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Israël-UA : désunion à l’Union africaine

janvier 17, 2022
Le président congolais Félix Tshisekedi avec le Premier ministre Naftali Bennett à Jérusalem, le 28 octobre 2021. © Twitter Naftali Bennett

Face au refus d’une partie des pays membres de l’UA, le retour d’Israël au sein de l’organisation panafricaine, en tant qu’observateur, n’a toujours pas été confirmé. Un révélateur de divisions plus sérieuses ?

En février 2022, Israël s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de ses longues relations avec le continent, en obtenant le statut d’observateur auprès de l’Union africaine (UA). D’abord accordée en juillet dernier, cette accréditation a été dénoncée dès septembre par plus d’une vingtaine de pays membres, contrariés d’avoir été mis, selon eux, devant le fait accompli par Moussa Faki Mahamat.

Le président tchadien de la Commission de l’UA n’a pas eu d’autre choix que de revoir sa position. La question sera posée à l’ensemble des 55 États membres lors du prochain sommet des chefs d’État, prévu à Addis-Abeba en février 2022.

Une formalité ?

« Une formalité » pour plusieurs observateurs israéliens, plutôt confiants au moment d’inventorier les soutiens de leur pays au sein de l’organisation panafricaine. Officiellement, Israël n’a en effet pas compté autant d’amis africains depuis de longues décennies. « Il faut remonter aux années 1950, quand Israël disposait de plus d’une trentaine d’ambassades à travers le continent », précise le chercheur Emmanuel Navon. Le pays siégeait alors à l’Organisation de l’unité africaine (OUA) avec, déjà, ce statut d’observateur qu’il cherche aujourd’hui à récupérer. Il en a été dépossédé en 2002 au moment où le continent choisissait la voie de l’Union africaine.

Depuis la guerre israélo-arabe de 1973, le continent faisait preuve d’une belle unité sur la question israélienne. Au lendemain du conflit, l’ensemble des pays africains avaient officiellement rompu leurs relations diplomatiques avec Tel-Aviv, incités par une OUA largement sous influence des pays arabes du continent.

Vingt ans après le départ obligé d’Israël, les plus ardents adversaires de son retour sont toujours les mêmes. Ils sont juste moins nombreux que par le passé, leur nombre ayant diminué à mesure que Tel-Aviv normalisait ses relations avec le continent au lendemain des accords d’Oslo de 1993.

La cause palestinienne

Si la Libye en déliquescence n’exerce évidemment plus la même influence à l’UA qu’au temps de Mouammar Kadhafi, l’Algérie s’est rapidement élevée contre « l’évidence » de la décision prise par la commission, et elle a vite réuni autour d’elle la grande majorité des pays musulmans du continent, de la Mauritanie à Djibouti.

Seuls manquent à l’appel le Maroc et le Soudan, en phase de rapprochement avec Israël, ainsi que le Tchad, qui a rétabli ses relations diplomatiques avec ce dernier en 2018, après la visite historique sur place du président Idriss Déby Itno.

Les autres farouches adversaires d’un retour israélien à l’UA sont à chercher à l’extrême sud du continent, au Zimbabwe, en Namibie ou au Botswana. Ces pays ont  emboité le pas à l’Afrique du Sud devenue, depuis 1994 et l’arrivée de l’ANC au pouvoir, la grande défenseur de la cause palestinienne sur le continent. « La situation en Palestine n’ayant pas changé, il n’y pas de raison que le statut d’Israël change », avance cette fois encore le camp du refus, comme il l’avait déjà fait, avec succès, lors des demandes précédentes de 2013 et 2016.

Une lourde bataille procédurale a donc démarré à Addis-Abeba, prévue pour se conclure par un vote à majorité simple qui, s’il devait être secret, pourrait réserver des surprises. Dans le cas contraire, Israël mettrait fin à très exactement vingt ans d’absence, pour reprendre sa place parmi les 90 partenaires extérieurs aujourd’hui accrédités auprès de l’UA.

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin

Mali : la Chine et la Russie bloquent les sanctions au Conseil de sécurité

janvier 12, 2022
Des partisans d’une intervention russe au Mali, lors d’une manifestation en faveur des putschistes à Bamako, en septembre 2020. © /AP/SIPA

Pékin et Moscou ont fait front, mardi 11 janvier, pour empêcher l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution, présentée par la France, soutenant les sanctions imposées par la Cedeao au Mali.

La passe d’armes était attendue. Elle s’est déroulée comme prévue. Deux jours après les sanctions imposées à Bamako par la Cedeao, le 9 janvier, la situation politique au Mali a été inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais impossible de trouver un consensus. Le texte présenté par la France, qui souhaitait que le Conseil soutienne les décisions prises par les chefs d’État ouest-africains lors du sommet extraordinaire d’Accra, a été retoqué. La Russie et la Chine ayant marqué leur opposition à ce que Vassily Nebenzia, le représentant de Moscou, a qualifié « d’ingérences étrangères excessives […] qui ne font que compliquer la situation ».

« Ce qui se passe au Mali est une véritable fuite en avant de la junte qui, au mépris de ses engagements, souhaite confisquer le pouvoir pendant des années et priver le peuple malien de ses choix démocratiques », avait déclaré quelques heures plus tôt Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères. « Une transition en cinq ans n’est pas dans l’intérêt du peuple malien », a déclaré en écho Linda Thomas-Greenfield, la représentante des États-Unis à l’ONU, lors des débats de ce mardi à New York, avant de s’inquiéter de la présence au Mali « d’individus liés au groupe Wagner ». Une « menace pour le peuple malien et la Minusma [mission de l’ONU au Mali] juge l’Américaine.

Les représentants du « A3 », les trois pays africains membres non permanents du Conseil (le Ghana, le Gabon et le Kenya), ont eux aussi plaidé en faveur d’un appui aux sanctions prononcées par la Cedeao. Le Conseil doit « appuyer la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la région et le Mali ainsi que le gel des avoirs de l’État malien dans les banques régionales de la Cedeao », a notamment déclaré Michel Xavier Biang, le représentant du Gabon, réclamant par ailleurs un soutien logistique, matériel et financier en faveur de la force militaire conjointe du G5 Sahel.

Pékin et Moscou sur la même ligne

En face, le représentant de la Russie a estimé que le retour à l’ordre constitutionnel devait « tenir compte des réalités sur le terrain » et insisté sur la nécessité de sécuriser le pays avant d’envisager d’éventuelles élections. « La Fédération de Russie soutient le principe “à problèmes africains, solutions africaines” », a déclaré le diplomate, affirmant par ailleurs – sans jamais prononcer le nom de la société Wagner – que « les Maliens ont le droit d’interagir avec d’autres partenaires qui sont prêts à coopérer avec eux dans le domaine du renforcement de la sécurité ».

Dai Bing, le représentant permanent adjoint de Pékin, lui a emboîté le pas, appelant «  les forces qui sont hors de la région à se garder d’exercer des pressions sur le Mali ».

« Ceux qui entretiennent cette campagne de fausses informations savent pertinemment que le Mali n’a pris aucun engagement auprès de Wagner et qu’il n’y a aucun mercenaire présent sur le sol malien », a pour sa part martelé Issa Konfourou, l’ambassadeur du Mali auprès des Nations unies, dénonçant une « campagne de désinformation ».

Paris devrait maintenant se tourner vers l’Union européenne (UE) pour tenter de faire pression sur le Mali. Emmanuel Macron a en effet assuré que la France et l’UE, dont son pays assure la présidence tournante, soutenaient la « position très claire et ferme » de la Cedeao face aux « dérives de la junte ».

Alger appelle à une transition « raisonnable »

Dans le bras de fer diplomatique qui s’est intensifié depuis l’annonce des sanctions « dures » prises à l’encontre de Bamako, Assimi Goïta a trouvé un allié auprès du colonel Mamadou Doumbouya, le président de transition en Guinée. Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) a en effet annoncé lundi que les frontières terrestres, aériennes et maritimes de son pays avec le Mali resteront ouvertes.

En revanche, Alger a joint sa voix aux tenants d’une réduction drastique de la durée de transition. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a enjoint les militaires maliens au pouvoir à adopter « une attitude responsable et constructive » et a jugé, selon des propos rapportés par les services de la présidence, « raisonnable et justifiable une période de transition d’une durée ferme de douze à seize mois ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Diplomatie : Emmanuel Macron sera le 20 décembre à Bamako

décembre 15, 2021

Le président français sera au Mali pour rencontrer son homologue Assimi Goïta et partager officiellement un dîner de Noël avec les soldats français. Un voyage surprise et inédit dans les relations entre la France et l’Afrique.

Depuis des mois, le patron de la junte militaire malienne, Assimi Goïta, ne prend plus Emmanuel Macron au téléphone, après que ce dernier eut dénoncé « le deuxième coup d’Etat » au Mali. A l’occasion de son déplacement à Bamako, le chef de l’Etat français va annoncer un retrait partiel de la force Barkhane sans consulter ses partenaires africains.  Son voyage interroge quant à la cohérence diplomatique de la France, après avoir réduit son effectif militaire au Mali. Les deux hautes personnalités devraient s’entretenir sur la nécessité de la transition et l’organisation des élections ; et l’opposition de Paris à la présence militaire russe au Mali. Cette visite est à risque, compte tenu de l’hostilité manifestée ces derniers mois par la population malienne face aux soldats français.

Les effectifs militaires français ont décru depuis l’annonce d’Emmanuel Macron de se désengager progressivement du Mali. « Nous étions environ 5 000 militaires au Sahel à l’été 2021, nous serons environ 3 000 à l’été 2022 », a indiqué le général Laurent Michon, commandant de l’opération Barkhane. De nouvelles réductions auront lieu d’ici à 2023.

Après le départ des soldats Barkhane installés au Mali depuis 2013, l’armée de ce pays a annoncé avoir repris la ville de Tombouctou. Les Forces maliennes vont assurer la sécurité. « On a formé les forces armées maliennes à la protection de l’emprise et au guidage aérien avant qu’ils nous relèvent », a déclaré le capitaine Florian, commandant de l’unité chargée du désengagement de Tombouctou. Alors que les Maliens goûtent peu à peu le retour de leur emprise sur leur pays, les Français eux parlent d’un désengagement planifié.

Pour autant, la France n’a pas quitté définitivement le Mali. Ses soldats sont déployés dans la région des « Trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso) », un zone d’influence djihadiste au Sahel.  Concernant les élections au Mali – prévues en février 2022 -, le président sénégalais, Macky Sall, n’est pas opposé à leur report, à condition que « les autorités donnent des arguments qui tiennent », a-t-il déclaré, laissant  entrevoir une possible prolongation de la transition. Il ajoute cependant : « Nous ne pouvons pas accepter que les militaires prennent le pouvoir par les armes, cela n’est pas acceptable. Nous sommes en démocratie et le pouvoir se conquiert par des élections. Les pays peuvent avoir des crises mais les coups d’Etat ne sont pas des solutions ».

Dans une communication officielle adressée à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, les autorités maliennes font savoir qu’elles transmettront le chronogramme des élections au plus tard le 31 janvier 2022. Mais on craint que l’échéance du 27 février 2022 pour la tenue des élections ne soit pas respectée.

Avec Adiac-Congo par Noël Ndong

Paris rappelle ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie

septembre 18, 2021

PARIS — La France, plus ancien allié des États-Unis, a rappelé vendredi son ambassadeur aux États-Unis dans une manifestation de colère sans précédent qui a éclipsé des décennies de divisions précédentes.

© Fournis par La Presse Canadienne

La relation est apparue à un tournant après que les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni ont ignoré la France en créant un nouvel accord de sécurité dans l’Indo-Pacifique.

La France n’avait jamais rappelé auparavant son ambassadeur aux États-Unis, selon le ministère français des Affaires étrangères. Paris a également rappelé son envoyé en Australie.

La France est en colère depuis l’annonce mercredi de ce partenariat sécuritaire, baptisé Aukus, et l’annulation par l’Australie du contrat prévoyant la fourniture d’une douzaine de sous-marins conventionnels pour plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que la décision française, à la demande du président Emmanuel Macron, est justifiée par la «gravité exceptionnelle» des annonces faites par l’Australie et les États-Unis.

Il a soutenu que la décision de l’Australie d’abandonner un gros achat de sous-marins conventionnels français en faveur de sous-marins nucléaires construits avec la technologie américaine était «un comportement inacceptable entre alliés et partenaires».

L’ambassadeur Philippe Étienne a écrit sur Twitter que les annonces «affectent directement la vision que nous avons de nos alliances, de nos partenariats et de l’importance de l’Indo-Pacifique pour l’Europe».

L’administration Biden a été en contact avec des responsables français au sujet de la décision de rappeler M. Étienne à Paris, selon un responsable de la Maison-Blanche. Le responsable, qui a requis l’anonymat pour discuter de la question diplomatique sensible, a ajouté que l’administration regrettait que la France ait pris cette décision et cherchait à s’engager avec la France dans les prochains jours pour résoudre les différends suscités par le pacte de sécurité entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie.

La décision représente un revirement choquant pour la France sous le centriste Macron, qui – après une relation de plus en plus amère avec l’ancien président Donald Trump – a chaleureusement serré la main de M. Biden lors d’un sommet du G7 en juin et a confirmé que «l’Amérique est de retour».

Ce rappel est sa décision de politique étrangère la plus audacieuse à ce jour au cours d’une présidence de quatre ans au cours de laquelle il a cherché à renforcer l’empreinte diplomatique et le rôle de la France dans l’élaboration des politiques européennes, et à rallier les voisins de la France autour de sa vision d’une Europe moins dépendante du parapluie de l’armée américaine.

Avec Sylvie Corbet, The Associated Press

RDC-Turquie (Diplomatie): Félix-Antoine Tshisekedi en visite d’Etat à Ankara

septembre 7, 2021

Le président de la République démocratique du Congo (RDC) et président en exercice de l’Union africaine, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est arrivé le 6 septembre dans la capitale de la Turquie, dans le cadre d’une visite officielle de trois jours.

Arrivée de Félix Tshisekedi à Ankara, en Turquie

Le président de la République a été accueilli à sa descente d’avion par  le ministre turc des Transports, Karaoswanjelus; le gouverneur d’Ankara, Vastp Sahin; et le général de brigade, Hakan Buyekcula. Du côté congolais, l’on a noté la présence du ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula; du Tourisme, Modero Nsimba; sans oublier le conseiller principal et diplomatique, Christian Bushiri. Il y a eu également la présence du doyen des ambassadeurs africains en poste à Ankara, le Djiboutien Aden Addillahi, et trois de ses collègues de la Mauritanie, du Gabon et du Sud-Soudan.

Le chef de l’État congolais est accompagné par son épouse, Denise Nyakeru Tshisekedi. Juste après son arrivée, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est allé déposer une gerbe de fleurs au mausolée Ataturk de la ville d’Ankara. Cet immense bâtiment au style pyramidal qui attire des milliers des visiteurs chaque jour a reçu un visiteur pas comme les autres. C’est, en effet, la première fois dans l’histoire récente de la RDC qu’un président en fonction se déplace pour Ankara, et surtout visite le mausolée construit en hommage à Ataturk, le père de la Turquie moderne.

Dans le livre d’or, le chef de l’Etat congolais, dans ses écrits, a loué les qualités de Grazi Musthapha Kemal Ataturk, fondateur de la Turquie moderne, dont la vision, appuyée par le peuple turc et les peuples amis, aura placé le pays sur la voie du progrès socio- économique tout en lui conférant une grandeur reconnue à travers le monde. « Mon souhait est que cette première visite d’un président de la République démocratique du Congo constitue la base d’une solide amitié et d’une coopération fructueuse, mutuellement bénéfique pour nos deux pays », a écrit Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Côte d’Ivoire : décès de Charles Gomis, grande figure de la diplomatie ivoirienne

juillet 17, 2021
Charles Gomis, le 10 mai 2014, lors de la visite du ministre français des Armées, Jean-Yves Le Drian, à Abidjan.

Le diplomate Charles Gomis, qui fut un proche du président Félix Houphouët-Boigny, est décédé ce 16 juillet à Paris à l’âge de 81 ans. La Côte d’Ivoire perd l’un de ses ambassadeurs les plus emblématiques.

Pour beaucoup, c’était un pilier. Une mémoire autant qu’un guide. Charles Gomis, charismatique figure de la diplomatie ivoirienne, est décédé ce vendredi 16 juillet à Paris, où il séjournait. Il avait fêté son 80e anniversaire le 5 février dernier. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par des sources proches de la famille.

Embauché en tant que stagiaire par un certain Henri Konan Bédié, alors ambassadeur de Côte d’Ivoire à Washington, Charles Gomis est devenu le directeur de cabinet de ce dernier lorsqu’il a été nommé  ministre de l’Économie et des Finances, en 1967. Le natif de Grand-Bassam, qui n’avait alors que 27 ans, restera à ce poste jusqu’en 1973.

Ce diplômé de l’Université de Californie, siègera ensuite au conseil d’administration de plusieurs entreprises publiques. Il siègera également à cette époque au conseil de surveillance de la Bourse des valeurs d’Abidjan, où il sera l’un des artisans de l’ouverture de l’économie ivoirienne à la capitalisation boursière, voulue par Houphouët-Boigny.

Washington, Brasilia, Paris…

Sa carrière de diplomate, sous Félix Houphouët-Boigny, l’a mené de Washington à Brasilia en passant par Bogota. Nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement formé par Seydou Diarra après le coup d’État de Robert Gueï contre Bédié, en mars 2000, Charles Gomis quittera son poste en octobre, et rejoindra par la suite le groupe Sifca (Société immobilière et financière de la côte africaine).

Il n’en abandonnera pas pour autant son bâton de diplomate. En 2002, il rejoint la Mission des Nations unies au Congo (Monuc), dont il dirigera le bureau en Ituri, dans l’est de la RDC, en 2006 et 2007. De 2013 à 2020, il fut ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France, au Portugal et à Monaco. Poste qu’il occupa jusqu’en 2020. Cette année-là, le président Alassane Ouattara le nomme sénateur. Charles Gomis était depuis le deuxième vice-président de la chambre haute du Parlement ivoirien.

Polyglotte, le mot toujours choisi avec soin, réputé pour son élégance, Charles Gomis était une figure particulièrement respectée en Côte d’Ivoire, notamment au sein de la classe politique. Sur ses quatre filles, Sylvie, Henriette, Evelyne et Camille-Alexandra – , deux sont mariées à des figures de la scène politique ivoirienne : Henriette est mariée à Jean-Louis Billon ; Sylvie à Thierry Tanoh. Evelyne est pour sa part mariée au financier camerounais  Cyrille Nkontchou.

Militant de longue date au Parti démocratique de Côte d’Ivoire d’Henri Konan Bédié, Charles Gomis avait, récemment, rejoint les rangs du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, de Ouattara).

Par Jeune Afrique

Distinction : l’ambassadeur du Sénégal élevé commandeur dans l’ordre du Mérite congolais

mai 27, 2021

Au nom du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, le ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso, a décoré le 27 mai à Brazzaville, l’ambassadeur du Sénégal au Congo, Batoura Kane Niang, dans l’ordre du Mérite congolais au rang de commandeur.

Batoura Kane Niang recevant la médaille honorifique/Adiac

Le décret portant nomination à titre exceptionnel dans l’ordre du Mérite congolais de Batoura Kane Niang a été lu par le grand chancelier des ordres nationaux, Norbert Okiokoutina, en présence du ministre de la Coopération internationale et de la Promotion du partenariat public-privé, Denis Christel Sassou N’Guesso, des hautes personnalités du Congo, ainsi que des membres du corps diplomatique.

Très émue, l’heureuse récipiendaire a remercié le chef de l’Etat congolais pour l’honneur qu’il lui a fait, ainsi que le personnel du ministère des Affaires étrangères pour la « franche et loyale » collaboration.

La diplomate sénégalaise qui vient de passer près de dix ans au Congo a également exprimé sa gratitude pour l’accueil chaleureux dont elle a bénéficié au Congo. Elle a aussi remercié les médias congolais. 

Signalons qu’avant d’être décorée, l’ambassadeur du Sénégal a été reçue, en fin de matinée, par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso.

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

La présidente taïwanaise reçoit les émissaires de Biden

avril 15, 2021

LA PRÉSIDENTE TAÏWANAISE REÇOIT LES ÉMISSAIRES DE BIDEN

© Reuters/Ann Wang

TAIPEI (Reuters) – Taïwan collaborera avec les Etats-Unis pour déjouer les menaces que représentent les activités militaires chinoises, a déclaré jeudi la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, à des émissaires américains en visite dans l’île à la demande de Joe Biden.

L’ex-sénateur Chris Dodd et les anciens secrétaires d’État adjoints Richard Armitage et James Steinberg, ont été envoyés à Taïwan par le président américain pour marquer l’engagement de Washington en faveur de Taïwan et sa démocratie.

Tsai Ing-wen a déclaré à la délégation américaine, lors d’une réunion à la présidence, que les activités militaires chinoises dans la région menaçaient la paix et la stabilité régionales.

« Nous sommes tout à fait disposés à travailler avec les pays de même sensibilité, y compris les États-Unis, pour sauvegarder la paix et la stabilité dans la zone Indo-pacifique et écarter les manoeuvres aventureuses et les provocations », a-t-elle ajouté. Elle a aussi promis de continuer à coopérer avec les États-Unis pour combattre la désinformation.

Chris Dodd a assuré que l’administration Biden serait « un ami fiable et digne de confiance » de Taïwan, ajoutant que le partenariat des États-Unis avec Taïwan était « plus fort que jamais ».

Tsai Ing-wen a également déclaré à la délégation que Taïwan espérait reprendre les négociations commerciales avec les États-Unis dès que possible. Taipeh cherche depuis longtemps à conclure un accord de libre-échange avec Washington.

Taïwan, que Pékin considère comme une province sécessionniste, est la question territoriale la plus sensible de la Chine et une source de discorde majeure avec Washington, qui est tenu par la loi américaine de fournir à l’île les moyens de se défendre.

La Chine a averti que la rencontre des responsables américains avec Tsai Ing-wen « ne ferait qu’exacerber la situation tendue dans le détroit de Taïwan ».

Avec Reuters par (Yimou Lee; version française Camille Raynaud, édité par Jean-Stéphane Brosse)

Diplomatie: la République de Saint-Marin a désormais une représentation au Congo

avril 5, 2021

L’installation de Marcello Della Corte, consul honoraire de la République de Saint-Marin en République du Congo, a été faite le 1er avril par Alexandre Honoré Paka, préfet du département de Pointe-Noire, en présence de Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique.

Le préfet de Pointe-Noire remettant le drapeau de Saint-Marin à Marcello Della Corte Crédit photo »Adiac »

Depuis près de cinq ans, le Congo et la République de Saint-Marin se sont engagés à travailler ensemble dans divers domaines. Une collaboration ponctuée par les accords diplomatiques signés le 28 septembre 2018 au Palais des Nations unies à New York scellant la coopération Congo et Saint-Marin.

L’intronisation du consul honoraire de la République de Saint-Marin en République du Congo de Marcello Della Corte traduit la cordialité des relations entre les deux pays renforcée par cette représentation diplomatique qui a pour siège Pointe-Noire. Une collaboration qui sera étroite avec toutes les institutions de la République a rassuré le préfet de Pointe-Noire en remettant les attributs de pouvoir au nouveau Consul.

Saint-Marin est l’un des plus petits Etats du monde mais aussi une ancienne République créée en l’an 300 après Jésus Christ, a dit le consul honoraire avant de réaffirmer son engagement à œuvrer auprès du Congo dans la recherche scientifique appliquée à la protection de l’environnement et à l’agriculture biologique dont l’expertise en la matière ne se dément plus. «  En collaboration avec le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, cette coopération s’est traduite par l’implantation dans le district de Tchiamba Nzassi du premier centre  biologique pour le traitement des déchets pétroliers, le premier de la sous-région certifié Iso 9001. La recherche scientifique et l’innovation technologique sont à la base des intérêts réciproques de nos deux Etats. La mise en place de ces relations diplomatiques ne fait que renforcer les échanges », a-t-il ajouté.

Avec Adiac-Congo par Hervé Brice Mampouya

Conflit dans le Tigré, en Éthiopie : Yoweri Museveni et Olusegun Obasanjo s’impliquent

novembre 16, 2020
Des Éthiopiens ayant fui les combats dans le Tigré pour se réfugier au Soudan, le 15 novembre 2020.

Le conflit entre le pouvoir central et la région dissidente du Tigré, qui s’étend désormais à l’Érythrée, est au centre d’un intense balai diplomatique. Tandis que le président ougandais Yoweri Museveni affirme s’impliquer directement, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est annoncé à Addis-Abeba pour une mission de médiation.

Olusegun Obasanjo « est en route pour Addis-Abeba pour des pourparlers », a assuré ce lundi Kehinde Akiyemi, porte-parole de l’ex-président nigérian, précisant qu’il allait mener une mission de « médiation ». Le gouvernement éthiopien et l’Union africaine (UA) ont cependant indiqué ne pas avoir d’informations concernant cette mission.

Cette annonce intervient alors que Yoweri Museveni, le président ougandais, a reçu le vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, également ministre des Affaires étrangères. « Il faut qu’il y ait des négociations et que le conflit s’arrête », a déclaré Museveni à l’issue de cet entretien qui s’est tenu à Gulu, dans le nord de l’Ouganda. « Je suis totalement en désaccord avec la politique axée sur le fédéralisme ethnique, a encore précisé le chef de l’État ougandais. Nous devons mettre l’accent sur la question de l’unité et des intérêts communs, car c’est le seul moyen de prospérer. »

Le président ougandais Yoweri Museveni et vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, le 16 novembre 2020 à Gulu (Nord de l'Ouganda).

Selon deux responsables gouvernementaux cités par l’AFP, Yoweri Museveni devait également recevoir ce lundi une délégation du Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région dissidente. Mais aucun détail n’a filtré sur cette rencontre.

Escalade

Le conflit qui fait rage dans la région du Tigré, où le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l’armée fédérale le 4 novembre, après des mois de tensions croissantes avec les autorités régionales du TPLF, a franchi un seuil supplémentaire ces derniers jours. Le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l’Érythrée frontalière, qu’il accuse de prêter main-forte à l’armée fédérale éthiopienne dans son offensive.

Dimanche, Abiy Ahmed a assuré que les opérations militaires « progressaient bien » et que « l’Éthiopie était plus que capable d'[en] atteindre les objectifs […] par elle-même ». Les médias d’État éthiopiens ont par ailleurs annoncé la prise d’Alamata, localité du sud-est du Tigré, à 180 km de route au sud de la capitale régionale, Mekele.

Une escalade qui renforce les craintes des observateurs que le conflit au Tigré ne dégénère et n’entraîne l’Éthiopie dans un conflit communautaire incontrôlable en même temps qu’il déstabilise la Corne de l’Afrique.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a alerté sur les conséquences de la crise, disant notamment s’attendre à une vague massive de réfugiés au Soudan voisin. Près de 25 000 Éthiopiens, hommes, femmes et enfants, ont déjà fui au Soudan les combats au Tigré, selon l’agence officielle soudanaise Suna.

 Par Jeune Afrique avec AFP