Posts Tagged ‘Dissolution’

Mali : la dissolution du CNSP décrétée par Bah N’Daw

janvier 26, 2021
Le colonel Assimi Goïta, alors président du CNSP, lors d’une rencontre avec une délégation de la Cedeao, le 22 août 2020 à Bamako.

Le Comité national pour le salut du peuple qui a renversé Ibrahim Boubacar Keïta a été dissous par un décret présidentiel daté du 18 janvier, qui n’a pas encore été publié au Journal officiel.

Cette décision était très attendue. Selon la Charte de la transition, une fois les organes chargés de gérer la transition créés, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) était appelé à disparaître.

Pourtant, le CNSP s’est maintenu alors que, dès le 25 septembre, Bah N’Daw et Assimi Goïta ont prêté serment, respectivement comme président et vice-président de la transition. Quelques jours plus tard, c’est l’ancien diplomate, Moctar Ouane, qui a été nommé Premier ministre. Enfin, début décembre, l’organe chargé de jouer le rôle du pouvoir législatif, le Comité national de transition, a été mis en place.

Si la disparition du CNSP était inéluctable, les apparents atermoiements des nouvelles autorités de Bamako sur le sujet ont donné du grain à moudre aux opposants de la junte qui a renversé Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020. Et a alimenté les interrogations de la communauté internationale. Le 23 janvier, lors d’un sommet ordinaire de la Cedeao, les chefs d’États s’étaient inquiétés de la non dissolution de cette organisation.

Le président Bah N’Daw avait alors informé ses homologues ouest-africains de « l’adoption d’un décret de dissolution du CNSP qui sera rendu public incessamment, ainsi que de la soumission dans les jours à venir de la feuille de route de la transition pour adoption par le CNT », selon les termes du communiqué final de la conférence.

COMMUNIQUÉ FINAL DU 58IÈME SOMMET DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT DE LA CEDEAO…HTTPS://T.CO/UFSC3WHY6X PIC.TWITTER.COM/EOJ2XTFYNA

— ECOWAS-CEDEAO (@ECOWAS_CEDEAO) JANUARY 25, 2021

Postes clés

Mi-août, des militaires réunis au sein du CNSP avaient procédé à l’arrestation d’IBK, après plusieurs mois d’instabilité politique. Ce coup d’État avait mis fin aux manifestations, conduites par des leaders du Mouvement du 5 juin, qui rassemble différentes composantes de la société malienne. Le monde avait alors découvert les visages des nouveaux maîtres de Bamako, dont plusieurs jeunes colonels de différents corps des forces de défense et de sécurité.

Ils occupent désormais des postes clés dans la gestion de la transition ou de l’armée. Le colonel Assimi Goïta, numéro un du désormais défunt CNSP, est vice-président, chargé des questions de défense et de sécurité.

Le premier vice-président de la junte, le colonel Malick Diaw, préside aujourd’hui le CNT, qui fait office d’assemblée nationale.

Le colonel Sadio Camara, ex-deuxième vice-président du CNSP occupe la fonction de ministre de la Défense et des anciens combattants et le colonel Modibo Koné, ex-troisième vice-président est le ministre de la Sécurité et de la protection civile.

Quant au colonel major Ismaël Wagué, qui avait joué le rôle de porte-parole de la junte pendant les premières heures du coup d’État, il a hérité, lui, du ministère de la Réconciliation nationale.

Par Jeune Afrique

France/Islamisme : le Conseil d’État confirme la dissolution de l’association BarakaCity

novembre 25, 2020

Saisis en référé, les juges ont estimé que les propos incriminés du président de l’association constituaient bien des discours incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence. Ils ont également confirmé la dissolution de la Grande mosquée de Pantin.

Saisi en référé, le Conseil d’État a confirmé mercredi la fermeture de la Grande mosquée de Pantin et la dissolution de l’association BarakaCity.

Les propos incriminés d’Idriss Sihamedi, le président de l’association, «peuvent être imputés à l’association elle-même et constituent des discours incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence pouvant justifier une dissolution», ont estimé les juges du référé.

Le 28 octobre, douze jours après l’assassinat de Samuel Paty par un jeune islamiste radicalisé, le gouvernement dissolvait BarakaCity en l’accusant d’«inciter à la haine», d’entretenir des liens avec «la mouvance islamiste radicale» et de «justifier des actes terroristes». Le décret de dissolution reprochait à l’ONG de diffuser et d’inviter à la diffusion «d’idées haineuses, discriminatoires et violentes» en ligne avec l’islam radical, notamment via ses comptes Facebook et Twitter ou le compte Twitter personnel de son président et fondateur, Idriss Sihamedi.

Les avocats de l’ONG, créée en 2010 et qui dit apporter de l’aide à plus de 2 millions de démunis dans le monde, ont contesté cette décision «brutale et discrétionnaire» devant le Conseil d’État. L’ONG agit dans un cadre «strictement humanitaire», ne participe à aucune activité «susceptible de troubler l’ordre public, encore moins de nature terroriste», avaient-ils plaidé dans leur requête, examinée lundi.

Populaire, notamment chez des jeunes musulmans des quartiers populaires, BarakaCity a fait l’objet ces dernières années d’enquêtes approfondies des autorités, qui n’ont débouché sur aucune poursuite. Elle fait partie, avec le collectif «Cheikh Yassine», des deux organisations dont le gouvernement a annoncé la dissolution après la mort de Samuel Paty. Le gouvernement en a depuis annoncé une troisième, imminente: celle du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), une association de lutte contre les discriminations visant les musulmans accusée d’être une «officine islamiste œuvrant contre la République».

Quant aux «propos tenus par les responsables de la Grande mosquée de Pantin et les idées ou théories diffusées en son sein, [ils] constituent une provocation, en lien avec le risque de commission d’actes de terrorisme, à la violence, à la haine ou à la discrimination» et sont de nature à justifier la fermeture du lieu de culte, selon le juge des référés du Conseil d’État.

Le juge reproche en premier lieu la diffusion, le 9 octobre, de la vidéo d’un père d’élève du collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) indigné après un cours sur la liberté d’expression dispensé par Samuel Paty, «ainsi que d’un commentaire mentionnant sur ce même compte l’identité de ce professeur». Cette vidéo avait été à l’origine de l’engrenage qui a conduit à l’assassinat du professeur d’histoire-géographie, le 16 octobre.

Le juge fait également valoir que l’imam en poste au moment des faits, qui s’est depuis «retiré de ses activités», «a été formé dans un institut fondamentaliste du Yémen», «que ses prêches sont retransmis (…) sur un site internet qui diffuse des fatwas salafistes de cheikhs saoudiens» et «qu’il est impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Ile-de-France».

Autre argument avancé, la mosquée de Pantin «est devenue un lieu de rassemblement pour des individus appartenant à la mouvance islamique radicale dont certains n’habitent pas le département de Seine-Saint-Denis et ont été impliqués dans des projets d’actes terroristes».

Le juge précise toutefois que la fédération pourra «demander la réouverture du lieu de culte lorsqu’elle estimera avoir pris les mesures de nature à prévenir la réitération des dysfonctionnements constatés, notamment par le choix des imams autorisés à officier, l’adoption de mesures de contrôle effectif de la fréquentation de la mosquée et des réseaux sociaux placés sous sa responsabilité».

Avec Le Figaro par Paule Gonzalès

Congo/Administration du territoire : l’Association diaspora Nord dissoute

mars 4, 2020

Dia

Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphyrin Mboulou, a, par arrêté n° 4956, prononcé la dissolution de l’Association diaspora Nord du « fait de son caractère discriminatoire ».

 

Selon l’arrêté, la dissolution de « l’Association diaspora Nord » dont le siège social est situé au n°06, rue Songolo au CQ 204, dans le deuxième arrondissement de Pointe-Noire, Mvoumvou, de ce fait, annule son récépissé établi en novembre 2012.

« Les préfets de département, les maires de commune, les sous-préfets, les administrateurs-maires d’arrondissement et de communauté urbaine ainsi que les services de police sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de la mesure édictée à l’article premier », peut-on lire dans cet arrêté.

Le ministre a, par ailleurs, rappelé, dans un autre communiqué officiel, à tous les acteurs politiques et de la société civile certaines dispositions de la loi  n° 20-2017 du 12 mai  portant loi organique relative aux conditions de création, d’existence et aux modalités de financement des partis politiques. En effet, l’article 48 de cette loi a mis fin aux activités des associations à caractère politique.

Ainsi, seuls sont autorisés à mener leurs activités, les groupements de personnes dont l’objet social est apolitique et obéit aux prescriptions de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association. « De ce fait, tout groupement de personne créé pour un objet autre que politique et qui sera détourné de cet objet social sera, selon le cas, ou interdit d’exercer ses activités, ou purement et simplement dissout », a prévenu le ministre, précisant que ce communiqué tient lieu de dernier rappel.

Le ministre Raymond Zéphyrin Mboulou a, enfin, enjoint les autorités locales compétentes d’en faire le relai dans leurs descentes communautaires.

 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara dissout le gouvernement

juillet 4, 2018

 

Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Le chef de l’État Alassane Ouattara a reconduit le 4 juillet Amadou Gon Coulibaly et l’a chargé de former une équipe composée de membres du RHDP et de la société civile.

Alassane Ouattara avait annoncé qu’il remanierait le gouvernement fin juin-début juillet, ouvrant depuis la voie aux rumeurs et conjectures. Ce mercredi 4 juillet, le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, a annoncé que le président ivoirien avait signé deux décrets : d’une part, il dissout le gouvernement nommé il y a dix-huit mois ; de l’autre, il reconduit aussitôt son fidèle lieutenant Amadou Gon Coulibaly au poste de Premier ministre.

Le texte précise que la nouvelle équipe sera constituée de membres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et de la société civile. Selon nos informations, Amadou Gon Coulibaly était dans le bureau du président ivoirien au moment de cette annonce.

La place du PDCI menacée

Ce remaniement intervient alors que le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a décidé, lors d’un bureau politique mouvementé, le 17 juin, de repousser son adhésion au parti unifié après la présidentielle. Il réclame auparavant « l’alternance », c’est-à-dire que le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) se range derrière un candidat du PDCI en 2020, comme le parti de Félix Houphouët-Boigny l’avait fait pour Alassane Ouattara en 2015. Une exigence qui, pour l’instant, est rejetée au sein du parti présidentiel.

L’adoption de cette ligne anti-RHDP et les fortes tensions entre Alassane Ouattara et son allié Henri Konan Bédié pourraient ainsi mettre en péril la participation du PDCI au prochain gouvernement.

Les pro-RHDP, dont les principales figures du gouvernement, tentent, quant à  elles, de marquer leur différence. Ce mardi, le ministre Kobenan Adjoumani a ainsi lancé le mouvement « Sur les traces d’Houphouët-Boigny », affichant sa préférence pour la mise en place rapide du parti unifié.

Cela suffira-t-il à sauver la présence au gouvernement de certains caciques du PDCI, comme Thierry Tanoh ou Raymonde Goudou-Coffie ? C’est l’une des principales questions en suspens.

Jeuneafrique.com par et

Gabon: la Cour constitutionnelle dissout l’Assemblée

mai 1, 2018

 

La présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, Marie-Madeleine Mborantsuo. © WILS YANICK M / AFP

La Cour constitutionnelle gabonaise a dissous l’Assemblée nationale lundi, en demandant la démission du gouvernement, alors que le Gabon devait organiser des élections législatives avant fin avril, a annoncé la présidente de cette juridiction.

La Cour précise que le mandat des députés prend fin et que le chef de l’État doit procéder à la nomination d’un nouveau gouvernement qui sera uniquement responsable devant le président de la République, a indiqué la présidente de cette institution, Madeleine Mborantsuo.

 « Force est de constater que le gouvernement n’a pas pu accomplir les missions qui lui sont dévolues, notamment la révision de la liste électorale depuis 2017 et la mise en place du Centre gabonais des élections, depuis janvier 2018 », a ajouté Mme Mborantsuo dans une déclaration dont l’AFP a obtenu copie.

Selon la Cour, le gouvernement a surtout échoué dans l’organisation des législatives au plus tard le 30 avril, après deux reports de ces élections depuis décembre 2016 que les commentateurs expliquent par les remous suscités par la présidentielle d’août 2016 dont les résultats donnant le président sortant Ali Bongo Ondimba vainqueur sont contestés par l’opposition.

Parlement « illégitime »

Le Parlement gabonais était donc considéré comme « illégitime » depuis dimanche 29 mars, les législatives n’ayant pas été tenues dans les temps fixés par la Cour constitutionnelle qui a décidé de transférer les pouvoirs de l’Assemblée nationale au Sénat jusqu’à la proclamation par la Cour des résultats des législatives.

La date des législatives sera annoncée par la Cour après avoir été saisie par le Centre gabonais des élections (CGE), une instance rassemblant des membres de la majorité et de l’opposition qui vient de se mettre en place et doit prêter serment mercredi devant la Cour. Le CGE remplace la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) qui avait validé les résultats de l’élection présidentielle d’août 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa dissout le gouvernement Mugabe

novembre 28, 2017

 

Premier discours d’Emmerson Mnangagwa en tant que président du Zimbabwe. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le nouveau président zimbabwéen a dissous le gouvernement de son prédécesseur, Robert Mugabe, et confié temporairement deux portefeuilles clé à des ministres du chef de l’État démissionnaire. La Chine, soupçonnée d’avoir soutenu en sous-main le nouvel homme fort du pays dans son ascension, a par ailleurs démenti ces allégations.

Le nouveau président, qui n’a pas encore nommé son gouvernement, a convoqué les directeurs de cabinet de tous les ministères ce 28 novembre dans l’après-midi. Le temps de former un nouveau gouvernement et afin d’assurer la continuité de ministères essentiels, Emmerson Mnangagwa a nommé deux personnalités du parti au pouvoir, la Zanu-PF, à des postes-clés.

Patrick Chinamasa s’est vu confier les Finances, un portefeuille qu’il a déjà occupé jusqu’à récemment sous le régime Mugabe. Lors d’un remaniement en octobre, il avait cependant été affecté au ministère de la Cybersécurité.

Simbarashe Mumbengegwi a, lui, hérité de la diplomatie. Il était chargé de la Planification macroéconomique dans le dernier gouvernement Mugabe, mais avait auparavant occupé le poste de ministre des Affaires étrangères.

Les deux hommes se retrouvent affectés aux postes qu’ils avaient perdus en octobre dans le cadre d’un remaniement, où Emmerson Mnangagwa s’était vu, lui, priver du poste de la Justice.

Pas d’implication de la Chine

Le 27 novembre, la Chine a par ailleurs salué l’investiture du nouveau président et démenti toute implication dans son ascension. Le chef des armées du Zimbabwe, Constantino Chiwenga, était en visite à Pékin peu avant la crise politique qui a secoué Harare. Sa présence a soulevé des interrogations quant au rôle joué par la Chine.

Sa venue faisait partie des « interactions normales » entre les deux pays, a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Elle était prévue longtemps à l’avance et était approuvée par l’ex-président Mugabe, a-t-il martelé. La Chine défend toujours le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays et cette position demeure inchangée ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye : le groupe jihadiste Ansar Asharia annonce sa dissolution

mai 28, 2017

Des membres des forces pro-Haftar lors des combats contre des jihadistes, le 20 mai 2017 à Benghazi (Libye). © Abdullah Doma/AFP

Le groupe libyen Ansar Asharia, classé comme organisation terroriste par l’ONU et les Etats-Unis, a annoncé samedi soir sa « dissolution », dans un communiqué publié sur internet.

Le groupe lié à al-Qaïda est accusé par Washington d’être derrière l’attaque du 11 septembre 2012 contre le consulat américain de Benghazi (est), qui a coûté la vie à l’ambassadeur Christopher Stevens et à trois autres Américains.

 

Dans son communiqué, Ansar Asharia admet implicitement avoir été « affaibli » par la guerre contre les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est libyen.

Le groupe avait perdu son chef, Mohamad Azahawi, tué dans les combats contre les forces pro-Haftar fin 2014 à Bengahzi, avant d’être encore affaibli après la défection de la plupart de ses membres pour faire allégeance à l’organisation Etat islamique (EI).

Camps d’entraînement pour jihadistes

Il a rejoint plus tard le Conseil de la Choura des révolutionnaires de Benghazi, une coalition de milices islamistes, qui s’était emparé de Benghazi en 2014.

Quelques mois plus tard, l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Haftar leur a déclaré la guerre et a réussi à reprendre une grande partie de la ville. Elle assiège depuis quelques semaines les derniers combattants jihadistes dans deux quartiers du centre-ville.

Formé après la révolution contre le dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011, Ansar Asharia s’était implanté notamment à Benghazi et Derna (est). D’autres filiales ont été créées plus tard à Syrte et Sabratha (ouest).

Le groupe a occupé des casernes et sites militaires abandonnés par l’ancien régime et les a transformés en camps d’entraînement pour des centaines de jihadistes voulant se rendre en Irak ou en Syrie.

Burundi : l’ONG de lutte pour les droits de l’Homme Iteka dissoute par les autorités

janvier 3, 2017

Une patrouille de police dans le quartier de Musaga, à Bujumbura, au Burundi, le 20 juillet 2015 © Jerome Delay/AP/SIPA

La plus ancienne ligue burundaise des droits de l’Homme, Iteka, vient d’être rayée de la liste des ONG autorisée à œuvrer dans le pays. L’ONG dénonçait régulièrement la répression du pouvoir en place, malgré la suspension de ses activités il y a quelques mois.

Le couperet vient de tomber pour Iteka. Une ordonnance ministérielle rendue publique ce mardi 03 janvier sur un site d’information proche du pouvoir prévoit sa radiation définitive de la liste des ONG locales autorisées à travailler au Burundi.

« Attendu que malgré une mesure de suspension provisoire, cette association n’a pas cessé les agissements pour lesquels elle avait été suspendue » et a continué « à ternir l’image du pays et à semer la haine et la division au sein de la population du Burundi », Iteka « est définitivement radiée de la liste des Associations sans but lucratif (ASBL) œuvrant au Burundi », précise le document, émis par le ministère burundais de l’Intérieur.

 

Violations massives des droits de l’Homme

Cette décision des autorités burundaises fait suite à la publication en novembre d’un rapport écrit par la fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) − représentée par Iteka au Burundi −, et qui fait état des violations massives des droits de l’Homme recensées dans le pays depuis le début de la crise en avril 2015.

À la mi-décembre, Iteka avait d’autre part dénoncé une « recrudescence » des arrestations et disparitions d’opposants, et l’instauration d’un climat de « peur généralisée » par le pouvoir burundais.

Depuis le début de la crise engendrée par la volonté de Pierre Nkurunziza de se représenter à un 3e mandat, les violences auraient fait selon l’AFP plus de 500 morts et poussé plus de 300 000 personnes à quitter le pays.

« Nous ne sommes pas surpris par cette décision, a réagi le président d’Iteka, Anschaire Nikoyagize, qui vit aujourd’hui en exil. Elle vient confirmer que le pouvoir burundais continue de tout mettre en œuvre pour que ses graves violations des droits humains ne soient plus rapportées et pour échapper à l’attention de la communauté internationale. »

« Ne pas renoncer »

Malgré la suspension de ses activités, Iteka avait continué de produire des rapports sur les violations des droits de l’Homme au Burundi.

« Cela va  être malheureusement plus dangereux pour nos équipes qui sont sur le terrain », a confié Anschaire Nikoyagize à l’AFP. « Mais, nous n’allons pas renoncer à notre mission, a-t-il promis. Nous nous y sommes préparés et nous allons continuer à travailler dans la clandestinité. »

Iteka vient rallonger la liste des principales ONG indépendantes burundaises à avoir été dissoutes. Les grandes figures de la société civile et les responsables des médias indépendants sont quant à eux, pour la plupart, en exil.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : la famille Blattner décide de dissoudre la Biac

novembre 8, 2016

La Biac compte environ 150 agences à travers le pays. © DR

La Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac), la quatrième banque congolaise, contrôlée par le groupe Elwyn Blattner, a annoncé mardi dans un communiqué sa liquidation volontaire – décision prise en Assemblée générale extraordinaire le 4 novembre selon les informations de JA. La Biac était en grandes difficultés depuis plusieurs mois.

La banque avait été placée sous administration provisoire le 30 mai dernier, en raison d’une grave crise de liquidité dont les causes restent délicates à déterminer, entre la sous-capitalisation chronique de la banque et la décision de la Banque centrale de stopper une ligne de financement.

Dans un communiqué daté du 8 novembre, et dont Jeune Afrique s’est fait confirmé l’authenticité et la teneur auprès des actionnaires de la Biac, la quatrième banque congolaise a précisé que « les actionnaires, réunis en assemblée générale extraordinaire et présidée par un mandataire ad-hoc désigné par le président du tribunal de Commerce de Kinshasa-Gombe, ont décidé de dissoudre volontairement la Biac et de désigner un liquidateur. » D’après nos informations, l’assemblée générale extraordinaire (AGE) s’est déroulée le 4 novembre dernier.

Quelques semaines plus tôt, le 11 octobre, une précédente AGE avait demandé la mise en place de plusieurs éléments permettant d’assurer la continuité de l’activité bancaire et la participation plus active de l’actionnaire [le groupe d’Elwyn Blattner est actionnaire à 100%] dans le redressement de la Biac, notamment dans la recherche d’un repreneur. « Aucune suite favorable n’a été apportée à cette préoccupation légitime », indique le communiqué de la banque congolaise.

Nous avons décidé qu’il était préférable d’opter pour une dissolution volontaire.

Joint au téléphone par Jeune Afrique, Elwyn Blattner précise que « la gestion provisoire se terminait le 30 novembre prochain avec une probable mise en liquidation forcée de la Biac. Nous avons décidé qu’il était préférable d’opter pour une dissolution volontaire ». Aucun repreneur, malgré les échos médiatiques, n’aurait notamment été présenté aux actionnaires.

Les difficultés de la Biac ont eu une forte résonance politique, la gestion provisoire ayant notamment provoqué plusieurs passes d’armes entre la Primature et la Banque centrale.

La banque congolaise, contrôlée à 100 % par Elwin Blattner et sa famille, est la quatrième du pays par le total des actifs, avec plus de 400 000 comptes fin 2015, un total de bilan de 511 milliards de francs congolais (environ 498 millions d’euros) et un total des dépôts de 399,7 milliards de francs congolais dont 245, 3 milliards détenus par de petits épargnants. Avec plus de 150 agences, elle possède un des réseaux les plus vastes du pays.

Le communiqué de la Biac

Jeuneafrique.com par Frédéric Maury

Koweït: l’émir a dissous le Parlement

octobre 16, 2016

Koweït – L’émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmed Al-Sabah, a dissous par décret dimanche le Parlement du pays pétrolier du Golfe en invoquant une conjoncture régionale délicate et des défis sécuritaires, a rapporté l’agence officielle Kuna.

Cette décision a été annoncée au lendemain de l’appel du président du Parlement Marzouk al-Ghanem à des élections anticipées pour relever les défis économiques et sécuritaires auxquels le Koweït est confronté.

En vertu de la Constitution, des élections anticipées devront être organisées dans un délai de deux mois après la dissolution de la Chambre.

Dans son décret, l’émir a évoqué une conjoncture régionale délicate et la nécessité de faire face aux dangers des défis sécuritaires pour justifier la dissolution du Parlement.

Le peuple sera ainsi appelé à choisir de nouveau ses représentants et contribuer à relever ces défis, a ajouté le chef de l’Etat sans donner plus de précisions.

Le décret a été promulgué sur une recommandation du Conseil des ministres qui a tenu dimanche une réunion extraordinaire pour discuter d’un blocage avec des parlementaires sur le relèvement des prix de l’essence et des réformes économiques.

 Le mandat du Parlement dissous courait jusqu’à fin juillet 2017.

La date des prochaines élections n’a pas été fixée.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2016 15h11)