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Migration: un mini-sommet européen pour éviter les divisions

juin 23, 2018

Des femmes posent devant des drapeaux de l’Europe à Bruxelles le 5 mai 2018 / © AFP/Archives / JOHN THYS

Les dirigeants de seize pays européens vont tenter dimanche à Bruxelles d’apaiser les tensions dans l’UE face au défi migratoire, encore illustrées par un bras de fer autour du navire transportant des migrants à qui l’Italie et Malte ont refusé samedi l’accostage.

Désormais tous d’accord pour renforcer les frontières extérieures de l’UE, les Européens n’en finissent plus de se diviser sur leurs responsabilités dans la prise en charge des migrants tentant de rejoindre l’Europe, comme de ceux s’y trouvant déjà.

La chute massive des arrivées sur les côtes européennes depuis 2015 est loin d’avoir calmé les débats. « La situation est risquée », a admis une source diplomatique, car faute de solution européenne « ce sera la fermeture des frontières nationales et donc la remise en cause de l’espace Schengen, donc de l’UE ».

La « réunion informelle » de dimanche, organisée par la Commission, devait au départ réunir huit pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Bulgarie, Grèce et Malte) pour déminer le terrain du sommet à 28 des 28-29 juin.

Ils seront finalement le double, après que huit autres ont demandé à participer (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Danemark, Suède, Finlande, Slovénie et Croatie). Ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie), ont dit ne pas être intéressés.

« J’ai malheureusement peu d’espoir d’un résultat important », a avoué le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays prendra la tête le 1er juillet de la présidence tournante l’UE.

– ‘Sauver Merkel’ –

L’objectif affiché par Bruxelles pour dimanche est d’éloigner le spectre de décisions unilatérales, à l’image de celle de Rome de fermer ses ports aux navires d’ONG secourant des migrants, comme l’Aquarius il y a peu et désormais le Lifeline et ses 230 passagers, en attente d’une solution dans les eaux internationales.

Comme celle aussi du refoulement aux frontières que menace d’instaurer le ministre allemand de l’Intérieur, un conservateur bavarois, contre l’avis de la chancelière Angela Merkel.

« L’idée au départ de cette réunion, c’était un peu de sauver Merkel », a souligné une source diplomatique, en montrant à l’aile droite de sa coalition que l’Europe allait mettre fin au problème des « mouvements secondaires » de migrants.

Un document qu’avait préparé la Commission pour dimanche contenait ainsi un catalogue de mesures contre ce phénomène qui voit les demandeurs d’asile se déplacer dans l’UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l’attente d’une décision sur leur cas.

Le texte insistait sur les obligations des pays de première entrée, comme l’Italie, et sur la nécessité de pouvoir y renvoyer effectivement les personnes qui y sont ou auraient dû y être enregistrées.

Au point de provoquer la colère du gouvernement populiste italien, qui a menacé de boycotter le mini-sommet de dimanche, avant de se raviser. Mme Merkel a en effet « éclairci les choses », s’est félicité le Premier ministre italien Giuseppe Conte, assurant que Rome ne serait pas contrainte d’accepter des mesures pré-définies.

La chancelière allemande Angela Merkelà Beyrouth le 22 juin 2018 / © AFP / JOSEPH EID

– ‘Centres fermés’ –

La rencontre de dimanche devrait se conclure par « un résumé des positions exprimées », fait par la Commission, selon une source européenne.

La France et l’Espagne proposeront de créer des « centres fermés sur le sol européen », dotés de « moyens européens », où les migrants attendraient l’examen de leur cas, a annoncé samedi Emmanuel Macron.

« Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement », a immédiatement répliqué le ministre italien d’extrême droite Matteo Salvini.

La Bulgarie plaidera elle dimanche pour la création de centres d’accueil hors UE, « proches des zones de conflit », a indiqué une source diplomatique.

Parmi les points à débattre dimanche figureront aussi l’accélération des renvois des migrants illégaux et des déboutés de l’asile. L’idée encore floue de « plateformes régionales de débarquement » des migrants secourus en mer, dans et hors de l’UE, est également sur la table.

Les 16 devront évoquer enfin la réforme du régime d’asile européen, dans l’impasse depuis plus de deux ans.

La Commission propose de retoucher le Règlement de Dublin, qui confie la responsabilité des demandes d’asile aux pays de première entrée. En cas de crise comme celle de 2015, l’exécutif européen plaide pour une répartition ponctuelle des demandeurs d’asile dans l’UE.

Mais cette proposition est jugée insuffisante par les pays méditerranéens, qui souhaitent une répartition permanente. Et elle est rejetée frontalement par d’autres, comme les quatre pays de Visegrad, soutenus par l’Autriche.

Le sommet à 28 des 28-29 juin à Bruxelles devait initialement trouver un compromis dans ce dossier, mais cette perspective a été abandonnée.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 05h15)

Au festin de ses 92 ans, Mugabe dénonce les divisions de son parti

février 27, 2016

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a accusé samedi des ingérences étrangères d’être à l’origine des luttes intestines et de succession qui divisent son parti. C’était à l’occasion d’un festin pour célébrer le 92e anniversaire du doyen des chefs d’Etat en exercice.

« Les divisions n’ont aucune place dans notre parti, » a déclaré M. Mugabe devant un parterre de milliers d’invités, dont les cadres du parti, des ministres, des diplomates étrangers et des représentants des partis au pouvoir d’Angola, du Botswana, d’Afrique du Sud, de Namibie et de Tanzanie.

« Les Britanniques et les Américains, par leurs ruses, comme toujours, ont utilisé ces occasions pour offrir de grosses sommes d’argent à des individus du parti et de l’extérieur du parti, provoquant des divisions, » a-t-il affirmé lors de la fête qui se tient à Masvingo (sud).

Le président a lâché dans les airs 92 ballons devant ses invités. Les organisateurs avaient annoncé attendre 50’000 partisans de la Zanu-PF, le parti au pouvoir.

Des gâteaux imposants étaient exposés, dont l’un en forme d’Afrique et l’un de 92 kilos répliquant le lieu des festivités: le monument national du Grand Zimbabwe, un ensemble de ruines du XIIIe siècle, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Pas de successeur
Mais les réjouissances n’ont pas réussi à camoufler les querelles qui divisent depuis un an le parti au pouvoir au sujet de la succession du président – au pouvoir depuis 36 ans -, qui n’a toujours pas nommé de successeur malgré son grand âge et des rumeurs sur son état de santé.

Le 21 février, jour de son anniversaire, les médias nationaux ont couvert de compliments celui qui dirige d’une main de fer le Zimbabwe depuis l’indépendance du pays en 1980 et qui assure pouvoir gouverner jusqu’à 100 ans.

Le vice-président Emmerson Mnangagwa est considéré comme le favori pour succéder à Mugabe, mais il a récemment été critiqué par la femme du président Grace, avec laquelle la rivalité est croissante.

Insécurité alimentaire
Du bétail et du gibier devaient être abattus pour un événement dont le coût total est estimé à 800’000 dollars par la presse locale, alors qu’un quart de la population est en état d’insécurité alimentaire et que le gouvernement a déclaré l’état de catastrophe naturelle dans plusieurs régions en raison de la sécheresse.

Selon les médias, des militants auraient ordonné à des villageois des districts autour de Masvingo de donner entre un et cinq dollars pour financer une partie des festivités.

Romandie.com