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Certains groupes d’immigrés sont plus diplômés que la population française en général

février 15, 2017

Le chercheur de l’INED Mathieu Ichou publie une enquête qui montre que les pays d’accueil sont loin de recevoir « toute la misère du monde » lorsqu’ils octroient un titre de séjour.

 

Etudiants chinois à la cité universitaire de Compiègne, en octobre 2009.

En France, le migrant reste, souvent, perçu comme un pauvre hère débarqué en haillons. Cette mythologie s’éloigne pourtant de plus en plus de la sociologie réelle de l’exilé. Même assignés au maniement du balai ou à un poste de vigile, les migrants installés dans l’Hexagone ont souvent des diplômes en poche. C’est ce que relève Mathieu Ichou, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED), dans un travail intitulé « Le niveau d’instruction des immigrés : varié et souvent plus élevé que dans les pays d’origine », publié, mardi 14 février, dans le dernier numéro de Population et Sociétés.

Le démographe relève que certains groupes sont plus diplômés que la population française en général. Ainsi, 37 % des immigrés nés en Roumanie et vivant en France possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur, comme 43 % des Chinois, 35 % des Vietnamiens ou 32 % des Polonais, alors que « seulement » 27 % de la population générale adulte de France dispose d’un grade universitaire. Un taux d’ailleurs identique à celui des diplômés de l’université au sein de la population sénégalaise de France… Quelques autres diasporas sont en revanche en dessous de ce taux, comme les Tunisiens, dont 21 % ont au moins une licence, ou les Marocains (19 %) et les Algériens (18 %).

« Un triple capital : économique, social et intellectuel »

« Contrairement à ce que l’on croit a priori, les migrants maliens qui arrivent [en Europe] sont souvent issus des classes moyennes ou supérieures de leur pays », précise le chercheur, qui rappelle que « pour quitter l’Afrique, il faut désormais bénéficier d’un certain niveau de capital économique, social et intellectuel » et ajoute que « le taux de diplômés du supérieur est bien moindre sur le continent africain qu’en France ».

Cette analyse des différentes diasporas présentes en France à laquelle Mathieu Ichou se livre est confortée par les travaux menés sur les vagues d’arrivées plus récentes observées par la démographe Anne Goujon, de l’Institut de démographie de Vienne. Cette dernière s’est penchée sur les réfugiés entrés en Autriche au début de 2015. Elle a ainsi mesuré que 27 % de Syriens arrivés dans ce pays sont diplômés du supérieur, contre 10 % de ceux qui sont restés en Syrie.

Lire aussi :   L’afflux des réfugiés pourrait à terme profiter à l’Europe

On retrouve aussi ce différentiel pour les Afghans, dont 11 % de ceux qui ont rejoint l’Autriche sont diplômés de l’université, contre un taux global de 3 % de détenteurs d’un parchemin du supérieur dans ce pays.

De quoi mesurer en creux que les pays d’accueil sont bien loin de recevoir « toute la misère du monde » lorsqu’ils octroient un titre de séjour, que celui-ci soit accordé à un réfugié ou à un migrant dit « économique ». « La plupart des discours sur les migrations ne sont pas de l’ordre du rationnel mais de l’idéologique », note à ce propos Mathieu Ichou.

Des flux migratoires diversifiés

Dans ses travaux, le démographe s’est toutefois attardé sur un autre groupe de migrants : celui des « très peu diplômés », qui existe aussi, même s’il est sans doute en train de s’estomper, eu égard aux difficultés croissantes de la migration.

Le chercheur montre qu’au sein des diasporas présentes en France, un groupe d’exilés comprenant des populations qui n’ont pas terminé leur enseignement primaire a réussi le voyage vers l’Europe.

Au sein de la population générale française, ce groupe existe à peine, représentant 1 % des Français dans leur ensemble, mais il s’élève à 19 % chez les immigrés marocains, à 17 % chez les Sénégalais et 15 % chez les Turcs.

La jonction des surdiplômés et des sous-diplômés montre, comme le rappelle Mathieu Ichou, que « les flux migratoires se sont largement diversifiés au fil des décennies ». Ce qui permet certainement d’expliquer que le rêve « politique » d’une immigration choisie soit un des seuls points communs entre les différentes approches du sujet par les candidats à l’élection présidentielle.

 
Lemonde.fr  Maryline Baumard, Journaliste

 

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Suisse: L’école manque d’enseignants diplômés

juin 12, 2016

Les directeurs d’école peinent à engager des enseignants diplômés. Aucune région de Suisse n’est épargnée.

Pour la rentrée prochaine, seuls 9% des directeurs romands et tessinois ont pu engager des enseignants diplômés, dont la formation correspond au profil des postes, a dit à l’ats Christian Berdoz, directeur de la Claceso, revenant sur une information publiée dans Le Matin Dimanche.

Dans 7% des cas, le profil ne correspondait pas aux exigences. En Suisse alémanique, la pénurie semble moins marquée: 17% des directeurs ont trouvé des profs avec le bon CV.

C’est ce que révèle un sondage réalisé par la Conférence latine des chefs d’établissement de la scolarité obligatoire (Claceso) et le Verband Schulleiter Schweiz auprès de 1141 directeurs.

Les directeurs trouvent des enseignants pour les postes proposés, mais ils sont parfois obligés d’engager des personnes au profil moins qualifié que souhaité, stagiaires ou étudiants, souligne la Claceso. Toutefois, la majorité des engagements réalisés répondent aux exigences qualitatives de l’école.

Pénurie
En Suisse romande, un directeur sur deux (56%) a indiqué avoir des difficultés à engager des maîtres chargés de l’enseignement inclusif ou spécialisé. En Suisse alémanique, deux tiers des directeurs (63%) sont dans la même situation.

Et 21% n’arrivent pas à pourvoir ces postes, contre seulement 4% en Suisse romande. Chez les Romands, la pénurie est aussi forte pour l’enseignement de l’allemand, précise Christian Berdoz.

Profession dévalorisée
Le métier n’a plus la cote, a relevé Georges Pasquier, président du syndicat des enseignants romands (SER). « Les profs de la génération du baby boom partent à la retraite. On devrait donc en former davantage, mais au même moment, les collectivités publiques coupent dans les budgets. »

Regroupement des classes, suppressions de mesures de soutien destinées à l’intégration des élèves à besoins particuliers, report de rénovations des infrastructures: ces mesures d’économies détériorent les conditions de travail du corps enseignant, avance la Claceso.

Sans oublier que le salaire varie d’un canton à l’autre. Pour rendre la profession plus attractive, il faudrait harmoniser les grilles salariales.

Georges Pasquier met aussi le doigt sur la qualité de la formation. Il déplore une formation limitée à trois ans pour les enseignants du niveau primaire.

Romandie.com

Gare à ton soutien au dictateur !

octobre 3, 2011

Tu as soutenu le dictateur avec tes diplômes
En rédigeant de grands écrits avec ta plume
Mais tu as oublié que j’ai fini dans le charnier
Sans droit de sépulture viable comme un dernier
Des chiens errants sans maître et droit à la vie
Ta culture dorée a été une ingratitude à l’envie
Penses-tu te réjouir en voyant mes os à découvert
Assis dans le confort de ta télévision avec ton couvert
Pendant que mes vêtements déchirés enveloppes de mes os
Ne te montrent plus la forme réelle et exacte de mon dos
Pourquoi aimes-tu ramer à contre courant de la vérité
En se cachant sous le vocable démagogue de la liberté
Une liberté escroquerie vantarde et maligne du dictateur
Exhibant au vent et au peuple la libération comme facteur
D’un combat dont tu ignores ses véritables motivations
Pour un homme aux prétextes fallacieux et mal connus
Que tu n’as pas côtoyé durant son mandat dans la nation
Simple instigateur des idées volées dans la grande cohue
Garant d’une revendication erronée et bien plus surannée
Pour des générations taxées de connaissance médusée
Arrête de soutenir ce collectif de moqueurs en chambre
Qui rit de nos morts quand leur vie est au bon nombre
Moi je te redis que j’ai fini dans le charnier de l’histoire
Défendras-tu encore à jamais ton dictateur de triste mémoire
Gare à ta plume et à l’avenir innocente de ta progéniture
Car tu ne sais pas ce que nous réserve la vie future.

Bernard NKOUNKOU