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La présidente taïwanaise reçoit les émissaires de Biden

avril 15, 2021

LA PRÉSIDENTE TAÏWANAISE REÇOIT LES ÉMISSAIRES DE BIDEN

© Reuters/Ann Wang

TAIPEI (Reuters) – Taïwan collaborera avec les Etats-Unis pour déjouer les menaces que représentent les activités militaires chinoises, a déclaré jeudi la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, à des émissaires américains en visite dans l’île à la demande de Joe Biden.

L’ex-sénateur Chris Dodd et les anciens secrétaires d’État adjoints Richard Armitage et James Steinberg, ont été envoyés à Taïwan par le président américain pour marquer l’engagement de Washington en faveur de Taïwan et sa démocratie.

Tsai Ing-wen a déclaré à la délégation américaine, lors d’une réunion à la présidence, que les activités militaires chinoises dans la région menaçaient la paix et la stabilité régionales.

« Nous sommes tout à fait disposés à travailler avec les pays de même sensibilité, y compris les États-Unis, pour sauvegarder la paix et la stabilité dans la zone Indo-pacifique et écarter les manoeuvres aventureuses et les provocations », a-t-elle ajouté. Elle a aussi promis de continuer à coopérer avec les États-Unis pour combattre la désinformation.

Chris Dodd a assuré que l’administration Biden serait « un ami fiable et digne de confiance » de Taïwan, ajoutant que le partenariat des États-Unis avec Taïwan était « plus fort que jamais ».

Tsai Ing-wen a également déclaré à la délégation que Taïwan espérait reprendre les négociations commerciales avec les États-Unis dès que possible. Taipeh cherche depuis longtemps à conclure un accord de libre-échange avec Washington.

Taïwan, que Pékin considère comme une province sécessionniste, est la question territoriale la plus sensible de la Chine et une source de discorde majeure avec Washington, qui est tenu par la loi américaine de fournir à l’île les moyens de se défendre.

La Chine a averti que la rencontre des responsables américains avec Tsai Ing-wen « ne ferait qu’exacerber la situation tendue dans le détroit de Taïwan ».

Avec Reuters par (Yimou Lee; version française Camille Raynaud, édité par Jean-Stéphane Brosse)

Diplomatie: la République de Saint-Marin a désormais une représentation au Congo

avril 5, 2021

L’installation de Marcello Della Corte, consul honoraire de la République de Saint-Marin en République du Congo, a été faite le 1er avril par Alexandre Honoré Paka, préfet du département de Pointe-Noire, en présence de Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique.

Le préfet de Pointe-Noire remettant le drapeau de Saint-Marin à Marcello Della Corte Crédit photo »Adiac »

Depuis près de cinq ans, le Congo et la République de Saint-Marin se sont engagés à travailler ensemble dans divers domaines. Une collaboration ponctuée par les accords diplomatiques signés le 28 septembre 2018 au Palais des Nations unies à New York scellant la coopération Congo et Saint-Marin.

L’intronisation du consul honoraire de la République de Saint-Marin en République du Congo de Marcello Della Corte traduit la cordialité des relations entre les deux pays renforcée par cette représentation diplomatique qui a pour siège Pointe-Noire. Une collaboration qui sera étroite avec toutes les institutions de la République a rassuré le préfet de Pointe-Noire en remettant les attributs de pouvoir au nouveau Consul.

Saint-Marin est l’un des plus petits Etats du monde mais aussi une ancienne République créée en l’an 300 après Jésus Christ, a dit le consul honoraire avant de réaffirmer son engagement à œuvrer auprès du Congo dans la recherche scientifique appliquée à la protection de l’environnement et à l’agriculture biologique dont l’expertise en la matière ne se dément plus. «  En collaboration avec le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, cette coopération s’est traduite par l’implantation dans le district de Tchiamba Nzassi du premier centre  biologique pour le traitement des déchets pétroliers, le premier de la sous-région certifié Iso 9001. La recherche scientifique et l’innovation technologique sont à la base des intérêts réciproques de nos deux Etats. La mise en place de ces relations diplomatiques ne fait que renforcer les échanges », a-t-il ajouté.

Avec Adiac-Congo par Hervé Brice Mampouya

Conflit dans le Tigré, en Éthiopie : Yoweri Museveni et Olusegun Obasanjo s’impliquent

novembre 16, 2020
Des Éthiopiens ayant fui les combats dans le Tigré pour se réfugier au Soudan, le 15 novembre 2020.

Le conflit entre le pouvoir central et la région dissidente du Tigré, qui s’étend désormais à l’Érythrée, est au centre d’un intense balai diplomatique. Tandis que le président ougandais Yoweri Museveni affirme s’impliquer directement, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est annoncé à Addis-Abeba pour une mission de médiation.

Olusegun Obasanjo « est en route pour Addis-Abeba pour des pourparlers », a assuré ce lundi Kehinde Akiyemi, porte-parole de l’ex-président nigérian, précisant qu’il allait mener une mission de « médiation ». Le gouvernement éthiopien et l’Union africaine (UA) ont cependant indiqué ne pas avoir d’informations concernant cette mission.

Cette annonce intervient alors que Yoweri Museveni, le président ougandais, a reçu le vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, également ministre des Affaires étrangères. « Il faut qu’il y ait des négociations et que le conflit s’arrête », a déclaré Museveni à l’issue de cet entretien qui s’est tenu à Gulu, dans le nord de l’Ouganda. « Je suis totalement en désaccord avec la politique axée sur le fédéralisme ethnique, a encore précisé le chef de l’État ougandais. Nous devons mettre l’accent sur la question de l’unité et des intérêts communs, car c’est le seul moyen de prospérer. »

Le président ougandais Yoweri Museveni et vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, le 16 novembre 2020 à Gulu (Nord de l'Ouganda).

Selon deux responsables gouvernementaux cités par l’AFP, Yoweri Museveni devait également recevoir ce lundi une délégation du Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région dissidente. Mais aucun détail n’a filtré sur cette rencontre.

Escalade

Le conflit qui fait rage dans la région du Tigré, où le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l’armée fédérale le 4 novembre, après des mois de tensions croissantes avec les autorités régionales du TPLF, a franchi un seuil supplémentaire ces derniers jours. Le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l’Érythrée frontalière, qu’il accuse de prêter main-forte à l’armée fédérale éthiopienne dans son offensive.

Dimanche, Abiy Ahmed a assuré que les opérations militaires « progressaient bien » et que « l’Éthiopie était plus que capable d'[en] atteindre les objectifs […] par elle-même ». Les médias d’État éthiopiens ont par ailleurs annoncé la prise d’Alamata, localité du sud-est du Tigré, à 180 km de route au sud de la capitale régionale, Mekele.

Une escalade qui renforce les craintes des observateurs que le conflit au Tigré ne dégénère et n’entraîne l’Éthiopie dans un conflit communautaire incontrôlable en même temps qu’il déstabilise la Corne de l’Afrique.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a alerté sur les conséquences de la crise, disant notamment s’attendre à une vague massive de réfugiés au Soudan voisin. Près de 25 000 Éthiopiens, hommes, femmes et enfants, ont déjà fui au Soudan les combats au Tigré, selon l’agence officielle soudanaise Suna.

 Par Jeune Afrique avec AFP

États-Unis: Mike Pompeo reçu par Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian

novembre 15, 2020

 

C’est dans ce contexte de transition tendu que le chef de la diplomatie américaine est attendu à l’Elysée. Après un week-end privé dans la capitale avec son épouse Susan, Mike Pompeo sera reçu ce lundi par le président Macron, après un entretien avec son homologue Jean-Yves Le Drian. Il poursuivra son voyage en Turquie, Géorgie, Israël, aux Emirats arabes unis, au Qatar et enfin en Arabie saoudite. Une tournée d’adieu en quelque sorte.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, ici à New York le 20 août 2020.© Mike Segar/Reuters Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, ici à New York le 20 août 2020.

Alliés, partenaires et amis :  le département d’Etat insiste sur les liens historiques qui unissent la France et les Etats-Unis à la veille de la visite de Mike Pompeo. Une visite qui restera discrète; elle a lieu à la demande des Américains, précise-t-on à Paris, et « en toute transparence avec l’équipe de Joe Biden ».

La période de transition complique les relations diplomatiques mais les sujets de discussion ne manqueront pas. Côté américain on évoque l’importance de la coopération transatlantique en matière économique, une alliance clé au sein de l’Otan, une convergence de vues sur la Russie et un partenariat indéfectible dans la lutte contre le terrorisme.

Mais le ton devrait être moins consensuel et plus tendu sur d’autres sujets; en particulier sur la possibilité d’une accélération du retrait militaire américain d’Irak et d’Afghanistan : Jean-Yves Le Drian l’a dit vendredi, il fera part à son homologue du désaccord français sur une telle éventualité. Avant la mise en place de l’équipe démocrate, l’administration Trump a deux mois devant elle. Autres dossiers sur lesquels les vues divergent radicalement et qui pourraient être évoqués, l’Iran, et le Proche-Orient.

Avec RFI

Première visite officielle d’une délégation émiratie en Israël

octobre 20, 2020

Une délégation des Emirats arabes unis est arrivée mardi 20 octobre en Israël pour signer une série d’accords, la première visite officielle depuis la normalisation entre les deux pays. Accompagnée par le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, la délégation a été accueillie par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.

Avec des économies gravement touchées par les conséquences de la pandémie de Covid-19, les deux pays espèrent recueillir rapidement les dividendes de leurs nouvelles relations, qui ont rompu un «consensus arabe» conditionnant toute normalisation avec Israël à un règlement du conflit israélo-palestinien. La délégation émiratie est conduite par le ministre d’Etat aux Affaires financières Obaid Al-Tayer et le ministre de l’Economie Abdallah ben Touq Al-Mari, a indiqué Hend Al-Otaiba, directrice de la communication stratégique au ministère émirati des Affaires étrangères.about:blankhttps://acdn.adnxs.com/dmp/async_usersync.html

«Un jour glorieux pour la paix»

Israël et les Emirats arabes unis ont décidé d’exempter leurs ressortissants de visas, a annoncé mardi le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les Emiratis devenant ainsi les premiers citoyens d’un pays arabe à en être dispensés. «Nous exemptons nos ressortissants de visas», a affirmé M. Netanyahu sur le tarmac de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. «Aujourd’hui nous faisons l’histoire qui perdurera sur des générations», a-t-il déclaré avant d’ajouter: «Nous nous souviendrons de ce jour comme d’un jour glorieux pour la paix».

Après cette prise de parole, des représentants israéliens et émiratis ont signé quatre accords: outre celui concernant l’exemption de visas, les autres textes concernent la protection des investissements, l’aviation et la coopération scientifique.

Les Emirats et Israël ont signé le 15 septembre à Washington, sous la houlette du président américain Donald Trump, l’accord de normalisation, qui a été ratifié lundi. Bahreïn a signé le même jour un accord similaire. Ces deux Etats du Golfe sont les premiers pays arabes à normaliser les relations avec l’Etat hébreu depuis l’Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994.

Par Le Figaro avec AFP

Diplomatie : tension persistante à la frontière entre la Zambie et la RDC

mai 23, 2020

 

La brouille est localisée plus vers les provinces de Tanganyika et du Haut-Katanga où les troupes zambiennes manifestent des velléités d’annexion d’une partie du territoire congolais en mettant, d’ores et déjà, plusieurs localités sous leur coupe.

 

Des informations en provenance des provinces du Tanganyika et du Haut-Katanga ne sont guère rassurantes. Il est, en effet, fait état depuis quelques jours de la présence de l’armée zambienne dans quelques localités congolaises situées dans la zone frontalière. Il s’agit précisément des villages de Kibanga et Kalubamba où les troupes zambiennes se pavanent encore aujourd’hui comme en territoires conquis. Nonobstant les appels de détresse des communautés locales, l’intervention des forces loyalistes se fait toujours désirer dans cette partie du pays au grand désarroi de la population livrée à son triste sort. Plusieurs habitants, tétanisés par cette présence militaire zambienne, ont rejoint la forêt. Difficile pour eux de continuer à demeurer dans des villages envahis par des soldats étrangers non coopératifs et à la gâchette facile. C’est dans ce contexte de panique générale exacerbée par la présence des chars de combat et le survol régulier des hélicoptères de l’armée zambienne qui a déjà dans son giron 15 km du territoire congolais que Kinshasa tente de négocier une voie de sortie.

Des éléments des Fardc

Malgré l’avancée des troupes zambienne sur le sol congolais – les territoires de Moba et de Pweto constituent la prochaine étape -, l’exécutif national négocie une voie de sortie diplomatique à ce différend frontalier. Il est entendu, en effet, que la Zambie nourrit des velléités annexionnistes sur quelques localités congolaises. Ceci est un secret de polichinelle que la Zambie revendique une partie du territoire congolais qu’elle voudrait s’approprier de grès ou de force. Côté congolais, l’on continue à jouer la carte de la tempérance en privilégiant les contacts diplomatiques déjà fort avancés plutôt que l’option militaire. Bien que les Fardc soient d’ores et déjà en alerte maximale, le gouvernement envisage saisir l’Union africaine et la Sadec dont la commission chargée de la sécurité au niveau de la région s’occupe de la surveillance aux frontières. La médiation de ces deux institutions permettra d’examiner les revendications zambiennes de sorte à trouver un modus vivendi entre les deux parties.

En attendant, la population locale dans les localités concernées sont en proie à l’insécurité. Elles développent un sentiment d’abandon car elles ne voient rien venir en termes d’assistance. Et pourtant, les éléments des Fardc sont bel et bien présents dans la région et tergiversent pour lancer l’offensive contre les assaillants. « Oui, il y a suffisamment des militaires congolais, mais ils disent toujours qu’ils attendent le mot d’ordre, ils attendent des négociations et, entre-temps, c’est la population qui souffre », allègue un membre de la société civile de Tanganyika.  Face aux atermoiements du gouvernement congolais peu enclin à régler rapidement ce différend, l’armée zambienne continue à renforcer ses positions dans les territoires occupés, sans crainte d’y être délogée.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Coronavirus : comment la Chine cherche à redorer son image en Afrique

avril 16, 2020

En Chine, des ressortissants africains jetés à la rue par leurs hôtels, de peur du Covid-19. Guangzhou, avril 2020.

En Chine, des ressortissants africains jetés à la rue par leurs hôtels, de peur du Covid-19. Guangzhou, avril 2020. © Photo EyePress via AFP

 

Berceau de la pandémie de coronavirus, la Chine envoie du matériel sanitaire à travers le continent. Mais ces efforts suffiront-ils à faire oublier ses manquements dans la gestion de la crise et les traitements discriminatoires dont sont victimes les ressortissants africains sur son territoire ?

« Lorsque la neige et la glace fondront, ce sera le printemps. Après la victoire contre l’épidémie, la communauté de destin Chine-Afrique sera encore plus solide. » Pour conclure la visioconférence qu’il avait organisée, le 10 mars, avec les ministres des Affaires étrangères d’une cinquantaine de pays d’Afrique, Wang Yi, conseiller d’État et chef de la diplomatie chinoise, s’est voulu poétique et prophétique.

La belle amitié sino-africaine affichée à longueur de discours a pourtant pris de sérieux coups ces dernières semaines. D’abord parce que d’Abidjan à Lubumbashi, à mesure que la peur du virus se répandait, les Chinois présents en Afrique étaient montrés du doigt et ostracisés.

Signe de cette défiance, les appareils d’Ethiopian Airlines – seule compagnie aérienne africaine qui continue à desservir la Chine – ont été interdits jusqu’à nouvel ordre au Kenya. À Ouagadougou, l’un de ses avions a été bloqué sur le tarmac de l’aéroport, le temps que les passagers soupçonnés de porter le Covid-19 soient testés. À Brazzaville, un groupe de travailleurs chinois débarqués fin mars d’un vol en provenance d’Addis-Abeba ont été mis d’office en quarantaine dans un hôtel malgré leurs protestations.

Mais depuis quelques jours, c’est de Guangzhou, en Chine continentale, qu’arrivent des témoignages alarmants. Il est cette fois question de pratiques discriminatoires infligées par les autorités provinciales aux milliers d’Africains établis dans l’ancienne Canton. Beaucoup affirment avoir été expulsés de leurs hôtels ou de leurs appartements, soupçonnés d’être porteurs du virus. D’autres ont été placés en isolement malgré des tests négatifs ou ont vu leur visa mystérieusement révoqué.

La situation est telle que, le 10 avril, le groupe des ambassadeurs africains à Pékin s’est formellement plaint du traitement réservé aux ressortissants du continent et que, trois jours plus tard, l’Union africaine (UA) a demandé aux autorités chinoises de prendre des mesures pour éviter tout débordement.

Péché originel

Si le gouvernement chinois a paru réceptif, c’est parce qu’il ne veut pas que l’épisode vienne ternir une image à peine redorée par l’aide massive qu’il a envoyée vers le continent ces dernières semaines. Comme pour se débarrasser du péché originel d’avoir laissé naître le Covid-19 en son sein, la Chine exporte dans le monde son matériel, son personnel et l’expertise qu’elle a acquise dans la lutte contre un virus qu’elle dit avoir jugulé chez elle.

Depuis le 1er mars, elle a expédié pour 1,33 milliard d’euros d’équipements médicaux divers (3,86 milliards de masques, 37,5 millions de vêtements de protection et 16 000 respirateurs, selon les douanes chinoises) dans plus de 80 pays, y compris africains.

Sur le continent, chacun a également reçu, fin mars, les 1 000 tenues de protection, les 20 000 kits de test et les 100 000 masques promis par la Fondation Jack Ma, du nom du richissime fondateur d’Alibaba, et remis sous le patronage insistant de l’ambassadeur chinois local.

D’autres entreprises chinoises participent à l’effort. L’opérateur Huawei distribue du matériel et des chèques dans les différents pays où il est implanté. China Merchants a importé 1 million de masques à Djibouti. CSCEC, le géant du BTP, a envoyé pour plus de 420 000 euros de matériel en Algérie et Hunan Construction a fait de même au Sénégal.

Des fournitures médicales données par le Chinois Jack Ma arrivent à l'aéroport d'Abuja, au Nigeria, le 25 mars 2020.
Des fournitures médicales données par le Chinois Jack Ma arrivent à l’aéroport d’Abuja, au Nigeria, le 25 mars 2020. © Kola SULAIMON / AFP

Aide bilatérale ciblée

En avril a ensuite débuté l’aide bilatérale proprement dite et clairement ciblée. La RD Congo a reçu 65 tonnes de matériel de dépistage et de protection, l’Éthiopie plus de 1 million de tests et 6 millions de masques, le Zimbabwe et l’Algérie, un hôpital de campagne. Le 6 avril, un avion d’Air China s’est posé à Accra pour y décharger plusieurs dizaines de tonnes d’équipements, par la suite redistribués dans 18 pays (Ghana, Nigeria, Sénégal, Gabon, Sierra Leone, Guinée-Bissau, Guinée, Côte d’Ivoire, Gambie, Liberia, Mali, Burkina Faso, Congo, Guinée équatoriale, Togo, Bénin, Cap-Vert et São Tomé).

« Contrairement à ce qu’elle prétend, la Chine ne sauvera pas l’Afrique à elle toute seule », affirment les experts de l’OCDE

Savamment mises en scène, parfaitement relayées par les médias chinois, ces opérations semblent pourtant trop sporadiques pour être suffisantes. «Contrairement à ce qu’elle prétend, la Chine ne sauvera pas l’Afrique à elle toute seule», affirment les experts de l’OCDE. Elle n’en a tout simplement pas les moyens.

Moteur grippé

Pékin vient de dépenser 14 milliards d’euros pour faire face à sa propre crise sanitaire. Plus d’un demi-million de PME ont mis la clé sous la porte depuis le mois de janvier et la zone économique de Shenzhen encaisse de plein fouet la chute de 20% des volumes d’exportation en mars.

Pékin saura-t-il sortir de la « diplomatie du masque », pour retrouver son costume de premier partenaire économique de l’Afrique ?

Les économistes s’attendent à ce que la croissance chinoise avoisine les 5% en 2020, soit le plus faible indice enregistré depuis longtemps par « le moteur du monde », toujours grippé donc, faute de demande sur les marchés. La Chine reste aujourd’hui « celle qui aide » aux yeux des Africains. Et demain ? Une fois remportée la « bataille des narratifs » dénoncée par les responsables européens, Pékin saura-t-il sortir de la « diplomatie du masque », pour retrouver son costume de premier partenaire économique de l’Afrique ?

Les grands chantiers déjà lancés se poursuivent, mais d’autres gros projets d’infrastructures pourraient être retardés, voire annulés, en fonction de l’état des finances chinoises et des chaînes d’approvisionnement. Les flots attendus de touristes chinois vont se tarir et les délocalisations industrielles promises, notamment à l’Éthiopie, risquent d’être, au mieux, repoussées à des lendemains moins incertains.

Un créancier intransigeant

La chute des cours des matières premières alourdit enfin d’autant la dette contractée par les pays producteurs d’hydrocarbures et de certains minerais auprès de la Chine, qui détient à elle seule près d’un quart des créances des pays de la zone Cemac. « C’est en annulant [cette dette], tout simplement, que la Chine montrera vraiment son soutien à l’Afrique », insistent de plus en plus les économistes du continent.

Le problème, c’est que Pékin passe pour être un créancier intransigeant. « Je ne doute pas une seule seconde que, pour le président chinois, la situation de l’Afrique justifie un geste de cette importance, a pourtant affirmé le président français, Emmanuel Macron, le 14 avril, dans une interview à RFI. Donc c’est une discussion que nous aurons […] parce que je vais le solliciter sur ce point. » Mais sera-t-il entendu ?

Enfin, certains voient dans les difficultés de Pékin une occasion pour le continent « de redéfinir les liens économiques qui le lient au reste du monde, et notamment aux Chinois ». Avec la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) et l’arrivée annoncée de la monnaie, l’eco, dans les 15 pays de la Cedeao, l’Afrique est en train de se doter des outils qui doivent lui permettre de mieux s’insérer dans une économie internationale elle-même rebattue. C’est l’un des scénarios rendus possibles par la pandémie. Pas forcément celui retenu par les stratèges de Pékin.

Jeuneafrique par Olivier Caslin

Les propos de l’ambassadeur du Mali en France provoquent un incident diplomatique

février 28, 2020

  Toumani Djimé Diallo, ambassadeur du Mali en France, lors de son audition devant la Commission de Défense du Sénat français, le mercredi 26 février 2020.

Toumani Djimé Diallo, ambassadeur du Mali en France, lors de son audition devant la Commission de Défense du Sénat français, le mercredi 26 février 2020. © Capture d’écran / Public Sénat 

En accusant des soldats français de la Légion étrangère d’avoir un comportement déplacé dans les « Pigalle de Bamako », l’ambassadeur du Mali en France a provoqué un grave incident diplomatique. Le ministre malien des Affaires étrangères est actuellement à Paris, pour désamorcer la crise.

« Je vais vous parler franchement, dans ces forces il y a les officiers, il y a l’armée normale, mais il y a aussi les légions étrangères et c’est là le problème. (…) Je vous dit, en vous regardant droit dans les yeux que par moments, dans les « Pigalle » de Bamako, vous les y retrouvez tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n’est pas celle que nous connaissons de l’armée nationale du Mali. Ça fait peur, ça intrigue et ça pose des questionnements ». L’ambassadeur du Mali en France a-t-il eu conscience de l’incident diplomatique qu’il venait de déclencher en prononçant ces quelques phrases lors d’une audition devant des sénateurs français ?

« Vous avez stigmatisé l’armée française »

L’ambassadeur s’exprimait dans le cadre de l’audition des ambassadeurs des pays du G5 Sahel devant la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat français, mercredi. Et Toumani Djimé Diallo avait pourtant pris soin d’employer, d’abord, des termes soigneusement pesés.

« Le président Ibrahim Boubacar Keïta l’a dit : tous ceux qui aujourd’hui au Mali appellent au départ des forces étrangères et notamment Françaises sont des ennemis, des complices des djihadistes », a-t-il notamment déclaré. Il a également affirmé qu’il « n’y a pas véritablement de sentiment anti-français au Mali », mais un « ressenti au sein de la population » vis-à-vis de la présence militaire française, notamment faute de victoire « plus probantes ».

Mais la petite phrase sur les légionnaires n’est pas passée. Et les propos « francs » du diplomate malien (à écouter sur ce lien, à 10 mn 57) ont immédiatement déclenché la colère de plusieurs des parlementaires français présents. Séance tenante, Jean-Marc Todeschini, vice-président de la Commission, a exprimé son indignation.

« Vous avez stigmatisé l’armée française à travers des comportements certainement vrais de certains soldats », a regretté le sénateur. Vous n’ignorez pas qu’au sein du ministère de la Défense, tout cela est surveillé de près. Mais ces sujets doivent remonter aux états-majors et dans les discussions politiques que nous avons de cabinet à cabinet. Si vos propos sont repris, cela va contribuer à renforcer ce que nous dénoncions. » À savoir le sentiment anti-français qui gagne du terrain dans une frange de l’opinion publique ouest-africaine, et malienne en particulier.

Le soir même, l’état-major français a rétorqué que les légionnaires n’étaient pas stationnés à Bamako, assurant par ailleurs que ceux-ci « n’ont ni quartier libre ni temps de repos hors des bases opérationnelles » de Barkhane, situées dans le nord du pays. Quant au cabinet de Florence Parly, la ministre française des Armées, il est aussi monté au front, assurant qu’il n’y a « quasiment plus de soldats français stationnés à Bamako ».

Dès le lendemain, jeudi, Toumani Djimé Diallo a été convoqué au ministère français des Affaires étrangères. « Nous lui avons exprimé notre indignation devant ses propos sans fondement et choquants de la part d’un pays allié dans la lutte contre le terrorisme », confie à Jeune Afrique une source au Quai d’Orsay.

Tiébilé Dramé à Paris pour désamorcer la crise

À Bamako, l’incident est pris très au sérieux. D’autant plus que les autorités ont, ces dernières semaines et dans la foulée du sommet de Pau, multiplié les déclarations pour prendre leurs distances avec des figures du mouvement réclamant le départ des forces étrangères du pays. Parmi elles, le député du Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir), Moussa Diarra, qui a dû rendre sa carte du parti.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, a pour sa part immédiatement programmé une visite en urgence à Paris, où il est arrivé ce vendredi. Il devait notamment y rencontrer à l’Élysée Franck Paris, le conseiller Afrique d’Emmanuel Macron, avant de s’entretenir avec Florence Parly, la ministre des Armées. L’objectif, désamorcer la crise, et « renforcer les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays ».

À l’Elysée, il rencontrera Franck Paris, le conseiller Afrique d’Emmanuel Macron. Il échangera ensuite avec Florence Parly, la ministre des Armées. Le ministre malien, qui est également attendu à l’Assemblée nationale, s’est rendu au Sénat, où il a été reçu par Gérard Larcher, son président.

Tiébilé Dramé s’est désolidarisé des propos de l’ambassadeur et a insisté sur le fait qu’« en combattant les terroristes qui menacent les populations locales, aux côtés des armées des pays du G5 Sahel et au péril de leur vie, les militaires français font honneur à la Nation. Ils assurent aussi notre protection à tous. » Le ministre malien doit également s’entretenir avec le président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Il est également attendu à l’Assemblée nationale.

L’ambassadeur Toumani Djimé Diallo, lui, a été convoqué à Bamako pour « consultation ». Secrétaire général de la présidence de 2013 à 2014, au début du premier quinquennat d’IBK, directeur du cabinet du président de 2014 à 2015 avant d’être nommé ambassadeur en Allemagne, puis en France, ce proche d’IBK pourrait, selon une source officielle malienne, perdre son statut d’ambassadeur à Paris.

« Il y a une demande de retenue de la part d’un ambassadeur qui n’a pas été respectée. Et surtout, ses déclarations se basent-elles sur des éléments probants ? Je ne le pense pas », estime pour sa part Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition malienne. « En toute logique, il devrait être rappelé. On ne peut pas se permettre de commettre une faute aussi grave avec un partenaire important. »

La société civile malienne, elle, hésite pour le moment à s’emparer du sujet soulevé par l’ambassadeur. « Des gens se plaignent souvent du comportement des troupes étrangères, mais ils ont peur de parler », confie sous couvert de l’anonymat une activiste défendant les droits des femmes au Mali.

Avec Jeuneafrique par Aïssatou Diallo

 

Ivanka Trump et le Maroc, entre fascination et diplomatie

février 18, 2020

Ivanka Trump et la princesse Lalla Meryem, le 7 novembre 2019 au Palais royal de Rabat.

Ivanka Trump et la princesse Lalla Meryem, le 7 novembre 2019 au Palais royal de Rabat. © Jacquelyn Martin/AP/SIPA

 

Dans ses récentes sorties, la fille du président américain ne tarit pas d’éloges sur le royaume, notamment au sujet de la réforme des terres collectives. Et tant mieux si ça peut servir au passage le « deal du siècle » promu par son époux, Jared Kushner…

Il n’y a quasiment plus un discours d’Ivanka Trump où elle n’encense pas le Maroc. En une semaine, la fille et conseillère du locataire du bureau ovale a salué à deux reprises, les « réformes importantes et audacieuses » entreprises par le royaume en faveur de l’émancipation économique des femmes.

Une première fois, mercredi 12 février à Washington, à l’occasion de la célébration au département d’Etat du 1er anniversaire de l’ONG qu’elle pilote : l’Initiative de développement économique des femmes (W-GDP). Avant de remettre une couche dimanche 16 février à Dubaï, lors de la session d’ouverture du Global Women’s Forum 2020.

Des lois pour garantir les droits des femmes

Et si le Maroc est bien vu par le porte-étendard du féminisme de l’administration Trump, c’est en raison des lois sur les terres dites Soulaliyates. Un arsenal législatif important avait été adopté pour garantir les droits des femmes sur les terres collectives et leur permettre de bénéficier des opportunités économiques qui y sont générées. Une réforme qui avait d’ailleurs été applaudie, en août dernier, par un tweet dithyrambique de la même Ivana Trump.

Depuis, elle a eu tout le loisir de succomber aux charmes de l’hospitalité marocaine lors d’un déplacement en novembre 2019, quelques mois seulement après celui de son mari Jared Kushner. Ce dernier est le principal promoteur du « deal du siècle » proposé par Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien et qui met en émoi la rue arabe.

Cet excès de complaisance à l’égard du royaume n’est-il pas lié à la position modérée de la diplomatie chérifienne sur le plan Trump ?

La diplomatie, une affaire de famille

Ivana Kushner épouse la cause de son homme et ne manque pas de le clamer, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les pupitres de sommets internationaux. Son récent excès de complaisance à l’égard du royaume ne serait-il pas alors lié à la position modérée de la diplomatie chérifienne sur le dossier du Proche Orient ?

Avec Jueneafrique par Fahd Iraqi

Le Guatemala rompt ses relations diplomatiques avec le gouvernement vénézuélien

janvier 16, 2020

Le nouveau président du Guatemala, Alejandro Giammattei, a annoncé jeudi rompre les relations diplomatiques de son pays avec le gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro. «Nous rompons définitivement les relations avec le gouvernement du Venezuela», a déclaré le chef de l’Etat à des journalistes, avant une réunion au siège du gouvernement avec le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro.

Le nouveau président de droite, entré en fonctions mardi, a souligné que cette rupture était «définitive» et que le ministre des Affaires étrangères, Pedro Brolo, avait reçu des instructions pour que le représentant diplomatique de Nicolas Maduro dans la capitale guatémaltèque quitte le pays.

Après l’annonce de cette mesure, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza a déclaré que Alejandro Giammattei «s’était jeté aux pieds» du président américain Donald Trump. «Son gouvernement va certainement devenir une autre plaisanterie de mauvais goût que nous verrons passer et se dessécher», a écrit Jorge Arreaza sur Twitter.

Lors de son élection en novembre, Alejandro Giammattei avait déjà annoncé qu’il romprait les relations diplomatiques de son pays avec Caracas pour reconnaître le chef de file de l’opposition Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela. Son prédécesseur, l’ex-président Jimmy Morales (2016-2020), avait déjà reconnu comme tel Juan Guaido en janvier 2019, mais l’ambassade du Venezuela avait continué de fonctionner sous la direction du chargé d’affaires. Ce dernier avait remplacé l’ambassadrice Alicia Salcedo après que le gouvernement guatémaltèque eut demandé son départ, l’accusant d’ingérence.

Alejandro Giammattei avait tenté en octobre d’entrer au Venezuela pour rencontrer Juan Guaido, mais il avait été refoulé. Les autorités avaient notamment indiqué qu’il n’avait pas d’invitation du gouvernement vénézuélien.

Le Guatemala est un membre actif du Groupe de Lima, une instance composée d’une douzaine de pays d’Amérique latine et du Canada, créé en 2017 pour chercher une issue à la crise au Venezuela. Le Groupe de Lima reconnaît Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela.

Par Le Figaro avec AFP