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Djibouti inaugure la future plus grande zone franche d’Afrique

juillet 5, 2018

Vue générale du port de Djibouti le 27 mars 2016 / © AFP / Simon MAINA

Djibouti a inauguré jeudi ce qui doit devenir à terme la plus grande zone franche sur le continent africain, destinée à lui permettre de tirer pleinement profit de sa situation stratégique à l’entrée de la mer Rouge.

Lors d’une cérémonie dans la capitale, Djibouti-ville, le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh a vanté les mérites d’un « projet phare », point culminant de plusieurs récents projets d’infrastructures allant « dans le sens du renforcement de la place de Djibouti dans le commerce et les échanges internationaux ».

Situé le long d’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, entre océan Indien et canal de Suez, Djibouti a inauguré en 2017 trois nouveaux ports et une ligne ferroviaire le reliant à l’Éthiopie, dans le cadre de son projet visant à devenir la plateforme commerciale de la région.

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed « Farmajo » a parlé avec cette zone franche d’une « victoire pour l’Afrique de l’Est ». Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, le président rwandais Paul Kagame et le président soudanais Omar el-Béchir ont fait écho à ses propos.

La zone franche, connectée aux principaux ports de Djibouti, est destinée à diversifier l’économie djiboutienne, créer des emplois et attirer des investissements, en permettant aux compagnies étrangères d’être exonérées de taxes et de bénéficier d’un soutien logistique de qualité.

Des femmes de Djibouti participent à une répétition avant l’inauguration de la zone franche le 5 juillet 2018nn women take part in reheasals for ribbon cutting in front of the main gate of Djibouti International Free Trade Zone (DIFTZ) before an inauguration ceremony in Djibouti on July 5, 2018. / © AFP / Yasuyoshi CHIBA

La première phase de ce projet lancée jeudi comprend une zone de 240 hectares. Une fois terminé, ce projet de 3,5 milliards de dollars (3 milliards d’euros), dont la construction est prévue pour durer 10 ans, devrait s’étendre sur 4.800 hectares, ce qui en ferait la plus grande zone franche en Afrique.

Le projet vise à permettre à des sociétés étrangères d’installer des industries de transformation dans la zone franche, pour ajouter de la plus-value aux produits plutôt que simplement importer ou exporter des matières premières.

« Le volume de produits arrivant en Afrique de l’Est ne cesse d’augmenter. A chaque fois qu’un produit (quitte) le continent sans avoir été transformé, c’est une opportunité manquée pour l’Afrique », a estimé Aboubaker Omar Hadi, président de l’Autorité des ports et zones franches de Djibouti (DPFZA).

Une rangée de drapeaux djiboutiens et chinois flottant au-dessus des murs d’enceinte de la zone, fraîchement peints en jaune, témoigne des liens étroits unissant le petit État de la Corne de l’Afrique au géant asiatique, dont les prêts ont permis de financer les récents projets d’infrastructures.

Le président de Djibouti Ismail Omar Guelleh prononce un discours lors de l’inauguration de la zone franche le 5 juillet 2018n / © AFP / Yasuyoshi CHIBA

– Dette envers la Chine –

Djibouti, qui accueille également la seule base militaire chinoise à l’étranger, est situé le long de la route maritime censée permettre à la Chine de rejoindre l’Afrique et l’Europe par la mer de Chine et l’océan Indien, dans le cadre du projet de nouvelles routes de la Soie, connu sous le nom de « One belt, one Road » (« La ceinture et la route »).

Cette initiative majeure a vu Pékin prêter des sommes importantes à plusieurs pays en développement d’Asie ou d’Afrique pour améliorer leurs infrastructures et faciliter le commerce.

Mais des experts ont mis en garde ces pays sur leur capacité à rembourser leur dette à la Chine. Le Fonds monétaire international a sonné l’alarme concernant la hausse de la dette publique de Djibouti, passée de 50% du PIB en 2014 à 85% en 2017.

Une femme de Djibouti participe aux répétitions de la cérémonie d’inauguration de la zone franche le 5 juillet 2018n / © AFP / Yasuyoshi CHIBA

Selon le programme d’études China Africa Research Initiative, basé aux États-Unis, la dette de Djibouti envers la Chine s’établit à 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros).

Mais, dans une interview avec l’AFP, M. Hadi a balayé ces inquiétudes, se disant confiant que les profits tirés des ports et de la nouvelle ligne de chemin de fer permettront de couvrir la dette. « Nous ne sommes pas du tout inquiets de notre niveau d’endettement. Ce ne sont pas les contribuables qui paieront la dette, ce sont ceux qui utilisent les services: les navires, les commerçants ».

Les autorités arguent que la multiplication d’infrastructures nouvelles est le seul moyen d’assurer la croissance de Djibouti et de sortir sa population de la misère.

Selon le président Guelleh, la zone franche, dans sa phase initiale, pourrait permettre de faire croître le PIB de 11%. Les noms de 21 compagnies ayant déjà accepté d’emménager dans cette zone ont été dévoilés jeudi.

Le gouvernement dijboutien est l’actionnaire majoritaire de la zone franche, aux côtés de trois groupes chinois: China Merchants Group, Dalian Port Corporation et IZP Technologies.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juillet 2018 16h55

La Chine dément avoir blessé des pilotes américains avec des lasers

mai 4, 2018

Pékin – Pékin a dénoncé vendredi des accusations « arbitraires » des États-Unis, qui reprochent à la Chine des blessures légères infligées par des lasers à des pilotes américains en vol autour de leur base militaire de Djibouti.

Le ministère américain de la Défense avait indiqué jeudi s’être plaint formellement et avoir exigé de Pékin d’enquêter sur ces faits remontant à plusieurs semaines, avait indiqué une porte-parole, Dana White.

« Il s’agit de faits très graves », avait-elle expliqué. « Cette pratique pose un véritable risque à nos aviateurs ». Elle a indiqué être « convaincue » que le ou les responsables ayant pointé ces lasers à forte puissance étaient chinois.

Deux pilotes d’un avion de transport C-130 ont subi des blessures légères aux yeux lorsqu’ils s’apprêtaient à atterrir sur la base américaine de Djibouti, a déclaré à l’AFP une autre porte-parole, Sheryll Klinkel.

Située au niveau de l’aéroport international de Djibouti, petit pays côtier de l’est de l’Afrique, la base de Camp Lemonnier est une installation américaine permanente sur le continent africain.

Une autre base américaine est installée à Agadez au Niger pour mener des opérations avec des drones dans le Sahel.

La base du Camp Lemonnier est officiellement utilisée pour des opérations antiterroristes en Afrique de l’est et au Yémen.

En 2017, la Chine a également ouvert une base militaire à Djibouti, à quelques kilomètres de celle des Etats-Unis. Il s’agit de la seule dont Pékin dispose à l’étranger.

« Après une enquête minutieuse, la Chine a fait part de façon claire et nette à la partie américaine que ses pseudo-accusations ne correspondaient pas à la réalité », a réagi vendredi Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Les personnes concernées côté américain devraient veiller à la véracité de leurs propos et ne pas émettre de conjectures et d’accusations arbitraires », a-t-elle souligné lors d’un point presse.

Des responsables américains avaient également déclaré au quotidien Wall Street Journal que le laser provenait probablement de la base chinoise.

« Nous avons réfuté les accusations erronées de la partie américaine via les canaux officiels », a indiqué le ministère chinois de la Défense dans un communiqué. « La Chine respecte strictement le droit international ainsi que les lois des pays où elle est présente. »

Romandie.com avec (©AFP / 04 mai 2018 12h33)                                                        

États-Unis: Le chef du Pentagone en tournée au Moyen-Orient

avril 15, 2017

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis (g) et le chef du commandement central des Etats-Unis, Joseph Votel, lors d’un briefing au Pentagone, le 11 avril 2017 à Washington / © AFP/Archives / Mandel NGAN, MANDEL NGAN

Le secrétaire à la Défense américain Jim Mattis fera la semaine prochaine une tournée au Moyen-Orient chez plusieurs alliés clef des Etats-Unis de la région dont Israel et l’Egypte, a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

Le chef du Pentagone sera à Ryad mercredi avant de se rendre au Caire puis en Israel où il rencontrera le président Reuben Rivlin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue Avigdor Lieberman.

Jim Mattis aura également des rendez-vous au Qatar, et à Djibouti où il rencontrera notamment le président Ismail Omar Guelleh.

M. Mattis veut notamment évoquer pendant cette tournée « les efforts destinés à contrer les activités déstabilisatrices et vaincre les organisations terroristes extrémistes », selon le communiqué du Pentagone.

L’expression « activités déstabilisatrices » est souvent employée par le Pentagone pour décrire les activités de l’Iran dans la région, qui inquiètent Israel et les alliés arabes des Etats-Unis.

Jim Mattis est réputé pour sa méfiance envers Téhéran, visée également par quelques tweets virulents du président Donald Trump.

« L’Iran joue avec le feu – ils ne se rendent pas compte de combien le président Obama était +gentil+ avec eux. Pas moi! », avait tweeté le président américain début février, après un tir iranien de missile balistique le 29 janvier.

Les Etats-Unis soutiennent actuellement par des ravitaillements en vol et du renseignement la coalition arabe, menée par l’Arabie saoudite, qui combat au Yemen les rebelles chiites Houthis soutenus par l’Iran.

La tournée de M. Mattis survient également alors que la coalition internationale contre le groupe Etat islamique prépare l’assaut final contre la capitale de facto des jihadistes en Syrie, Raqa.

La coalition doit décider quel sera le rôle des milices kurdes dans cette opération visant une ville très majoritairement arabe.

Romandie.com avec(©AFP / 15 avril 2017 10h05)

 

Les éléments d’un drame humanitaire de grande ampleur sont réunis en Afrique de l’Est

février 27, 2017

Editorial. Selon l’ONU, 20 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une assistance alimentaire d’urgence dans sept pays.

A Thonyor (Soudan du Sud) le 25 février.

A Thonyor (Soudan du Sud) le 25 février. SIEGFRIED MODOLA / REUTERS
Editorial du « Monde ». Voilà des années qu’on n’avait pas vu revenir sa tête de gorgone émaciée. Elle a les traits de ces gosses au gros ventre et au corps squelettique. Il y a ces files d’attentes de malheureux en guenilles venus chercher une maigre ration alimentaire dans des camps de personnes déplacées. On sait trop à quoi ressemble la famine en Afrique. Elle est là, de retour dans la partie est du continent noir. La mort rôde. L’ONU, les organisations humanitaires préviennent : la faim pourrait tuer des dizaines de milliers de personnes dans les jours qui viennent.

Il faut sonner l’état d’urgence, bien sûr. Mais il y a aussi quelque chose de désespérant – d’obscène ? – à devoir constater la réapparition récurrente de la famine dans un monde qui, de façon chronique, déborde de surplus alimentaires dont on ne sait que faire. Bien sûr, la question est plus complexe. Elle ne se limite pas à la production de denrées alimentaires.

Mais tout de même, en situation extrême, comme aujourd’hui en Afrique de l’Est, les ressources devraient être faciles à dégager, même si la distribution de l’aide pose des problèmes spécifiques. Les moyens financiers ne devraient pas être trop difficiles à réunir. Bref, la répétition du drame de 2011 dans la Corne de l’Afrique, quand la sécheresse a fait quelque 260 000 victimes en Somalie, aurait quelque chose d’intolérable.

Sécheresse et guerres

Sept pays sont concernés : Djibouti, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan du Sud et, dans une moindre mesure, Tanzanie. La sécheresse n’est pas la seule coupable, même si elle affecte tout le monde. La guerre doit aussi être incriminée au Soudan du Sud, de même que Boko Haram, cette puissante secte djihadiste armée, et Al-Qaida en Somalie avec les groupes de Chabab, l’ensemble bien souvent sur fond d’Etats faillis.

En tout, 20 millions de personnes, selon l’ONU, ont aujourd’hui besoin d’une assistance alimentaire d’urgence en Afrique de l’Est. Les éléments d’un drame humanitaire de grande ampleur sont réunis.

Lire aussi :   La famine menace à nouveau l’Afrique de l’Est

La sécheresse ne devrait surprendre personne. Quoi qu’en pensent les Etats-Unis de Donald Trump – en plein négationnisme scientifique –, le réchauffement climatique frappe l’Afrique en première ligne. Et plus durement qu’ailleurs. « Les sécheresses y seront nombreuses, plus régulières et plus intenses », avait prévenu le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

L’incapacité du gouvernement central du Nigeria à venir à bout de Boko Haram affecte aussi toute la région du lac Tchad. Au Soudan du Sud, quatre ans d’une guerre civile atroce ont déplacé des centaines de milliers de personnes et provoqué la famine dans le nord du pays – où 100 000 personnes pourraient mourir de faim si elles ne sont pas aidées dans les jours qui viennent.

Pour l’ensemble de l’Afrique de l’Est, les sommes requises tourneraient autour de 2 milliards de dollars. C’est une petite levée de fonds dans un monde où quelque 4 000 milliards de dollars sont échangés tous les jours. Mais la distribution de l’aide est périlleuse en zone de guerre, où la question de l’accès aux populations est primordiale : « Si l’on s’y prend mal, tout cet argent peut finir dans les poches de responsables corrompus et avoir des effets pervers », prévient un expert humanitaire.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a eu les mots qu’il fallait : « Nous sommes face à une tragédie, nous devons éviter qu’elle devienne une catastrophe. »

Lemonde.fr

A Bruxelles, un opposant djiboutien se fait arracher les yeux dans une rixe politique

novembre 8, 2016

L’opposition en exil se déchire sur l’opportunité de s’allier ou pas pour lutter contre le régime de Djibouti. Cela a dégénéré sur un acte d’une rare violence en Belgique.

Le président de Djibouti Ismail Omar Guelleh, ici en juin 2015 au Soudan pour la cérémonie d’investiture du président al-Bashir. C’est la question de comment lui résister qui crée des tensions au sein de l’opposition en exil. Crédits : © Mohamed Nureldin Abdallah / REUTERS
Une querelle politique a dégénéré en un incident d’une rare violence dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 novembre à Ixelles, l’une des municipalités de la Région de Bruxelles. Un conflit entre des membres du Mouvement des jeunes de l’Opposition-Europe (MJO) a dérapé et, au cours d’une bagarre, le coordinateur du parti a eu les deux yeux arrachés. Un suspect a été appréhendé et devrait comparaître devant un tribunal jeudi 10 novembre, a indiqué mardi 8 le parquet de la capitale belge.

Liban Moustapha Hassan, 33 ans, un Belge d’origine djiboutienne, a été retrouvé dans la rue, la tête en sang après une réunion du mouvement. Le MJO-Europe est opposé au régime du président Ismaïl Omar Guelleh, qui a revendiqué une victoire écrasante lors des élections qui ont eu lieu en avril dernier dans son pays. Après avoir modifié la Constitution pour se représenter une quatrième fois, M. Guelleh avait refusé une mission d’observation du scrutin par l’Union européenne. Une mission de l’Union africaine avait, elle, relevé des irrégularités.

Messages hostiles sur Facebook

L’opposition en exil débat actuellement d’une possibilité de regroupement, sous la conduite du collectif des Démocrates djiboutiens de l’extérieur (DDEX), qui soutient le Parti du Renouveau Démocratique (PRD), une formation d’opposition au président et au système de parti unique en vigueur en République de Djibouti. Selon ses proches, M. Hassan défend, lui, la stricte neutralité de son mouvement.

D’où un conflit né au sein du MJO, dont certains membres auraient fait appel à un Néerlandais d’origine djiboutienne, Idriss A., pour la réunion qui avait lieu samedi soir. Après celle-ci, quatre hommes, dont Idriss A., auraient attaqué M. Hassan, lui reprochant les messages hostiles qu’il postait contre eux sur Facebook. Le jeune homme aurait ensuite été frappé aux yeux, avec une lame ou un tournevis. Il est hospitalisé en état de choc.

Le Néerlandais a, lui, a été appréhendé, dimanche après-midi, dans un hôpital où il venait faire soigner ses propres blessures. Jugé suspect, l’homme a été interrogé et il a reconnu s’être battu avec la victime. Il a déclaré, en revanche, qu’il ne se rappelait pas avoir arraché les yeux de M. Hassan. Mis en examen pour torture et traitement inhumain, l’individu subira une expertise psychiatrique.

Lemonde.fr par  Correspondant à Bruxelles

Le président djiboutien élu pour un quatrième mandat

avril 9, 2016

Le président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a été réélu vendredi pour un mandat de cinq ans au premier tour de l’élection présidentielle, a annoncé le Premier ministre djiboutien. Le scrutin avait été boycotté par une partie de l’opposition.

« D’après nos projections, nous pouvons dire que le candidat de l’UMP (union pour la majorité présidentielle) a été élu dès le premier tour », a déclaré en direct à la télévision nationale le Premier ministre Abdoulkader Kamil Mohamed. Ismaël Omar Guelleh a été réélu avec 86,7% des voix, selon des résultats communiqués samedi par le ministre de l’Intérieur Hassan Omar Mohamed.

« Le peuple djiboutien a décidé de me confier à nouveau la plus haute charge de l’Etat. J’ai compris son espérance et je vais me remettre au travail dès demain pour prendre à bras-le-corps les défis que nous posent le chômage et le mal-logement », a déclaré le président réélu dans une allocution diffusée à la télévision.

« Cette victoire sans appel est la vôtre. C’est celle de la jeunesse. C’est d’un peuple libre, d’une nation sereine, forte de ses valeurs, enracinée dans son histoire et sa culture », a-t-il ajouté.

M. Guelleh, 68 ans, faisait face à cinq candidats. Le principal candidat d’opposition, Omar Elmi Khaireh, est arrivé en deuxième position avec seulement 7,3% des voix.

Constitution modifiée
M. Guelleh a été réélu pour un quatrième mandat consécutif après avoir fait modifier la constitution en 2010, pour en supprimer toute limitation.

Ses opposants, qui avaient réussi à se rassembler pour les élections législatives de 2013 sous la bannière de l’union pour le salut national (USN), se présentaient cette fois divisés. Une partie d’entre eux, dénonçant « une mascarade électorale », avait appelé au boycott.

Deux présidents seulement
Djibouti, ancienne colonie française où plusieurs grandes puissances (Etats-Unis, France, Japon et bientôt la Chine) disposent de bases militaires pour profiter de son positionnement stratégique entre l’océan Indien et le canal de Suez, n’a connu que deux présidents depuis son indépendance en 1977.

Ismaël Omar Guelleh a succédé en 1999 à Hassan Gouled Aptidon, père de l’indépendance de Djibouti, après avoir été pendant 22 ans son chef de cabinet. Le taux de chômage du pays avoisine les 60%, et 79,4% des Djiboutiens vivent en dessous du seuil de pauvreté relative.

Romandie.com

L’heure est venue de libérer le peuple de Djibouti

avril 6, 2016

Dans un bureau de vote à Djibouti, en pleine préparation des élections, le 22 mars.

Dans un bureau de vote à Djibouti, en pleine préparation des élections, le 22 mars. Crédits : SIMON MAINA / AFP
C’est ici, à Djibouti, que les Etats-Unis ont leur seule base militaire de tout le continent. La Chine, qui profite du pays pour son propre enrichissement, y construit la sienne, de même que la Russie et le Japon. En un temps record, le petit Djibouti sera bientôt l’hôte du plus grand nombre de soldats étrangers au kilomètre carré.

Le président, Ismaïl Guelleh, a fait de Djibouti un allié dans la « guerre contre le terrorisme ». De là, Washington fait voler sa deuxième plus grande flotte de drones, à la fois sur la côte somalienne contre les Chabab et à travers le détroit de Bab Al-Mandeb, vers le Yémen, l’Irak et au-delà.

« Guerre contre le terrorrisme »

Djibouti va organiser une élection présidentielle vendredi 8 avril. Le parti du président Ismaïl Guelleh, le Rassemblement populaire pour la démocratie, contrôle actuellement les 65 sièges du Parlement, un monopole malsain. L’opposition a d’ores et déjà appelé au boycottage de ce scrutin.

Deux jours avant Noël, le 23 décembre 2015, la police du régime a ouvert le feu sur une manifestation pacifique dans la capitale, la ville de Djibouti, tuant plusieurs dizaines de personnes et en blessant beaucoup d’autres.

Ismaïl Guelleh a de nouveau modifié la Constitution pour s’ouvrir la voie d’un quatrième mandat à la prochaine élection, même s’il avait promis que son troisième mandat – déjà inconstitutionnel en 2011 – serait le dernier. Depuis l’indépendance, obtenue de la France en 1977, le pays n’a eu que deux dirigeants : M. Guelleh et son oncle.

Toutes les agences non gouvernementales présentes dans le pays – Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters sans frontières – classent Djibouti parmi les pays les plus pauvres. La richesse de l’élite dirigeante contraste avec la majorité de la population qui n’a pas accès à l’eau, à la nourriture ni à l’assainissement.

La torture est courante, et le meurtre « extra judiciaire », l’exil ou la disparition forcée sont le sort de tous ceux qui se lèvent contre les actions de l’Etat. Pourtant, Djibouti est un membre de la Cour pénale internationale (CPI) et l’un des plus proches alliés de la France.

Nous avons entendu à maintes reprises que la « guerre contre le terrorisme » est menée pour rendre le monde sûr pour la démocratie. Si Djibouti est si stratégique pour les grandes puissances, sûrement la stabilité est-elle une clé pour maintenir son rôle en tant que partenaire. La stabilité à long terme dépend du respect des droits de l’homme. La liberté du peuple est un droit, garanti par de nombreuses conventions de l’Organisation des Nations unies.

Aux nations éprises de paix

Depuis la Révolution française de 1789, l’histoire moderne a compté beaucoup de dictateurs qui ont poussé leur peuple trop loin, entraînant le chaos et la misère. Et parfois le génocide.

Nous, les soussignés, sommes des universitaires, des professeurs et chargés de cours sur l’étude du génocide et des droits de l’homme. Nous appelons la France, les Etats-Unis, les membres de l’ONU, l’Union africaine et toutes les nations éprises de paix à surveiller les élections du 8 avril, et de donner au peuple de Djibouti le droit à un gouvernement de leur choix.

Charikleia Kefalidou, université de la Sorbonne (France) ; Docteur Kjell Anderson, Insitut pour la justice de La Haye (Pays-Bas) ; Professeur Allan Moore, université d’Hamilton (Ecosse) ; Docteur Elihu Richter, université de Jérusalem (Israël) ; Professeur Naupess K Kibiswa, université de Kinshasa (République démocratique du COngo) ; Docteur Ali Mahmud, université d’Erbil (Irak) ; Docteur Mark D. Kielsgard, université de Hongkong (Chine) ; Professeur Andrew Woolford, université de Winnipeg (Canada) ; Professeur Christiane Allsop, université de Boston (Etats-Unis) ; Docteur Beth Lilach, Holocaust Memorial and Tolerance Center de New York (Etats-Unis) ; Docteur Joseph Psotka, psychologue à l’Institut de recherche de l’US Army de Washington (Etats-Unis) ; Professeur Gregory Stanton, fondateur du Genocide Watch de Washington (Etats-Unis)

Lemonde.fr/afrique

Littérature: Abdourahman Waberi, prix Louis Guilloux pour « La divine chanson »

juin 8, 2015

Littérature: Abdourahman Waberi, prix Louis Guilloux pour 'La divine chanson'
Littérature: Abdourahman Waberi, prix Louis Guilloux pour « La divine chanson » © AFP

Le prix Louis Guilloux, qui récompense chaque année un écrivain s’inscrivant dans la « lignée littéraire » de l’auteur de « La maison du peuple », a été remis ce week-end à Saint-Brieuc à Abdourahman Waberi pour « La divine chanson » aux éditions Zulma.

Dans ce roman, Waberi, né en 1965 à Djibouti, nous emmène, à travers la voix de son chat, dans les pas de Gil Scott-Heron, surnommé le « Bob Dylan noir », comparé aussi à Bruce Springsteen ou Patti Smith, à la fois chanteur, musicien, compositeur, romancier et poète afro-américain, né en 1949 à Chicago et décédé en 2011.

Le chat-narrateur, prénommé Paris, est le témoin privilégié du parcours et des errances de ce précurseur du slam et du rap dans ses pérégrinations entre Paris, New York et Berlin. Entre rêve et réalité – ceci « n’est pas une biographie », précise Abdourahman Waberi -, « La divine chanson » est une ode à la vie et à ce « jeune homme en colère qui a composé un jour de 1979 un chant de colère divin, +The Revolution Will Not Be Televised+ », écrit l’auteur.

Créé en 1983 et doté de 10. 000 euros par le Conseil départemental des Côtes d’Armor, le prix Louis Guilloux est décerné chaque année à une ?uvre de langue française ayant une « dimension humaine d?une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l?individu au profit d?abstractions idéologiques » dans l’esprit de Louis Guilloux, né et mort à Saint-Brieuc (1899-1980).

Présidé par le poète Yvon Le Men, le jury a notamment honoré l’Algérien Boualem Sansal, le Haïtien Lyonel Trouillot ou la Franco-Camerounaise Léonora Miano. Le prix avait été attribué en 2014 à Hubert Mingarelli pour « L’homme qui avait soif ».

Jeuneafrique.com