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Agence française de développement : Christian Yoka à la direction du département Afrique

décembre 4, 2021

Passée sous silence, la nomination du Congolais Christian Yoka au poste de directeur du département Afrique de l’Agence française de développement ( AFD) a été annoncée le 6 juillet dernier par Rémy Rioux, directeur général du groupe AFD.

Christian Yoka

Christian Yoka / AFD

En remplacement de Rima Le Coguic, nommée directrice exécutive adjointe d’Expertise France chargé des opérations de la future filière d’expertise technique du groupe AFD, Christian Yoka, vingt ans après avoir intégré cette agence et ancien directeur régional pour l’Afrique de l’est depuis août 2018, dispose d’une longue expérience de terrain sur le continent africain.

Avant d’être à la tête de cette direction régionale comptant une dizaine de pays, il fut directeur régional pour le Cameroun, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale entre 2016 et 2018 et auparavant directeur régional pour l’Éthiopie, le Soudan, le Sud-Soudan, l’Érythrée et la Somalie, de 2013 à 2016. Il fut également directeur de l’AFD en République démocratique du Congo, de 2009 à 2013.

Il a pris les rênes du département Afrique, qui représente à lui seul plus de 40 % des engagements de l’Agence. C’est le premier dirigeant d’origine subsaharienne nommé à ce poste désormais à la tête d’un pôle composé de cinq cents personnes.

À propos du cursus du Congolais, notons qu’il est juriste de formation, diplômé d’un DESS en droit et fiscalité de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne et d’un master en droit bancaire et financier de l’Université de Boston. 

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Médias – Radio-Canada se défend d’avoir poussé Pascale Nadeau vers la sortie

août 19, 2021

Accusée d’avoir menti sur les raisons du départ de l’ex-cheffe d’antenne Pascale Nadeau, Radio-Canada s’est défendue mercredi de l’avoir poussée vers la sortie. La société d’État laisse entendre que la journaliste n’accepte pas les conclusions d’une enquête externe qui pointait un « comportement inapproprié ».

L’ex-cheffe d’antenne Pascale Nadeau a brisé le silence dans une lettre ouverte publiée mercredi dans «Le Soleil», où elle affirme avoir été la cible d’une «dérive disciplinaire» à la suite d’une plainte «anonyme».

© Radio-Canada L’ex-cheffe d’antenne Pascale Nadeau a brisé le silence dans une lettre ouverte publiée mercredi dans «Le Soleil», où elle affirme avoir été la cible d’une «dérive disciplinaire» à la suite d’une plainte «anonyme».

« En général, [une enquête], c’est un wake-up call pour se dire : “Il faut peut-être que je corrige certains comportements” », a mentionné la directrice générale de l’information du diffuseur public, Luce Julien, lors d’une mise au point avec les journalistes. « Il n’y a pas eu de congédiement, encore moins de congédiement déguisé ou d’âgisme », a-t-elle affirmé.

Le 5 août dernier, Radio-Canada avait annoncé le départ de Mme Nadeau en affirmant qu’elle avait « récemment informé la direction de l’information de son intention de prendre sa retraite cet automne ».

La journaliste a brisé le silence dans une lettre ouverte publiée mercredi dans Le Soleil, où elle affirme avoir plutôt été la cible d’une « dérive disciplinaire » à la suite d’une plainte « anonyme ». « Je ne pensais pas mettre fin à ma carrière si vite, j’avais encore de belles années à offrir et je ne croyais surtout pas la terminer de cette façon, par la porte d’en arrière », a écrit Mme Nadeau.

L’incident déclencheur de cette « affaire » reste assez obscur ; le dossier de la plainte en question demeure confidentiel. Peu d’employés de la société d’État ont d’ailleurs accepté de parler de la controverse au Devoir — et aucun en se laissant nommer publiquement.

Mme Nadeau a évoqué dans une entrevue avec Le Soleil qu’un commentaire sur le travail d’un employé du service de l’information serait à la source de la plainte. « C’était un mot que j’avais dit en 2019 par rapport à un texte, un ramassis de phrases, de remarques prises hors contexte, d’allégations qui relevaient carrément de l’anecdote », a-t-elle expliqué au quotidien de Québec. L’ex-cheffe d’antenne a décliné la demande d’entrevue du Devoir.

Le point de vuede Pascale Nadeau

Dans sa missive publiée mercredi, Mme Nadeau a expliqué vouloir « dire la vérité » au public. Elle qualifie la plainte « anonyme » de « ramassis d’allégations mensongères ou citées totalement hors contexte ».

« Je ne suis pas parfaite. J’ai du caractère et il peut m’arriver d’avoir des moments d’impatience », admet-elle, soulignant par ailleurs que les agissements qui lui ont été reprochés ne constituent pas du harcèlement ou du dénigrement, mais plutôt des « remarques faites dans le cadre de mon travail et de mes fonctions ».

Mme Julien estime que l’ex-cheffe d’antenne donne « sa version des faits », mais ajoute qu’en tant que journaliste, elle est bien au fait qu’une dénonciation « anonyme » ne veut pas dire qu’on ignore l’identité de la personne qui l’a déposée, mais plutôt qu’on lui assure la confidentialité.

La décision de la sanctionner un mois sans salaire n’a pas été facile, reconnaît Mme Julien, qui confirme avoir dit à la journaliste de « ne pas avoir le choix » de le faire. « Le processus d’enquête a été rigoureux. […] Il y a eu des conclusions, des employés rencontrés, par respect pour le processus, j’aurais manqué à mon devoir de gestionnaire si j’avais fermé les yeux sur le rapport », dit-elle.

Mme Julien a refusé de préciser la nature des allégations qui sont reprochées à Mme Nadeau et s’est limitée à dire qu’il s’agit d’un « comportement inapproprié ». « En 2021, il y a des comportements qui étaient acceptés à une autre époque qui ne le sont plus », a-t-elle ajouté.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Radio-Canada a confirmé qu’un grief a été déposé concernant la sanction imposée à Mme Nadeau. « Ce que l’employeur allègue pour justifier la sanction ne tient pas la route, c’est exagéré pour quelqu’un qui n’avait aucune tache à son dossier », mentionne le président du syndicat, Pierre Tousignant. Selon ses informations, Mme Nadeau n’a jamais été avisée de ce qu’elle a pu faire d’offensant ou blessant.

La directrice générale de l’information a également précisé qu’à la suite de sa suspension, Mme Nadeau a annoncé à la direction qu’elle s’absentait pour un congé de maladie. Cet été, elle leur a demandé des excuses, ce que Radio-Canada a refusé. « Elle nous a ensuite indiqué avoir l’intention de prendre sa retraite », a noté Mme Julien.

Conflit intergénérationnel ?

Deux journalistes expérimentés de la salle des nouvelles de Radio-Canada affirment que cette controverse découle d’un conflit intergénérationnel.

Mme Nadeau était cheffe d’antenne du Téléjournal du week-end. Or, pendant la fin de semaine, la salle emploie surtout des surnuméraires, des journalistes, des rédacteurs et des techniciens moins expérimentés, souvent plus jeunes. Elle évoque d’ailleurs dans sa lettre que « travailler avec la relève est stimulant, mais […] comporte aussi ses défis ».

« Ma génération a encore des comportements épouvantables et inacceptables », affirme l’un des reporters d’expérience qui a accepté de parler au Devoir. « Maintenant, on tord le bâton dans l’autre sens : une partie de la nouvelle génération casse au moindre reproche. Il me semble qu’il faudrait trouver un juste milieu. »

Deux cultures du travail se seraient donc affrontées. D’un côté, il y aurait donc Pascale Nadeau, franche, expérimentée, exigeante, voire perfectionniste, qui aurait critiqué comme à son habitude le travail jugé bâclé d’un collègue ; et de l’autre, il y aurait donc ce jeune employé blessé par le poids du jugement critique de Mme Nadeau, dont la carrière s’étale sur quatre décennies.

« Le centre de l’information de Radio-Canada, c’est comme un hôpital. Il y a des gens qui travaillent de soir, de nuit, de fin de semaine. Et comme partout, oui, il y a un clash générationnel. Mais, encore une fois, Radio-Canada fait partie d’une société qui évolue », a fait valoir Mme Julien.

Par Le Devoir avec Stéphane Baillargeon

Le républicain Donald Trump remanie son équipe de campagne

août 17, 2016

Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump, en grande difficulté dans les sondages, a remanié mercredi son équipe de campagne. Il a réduit les fonctions dévolues à Paul Manafort, mis en cause cette semaine dans une affaire de corruption présumée.

Comme elle l’avait indiqué à la chaîne américaine NBC, Kellyanne Conway, qui occupait déjà un rôle de conseillère auprès du candidat républicain, est nommée directrice de la campagne. Stephen Bannon, cofondateur du site d’information Breitbart News, rejoint lui les rangs de l’équipe Trump en tant que directeur général.

« Je suis convaincu que nous intégrons certains des plus grands talents de la politique, dotés de l’expérience et de l’expertise nécessaires pour battre Hillary Clinton en novembre et continuer de diffuser mon message et ma vision pour rétablir la grandeur de l’Amérique », a indiqué M. Trump dans un communiqué diffusé par son équipe de presse.

Paul Manafort reste président de la campagne et chef de la stratégie. Il dirigeait officieusement la campagne du candidat républicain depuis la mise à l’écart de Corey Lewandowski au terme des primaires remportées par le milliardaire new-yorkais.

Ce remaniement intervient alors que le New York Times a révélé ce week-end que le nom de Manafort figurait sur un registre secret en Ukraine faisant apparaître des versements en sa faveur d’un montant de plus de 12 millions de dollars effectués entre 2007 et 2012 par le Parti des régions, la formation de l’ex-président Viktor Ianoukovitch, proche de Moscou.

Artem Sytnik, chef du bureau anti-corruption en Ukraine, a confirmé que son nom apparaissait bien sur un registre et que plus de 12 millions de dollars avaient été alloués en tant que dépense, sous la référence Manafort. Il a toutefois ajouté que la mention de son nom « ne veut pas dire qu’il a effectivement reçu cet argent ». Paul Manafort a démenti pour sa part toute action illégale.

Romandie.com avec(ats / 17.08.2016 12h10)

Côte d’Ivoire : Venance Konan, un « journaliste critique » au côté de Ouattara

août 21, 2011

Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui venait de le nommer à la tête du quotidien d’Etat, le salua d’un « Monsieur le journaliste critique ». Après avoir pourfendu Laurent Gbagbo, Venance Konan accompagne le nouveau pouvoir, mais en tâchant de préserver sa liberté.

Ce journaliste de 52 ans a pris fin avril les rênes de Fraternité-Matin, qui fut un virulent relais des partisans de l’ex-président Gbagbo contre les « rebelles » pro-Ouattara et leurs alliés durant la sanglante crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011.

« J’ai dit à la rédaction: +on va essayer de faire du journalisme, laisser nos convictions de côté, faire un journal où tous les Ivoiriens se reconnaissent+ », raconte-t-il à l’AFP.

Venance Konan avait quitté « FratMat » en 2006 après sa reprise en main par le pouvoir. Il s’était dans la foulée imposé dans d?autres journaux en procureur implacable du régime Gbagbo: « jeunes patriotes » à machette, évangélistes en costume de marque, ministres roulant carrosse, cette fine lame n’épargna personne et surtout pas « Laurent », son meilleur ennemi, opposant admiré, devenu président honni.

A ses risques et périls: en janvier dernier, quand la crise s’installe dans la durée et la violence, des militaires passent à Abidjan à un domicile que le journaliste n’habitait plus, raconte-t-il, perdant un instant son éternel sourire amusé.

Quelques jours plus tard, il est exfiltré par les Français et se retrouve à Paris. Il court les plateaux de télévision et multiplie les interventions dans la presse française. Durant ces mois de « folie furieuse », « il fallait contrecarrer la propagande de Gbagbo », explique-t-il.

Ironie de l’histoire: le voilà couronné à « FratMat » par le même Alassane Ouattara qu’il attaqua dans les années 1990. Avec les laudateurs du président de l’époque Henri Konan Bédié (1993-1999), il entonnait le refrain de l' »ivoirité », concept nationaliste destiné à écarter M. Ouattara, décrit comme un « étranger » par ses adversaires d?alors.

Sans faux-fuyants, Venance Konan finira par renier ces « conneries » qui ont mis le feu à cette terre d’immigration.

Fan des Rolling Stones

Alors que le consternent la presse ivoirienne, ses partis pris, ses rumeurs farfelues et ses articles de complaisance, il répète son ambition comme un mantra: « faire de Fraternité-Matin le plus grand journal d’Afrique ».

Ses troupes ne sont pas au niveau? Le docteur en droit mué en patron de 320 employés rêve de créer une école de journalisme, « pour assurer la relève ».

En attendant, ce fan des Rolling Stones et du romancier américain Jack Kerouac découvre, aux commandes d’un journal aux finances flageolantes, les grandeurs et les servitudes du « DG » (directeur général), comme on l’appelle du matin au soir.

Chauffeur, garde du corps, ministres qui vous font la cour, hommes d’affaires pressés de vous couvrir de « cadeaux »: « je suis important dans ce pays! », plaisante ce père de deux enfants.

Mais dans les médias d’Etat, on ne badine pas avec « Son Excellence Monsieur le président de la République ». Le patron de la télévision publique en a fait les frais récemment, débarqué car aucune équipe n’était à l’aéroport pour couvrir le retour de M. Ouattara d’une visite aux Etats-Unis.

« Fini le laxisme », commente Venance Konan sans broncher. Qui assume sa propre position: « nous sommes le journal du gouvernement ».

Il sourit quand la presse pro-Gbagbo l’accuse de déverser sa « haine » sur les vaincus, et récuse toute « pression » du pouvoir.

Et celui qui est aussi un romancier caustique (« Robert et les Catapila ») et un commentateur percutant (« Chroniques afro-sarcastiques », publié cette année) souligne que ses éditoriaux ne ménagent pas la nouvelle armée mise en place par M. Ouattara, ces Forces républicaines (FRCI) dont les exactions font une bonne part de la réputation.

Quant à l’écrivain ivoirien Tiburce Koffi, il ne craint pas que son vieil ami ruine dans cette aventure son crédit d?esprit libre: « quand il ne sera pas d’accord, il dira non et il partira ».

Jeuneafrique.com