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Soudan : Emmanuel Macron condamne le coup d’État

octobre 25, 2021

Le président français a condamné « avec la plus grande fermeté » la tentative de coup d’État au Soudan et appelé au « respect du Premier ministre ».

Le général soudanais Abdel Fattah al-Burhane a dissous lundi 25 octobre les autorités de transition, dont la quasi-totalité des membres civils sont déjà aux mains de l’armée, décrétant l’état d’urgence alors que des tirs ont déjà fait des blessés parmi les manifestants prodémocratie.

Depuis le matin, le « coup d’État » dénoncé à l’international s’est déroulé en plusieurs étapes. Le Premier ministre, son épouse, nombre de ses ministres et tous les membres civils du Conseil de souveraineté – plus haute autorité de la transition – ont été arrêtés par des militaires. La télévision d’État a été prise par les militaires et à la mi-journée le général Abdel Fattah al-Burhane y est apparu.

Ne cessant de répéter qu’il souhaitait toujours « une transition vers un État civil et des élections libres en 2023 », après 30 ans de dictature d’Omar el-Béchir démis en 2019, il a malgré tout relevé tous les dirigeants de leurs fonctions. Le gouvernement est dissous, de même que le Conseil de souveraineté, a-t-il dit, les préfets et ministres sont limogés, et l’état d’urgence est déclaré dans tout le pays, a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a condamné lundi « avec la plus grande fermeté » la tentative de coup d’État au Soudan et appelé au « respect de l’intégrité du Premier ministre et des dirigeants civils ». « La France condamne avec la plus grande fermeté la tentative de coup d’État au Soudan. J’exprime notre soutien au gouvernement de transition soudanais et appelle à la libération immédiate et au respect de l’intégrité du Premier ministre et des dirigeants civils », a souligné le président français dans un tweet.

De nombreuses réactions dans le monde entier

Avant même qu’il ne s’exprime, des milliers de Soudanais descendaient dans les rues conspuant l’armée. Devant le QG de l’armée dans le centre de Khartoum, bouclé par soldats et blocs de béton depuis des jours, 12 manifestants ont été blessés par des tirs des forces armées, ont assuré un syndicat de médecin et le ministère de l’Information.

Le bureau du Premier ministre Abdallah Hamdok avait appelé à « manifester » contre le « coup d’État » pour « protéger la révolution » de 2019 qui a renversé El Béchir. Craignant pour la vie du dirigeant retenu « dans un lieu non identifié », son bureau a averti que les autorités militaires portaient « l’entière responsabilité de sa vie » ou sa mort, dans un pays déjà secoué par un coup d’État manqué il y a un mois.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a condamné lundi « le coup d’État militaire en cours » au Soudan et a réclamé la libération « immédiate » du Premier ministre Abdallah Hamdok. « Il faut assurer le plein respect de la charte constitutionnelle pour protéger la transition politique obtenue de haute lutte », a-t-il affirmé sur Twitter.

« J’appelle les forces armées à relâcher immédiatement les personnes retenues », a exhorté l’émissaire de l’ONU au Soudan Volker Perthes, jugeant « inacceptables » ces arrestations de civils appartenant aux autorités de transition. Les États-Unis, dont l’émissaire Jeffrey Feltman était la veille encore dans le bureau du Premier ministre, ont déjà prévenu que « tout changement du gouvernement de transition mettait en danger l’aide américaine ».

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a lui appelé la communauté internationale « à remettre la transition soudanaise sur les rails », tandis que la Ligue arabe et l’Union africaine appelaient « au dialogue ». Face à ces critiques qui s’accumulent, le général, Burhane a donné un gage de poids : il s’est dit engagé à respecter les accords internationaux signés par le Soudan, l’un des quatre États arabes à avoir récemment décidé de reconnaître Israël.

La Commission européenne a appelé à la « libération rapide » des dirigeants civils du gouvernement du Soudan et à « ce que les moyens de communication ne soient pas entravés pour permettre de joindre ceux qui en ont besoin ». L’Allemagne a « clairement condamné » la tentative de coup d’État au Soudan qui « doit cesser immédiatement » pour permettre la poursuite d’une « transition politique pacifique vers la démocratie », selon un communiqué du ministre des Affaires étrangères. « Les informations faisant état d’une nouvelle tentative de coup d’État au Soudan sont atterrantes », a déclaré Heiko Maas.

Des tensions qui existent depuis longtemps entre les deux parties

Dans les rues de Khartoum, où les réseaux sociaux ne sont plus accessibles pour beaucoup, de nombreux Soudanais ont conspué le général Abdel Fattah al-Burhane, qui chapeaute le Conseil de souveraineté désormais amputé de sa part civile, ont constaté des correspondants de l’AFP. Beaucoup convergeaient vers le principal axe du centre-ville, où des pro-civils avaient organisé jeudi une démonstration de force aux cris de « révolution » pour refuser ce que les militants appelaient déjà « un coup d’État rampant ».

Le Soudan connaît une transition précaire entachée de divisions politiques et de luttes de pouvoir depuis l’éviction du président Omar el-Béchir, en avril 2019. Depuis août 2019, le pays est dirigé par une administration composée de civils et de militaires chargée de superviser la transition vers un régime entièrement civil.

Le principal bloc civil – les Forces pour la liberté et le changement (FFC) –, qui a mené les manifestations anti-Béchir en 2019, s’est scindé en deux factions opposées. « La crise actuelle est artificielle et prend la forme d’un coup d’État rampant », a déclaré Yasser Arman, leader du FFC, lors de la conférence de presse de samedi dans la capitale Khartoum. « Nous renouvelons notre confiance dans le gouvernement, le Premier ministre Abdallah Hamdok, et dans la réforme des institutions de transition, mais sans ordre ni imposition », a ajouté Yasser Arman.

Les tensions entre les deux parties existent depuis longtemps, mais les divisions se sont exacerbées après le coup d’État manqué du 21 septembre. La semaine dernière, des dizaines de milliers de Soudanais ont défilé dans plusieurs villes pour soutenir le transfert complet du pouvoir aux civils, et pour contrer un sit-in rival de plusieurs jours devant le palais présidentiel dans la capitale Khartoum qui exigeait un retour au « régime militaire ».

La « crise la plus grave et la plus dangereuse »

Abdallah Hamdok a précédemment décrit les divisions au sein du gouvernement de transition comme la « crise la plus grave et la plus dangereuse » à laquelle est confrontée la transition. Samedi, Abdallah Hamdok a démenti les rumeurs selon lesquelles il avait accepté un remaniement ministériel, les qualifiant de « non exactes ». Le Premier ministre a également « souligné qu’il ne monopolisait pas le droit de décider du sort des institutions de transition ».

Par Le Point avec AFP

Soudan : le général Abdel Fattah al-Burhane dissout les autorités de la transition

octobre 25, 2021
Les soldats ont tiré sur les manifestants qui protestaient contre l’arrestation du Premier ministre, ce lundi 25 octobre à Khartoum. © NICOLAS CORTES/ZEPPELIN/SIPA

Le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan a dissous lundi les autorités de transition dont la quasi-totalité des membres civils sont déjà aux mains de l’armée, décrétant l’état d’urgence alors que des tirs ont déjà fait des blessés parmi les manifestants pro-démocratie.

Depuis le matin, le coup d’État dénoncé à l’international s’est déroulé en plusieurs étapes. Le Premier ministre, son épouse, nombre de ses ministres et tous les membres civils du Conseil de souveraineté – plus haute autorité de la transition – ont été arrêtés par des militaires. La télévision d’État a été prise par les militaires et à la mi-journée le général Abdel Fattah al-Burhane y est apparu.

Ne cessant de répéter qu’il souhaitait toujours « une transition vers un État civil et des élections libres en 2023 », après 30 ans de dictature d’Omar el-Béchir démis en 2019, il a malgré tout relevé tous les dirigeants de leurs fonctions. Le gouvernement est dissout, de même que le Conseil de souveraineté, a-t-il dit, les préfets et ministres sont limogés, et l’état d’urgence est déclaré dans tout le pays, a-t-il ajouté.

Tirs à balles réelles sur les manifestants

Des manifestants protestent contre l’arrestation du Premier ministre, le 25 octobre 2021 à Khartoum.
Des manifestants protestent contre l’arrestation du Premier ministre, le 25 octobre 2021 à Khartoum. © NICOLAS CORTES/ZEPPELIN/SIPA

Avant même qu’il ne s’exprime, des milliers de Soudanais descendaient dans les rues conspuant l’armée. Devant le QG de l’armée dans le centre de Khartoum, bouclé par soldats et blocs de béton depuis des jours, 12 manifestants ont été blessés par des tirs des forces armées, ont assuré un syndicat de médecin et le ministère de l’Information.

Le bureau du Premier ministre Abdallah Hamdok avait appelé à « manifester » contre le « coup d’État » pour « protéger la révolution » de 2019 qui a renversé Béchir. Craignant pour la vie du dirigeant retenu « dans un lieu non identifié », son bureau a averti que les autorités militaires portaient « l’entière responsabilité de sa vie » ou sa mort, dans un pays déjà secoué par un coup d’État manqué il y a un mois.

« J’appelle les forces armées à relâcher immédiatement les personnes retenues », a exhorté l’émissaire de l’ONU au Soudan Volker Perthes, jugeant « inacceptables » ces arrestations de civils appartenant aux autorités de transition. Les États-Unis, dont l’émissaire Jeffrey Feltman était la veille encore dans le bureau du Premier ministre, ont déjà prévenu que « tout changement du gouvernement de transition mettait en danger l’aide américaine ». Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a lui appelé la communauté internationale « à remettre la transition soudanaise sur les rails », tandis que la Ligue arabe et l’Union africaine appelaient « au dialogue ».

Face à ces critiques qui s’accumulent, le général, Burhane a donné un gage de poids : il s’est engagé à respecter les accords internationaux signés par le Soudan, l’un des quatre États arabes à avoir récemment décidé de reconnaître Israël.

« Révolution »

Dans les rues de Khartoum, où internet et le téléphone ne sont plus accessibles pour beaucoup, de nombreux Soudanais conspuent depuis tôt le matin le général Burhane. « Nous refusons le régime militaire et sommes prêts à sacrifier nos vies pour la transition démocratique », a juré l’un d’eux, Haitham Mohamed. « Nous ne quitterons pas les rues avant le retour du gouvernement civil », affirme Sawsan Bachir, elle aussi sous la nuée de drapeaux soudanais.

Dans un pays quasiment toujours sous la férule des militaires et des islamistes depuis son indépendance il y a 65 ans, la transition battait de l’aile depuis longtemps. Entre luttes de pouvoir parmi les civils et militaires décidés à conserver leurs acquis politiques et économiques, elle a débuté dans l’union sacrée avant de finir morcelée.

En avril 2019, l’armée poussait au départ d’Omar el-Béchir, sous la pression d’une énorme mobilisation populaire. Depuis août de la même année, un Conseil de souveraineté composé pour moitié de civils et pour moitié de militaires, menait le pays, promettant les premières élections libres fin 2023.

Montée des tensions

Mais ces derniers jours, la tension est montée entre les deux camps. Le 16 octobre, des pro-armée ont planté leurs tentes devant le palais présidentiel où siègent les autorités de transition. En réponse, le 21 octobre, des pro-civils sont descendus par dizaines de milliers dans les rues du pays, dans un joyeux festival pour, disaient-ils, « sauver » leur « révolution ».

Il y a deux jours, le camp pro-civil avait mis en garde contre un « coup d’État rampant », lors d’une conférence de presse qu’une petite foule avait cherché à empêcher. Mais ce camp est divisé. La preuve? Le sit-in qui réclame un « gouvernement militaire » comme les pro-« révolution » se revendiquent tous des Forces de la liberté et du changement (FLC), la grande alliance anti-Béchir qui s’est créée en 2019.

Par Jeune Afrique avec AFP

France: La Ligue de défense noire africaine officiellement dissoute

septembre 29, 2021

Gérald Darmanin avait qualifié la LDNA d’organisation « raciste ». Outre sa dissolution, l’exécutif a aussi mis fin aux activités de la maison d’édition Nawa.

C’est officiel ! La Ligue de défense noire africaine (LDNA) n’est plus. Cette organisation avait été qualifiée de « raciste » par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, après plusieurs tensions à Val-de-Reuil, dans l’Eure. Mercredi 29 septembre, lors du conseil des ministres, sa dissolution a donc été actée, selon les annonces du premier flic de France sur son compte Twitter. L’exécutif a par ailleurs annoncé celle de la maison d’édition « Nawa », basée en Ariège. Une dissolution prononcée en raison de la diffusion de « plusieurs ouvrages légitimant le djihad », selon les propos de la place Beauvau.

Selon le décret de dissolution, la LDNA « diffuse une idéologie appelant à la haine, à la discrimination et à la violence en raison de l’origine, de l’orientation sexuelle » et est « impliquée de manière récurrente dans l’organisation d’actions “coup-de-poing” isolées ou à l’occasion de manifestations commettant ou appelant à commettre des agissements violents ». Contactée mercredi par l’Agence France-Presse, la LDNA n’a pas souhaité faire de commentaires.

Une « mesure forte » selon Gabriel Attal

Début septembre, après des « actions » violentes à Val-de-Reuil (Eure), le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait engagé sa dissolution. « J’ai décidé de lancer la procédure engageant la dissolution de la Ligue de défense noire africaine. Les discours de cette structure raciste appellent à la haine et à la discrimination », avait-il indiqué.

La LDNA se définit sur les réseaux sociaux comme un « mouvement révolutionnaire pour la défense des droits des Afrodescendants et des Africains ». Près de 300 000 personnes sont abonnées à sa page Facebook. Son président et fondateur se présente sur son compte Twitter comme un « activiste politique, résistant panafricain, combattant de la liberté, révolutionnaire ».

Plusieurs politiques, dont des membres du Rassemblement national, demandaient la dissolution de l’association, notamment depuis une manifestation organisée contre les violences policières en juin 2020 devant l’ambassade des États-Unis. Selon le ministre, « ses actions » ont causé des « troubles à l’ordre public » comme à Val-de-Reuil (Eure), où l’organisation avait appelé à manifester contre le maire socialiste de la ville, Marc-Antoine Jamet, après une semaine de tensions, ayant pour origine une rixe entre deux enfants le 5 septembre. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a qualifié cette dissolution de « mesure forte », en disant à l’issue du conseil des ministres : « Notre main ne tremble pas quand il s’agit de défendre la République face à ceux qui croient pouvoir la faire plier ». Il a reproché à l’association d’avoir « tenté d’envahir la mairie de Val-de-Reuil ».

La défense de la maison d’édition Nawa

Par ailleurs, Gérald Darmanin avait demandé mi-septembre la dissolution de la maison d’édition Nawa, en argumentant que « sa ligne éditoriale est clairement anti-universaliste et en contestation directe des valeurs occidentales. Elle a diffusé plusieurs ouvrages légitimant le djihad », avait précisé l’entourage du ministre. Gabriel Attal lui a reproché d’avoir fait « l’apologie du djihad », « sous le prétexte de la traduction ». L’association, dont le nom complet est « Nawa Centre d’études orientales et de traduction », est une « maison d’édition associative », a-t-on détaillé de source ministérielle. Elle avait été déclarée en sous-préfecture de Pamiers en 2008.

Elle se présente sur son site Internet comme une maison d’édition ayant « la volonté de valoriser les sciences humaines et politiques issues de l’héritage musulman ». Dans un communiqué diffusé le 20 septembre sur Twitter, Nawa estime que les accusations « reposent quasi exclusivement sur d’hypothétiques délits d’opinion, de croyance » et qu’« elles entravent la liberté d’expression et d’édition, qui en aucun cas n’ont troublé l’ordre public à ce jour ».

Par Le Point avec AFP

Mali : la dissolution du CNSP décrétée par Bah N’Daw

janvier 26, 2021
Le colonel Assimi Goïta, alors président du CNSP, lors d’une rencontre avec une délégation de la Cedeao, le 22 août 2020 à Bamako.

Le Comité national pour le salut du peuple qui a renversé Ibrahim Boubacar Keïta a été dissous par un décret présidentiel daté du 18 janvier, qui n’a pas encore été publié au Journal officiel.

Cette décision était très attendue. Selon la Charte de la transition, une fois les organes chargés de gérer la transition créés, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) était appelé à disparaître.

Pourtant, le CNSP s’est maintenu alors que, dès le 25 septembre, Bah N’Daw et Assimi Goïta ont prêté serment, respectivement comme président et vice-président de la transition. Quelques jours plus tard, c’est l’ancien diplomate, Moctar Ouane, qui a été nommé Premier ministre. Enfin, début décembre, l’organe chargé de jouer le rôle du pouvoir législatif, le Comité national de transition, a été mis en place.

Si la disparition du CNSP était inéluctable, les apparents atermoiements des nouvelles autorités de Bamako sur le sujet ont donné du grain à moudre aux opposants de la junte qui a renversé Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020. Et a alimenté les interrogations de la communauté internationale. Le 23 janvier, lors d’un sommet ordinaire de la Cedeao, les chefs d’États s’étaient inquiétés de la non dissolution de cette organisation.

Le président Bah N’Daw avait alors informé ses homologues ouest-africains de « l’adoption d’un décret de dissolution du CNSP qui sera rendu public incessamment, ainsi que de la soumission dans les jours à venir de la feuille de route de la transition pour adoption par le CNT », selon les termes du communiqué final de la conférence.

COMMUNIQUÉ FINAL DU 58IÈME SOMMET DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT DE LA CEDEAO…HTTPS://T.CO/UFSC3WHY6X PIC.TWITTER.COM/EOJ2XTFYNA

— ECOWAS-CEDEAO (@ECOWAS_CEDEAO) JANUARY 25, 2021

Postes clés

Mi-août, des militaires réunis au sein du CNSP avaient procédé à l’arrestation d’IBK, après plusieurs mois d’instabilité politique. Ce coup d’État avait mis fin aux manifestations, conduites par des leaders du Mouvement du 5 juin, qui rassemble différentes composantes de la société malienne. Le monde avait alors découvert les visages des nouveaux maîtres de Bamako, dont plusieurs jeunes colonels de différents corps des forces de défense et de sécurité.

Ils occupent désormais des postes clés dans la gestion de la transition ou de l’armée. Le colonel Assimi Goïta, numéro un du désormais défunt CNSP, est vice-président, chargé des questions de défense et de sécurité.

Le premier vice-président de la junte, le colonel Malick Diaw, préside aujourd’hui le CNT, qui fait office d’assemblée nationale.

Le colonel Sadio Camara, ex-deuxième vice-président du CNSP occupe la fonction de ministre de la Défense et des anciens combattants et le colonel Modibo Koné, ex-troisième vice-président est le ministre de la Sécurité et de la protection civile.

Quant au colonel major Ismaël Wagué, qui avait joué le rôle de porte-parole de la junte pendant les premières heures du coup d’État, il a hérité, lui, du ministère de la Réconciliation nationale.

Par Jeune Afrique

France/Islamisme : le Conseil d’État confirme la dissolution de l’association BarakaCity

novembre 25, 2020

Saisis en référé, les juges ont estimé que les propos incriminés du président de l’association constituaient bien des discours incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence. Ils ont également confirmé la dissolution de la Grande mosquée de Pantin.

Saisi en référé, le Conseil d’État a confirmé mercredi la fermeture de la Grande mosquée de Pantin et la dissolution de l’association BarakaCity.

Les propos incriminés d’Idriss Sihamedi, le président de l’association, «peuvent être imputés à l’association elle-même et constituent des discours incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence pouvant justifier une dissolution», ont estimé les juges du référé.

Le 28 octobre, douze jours après l’assassinat de Samuel Paty par un jeune islamiste radicalisé, le gouvernement dissolvait BarakaCity en l’accusant d’«inciter à la haine», d’entretenir des liens avec «la mouvance islamiste radicale» et de «justifier des actes terroristes». Le décret de dissolution reprochait à l’ONG de diffuser et d’inviter à la diffusion «d’idées haineuses, discriminatoires et violentes» en ligne avec l’islam radical, notamment via ses comptes Facebook et Twitter ou le compte Twitter personnel de son président et fondateur, Idriss Sihamedi.

Les avocats de l’ONG, créée en 2010 et qui dit apporter de l’aide à plus de 2 millions de démunis dans le monde, ont contesté cette décision «brutale et discrétionnaire» devant le Conseil d’État. L’ONG agit dans un cadre «strictement humanitaire», ne participe à aucune activité «susceptible de troubler l’ordre public, encore moins de nature terroriste», avaient-ils plaidé dans leur requête, examinée lundi.

Populaire, notamment chez des jeunes musulmans des quartiers populaires, BarakaCity a fait l’objet ces dernières années d’enquêtes approfondies des autorités, qui n’ont débouché sur aucune poursuite. Elle fait partie, avec le collectif «Cheikh Yassine», des deux organisations dont le gouvernement a annoncé la dissolution après la mort de Samuel Paty. Le gouvernement en a depuis annoncé une troisième, imminente: celle du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), une association de lutte contre les discriminations visant les musulmans accusée d’être une «officine islamiste œuvrant contre la République».

Quant aux «propos tenus par les responsables de la Grande mosquée de Pantin et les idées ou théories diffusées en son sein, [ils] constituent une provocation, en lien avec le risque de commission d’actes de terrorisme, à la violence, à la haine ou à la discrimination» et sont de nature à justifier la fermeture du lieu de culte, selon le juge des référés du Conseil d’État.

Le juge reproche en premier lieu la diffusion, le 9 octobre, de la vidéo d’un père d’élève du collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) indigné après un cours sur la liberté d’expression dispensé par Samuel Paty, «ainsi que d’un commentaire mentionnant sur ce même compte l’identité de ce professeur». Cette vidéo avait été à l’origine de l’engrenage qui a conduit à l’assassinat du professeur d’histoire-géographie, le 16 octobre.

Le juge fait également valoir que l’imam en poste au moment des faits, qui s’est depuis «retiré de ses activités», «a été formé dans un institut fondamentaliste du Yémen», «que ses prêches sont retransmis (…) sur un site internet qui diffuse des fatwas salafistes de cheikhs saoudiens» et «qu’il est impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Ile-de-France».

Autre argument avancé, la mosquée de Pantin «est devenue un lieu de rassemblement pour des individus appartenant à la mouvance islamique radicale dont certains n’habitent pas le département de Seine-Saint-Denis et ont été impliqués dans des projets d’actes terroristes».

Le juge précise toutefois que la fédération pourra «demander la réouverture du lieu de culte lorsqu’elle estimera avoir pris les mesures de nature à prévenir la réitération des dysfonctionnements constatés, notamment par le choix des imams autorisés à officier, l’adoption de mesures de contrôle effectif de la fréquentation de la mosquée et des réseaux sociaux placés sous sa responsabilité».

Avec Le Figaro par Paule Gonzalès

Congo/Administration du territoire : l’Association diaspora Nord dissoute

mars 4, 2020

Dia

Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphyrin Mboulou, a, par arrêté n° 4956, prononcé la dissolution de l’Association diaspora Nord du « fait de son caractère discriminatoire ».

 

Selon l’arrêté, la dissolution de « l’Association diaspora Nord » dont le siège social est situé au n°06, rue Songolo au CQ 204, dans le deuxième arrondissement de Pointe-Noire, Mvoumvou, de ce fait, annule son récépissé établi en novembre 2012.

« Les préfets de département, les maires de commune, les sous-préfets, les administrateurs-maires d’arrondissement et de communauté urbaine ainsi que les services de police sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de la mesure édictée à l’article premier », peut-on lire dans cet arrêté.

Le ministre a, par ailleurs, rappelé, dans un autre communiqué officiel, à tous les acteurs politiques et de la société civile certaines dispositions de la loi  n° 20-2017 du 12 mai  portant loi organique relative aux conditions de création, d’existence et aux modalités de financement des partis politiques. En effet, l’article 48 de cette loi a mis fin aux activités des associations à caractère politique.

Ainsi, seuls sont autorisés à mener leurs activités, les groupements de personnes dont l’objet social est apolitique et obéit aux prescriptions de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association. « De ce fait, tout groupement de personne créé pour un objet autre que politique et qui sera détourné de cet objet social sera, selon le cas, ou interdit d’exercer ses activités, ou purement et simplement dissout », a prévenu le ministre, précisant que ce communiqué tient lieu de dernier rappel.

Le ministre Raymond Zéphyrin Mboulou a, enfin, enjoint les autorités locales compétentes d’en faire le relai dans leurs descentes communautaires.

 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara dissout le gouvernement

juillet 4, 2018

 

Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Le chef de l’État Alassane Ouattara a reconduit le 4 juillet Amadou Gon Coulibaly et l’a chargé de former une équipe composée de membres du RHDP et de la société civile.

Alassane Ouattara avait annoncé qu’il remanierait le gouvernement fin juin-début juillet, ouvrant depuis la voie aux rumeurs et conjectures. Ce mercredi 4 juillet, le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, a annoncé que le président ivoirien avait signé deux décrets : d’une part, il dissout le gouvernement nommé il y a dix-huit mois ; de l’autre, il reconduit aussitôt son fidèle lieutenant Amadou Gon Coulibaly au poste de Premier ministre.

Le texte précise que la nouvelle équipe sera constituée de membres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et de la société civile. Selon nos informations, Amadou Gon Coulibaly était dans le bureau du président ivoirien au moment de cette annonce.

La place du PDCI menacée

Ce remaniement intervient alors que le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a décidé, lors d’un bureau politique mouvementé, le 17 juin, de repousser son adhésion au parti unifié après la présidentielle. Il réclame auparavant « l’alternance », c’est-à-dire que le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) se range derrière un candidat du PDCI en 2020, comme le parti de Félix Houphouët-Boigny l’avait fait pour Alassane Ouattara en 2015. Une exigence qui, pour l’instant, est rejetée au sein du parti présidentiel.

L’adoption de cette ligne anti-RHDP et les fortes tensions entre Alassane Ouattara et son allié Henri Konan Bédié pourraient ainsi mettre en péril la participation du PDCI au prochain gouvernement.

Les pro-RHDP, dont les principales figures du gouvernement, tentent, quant à  elles, de marquer leur différence. Ce mardi, le ministre Kobenan Adjoumani a ainsi lancé le mouvement « Sur les traces d’Houphouët-Boigny », affichant sa préférence pour la mise en place rapide du parti unifié.

Cela suffira-t-il à sauver la présence au gouvernement de certains caciques du PDCI, comme Thierry Tanoh ou Raymonde Goudou-Coffie ? C’est l’une des principales questions en suspens.

Jeuneafrique.com par et

Gabon: la Cour constitutionnelle dissout l’Assemblée

mai 1, 2018

 

La présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, Marie-Madeleine Mborantsuo. © WILS YANICK M / AFP

La Cour constitutionnelle gabonaise a dissous l’Assemblée nationale lundi, en demandant la démission du gouvernement, alors que le Gabon devait organiser des élections législatives avant fin avril, a annoncé la présidente de cette juridiction.

La Cour précise que le mandat des députés prend fin et que le chef de l’État doit procéder à la nomination d’un nouveau gouvernement qui sera uniquement responsable devant le président de la République, a indiqué la présidente de cette institution, Madeleine Mborantsuo.

 « Force est de constater que le gouvernement n’a pas pu accomplir les missions qui lui sont dévolues, notamment la révision de la liste électorale depuis 2017 et la mise en place du Centre gabonais des élections, depuis janvier 2018 », a ajouté Mme Mborantsuo dans une déclaration dont l’AFP a obtenu copie.

Selon la Cour, le gouvernement a surtout échoué dans l’organisation des législatives au plus tard le 30 avril, après deux reports de ces élections depuis décembre 2016 que les commentateurs expliquent par les remous suscités par la présidentielle d’août 2016 dont les résultats donnant le président sortant Ali Bongo Ondimba vainqueur sont contestés par l’opposition.

Parlement « illégitime »

Le Parlement gabonais était donc considéré comme « illégitime » depuis dimanche 29 mars, les législatives n’ayant pas été tenues dans les temps fixés par la Cour constitutionnelle qui a décidé de transférer les pouvoirs de l’Assemblée nationale au Sénat jusqu’à la proclamation par la Cour des résultats des législatives.

La date des législatives sera annoncée par la Cour après avoir été saisie par le Centre gabonais des élections (CGE), une instance rassemblant des membres de la majorité et de l’opposition qui vient de se mettre en place et doit prêter serment mercredi devant la Cour. Le CGE remplace la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) qui avait validé les résultats de l’élection présidentielle d’août 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa dissout le gouvernement Mugabe

novembre 28, 2017

 

Premier discours d’Emmerson Mnangagwa en tant que président du Zimbabwe. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le nouveau président zimbabwéen a dissous le gouvernement de son prédécesseur, Robert Mugabe, et confié temporairement deux portefeuilles clé à des ministres du chef de l’État démissionnaire. La Chine, soupçonnée d’avoir soutenu en sous-main le nouvel homme fort du pays dans son ascension, a par ailleurs démenti ces allégations.

Le nouveau président, qui n’a pas encore nommé son gouvernement, a convoqué les directeurs de cabinet de tous les ministères ce 28 novembre dans l’après-midi. Le temps de former un nouveau gouvernement et afin d’assurer la continuité de ministères essentiels, Emmerson Mnangagwa a nommé deux personnalités du parti au pouvoir, la Zanu-PF, à des postes-clés.

Patrick Chinamasa s’est vu confier les Finances, un portefeuille qu’il a déjà occupé jusqu’à récemment sous le régime Mugabe. Lors d’un remaniement en octobre, il avait cependant été affecté au ministère de la Cybersécurité.

Simbarashe Mumbengegwi a, lui, hérité de la diplomatie. Il était chargé de la Planification macroéconomique dans le dernier gouvernement Mugabe, mais avait auparavant occupé le poste de ministre des Affaires étrangères.

Les deux hommes se retrouvent affectés aux postes qu’ils avaient perdus en octobre dans le cadre d’un remaniement, où Emmerson Mnangagwa s’était vu, lui, priver du poste de la Justice.

Pas d’implication de la Chine

Le 27 novembre, la Chine a par ailleurs salué l’investiture du nouveau président et démenti toute implication dans son ascension. Le chef des armées du Zimbabwe, Constantino Chiwenga, était en visite à Pékin peu avant la crise politique qui a secoué Harare. Sa présence a soulevé des interrogations quant au rôle joué par la Chine.

Sa venue faisait partie des « interactions normales » entre les deux pays, a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Elle était prévue longtemps à l’avance et était approuvée par l’ex-président Mugabe, a-t-il martelé. La Chine défend toujours le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays et cette position demeure inchangée ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye : le groupe jihadiste Ansar Asharia annonce sa dissolution

mai 28, 2017

Des membres des forces pro-Haftar lors des combats contre des jihadistes, le 20 mai 2017 à Benghazi (Libye). © Abdullah Doma/AFP

Le groupe libyen Ansar Asharia, classé comme organisation terroriste par l’ONU et les Etats-Unis, a annoncé samedi soir sa « dissolution », dans un communiqué publié sur internet.

Le groupe lié à al-Qaïda est accusé par Washington d’être derrière l’attaque du 11 septembre 2012 contre le consulat américain de Benghazi (est), qui a coûté la vie à l’ambassadeur Christopher Stevens et à trois autres Américains.

 

Dans son communiqué, Ansar Asharia admet implicitement avoir été « affaibli » par la guerre contre les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est libyen.

Le groupe avait perdu son chef, Mohamad Azahawi, tué dans les combats contre les forces pro-Haftar fin 2014 à Bengahzi, avant d’être encore affaibli après la défection de la plupart de ses membres pour faire allégeance à l’organisation Etat islamique (EI).

Camps d’entraînement pour jihadistes

Il a rejoint plus tard le Conseil de la Choura des révolutionnaires de Benghazi, une coalition de milices islamistes, qui s’était emparé de Benghazi en 2014.

Quelques mois plus tard, l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Haftar leur a déclaré la guerre et a réussi à reprendre une grande partie de la ville. Elle assiège depuis quelques semaines les derniers combattants jihadistes dans deux quartiers du centre-ville.

Formé après la révolution contre le dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011, Ansar Asharia s’était implanté notamment à Benghazi et Derna (est). D’autres filiales ont été créées plus tard à Syrte et Sabratha (ouest).

Le groupe a occupé des casernes et sites militaires abandonnés par l’ancien régime et les a transformés en camps d’entraînement pour des centaines de jihadistes voulant se rendre en Irak ou en Syrie.