tentative européenne de convaincre Donald Trump de préserver l’UE de sanctions commerciales et de sauvegarder l’accord stratégique sur le nucléaire iranien.

Ce déplacement intervient juste après celui du président français Emmanuel Macron qui, malgré sa complicité affichée avec le dirigeant américain, n’a semble-t-il pas obtenu de concessions sur ces deux grands dossiers.

La chancelière allemande se fait toutefois peu d’illusions, notamment sur les droits de douane accrus sur l’acier et l’aluminium européens.

« On doit partir du principe que les taxes douanières seront là le 1er mai », a indiqué jeudi un responsable gouvernemental allemand sous couvert de l’anonymat, « il nous faudra voir ce que nous allons faire ».

Le président américain a promulgué en mars ses taxes de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium, accusant ses partenaires commerciaux de pratiques déloyales. L’UE a bénéficié d’une exemption in extremis jusqu’au 1er mai en échange d’une demande d’ouverture plus marquée des marchés européens.

– Représailles –

Les Européens ont déjà dit que des mesures de représailles visant des produits emblématiques américains seraient imposées.

En retour, Donald Trump a évoqué d’autres taxes punitives, notamment contre le secteur stratégique de l’automobile de l’Allemagne, dont les excédents commerciaux exaspèrent le locataire de la Maison Blanche.

« La position de la chancelière est que nous préférons négocier, mais pour cela il faudrait une exemption durable de taxes douanières », a expliqué le haut responsable allemand, insistant sur le souhait « d’approfondir les importantes et bonnes relations (économiques) avec les Américains ».

L’autre objectif de Mme Merkel, comme pour le président français, est de convaincre le président américain que, faute d’une solution alternative, l’accord sur le nucléaire iranien reste préservé, faute de quoi Téhéran pourra reprendre sa quête de l’arme atomique.

Or, M. Trump semble se préparer à dénoncer ce texte négocié par son prédécesseur, avant la date-limite du 12 mai.

Emmanuel Macron a bien proposé la négociation d’un accord complémentaire afin de répondre à certaines revendications américaines notamment sur le programme balistique iranien, mais il s’est montré ensuite très pessimiste sur les intentions de son homologue américain.

« L’analyse rationnelle de la totalité de ses déclarations ne m’incite pas à penser qu’il fera tout pour maintenir » l’accord, a-t-il dit.

« Le postulat de départ de la proposition de Macron est le maintien de l’accord sur le nucléaire (…) il ne peut être dissous de manière unilatérale », a insisté le responsable allemand.

Excepté Washington, tous les signataires –Paris, Berlin, Londres, l’UE, Pékin et Moscou — et les inspecteurs internationaux considèrent que Téhéran se tient à ses engagements.

– « Trésor » –

Qu’il s’agisse de l’Iran ou du commerce, « la grande inconnue est de savoir si le président Trump veut résoudre ces questions afin de relancer la coopération avec les alliés Européens ou s’il veut continuer à la miner », relève Karen Donfried présidente du centre d’analyse German Marshall Fund.

« S’il choisit la deuxième option, il fournira encore une preuve que +l’Amerique d’abord+ signifie bien +l’Amérique toute seule+ », poursuit-elle.

Un obstacle supplémentaire pour Mme Merkel est la froideur de ses relations avec le président. Leur tête-à-tête n’est d’ailleurs prévu pour durer que quelques dizaines de minutes vendredi après-midi, loin du faste réservé au président français.

Avant et après son élection, le milliardaire américain s’en est en effet pris à l’Allemagne en général et à la chancelière en particulier. Dépenses militaires insuffisantes, accueil dangereux de réfugiés musulmans, politique commerciale anti-américaine: Berlin, un allié quasi-indéfectible depuis 70 ans, s’est retrouvé souvent sur le banc des accusés.

Visiblement excédée après un sommet du G7 l’année dernière, la très atlantiste Angela Merkel avait qualifié de « quasiment révolue » l’époque où la confiance prévalait entre Européens et Américains.

Sa précédente visite à Washington avait aussi donné lieu à une scène étrange, M. Trump semblant ignorer des appels de photographes à lui serrer la main.

Malgré tout, « la relation transatlantique est un trésor que je veux cultiver et soigner », a promis la semaine dernière Angela Merkel.

Romandie.com avec(©AFP / 26 avril 2018 23h42)                  

La Russie et la Chine au secours de l’accord nucléaire avec l’Iran

avril 24, 2018

Genève – La Russie a exhorté mardi les participants à un forum de l’ONU sur la non-prolifération nucléaire à soutenir le « fragile » accord sur le nucléaire iranien en signant une déclaration co-écrite avec la Chine.

Le chef du département de contrôle des armes et de la non-prolifération au ministère des Affaires étrangères, Vladimir Ermakov, a appelé les pays favorables à l’accord à « ne pas rester silencieux dans l’espoir que la situation allait d’une façon ou d’une autre se tasser ».

Lors d’un discours à Genève devant la réunion préparatoire de la conférence d’examen du traité de non-prolifération prévue en 2020, le responsable russe a décrit l’accord conclu en 2015 entre l’Iran et six grandes puissances comme un « compromis plutôt fragile ».

Le président Donald Trump juge cet accord trop laxiste et a menacé de rétablir les sanctions économiques contre Téhéran si les signataires européens ne le durcissent pas avant le 12 mai.

La Russie et la Chine, qui soutiennent le pacte censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, ont rédigé une déclaration affirmant leur « soutien indéfectible en faveur de l’application totale et efficace » de l’accord.

« Nous pensons qu’il y a une demande pour un tel message collectif (à la réunion) et espérons qu’il rencontrera un large accueil », a dit M. Ermakov.

Dans une allusion voilée au président Trump, il a ajouté que « toute tentative visant à amender le texte au profit d’une personne en particulier aura inévitablement des conséquences très négatives pour la stabilité et la sécurité régionales ».

Dans son discours devant le forum, l’ambassadeur d’Iran à l’Agence internationale de l’énergie atomique, Reza Najafi, a ciblé nommément M. Trump, en rejetant ce qu’il a décrit comme un « ultimatum (de Washington) adressé à certains participants pour des changements unilatéraux d’articles de l’accord ».

« Notre réponse à cette menace est claire et catégorique: Non, l’accord ne sera pas renégocié ni modifié », a martelé M. Najafi.

Lundi à Pékin, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, avait annoncé que la Chine et la Russie allaient s’opposer à tout « sabotage » de l’accord.

Les dirigeants européens s’efforcent eux aussi de sauver le compromis.

Le président français Emmanuel Macron est actuellement en visite à Washington, où il espère convaincre M. Trump de ne pas mettre sa menace à exécution. La chancelière allemande Angela Merkel est attendue vendredi aux Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 24 avril 2018 14h35)                                            

Réunion du G7 sur fond de confrontation avec Moscou, Téhéran et Pyongyang

avril 22, 2018

Les ministres des Affaires étrangères du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) lors d’une réunion de deux jours à Toronto, au Canada le avril 2018 / © AFP / Lars Hagberg

Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont entamé lundi une réunion de deux jours à Toronto, au Canada, pour confirmer leur front uni face à la Russie et sonder les Etats-Unis avant des échéances cruciales sur l’Iran et la Corée du Nord.

Avant le sommet des sept pays les plus industrialisés (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) les 8 et 9 juin au Québec, cette rencontre sera suivie lundi et mardi d’une réunion des ministres de l’Intérieur et de la Sécurité toujours sur le même thème: « Construire un monde plus pacifique et plus sûr ».

Les chefs de la diplomatie du G7 avaient déjà apporté mi-avril leur soutien au Royaume-Uni après l’empoisonnement, sur son sol, d’un ex-agent russe, imputé à la Russie.

A Toronto, la confrontation des Occidentaux avec Moscou, qui atteint des niveaux inégalés depuis la fin de la Guerre froide, est à l’ordre du jour de nombreuses sessions de travail, qu’elles portent sur le conflit en Ukraine ou le « renforcement de la démocratie contre les ingérences étrangères » — une allusion claire au rôle attribué à la Russie de Vladimir Poutine lors des dernières élections aux Etats-Unis ou ailleurs en Europe.

« Nous ne devrions jamais nous montrer faibles face au président Poutine », a estimé le chef de l’Etat français Emmanuel Macron depuis Paris, avant de s’envoler pour Washington à la rencontre de son homologue américain Donald Trump. « C’est un homme très fort », « quand vous êtes faibles, il s’en sert » pour « fragiliser nos démocraties », a-t-il ajouté dans un entretien diffusé dimanche sur la chaîne américaine Fox News, tout en assurant « respecter » le maître du Kremlin.

Un peu plus d’une semaine après les frappes menées par Washington, Paris et Londres contre le régime syrien en réponse à une attaque chimique présumée près de Damas, la Syrie est aussi au coeur des débats avec toujours, en toile de fond, la relation avec les Russes.

Les Occidentaux tentent de conjuguer mises en garde contre le Kremlin pour son soutien à Bachar al-Assad et tentatives de relance d’un processus diplomatique après sept années de conflit, qui passent forcément par un dialogue avec Moscou. Mais la stratégie des Etats-Unis inquiète aussi leurs alliés depuis que Donald Trump a annoncé son intention de retirer les troupes américaines dès que possible.

– Point d’étape sur l’Iran –

Deux autres grands dossiers diplomatiques devraient faire l’objet de discussions intenses.

D’abord la Corée du Nord, à l’approche d’un sommet historique, d’ici début juin en théorie, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, censés parler, après des mois d’escalade, d’une « dénucléarisation » de la péninsule coréenne.

Ensuite l’Iran, alors que le président américain doit aussi décider, d’ici le 12 mai, s’il « déchire » ou pas l’accord de 2015 conclu par les grandes puissances avec Téhéran pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique.

Une menace à laquelle le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a riposté samedi depuis New York en avertissant que Téhéran reprendra « vigoureusement » l’enrichissement d’uranium en cas de rupture de l’accord et adoptera des « mesures drastiques ».

Donald Trump réclame, pour le préserver, que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, signataires européens de ce texte jugé historique à l’époque mais que lui considère laxiste, proposent des solutions pour le durcir.

Les tractations vont bon train et devaient se poursuivre à Toronto lors d’une réunion dimanche des ministres français Jean-Yves Le Drian, britannique Boris Johnson et allemand Heiko Maas avec le secrétaire d’Etat américain par intérim John Sullivan.

« Nous avons beaucoup progressé mais le compte n’y est pas encore », a prévenu, avant ce point d’étape, un haut responsable américain interrogé par des journalistes.

Le sujet sera aussi sur la table lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron de lundi à mercredi à Washington, où il demandera à Donald Trump de rester dans l’accord iranien tant qu’il n’a pas de « meilleure option pour le nucléaire ». A ce stade, il n’y a « pas de plan B », a-t-il mis en garde sur Fox News.

Romandie.com avec(©AFP / 22 avril 2018 19h20)                

États-Unis: Trump évoque des contacts directs « à très haut niveau » avec Pyongyang

avril 17, 2018

Photo d’archives de la rencontre le 5 novembre 2017 entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre japonais Shinzo Abe près de Tokyo / © AFP/Archives / Jim WATSON

Donald Trump a évoqué mardi la tenue de discussions « à très haut niveau » avec Pyongyang à l’approche de sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, saluant la réelle possibilité de « régler un problème mondial ».

Depuis sa luxueuse propriété de Mar-a-Lago, en Floride, où il a accueilli sous un soleil éclatant le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le président américain a parlé de « cinq lieux » possibles pour ce tête-à-tête historique qui aura lieu début juin « si tout se passe bien ».

Abordant les préparatifs en cours, M. Trump a fait preuve d’un certain optimisme.

« Ils nous respectent. Nous les respectons. L’heure est venue de parler, de résoudre les problèmes », a-t-il lancé. « Il y a une véritable chance de résoudre un problème mondial. Ce n’est pas un problème pour les Etats-Unis, le Japon ou un autre pays, c’est un problème pour le monde », a-t-il martelé.

Interrogé peu après sur la possibilité que la rencontre ait lieu aux Etats-Unis, il a répondu « non », sans autres précisions.

Panmunjom, village situé dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule, fait partie des hypothèses régulièrement évoquées.

M. Trump a par ailleurs affirmé être résolument favorable aux discussions entre les deux Corées sur la nature de leurs liens, à dix jours d’un sommet entre Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in

« Ils ont ma bénédiction pour discuter de la fin de la guerre. Les gens ne réalisent pas que la guerre de Corée n’est pas terminée », a-t-il expliqué.

Le président américain a ainsi semblé confirmer que le sommet du 27 avril pourrait être l’occasion d’évoquer la rédaction d’un traité de paix pour remplacer l’armistice qui a mis fin aux hostilités sur la péninsule à l’issue de la guerre (1950-53).

Le locataire de la Maison Blanche a aussi remercié son homologue chinois Xi Jinping pour son rôle sur ce dossier, saluant en particulier sa « fermeté » sur la question des échanges de marchandise avec Pyongyang.

Insistant sur ses excellentes relations avec Shinzo Abe – « Nous nous parlons tout le temps » – M. Trump a promis à ce dernier d’aborder, lors des négociations avec Pyongyang, la question des ressortissants japonais enlevés par la Corée du Nord dans les années 1970 et 1980.

Cette question, très sensible sur l’archipel, est régulièrement mise en avant comme une priorité par le gouvernement japonais.

– Le « courage » de Trump –

A plusieurs reprises, M. Abe a loué la « détermination inébranlable » et le « courage » de M. Trump sur le dossier nord-coréen, louant une fermeté qui a abouti, selon ses termes, à « un changement majeur » dans l’attitude de Pyongyang.

Avec cette visite, Shinzo Abe, en difficulté dans son pays, tentera d’abord de se repositionner au coeur du jeu nord-coréen.

« Le Japon veut sa place à la table au lieu d’assister en spectateur à une série de rencontres de Kim avec les dirigeants chinois Xi Jinping, sud-coréen Moon Jae-in et américain Donald Trump », souligne Mireya Solis, de la Brookings Institution à Washington.

Les deux dirigeants devaient s’exprimer lors d’une conférence de presse commune mercredi soir, à l’issue de leur deuxième journée de discussions mercredi qui devrait débuter par une partie de golf.

Sur la question du commerce, le tête-à-tête pourrait cependant s’avérer plus délicat.

Après la décision de mettre en place des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, M. Trump a accepté des exemptions pour les principaux alliés des Etats-Unis… à l’exception du Japon.

Pour Abe, qui avait fait dès le début le pari d’une forme de complicité avec ce président atypique qu’il fut le premier à aller saluer dans la Trump Tower après son élection, la pilule est amère.

Il devrait s’employer à souligner la nécessité d’unité, de front commun Japon-Etats-Unis-UE pour contrer les pratiques jugées déloyales de Pékin.

Peu avant la rencontre, la Maison Blanche a par ailleurs jeté un froid sur la possibilité que les Etats-Unis rejoignent le nouvel accord de libre-échange transpacifique alors que M. Trump s’était retiré du traité initial (TPP) à son arrivée au pouvoir.

« Il y a des discussions mais rien de concret, il est beaucoup trop tôt pour se prononcer », a lancé Larry Kudlow, conseiller économique de M. Trump, réaffirmant la conviction de ce dernier que des « accords bilatéraux » étaient préférables à des accords multilatéraux.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2018 01h07)                

Tweets de Trump: le Kremlin « ne participe pas à la twitto-diplomatie »

avril 11, 2018

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, à Moscou le 7 décembre 2017 / © POOL/AFP/Archives / SERGEI KARPUKHIN

Le Kremlin a assuré mercredi « ne pas participer à la twitto-diplomatie » et être favorable à des « approches sérieuses » après une série de tweets de Donald Trump sur la Russie, sommée notamment de se « tenir prête » à des frappes américaines en Syrie.

« Nous ne participons pas à la twitto-diplomatie. Nous sommes partisans d’approches sérieuses », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par les agences russes lui demandant de commenter les derniers messages du président américain.

« Nous estimons toujours qu’il est important de ne pas mener des actions qui pourraient nuire à une situation déjà fragile », a-t-il ajouté.

« Nous sommes convaincus que l’utilisation d’armes chimiques à Douma (ville de la Ghouta orientale en Syrie, NDLR) a été inventée, et ne peut être utilisée comme prétexte pour avoir recours à la force », a-t-il prévenu.

Plus tôt mercredi, M. Peskov avait mis en garde contre tout acte en Syrie pouvant « déstabiliser la situation déjà fragile dans la région », après les menaces de frappes des Occidentaux contre le régime de Damas, accusé d’être responsable d’une attaque chimique.

Donald Trump a averti a Russie, alliée de Bachar al-Assad, que des missiles seraient lancés sur la Syrie après l’attaque chimique présumée imputée au régime syrien.

« La Russie jure d’abattre n’importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et ‘intelligents!’ Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela », a écrit M. Trump dans un tweet.

Mardi, l’ambassadeur russe au Liban Alexandre Zassypkine s’était fait menaçant sur la chaîne Al-Manar, basée au Liban et gérée par le Hezbollah: « En cas de frappe américaine (…) les missiles seront détruits, de même que les équipements d’où ils ont été lancés ».

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2018 23h52)                

ONU: décès du représentant du Polisario sur fond de tension avec le Maroc

avril 4, 2018

Nations unies (Etats-Unis) – Le représentant diplomatique du Front Polisario auprès de l’ONU Ahmed Boukhari est mort mardi à 64 ans, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques, un décès survenu au lendemain de l’envoi d’une lettre au Conseil de sécurité réfutant de récentes accusations marocaines.

Le numéro 2 de la diplomatie sahraouie « est décédé hier matin de maladie », a indiqué à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat, en évoquant les suites d’un cancer.

Dans sa lettre du 2 avril envoyée au président du Conseil de sécurité pour le mois d’avril, l’ambassadeur péruvien Gustavo Meza-Cuadra, Ahmed Boukhari « réfutait catégoriquement les allégations infondées » du Maroc selon lesquelles le Front Polisario a récemment mené des incursions dans une zone tampon du Sahara occidental, où l’ONU est chargée de surveiller le cessez-le-feu.

Le Maroc a alerté dimanche le Conseil de sécurité en affirmant que des combattants du Front Polisario étaient entrés ces derniers jours dans la ville de Mahbes, dans le nord-est du Sahara occidental, en violation d’un accord militaire établissant la zone tampon.

Mais le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a rapporté en début de semaine que la mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso) « n’avait observé aucun mouvement d’éléments militaires dans le territoire nord-est ». « La Minurso continue de surveiller la situation de près », a-t-il ajouté.

Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, présent cette semaine à New York, a brandi la menace d’une réponse ferme face à des « provocations, des manoeuvres (…) du Polisario encouragé par l’Algérie pour modifier le statut de cette zone » tampon, placée depuis le début des années 1990 sous la responsabilité des Nations unies.

Ces menaces interviennent au moment où le Conseil de sécurité débat du nouveau mandat de la Minurso. Les Etats-Unis doivent présenter une proposition de résolution à ce sujet et un vote est attendu autour du 25 avril.

Le Front Polisario, qui a un rang d’observateur auprès de l’ONU, « appelle le Conseil de sécurité à user de son autorité pour pousser le Maroc à s’engager sérieusement et de manière constructive dans un processus politique », selon la lettre d’Ahmed Boukhari obtenue par l’AFP.

Il réaffirme son souhait de « négociations directes sans préconditions » afin de « parvenir « à une solution juste et pacifique permettant l’auto-détermination de la population du Sahara occidental », précise la missive.

Vaste étendue désertique de 266.000 km2, le Sahara occidental est le seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n’a pas été réglé. Le Maroc en contrôle 80%, le Front Polisario 20%.

Soutenu par l’Algérie, le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination pouvant conduire à l’indépendance mais le Maroc rejette toute autre solution que l’autonomie sous sa souveraineté.

Romandie.com avec(©AFP / 04 avril 2018 20h30)