Posts Tagged ‘Directrice’

France/Suicide d’une directrice : des parents d’élèves interpellent le ministre

septembre 28, 2019

 

 

 

L’école Méhul de Pantin en Seine-Saint-Denis. MORGANE RUBETTI / LE FIGARO

«Nous vivons l’événement comme un reflet de l’état des écoles de notre secteur et comme un dramatique cri d’alerte sur les conditions de travail des directeurs d’école», écrivent-ils dans une lettre.

Les parents d’élèves d’une école maternelle de Pantin (Seine-Saint-Denis), dont la directrice s’est donné la mort ont adressé vendredi 27 septembre une lettre au ministre de l’Education nationale pour l’interpeller sur «un dramatique cri d’alerte».

Six jours après la découverte du corps de Christine Renon dans le hall de la maternelle Méhul et des nombreuses lettres qu’elle avait pris soin d’envoyer avant sa mort où elle mettait en cause l’Education nationale, les parents d’élèves ont envoyé ce courrier, également adressé au recteur, ainsi qu’à l’inspecteur d’académie et de la circonscription.

«Le geste de Christine Renon est porteur de messages clairs ; nous vous demandons de les entendre et d’en prendre acte, et nous attendons un engagement fort en faveur des écoles de Pantin, des écoles de Seine-Saint-Denis, des écoles des zones sensibles», écrivent-ils dans cette lettre que l’AFP a pu consulter. «En dehors de l’émotion, nous vivons l’événement qui secoue notre école aujourd’hui comme un tragique reflet de l’état des écoles de notre secteur et comme un dramatique cri d’alerte sur les conditions de travail des directeurs d’école», poursuivent-ils.

Comme dans le courrier adressé par la défunte à plusieurs directeurs d’école de Pantin, les parents d’élèves pointent du doigt l’«instabilité d’un interlocuteur essentiel, l’inspecteur de l’Education nationale», un nouveau «en poste à chaque début d’année scolaire». Ils évoquent aussi des problèmes liés aux rythmes scolaires,«une grande instabilité dans les équipes d’animation, des changements de personnel très fréquents, en sous-effectif régulier, souvent peu formé».

Se déclarant «bien décidés à poursuivre les combats de Christine Renon», ils interrogent le ministre : «Quelles solutions pouvez-vous apporter ?», «quelles suites pouvons-nous attendre et dans quels délais ?», «comment les enseignants de l’équipe seront-ils accompagnés et soutenus dans la durée ?».

Pas d’accompagnement

«Samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée»: c’est par ces mots que commence la longue lettre envoyée à son inspection par cette enseignante de 58 ans qui exerçait dans le 93 depuis 30 ans.

L’école, qui compte onze classes et accueille 300 enfants, a été fermée lundi. Elle a rouvert mardi avec des modalités d’accueil particulières. Jeudi, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées dans la cour de l’école Méhul pour rendre hommage à Christine Renon. Quelques heures auparavant, Jean-Michel Blanquer s’était rendu sur les lieux pour rencontrer les personnels de l’école.

Sur Twitter, une ancienne mère d’élève de l’école raconte comment les parents n’ont pas été accompagnés pour gérer le suicide de la directrice. Son récit est à lire en plusieurs messages ci-dessous :

Des appels à une grève en solidarité avec Christine Renon ont été émis pour le jeudi 3 octobre. Ainsi qu’une minute de silence lundi 30 septembre à 14h59, soit 1 minute avant celle que les fonctionnaires devront respecter pour Jacques Chirac dans le cadre de la journée de deuil national.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Burkina : la directrice de la police judiciaire limogée après le décès de onze personnes

juillet 18, 2019

Des policiers burkinabè en août 2018 (photo d’illustration). © DR / Police nationale du Burkina Faso

 

À la suite de la mort de onze personnes dans les locaux de l’Unité antidrogue de la police à Ouagadougou, les autorités continuent la purge au sein de la police judiciaire. Cette fois, la directrice de cette entité stratégique a été limogée de ses fonctions.

Alors que les premiers résultats de l’enquête ouverte par la procureure du Faso, à la suite de la mort de onze personnes dans les locaux de l’Unité antidrogue de la police nationale à Ouagadougou, ne sont pas encore connus, les sanctions commencent à tomber.

Après la suspension du commissaire de l’Unité antidrogue, le commissaire Richard Bélem, les autorités continuent de faire le ménage au sein de la police judiciaire, avec le limogeage de la directrice de la police judiciaire Néné Ouedraogo, commissaire principal de police. « Je vous informe que vous êtes suspendue de vos fonctions de directrice de la police judiciaire à la Direction générale de la police à compter de ce jour, le 17 juillet 2019, l’a informé Ousséni Compaoré, le ministre de la Sécurité, dans un courrier confidentiel. En attendant la nomination de votre successeur, un intérimaire sera désigné par Monsieur le directeur général de la police nationale pour la gestion des affaires courantes ».

Dans la foulée de cette décision, neuf policiers de l’Unité antidrogue ont été mutés en attendant les résultats de l’enquête ouverte pour déterminer les causes de ces décès. Mardi, une source proche de l’enquête reconnaissait auprès de Jeune Afrique, sous couvert de l’anonymat, « la négligence et l’irresponsabilité des agents de la police judiciaire dans ce drame ».

Des conditions inadaptées ?

Cette affaire soulève néanmoins l’épineuse question des capacités d’accueil des services de police. « Tant que les politiques ne vont pas améliorer les conditions de détention dans nos cellules de garde à vue, c’est de la poudre aux yeux, a déploré sous couvert de l’anonymat un membre de l’Unapol, le syndicat de la police nationale burkinabè qui a dépêché une délégation sur place. Le bâtiment de l’Unité antidrogue est inadapté aux gardes à vue, et les conditions de détention y sont dégradantes pour les détenus ».

Les onze personnes décédées – principalement des Burkinabè – étaient en garde à vue avec une trentaine d’autres détenus dans les locaux de l’Unité, chargée de lutter contre la consommation et le trafic de stupéfiants. Officiellement, aucune information concernant les circonstances exactes de leur mort dans la nuit du dimanche à lundi n’a pour l’instant été confirmée. Selon les informations de Jeune Afrique, les conditions de leur détention pourraient être mises en cause dans le déclenchement des événements.

Selon une source proche du dossier, les victimes seraient probablement décédées à la suite d’asphyxie et de déshydratation. Une hypothèse que les autopsies en cours devraient permettre de confirmer ou infirmer. Signe que les conclusions de l’expertise médico-légale sont très attendues par les autorités et les familles des victimes, le syndicat des avocats a appelé à une enquête indépendante pour élucider l’affaire.

Pas de bavures policières, selon le syndicat de la police

Pour sa part, l’Unapol s’insurge dans une déclaration que de telles situations se produisent dans un État de droit. Affirmant avoir eu des entretiens avec les responsables de l’Unité antidrogue, les policiers de garde durant la nuit des événements et un groupe de détenus ayant survécu, le syndicat de police certifie qu’aucune bavure n’a été constatée, pointant du doigt des détériorations. « Les conditions de détention et de commodité du violon (notamment d’hygiène, d’exiguïté du violon, d’aération et d’absence de toilettes) ont été jugées très délétères par les gardés à vue et susceptibles de causer le décès de leur codétenus », fustige l’Unapol.

Par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou