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États-Unis: devant le Congrès Trump appelle l’Amérique à se rassembler

janvier 30, 2018

Donald Trump entre dans Air Force One à Zurich le 26 janvier 2018 / © AFP/Archives / Nicholas Kamm

Face au Congrès réuni au grand complet, le président des Etats-Unis Donald Trump devait lancer mardi un appel à l’unité pour bâtir une Amérique « sûre, forte et fière », mettant en avant la bonne santé de l’économie et les records de Wall Street.

« Ce soir, je veux vous parler (…) du type de pays que nous allons devenir. Nous tous, ensemble, comme une seule équipe, un seul peuple et une seule famille américaine », devait déclarer le président selon des extraits de son discours diffusés à l’avance.

Dans la lignée d’un discours à Davos à la tonalité résolument pragmatique, le locataire de la Maison Blanche, coutumier des attaques personnelles et des sorties vindicatives, devrait adopter un ton plutôt conciliant, voire rassembleur.

« Je veux faire en sorte que notre pays dépasse les profondes divisions qui le minent depuis de très nombreuses années », avait affirmé, quelques heures avant son allocution, le président septuagénaire, régulièrement accusé d’attiser les tensions par son goût de la provocation et sa rhétorique enflammée.

En toile de fond de cette allocution, prévue à 21H00 (02H00 GMT) dans l’hémicycle de la Chambre des représentants, se dresse l’enquête russe qui fait peser une ombre menaçante sur la présidence de l’homme d’affaires de New York.

Symboliquement, même si ce rendez-vous annuel très prisé du tout-Washington a perdu son effet « mobilisateur » de jadis, il reste le meilleur moment qui soit pour prendre de la hauteur.

Politiquement, Donald Trump, au plus bas dans les sondages dans un pays profondément divisé, a besoin d’esquisser des pistes de compromis avec les démocrates s’il veut étoffer son bilan législatif.

– Main tendue sur l’immigration –

Au-delà de la mise en avant de chiffres de croissance encourageants (2,3% en 2017 contre 1,5% en 2016), le président républicain, chantre de la dérégulation, n’a de cesse de souligner, tweets après tweets, que la Bourse bat records sur records.

Mettant en avant « le plus grande réforme fiscale de l’histoire américaine », il devait insister sur l’impact concret de cette dernière. « Depuis que nous voté les baisses d’impôts, quelque 3 millions de travailleurs ont déjà reçu des bonus liés à ces dernières, des milliers de dollars pour nombre d’entre eux ».

« Merci, Obama: voilà deux mots que nous n’entendrons pas ce soir dans la bouche du président Trump sur l’économie », a ironisé par avance Chuck Schumer, chef de file des démocrates au Sénat, ravivant un débat récurrent sur la part qui doit être attribuée à Donald Trump dans la vigueur actuelle de l’économie.

M. Trump devait aussi appeler démocrates et républicains à travailler main dans la main, pour financer « les infrastructures sûres, rapides, fiables et modernes dont l’économie a besoin et que le peuple mérite ».

L’immigration figurera en bonne place dans ce discours auquel assisteront un nombre record de « Dreamers », ces « rêveurs » entrés illégalement sur sol américain avec leurs parents lorsqu’ils étaient encore mineurs.

« Ce soir, je tends la main aux élus des deux partis, démocrates comme républicains, pour protéger nos citoyens, quelles que que soient leurs origines, leur couleur de peau ou leur religion », devait déclarer le président américain en quête de compromis.

Mais les débats s’annoncent âpres. L’administration Trump a évoqué une voie d’accès à la citoyenneté pour 1,8 million de sans-papiers si ses adversaires acceptent de débloquer 25 milliards de dollars pour la plus emblématique de ses promesses de campagne: la construction d’un mur à la frontière du Mexique.

– ‘Beaucoup à faire’ face à l’EI –

Sur le front international, il devait appeler à poursuivre avec détermination la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

« Je suis fier de pouvoir dire que la coalition visant à vaincre l’EI a libéré quasiment 100% du territoire occupé par ces tueurs en Irak et en Syrie. Mais il reste beaucoup à faire. Nous allons poursuivre notre combat jusqu’à ce que l’EI soit défait », a-t-il affirmé.

Les invités de Donald et Melania Trump seront, suivant la tradition, observés avec attention. Cette dernière, qui fera son retour dans la lumière après avoir fait l’impasse sur Davos et une mystérieuse escapade à Mar-a-Lago, a salué dans un tweet « les héros qui ont servi notre pays, les familles qui ont souffert, les citoyens qui ont épousé le rêve américain ».

Parmi eux, les parents de Nisa Mickens et Kayla Cuevas, deux filles assassinées par le gang d’origine salvadorienne MS-13, dont le président cite régulièrement la cruauté pour justifier sa politique de fermeté aux frontières.

C’est un jeune Congressman au nom chargé d’histoire, Joseph Kennedy III, 37 ans, petit-fils de Robert Kennedy et petit-neveu de l’ancien président John F. Kennedy, qui prononcera la réponse des démocrates au discours présidentiel.

A ceux qui prédisent un « tournant » ou un « nouveau chapitre » de la présidence Trump, nombre d’observateurs rappellent que si, il y a un an, son premier discours devant le Congrès avait été salué pour sa tonalité « présidentielle », la rupture avait été éphémère.

Quelques jours plus tard, le milliardaire accusait dans une salve de tweets – sans la moindre preuve à l’appui – son prédécesseur Barack Obama de l’avoir placé sur écoutes.

Romandie.com avec(©AFP / 31 janvier 2018 01h26)                

Discours du président ghanéen Nana Akufo lors de la visite de Macron

décembre 5, 2017

Au Ghana Macron découvre la différence entre Francophone et Anglophone.

«J’espère que le commentaire que je m’apprête à faire au sujet de ce problème ne va offenser personne dans cette salle.

Nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions, dans notre continent, une politique sur la base de l’aide de l’occident, de l’Europe, de l’union européenne ou encore de la France.
Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas !

Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes.
Ce n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, 60 ans après son indépendance continue à définir son budget de l’éducation et de la santé sur la base des financements provenant du contribuable européen.

Au stade où nous sommes, nous devions être capables de financer nous-mêmes nos besoins de base.
Nous allons considérer les 60 années à venir comme un période de transition où nous pourrons être capables de voler de nos propres ailes.

Notre objectif n’est plus de compter sur ce que le contribuable français pourra nous donner. Nous accepterons cependant tout apport que le contribuable français pourra nous apporter à travers son gouvernement. Nous n’allons pas tout simplement tourner le dos à tout apport de l’autre.

Cependant, malgré tout ce qu’il a subi, le continent africain reste celui qui détient plus de 30% de toutes les ressources naturelles les plus importantes du monde. C’est le continent qui a de vastes terres fertiles et la plus grande population jeune, qui constitue une Énergie et le dynamisme dont ce continent a besoin.

Regardez ces jeunes qui font preuve d’ingéniosité pour traverser le Sahara et la méditerranée. Nous avons besoin de cette Énergie et de cette ingéniosité sur notre continent.
Et cette énergie-là, nous l’aurons ici sur notre continent si nous implantons des systèmes politiques qui montrent à ces jeunes qu’ils sont l’espoir, et qu’il y a des opportunités ici en Afrique.

Les phénomènes de migration ne sont pas nouveaux, c’est aussi vieux que l’humanité et s’expliquent par le fait que les gens qui quittent le chez-eux le font parce que leur pays ne leur donne aucun espoir.

Ceux d’entre vous qui connaissent l’histoire de l’Europe au 19 e siècle savent que les grandes vagues d’immigration en Europe au 19 e siècle partaient de l’Italie et de l’Irlande. Des vagues et des vagues d’italiens et d’irlandais ont migré aux USA à la recherche du rêve américain parce qu’il n’y avait pas d’opportunité de travail en Irlande et en Italie.
Aujourd’hui, vous n’entendez plus parler de cette immigration-là.

Les jeunes italiens et irlandais restent chez eux. Nous voulons que les jeunes africains restent aussi en Afrique(applaudissements) pour cela, nous devons refuser cet état d’esprit d’assisté. Cet état d’esprit qui consiste à demander ce que la France ferra pour nous.
La France peut faire ce qu’elle veut de son propre gré et si cela coïncide avec nos intérêts, » tant mieux » comme on dira en Français.

Mais notre principale responsabilité en tant que leader et en tant que citoyen c’est de développer nos propres pays, de mettre sur pied des systèmes de gouvernance qui font des leaders des personnes responsables de leur actes et qui utilisent les moyens mis à leur disposition pour le bien du peuple et non pour leur propre intérêts.
Notre préoccupation devrait consister à nous demander ce que nous devons faire pour éviter que l’Afrique continue à mendier de l’aide et à demander l’aumône dans ce 21e siècle.

Quand tu regardes l’Afrique et considérant ses ressources, C’est l’Afrique qui devrait donner de l’argent à d’autres pays (Macron mal à l’aise secoue la tête et se dissimule). Nous avons des ressources énormes sur ce continent. Nous devons avoir l’état d’esprit du gagnant, nous dire que si les autres ont réussi, alors nous aussi nous pouvons réussir et une fois que nous aurons cet état d’esprit. Nous nous demanderons chaque fois que comment se fait-il que que la Corée, Singapour, la Malaisie qui ont eu leur indépendance au même moment que nous, sont au sommet du classement des pays les plus riches du monde ?
On nous a appris que à l’époque des indépendances le revenu au Ghana était supérieur à celui de Corée. Que s’est-il passé pour que ces pays réussissent cette transition 60 ans après quand nous sommes où nous sommes (à quémander).

Sans vouloir offenser le président français, car je suis francophile et je n’ai aucun problème avec la coopération française, mais notre défi majeur, notre parT de responsabilité devrait être de créer les conditions nécessaires afin que nos jeunes cessent de braver tous ces dangers pour aller en Europe.
Ils n’y vont pas parce qu’ils veulent, mais parce qu’ils ne pensent pas qu’il y a des opportunités dans nos propres pays. Ces conditions, nous pouvons les créer si nous changeons cette mentalité de personnes qui dépendent des autres, cette mentalité d’assisté.

Et si nous y parvenons, nous verrons que dans une décennie l’Afrique émergera et on aura une nouvelle génération d’Africains et en ce moment, les indépendances dont on a parlé pendant la période dite d’indépendance deviendront réelles et effectives.
J’espère qu’en disant cela, je n’offense pas l’intervieweur ou certains de mes amis dans l’assistance. Ceci est ce à quoi je crois fermement.
C’est pourquoi le slogan de mandat est : Nous voulons construire le Ghana sans recours aux aides. Un Ghana qui est indépendant, un Ghana qui se suffit qui vole de ses propres ailes. Monsieur le président voilà ma contribution que je peux apporter

Nana Akufo-Addo

 

Photo de BrazzaNews.
Emmanuel Macron et Nana Akufo
Brazzanews.fr with translated by MB Achid

Un discours long comme le Yangtsé pour les délégués du PC chinois

octobre 18, 2017

Une représentante des minorités ethniques au milieu des autres délégués écoutent le discours du président chinois Xi Jinping à l’ouverture du Congrès du Parti communiste chinois, le 18 octobre 2017 au Palais du Peuple à Pékin / © AFP / NICOLAS ASFOURI

Militaires, ex-présidents ou représentants des minorités ethniques en costumes chamarrés: quelque 2.300 délégués du Parti communiste chinois (PCC) ont écouté religieusement mercredi le discours-fleuve du président Xi Jinping, abondamment médiatisé dans le pays.

« Ciel, trois heures et demie, quel boulot! », a commenté, non sans une certaine ironie, un internaute sur la plateforme chinoise de microblogs Weibo, alors que s’achevait le discours du président Xi ouvrant le 19e congrès quinquennal du parti au pouvoir.

Soigneusement orchestrée sous les ors du Palais du peuple à Pékin, cette très longue intervention prononcée debout a été marquée par des applaudissements nourris et réguliers, mais aussi par le bruissement des feuilles du discours, que tournaient de façon synchrone les membres de l’assemblée.

Au premier rang, l’ancien président Jiang Zemin, 91 ans, a particulièrement attiré l’attention: équipé d’une large loupe, il scrutait les lignes du texte. Quasiment ignorée par les médias officiels, sa frêle présence était au contraire largement commentée sur internet, quelques mois après d’insistantes rumeurs faisant état de son décès.

Des informations qui s’avèrent donc très exagérées: « Il est plus jeune que jamais! », s’est exclamé un usager de Weibo. « Je serais curieux de connaître son secret de longévité », abondait un autre.

Au pouvoir entre 1993 et 2002, avant de laisser la main à son protégé Hu Jintao, Jiang Zemin a vu son influence dans l’appareil du Parti s’essouffler sous Xi Jinping, à mesure que ce dernier renforçait son autorité et installait un quasi-culte de la personnalité.

Son discours à l’ouverture du congrès, à l’issue duquel il doit obtenir un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Parti, a été diffusé en direct par les grandes chaînes de télévision et fait l’objet d’un large battage par la propagande.

Les médias d’Etat ont diffusé des clichés montrant des publics variés, aux quatre coins de la Chine, suspendus au discours du secrétaire-général du PCC: groupes de minorités ethniques dans de lointaines campagnes; bonzes dans leur réfectoire; et même de tout jeunes écoliers assis sagement devant l’écran…

Quelques heures après la fin de l’allocution, le mot-dièse #19eCongrès cumulait déjà… 1,19 milliard de vues sur la plateforme Weibo –mais sans qu’on sache combien de messages non conformes à la ligne officielle étaient passés sous les ciseaux de la censure.

– ‘Quelle jolie robe!’ –

A rebours du « ciel bleu », objectif de la lutte anti-pollution vantée par Xi Jinping dans son discours, Pékin disparaissait mercredi sous une pluie battante et une âcre pollution atmosphérique, malgré la fermeture des usines autour de la capitale.

A la sortie du monumental Palais du Peuple, sur la place Tiananmen, les délégués esquivaient pour la plupart les questions des journalistes. Parmi eux, très peu de femmes. Au milieu des costumes sombres, les costumes de quelques représentants des minorités ethniques apportaient une rare note de couleur.

« Quelle jolie robe! Ah, que vous êtes jolie! », s’est exclamé, tout sourire, un délégué masculin devant une autre déléguée du Congrès, issue de la minorité Yao dans la province du Hunan (centre).

« Le discours était extrêmement bon! L’essentiel, c’est cette idée de ‘nouvelle ère’, que tout le monde va mieux s’en tirer avec le temps », résume à grands traits un délégué du Henan (centre) auprès de l’AFP, tout en se refusant à révéler son nom. Pour lui, c’est certain: « la pensée de Xi doit être incluse dans les statuts du Parti ».

Un amendement en ce sens pourrait être adopté lors du congrès, sans certitude que son nom soit mentionné en tant que tel. Seuls le fondateur de la République populaire, Mao Tsé-toung, et le père des réformes, Deng Xiaoping, avaient eu le droit à ce privilège.

Romandie.com avec(©AFP / 18 octobre 2017 14h09)                

Grande-Bretagne: Theresa May, le discours de la reconquête tourne au cauchemar

octobre 4, 2017

Theresa May face à un manifestant qui lui tend un formulaire de licenciement, le 4 octobre 2017 à Manchester / © AFP / PAUL ELLIS

Quintes de toux, irruption d’un comédien, lettres qui s’effondrent: le discours de reconquête de Theresa May a tourné au cauchemar mercredi à Manchester, fragilisant un peu plus la Première ministre britannique, au gouvernement miné par les divisions sur le Brexit.

Ce devait être le congrès du renouveau pour Theresa May, l’occasion de tourner la page des législatives du 8 juin et du revers essuyé par les tories, qui ont perdu leur majorité absolue, et elle une bonne partie de son autorité.

Hélas, tout ou presque est parti de travers lors de son allocution devant ses ministres et des centaines de militants du parti conservateur, réuni en congrès depuis dimanche à Manchester, la grande ville du nord-ouest de l’Angleterre.

Comme poursuivie par un chat noir, Theresa May a vu son discours brièvement interrompu par un manifestant –un acteur– qui lui a tendu un formulaire de licenciement, prétendument à la demande de son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

Mme May a également été stoppée par de fréquentes quintes de toux, jusqu’à ce que son ministre des Finances Philip Hammond lui fasse parvenir un bonbon pour calmer sa gorge.

Enfin, deux lettres du slogan « Building a country for everyone » (Bâtir un pays pour tous) inscrit derrière elle se sont détachées tandis qu’elle s’exprimait…

Pour le quotidien Guardian (centre gauche), « difficile » de ne pas y voir la « métaphore » d’une Première ministre « à la peine » et « à court d’idées ».

« Quel désastre! », a taclé Seema Malhotra, députée de l’opposition travailliste, sur Twitter. « C’est un vrai foutoir, pas un gouvernement ».

Dans un éditorial cinglant, le quotidien conservateur Daily Telegraph jugeait même la Première ministre « finie ».

– ‘Je suis désolée’ –

Tant bien que mal, entre deux quintes de toux, Theresa May a tenté de présenter sa vision des mois et années à venir, appelant son parti à faire bloc derrière elle et à dépasser ses divergences sur le Brexit.

« Mettons-nous à niveau et donnons au pays le gouvernement dont il a besoin », a-t-elle déclaré.

Dans un discours se voulant porteur d’espoir à l’heure où le Royaume-Uni affronte avec le Brexit son plus grand défi depuis la Deuxième Guerre mondiale, la dirigeante a appelé ses troupes à « surmonter les obstacles » pour « renouveler le rêve britannique ».

Et devant des militants toujours déboussolés par la déconfiture des législatives, elle a de nouveau présenté ses excuses: « Je suis désolée », a-t-elle dit.

Mme May a déroulé une série de mesures destinées à ranimer ce conservatisme social qu’elle avait annoncé après sa prise de fonctions en juillet 2016. A commencer par un programme de deux milliards de livres (2,25 milliards d’euros) visant à encourager le financement de « logements abordables ».

L’objectif? « Faire en sorte que notre économie et notre société fonctionnent pour tous partout dans ce pays, et pas seulement pour quelques privilégiés », a dit Theresa May, qui avait déjà annoncé un gel des frais d’inscription pour les étudiants.

Une manière pour elle de chasser sur les terres des travaillistes du radical Jeremy Corbyn, gonflés à bloc par leurs gains aux législatives.

Elle n’a que brièvement mentionné le Brexit, pour assurer qu’il était dans l’intérêt de tous de voir les « négociations réussir » mais que son gouvernement se tenait prêt à « toute éventualité ».

– Boris, encore Boris –

Son discours a conclu un congrès dont le contenu avait d’entrée de jeu été largement éclipsé par l’étalage des divisions des conservateurs sur les négociations de sortie de l’UE.

L’intenable Boris Johnson s’était en effet empressé, dès samedi, d’édicter dans le Sun ses propres « lignes rouges » sur le Brexit, critiquant en creux les orientations de Theresa May.

Partisan d’une rupture franche avec l’UE, « Bojo » s’est fait reprendre par Philip Hammond, partisan d’un Brexit en douceur. « Personne n’est inamovible », a mis en garde Hammond lundi, alertant sur les risques que font peser les divisions sur les négociations, dont le Parlement européen a déploré mardi les progrès insuffisants.

Mais Boris Johnson a encore réussi à faire les gros titres mercredi pour une énième gaffe, déclarant que la Libye pourrait devenir attrayante pour les touristes et les investisseurs… si elle parvenait à « se débarrasser des cadavres ».

Romandie.com avec(©AFP / 04 octobre 2017 19h45)                

Ce que les présidents africains ont dit à la tribune de l’ONU

septembre 21, 2017
Le siège des Nations unies à New York, aux Etats-Unis. © Daisuke Tomita/AP/SIPA

La grand-messe diplomatique de l’année s’est ouverte lundi avec la première journée du débat général de la 72e Assemblée générale des Nations unies. Pour l’occasion, neuf chefs d’État africains ont défilé à la tribune. Jeune Afrique récapitule leurs déclarations majeures.

Guinée : Alpha Condé pour une Afrique qui compte sur la scène internationale

Le président en exercice de l’Union africaine a profité de son discours pour souligner l’essor du continent au cours de la dernière décennie. « Le XXIe siècle sera sans doute un siècle où les Africains vont davantage compter, et de façon décisive », a-t-il déclaré dans l’hémicycle, en rappelant l’importance de « l’intégration économique du continent, à travers la mise en œuvre effective de la Zone de libre échange continentale ». Il a également milité pour une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, qui permettrait de mieux représenter l’Afrique. « Il est temps de réparer cette injustice qui n’a que trop duré », a estimé le président guinéen, en soulignant le poids démographique du continent.

Nigeria : Muhammadu Buhari et la lutte antiterroriste

Le président nigérian, dont l’état de santé suscite l’inquiétude dans son pays, a dans un premier temps remercié la communauté internationale pour son aide dans la lutte contre Al-Qaïda et Boko Haram, avant de rappeler l’assistance humanitaire apportée par son pays à des millions de réfugiés « affectés par le terrorisme, la sécheresse, les inondations et d’autres désastres naturels ». Il a également plaidé pour la mise en place de stratégies collectives pour empêcher les combattants de Daesh de trouver refuge dans le Sahel et le bassin du lac Tchad. Actualité oblige, Muhammadu Buhari s’est aussi inquiété des tensions avec la Corée du Nord, en proposant que l’ONU envoie « une forte délégation » pour traiter avec Kim Jong Un.

Nos petits-enfants seront chanceux s’ils arrivent à nommer cinq fruits locaux de leur pays, a déploré le président zambien

Liberia : Ellen Johnson-Sirleaf, l’alternance démocratique

Présidente du Liberia depuis 2006, Ellen Johnson-Sirleaf quittera le pouvoir à l’issue des élections législatives et présidentielle, qui se tiendront le 10 octobre. « Ce sera la première fois en 73 ans que le pouvoir politique sera transmis pacifiquement et démocratiquement d’un responsable politique à un autre », s’est-elle félicitée.

Zambie : Edgar Chagwa Lungu et le rappel du changement climatique

Le président zambien a débuté son allocution en mettant l’accent sur les effets du changement climatique. Compte-tenu de l’extinction rapide des espèces, « nos petits-enfants seront chanceux s’ils arrivent à nommer cinq fruits locaux de leur pays », a-t-il déploré. Edgar Chagwa Lungu a également salué les avancées démocratiques en Afrique, sans faire mention des régressions enregistrées dans son propre pays, et rappelé les efforts de paix déployés par la Zambie au travers de sa participation au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et aux missions onusiennes.

Mali : Ibrahim Boubacar Keïta et le G5 Sahel

Le président Ibrahim Boubacar Keïta est revenu longuement sur la situation intérieure au Mali, en soulignant les progrès « fort appréciables » suite à la mise en oeuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Des progrès nuancés par l’ouverture « d’un nouveau front à sécuriser et à pacifier » dans les régions du centre du pays. Face au terrorisme et aux trafics en tout genre, le chef d’État malien a déclaré « qu’aucun pays ne peut, seul faire face à ces menaces transfrontalières ». À cette occasion, il s’est félicité de la création du G5 Sahel, dont les premières opérations sont censées débuter en octobre 2017. IBK a conclu son allocution en évoquant la nécessité de trouver des solutions collectives face à la tragédie humaine des migrants dans la Méditerranée et dans le désert, et en faisant part de ses inquiétudes sur la réduction du budget des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

La résolution de la question palestinienne éliminera l’une des principales excuses des terroristes pour justifier leur prolifération dans la région, selon Sissi

Égypte : Abdel Fattah Al-Sisi et la nécessité de solutions politiques

Le président égyptien a mis en exergue le gouffre entre la réalité et les ambitions onusiennes, déplorant notamment la situation dans le monde arabique devenue « l’épicentre de certains des plus violents conflits civils de l’histoire humaine récente ». Pour Abdel Fattah Al-Sisi, seules des solutions politiques peuvent venir à bout des conflits en Syrie ou en Libye. Il est également revenu sur l’importance de la question palestinienne, dont la résolution « éliminera l’une des principales excuses des terroristes pour justifier leur prolifération dans la région ».

Ouganda : Yoweri Katuga Museveni et sa solution magique pour la Corée du Nord

L’indéboulonnable président ougandais, qui en est à son cinquième mandat, s’est longuement attardé sur la crise dans la péninsule coréenne, en proposant de laisser la Corée du Nord et la Corée du Sud « discuter seuls de leur réunification ». « Une Corée unifiée serait une très forte nation, a-t-il estimé. Pourquoi certains acteurs ont-ils peur des fortes nations dans le monde ? »

Gambie : Adama Barrow, les défis de l’expérience démocratique

« Les Gambiens ont fait le choix irréversible de clore un chapitre sombre de notre histoire », a déclaré devant ses pairs le président Adama Barrow, au pouvoir depuis la chute du dictateur Yahya Jammeh le 21 janvier 2017. « Comme toute démocratie restaurée, nous faisons face à d’immenses défis pour relancer notre économie, réformer nos lois, notre administration et les institutions judiciaires », a-t-il souligné. Le chef d’État gambien a également évoqué les conséquences dramatiques du changement climatique, qui « expliquent pourquoi tant de jeunes Gambiens sont forcés de se lancer dans un long et dangereux voyage jusqu’en Europe

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Sur la crise des Rohingyas, le discours ambigu d’Aung San Suu Kyi

septembre 19, 2017

Aung San Suu Kyi lors d’un discours à la nation le 19 septembre 2017 à Naypyidaw / © AFP / Ye Aung THU

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s’est efforcée mardi de répondre aux critiques de la communauté internationale sur la crise des Rohingyas sans s’aliéner la puissante armée birmane, ni une opinion publique aux profonds sentiments anti-musulmans.

S’exprimant à Naypyidaw quelques heures avant l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU, elle a d’ailleurs fait le choix de parler en anglais pour sa grande adresse télévisée, un discours destiné au monde, qui n’était même pas sous-titré pour ses concitoyens.

Elle n’y reprend pas la rhétorique distillée par son gouvernement depuis plus de trois semaines de crise, qui assimilait les Rohingyas à des terroristes. Mais elle évite aussi de critiquer frontalement la puissante armée, avec laquelle elle doit composer. Une ambiguïté relevée par les analystes.

« Ce n’est pas qu’une question de langue, mais de contenu », relève Maël Raynaud, consultant indépendant spécialiste de la Birmanie: « elle n’a pas grand chose à dire à la Nation, qui la soutient quasiment à l’unanimité ».

A travers le pays, des milliers de Birmans s’étaient rassemblés pour regarder le discours sur écran géant, l’occasion surtout de montrer leur soutien à Aung San Suu Kyi en agitant son portrait et le drapeau national.

« Nous n’avons rien compris du discours d’Aung San Suu Kyi. Mais nous voulons lui montrer notre soutien. Quand son discours a été fini, nous avons applaudi et sommes rentrés chez nous », a expliqué à l’AFP Cho Cho, une habitante de l’Etat Karen, dans le nord-est du pays.

L’adresse à la Nation annoncée a d’ailleurs été rebaptisée au dernier moment « briefing diplomatique ».

Aung San Suu Kyi l’a elle-même expliqué d’entrée de jeu dans son discours, rappelant que cette année, elle n’avait pas pu se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies en raison de cette crise et comptait « partager avec la communauté internationale les défis auxquels est confrontée » la Birmanie.

– discours pour l’ONU –

Avec ce discours à Naypyidaw, la capitale administrative, devant un parterre d’ambassadeurs, « elle tente de regagner un peu de crédibilité internationale, sans pour autant s’aliéner les militaires et l’opinion publique », très xénophobe dans son ensemble, estime lui aussi Phil Robertson, représentant de l’ONG Human Rights Watch pour l’Asie.

Elle a évité cette fois-ci de dénoncer l' »iceberg de désinformation » des médias internationaux, qu’elle critiquait comme pro-rohingyas dans un communiqué début septembre, mettant alors de l’huile sur le feu, dans un pays gagné ces dernières semaines par un forte colère contre la communauté internationale.

Elle s’est abstenue aussi de marteler l’expression « terroristes extrémistes », qui revient sans cesse dans ses communiqués de presse en birman.

Elle qui est critiquée pour sa froideur a même eu des élans compassionnels dans son discours, se disant « profondément désolée » pour les victimes du conflit, avec plus de 420.000 membres de la minorité musulmane des Rohingyas réfugiés au Bangladesh depuis des attaques, le 25 août, de rebelles rohingyas.

Cela n’a pas empêché les critiques de fuser, Amnesty International dénonçant sa « politique de l’autruche ».

« Elle n’est pas allée assez loin dans la reconnaissance du fait que les militaires sont derrière » les incendies de villages et divers abus dans la zone de conflit et agissent avec des milices bouddhistes extrémistes, regrette Laura Haigh, spécialiste de la Birmanie à Amnesty International.

Le service de presse d’Aung San Suu Kyi assure de son côté que la traduction en birman du discours d’Aung San Suu Kyi sera bientôt disponible sur le site internet du gouvernement.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2017 14h32)                

Kenya: Uhuru Kenyatta à l’offensive face à un Parlement déserté par l’opposition

septembre 13, 2017
Uhuru Kenyatta, lors d’un rassemblement électoral à Nairobi le 9 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

L’opposition kényane a boycotté mardi le discours d’Uhuru Kenyatta devant le Parlement, marquant l’ouverture officielle de la nouvelle législature. Les partisans de Raila Odinga considèrent que le président kényan, dont la victoire à l’issue des élections du 8 août dernier a été invalidée par la Cour suprême, n’avait pas la légitimité pour prononcer ce discours.

C’est devant un Parlement tout entier acquis que Uhuru Kenyatta s’est exprimé, ce mardi 12 septembre. Un discours traditionnel qui marque le début officiel de la nouvelle législature, dont les députés sont issus des élections du 8 août dernier, qui prenait cette fois un relief particulier, tant le contexte de crispation est grand.

La Constitution kényane impose en effet au président nouvellement élu de convoquer le Parlement dans les 30 jours suivant l’élection législative. Sauf que la victoire d’Uhuru Kenyatta – crédité par la Commission électorale (IEBC) de 54,27% des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga – a été invalidée par la Cour suprême le 1er septembre. De nouvelles élections sont programmées pour le 17 octobre prochain dans le pays, où la campagne électorale bat à nouveau son plein.

L’opposition et les juges absents

Les députés de la Nasa, la coalition de partis d’opposition rangés derrière la candidature de Raila Odinga, récusant la légitimité d’Uhuru Kenyatta, ont donc boycotté le discours. Les sept juges de la Cour suprême, qui sont habituellement présents à ce discours d’ouverture, étaient eux aussi absents.


Lire aussi >>> Raila Odinga : « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le Kenya va glisser vers une grave crise »


« Peu importe que le bruit politique soit plus fort pendant les élections, je veux assurer chaque Kényan, et le monde, que chaque branche de ce gouvernement est en place et opérationnelle. Il n’y a pas de vide, pas de lacune », a lancé Uhuru Kenyatta devant les députés.

Même si je suis en désaccord profond avec cette décision, je l’ai acceptée

Mais là où, traditionnellement, le président élu livre un véritable discours de politique générale, Uhuru Kenyatta s’est contenté de considérations générales et de commentaires sur la situation inédite dans laquelle se trouve le pays. « Même si je suis en désaccord profond avec cette décision [de la Cour suprême], je l’ai acceptée », a-t-il assuré.

Des propos en contradiction avec ceux qu’il avait tenu au lendemain de la décision de la plus haute juridiction kényane, considérant alors que les juges avaient « décidé qu’ils avaient plus de pouvoirs que plus de 15 millions de Kényans qui ont fait la queue pour voter » et qu’il faudrait « régler le problème » une fois les nouvelles élections terminées.

Bras de fer Kenyatta-Odinga

Uhuru Kenyatta s’en est également pris directement à l’opposition, notamment concernant les accusations de la Nasa sur un piratage informatique des serveurs lors du décompte des voix. « Une marque sur un bulletin vaut plus que la technologie, plus qu’un système informatique », a-t-il lancé. « Cette marque est le choix du peuple souverain. Son choix est sacré et ne doit plus jamais être ignoré. »

Au même moment, l’opposition tenait un nouveau grand meeting dans son bastion de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. Raila Odinga a raillé la cérémonie au Parlement, la qualifiant de « réunion électorale de Jubilee », le parti d’Uhuru Kenyatta. « Le Parlement ne peut être ouvert que par un président validement élu. Ce qu’il n’est pas », a martelé l’opposant.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Raila Odinga a réitéré ses critiques à l’encontre de l’IEBC, dont il demande une refonte totale avant le scrutin du 17 octobre sous peine de boycotter le scrutin. « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le pays va glisser vers une grave crise », a-t-il également plaidé, pointant par ailleurs la responsabilité présumée de l’entreprise française OT-Morpho dans les dysfonctionnements du processus électoral. « Nous désapprouvons l’attitude de OT-Morpho au cours du processus électoral. Selon nos informations, il y a eu des collusions entre cette entreprise et le gouvernement kényan pour faciliter la fraude », a-t-il accusé.

Jeuneafrique.com avec AFP

Congo: Un discours d’économie malade

août 15, 2017

 

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Avec Zenga-mambu.com

États-Unis: Le cours magistral de politique de Mark Zuckerberg à Harvard

mai 26, 2017

 

Le fondateur de Facebook, qui a quitté en cours de scolarité la grande université américaine, était invité à donner le discours d’adieux aux diplômés de 2017.

 

Zuckerberg lors de son discours à l’université de Harvard, jeudi 25 mai. Steven Senne / AP

Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, a ajouté jeudi 25 mai son nom à une liste particulièrement prestigieuse de personnalités, allant de J. K. Rowling à Steven Spielberg en passant par Alan Greenspan : celle des orateurs ayant donné le fameux discours d’adieux aux diplômés de l’université de Harvard. Comme Bill Gates, qui a lui aussi donné cette allocution avant lui, M. Zuckerberg est pourtant ce que les Américains appellent un « drop-out » : il a quitté la grande université avant d’en être diplômé.

Dans ce long discours, M. Zuckerberg est, bien sûr, revenu sur son passage à Harvard – racontant diverses anecdotes, dont la rencontre avec sa future femme Priscilla Chan, avec qui il a fait connaissance… à la fête organisée par ses amis au moment où il pensait qu’il allait être expulsé de l’université, après avoir créé un site, FaceMash, qui permettait de comparer la beauté des jeunes femmes du campus. Au passage, il ne s’est pas privé d’égratigner, sans jamais le nommer, le film The Social Network de David Fincher, qui raconte de manière quelque peu romancée les débuts de Facebook et dont Mark Zuckeberg a toujours contesté certains passages.

Mais le long discours de M. Zuckerberg, qui prend rarement la parole en public en dehors de Facebook, s’est surtout concentré sur la vision politique, que le jeune PDG de Facebook développe de plus en plus fréquemment depuis le début de l’année. Selon lui, le principal défi de la génération actuelle de jeunes étudiants – dans laquelle M. Zuckerberg, 33 ans, s’englobe volontiers – est non seulement de trouver son but (« la véritable source du bonheur », selon lui), mais aussi de construire une société dans laquelle chacun trouvera le sien.

Revenu universel et assurance-maladie

« Quand nos parents ont reçu leur diplôme, leur but dans la vie venait, de manière simple, de leur travail, de leur église, de leur communauté. Mais, aujourd’hui, la technologie et l’automatisation détruisent de nombreux emplois. Le nombre de membres diminue dans toutes les communautés. Beaucoup de gens se sentent déconnectés et déprimés et tentent de remplir un vide. (…) J’ai rencontré des ouvriers qui savent que leurs emplois n’existeront plus et qui cherchent à trouver leur place », a dit M. Zuckerberg, qui a débuté en janvier un « tour des Etats-Unis » lors duquel il visite tous les Etats américains, où il ne s’était jamais rendu.

Pour ce faire, la nouvelle génération doit trouver « ses » projets, assure le fondateur de Facebook. S’il pense que cette génération, dite des « millenials », est différente des précédentes, parce qu’elle est plus connectée, plus entreprenante et plus internationaliste, les recettes des décennies précédentes peuvent aussi s’appliquer à elle, juge-t-il. « Chaque génération a ses grands travaux. Plus de 300 000 personnes ont travaillé à mettre un homme sur la Lune. Des millions de volontaires ont vacciné les enfants dans le monde entier contre la polio. Des millions de personnes ont construit le pont Hoover et d’autres grands projets. Ces projets n’ont pas juste donné un but aux personnes qui les accomplissaient, ils ont donné au pays tout entier la fierté d’être capable de faire de grandes choses. » De grands projets mais lesquels ? M. Zuckerberg cite pêle-mêle la lutte contre le changement climatique, la recherche médicale, la modernisation de la démocratie par le vote en ligne… Autant de projets dans lesquels Facebook ou sa fondation personnelle sont impliqués.

Mais ces projets, prévient M. Zuckerberg, ne pourront voir le jour que si les Etats-Unis travaillent à rendre leur société moins inégalitaire, qui autorise l’échec. « Facebook n’était pas mon premier projet (…). J. K. Rowling a reçu douze refus avant de publier Harry Potter. Même Beyonce a dû écrire des centaines de chansons avant d’arriver à Halo. Les plus grands succès naissent de la liberté d’échouer. » Pour aboutir à cette liberté, M. Zuckerberg, qui reconnaît au passage avoir compté parmi les étudiants les plus privilégiés grâce au soutien financier de sa famille, il faut, estime-t-il, un nouveau contrat social : revenu universel, couverture santé étendue, garde d’enfants bon marché… Qui paiera pour tout cela ? « Donner à chacun la liberté de poursuivre son but n’est pas gratuit. Ce sont les gens comme moi qui devraient payer pour cela », dit M. Zuckerberg, dont l’entreprise est pourtant régulièrement critiquée, notamment en Europe, pour ses pratiques d’optimisation fiscale.

« Une bataille d’idées »

Autant de propositions aux antipodes de la politique actuelle menée par le président Donald Trump, que M. Zuckerberg n’évoque jamais directement dans son discours, tout en soulignant « les temps incertains » dans lesquels nous vivons, et la politique anti-immigration du président américain, qu’il avait déjà critiquée à plusieurs reprises durant la campagne électorale. « Il y a des laissés-pour-compte de la mondialisation partout dans le monde. C’est difficile de se soucier des gens qui vivent ailleurs quand nous ne nous sentons pas bien chez nous. Il y a une pression à se renfermer. »

Pour M. Zuckerberg, le changement ne viendra « pas des Nations unies », mais du niveau le plus local. « C’est le grand combat de notre époque. Les forces de la liberté, de l’ouverture et des communautés globales, contre les forces de l’autoritarisme, de l’isolationnisme et du nationalisme. Les forces de la libre diffusion de la connaissance, du libre-échange et de l’immigration contre ceux qui s’y opposent. Ce n’est pas une bataille entre nations, c’est une bataille d’idées. Il y a dans tous les pays des personnes qui sont pour l’ouverture mondiale et d’autres qui y sont opposées. »

Sans être nécessairement le fait d’opposants à la mondialisation, la visite de M. Zuckerberg dans son ancienne université a cependant suscité quelques protestations… Sur le site Internet du journal de Harvard, dont plusieurs titres ont été détournés mercredi 24 mai par un pirate pour se moquer du fondateur de Facebook.

Lemonde.fr par Damien Leloup

Arabie Saoudite: A Ryad, Trump appelle les musulmans à se mobiliser contre l’extrémisme

mai 21, 2017

Le président américain Donald Trump, devant les représentants d’une cinquantaine de pays musulmans, le 21 mai à Ryad / © AFP / MANDEL NGAN

Le président américain Donald Trump a appelé dimanche en Arabie saoudite les pays musulmans à lutter avec détermination contre l’extrémisme, voyant dans la lutte contre le terrorisme une bataille entre « le bien et le mal ».

Dans un discours très attendu prononcé à Ryad devant les représentants d’une cinquantaine de pays musulmans, M. Trump s’en est violemment pris à l’Iran accusé de « soutenir le terrorisme », à la grande satisfaction des monarchies sunnites du Golfe, dont l’Arabie saoudite, qui redoutent l’influence de leur grand rival chiite.

Se disant porteur d’un message « d’amitié, d’espoir et d’amour » du peuple américain, il a souligné la symbolique de son déplacement – son premier à l’étranger en tant que président – « au coeur du monde musulman ».

Contraste saisissant avec sa rhétorique de campagne – au cours de laquelle il avait affirmé « l’islam nous déteste » -, le magnat de l’immobilier a longuement insisté sur le fait que ce combat n’était pas « une bataille entre religions ».

« C’est une bataille entre des criminels barbares qui essaient d’anéantir la vie humaine et des gens bien de toutes religions qui cherchent à la protéger », a-t-il lancé.

Terre sacrée

« C’est une bataille entre le bien et le mal », a ajouté celui qui a été accusé d’alimenter l’islamophobie et qui, au début de sa campagne, avait proposé de fermer purement et simplement l’accès aux Etats-Unis aux musulmans.

Le président américain, dont le pays combat sans relâche depuis 2014 le groupe radical sunnite Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, a aussi insisté sur la nécessité pour les Etats du Proche-Orient et du Golfe de jouer un rôle plus actif dans la lutte antiterroriste.

Il a appelé les dirigeants musulmans à faire face à « la crise de l’extrémisme islamique », expression sensiblement différente de celle de « terrorisme islamique radical » qu’il avait largement utilisée jusqu’ici mais qui avait provoqué des grincements de dents dans le monde musulman.

Preuve des débats qui traversent son équipe sur cette question sensible, il s’est au dernier moment écarté des extraits qui avait été diffusés à l’avance par la Maison Blanche.

M. Trump a exhorté les dirigeants musulmans à n’offrir aucun « refuge » aux terroristes, à les « chasser » de leurs communautés et de leurs lieux de culte.

« L’Amérique est prête à être à vos côtés (…) mais les pays du Proche-Orient ne peuvent attendre que la puissance américaine écrase l’ennemi pour eux », a-t-il insisté.

« Le chemin vers la paix commence ici, sur cette terre ancienne, cette terre sacrée », où se trouvent des lieux saints de l’islam (La Mecque et Médine), a-t-il encore dit.

Soulignant que peu de nations avait été épargnées par le terrorisme, l’ex-homme d’affaires de New York a évoqué « les atrocités » du 11-Septembre, mais aussi toutes les victimes en Europe, en Afrique ou Asie. Mais il aussi appelé à ne jamais oublier que « 95% » des victimes sont des musulmans.

Isoler’ l’Iran –

Comme c’est le cas depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump s’est gardé de toute critique sur la question des droits de l’Homme, devant un parterre de dirigeants dont nombre d’entre eux sont régulièrement montrés du doigt par les organisations internationales.

Revendiquant un contraste marqué avec son prédécesseur démocrate Barack Obama sur ce thème, M. Trump assure qu’il préfère agir dans la discrétion, gage, selon lui, d’une plus grande efficacité.

« Nous ne sommes pas ici pour donner des leçons, nous ne sommes pas ici pour dire aux autres comment vivre », a-t-il affirmé.

« Un discours ne peut peser plus que des années de rhétorique anti-musulmans », a réagi le Council on American-Islamic Relations, réclamant au président républicain « de nouvelles politiques et des actes concrets ».

Sur l’Iran, pays avec lequel les Etats-Unis sont en brouille depuis plusieurs décennies, M. Trump a accusé ce pays d’attiser « les feux du conflit confessionnel et du terrorisme ».

« En attendant que le régime iranien montre sa volonté d’être un partenaire dans la paix, toutes les nations (…) doivent travailler ensemble pour l’isoler », a-t-il dit.

Quelques minutes avant lui, le roi Salmane d’Arabie saoudite s’était livré à une attaque en règle contre l’Iran qu’il a qualifié de « fer de lance du terrorisme mondial ».

Les actions de Téhéran expliquent clairement « pourquoi l’Iran n’est pas présent ici aujourd’hui » au sommet, a déclaré plus tard le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson.

Le président américain a multiplié dimanche les rencontres avec des dirigeants de la région, dont ceux des monarchies du Golfe et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

L’accueil royal réservé à M. Trump en Arabie saoudite, où il est venu avec son épouse Melania, sa fille Ivanka et le mari de cette dernière Jared Kushner, contraste avec la tempête politique à Washington marquée par des révélations accablantes sur des liens entre la garde rapprochée du président américain et la Russie.

M. Trump devait rejoindre lundi matin Israël, deuxième étape d’un voyage qui le mènera aussi dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’Otan et du G7.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2017 19h33)