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Diplomatie : tension persistante à la frontière entre la Zambie et la RDC

mai 23, 2020

 

La brouille est localisée plus vers les provinces de Tanganyika et du Haut-Katanga où les troupes zambiennes manifestent des velléités d’annexion d’une partie du territoire congolais en mettant, d’ores et déjà, plusieurs localités sous leur coupe.

 

Des informations en provenance des provinces du Tanganyika et du Haut-Katanga ne sont guère rassurantes. Il est, en effet, fait état depuis quelques jours de la présence de l’armée zambienne dans quelques localités congolaises situées dans la zone frontalière. Il s’agit précisément des villages de Kibanga et Kalubamba où les troupes zambiennes se pavanent encore aujourd’hui comme en territoires conquis. Nonobstant les appels de détresse des communautés locales, l’intervention des forces loyalistes se fait toujours désirer dans cette partie du pays au grand désarroi de la population livrée à son triste sort. Plusieurs habitants, tétanisés par cette présence militaire zambienne, ont rejoint la forêt. Difficile pour eux de continuer à demeurer dans des villages envahis par des soldats étrangers non coopératifs et à la gâchette facile. C’est dans ce contexte de panique générale exacerbée par la présence des chars de combat et le survol régulier des hélicoptères de l’armée zambienne qui a déjà dans son giron 15 km du territoire congolais que Kinshasa tente de négocier une voie de sortie.

Des éléments des Fardc

Malgré l’avancée des troupes zambienne sur le sol congolais – les territoires de Moba et de Pweto constituent la prochaine étape -, l’exécutif national négocie une voie de sortie diplomatique à ce différend frontalier. Il est entendu, en effet, que la Zambie nourrit des velléités annexionnistes sur quelques localités congolaises. Ceci est un secret de polichinelle que la Zambie revendique une partie du territoire congolais qu’elle voudrait s’approprier de grès ou de force. Côté congolais, l’on continue à jouer la carte de la tempérance en privilégiant les contacts diplomatiques déjà fort avancés plutôt que l’option militaire. Bien que les Fardc soient d’ores et déjà en alerte maximale, le gouvernement envisage saisir l’Union africaine et la Sadec dont la commission chargée de la sécurité au niveau de la région s’occupe de la surveillance aux frontières. La médiation de ces deux institutions permettra d’examiner les revendications zambiennes de sorte à trouver un modus vivendi entre les deux parties.

En attendant, la population locale dans les localités concernées sont en proie à l’insécurité. Elles développent un sentiment d’abandon car elles ne voient rien venir en termes d’assistance. Et pourtant, les éléments des Fardc sont bel et bien présents dans la région et tergiversent pour lancer l’offensive contre les assaillants. « Oui, il y a suffisamment des militaires congolais, mais ils disent toujours qu’ils attendent le mot d’ordre, ils attendent des négociations et, entre-temps, c’est la population qui souffre », allègue un membre de la société civile de Tanganyika.  Face aux atermoiements du gouvernement congolais peu enclin à régler rapidement ce différend, l’armée zambienne continue à renforcer ses positions dans les territoires occupés, sans crainte d’y être délogée.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Coronavirus : comment la Chine cherche à redorer son image en Afrique

avril 16, 2020

En Chine, des ressortissants africains jetés à la rue par leurs hôtels, de peur du Covid-19. Guangzhou, avril 2020.

En Chine, des ressortissants africains jetés à la rue par leurs hôtels, de peur du Covid-19. Guangzhou, avril 2020. © Photo EyePress via AFP

 

Berceau de la pandémie de coronavirus, la Chine envoie du matériel sanitaire à travers le continent. Mais ces efforts suffiront-ils à faire oublier ses manquements dans la gestion de la crise et les traitements discriminatoires dont sont victimes les ressortissants africains sur son territoire ?

« Lorsque la neige et la glace fondront, ce sera le printemps. Après la victoire contre l’épidémie, la communauté de destin Chine-Afrique sera encore plus solide. » Pour conclure la visioconférence qu’il avait organisée, le 10 mars, avec les ministres des Affaires étrangères d’une cinquantaine de pays d’Afrique, Wang Yi, conseiller d’État et chef de la diplomatie chinoise, s’est voulu poétique et prophétique.

La belle amitié sino-africaine affichée à longueur de discours a pourtant pris de sérieux coups ces dernières semaines. D’abord parce que d’Abidjan à Lubumbashi, à mesure que la peur du virus se répandait, les Chinois présents en Afrique étaient montrés du doigt et ostracisés.

Signe de cette défiance, les appareils d’Ethiopian Airlines – seule compagnie aérienne africaine qui continue à desservir la Chine – ont été interdits jusqu’à nouvel ordre au Kenya. À Ouagadougou, l’un de ses avions a été bloqué sur le tarmac de l’aéroport, le temps que les passagers soupçonnés de porter le Covid-19 soient testés. À Brazzaville, un groupe de travailleurs chinois débarqués fin mars d’un vol en provenance d’Addis-Abeba ont été mis d’office en quarantaine dans un hôtel malgré leurs protestations.

Mais depuis quelques jours, c’est de Guangzhou, en Chine continentale, qu’arrivent des témoignages alarmants. Il est cette fois question de pratiques discriminatoires infligées par les autorités provinciales aux milliers d’Africains établis dans l’ancienne Canton. Beaucoup affirment avoir été expulsés de leurs hôtels ou de leurs appartements, soupçonnés d’être porteurs du virus. D’autres ont été placés en isolement malgré des tests négatifs ou ont vu leur visa mystérieusement révoqué.

La situation est telle que, le 10 avril, le groupe des ambassadeurs africains à Pékin s’est formellement plaint du traitement réservé aux ressortissants du continent et que, trois jours plus tard, l’Union africaine (UA) a demandé aux autorités chinoises de prendre des mesures pour éviter tout débordement.

Péché originel

Si le gouvernement chinois a paru réceptif, c’est parce qu’il ne veut pas que l’épisode vienne ternir une image à peine redorée par l’aide massive qu’il a envoyée vers le continent ces dernières semaines. Comme pour se débarrasser du péché originel d’avoir laissé naître le Covid-19 en son sein, la Chine exporte dans le monde son matériel, son personnel et l’expertise qu’elle a acquise dans la lutte contre un virus qu’elle dit avoir jugulé chez elle.

Depuis le 1er mars, elle a expédié pour 1,33 milliard d’euros d’équipements médicaux divers (3,86 milliards de masques, 37,5 millions de vêtements de protection et 16 000 respirateurs, selon les douanes chinoises) dans plus de 80 pays, y compris africains.

Sur le continent, chacun a également reçu, fin mars, les 1 000 tenues de protection, les 20 000 kits de test et les 100 000 masques promis par la Fondation Jack Ma, du nom du richissime fondateur d’Alibaba, et remis sous le patronage insistant de l’ambassadeur chinois local.

D’autres entreprises chinoises participent à l’effort. L’opérateur Huawei distribue du matériel et des chèques dans les différents pays où il est implanté. China Merchants a importé 1 million de masques à Djibouti. CSCEC, le géant du BTP, a envoyé pour plus de 420 000 euros de matériel en Algérie et Hunan Construction a fait de même au Sénégal.

Des fournitures médicales données par le Chinois Jack Ma arrivent à l'aéroport d'Abuja, au Nigeria, le 25 mars 2020.
Des fournitures médicales données par le Chinois Jack Ma arrivent à l’aéroport d’Abuja, au Nigeria, le 25 mars 2020. © Kola SULAIMON / AFP

Aide bilatérale ciblée

En avril a ensuite débuté l’aide bilatérale proprement dite et clairement ciblée. La RD Congo a reçu 65 tonnes de matériel de dépistage et de protection, l’Éthiopie plus de 1 million de tests et 6 millions de masques, le Zimbabwe et l’Algérie, un hôpital de campagne. Le 6 avril, un avion d’Air China s’est posé à Accra pour y décharger plusieurs dizaines de tonnes d’équipements, par la suite redistribués dans 18 pays (Ghana, Nigeria, Sénégal, Gabon, Sierra Leone, Guinée-Bissau, Guinée, Côte d’Ivoire, Gambie, Liberia, Mali, Burkina Faso, Congo, Guinée équatoriale, Togo, Bénin, Cap-Vert et São Tomé).

« Contrairement à ce qu’elle prétend, la Chine ne sauvera pas l’Afrique à elle toute seule », affirment les experts de l’OCDE

Savamment mises en scène, parfaitement relayées par les médias chinois, ces opérations semblent pourtant trop sporadiques pour être suffisantes. «Contrairement à ce qu’elle prétend, la Chine ne sauvera pas l’Afrique à elle toute seule», affirment les experts de l’OCDE. Elle n’en a tout simplement pas les moyens.

Moteur grippé

Pékin vient de dépenser 14 milliards d’euros pour faire face à sa propre crise sanitaire. Plus d’un demi-million de PME ont mis la clé sous la porte depuis le mois de janvier et la zone économique de Shenzhen encaisse de plein fouet la chute de 20% des volumes d’exportation en mars.

Pékin saura-t-il sortir de la « diplomatie du masque », pour retrouver son costume de premier partenaire économique de l’Afrique ?

Les économistes s’attendent à ce que la croissance chinoise avoisine les 5% en 2020, soit le plus faible indice enregistré depuis longtemps par « le moteur du monde », toujours grippé donc, faute de demande sur les marchés. La Chine reste aujourd’hui « celle qui aide » aux yeux des Africains. Et demain ? Une fois remportée la « bataille des narratifs » dénoncée par les responsables européens, Pékin saura-t-il sortir de la « diplomatie du masque », pour retrouver son costume de premier partenaire économique de l’Afrique ?

Les grands chantiers déjà lancés se poursuivent, mais d’autres gros projets d’infrastructures pourraient être retardés, voire annulés, en fonction de l’état des finances chinoises et des chaînes d’approvisionnement. Les flots attendus de touristes chinois vont se tarir et les délocalisations industrielles promises, notamment à l’Éthiopie, risquent d’être, au mieux, repoussées à des lendemains moins incertains.

Un créancier intransigeant

La chute des cours des matières premières alourdit enfin d’autant la dette contractée par les pays producteurs d’hydrocarbures et de certains minerais auprès de la Chine, qui détient à elle seule près d’un quart des créances des pays de la zone Cemac. « C’est en annulant [cette dette], tout simplement, que la Chine montrera vraiment son soutien à l’Afrique », insistent de plus en plus les économistes du continent.

Le problème, c’est que Pékin passe pour être un créancier intransigeant. « Je ne doute pas une seule seconde que, pour le président chinois, la situation de l’Afrique justifie un geste de cette importance, a pourtant affirmé le président français, Emmanuel Macron, le 14 avril, dans une interview à RFI. Donc c’est une discussion que nous aurons […] parce que je vais le solliciter sur ce point. » Mais sera-t-il entendu ?

Enfin, certains voient dans les difficultés de Pékin une occasion pour le continent « de redéfinir les liens économiques qui le lient au reste du monde, et notamment aux Chinois ». Avec la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) et l’arrivée annoncée de la monnaie, l’eco, dans les 15 pays de la Cedeao, l’Afrique est en train de se doter des outils qui doivent lui permettre de mieux s’insérer dans une économie internationale elle-même rebattue. C’est l’un des scénarios rendus possibles par la pandémie. Pas forcément celui retenu par les stratèges de Pékin.

Jeuneafrique par Olivier Caslin

Les propos de l’ambassadeur du Mali en France provoquent un incident diplomatique

février 28, 2020

  Toumani Djimé Diallo, ambassadeur du Mali en France, lors de son audition devant la Commission de Défense du Sénat français, le mercredi 26 février 2020.

Toumani Djimé Diallo, ambassadeur du Mali en France, lors de son audition devant la Commission de Défense du Sénat français, le mercredi 26 février 2020. © Capture d’écran / Public Sénat 

En accusant des soldats français de la Légion étrangère d’avoir un comportement déplacé dans les « Pigalle de Bamako », l’ambassadeur du Mali en France a provoqué un grave incident diplomatique. Le ministre malien des Affaires étrangères est actuellement à Paris, pour désamorcer la crise.

« Je vais vous parler franchement, dans ces forces il y a les officiers, il y a l’armée normale, mais il y a aussi les légions étrangères et c’est là le problème. (…) Je vous dit, en vous regardant droit dans les yeux que par moments, dans les « Pigalle » de Bamako, vous les y retrouvez tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n’est pas celle que nous connaissons de l’armée nationale du Mali. Ça fait peur, ça intrigue et ça pose des questionnements ». L’ambassadeur du Mali en France a-t-il eu conscience de l’incident diplomatique qu’il venait de déclencher en prononçant ces quelques phrases lors d’une audition devant des sénateurs français ?

« Vous avez stigmatisé l’armée française »

L’ambassadeur s’exprimait dans le cadre de l’audition des ambassadeurs des pays du G5 Sahel devant la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat français, mercredi. Et Toumani Djimé Diallo avait pourtant pris soin d’employer, d’abord, des termes soigneusement pesés.

« Le président Ibrahim Boubacar Keïta l’a dit : tous ceux qui aujourd’hui au Mali appellent au départ des forces étrangères et notamment Françaises sont des ennemis, des complices des djihadistes », a-t-il notamment déclaré. Il a également affirmé qu’il « n’y a pas véritablement de sentiment anti-français au Mali », mais un « ressenti au sein de la population » vis-à-vis de la présence militaire française, notamment faute de victoire « plus probantes ».

Mais la petite phrase sur les légionnaires n’est pas passée. Et les propos « francs » du diplomate malien (à écouter sur ce lien, à 10 mn 57) ont immédiatement déclenché la colère de plusieurs des parlementaires français présents. Séance tenante, Jean-Marc Todeschini, vice-président de la Commission, a exprimé son indignation.

« Vous avez stigmatisé l’armée française à travers des comportements certainement vrais de certains soldats », a regretté le sénateur. Vous n’ignorez pas qu’au sein du ministère de la Défense, tout cela est surveillé de près. Mais ces sujets doivent remonter aux états-majors et dans les discussions politiques que nous avons de cabinet à cabinet. Si vos propos sont repris, cela va contribuer à renforcer ce que nous dénoncions. » À savoir le sentiment anti-français qui gagne du terrain dans une frange de l’opinion publique ouest-africaine, et malienne en particulier.

Le soir même, l’état-major français a rétorqué que les légionnaires n’étaient pas stationnés à Bamako, assurant par ailleurs que ceux-ci « n’ont ni quartier libre ni temps de repos hors des bases opérationnelles » de Barkhane, situées dans le nord du pays. Quant au cabinet de Florence Parly, la ministre française des Armées, il est aussi monté au front, assurant qu’il n’y a « quasiment plus de soldats français stationnés à Bamako ».

Dès le lendemain, jeudi, Toumani Djimé Diallo a été convoqué au ministère français des Affaires étrangères. « Nous lui avons exprimé notre indignation devant ses propos sans fondement et choquants de la part d’un pays allié dans la lutte contre le terrorisme », confie à Jeune Afrique une source au Quai d’Orsay.

Tiébilé Dramé à Paris pour désamorcer la crise

À Bamako, l’incident est pris très au sérieux. D’autant plus que les autorités ont, ces dernières semaines et dans la foulée du sommet de Pau, multiplié les déclarations pour prendre leurs distances avec des figures du mouvement réclamant le départ des forces étrangères du pays. Parmi elles, le député du Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir), Moussa Diarra, qui a dû rendre sa carte du parti.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, a pour sa part immédiatement programmé une visite en urgence à Paris, où il est arrivé ce vendredi. Il devait notamment y rencontrer à l’Élysée Franck Paris, le conseiller Afrique d’Emmanuel Macron, avant de s’entretenir avec Florence Parly, la ministre des Armées. L’objectif, désamorcer la crise, et « renforcer les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays ».

À l’Elysée, il rencontrera Franck Paris, le conseiller Afrique d’Emmanuel Macron. Il échangera ensuite avec Florence Parly, la ministre des Armées. Le ministre malien, qui est également attendu à l’Assemblée nationale, s’est rendu au Sénat, où il a été reçu par Gérard Larcher, son président.

Tiébilé Dramé s’est désolidarisé des propos de l’ambassadeur et a insisté sur le fait qu’« en combattant les terroristes qui menacent les populations locales, aux côtés des armées des pays du G5 Sahel et au péril de leur vie, les militaires français font honneur à la Nation. Ils assurent aussi notre protection à tous. » Le ministre malien doit également s’entretenir avec le président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Il est également attendu à l’Assemblée nationale.

L’ambassadeur Toumani Djimé Diallo, lui, a été convoqué à Bamako pour « consultation ». Secrétaire général de la présidence de 2013 à 2014, au début du premier quinquennat d’IBK, directeur du cabinet du président de 2014 à 2015 avant d’être nommé ambassadeur en Allemagne, puis en France, ce proche d’IBK pourrait, selon une source officielle malienne, perdre son statut d’ambassadeur à Paris.

« Il y a une demande de retenue de la part d’un ambassadeur qui n’a pas été respectée. Et surtout, ses déclarations se basent-elles sur des éléments probants ? Je ne le pense pas », estime pour sa part Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition malienne. « En toute logique, il devrait être rappelé. On ne peut pas se permettre de commettre une faute aussi grave avec un partenaire important. »

La société civile malienne, elle, hésite pour le moment à s’emparer du sujet soulevé par l’ambassadeur. « Des gens se plaignent souvent du comportement des troupes étrangères, mais ils ont peur de parler », confie sous couvert de l’anonymat une activiste défendant les droits des femmes au Mali.

Avec Jeuneafrique par Aïssatou Diallo

 

Ivanka Trump et le Maroc, entre fascination et diplomatie

février 18, 2020

Ivanka Trump et la princesse Lalla Meryem, le 7 novembre 2019 au Palais royal de Rabat.

Ivanka Trump et la princesse Lalla Meryem, le 7 novembre 2019 au Palais royal de Rabat. © Jacquelyn Martin/AP/SIPA

 

Dans ses récentes sorties, la fille du président américain ne tarit pas d’éloges sur le royaume, notamment au sujet de la réforme des terres collectives. Et tant mieux si ça peut servir au passage le « deal du siècle » promu par son époux, Jared Kushner…

Il n’y a quasiment plus un discours d’Ivanka Trump où elle n’encense pas le Maroc. En une semaine, la fille et conseillère du locataire du bureau ovale a salué à deux reprises, les « réformes importantes et audacieuses » entreprises par le royaume en faveur de l’émancipation économique des femmes.

Une première fois, mercredi 12 février à Washington, à l’occasion de la célébration au département d’Etat du 1er anniversaire de l’ONG qu’elle pilote : l’Initiative de développement économique des femmes (W-GDP). Avant de remettre une couche dimanche 16 février à Dubaï, lors de la session d’ouverture du Global Women’s Forum 2020.

Des lois pour garantir les droits des femmes

Et si le Maroc est bien vu par le porte-étendard du féminisme de l’administration Trump, c’est en raison des lois sur les terres dites Soulaliyates. Un arsenal législatif important avait été adopté pour garantir les droits des femmes sur les terres collectives et leur permettre de bénéficier des opportunités économiques qui y sont générées. Une réforme qui avait d’ailleurs été applaudie, en août dernier, par un tweet dithyrambique de la même Ivana Trump.

Depuis, elle a eu tout le loisir de succomber aux charmes de l’hospitalité marocaine lors d’un déplacement en novembre 2019, quelques mois seulement après celui de son mari Jared Kushner. Ce dernier est le principal promoteur du « deal du siècle » proposé par Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien et qui met en émoi la rue arabe.

Cet excès de complaisance à l’égard du royaume n’est-il pas lié à la position modérée de la diplomatie chérifienne sur le plan Trump ?

La diplomatie, une affaire de famille

Ivana Kushner épouse la cause de son homme et ne manque pas de le clamer, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les pupitres de sommets internationaux. Son récent excès de complaisance à l’égard du royaume ne serait-il pas alors lié à la position modérée de la diplomatie chérifienne sur le dossier du Proche Orient ?

Avec Jueneafrique par Fahd Iraqi

Le Guatemala rompt ses relations diplomatiques avec le gouvernement vénézuélien

janvier 16, 2020

Le nouveau président du Guatemala, Alejandro Giammattei, a annoncé jeudi rompre les relations diplomatiques de son pays avec le gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro. «Nous rompons définitivement les relations avec le gouvernement du Venezuela», a déclaré le chef de l’Etat à des journalistes, avant une réunion au siège du gouvernement avec le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro.

Le nouveau président de droite, entré en fonctions mardi, a souligné que cette rupture était «définitive» et que le ministre des Affaires étrangères, Pedro Brolo, avait reçu des instructions pour que le représentant diplomatique de Nicolas Maduro dans la capitale guatémaltèque quitte le pays.

Après l’annonce de cette mesure, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza a déclaré que Alejandro Giammattei «s’était jeté aux pieds» du président américain Donald Trump. «Son gouvernement va certainement devenir une autre plaisanterie de mauvais goût que nous verrons passer et se dessécher», a écrit Jorge Arreaza sur Twitter.

Lors de son élection en novembre, Alejandro Giammattei avait déjà annoncé qu’il romprait les relations diplomatiques de son pays avec Caracas pour reconnaître le chef de file de l’opposition Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela. Son prédécesseur, l’ex-président Jimmy Morales (2016-2020), avait déjà reconnu comme tel Juan Guaido en janvier 2019, mais l’ambassade du Venezuela avait continué de fonctionner sous la direction du chargé d’affaires. Ce dernier avait remplacé l’ambassadrice Alicia Salcedo après que le gouvernement guatémaltèque eut demandé son départ, l’accusant d’ingérence.

Alejandro Giammattei avait tenté en octobre d’entrer au Venezuela pour rencontrer Juan Guaido, mais il avait été refoulé. Les autorités avaient notamment indiqué qu’il n’avait pas d’invitation du gouvernement vénézuélien.

Le Guatemala est un membre actif du Groupe de Lima, une instance composée d’une douzaine de pays d’Amérique latine et du Canada, créé en 2017 pour chercher une issue à la crise au Venezuela. Le Groupe de Lima reconnaît Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela.

Par Le Figaro avec AFP

Décès de l’ancienne cheffe de la diplomatie indienne Sushma Swaraj

août 6, 2019

 

L’ancienne ministre des Affaires étrangères indienne Sushma Swaraj, l’une des femmes politiques les plus connues du pays, a annoncé le premier ministre Narendra Modi mercredi.

En mauvaise santé, Sushma Swaraj avait occupé son poste pendant cinq ans avant d’être remplacée par Subrahmanyam Jaishankar lors d’un remaniement ministériel en mai.

«Un chapitre glorieux de la politique indienne touche à sa fin», a écrit M. Modi sur Twitter.

«L’Inde pleure une personnalité remarquable qui a consacré sa vie au service public et à l’amélioration de la vie des plus démunis. Sushma Swaraj Ji était une source d’inspiration unique», a-t-il déclaré.

L’agence indienne PTI a indiqué que Mme Swaraj, 67 ans, avait succombé mardi dans la nuit d’un arrêt cardiaque. Elle avait subi une greffe de rein en 2016.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Pourquoi la Somalie a rompu ses relations diplomatiques avec la Guinée

juillet 9, 2019

Muse Bihi Abdi, le président du Somaliland (image d’illustration). © YouTube/ENNTelevision

La Somalie a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la Guinée. Cette décision, que Conakry dit avoir apprise par voie de presse, fait suite à une audience accordée à une délégation du Somaliland par le chef de la diplomatie guinéenne.

« Le gouvernement fédéral somalien a décidé de mettre fin à toute relation diplomatique avec la République de Guinée », a annoncé le ministère somalien des Affaires étrangères et de la Coopération dans un communiqué daté du 4 juillet.

Une décision que Conakry aurait apprise par voie de presse, la diplomatie guinéenne n’en ayant pas été notifiée officiellement, selon un conseiller du ministre guinéen des Affaires étrangères. La décision somalienne n’aurait pas obéi « aux procédures de consultation en la matière », a-t-il déclaré à Jeune Afrique.

Ce brusque refroidissement des relations diplomatiques entre la Somalie et la Guinée faisait suite à l’accueil réservé le 2 juillet à Muse Bihi Abdi, le président du Somaliland – « avec un protocole de chef d’État », selon le ministère somalien. Le Somaliland, que Mogadiscio considère comme partie intégrante de son territoire, est une ancienne colonie britannique qui s’est autoproclamée indépendante en 1991.

Mogadiscio et Conakry entretenaient « des relations d’amitié et de coopération sans enjeux politique et économique majeurs. Nous n’avons aucune représentation diplomatique en Somalie et inversement », confie à JA un des conseillers du ministre guinéen des Affaires étrangères, Mamadi Touré. Ce dernier n’a pas souhaité réagir aux sollicitations de Jeune Afrique.

Visite discrète

Cette rupture diplomatique intervient alors que Conakry avait pris des précautions en recevant le « dirigeant séparatiste » loin des médias. Le chef de l’État guinéen, Alpha Condé, s’est notamment tenu à l’écart de la rencontre, laissant son ministre des Affaires étrangères accueillir Muse Bihi Abdi à l’aéroport international de Conakry.

Les deux personnalités ont ensuite rejoint le centre-ville de Kaloum à bord d’un hélicoptère. Muse Bihi Abdi et Mamadi Touré se sont entretenus « en comité restreint » à l’hôtel Primus Kaloum, situé à un jet de pierre du palais présidentiel Sekhoutoureya. Malgré cette proximité, Alpha Condé n’a pas rencontré l’invité, selon notre source au ministère guinéen des Affaires étrangères, qui précise : « On ne reçoit pas le Somaliland en tant qu’État. »

La question du Somaliland à l’UA

Le Somaliland est néanmoins en quête d’une reconnaissance internationale et d’un statut de membre de l’Union africaine (UA). « Le Somaliland a énormément besoin de soutien à tous les niveaux. Ses dirigeants politiques ont besoin de davantage de partenaires, et on ne peut pas refuser d’assister un pays africain », a souligné une autre source au sein du ministère des Affaires étrangères.

Actuellement étudiée par l’UA, la question du Somaliland ne saurait tarder à trouver une issue, selon notre source.

Grande fête à Hargeisa

De leur côté, les Somalilandais n’ont visiblement pas le triomphe modeste. Autant l’accueil réservé à leur président à Conakry irrite Mogadiscio, autant il crée la joie dans les rues de Hargeisa, la capitale du Somaliland, où le tricolore guinéen et les portraits du présidents Condé sont omniprésents, à en croire des images publiées sur les réseaux sociaux.

Une propagande véhiculée aussi bien par le jeune État en quête de reconnaissance internationale que par ses détracteurs. Conséquences : des fake news circulent, comme ce communiqué « d’excuses » du gouvernement guinéen à la Somalie. « C’est un faux grossier. Nous ne sommes pas à l’origine de ce communiqué », dément Mohamed Lamine Solano, conseiller en communication du chef de la diplomatie guinéenne, Mamadi Touré. Affirmant n’avoir pas été informé par la voie diplomatique, Conakry a décidé de ne pas répondre à Mogadiscio.

Hargeisa s’en est chargé à travers un communiqué du 5 juillet. Les autorités du Somaliland y flétrissent la décision de la Somalie de rompre unilatéralement ses relations diplomatiques avec la Guinée. « Le gouvernement de la République du Somaliland est profondément inquiet et blessé par le comportement de la Somalie et de sa campagne d’agression contre une grande liste de nations africaines au moment où les chefs d’État sont réunis à Niamey pour trouver des solutions communes pour la paix, la sécurité et la promotion de l’intégration », indique notamment le communiqué.

 

Par Jeuneafrique.com

L’Iran doit répondre «à la diplomatie par la diplomatie»

juin 21, 2019

 

L’Iran «doit répondre à la diplomatie par la diplomatie, pas par la force», a déclaré vendredi l’envoyé spécial des États-Unis pour l’Iran, Brian Hook, lors d’une visite en Arabie saoudite, pays allié des Etats-Unis et grand rival de Téhéran.

S’adressant à la presse à l’issue d’une rencontre avec des responsables saoudiens sur la base aérienne d’Al-Kharj, à une centaine de kilomètres au sud de Ryad, il a accusé l’Iran d’être «responsable de l’aggravation des tensions dans la région». «Ils continuent de rejeter nos ouvertures diplomatiques», a affirmé l’envoyé de l’administration du président américain Donald Trump.

«Le président Trump et le secrétaire d’État Pompeo l’ont fait savoir clairement: nous sommes ouverts au dialogue», a-t-il ajouté. «L’Iran a répondu en repoussant la main tendue diplomatiquement par le Premier ministre (japonais, en visite à Téhéran Shinzo) Abe puis en attaquant un navire japonais», a-t-il poursuivi. «Notre diplomatie ne donne pas à l’Iran le droit de répondre par la force militaire», a ajouté le diplomate, assurant que la campagne américaine en cours de «pression maximum sur l’Iran porte ses fruits».

Les tensions n’ont cessé de monter entre les États-Unis, fidèle allié de l’Arabie Saoudite, et l’Iran depuis que le président américain a décidé en mai 2018 de retirer unilatéralement son pays de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, et de rétablir de lourdes sanctions contre Téhéran. Ces dernières semaines le ton est encore monté après des attaques de pétroliers dans la région du Golfe imputées par les Etats-Unis à l’Iran qui dément.

Jeudi un missile sol-air iranien a abattu un drone américain au-dessus de la mer d’Oman. L’Iran affirme que l’appareil avait pénétré dans son espace aérien alors que Washington assure qu’il a été touché dans l’espace aérien international.

Avant sa visite sur la base saoudienne d’Al-Kharj, Brian Hook s’est entretenu vendredi entre autres avec Khaled Ben-Salman, vice-ministre saoudien de la Défense. Après cette rencontre, ce dernier a déclaré, dans une série de tweets, qu’il avait «réaffirmé le soutien du royaume à la campagne américaine de pression maximale sur l’Iran». «Nous avons aussi évoqué avec le représentant américain pour l’Iran le rôle dangereux que joue le régime iranien au Yémen», a-t-il tweeté. L’Arabie saoudite intervient militairement au Yémen voisin en soutien aux forces progouvernementales contre des rebelles Houthis soutenus politiquement par l’Iran.

Par Le Figaro.fr avec AFP

La Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l’OIF

octobre 12, 2018
Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
© LUDOVIC MARIN Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé par consensus une nouvelle secrétaire générale à sa tête, vendredi. Au terme d’une réunion à huis clos, les États membres réunis à Erevan, en Arménie, ont donné leur aval à la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.

L’élection de Mme Mushikiwabo met un terme au mandat de Michaëlle Jean, dont la réputation a été ternie par la mise en lumière de dépenses de fonctions jugées extravagantes.

L’ancienne journaliste et politicienne canadienne avait livré la veille un ultime plaidoyer, lors du Sommet de la Francophonie, dénonçant entre les lignes le consensus autour de sa rivale.

Le régime rwandais a tour à tour été pointé du doigt par des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch pour la répression exercée contre les opposants politiques et l’important recul encaissé sur la question des droits et libertés.

Mme Jean a malgré tout vu ses chances s’envoler lorsque Québec et Ottawa ont annoncé qu’ils n’appuieraient pas sa candidature.

Celle qui est numéro deux du gouvernement de Kigali a réussi à obtenir le soutien de la France, principal bailleur de fonds de l’OIF, ainsi que l’appui d’une flopée de pays de l’Union africaine.

« L’épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo », a ainsi souligné le président français Emmanuel Macron, jeudi, au premier jour du sommet.

Outre la question des droits de l’homme, le Rwanda a aussi été l’objet de critiques en raison de la place qu’occupe le français au pays. L’anglais a pris le dessus en devenant la langue obligatoire à l’école. Par ailleurs, c’est en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre des Affaires étrangères.

Le plurilinguisme n’est toutefois pas contraire à la défense du français, a estimé le président Macron. « Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme », a-t-il lancé.

La nomination de Louise Mushikiwabo consacre le retour du continent à la tête de l’OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains depuis sa création, en 1970, mis à part une parenthèse canadienne.

L’Organisation internationale de la Francophonie réunit 84 États et gouvernements, dont 26 observateurs et quatre « membres associés ». L’Afrique regroupe 27 des 54 États membres ayant droit de vote.

Selon l’OIF, 85 % des francophones en 2050 vivront sur le continent africain, soit un total de 700 millions, contre 274 millions aujourd’hui.

Radio-canada.ca avec Agence France-Presse

Khashoggi: Londres menace Ryad de « conséquences » si les accusations sont fondées

octobre 11, 2018

Londres – Le ministre des Affaires étrangères britannique a prévenu jeudi les autorités saoudiennes qu’elles s’exposeraient à de « graves conséquences » en cas de responsabilité dans la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

L’éditorialiste critique du pouvoir de Ryad et collaborateur du Washington Post n’a plus donné de signe de vie depuis son entrée le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul, où il s’était rendu pour obtenir un document en vue de son mariage avec une Turque.

Des responsables turcs ont affirmé samedi que, selon les premiers éléments de l’enquête, M. Khashoggi a été assassiné à l’intérieur du consulat.

« Si ces allégations sont vraies, il y aura de graves conséquences car notre amitié et nos partenariats sont fondés sur des valeurs communes », a déclaré Jeremy Hunt à l’AFP.

« Si les Saoudiens veulent parvenir à une conclusion satisfaisante (dans cette affaire), nous devons trouver M. Khashoggi. Ils disent que ces accusations ne sont pas vraies, alors où est M. Khashoggi? », a poursuivi le ministre.

Ankara affirme que Jamal Khashoggi n’est jamais ressorti du bâtiment, mais Ryad assure le contraire.

« Nous sommes extrêmement inquiets », a déclaré Jeremy Hunt, expliquant avoir transmis sa « vive préoccupation » à l’ambassadeur saoudien à Londres et au ministre des Affaires étrangères saoudien.

« Les gens qui se considèrent comme les amis de longue date de l’Arabie saoudite estiment qu’il s’agit d’un sujet très très grave », a-t-il déclaré, faisant notamment référence aux Etats-Unis qui ont demandé des explications à Ryad.

Le président américain a déclaré mercredi s’être entretenu « au plus haut niveau » avec les Saoudiens, et ce « plus d’une fois », au sujet du journaliste.

« Nous sommes très déçus de voir ce qui se passe. Nous n’aimons pas ça » et « nous voulons savoir ce qui se passe là-bas », a assuré Donald Trump.

Selon le Washington Post, les services de renseignement américains avaient connaissance d’un projet saoudien, impliquant le prince héritier Mohammed Ben Salmane, consistant à attirer le journaliste de 59 ans dans un piège pour l’arrêter.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti jeudi que son pays ne resterait pas silencieux au sujet de cette disparition.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 12h49)