Posts Tagged ‘Diplomatie’

Mali : le régime d’Assimi Goïta pose ses conditions pour renouer avec Paris

octobre 25, 2022

Tout en maintenant ses accusations contre la France, que Bamako accuse d’avoir violé l’espace aérien malien, Abdoulaye Diop, le diplomate en chef de la transition, a soutenu lors du 8e Forum international de Dakar que le pays « n’a de problème à traiter avec aucun partenaire », tant que ce n’est pas pour se faire « dicter des solutions ».

Le ministre malien des Affaires étrangères, Adboulaye Diop, à Moscou, en mai 2022. © Yuri Kadobnov / Pool / AFP.

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a indiqué ce 25 octobre que Bamako posait comme condition à une restauration des relations avec la France le respect de sa « souveraineté » et de ses « choix stratégiques ».

« Le Mali a souhaité que notre souveraineté soit respectée, que nos choix stratégiques et nos choix de partenaires soient respectés, et que les intérêts vitaux des Maliens soient pris en compte », a-t-il affirmé au 8e Forum international de Dakar, conférence sur la sécurité et la paix en Afrique, pour expliquer la brutale dégradation des relations entre les deux pays qui a conduit le 15 août au départ des dernières troupes de l’opération Barkhane.

« Si ces éléments sont observés, le Mali n’a de problème à traiter avec aucun partenaire, y compris la France », a-t-il assuré à des journalistes après une intervention publique au Forum. « Ce qui est important, c’est vraiment que nos partenaires viennent dans l’état d’esprit de travailler avec nous pour des solutions, ne viennent pas nous dicter des solutions », a-t-il par ailleurs déclaré. Reconnaissant qu’« il ne faut pas jeter l’anathème sur les gens », il a reconnu que le régime putschiste a « [sa] propre part de responsabilité » : « Nous avons failli par rapport à l’intégration du continent, nous avons failli par rapport au renforcement de la coopération entre nous, nous avons failli par rapport à notre responsabilité pour assurer notre propre sécurité et je crois que nous ne pouvons pas faire assumer ça par d’autres. »

Session spéciale du Conseil de sécurité

Interrogé sur ses accusations contre la France dans une lettre adressée en août au Conseil de sécurité de l’ONU, dénonçant notamment des « violations répétitives et fréquentes » de l’espace aérien malien par les forces françaises. Il y écrivait que les autorités maliennes disposaient « de plusieurs éléments de preuve que ces violations flagrantes de l’espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel et pour leur larguer des armes et des munitions », des accusations catégoriquement démenties par la France.

Dans son intervention devant le Forum de Dakar, Abdoulaye Diop a affirmé que son pays attendait la session spéciale qu’il réclame pour produire les preuves des accusations contre Paris. « Le Mali n’est pas un enfant, nous sommes membres des Nations unies, nous connaissons les règles. Nous avons demandé une session spéciale pour pouvoir discuter de cette question », a-t-il dit. « Ceux qui sont en face, de quoi ils ont peur ? Si on n’a pas de preuves, qu’on convoque la session », a lancé le chef de la diplomatie malienne.

Par Jeune Afrique avec AFP

Blinken en Afrique du Sud, en RDC et au Rwanda pour contrecarrer l’influence russe

août 7, 2022

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a atterri ce dimanche 7 août à Johannesburg, avant de se rendre à Kinshasa et à Kigali, selon le ministère sud-africain des Affaires étrangères.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, à l’ambassade américaine de Nairobi, au Kenya, le 18 novembre 2021. © Andrew Harnik/AP/SIPA

La visite du secrétaire d’État américain intervient peu après la tournée africaine du ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, en juillet. Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine le 24 février, l’Afrique du Sud a adopté une position neutre dans le conflit, refusant de se joindre aux appels occidentaux à condamner Moscou.

Ce lundi 8 août, Antony Blinken doit s’entretenir avec la cheffe de la diplomatie sud-africaine, Naledi Pandor, et faire des annonces concernant la nouvelle stratégie africaine du gouvernement américain. Les discussions « aborderont les développements récents et en cours concernant la situation géopolitique mondiale », a précisé Pretoria dans un communiqué.

Antony Blinken aura pour but de montrer « aux pays africains qu’ils ont un rôle géostratégique essentiel et sont des alliés cruciaux sur les questions les plus brûlantes de notre époque, de la promotion d’un système international ouvert et stable à la lutte contre les effets du changement climatique, l’insécurité alimentaire et les pandémies mondiales », avait indiqué fin juillet le département d’État américain.

Tournée africaine diplomatique

Après Johannesburg, Antony Blinken doit se rendre en République démocratique du Congo, puis au Rwanda, qui connaît un regain de tensions avec son voisin congolais qui l’accuse de soutenir les rebelles du « Mouvement du 23 mars » (M23), ce que Kigali dément.

Il s’agit du deuxième déplacement du secrétaire d’État américain en Afrique subsaharienne depuis sa prise de fonctions. L’année dernière, il s’était rendu au Kenya, au Nigeria et au Sénégal.

Avant l’invasion russe de l’Ukraine, la diplomatie américaine en Afrique se concentrait surtout sur la compétition avec la Chine, qui a fait d’importants investissements dans les infrastructures sur le continent africain et qui, à l’inverse des États-Unis, l’a fait sans demander de contrepartie aux États sur la démocratie ou les droits humains.

Jeune Afrique avec AFP

Conflit russo-ukrainien : le Congo réaffirme sa neutralité

juillet 26, 2022

Brazzaville croit en la possibilité de résoudre le conflit entre Moscou et Kiev par le dialogue et l’a réaffirmé, lundi, lors du passage du ministre russe des Affaires étrangères à Oyo.

Photo 1. Jean-Claude Gakosso et Sergueï Lavrov se prêtant aux questions des journalistes à l’issue de l’audience du chef de la diplomatie russe avec le président Denis Sassou N’Guesso, le 25 juillet à Oyo

En marge des entretiens que le ministre russe des Affaires étrangères a eus avec le président Denis Sassou N’Guesso, le 25 juillet, à Oyo, Sergueï Lavrov et son homologue congolais, Jean-Claude Gakosso, se sont exprimés sur le conflit éclaté entre l’Ukraine et la Russie depuis le mois de février dernier. 

« Opération militaire spéciale » pour Moscou, « invasion et agression d’un pays souverain » pour Kiev et les capitales occidentales, la guerre en Ukraine influence les relations internationales et divise les États. Alors que ce conflit dure depuis cinq mois, les belligérants semblent chacun faire le point de ses alliés en scrutant la moindre prise de parole des chancelleries du monde. À Oyo, le chef de la diplomatie russe s’est plutôt félicité de la position de neutralité affichée par la République du Congo depuis lors.

Une position que Jean-Claude Gakosso a expliquée par la volonté de Brazzaville de ne pas  » jeter de l’huile sur le feu  » dans un dossier aussi sensible qu’explosif. « Notre position est adossée à celle de l’Union africaine et n’a pas varié depuis l’éclatement de cette crise « , a insisté le chef de la diplomatie congolaise pour qui dans un contexte comme celui de ce conflit, la voie de la sagesse que prônent les plus hautes autorités congolaises consiste à explorer tous les mécanismes de dialogue susceptibles d’apporter l’accalmie entre les parties. 

 Si l’on est encore loin de l’apaisement souhaité, l’accord signé à Istanbul par la Russie et l’Ukraine sous la médiation de la Turquie et de l’ONU, le 22 juillet, destiné à libérer l’exportation des céréales bloquées depuis plusieurs mois est un signe qu’une lueur d’espoir peut jaillir des ténèbres de la confrontation armée. À condition que la diplomatie prenne le pas sur l’escalade.

Bien que se trouvant très loin de la zone du conflit, Brazzaville œuvre sans triomphalisme, mais avec un large esprit d’ouverture, au rapprochement des vues pouvant aider Kiev et Moscou à dialoguer et mettre un terme à cette guerre épouvantable. Jean-Claude Gakosso a justement situé le séjour de Sergueï Lavrov en terre congolaise dans cette dynamique de concertation porteuse de paix. 

Avec Adiac-Congo par Gankama N’Siah

Le Mali expulse le porte-parole de la Mission de l’ONU

juillet 20, 2022

Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali a annoncé ce mercredi 20 juillet inviter « Monsieur Olivier Salgado, porte-parole de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies, pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à quitter le territoire national dans un délai de 72 heures. »

Cette mesure fait suite « à la série de publications tendancieuses et inacceptables de l’intéressé » sur le réseau social Twitter, pour avoir déclaré « sans aucune preuve que les Autorités maliennes auraient été préalablement informées de l’arrivée des 49 militaires ivoiriens par vol civil », le 10 juillet 2022, précise le communiqué. 

Le communiqué insiste également sur la « disponibilité » du ministère pour maintenir le dialogue et poursuivre la coopération, avec « l’ensemble de ses partenaires internationaux, y compris la Minusma ».

Avec Sacer-infos par Stany Frank

La Russie profitera-t-elle de l’arrivée du Mozambique au Conseil de sécurité de l’ONU ?

juin 14, 2022

Maputo, que des liens étroits lient à Moscou et qui s’est jusqu’à présent abstenu de condamner la guerre en Ukraine, bénéficiera du statut de membre non permanent à compter de janvier 2023.

Filipe Nyusi, le président du Mozambique, lors du débat général de la soixante-treizième session de l’Assemblée générale de l’ONU, en 2018. © United Nations Photo

Il y a un début à tout : le 1er janvier 2023, le Mozambique rejoindra pour la première fois de son histoire le Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent. Il a été élu lors de la session du 9 juin à New York, après que l’Union africaine (UA) a présenté sa candidature, et il succédera donc au Kenya, dont le mandat de deux ans arrive bientôt à son terme. L’Équateur, le Japon, Malte et la Suisse feront par la même occasion leur entrée au Conseil de sécurité.

Maputo, qui est en butte à une insurrection islamiste depuis 2017 dans la province du Cabo Delgado, située dans le nord de son territoire, devrait sans surprise faire de la lutte contre le terrorisme l’une des priorités de son mandat. C’est également l’un des pays du continent les plus exposés aux conséquences du changement climatique, frappé aussi bien par des sécheresses que par des inondations et régulièrement touché par des tempêtes tropicales. Mais ce n’est pas ce qui suscite l’intérêt des observateurs.

Dans les couloirs des Nations unies, on se demande déjà comment le Mozambique se positionnera par rapport à la guerre en Ukraine. Les trois pays africains actuellement membres du Conseil – le Kenya, le Ghana et le Gabon – ont en effet tous voté en faveur de la résolution du 2 mars, laquelle dénonçait l’invasion russe, tandis que le Mozambique fait partie des 17 États du continent qui ont préféré s’abstenir.

Exercice d’équilibriste

« Maputo, au grand dam de Washington, est resté relativement neutre ou du moins a essayé de l’être, explique Emilia Columbo, du programme Afrique du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS). Mais c’est un difficile exercice d’équilibriste, car les États-Unis soutiennent, par le biais de programmes de formation, les efforts fournis dans le Cabo Delgado. Depuis des années, ils sont les principaux bailleurs de fonds du Mozambique. »

De fait, les États-Unis déversent chaque année des millions de dollars sur le Mozambique, lesquels sont principalement alloués au secteur de la santé. Mais ils ont également envoyé des membres des forces spéciales pour aider à former leurs homologues mozambicains à la lutte contre la guérilla islamiste, considérée par l’administration américaine comme une organisation terroriste depuis mars 2021.

Si la situation est complexe, c’est parce que le Mozambique entretient aussi des liens étroits et anciens avec la Russie. À l’époque soviétique, Moscou a soutenu le Front de libération du Mozambique (Frelimo) dans sa lutte contre le colon portugais. Le Frelimo est depuis arrivé au pouvoir (il est aux commandes depuis l’indépendance de 1975), et la Russie a continué à fournir au pays une assistance sécuritaire soutenue. Selon diverses sources, Moscou maintiendrait d’ailleurs une présence militaire dans le Cabo Delgado, alors même que les mercenaires du groupe Wagner en sont officiellement partis en 2020.

LA RUSSIE EST TOUJOURS AVEC LE MOZAMBIQUE, ET LE MOZAMBIQUE EST TOUJOURS AVEC LA RUSSIE

Signe de cette proximité, la présidente de la Chambre haute du Parlement russe, Valentina Matvienko, a conduit une délégation d’élus à Maputo à la toute fin de mai pour discuter de l’approfondissement des liens entre la Russie et le Mozambique avec le président Filipe Nyusi.

Valentina Matvienko passe pour être l’une des femmes les plus puissantes de Moscou. Elle fait partie des personnalités qui ont été sanctionnées par le département du Trésor américain, fin février, en réponse à l’invasion de l’Ukraine – au même titre que le président, Vladimir Poutine, et que le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Un sommet bilatéral a été programmé dans la capitale russe pour le mois prochain et, lors de sa visite, Valentina Matviyenko a annoncé que Moscou préparait un deuxième raout Russie-Afrique après celui de Sotchi, en octobre 2019. « La Russie est toujours avec le Mozambique, et le Mozambique est toujours avec la Russie », a de son côté déclaré la présidente de l’Assemblée nationale mozambicaine, Esperança Bias.

Pour autant, Maputo et Moscou ne sont pas d’accord sur tout. L’année dernière, les pays africains s’étaient unis pour faire avancer une résolution liant le changement climatique à divers problèmes sécuritaires, dont le terrorisme, et la Russie y avait opposé son veto.

Quelle que soit l’approche qu’adoptera le Mozambique lorsqu’il siègera au sein du Conseil, celle-ci sera scrutée de près. La tribune qu’offre une place de membre, même non permanent, présente nombre d’avantages, mais pas uniquement. « En tant que nouveau membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, il a maintenant la responsabilité de montrer le bon exemple et de veiller à ce que les auteurs de violations des droits humains dans tout le pays, y compris des membres des forces de sécurité, soient traduits en justice », a déjà prévenu sur Twitter Zenaida Machado, chercheuse principale pour l’Angola et le Mozambique à Human Rights Watch.

Avec Jeune Afrique par Julian Pecquet

Des leaders de la diplomatie européenne se rendent en Ukraine

avril 8, 2022

Paris qualifie l’attaque contre la gare de Kramatorsk de « crime contre l’humanité ».

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a effectué un arrêt à Boutcha, vendredi, en Ukraine. Photo : Reuters/Valentyn Ogirenko

Pendant que les opérations de secours se poursuivaient à la gare de Kramatorsk, où deux roquettes russes se sont abattues sur des centaines de civils qui tentaient de fuir le Donbass, le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Josep Borrell, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, étaient de passage à Kiev.

Les leaders européens y ont rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, vendredi, afin de lui démontrer leur soutien. Mme von der Leyen a d’abord fait un détour à Boutcha, où les experts en médecine légale commençaient à extraire des corps enterrés dans les fosses communes. Des dizaines d’Ukrainiens massacrés y ont été retrouvés la semaine dernière, après le départ des troupes russes.

L’impensable s’est produit ici, a-t-elle déclaré. Nous avons vu la face cruelle de l’armée de [Vladimir] Poutine. Nous avons vu son irresponsabilité et son cynisme pendant l’occupation de la ville.

Les Ukrainiens défendent la frontière de l’Europe, défendent l’humanité, défendent la démocratie et nous les soutenons dans ce combat, a-t-elle ajouté.

Manifestement ébranlée par ce qu’elle a vu à Boutcha, Mme von der Leyen a assuré que Bruxelles aiderait l’Ukraine à prendre les mesures nécessaires pour qu’elle puisse adhérer à l’Union européenne.

La Russie va sombrer dans la décomposition économique, financière et technologique, tandis que l’Ukraine marche vers un avenir européen, a affirmé la présidente de la Commission européenne.

Le chancelier autrichien Karl Nehammer se rendra à son tour à Boutcha, samedi, avant de rencontrer M. Zelensky.

Josep Borrell a de son côté condamné avec fermeté l’attaque aveugle de [vendredi] matin par la Russie.

Cette nouvelle frappe russe a aussi été dénoncée par d’autres dirigeants européens. Les crimes de la Russie en Ukraine ne resteront pas impunis, a averti le premier ministre britannique Boris Johnson lors d’une conférence de presse.

Le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz étaient également consternés par les récents bombardements. Le chef de la diplomatique française, Jean-Yves Le Drian, est allé plus loin en qualifiant l’assaut de crime contre l’humanité.

C’est sordide, un carnage de plus, a-t-il lancé en entrevue à la chaîne de télévision France 5. Ces crimes ne pourront pas rester impunis.

Le temps presse

Plus tôt en journée, M. Zelensky a affirmé devant le Parlement finlandais que l’Ukraine ne pouvait pas attendre davantage de nouvelles armes occidentales et qu’elle avait besoin de sanctions puissantes contre la Russie.

Pour défendre nos vies, a-t-il lancé, nous avons besoin d’armes dont disposent certains de nos partenaires de l’Union européenne.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de son récent passage à Boutcha Photo: AFP via Getty Images/Ronaldo Schemidt

La Slovaquie a répondu à son appel. En effet, le premier ministre slovaque Edouard Heger a annoncé que son pays avait fourni le système de défense aérienne S-300 à l’Ukraine pour la soutenir dans son effort de guerre contre la Russie.

Pour M. Heger, qui était aussi attendu à Kiev vendredi, ce don est une réponse de son pays à une demande d’assistance formulée par l’Ukraine dans l’exercice de la légitime défense, en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations unies.

Selon le premier ministre slovaque, ce système aidera à sauver autant d’Ukrainiens innocents que possible face à l’agression du régime de Vladimir Poutine.

Le président américain Joe Biden, qui a qualifié d’horrible atrocité l’assaut contre la gare de Kramatorsk, a salué le geste de la Slovaquie.

Boris Johnson a quant à lui annoncé la livraison d’équipements militaires de haute qualité d’une valeur de 120 millions d’euros, dont des missiles antiaériens Starstreak et 800 missiles antichars.

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le premier ministre britannique Boris Johnson veulent mettre fin à la dépendance de leurs pays au gaz russe. Photo: Getty Images/WPA Pool

Zelensky réclame un cocktail Molotov de sanctions

Autrement, les sanctions continuent de se multiplier en Europe face à la Russie.

Les transporteurs routiers russes et bélarusses ont été frappés d’une interdiction d’opérer dans l’Union européenne, jeudi. De nouvelles exportations ont aussi été interdites vers la Russie, notamment celles de biens de haute technologie, à hauteur de 10 milliards d’euros. La liste des produits russes interdits d’importation dans l’Union européenne a également été élargie à certaines matières premières et matériaux critiques pour une valeur estimée de 5,5 milliards d’euros par an.

La Commission européenne a annoncé vendredi avoir déjà gelé 29,5 milliards d’euros d’avoirs russes et bélarusses. Ces actifs incluent des bateaux, des hélicoptères, des biens immobiliers et des œuvres d’art pour près de 6,7 milliards d’euros.

Pour sa part, le Royaume-Uni a imité Washington et Bruxelles en annonçant, vendredi, qu’il refusait l’accès à son territoire aux deux filles du président russe Vladimir Poutine et à celle du chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.

Mais le président Zelensky réclame des mesures beaucoup plus sévères pour affaiblir la Russie.

Combien de temps l’Europe peut-elle ignorer un embargo sur le pétrole russe? Combien de temps? s’est questionné le président ukrainien.

Dans le cadre de la cinquième série de sanctions contre Moscou, les représentants de l’Union européenne ont décidé, jeudi, de placer un embargo sur le charbon russe et de fermer les ports européens aux navires russes. Mais Kiev demande plus.

Nous avons besoin de sanctions puissantes et efficaces contre la Russie, des sanctions permanentes, un « cocktail de sanctions » dont on se souviendra comme les cocktails Molotov, a indiqué M. Zelensky.

Deux dirigeants européens à Kiev

La présidente de la Commission européenne et le chef de la diplomatie de l’Union européenne sont arrivés à Kiev, capitale de l’Ukraine. Les deux dirigeants vont notamment rencontrer le président Zelensky, comme nous le dit notre envoyé spécial Sylvain Desjardins.

La dépendance énergétique des pays européens face à la Russie explique la réticence de certains à boycotter le gaz russe. L’idée commence toutefois à faire son chemin.

En effet, Londres a affirmé sa volonté de mettre fin dès cette année à tout achat de pétrole et de charbon russes. Elle a appelé les Européens à en faire plus pour atteindre cet objectif.

Nous ne pouvons pas transformer nos systèmes énergétiques du jour au lendemain, mais nous savons aussi que la guerre de Poutine ne va pas se terminer du jour au lendemain, a assuré M. Johnson.

Nous faisons tout ce que nous pouvons et nous en faisons beaucoup, a affirmé de son côté M. Scholz. Nous sommes assez optimistes sur le fait que nous allons nous débarrasser de la nécessité d’importer du gaz de Russie très prochainement.

Néanmoins, les sanctions occidentales à l’égard de Moscou ont un poids réel sur l’économie russe, comme le démontrent les données dévoilées par l’agence de statistiques Rosstat. En effet, l’inflation a atteint 16,7 % en Russie au mois de mars, une augmentation de 7,6 % depuis février.

Conséquence directe des sanctions occidentales, l’inflation devrait continuer d’augmenter en Russie. Des experts prévoient qu’elle atteindra 24 % d’ici l’été.

Le Donbass dans la mire de Moscou

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d’abominable l’attaque de vendredi contre des civils à Kramatorsk. Il s’attend toutefois à d’autres violentes frappes dans les zones séparatistes du Donbass d’ici le 9 mai, qui est la date de l’anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945.

Pour la Russie, le 9 mai est une fête nationale, un rendez-vous militaire important, et il est à peu près sûr que, pour le président Poutine, le 9 mai doit être un jour de victoire, a expliqué M. Macron.

Nous pensons aux victimes de Kramatorsk, de Boutcha, de Marioupol, de Kharkiv, a-t-il poursuivi. Partout en Ukraine, nous soutiendrons les enquêtes pour que la justice soit faite. Nous pensons aux familles qui continuent de fuir, nous les accueillerons dans notre Union, notre Union de paix.

Des réfugiés ukrainiens affluent à la gare de train de Przemysl, en Pologne. Photo: Getty Images/Jeff J MitchelI

Selon la dernière mise à jour du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), 4,38 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début du conflit. La majeure partie d’entre eux ont trouvé refuge en Pologne, très solidaire de l’Ukraine.

À la fin mars, la Pologne a d’ailleurs expulsé 45 espions russes se faisant passer pour des diplomates. Cette mesure fait preuve d’une volonté consciente de Varsovie de détruire définitivement les relations bilatérales, a dénoncé la diplomatie russe.

En guise de représailles, la Russie a à son tour expulsé 45 diplomates polonais vendredi.

La Turquie veut des négociations

Les attaques ouvertes contre les civils en Ukraine compliquent grandement le retour à la table de négociations. C’est pourtant ce que cherche à faire la Turquie, qui veut relancer les pourparlers entre les dirigeants russes et ukrainiens.

Les images honteuses et inacceptables des corps suppliciés dans les rues de Boutcha et d’Irpin, près de Kiev, ont éclipsé les échanges diplomatiques, a reconnu jeudi le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu.

Il a aussi exprimé sa grande tristesse à la suite de l’attaque sur la gare de Kramatorsk et a demandé l’ouverture urgente de couloirs d’évacuation pour les civils.

Une attaque a visé la gare de trains de Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, faisant des dizaines de morts. Photo : Getty Images/Herve Bar

Malgré tout, Ankara assure que les deux pays sont toujours disposés à se réunir – et la Turquie à les accueillir – pour avancer vers une solution au conflit.

La Russie et l’Ukraine sont d’accord pour tenir des pourparlers en Turquie, mais elles restent loin de s’accorder sur un texte commun, a confirmé vendredi un responsable turc de haut niveau qui a refusé d’être nommé.

La dernière session de pourparlers directs s’est tenue le 29 mars à Istanbul et avait permis aux deux parties de discuter des questions les plus sensibles, a-t-il souligné, parmi lesquelles la neutralité de l’Ukraine.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Diplomatie : quand la France ne fait plus rêver

avril 3, 2022
L’ambassade de France à Abidjan. © ISSOUF SANOGO/AFP

La France a décidé de revoir la composition de son corps diplomatique. Malheureusement, cette réforme ne s’accompagne pas d’une réflexion sur les raisons pour lesquelles la voix de Paris est de moins en moins audible, particulièrement en Afrique.

La démocratie libérale recule dans le monde, et le retour par l’Est du tragique en Europe escamote le débat démocratique français. Il a aussi pour regrettable effet de limiter la confrontation d’idées que le scrutin présidentiel a pourtant vocation à favoriser.

Dans un monde où l’ordre international est bousculé et où l’hégémonie occidentale semble dépassée, l’avenir de notre diplomatie française aurait mérité un vrai débat.

Et ce, d’autant plus qu’une réforme dite de l’encadrement supérieur de la haute fonction publique conduira à la suppression, dans l’Hexagone, dès janvier 2023, de deux corps diplomatiques, au profit d’un corps interministériel unique, celui des administrateurs d’État : en ambassade, à l’exception notable de nos ambassadeurs, il n’y aura donc plus de diplomates de métier. Pour le meilleur ou pour le pire.

Changer de ton

Comment, dans ces circonstances, s’organisera l’action extérieure française dans les prochaines années ? C’est une discussion majeure que nous n’aurons pas. Son importance est pourtant avérée, en particulier pour les Français de l’étranger, dont parfois 80 % s’abstiennent de participer aux scrutins électoraux.

Je pense notamment au continent africain, qui fait beaucoup parler de lui pendant la campagne, parfois avec condescendance, souvent sous le prisme de l’actualité migratoire ou militaire, et alors même que tous les candidats s’accordent par ailleurs à reconnaître qu’Europe et Afrique ont destin lié.

Lors du vote, à l’Assemblée générale des Nations unies, condamnant l’invasion russe en Ukraine, des pays du continent tels que l’Afrique du Sud, le Sénégal et l’Algérie se sont abstenus, comme d’ailleurs la Chine et l’Inde, quand le Maroc et l’Éthiopie n’ont tout simplement pas pris part au scrutin. Et puis il y a les pays que l’on préfère ne pas lister, mais qui ont voté la résolution à contrecœur, cédant à une pression qui provenait parfois de la France.

Nous devons adapter notre action extérieure aux nouveaux défis de l’époque, en commençant par changer de ton avec nos partenaires. Entre le premier suffrage universel en France, le 11 août 1792, et le premier vote des femmes, le 19 avril 1945, il s’est passé plus de cent cinquante ans : à qui souhaitons-nous donner des leçons ?

Changer de ton, c’est aussi cesser les discours grandiloquents. La ritournelle des poncifs humanistes à laquelle on a été habitué pendant les derniers quinquennats peut rendre un discours agréable. Elle ne constitue pas pour autant une modalité efficace de notre action politico-diplomatique.

L’ACTION CULTURELLE DE LA FRANCE EST FRAGILISÉE. SON IMAGINAIRE EST DATÉ

Face au ressentiment antifrançais d’une part, qui croît en Afrique pour des raisons qui ne sauraient tenir qu’aux seules entreprises de manipulation de nos rivaux, et d’autre part aux importants efforts qui sont fournis sur le continent par de puissants adversaires de la démocratie libérale, notamment la Chine, la Russie et la Turquie, quels moyens la France souhaite-t-elle se donner pour accomplir son destin de puissance d’équilibre ?

Les efforts consentis pour apaiser les douleurs mémorielles, par exemple au Rwanda, sont à saluer et participent du nécessaire effort d’adaptation. Ils restent néanmoins insuffisants, quand l’on voit se détourner de la France des pays comme la Centrafrique, le Mali ou, pour des raisons différentes, le Gabon.

Ils sont en revanche plus productifs dans les pays sans legs colonial français, par exemple au Ghana, en Angola, ou en Égypte.

Mais l’action culturelle de la France est fragilisée. Son imaginaire est daté. La vision de nos diplomates est parfois strabique ou dépassée. La souveraineté de nos partenaires n’est pas toujours respectée. Bref, la France ne fait plus rêver.

Et elle n’a plus à faire rêver. Il ne faut pas plus de France. Il en faut mieux.

Tisser de nouveaux fils

En Afrique et au Levant, la « diplomatie parlementaire » doit de ce point de vue être réhabilitée. Soyons clair : il ne s’agit pas pour nos députés ou sénateurs de suppléer la diplomatie française. L’expression, dont il faut reconnaître le caractère commode, doit plutôt renvoyer au rôle que les parlementaires peuvent jouer pour tisser les nouveaux fils de la relation entre nos partenaires africains d’une part, et la France, l’Allemagne et l’Italie d’autre part, cela en complément de nos actions diplomatiques respectives.

Cette conception de la diplomatie parlementaire suppose de s’appuyer sur des élus véritablement représentatifs, en capacité d’enrichir l’analyse de la diplomatie régalienne, notamment du fait de leur ancrage territorial et socioculturel. Ils le feraient avec la liberté de ton et d’appréciation que le suffrage universel confère.

C’est ainsi que des compromis peuvent être construits, des équilibres préservés, des opportunités réciproques saisies, y compris en matière économique, par exemple dans les secteurs de l’énergie, de la santé et de l’éducation.

Dans cette nouvelle entreprise, les Français établis hors de l’Hexagone doivent être au centre de nos attentions, faute de quoi, notre action extérieure en Afrique connaîtra son crépuscule.

Avec Jeune Afrique

Ali Hojeij

Par Ali Hojeij

Avocat au Barreau de Paris, spécialiste du droit public des affaires

RDC-Diplomatie : huit ambassadeurs congolais en formation à Bruxelles

mars 15, 2022

Nommés récemment par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, huit ambassadeurs congolais suivent, du 14 au 19 mars, une formation à l’institut Edgmont à Bruxelles, consacrée à la prise de fonctions de la direction d’un poste diplomatique.

Les ambassadeurs congolais et les représentants de l’institut Edgmont

Les ambassadeurs en formation sont Christian Ndongala Nkuku, ambassadeur plénipotentiaire de la République démocratique du Congo (RDC) près le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays-Bas, le Grand-Duché de Luxembourg et Mission auprès l’Union européenne ; Paul Empole Efambe, représentant de la RDC auprès des institutions internationales basées à Genève ;  Fidèle Mulaja Binene, amabssadeur de la RDC en Afrique du Sud ; Gilbert Naiya Nabina, ambassadeur de la RDC en Côte d’Ivoire ; John Nyakeru, ambassadeur de la RDC au Kenya ; Marie-Hélène Mathey Boo, ambassadrice de la RDC aux États-Unis ; Isabel Machik Tshombe, ambassadrice de la RDC en France et Ivan Vangu Ngimbi, ambassadeur de la RDC en Russie.

La semaine de formation est consacrée à un échange sur les questions diplomatiques et sur le rôle et le fonctionnement des postes bilatéraux et multilatéraux. La journée du 14 mars avait été consacrée à une discussion sur les relations bilatérales.

Selon Hugues Chantry, directeur général de l’institut Edgmont, les nouveaux ambassadeurs bénéficieront des « compétences techniques » comme la prise de parole en public. En outre, a—t-il fait savoir, cette formation s’adresse aux personnes ayant de l’expérience, mais qui exercent pour la première fois le rôle d’ambassadeur, après leur nomination par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il a ajouté que cette initiative s’inscrit également dans la redynamisation des relations bilatérales belgo-congolaises décidée lors de la visite officielle que le chef de l’Etat congolais avait effectuée en Belgique, en septembre 2019, et qui avait mis fin à une longue crise diplomatique, entre Bruxelles et Kinshasa, à l’époque de son prédécesseur, Joseph Kabila Kabange.

L’Institut royal des relations internationales est un groupe de réflexion indépendant basé à Bruxelles. Ses recherches interdisciplinaires sont menées dans un esprit de totale liberté académique et s’appuient sur l’expertise de ses propres chercheurs, ainsi que sur celle des spécialistes externes belges et étrangers, pour fournir des analyses et des options politiques qui se veulent aussi opérationnelles que possible.

Depuis 2014, a rappelé Hugues Chantry, grâce au soutien de l’agence belge de développement Enabel, l’institut Edgmont conseille également l’École nationale d’administration de Kinshasa, qui forme de hauts fonctionnaires congolais.

Avec Adiac-Congo par Patrick Ndungidi

Grandes chancelleries francophones : les pays membres insistent sur la promotion des valeurs de solidarité et de paix

février 18, 2022

La réunion de la dixième conférence internationale des grandes chancelleries francophones s’est tenue du 9 au 12 février à Dakar, au Sénégal, afin de dynamiser les institutions des pays membres à travers la promotion de l’excellence et des valeurs de mérite, de travail, d’intégrité et de paix.

1-Le podium pendant la conférence/Adiac

Sur le thème « La sanction du mérite et de l’excellence, rôle des grandes chancelleries », les travaux ont été ouverts par le grand maître de l’ordre du Lion du Sénégal, le président Macky Sall, qui a insisté sur les valeurs de solidarité et d’engagement.

 « En mettant votre expérience professionnelle exemplaire au service de la réflexion collective sous la sanction du mérite et de l’excellence, vous faites le choix de servir davantage notre espace commun, la francophonie, et ses valeurs de solidarité et d’engagement », a indiqué le président Macky Sall.

« Votre session contribuera à améliorer, dans la durée, nos systèmes de distinction nationale et la qualité de leurs ressources humaines pour un meilleur choix des futurs candidats aux décorations », a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, le grand chancelier des ordres nationaux du Congo et président en exercice sortant de la conférence, Norbert Okiokoutina, a rappelé:« La tenue des assises de Brazzaville a permis l’adoption de la charte de la conférence internationale des grandes chancelleries francophones, devant régir désormais notre espace ».

Le dirigent de la grande chancellerie de l’ordre national du Lion du Sénégal, Meissa Niang, dont le pays assure au sortir de cette édition la présidence de la conférence internationale des grandes chancelleries francophones, a quant à lui indiqué : « Le thème de cette importante rencontre s’impose à nous, grandes chancelleries, de manière pertinente et nécessite des solutions immédiates et concertées ».

2-Vue partielle des invités à la conférence/Adiac

Plusieurs autres temps forts ont marqués les travaux de cette 10e conférence intervenue après la 9e tenue au Centre international de conférence de Kintélé, au Congo, en juin 2019. Il s’agit notamment de la réunion des experts, des interventions des grands chanceliers ou de leurs représentants, des communications des experts sur le thème (dont trois universitaires et trois officiers généraux), de l’admission de la Guinée équatoriale comme membre à part entière de la conférence, de la désignation du grand chancelier de l’ordre national du Lion du Sénégal comme président en exercice de la conférence pour un mandat de deux ans, de l’examen et de l’adoption des motions, recommandations et du rapport général de la conférence. 

Il sied de rappeler qu’en marge de la conférence, les grands chanceliers ont été reçus par le président MackyA Sall et des visites ont été organisées au profit des délégations, notamment à l’île de Gorée, au Musée des civilisations noires africaines et au musée Léopold-Sédar-Senghor.

La conférence internationale des grandes chancelleries francophones se tient tous les deux ans dans un pays membre. L’édition de Dakar qui devait se tenir en 2021 avait été décalée à cause de la crise sanitaire. La première conférence s’était tenue en 2003 au Burkina Faso. La prochaine se tiendra en 2023 en Guinée Conakry, pays qui devra choisir le thème de la rencontre.

Y ont pris part les grandes chancelleries des pays membres (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Congo démocratique, Côte d’Ivoire, France, Niger, Sénégal, Tchad, Togo) ainsi que des pays observateurs et invités comme Cap-Vert, Guinée Bissau, Gambie et Mauritanie. Par ailleurs, le Gabon, la Guinée, le Mali et la Principauté de Monaco n’ont pas pris part à cette conférence.

Adiac-Congo par Fortuné Ibara

Maroc-Allemagne : fin officielle de la crise diplomatique

février 17, 2022
Annalena Baerbock et Nasser Bourita, le 16 février 2022 © MAP

Après plusieurs signes d’apaisement, le Maroc et l’Allemagne actent officiellement leur réconciliation et la reprise de leurs relations.

Ce 16 février, le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita s’est entretenu pour la première fois avec son homologue allemande, Annalena Baerbock. Cette réunion par visioconférence, placée sous le signe de la cordialité, a été l’occasion « d’entamer un nouveau dialogue afin de surmonter les malentendus et d’approfondir les relations bilatérales aux multiples facettes », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères allemand.

Toujours selon ce communiqué « les deux ministres ont convenu de renouer avec la qualité particulière des relations bilatérales dans tous les domaines, dans l’esprit des politiques éprouvées, de cohérence et de respect mutuel ».

Au-delà des mots, deux éléments concrets actent officiellement la réconciliation entre le royaume et l’Allemagne : « La reprise de la coopération, dans tous les domaines et avec tous les acteurs », et le retour « prochain » d’un nouvel ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne à Rabat, dont le poste est vacant depuis huit mois. Côté marocain, l’ambassadrice Zohour Alaoui a quant à elle retrouvé son poste à Berlin depuis la fin janvier 2022.

Une opération séduction en deux temps

Quatre mois après son arrivée au pouvoir, l’exécutif allemand dirigé par le social-démocrate Olaf Scholz, aura donc réussi à désamorcer la crise diplomatique entre les deux pays. Pour rappel, en mars 2021, la diplomatie marocaine avait décidé de suspendre tout contact avec l’ambassade allemande à Rabat et, par conséquent, de geler ses relations avec Berlin.

LE MINISTÈRE ALLEMAND DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES A SALUÉ LA « CONTRIBUTION IMPORTANTE » DE RABAT SUR LE DOSSIER DU SAHARA

En cause : la position allemande sur le dossier du Sahara, contrariée par la décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara en décembre 2020, au point de convoquer une réunion d’urgence au Conseil de Sécurité de l’ONU pour discuter du sujet. Parmi les autres griefs retenus par Rabat contre Berlin, l’absence d’invitation du Maroc à la conférence organisée sur la Libye dans la capitale allemande en janvier 2020, ou encore le cas Mohamed Hajib, un salafiste détenteur de la nationalité allemande, résident en Allemagne, et dont le royaume demande l’extradition après la diffusion de vidéos où il appelle à des attaques contre le Maroc.

Le changement de gouvernement en Allemagne en décembre 2021 aura finalement eu raison de cette brouille. Pour ce faire, Berlin a mis en place une stratégie de réconciliation en deux temps. En décembre, le ministère allemand des Affaires étrangères a publié un communiqué qui déclare que « le Maroc a apporté une contribution importante » concernant la résolution du conflit au Sahara, « à travers un plan d’autonomie au Sahara en 2007 ». Un évolution rhétorique subtile, mais un message reçu 5 sur 5 à Rabat.

Invitation à Berlin

Dans la foulée, le président fédéral allemand, Frank-Walter Steinmeier – qui avait déjà fait part de sa position plutôt favorable au plan d’autonomie marocain lors d’une visite au royaume en 2015 -, a écrit un courrier à l’attention du roi Mohammed VI, pour lui exprimer son souhait de « renforcer leur partenariat stratégique » et l’inviter à effectuer une visite d’État à Berlin.

Des « signaux positifs », selon Rabat, qui avait alors fait part de sa « grande satisfaction ». Et annoncé sa volonté de reprendre une « relation normale ».

Par Jeune Afrique par Nina Kazlowski – à Casablanca