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Italie: le gouvernement se divise autour de la ligne ferroviaire Lyon-Turin

juillet 27, 2018

Milan – Le gouvernement italien se divisait vendredi autour de la question de la ligne ferroviaire Lyon-Turin, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) réclamant un arrêt du projet, tandis que la Ligue (extrême droite) plaide pour sa poursuite.

Le sujet avait déjà divisé les deux alliés fin mai lors de l’élaboration de leur programme commun, dans lequel ils s’étaient finalement engagés à « suspendre les travaux d’exécution » de la ligne ferroviaire et à « rediscuter intégralement le projet ».

Mais ces derniers jours, le M5S, depuis toujours hostile au projet, a multiplié les attaques et, selon les quotidiens La Stampa et La Repubblica, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, aurait décidé de stopper le projet.

Il n’y a cependant pas eu de communication officielle. Des sources proches de l’entourage de M. Conte ont assuré à d’autres médias que le dossier n’était pas sur la table pour l’instant.

« Quand j’étudie un dossier comme celui du Turin-Lyon, je ne peux qu’éprouver de la colère et du dégoût concernant l’argent gaspillé des citoyens italiens », a récemment dénoncé le ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S).

« Cela a été un énorme gaspillage d’argent public pour favoriser les habituels potentats, les clans politico-économiques et même la criminalité organisée », a-t-il ajouté.

Mais la Ligue de Matteo Salvini s’oppose à un abandon du projet.

« De mon point de vue, il faut aller de l’avant, pas revenir an arrière », a affirmé vendredi le vice-Premier ministre à la radio. « Il faut faire l’analyse coûts-bénéfices: l’infrastructure sert ou non, est-ce que cela coûte davantage de la bloquer ou de poursuivre? ».

L’opposition a pour sa part fustigé un éventuel abandon: « Deux milliards d’euros de pénalités, le blocage des financements européens, 4.000 emplois en péril. Le pays entier paiera la folie du gouvernement de bloquer le Turin-Lyon », a twitté le secrétaire du Parti démocrate (centre gauche), Maurizio Martina.

Et le patronat défendait lui aussi cette ligne. « Nous sommes le deuxième pays manufacturier d’Europe » et pour être compétitives, les entreprises doivent avoir « des infrastructures dignes d’un grand pays industriel », a fait valoir Vincenzo Boccia, le patron du principal syndical patronal.

Interrogé sur ce dossier, un porte-parole de la Commission européenne a souligné que le « Lyon-Turin était un important projet, pas seulement pour la France et l’Italie, mais aussi pour l’Europe dans son ensemble ».

« Le projet est en cours. Il est important que toutes les parties maintiennent leurs efforts pour le réaliser dans les temps », a-t-il ajouté.

Mais les grands travaux ne sont pas les seuls sujets de contentieux entre les deux alliés. Ainsi, le ministre de la Famille, Lorenzo Fontana (Ligue) a rouvert une faille jeudi en réclamant l’arrêt des inscriptions à l’état civil d’enfants de couples gays conçus à l’étranger via des pratiques interdites en Italie.

La maire M5S de Turin, Chiara Appendino, a répliqué que sa commune continuerait à le faire.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juillet 2018 12h28)                                                        

Congo: Brazzaville, l’esclavage en Libye divise les Francs-maçons

décembre 3, 2017

Un document signé et publié par Alphonse Obambi-Itoua, grand-Maître de la de la Franc Maçonnerie au Congo, condamne la vente aux enchères des migrants en Libye comme l’a fait le Grand Orient de France. Mais d’autres franc-maçons désapprouvent cette morale élastique, à géométrie variable.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. En publiant une lettre pour interpeller la communauté internationale sur l’esclavagisme en Libye, la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique (GLTSA), tranche sur le silence qui dut le sien lors des massacres perpétrés par le régime de Sassou dans la région du Pool. Beaucoup de “Frères” voient dans la démarche d’Alphonse Obambi-Itoua l’ombre d’une émotion . “Il doit aussi rompre le silence sur la détresse des populations du Pool, sur les prisonniers politiques et sur la privation des libertés au Congo”, martèle une franc-maçonne congolaise.

Une avalanche de critiques

“Comment ce Grand Maître maçon peut-il être sensible à ce qui se passe en libyeet fermer les yeux sur la situation du Pool qui brûle dans son propre pays ? La vision intellectuelle tronquée de ce frère et Grand Maître m’oblige à briser le silence”, fulmine un franc-maçon congolais sous couvert d’anonymat.  “Opportuniste”; “Grand farceur”, s’emportent d’autres francs-maçons congolais.

Alphonse Obambi-Itoua n’en finit plus de susciter les critiques chez ses frères congolais. S’exprimant au nom de ses frères, le grand-Maître de la GLTSA (Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique) s’est étonné, dans un communiqué, du ” silence assourdissant et incompréhensible de la Communauté Internationale sur cette traite des migrants subsahariens en passe de se banaliser dans cette partie instable de l’Afrique”. Et de préconiser “la mise en place, dans un délai très bref, d’une commission d’enquête internationale ouvrant la voie à des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables et complices de ces pratiques anachroniques”.

 Guerre à huis-clos dans le Pool

Dans la région du Pool, en effet, alors que les violences des miliciens du pouvoir ont fait des centaines de milliers de déplacés, le Grand-Maître Alphonse Obambi-Itoua n’a jusqu’à présent pas émis la moindre réserve. Il s’est réfugié dans un silence assourdissant, comme lors les violences qui ont précédé le référendum sur le Changement de la Constitution de 20002. Cette attitude, de nombreux francs maçons la regrettent. “J’aimerais lui faire parvenir les Sentences de Phocylide de Milet ( VIe s. av. J.-C.) : “Accorde aux étrangers les mêmes égards qu’à tes concitoyens”, cite un Vénérable maître.

Mondafrique.com par Bedel Bouna

Allemagne : le mariage gay provoque une crise gouvernementale

juin 28, 2017

La Chancelière allemande Angela Merkel (d), le 28 juin 2017 à Berlin / © AFP / John MACDOUGALL

La légalisation du mariage homosexuel en Allemagne se précipite avec un feu vert des députés attendu dès vendredi mais elle provoque au passage une crise au sein de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel.

Les députés allemands ont ouvert la voie mercredi à un vote ce jour-là au Bundestag, juste avant la pause estivale, en décidant en commission de le présenter à l’ordre du jour.

« La voie est libre pour l’égalité », a tweeté une députée écologiste, Renate Künast, favorable au projet qui doit pour la première fois accorder des droits étendus aux couples homosexuels en matière d’adoption.

L’inscription formelle à l’ordre du jour ne sera prise que vendredi matin en séance plénière mais cela ne devrait être qu’une formalité car les partisans du mariage pour tous sont majoritaires à la chambre basse du Parlement allemand.

– Prise de vitesse –

Cette accélération du calendrier ne fait pas les affaires d’Angela Merkel et de son camp conservateur : ils auraient préféré un vote sur cette question qu’après les élections législatives du 24 septembre.

Les membres de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), se sont du reste prononcés mercredi en commission contre un vote dès vendredi. Mais ils ont été mis en minorité.

Angela Merkel a été prise de vitesse après avoir abandonné lundi son opposition de principe à l’union des personnes de même sexe et autorisé ses élus à voter librement, « en conscience », sur la question.

Par cette volte-face, elle entendait à la fois priver ses rivaux de gauche d’un thème porteur durant la campagne et se débarrasser d’un sujet de plus en plus encombrant pour elle : 73% des Allemands sont favorables au mariage pour tous, selon un récent sondage de la chaîne ZDF, et ses potentiels partenaires de coalition après les législatives font tous d’une légalisation une condition de leur participation.

Mais Angela Merkel avait en tête un vote seulement lors de la prochaine législature, le temps pour son parti très divisé de mener un débat.

Problème : le parti social-démocrate, à la traîne dans les sondages, y a vu une occasion de reprendre la main et de bousculer Angela Merkel en lui imposant un vote sans tarder.

Un vote qui, en l’état des rapports de force au Bundestag ne peut être que positif pour le mariage entre personnes de mêmes sexe : les conservateurs y sont minoritaires face aux trois partis de gauche (SPD, écologistes et gauche radicale), tous favorables au mariage pour tous.

En précipitant les choses, les sociaux-démocrates actent de facto le divorce de la coalition qu’ils forment avec les chrétiens-démocrates depuis 2013. Et ce trois mois avant les élections législatives où Angela Merkel briguera un quatrième mandat.

– Rupture –

Le chef du groupe parlementaire conservateur, Volker Kauder, a dénoncé « une rupture de confiance » du SPD.

L’adoption du mariage pour tous ne figurait pas en effet dans le contrat de coalition conclu après les précédentes élections entre conservateurs et sociaux-démocrates.

Le climat entre les deux mouvements s’était déjà passablement envenimé ces derniers jours à mesure que la campagne électorale entre dans le vif du sujet et que le SPD passe à l’offensive pour tenter de réduire son retard de quinze points dans les sondages sur les conservateurs.

Le chef de file du SPD Martin Schulz vient ainsi d’accuser Angela Merkel d' »attenter à la démocratie » en refusant selon lui de parler des sujets qui préoccupent la population et en se reposant uniquement sur son bilan.

En passant en force sur le mariage gay, le SPD a aussi réussi à provoquer des remous à droite. « La CDU devrait se garder de détruire les dernières valeurs conservatrices », a prévenu un responsable de l’allié bavarois (CSU) du parti de la chancelière, Peter Ramsauer.

La droite nationaliste et anti-immigration de l’AfD veut tirer profit de l’opération. « En un coup de crayon, la chancelière a rayé un des derniers bastions du conservatisme à la CDU », a dit sa dirigeante Frauke Petry.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juin 2017 15h36)                

Congo-Brazzaville: des opposants divisés ?

octobre 31, 2016

« Lorsque la vertu cesse, la République est une dépouille » Montesquieu

Il n’y a pas si longtemps, en septembre dernier, un haut responsable politique français rencontrait M. Benoît Koukébéné et, conversant, il s’étonnait de l’impossibilité pour les opposants congolais de se rassembler, contrairement à ceux des autres pays d’Afrique centrale. Ce qui est vrai. Car dans aucun pays de cette région, l’opposition n’est aussi divisée qu’au Congo Brazzaville.

Dans les chancelleries occidentales, il a fini par s’installer la conviction selon laquelle ces opposants ne voulaient pas ou ne pouvaient pas se réunir, pour préparer une alternative. Or cela n’est pas tout à fait vrai ni même juste.

Au vrai, cette objection vaut plutôt comme une excuse, pour masquer les compromissions de certains grands dirigeants français avec le pouvoir tyrannique de Denis Sassou Nguesso. En effet, tout citoyen sincère remarquera combien la classe politique française est muette, qui n’entend pas les éclats des bombardements du Pool ou qui a oublié les opposants embastillés, et fouettés comme au temps de l’esclavage avec d’affligeantes cicatrices. Rien qui ne leur arrache une quelconque émotion, indignation ou protestation.

M. Denis Sassou Nguesso est un ami et même un intime du Premier ministre Manuel Valls. Les journaux en ont fait mention. L’opinion publique internationale, les résistances africaines et toute la diaspora congolaise ne cessent de s’en offusquer. Mais rien n’y change, et pas même l’esquisse d’une gêne, pour les donneurs de leçons sur la morale publique et les droits universels de l’homme.

Mais tel n’est pas mon propos. Car il appartient aux Congolais de faire ou de refaire l’histoire de leur État, et à nul autre.

Revenons donc à la division de l’opposition congolaise, l’objet de cet article. Tous les commentaires faciles convergent vers un même argument : l’Ethnie, la clé de toutes les divisions politiques. Cette vision coloniale et néocoloniale a tant été martelée qu’elle est désormais admise comme allant de soi par les élites brazzavilloises, même les mieux formées ou les plus sincères. C’est une commodité, qui repose sur le refus des écoles et des idéologies ethnologiques françaises et congolaises de rechercher les causes secrètes de cette division dans le système tyrannique qui domine le Congo Brazzaville depuis bientôt un demi-siècle !

Si les opposants congolais ne peuvent se rassembler, c’est non parce qu’ils sont d’ethnies qu’on essaie d’opposer, mais en raison de l’une des principales caractéristiques de la tyrannie qui est de diviser. Un tyran est toujours minoritaire. Il ne doit sa survie qu’à la division. Sous ce rapport, M. Denis Sassou Nguesso a réussi. Et c’est peut-être même la seule réussite qu’il ait obtenue.

Plus que de longues analyses, qu’il me soit ici permis de citer longuement Aristote, afin que tous les patriotes du Congo Brazzaville prennent conscience que leur division à sa source dans la tyrannie qui les écrase, parfois plus qu’ils ne le croient eux-mêmes.

Le texte d’Aristote ci-dessous est extrait des Considérations politiques sur les coups d’État de Gabriel Naudé.  Le lecteur, s’il le souhaite, peut directement se reporter au livre d’Aristote, Les Politiques, paru chez GF Flammarion, à Paris, en 1990, qui présente une version légèrement modifiée et en français actuel :

« Pour le maintien de la tyrannie, il faut faire mourir les plus puissants et les plus riches, parce que de telles gens se peuvent soulever contre le tyran par le moyen de l’autorité qu’ils ont. Il est aussi nécessaire de se défaire des grands esprits et des hommes savants, parce qu’ils peuvent trouver, par leur science, le moyen de ruiner la tyrannie ; il ne faut pas même qu’il y ait des écoles, ni autres congrégations par le moyen desquelles on puisse apprendre les sciences, car les gens savants ont de l’inclination pour les choses grandes, et sont par conséquent courageux et magnanimes, et de tels hommes se soulèvent facilement contre les tyrans. Pour maintenir la tyrannie, il faut que le tyran fasse en sorte que les sujets s’accusent les uns les autres, et se troublent eux-mêmes, que l’ami persécute l’ami, et qu’il y ait de la dissension entre le menu peuple et les riches, et de la discorde entre les opulents. Car en ce faisant ils auront moins de moyen de se soulever à cause de leur division. Il faut aussi rendre pauvres les sujets, afin qu’il leur soit d’autant plus difficile de se soulever contre le tyran. Il faut établir des subsides, c’est-à-dire des grandes exactions et en grand nombre, car c’est le moyen de rendre bientôt pauvres le sujets. Le tyran doit aussi susciter des guerres parmi les sujets, et même parmi les étrangers, afin qu’ils ne puissent négocier aucune chose contre lui. Les royaumes se maintiennent par le moyen des amis, mais un tyran ne se doit fier à personne pour se conserver en la tyrannie.

Et au texte suivant qui est le XII, voilà comment il [Aristote] enseigne l’hypocrisie et le simulacre :

Il ne faut pas qu’un tyran, pour se maintenir dans la tyrannie, paraisse à ses sujets être cruel, car s’il leur paraît tel il se rend odieux, ce qui les peut plus facilement faire soulever contre lui : mais il se doit rendre vénérable pour l’excellence de quelque éminente vertu, car on doit toute sorte de respect à la vertu ; s’il n’a pas cette qualité excellente il doit faire semblant qu’il la possède. Le tyran se doit rendre tel, qu’il semble à ses sujets qu’il possède quelque éminente vertu qui leur manque et pour laquelle ils lui portent respect. S’il n’a point de vertus en effet, qu’il fasse en sorte qu’ils croient qu’il en ait » .

M. Denis Sassou Nguesso n’a rien créé. Il applique, à son pays, les plus vieilles recettes des tyrannies. En conséquence de quoi, abolir la tyrannie congolaise, c’est refonder l’unité nationale.

Par Pierre Franklin Tavares

SOURCE :  http://www.pftavares.fr/congo-brazzaville-des-opposants-divises/

L’affaire Strauss-Kahn divise les juristes américains

juillet 30, 2011

….NEW YORK (Reuters) – Au terme d’une semaine marquée par des développements spectaculaires, le volet américain de l’affaire Strauss-Kahn, accusé d’agression sexuelle par une femme de chambre du Sofitel de Manhattan, continue de diviser les spécialistes du droit américain.

Au bureau de Cyrus Vance, le procureur de Manhattan, on souligne que l’enquête est toujours en cours.

Mais le nouveau report de l’audience judiciaire, programmée initialement le 16 juillet avant d’être repoussée au 1er août puis désormais au 23 août, a relancé les spéculations sur un possible abandon des charges, qu’avaient déjà alimenté les doutes apparus sur la crédibilité de Nafissatou Diallo.

« Chaque juré devra être convaincu au-delà du doute raisonnable qu’elle dit la vérité. La charge qui pèse sur le procureur est énorme. Voudra-t-il aller jusqu’au bout dans une affaire qui semble aussi difficile ? », s’interroge Bennett Gershman, ancien procureur de Manhattan aujourd’hui professeur de droit à la Pace University.

Après deux mois et demi de silence et d’anonymat, Nafissatou Diallo est apparue en pleine lumière au cours de la semaine écoulée en accordant dimanche des interviews à ABC et à l’hebdomadaire Newsweek avant d’apparaître devant une forêt de micros et de caméras jeudi dans une église de Brooklyn.

L’accusatrice de Dominique Strauss-Kahn a livré sa version de ce qui s’est passé le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan où était descendu l’ex-directeur général du FMI et ancien favori des sondages en vue de la présidentielle de 2012 en France.

La femme de chambre guinéenne, qui est âgée de 32 ans, a été entendue mercredi à huis clos pendant plus de huit heures par les procureurs.

LA MÉDIATISATION, UNE STRATÉGIE

Pour plusieurs juristes, anciens procureurs, son avocat, Kenneth Thompson, a commis, en la laissant parler, une erreur que la défense de DSK saura exploiter si procès il y a.

« C’est un filon dans lequel la défense pourra creuser », dit l’avocat Jeremy Saland, qui a travaillé par le passé au bureau du procureur de Manhattan. La moindre contradiction, la moindre variation dans ses propos pourront servir aux défenseurs de Dominique Strauss-Kahn, qui nie toute agression sexuelle, à discréditer la parole de son accusatrice.

Certains avancent même qu’en optant pour cette stratégie de médiatisation de sa cliente, Kenneth Thompson montre qu’il ne croit plus en l’issue de la procédure pénale. Il a du reste annoncé son intention d’engager une procédure au civil.

A l’inverse, d’autres spécialistes du droit américain voient dans cette évolution de la stratégie de Kenneth Thompson un moyen de faire pression sur le procureur Vance.

John Moscow, ancien directeur adjoint du département des enquêtes au bureau du procureur, estime que les éléments médico-légaux penchent pour une relation sexuelle forcée. Et que ces éléments-là pourraient effacer les doutes apparus sur la crédibilité de la parole de Nafissatou Diallo.

Dans un procès de ce type, qui se joue essentiellement « parole contre parole », les révélations sur les mensonges de la femme de chambre dans sa demande d’asile, en 2003, ont largement affaibli l’accusation. Nafissatou Diallo affirmait notamment avoir été victime d’un viol collectif en Guinée. Elle a reconnu depuis qu’elle avait modifié les faits pour faire avancer son dossier.

Mais Daniel Bibb, lui aussi ancien procureur, n’est pas persuadé que des jurés lui en tiendraient rigueur.

« Dans une affaire de viol ‘normale’, je dirais que la découverte de fausses allégations sur un viol antérieur serait fatale à l’accusation. Mais dans ce cas précis, je n’en suis pas si sûr, tout simplement parce que les motifs qui l’ont poussée à se dire victime d’un viol collectif (en Guinée) n’étaient pas malveillants », explique-t-il.

Reuters par Joseph Ax et Noeleen Walder