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Moscou exige que Washington lui rende deux propriétés diplomatiques confisquées

juillet 17, 2017

Moscou – Washington doit rendre « sans conditions » à Moscou deux propriétés diplomatiques aux Etats-Unis, confisquées en décembre dans la foulée des accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine, a exigé lundi le Kremlin.

« Nous estimons inacceptable d’instaurer des conditions au retour de nos résidences diplomatiques. Nous considérons qu’elles doivent nous être rendues sans conditions ni discussions », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

En décembre 2016, l’administration de Barack Obama avait expulsé 35 diplomates russes et leur famille et fait fermer deux complexes résidentiels russes dans le nord-est des Etats-Unis, que Washington estimait utilisés par des espions russes sur le sol américain.

Ce contentieux devait être au centre d’une rencontre lundi entre le numéro trois du département d’Etat américain Thomas Shannon et le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. Ce dernier est arrivé dans l’après-midi au département d’Etat sans faire le moindre commentaire. Leur entrevue était programmée en juin à Saint-Pétersbourg mais Moscou l’avait annulée en raison de nouvelles sanctions américaines liées au conflit en Ukraine.

M. Shannon tentera de traiter avec M. Riabkov « certaines de ce qu’on appelle des sources d’irritation » entre Washington et Moscou, avait indiqué la semaine dernière la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert.

Les deux hommes devraient aussi discuter de l’Ukraine et de la Syrie, selon des diplomates américains

La question des propriétés diplomatiques avait été abordée « sans ambiguïtés » par le président russe Vladimir Poutine lors de sa rencontre avec son homologue américain Donald Trump en marge du G20 de Hambourg, le 7 juillet, a précisé Dmitri Peskov.

« Nous espérons encore que nos collègues américains feront preuve de sagesse et de volonté politique », a-t-il ajouté.

Moscou a déclaré la semaine dernière réfléchir à « des mesures concrètes » en représailles à l’expulsion des 35 diplomates russes et de leur famille.

Vladimir Poutine avait décidé à l’époque de ne pas répliquer en expulsant à son tour des diplomates américains, invitant au contraire leurs enfants à la fête traditionnelle organisée au Kremlin à l’occasion du Nouvel An et du Noël orthodoxe.

Romandie.com avec(©AFP / 17 juillet 2017 21h38)                                            

Expulsion de diplomates: Moscou réfléchit à des représailles contre Washington

juillet 11, 2017

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov parle avec son homologue autrichien Sebastian Kurz a Mauerbach, en Autriche, le 11 juillet 2017 / © AFP / ALEX HALADA

Moscou réfléchit à « des mesures concrètes » en représailles à l’expulsion fin 2016 par l’administration américaine de 35 diplomates russes, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

« Nous réfléchissons actuellement à des mesures concrètes, mais je ne pense pas que l’on doive en délibérer publiquement », a déclaré M. Lavrov à des journalistes russes à Mauerbach en Autriche où il participait à une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’OSCE.

Le journal russe Izvestia a rapporté mardi, en citant une source diplomatique anonyme, que Moscou s’apprêtait à expulser près de 30 diplomates américains et à saisir des avoirs américains en Russie.

Cette mesure interviendrait en représailles à la décision de Barack Obama d’expulser des Etats-Unis 35 diplomates russes et leurs familles, accusés d’ingérence dans la présidentielle américaine.

Le président russe Vladimir Poutine avait alors décidé de ne pas répliquer en expulsant à son tour des diplomates américains, invitant au contraire leurs enfants à la fête traditionnelle organisée au Kremlin à l’occasion du Nouvel An et du Noël orthodoxe.

L’administration Obama « voulait envenimer le plus possible les relations russo-américaines et faire tout pour que l’administration Trump se retrouve dans un piège », a estimé M. Lavrov.

« Nous ferons bien entendu tout pour que la vérité triomphe et que le droit international et la justice soient rétablis », a-t-il ajouté.

Si Donald Trump avait dans un premier temps prôné un rapprochement avec Moscou, sa position s’est progressivement durcie, malgré une rencontre en marge du G20 avec Vladimir Poutine.

Le président américain a ainsi assuré dimanche que les sanctions mises en oeuvre contre la Russie ne seraient pas allégées tant que les conflits en Ukraine et en Syrie ne seraient pas résolus.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2017 15h01)                

Un stock de matériel militaire suscite des tensions diplomatiques entre la RDC et la Belgique

juillet 7, 2017

Une dizaine de véhicules blindés et surtout des armes, des munitions et du matériel de transmission confidentiel de l’armée belge est toujours bloqué dans la province du Maniema, en RDC. © MONUSCO Photos/CC/wikimedia commons

Trois mois après que la RDC a rompu sa coopération militaire avec la Belgique, douze soldats belges, au moins, sont encore bloqués dans le pays. Ils gardent un stock de matériel militaire, en attendant de pouvoir l’évacuer.

La ville de Kindu est à mi-chemin entre les deux régions les plus martyrisées de la RDC : l’Est du pays où les civils se font massacrer par les milices, et le Kasaï, dans le centre, où la rébellion des « Kamwina Nsapu » est sévèrement réprimée. C’est peut-être en raison de cette localisation stratégique que les militaires belges avaient décidé d’y stocker une partie de leurs armes, lorsqu’ils collaboraient encore avec l’armée congolaise.

Mais le 12 avril dernier, Kinshasa avait décider de mettre fin à cette coopération, pour protester contre les commentaires du ministère belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, sur des sujets que les autorités congolaises estimaient relever de la souveraineté nationale.

Trois mois plus tard, cette rupture n’est toujours pas soldée. Du matériel militaire belge est en effet resté bloqué à Kindu, mais aussi dans les villes de Kalemie, Likasi, et Kananga, selon le ministère congolais de la Défense.

Munitions et véhicules militaires

Visiblement, Bruxelles ne fait qu’une confiance limitée à Kinshasa pour surveiller le stock en attendant son évacuation : elle a laissé sur place douze militaires, comme l’a révélé RTL-Info le 6 juillet.

Selon une source diplomatique occidentale à Kinshasa, outre des munitions, le matériel serait principalement composé de véhicules militaires (camions et jeeps) nécessitant plusieurs dizaines de rotations d’avions.

Or l’avion de transport belge chargé de transporter ce stock − un C-130 − a connu des problèmes mécaniques et est actuellement en réparation au Congo-Brazzaville. D’après la télévision belge, les autorités congolaises auraient empêché que des avions français et espagnol s’y substituent, en leur refusant le survol de son territoire.

Or la pression monte : les visas des militaires belges n’ont plus que deux semaines de validité, selon notre source diplomatique.

« Il n’est nullement question de bloquer quoi que ce soit »

« Il est vrai que le processus d’évacuation des matériels militaires belges a certainement pris beaucoup de temps, peut-être jusqu’à exaspérer les autorités belges, explique à Jeune Afrique le ministre congolais de la Défense, Crispin Atama Tabe, par SMS. Mais il n’est nullement question pour la RDC de bloquer qui ou quoi que ce soit ».

Selon le ministre congolais, « la Monusco [mission de l’ONU en RD Congo] était également disposée à les aider et n’attendait qu’une demande ». « Tous les matériels militaires bien répertoriés et localisés à Kindu, Kalemie, Likasi et Kananga seront évacués après avoir établi ensemble avec les techniciens congolais, un programme clair », ajoute Crispon Atama Tabe.

Quant aux autorités belges, elles se refusent pour l’instant à tout commentaire.

Jeuneafrique.com par

Allemagne: Merkel veut souder les Européens avant un G20 difficile

juin 28, 2017

La chancelière allemande Angela Merkel arrive à la Chancellerie à Berlin le 28 juin 2017 / © AFP / John MACDOUGALL

La chancelière allemande Angela Merkel réunit jeudi à Berlin plusieurs dirigeants européens pour tenter de constituer un front uni avant le sommet du G20 en Allemagne, qui s’annonce houleux avec le président américain Donald Trump.

La pression pesant sur les Européens pour qu’ils prennent davantage leur destin en main se dessine depuis plusieurs années « et cela s’est encore renforcé avec le nouveau chef d’Etat américain », a indiqué cette semaine Mme Merkel dans une interview.

Jeudi matin, en introduction, elle doit faire une déclaration sur les objectifs du G20 devant la chambre des députés à Berlin, vers 09H00 (07H00 GMT), avant de recevoir en milieu de journée les responsables européens qui participeront au sommet de Hambourg (nord de l’Allemagne) les 7 et 8 juillet.

Il s’agit du chef de l’Etat français Emmanuel Macron, des chefs de gouvernement britannique et italien Theresa May et Paolo Gentiloni, mais aussi de ceux de l’Espagne, des Pays-Bas et de Norvège, qui sont invités cette fois par le G20, ainsi que des dirigeants des institutions de l’UE.

– Conflits –

Le sommet des dirigeants des pays développés du G20 promet d’être l’une des réunions internationales les plus conflictuelles depuis des lustres.

Qu’il s’agisse de la lutte contre le réchauffement climatique, du commerce, des flux migratoires mondiaux ou de l’aide au développement – sujets traditionnels de ce type de grand-messe diplomatique -, la nouvelle administration américaine a marqué une rupture.

Les Etats-Unis de Donald Trump ont annoncé leur retrait de l’Accord de Paris sur le climat, ils tiennent un discours protectionniste en matière commerciale, notamment à l’égard de l’Allemagne et de ses exportations, et veulent lutter contre l’immigration en construisant un mur avec le Mexique.

Selon plusieurs sources diplomatiques, les travaux préparatoires du G20 pour aboutir à une déclaration commune se révèlent jusqu’ici « très difficiles ». Dès lors, Berlin veut s’assurer que l’Europe au moins affiche un front uni face au président américain à Hambourg.

« Merkel a convoqué un sommet entre Européens avant le G20 » pour « assurer la cohésion car le problème est dans la relation avec Trump », souligne un diplomate.

– ‘Anti-Europe’ –

Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel accuse franchement Washington de volonté de sabotage.

« Il n’y a pas de stratégie anti-américaine, et certainement pas de la part du gouvernement allemand, mais il y a des stratèges américains qui planifient une politique anti-Europe et anti-Allemagne », a-t-il clamé mardi.

Les autorités allemandes ont relevé avec une certaine surprise que Donald Trump a choisi, la veille du G20, de se rendre en Pologne à une réunion de pays d’Europe de l’Est dont beaucoup, comme la Hongrie, contestent la ligne Merkel en Europe.

« C’est une position assez traditionnelle de la diplomatie américaine que de jouer la division entre Européens, entre l’Est et l’Ouest, et j’imagine que cela plaît beaucoup à Trump », explique Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Schuman, spécialisée dans les questions européennes.

Pour faire front, Angela Merkel pourra compter sur la dynamique retrouvée dans la relation avec la France depuis l’élection du président Emmanuel Macron, même si une forme de compétition de leadership en Europe commence à se dessiner entre les deux dirigeants.

Le chef de l’Etat français vient de réussir deux « coups » diplomatiques, en faisant venir le président russe Vladimir Poutine à Paris et en obtenant la venue de Donald Trump pour le 14 juillet.

« Avec Macron, la France est de retour, il y a un rééquilibrage, qui était nécessaire, de la relation avec l’Allemagne », après une période de domination sans partage d’Angela Merkel en Europe, souligne M. Giuliani.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2017 05h30)                

Le Qatar reste ferme face à ses adversaires

juin 8, 2017

Le cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, le 8 juin 2017 à Doha / © AFP / KARIM JAAFAR

Le Qatar refuse toute intervention dans sa politique étrangère, a déclaré jeudi son ministre des Affaires étrangères, alors qu’une grave crise l’oppose à l’Arabie saoudite et ses alliés qui l’accusent de « soutenir le terrorisme » et lui reprochent de se rapprocher de l’Iran.

« Personne n’a le droit d’intervenir dans notre politique étrangère », a déclaré à l’AFP cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, rejetant implicitement les conditions posées par les adversaires de Doha pour une sortie de crise.

Il a cependant exclu que la tourmente actuelle dégénère. « Une solution militaire n’est pas une option », a-t-il dit, précisant qu’aucun mouvement de troupes n’avait été opéré vers la frontière saoudienne.

Il a assuré que Doha pouvait tenir « éternellement » malgré le blocus qui lui est imposé, ajoutant que le Qatar « respectait » ses engagements internationaux et qu’à ce titre, il ne couperait pas ses livraisons de gaz aux Emirats arabes unis, l’un des trois pays du Golfe à avoir rompu avec lui.

La crise a éclaté lundi lorsque l’Arabie saoudite, les Emirats, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha en l’accusant d’entretenir des liens avec des organisations extrémistes.

Ces pays, qui reprochent aussi au Qatar son rapprochement avec Téhéran, grand rival régional de Ryad, ont également imposé de sévères restrictions aériennes et fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec le petit émirat gazier.

L’Arabie et ses alliés exigent de Doha qu’il « change de politique » et qu’il épouse le consensus régional sur les mouvements islamistes radicaux et l’Iran, avec qui le Qatar partage le plus grand champ gazier du monde.

– Rôle de l’ancien émir? –

Les Emirats, qui sont à la pointe des critiques contre Doha, ont qualifié le Qatar de « champion de l’extrémisme et du terrorisme dans la région ».

Leur ministre d’Etat aux Affaires étrangères Anwar Gargash a posé une série de conditions pour une sortie de crise, notamment l’arrêt de ce qu’il qualifie de propagande « extrémiste » de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et des mesures contre des représentants des Frères musulmans et d’autres islamistes ayant trouvé refuge à Doha.

Un haut responsable du Golfe a affirmé à l’AFP que cette crise était la conséquence de « l’influence » selon lui néfaste et persistante du précédent émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani (65 ans), sur son fils, Cheikh Tamim (37 ans), en faveur duquel il a abdiqué en 2013.

Cheikh Hamad avait réussi à placer le Qatar sur l’échiquier régional et international en lui faisant jouer un rôle de médiateur dans plusieurs crises et en l’imposant comme un pivot des soulèvements ayant agité le monde arabe après 2011.

Après avoir soutenu l’isolement du Qatar, le président américain Donald Trump a fait volte-face, offrant son aide pour désamorcer la crise.

Lors d’un entretien téléphonique avec cheikh Tamim, M. Trump a « proposé d’aider les différentes parties à régler leurs différends, y compris à travers une rencontre à la Maison Blanche si nécessaire ». Il a également appelé l’homme fort d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

Le président français Emmanuel Macron, lors d’entretiens séparés avec l’émir du Qatar, le président iranien Hassan Rohani et le roi Salmane d’Arabie Saoudite, a « invité toutes les parties » à poursuivre « le dialogue ».

– ‘Informations fabriquées’ –

Il a rappelé son « attachement à préserver la stabilité dans la région et à lutter sans ambiguïté contre le terrorisme ».

Dans un signe de soutien au Qatar, le Parlement turc a approuvé la mise en oeuvre d’un accord datant de 2014 permettant le déploiement de troupes sur une base au Qatar.

Le Qatar fait partie du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui comprend l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït et Oman. Ces deux derniers pays n’ont eux pas rompu avec le Qatar.

L’émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, s’est rendu mercredi soir au Qatar juste après des entretiens aux Emirats et une rencontre la veille avec le souverain saoudien. Mais les Emirats estiment que les conditions ne sont pas encore réunies pour une médiation.

Depuis le début de la crise, le Qatar a rejeté en bloc toutes les accusations, affirmant que l’élément déclencheur de la tourmente a été le « piratage » du site web de son agence de presse attribuant à son émir de « fausses » déclarations apaisantes sur l’Iran et les Frères musulmans.

Mercredi soir, le ministère de l’Intérieur à Doha a publié un rapport préliminaire d’enquête sur ce « piratage » qui, selon lui, a commencé en avril, utilisant des « méthodes techniques innovantes » et aboutissant le 24 mai à la publication « d’informations fabriquées ». Il n’en a pas identifié les auteurs.

Jeudi, après les Emirats arabes unis, Bahreïn a interdit aux médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux d’exprimer une quelconque « sympathie pour le Qatar » sous peine d’encourir une peine de prison.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juin 2017 17h48)                

Crise dans le Golfe: l’Arabie et ses alliés rompent avec le Qatar

juin 5, 2017

COMBO de photos réalisées le 5 juin 2017, (de G à D) l’Emir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, le roi Salman d’Arabie saoudite, le Premier ministre de l’UAE Cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum et le roi de Barhein Hamad ben Issa al-Khalifa / © AFP/Archives / Mandel NGAN, Fayez Nureldine, Khaled DESOUKI, Lucas JACKSON

L’Arabie saoudite et ses alliés ont rompu lundi leurs relations avec le Qatar, provoquant une crise diplomatique majeure au Moyen-Orient quinze jours après un appel de Donald Trump à l’unité des pays arabes face au terrorisme.

Le Qatar a réagi avec colère à cette décision annoncée à l’aube en accusant ses voisins du Golfe de vouloir le mettre « sous tutelle » et de l’étouffer économiquement.

La Bourse de Doha a chuté de 8% à l’ouverture des transactions avant de clôturer en baisse de 7,58%.

Des habitants de la capitale qatarie se sont rués sur les produits alimentaires, vidant des rayons entiers de supermarchés, a rapporté le site en ligne Doha News.

La rupture des relations avec le Qatar intervient 15 jours après une visite à Ryad du président des Etats-Unis qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l’extrémisme.

Elle a provoqué une réaction mesurée de Washington qui a invité les pays du Golfe à rester « unis ».

Cette crise diplomatique est la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.

Ce dernier y a toujours occupé une place à part, poursuivant sa propre politique régionale et affirmant son influence par le sport, grâce notamment à l’organisation du Mondial-2022 de football.

Ryad, Abou Dhabi et Manama ont justifié la rupture avec Doha par son « soutien au terrorisme », y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et les Frères musulmans, confrérie classée « terroriste » par l’Egypte et des pays du Golfe.

Selon l’Arabie, Doha soutient aussi « les activités de groupes terroristes soutenus par l’Iran dans la province de Qatif (est) », où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu’à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

Ryad et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016 à la suite de l’exécution d’un chef chiite en Arabie.

Le Qatar a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles pro-iraniens au Yémen. Une décision saluée par le gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi qui a aussi rompu avec Doha en l’accusant de soutenir –malgré sa participation à la coalition arabe– ses adversaires, les rebelles Houthis.

– ‘sans fondement’ –

Le Qatar a qualifié d' »injustifiée » et « sans fondement » la décision de certains pays du Golfe, prise « en coordination avec l’Egypte ». Elle a un « objectif clair: placer l’Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté » et est « totalement inacceptable », a affirmé le ministère des Affaires étrangères à Doha.

Le Qatar, dirigé par le jeune émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, « n’interfère pas dans les affaires d’autrui » et « lutte contre le terrorisme et l’extrémisme », a-t-il assuré.

Outre la rupture des relations et le rappel des diplomates, les trois pays du Golfe ont pris des mesures de rétorsion sans précédent: fermeture des espaces aériens, des accès terrestres et maritimes, interdiction de voyager au Qatar et d’entrée pour les ressortissants du Qatar.

La suspension des vols avec le Qatar a été annoncée par les grandes compagnies aériennes Emirates (Dubaï) et Etihad (Abou Dhabi).

L’Egypte a pour sa part décidé de fermer ses frontières « aériennes et maritimes » avec le Qatar qui, selon son ministère des Affaires étrangères, « insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis » du Caire.

– Appel de Trump –

Cette crise intervient alors que les autorités qataries ont affirmé la semaine dernière avoir été victimes de « hackers » ayant publié sur le site internet de l’agence de presse officielle QNA de faux propos attribués à l’émir Tamim.

Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’Iran, vu comme un allié stratégique alors qu’il vient d’être accusé par l’Arabie saoudite d’être « le fer de lance du terrorisme ».

Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l’administration Trump et le Qatar, pourtant un proche allié des Etats-Unis.

La visite du président Trump à Ryad, son premier déplacement à l’étranger, avait été couronnée par la signature d’un accord sur « une vision stratégique » pour renforcer les relations économiques et de défense entre le royaume saoudien et les Etats-Unis.

Dans un discours le 21 mai à Ryad devant des dirigeants du monde musulman, M. Trump avait appelé à « chasser » les extrémistes et « les terroristes », en référence aux groupes jihadistes, auteurs d’attaques dans plusieurs pays. Il avait aussi demandé à la communauté internationale « d’isoler » l’Iran.

Le Qatar s’est plaint d’être victime d’une campagne hostile concernant un soutien présumé aux groupes islamistes.

La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.

Contrairement à l’Arabie, aux Emirats et à Bahreïn, les deux autres pays du Golfe –le Koweït et le sultanat d’Oman– ont observé lundi un silence total sur la crise avec le Qatar.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juin 2017 12h55)                

France: prison avec sursis et exclusion de la diplomatie requises contre l’ex-ambassadeur Boillon

mai 23, 2017

Paris – La justice française a requis mardi 18 mois de prison avec sursis et l’interdiction pour cinq ans de toute activité dans la fonction publique contre l’ancien ambassadeur Boris Boillon, jugé pour avoir transporté clandestinement 400.000 euros d’argent liquide.

Le parquet du tribunal correctionnel de Paris a aussi demandé la confiscation de la totalité de l’agent saisi sur l’ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy lors d’un contrôle douanier à la gare du Nord à Paris le 31 juillet 2013.

Le procureur Nicolas Baïetto a fustigé « l’arrogance » de l’ancien ambassadeur de France en Irak et en Tunisie, un pays où il s’était fait remarquer pour des maladresses, et qui a vu dans l’action des douaniers et des enquêteurs un « acharnement » ou un « complot » contre lui, n’exprimant à l’audience que des « regrets nombrilistes ».

« Où est le scandale d’Etat quand on découvre des sommes transportées de manière illicite? Le scandale est dans le fait que M. Boillon, aujourd’hui encore, a beaucoup de peine à intégrer la notion de conflit d’intérêt », a martelé le procureur.

« Je vous demande de lui interdire de reprendre des activités diplomatiques », a demandé le procureur, soulignant « l’incompatibilité totale » entre les faits reprochés et la nécessaire « probité des représentants de l’Etat ».

A 47 ans, le muscle saillant sous le costume ajusté, M. Boillon comparaît pour défaut de déclaration – la loi impose de déclarer tout transport d’espèces de plus de 10.000 euros dans l’Union européenne -, faux et usage de faux, blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux.

Celui qui avait posé dans un magazine people sous le titre « James Bond de la diplomatie », encourait jusqu’à cinq ans de prison.

Le parquet a aussi demandé au tribunal de faire droit aux demandes de l’administration fiscale, qui a réclamé une amende équivalente à un quart de la somme saisie, soit 95.036 euros, et 50.000 euros au titre de l’impôt sur le revenu. Il a également requis une interdiction de gérer une société pendant cinq ans.

Combatif, l’ancien ambassadeur, arabisant confirmé, a expliqué à l’audience qu’il se trouvait alors en « apesanteur » entre l’Irak, où il avait lancé une activité de conseil, et la France.

Il a dit avoir gagné cette somme en jouant les intermédiaires pour une société irakienne, en particulier dans un grand projet de travaux publics – autour duquel flotte un « lancinant parfum de corruption », selon le président du tribunal, Peimane Ghaleh-Marzban.

Crânement, l’ex-diplomate a estimé avoir mérité son « salaire de la peur » et justifié des transactions en liquide par les défaillances du système bancaire irakien et les coutumes orientales: « A Rome, on fait comme les Romains », a-t-il dit avec aplomb.

L’argent lui est remis en mai 2013 par un homme d’affaires irakien sous forme de quatre « pains » plastifiés de billets neufs. Billets qui tomberont dans le filet des douanes.

L’avocat Jean Reinhart a dénoncé un acharnement contre son client, qui « paye le fait d’avoir été ambassadeur » et de faire depuis des affaires, même si tout est « légal »: « toucher une commission » pour avoir facilité un contrat, comme « un agent immobilier prend 5% » d’une vente, « c’est toujours très choquant ».

L’avocat de M. Boillon a demandé la relaxe pour l’ensemble des poursuites, à l’exception de l’amende douanière. L’ex-ambassadeur devenu homme d’affaires sera fixé sur son sort le 7 juillet.

Romandie.com avec(©AFP / 23 mai 2017 17h19)                                            

Le Maroc dénonce l’agression de l’un de ses diplomates par un responsable algérien

mai 19, 2017

Le numéro deux de l’ambassadeur du Maroc aux Caraibes recevant les premiers soins après son agression par un diplomate algérien. © DR

Le Maroc a dénoncé le 18 mai l’agression physique de l’un de ses diplomates par un responsable algérien lors d’une réunion d’un comité onusien dans les Caraïbes. La rivalité des pays voisins sur la délicate question du Sahara occidental en serait la cause.

Le Comité spécial des 24, une commission de l’ONU sur la décolonisation, tenait ce jeudi 18 mai une réunion sur l’île antillaise de Sainte-Lucie.

« Depuis ces dernières années, à chacune de ces réunions se pose le problème de la représentativité pour nos provinces du sud [Sahara occidental], où nos représentants élus contestent la présence du Front Polisario », explique un responsable marocain à l’AFP.

Au cours de la réunion, Soufiane Mimouni, directeur général du ministère des Affaires étrangères algérien, « a agressé physiquement l’adjoint de notre ambassadeur à Sainte-Lucie », accuse ce responsable marocain.

Notre diplomate a dû partir à l’hôpital, la réunion a été interrompue, une plainte a été déposée

« Notre diplomate a dû partir à l’hôpital, la réunion a été interrompue, une plainte a été déposée », ajoute-t-il, photo à l’appui. Sur ces clichés, que l’AFP a donc pu consulter, on voit un homme allongé sur le sol et auquel une secouriste porte assistance.

La rivalité Rabat-Alger exacerbée

Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a confirmé l’incident à l’agence de presse. « Arriver ainsi à transgresser tous les us et coutumes diplomatiques, de la part d’un haut diplomate, troisième personnage du ministère des Affaires étrangères algérien, c’est grave. Ce genre d’extrême, jusqu’à l’agression physique, c’est unique dans les annales. »

© DR

« Cela traduit une extrême nervosité de la diplomatie algérienne : qu’un représentant algérien se déplace jusqu’à Sainte-Lucie, et énervé par la demande de nos représentants, en vienne ainsi aux mains. C’est d’autant plus surprenant de la part d’un pays qui se dit simplement observateur » au Sahara, ajoute-t-il, appelant Alger « à […] contribuer à une solution et à assumer sa responsabilité dans ce dossier ».

Cela traduit une extrême nervosité de la diplomatie algérienne

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est depuis 1975 en grande partie sous contrôle du royaume chérifien, qui le considère comme partie intégrante de son territoire. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, en réclame l’indépendance.

Avec le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) début 2017, la rivalité entre Rabat et Alger s’est exacerbée autour de cette question du Sahara occidental, et donne lieu à une sourde lutte d’influence au sein des organisations et rencontres internationales.

Jeuneafrique.com avec AFP

Maroc : dernière rencontre entre Mohammed VI et François Hollande

mai 2, 2017

Le président français François Hollande accueillie le roi du Maroc Mohammed VI au palais de l’Élysée, à Paris, le 2 mai 2017. © Michel Euler/AP/SIPA

Le roi du Maroc Mohammed VI a rencontré le président français François Hollande à l’Élysée ce mardi 2 mai. Les deux hommes étaient entourés de nombreuses personnalités connues pour leurs initiatives en faveur d’un raffermissement des liens entre les deux pays sur les plans culturel et médiatique.

François Hollande a reçu mardi à l’Élysée le roi du Maroc Mohammed VI pour une visite privée à dimension politique et culturelle, a-t-on appris auprès de la présidence. Mohammed VI avait été, le 24 mai 2012, le premier chef d’État accueilli à l’Élysée par le président Hollande après son élection et pourrait être le dernier avant la fin de son mandat, à la mi-mai.

À l’issue d’un tête-à-tête d’une vingtaine de minutes, le président français et le roi du Maroc ont partagé un déjeuner en compagnie des écrivains Leïla Slimani et Tahar Ben Jelloun, de l’islamologue Rachid Benzine, du comédien Jamel Debbouze et du judoka Teddy Riner.

Jamel Debbouze et Mohammed VI, une proximité affichée

En juin 2015, un cliché du monarque, attablé à une terrasse parisienne en compagnie de Jamel Debbouze et de l’artiste Michel Polnareff, avait fait le tour de la Toile. Sur la table, posés devant le roi, trônaient quelques livres. Aux couvertures, on pouvait deviner qu’il s’agissait d’ouvrages de Rachid Benzine : La République, l’Église et l’Islam et Les nouveaux penseurs de l’Islam. L’islamologue et l’humoriste sont tous deux originaires de la même ville : Trappes. Debbouze n’a jamais caché sa proximité avec le roi du Maroc. En 2001 déjà, on le trouvait assis aux côtés de Mohammed VI au Festival international du film de Marrakech. Depuis on les dit même amis. Quant à Benzine, il avait rencontré Mohammed VI alors que celui-ci était encore prince héritier, en France, en 1999.

Autour de la table également: les ministres des Affaires étrangères français et marocain Jean-Marc Ayrault et Nasser Bourita, les ministres françaises de la Culture et de l’Environnement, Audrey Azoulay et Ségolène Royal, le président de l’Institut du Monde arabe Jack Lang et celui de la Fondation nationale des musées marocains Mehdi Qotbi. Azoulay est la fille de André Azoulay, conseiller de Mohammed VI après avoir été celui de son père, Hassan II. Jack Lang et Mehdi Qotbi sont quant à eux deux amis de longue date. Lang est un « habitué » du Maroc, où il voyage souvent et Qotbi, lui, ne cache plus ni sa proximité avec Mohammed VI, ni son rôle diffus et informel de lobbyiste, à l’aise dans le monde de la culture et fort d’un important réseau.

Jihadisme et réchauffement climatique au menu des discussions

Ce déjeuner répondait à celui organisé lors d’une visite du président français à Tanger, en septembre 2015.Toujours selon l’Élysée, François Hollande et Mohammed VI ont évoqué, entre autres questions, la lutte contre le jihadisme et le réchauffement climatique, le Maroc ayant organisé en novembre 2016 la COP22 dans la continuité de l’Accord de Paris conclu un an plus tôt. A l’ordre du jour de cette rencontre devait également figurer le retour du Maroc au sein de l’Union africaine en début d’année, ainsi que sa volonté d’adhérer à la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Le Maroc a mené ces derniers mois une vaste offensive diplomatique en Afrique, marquée par des visites de Mohammed VI dans plusieurs pays du continent et la signature de nombreux accords et conventions. François Hollande devait également remercier le roi pour la contribution de 1,5 million d’euros apportée par son pays à un fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l’humanité menacé notamment par le terrorisme et les guerres au Proche-Orient.

Jeuneafrique.com

Corée du Nord: à l’ONU, la Chine met en garde contre le recours à la force

avril 28, 2017

Nations unies (Etats-Unis) – Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a mis en garde vendredi à l’ONU contre les risques de « chaos » et de « plus grandes catastrophes » en cas de recours à la force contre la Corée du Nord et ses programmes nucléaire et balistique.

« L’usage de la force ne règle pas les différences et conduira uniquement à de plus grandes catastrophes », a-t-il averti lors d’une réunion exceptionnelle du Conseil de sécurité consacrée à son allié nord-coréen et présidée par le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson.

« Régler de manière pacifique la question nucléaire de la péninsule coréenne via le dialogue et les négociations représente le seul bon choix qui est réaliste et viable », avait déclaré Wang Yi à la presse juste avant d’entrer dans la salle du Conseil.

Le ministre chinois a vanté la nécessaire « dénucléarisation de la péninsule et le maintien du régime international de non prolifération nucléaire » afin « d’éviter le chaos » dans la région.

S’exprimant par le biais d’une traductrice, il a une nouvelle fois mis en avant la proposition de Pékin d’un gel des programmes militaires nucléaire et balistique de la Corée du Nord, alliée de la Chine, en échange d’un arrêt des exercices militaires entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, liés par un traité d’alliance.

Le patron de la diplomatie chinoise a qualifié cette offre de « sensée et raisonnable » mais les Etats-Unis l’ont plusieurs fois rejetée.

Wang Yi a également plaidé pour une reprise des négociations à Six entre la Corée du Nord, la Corée du Sud, le Japon, la Russie, les Etats-Unis et la Chine. Ces pourparlers avaient duré de 2003 à 2009, sans succès.

Vendredi au cours de la réunion ministérielle des 15 membres du Conseil de sécurité, l’Américain Tillerson a affirmé que « toutes les options devaient rester sur la table » face à la Corée du Nord qui pourrait selon lui mener une « attaque nucléaire » contre la Corée du Sud, le Japon, voire les Etats-Unis.

Il aussi exhorté Pékin à faire usage de son « levier économique » contre Pyongyang pour le contraindre à arrêter ses programmes nucléaire et balistique.

Rex Tillerson doit voir dans l’après-midi en tête-à-tête Wang Yi.

Le régime communiste nord-coréen a multiplié ces dernières années ses tirs de missiles balistiques, procédant même à cinq essais nucléaires souterrains, dont deux en 2016.

Ces programmes militaires ont valu à la Corée du Nord une série de résolutions de l’ONU et une batterie de sanctions internationales. D’après des experts onusiens, ces mesures punitives ont toutefois eu peu d’impact sur Pyongyang

Romandie.com avec(©AFP / 28 avril 2017 17h12)