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Angola : la bataille autour de l’enterrement de José Eduardo dos Santos se poursuit

août 17, 2022

Depuis le décès de l’ancien chef de l’État le 8 juillet à Barcelone, en Espagne, les membres de sa famille se livrent une bataille juridique pour déterminer où il sera inhumé. Le tribunal de Barcelone a tranché, ce mercredi 17 août, en faveur de la dernière épouse du défunt, dont la dépouille sera rapatriée en Angola.

Hommage à José Eduardo dos Santos, à Luanda, en Angola, le 11 juillet 2022. © Ampe Rogerio/EPA/EFE/MAXPPP

Le corps de l’ex-président angolais José Eduardo dos Santos sera remis à sa veuve, Ana Paula dos Santos, pour être rapatrié et inhumé en Angola, a tranché un tribunal de Barcelone dans un arrêt rendu public le 17 août. Le sort de la dépouille de l’ancien chef de l’État angolais, décédé le 8 juillet à Barcelone, est au centre d’une bataille juridique entre les différents membre de la famille dos Santos.

D’un côté, sa dernière épouse, Ana Paula, et leurs trois enfants en commun, sont favorables au rapatriement et l’inhumation en Angola de l’ancien président dans les plus plus brefs délais. De l’autre, le reste des enfants dos Santos, dont l’une de ses filles, Tchizé, sont opposés à des obsèques en Angola avant la tenue des prochaines élections générales du 24 août afin d’éviter une « récupération politique » de la cérémonie.

Illustration des tensions au sein de l’ex-famille présidentielle : Tchizé dos Santos a aussitôt fait savoir par la voix de son avocate espagnole, Carmen Varela, qu’elle allait faire appel de la décision, rendue par une juridiction pénale, tout en rappelant qu’un autre processus, celui-ci au civil, est en cours.

Dans son arrêt, daté du 16 août, le tribunal supérieur de justice de Catalogne souligne notamment, à l’appui de sa décision, que « les dépenses de logement du défunt étaient prises en charge par le gouvernement angolais » et que l’ancien chef de l’État « avait reçu des visites de responsables en Angola alors qu’il se trouvait à Barcelone ».

« Tentative d’homicide »

Jose Eduardo dos Santos, qui a dirigé l’Angola de 1979 à 2017, est décédé à l’âge de 79 ans dans une clinique de Barcelone, où il avait été hospitalisé après un arrêt cardiaque le 23 juin. Son placement en soins intensifs avait révélé de très vives tensions au sein de la famille dos Santos, notamment entre sa dernière épouse, Ana Paula, et sa fille Welwitschea « Tchizé » dos Santos (44 ans). Cette dernière avait ainsi porté plainte en Espagne quelques jours avant le décès de son père pour « tentative d’homicide ». Elle accusait le médecin personnel de son père et Ana Paula d’être responsables de la détérioration de l’état de santé de l’ancien président, et avait, par la suite, réclamé une autopsie, jugeant le décès « suspect ».

« Depuis leur séparation en 2017 et jusqu’au mois d’avril dernier, Ana Paula n’avait pas rendu visite à Barcelone » à l’ex-chef de l’État angolais, avait également assuré « Tchizé » dos Santos dans un communiqué publié par ses avocats. Elle était opposée au retour du corps de son père en Angola, affirmant qu’il souhaitait « être enterré dans l’intimité en Espagne », où il vivait depuis 2019, et non dans son pays « avec des funérailles nationales qui pourraient favoriser le gouvernement actuel » du président João Lourenço lors du scrutin du 24 août, selon un communiqué de ses avocats.

Une mort naturelle

Dans un premier temps, la justice espagnole s’était opposée à la remise du corps à la famille de l’ancien président angolais, le temps d’effectuer des analyses complémentaires à l’autopsie et d’identifier « le ou les membres de la famille » à qui remettre la dépouille. Le tribunal confirme que l’autopsie a conclu à une « mort naturelle », avec des problèmes d’ »insuffisance cardiaque » et de « surinfection pulmonaire ».

Le successeur de dos Santos à la tête de l’Angola, João Lourenço, qui est candidat à sa réélection, a décrété le mois dernier sept jours de deuil national en hommage à son prédécesseur. Mais, à son arrivée au pouvoir en 2017,  il avait surpris en lançant une vaste campagne contre la corruption visant notamment la famille dos Santos. Né dans un quartier populaire de la capitale Luanda, José Eduardo dos Santos avait mis en place une gouvernance opaque, favorisant sa famille et ses proches, et fondée sur la confusion entre ressources publiques et privées. Une autre de ses filles, Isabel dos Santos, avait été sacrée en 2013 la femme la plus riche d’Afrique.

Par Jeune Afrique avec AFP

La Russie veut rapidement un accord avec l’Ukraine, Kiev exige un cessez-le-feu

février 28, 2022
Deux rangées d'hommes assis en face à face.

Cinq jours après l’arrivée des chars et des soldats russes en Ukraine, la Russie et l’Ukraine ont commencé une première série de discussions pour trouver une sortie de crise.

Si la présidence ukrainienne demande un cessez-le-feu immédiat et le retrait des troupes russes, les représentants du Kremlin restent muets quant à leurs intentions.

Nous nous sommes entendus pour arriver à un accord, mais il doit être dans l’intérêt des deux parties, s’est contenté de dire Vladimir Medinsky, le négociateur russe, à la télévision d’État avant l’ouverture des discussions.

Le porte-parole du Kremlin a toutefois accusé l’Union européenne lundi d’agir de manière hostile à l’égard de la Russie, jugeant que les livraisons d’armes à l’Ukraine étaient dangereuses et déstabilisatrices et prouvaient la légitimité des efforts de Moscou pour démilitariser son voisin.

Encore une fois, cela confirme que la Russie avait raison sur les mesures qu’elle a prises afin d’assurer la démilitarisation de l’Ukraine, a dit Dmitri Peskov.

Zelensky veut une adhésion immédiate à l’UE

Cette première série de pourparlers se déroule près de la frontière entre l’Ukraine et le Bélarus. Je ne crois pas trop à un résultat, avait lancé dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky, mais il faut qu’on essaie.

Lundi matin, M. Zelensky a aussi réclamé une procédure spéciale visant une adhésion immédiate de l’Ukraine à l’Union européenne afin de lui permettre de se défendre face à l’offensive des forces russes.

Notre objectif est d’être avec l’ensemble des Européens et, plus important, d’être à égalité avec eux, a-t-il fait valoir dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.Des hommes descendent d'un hélicoptère.

La délégation ukrainienne, dont le ministre de la Défense Oleksii Reznikov, arrive au Bélarus pour prendre part aux pourparlers avec la Russie, le 28 février 2022. Photo : Belta/AFP via Getty Images/Sergei Kholodilin

La pression internationale sur la Russie pourrait encore grimper

La communauté internationale sera saisie du dossier ukrainien à 10 h, heure de l’Est, lundi, lors d’une assemblée générale des Nations unies à Genève pour débattre d’une résolution condamnant la campagne militaire russe en Ukraine. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a annoncé lundi matin qu’il ne prendrait pas part à cette réunion en raison de sanctions anti-russes.

Le Conseil des droits de l’homme tiendra lui aussi un débat urgent sur l’invasion. En plus des instances onusiennes, les puissances occidentales discuteront aussi de la suite des prochaines étapes dans la gestion de la guerre en Ukraine et de la Russie.

Malgré les représailles diplomatiques et économiques qui se sont multipliées, la Russie ne serait peut-être pas au bout de ses peines, car les pays du G7 ont prévenu dimanche qu’ils prendraient d’autres mesures s’ajoutant aux sanctions déjà annoncées si elle ne cessait pas ses opérations militaires.

Les leaders du G7 doivent par ailleurs tenir une réunion téléphonique à 11 h 15, heure de l’Est, lundi. Cet appel inclura aussi le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, Jens Stoltenberg, et des dirigeants de l’Union européenne, de même que les présidents de la Roumanie et de la Pologne, où des réfugiés ukrainiens affluent.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Mali : le médiateur de la Cedeao quitte Bamako sans accord

février 26, 2022
L’ex-président nigérian Goodluck Jonathan (2G), médiateur ouest-africain pour le Mali, à l’aéroport de Bamako, le 22 août 2020. © ANNIE RISEMBERG / AFP

Les discussions avaient repris entre une délégation de l’organisation ouest-africaine et la junte malienne. L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a quitté le pays, vendredi, sans obtenir de date pour de futures élections, mais de nouvelles rencontres sont prévues.

« Le séjour de la délégation est terminée. Mais elle n’est pas revenue avec un calendrier électoral », a annoncé un diplomate de la Cedeao, qui a requis l’anonymat. Selon la même source, la délégation emmenée par l’ancien président nigérian « devrait revenir dans quelques semaines » et « les discussions se poursuivront ». La délégation est repartie vers Accra pour rendre compte au président ghanéen Nana Akufo-Addo, dont le pays assure la présidence tournante de la Cedeao.

Un officiel malien ayant pris part aux discussions a confirmé le résultat des discussions : « Nous n’avons pas donné de date pour les élections. Ce n’était pas possible. Mais l’ambiance de travail était très bonne et les discussions se poursuivront ». L’ancien président nigérian qui s’est entretenu jeudi et vendredi avec plusieurs responsables de la junte malienne, dont le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, a promis jeudi soir de « continuer la conversation » avec les Maliens.

Manifestations de soutien à la junte

Vendredi à Bamako, plus d’une centaine de manifestants étaient rassemblés en soutien aux autorités de transition. Un comité technique de la Cedeao propose l’organisation de scrutins dans un délai de douze ou seize mois, avec l’aide d’une Autorité indépendante de gestion des élections (Aige). Le médiateur avait appelé à une transition démocratique dans « les plus brefs délais », au lendemain de l’approbation d’un plan permettant à la junte militaire de rester au pouvoir pendant cinq ans.

L’organe législatif au Mali, contrôlé par les militaires depuis le coup d’État d’août 2020, a de fait entériné lundi une période de transition pouvant aller jusqu’à 2027 avant la tenue d’élections. Le Mali a été le théâtre de deux coups d’État militaires en août 2020 et en mai 2021. La crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire en cours depuis le déclenchement en 2012 d’insurrections indépendantiste et jihadiste dans le Nord.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Expatriés : que reproche l’Afrique du Sud à Huawei ?

février 14, 2022
Stand de Huawei au Mobile World Congress 2015 de Barcelone. © Kārlis Dambrāns/Flickr/Licence CC

Malgré les discussions entre les deux parties, aucun compromis n’a été trouvé concernant la part de salariés étrangers dans les effectifs (environ 90 % selon le gouvernement sud-africain). L’affaire est désormais devant la justice.

« En raison du non-respect de la politique d’équité en matière d’emploi, le ministère de l’Emploi et du Travail a entamé une procédure au tribunal aujourd’hui, le 11 février 2022, contre Huawei Technologies South Africa », a indiqué dans un communiqué le gouvernement sud-africain.

Selon ce dernier, la législation locale impose un maximum de 40 % de salariés étrangers dans les équipes. Une proportion que la filiale locale du géant chinois de la technologie n’a pas respectée. Dans le détail, les services du ministère de l’Emploi ont recensé de multiples violations de ces règles à plusieurs niveaux du management.

Majorité de non-ressortissants du sommet au bas de la pyramide

Selon son audit des effectifs mené il y a deux ans : 100 % des cinq plus hauts gradés de Huawei Technologies South Africa sont des ressortissants étrangers. Au total, 38 % des membres de la « haute direction » sont également des non-nationaux, soit 27 cadres sur 71.

Au niveau inférieur, celui des « professionnels qualifiés », 87 % des employés sont également étrangers, soit 378 salariés non-nationaux sur 435. Toujours plus bas dans l’échelle, 76 % des 181 employés « ayant des compétences techniques » proviennent de l’extérieur du pays. Et si seulement 1 employé parmi des salariés « semi-qualifiés du point de vue technique » est étranger – le gouvernement ne précise par les effectifs à ce niveau hiérarchique –  « , Huawei prévoit une augmentation à 11 [de ces salariés étrangers] dans les deux prochaines années ».

HUAWEI S’ENGAGE À SE CONFORMER AUX LOIS ET RÉGLEMENTATIONS LOCALES

De fait, pour l’exécutif sud-africain, le non-respect des règles par le groupe chinois, à l’heure actuelle, est aggravé par diverss projets d’augmentation du nombre de salariés étrangers au cours des prochains mois. Ainsi, selon le ministère sud-africain, Huawei prévoit d’accroître de 378 à 405 le nombre de « professionnels qualifiés » venus de l’étrangers dans ses effectifs « au cours des deux prochaines années sans aucune projection d’augmentation pour les groupes désignés [employés sud-africains, ndlr] ».

L’Afrique du Sud fait face à un fort taux de chômage endémique. Ici une vue de Soweto. © Media Club South Africa/Flickr/Licence CC
L’Afrique du Sud fait face à un fort taux de chômage endémique. Ici une vue de Soweto. © Media Club South Africa/Flickr/Licence CC

Recherche d’une solution à l’amiable

À la suite de l’audit de 2020, note l’exécutif sud-africain, « le service juridique de Huawei a contacté le ministère pour tenter de trouver une solution à l’amiable ». La filiale du géant chinois a argué de  l’obtention d’une « autorisation du ministère de l’Intérieur » afin « d’employer le nombre de ressortissants étrangers qu’il emploie ». Pour le ministère du Travail, qui indique avoir collaboré avec celui de l’Intérieur sur ce sujet, Huawei « avait obtenu un permis conformément aux dispositions du règlement sur l’immigration qui exigeait qu’elle emploie 60 % de Sud-Africains et 40 % de ressortissants étrangers ». Par conséquent, le ministère « a décidé de porter cette affaire devant les tribunaux sans plus tarder ».

De son côté, la filiale de Huawei en Afrique du Sud a indiqué, dans un message à l’agence Reuters, qu’elle « s’engageait à poursuivre le dialogue avec le ministère sur notre plan d’équité [dans l’accès au travail]. « Huawei s’engage à se conformer aux lois et réglementations locales », a ajouté le groupe technologique.

L’Afrique du Sud fait face à un taux de chômage endémique particulièrement élevé. Selon les données de l’Organisation mondiale du Travail, il n’a jamais été en-dessous de 20 % de la population active depuis la fin de l’Apartheid en 1994. Entre 2008 et 2020, le taux de chômage dans l’économie la plus industrialisée d’Afrique a grimpé de 22,4 % à 28,74 % de la population. Une situation rendue encore plus difficile par les profondes inégalités économiques comme raciales qui frappent le pays, et qu’a exacerbées la crise du Covid-19.

« Les défis structurels et la faiblesse de la croissance ont sapé les progrès réalisés dans la réduction de la pauvreté, qui a été accentuée par la pandémie de Covid-19. La réalisation de progrès en matière de bien-être des ménages est fortement limitée par la hausse du chômage, qui a atteint un taux sans précédent de 34,4 % au deuxième trimestre de 2021. Le taux de chômage est le plus élevé chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, soit environ 64 % », s’alarmait en octobre dernier la Banque mondiale.

Avec Jeune Afrique par Joël-Lessia Assoko

Soudan : l’armée propose une reprise des discussions sur une transition

mai 11, 2019

Des manifestants à Khartoum, capitale du Soudan, le 9 avril 2019. © AP / SIPA

 

L’armée soudanaise a proposé de reprendre les discussions sur un transfert du pouvoir à une autorité civile, qui étaient au point mort, a annoncé samedi la coordination du mouvement de protestation au Soudan.

Des milliers de manifestants campent devant le QG de l’armée à Khartoum pour demander au Conseil militaire qui a pris les rênes du pays après l’éviction du président Omar el-Béchir il y a exactement un mois le 11 avril, de céder le pouvoir à une administration civile.

Mais les pourparlers entre les dirigeants de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, et le Conseil militaire butent sur des divergences.

« Nous avons reçu un appel du Conseil militaire à reprendre les négociations », a indiqué l’ALC dans un communiqué, disant être prête à y participer mais sans donner de date pour les prochaines rencontres.

Les deux parties divergent sur la composition d’un organe appelé à remplacer le Conseil militaire. L’ALC veut qu’il soit dominé par les civils tandis que l’armée cherche à ce qu’il comprenne une majorité de militaires.

Les généraux au pouvoir veulent en outre garder la Charia (loi islamique) comme source de la législation.

L’ALC a indiqué dans son communiqué avoir identifié les points de désaccord et proposé de parvenir à les résoudre en l’espace de « 72 heures » à partir du début des discussions.

Les concessions faites aux manifestants n’ont jusque-là pas entamé la détermination de ces derniers.

Omar el-Béchir a été arrêté et est détenu à la prison Kober comme d’autres responsables de son régime. La justice a également promis de poursuivre les responsables de la mort de personnes dans les manifestations qui ont commencé le 19 décembre.

Bras de fer

Le mois dernier, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) qui dirige le mouvement de protestation, a remis aux généraux ses propositions pour l’autorité civile qu’elle appelle de ses voeux.

Les généraux ont répondu en exprimant « beaucoup de réserves », reprochant notamment à l’ALC d’avoir omis de mentionner que la Charia (loi islamique) doit demeurer la source de la législation.

L’ALC a riposté en accusant les militaires de « vouloir prendre en otage la révolution ».

Khaled Omar Youssef, l’un des leaders de manifestants, a agité mercredi la menace d’un mouvement de désobéissance civile face à ce qu’il considère comme les atermoiement des généraux.

Ces derniers subissent aussi des pressions de la part des États-Unis et de l’Union africaine pour procéder à un transfert en douceur du pouvoir.

Pression américaine

Mercredi, le numéro deux du département d’État américain, John Sullivan, s’est entretenu au téléphone avec le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil militaire de transition.

Il a lui demandé « d’aller rapidement vers un gouvernement intérimaire dirigé par des civils » et de trouver un accord avec les meneurs de la contestation réunis au sein de l’ALC.

Face à ces pression, les généraux peuvent compter sur soutien de puissances arabes régionales comme l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte.

Ryad et Abou Dhabi ont annoncé une aide de trois milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) au Soudan où la crise économique a provoqué le raz-de-marée qui a emporté Omar el-Béchir.

Certains restent toutefois optimistes. Les militaires transfèreront le pouvoir si les meneurs de la contestation leur présentent « une forme de gouvernement civil crédible et viable » sur le long terme, a ainsi estimé Sadek al-Mahdi, chef du principal parti d’opposition.

« Parce qu’ils savent que s’ils se contentent d’une dictature militaire, ils seront dans la même situation que Béchir », a-t-il ajouté dans un entretien avec l’AFP début mai. C’est le gouvernement élu de Sadek al-Mahdi que l’ancien président avait renversé lors d’un coup d’État soutenu par les islamistes en 1989.

Par Jeune Afrique avec AFP

FMI: Déclaration de la mission des services du FMI en République du Congo

décembre 21, 2017

 

Congo – FMI
Une équipe des services du FMI dirigée par M. Abdoul Aziz Wane a visité Brazzaville du 5 au 20 décembre 2017 pour continuer les discussions avec les autorités sur le programme économique et financier du pays et un possible soutien financier du FMI.

À l’issue de la mission, M. Wane a publié la déclaration suivante :

« Les autorités et la mission ont fait des progrès dans la formulation de politiques macroéconomiques et structurelles à moyen terme qui pourraient être soutenues par le FMI. La mission accueille favorablement le projet de budget pour l’exercice 2018, qui contribuera à rétablir la viabilité budgétaire et la stabilité extérieure régionale, tout en augmentant le soutien aux groupes vulnérables, dont les femmes. La mission a également pris note des mesures envisagées par les autorités pour restaurer la viabilité de la dette à moyen terme. Elle a encouragé les autorités à finaliser le recrutement de conseillers juridiques et financiers à cet effet.

« L’économie du Congo continue de subir les contrecoups de la baisse des prix du pétrole, d’une dette insoutenable et des faiblesses dans la gouvernance. Une récession plus profonde de l’économie non pétrolière en 2017 – avec une baisse de 9,2% – nuit aux segments les plus vulnérables de la population. L’ajustement budgétaire soutenu entrepris depuis 2015 a réduit les déséquilibres économiques, mais ces derniers restent toutefois importants du fait que les marges budgétaires du gouvernement sont presque épuisées. L’accumulation d’arriérés de l’État met en péril l’activité du secteur privé, contribuant aux pénuries de liquidités bancaires et compromettant la provision des services sociaux. La faiblesse des organismes de lutte contre la corruption et des statistiques limite la mise en œuvre des lois et règlements, et augmentent les vulnérabilités économiques.

« Les autorités devront faire des réformes fortes et immédiates en matière de gouvernance pour ancrer les attentes d’un changement positif dans la gestion des ressources publiques. À cet égard, l’équipe du FMI a salué l’intention du gouvernement d’approuver début 2018 une étude sur la gouvernance qui guidera les futures réformes. Ces réformes devraient inclure la mise en place d’un ensemble d’organes indépendants de lutte contre la corruption, la déclaration d’actifs pour les hauts fonctionnaires, la mise en place et le renforcement de mécanismes de contrôle de certaines structures publiques, notamment les sociétés pétrolières publiques et les grands projets d’investissement.

« L’équipe du FMI continuera à travailler avec les autorités au cours des prochaines semaines dans plusieurs domaines, notamment sur le rétablissement de la viabilité de la dette, le renforcement de la gouvernance et le financement adéquat du programme. Une fois ce travail achevé, un arrangement financier visant à soutenir le programme économique du Congo sera discuté au niveau du personnel du FMI avant d’être proposé à l’examen du Conseil d’administration ».

L’équipe du FMI a rencontré le Premier ministre M. Clément Mouamba, le ministre des Finances, M. Calixte Nganongo ; ainsi que d’autres hauts fonctionnaires.

L’équipe a également rencontré des représentants de la communauté diplomatique, du secteur privé, de la société civile et des partenaires du développement.

Lesechos-congobrazza.com par Bertrand BOUKAKA/

Source Département de la communication du FMI

RDC: toujours pas d’accord à Kinshasa, les discussions se poursuivent

décembre 31, 2016

 

Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale de la RDC (Cenco), le 30 décembre 2016 à Kinshasa.
© REUTERS/Robert Carrubba

Que sait-on de ces blocages ? Il y a d’abord un problème de formulation au niveau de l’attribution de la primature. On sait que le Premier ministre doit en principe être issu du Rassemblement de l’opposition. Mais le Rassemblement estime que la formulation est trop vague. Il aimerait pouvoir être maître de cette nomination, et craint que le président Kabila ne nomme, comme le dit une source de l’UDPS, une « brebis égarée » du Rassemblement.

Il y a également un blocage autour d’une demande de la majorité, à savoir que soit inscrit dans le texte d’accord un article de la Constitution (l’article 5) qui parle de la souveraineté nationale, du référendum et des droits des Congolais à être élus et à élire. Le Rassemblement y voit la menace d’un référendum pour changer la Constitution et permettre un troisième mandat pour le président Kabila.

Troisième source de blocage, nous dit-on : le cas de Moïse Katumbi, qui est toujours en exil, condamné en RDC et que l’opposition chercherait à faire revenir. Il y a donc un blocage sur son cas comme sur d’autres.

De nouveaux problèmes émergent donc et ne portent pas exactement sur les mêmes questions que les blocages de vendredi. Pour l’instant, les acteurs politiques congolais discutent.

Aubin Minaku, le chef de la majorité, président de l’Assemblée nationale, est entré en trombe à la mi-journée dans la salle des discussions. Les diplomates, eux, sont partis. Ils seront rappelés en cas de signature.

Fin de la mission de médiation de l’église 

L’Eglise catholique, qui encadre ces négociations, avait donné comme date-butoir ce samedi soir pour obtenir un accord. A la mi-journée, le nonce apostolique est sorti de la salle des négociations à Kinshasa pour s’adresser à la presse. Luis Mariano Montemayor a confirmé qu’il s’agissait du dernier jour des négociations quoi qu’il arrive, qu’avec un accord ou pas, en tout cas, l’Eglise finissait sa mission de médiation ce samedi. L’émissaire du Vatican explique qu’il y a des manœuvres de dernière minute, des « manœuvres politiques », a-t-il dit. Et selon lui, ces dernières retardent à nouveau la signature.

Le nonce a expliqué qu’il y avait quand même un enjeu très important, à savoir la reconnaissance des institutions. Il pourrait selon lui y avoir un problème s’il n’y a pas d’accord ; certains Etats pourraient décider ne pas reconnaître les institutions de la République démocratique du Congo. Le nonce a rappelé qu’il y a une crise économique, qu’il y a beaucoup d’attente des Congolais, qui attend le résultat des négociations, et qu’il faudrait que les acteurs politiques arrivent à se mettre d’accord pour donner un peu de paix en ce réveillon de la Saint-Sylvestre au peuple congolais.

L’émissaire du Vatican est formel. Soit il y a accord aujourd’hui, soit l’Eglise catholique met un terme à sa mission de bons offices. Mais avec ou sans accord, le pays n’en a pas fini avec ses difficultés.

Monseigneur Montemayor: «Pour ce qui nous regarde, c’est lcair : aujourd’hui on a la signature ou l’église se retire de (la mission) de bons offices.

Signe de nervosité, les femmes du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (Cafco), qui étaient assises à l’entrée du Centre interdiocésain à attendre les résultats des négociations, ont décidé de se lever pour bloquer la sortie des véhicules des acteurs politiques qui tentaient de sortir ce samedi, rapporte notre correspondante.

Depuis vendredi, elles brandissent des panneaux stipulant : « Pas d’accord, pas de sortie ». Elles ont donc décidé de mettre en œuvre leurs menaces. Certes, les policiers sont là et permettent le passage des véhicules, mais on voit bien qu’au Centre interdiocésain, il y a beaucoup de nervosité compte tenu des nouveaux blocages.

Nous sommes fatiguées. Cela fait plus de deux mois qu’ils nous disent qu’ils vont trouver un accord, mais ils n’ont jamais trouvé d’accord ! Nous réclamons qu’ils s’entendent. Nous voulons la paix.
Des femmes du Cadre de concertation de la femme congolaise (Cafco)
Rfi.fr par Sonia Rolley le 31-12-2016 à 16:37

Libye : Dominique de Villepin, négociateur démasqué

août 18, 2011

L’ancien Premier-ministre français Dominique de Villepin était lundi à Djerba, où il dirigeait des négociations entre des pro-Kaddafi et des représentants des forces rebelles.

C’est le site d’information tunisien Business news qui a révélé l’affaire : Dominique de Villepin a été aperçu dans un grand palace de Djerba, et il n’était pas en vacances, mais en mission diplomatique dans le cadre du conflit libyen. Étaient également présents le ministre du Pétrole Omrane Ghanem, ainsi que des représentants des forces d’opposition libyenne.

Car loin des déclarations intransigeantes du Conseil national de transition (CNT) et les représentants du pouvoir de Tripoli qui refusent chacun de reconnaître la légitimité de l’autre, des tractations secrètes se poursuivent entre les deux parties qui s’affrontent depuis février dernier.

L’information a été confirmée au quotidien français Le Parisien par Dominique de Villepin en personne : « J’étais effectivement là-bas, mais je ne peux faire aucun commentaire, car ce serait compromettre les chances de succès et l’efficacité de ces discussions. »

Villepin, « c’est autre chose que BHL ! »

Mais il n’est pas complètement surprenant de voir Villepin s’impliquer de la sorte dans ces négociations libyennes. « Comme connaisseur de la région, c’est quand même autre chose que Bernard-Henri Lévy ! » expliquait au Parisien Patrick Haimazadeh, ancien diplomate français en Libye, auteur d’un ouvrage intitulé Au cœur de la Libye de Kadhafi. Ce dernier a déjà eu l’occasion de voir Villepin à l’œuvre à Tripoli, lorsqu’il était encore ministre des Affaires étrangères.

Né au Maroc, Villepin est considéré comme un fin connaisseur du monde arabe. Il entretiendrait également des rapports privilégiés avec Béchir Salah Béchir, secrétaire particulier de Mouammar Kaddafi. Villepin devra cependant redoubler d’effort pour gérer des discussions qu’il a qualifié « d’extrêmement difficiles » et pour apaiser une situation qu’il reconnaît être « totalement confuse ».

Jeuneafrique.com