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La France et ses alliés sahéliens tiennent un sommet contre le djihadisme

juin 29, 2020

Six mois après avoir décidé d’intensifier leur effort dans la région, les pays du G5 Sahel et la France font le point ce mardi à Nouakchott, en Mauritanie.

Les pays du G5 Sahel et la France font le point mardi à Nouakchott sur leur combat contre les djihadistes six mois après avoir décidé d’intensifier l’effort commun pour reconquérir le terrain perdu dans la région. Le constat attendu des pertes infligées à l’ennemi au cours de ces six mois est contre-balancé par la précarité de la situation et le peu de progrès accompli sur les fronts autres que militaire: la reconstruction politique et civile, ainsi que la réconciliation. Or ces volets sont unanimement jugés indispensables pour sortir la sous-région de la spirale des violences commencée en 2012 dans le nord du Mali.

En janvier, le sommet de Pau (France) avait été organisé sous la pression d’une série de revers des armées de la région face aux djihadistes, de la mort de treize soldats français en opération et de remises en question de l’intervention française. Les chefs d’Etat du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) et l’allié français s’étaient entendus pour resserrer les rangs. Ils avaient décidé de concentrer leur action contre l’organisation Etat islamique dans la «zone des trois frontières» (Mali, Burkina, Niger) sous un commandement conjoint de la force française Barkhane et de la Force antidjihadiste du G5 Sahel, se donnant rendez-vous pour un nouvel état des lieux à Nouakchott.

Les six mêmes présidents sont annoncés présents physiquement mardi dans la capitale mauritanienne, leur premier déplacement officiel à l’étranger pour les Sahéliens, le premier hors d’Europe pour le Français Emmanuel Macron depuis le début de la pandémie de coronavirus. Les six hommes et des représentants d’organisations internationales (Union africaine, Francophonie, Onu, Union européenne) s’entretiendront à huis clos. Motif de satisfaction pour la France, qui cherche depuis des mois à impliquer ses partenaires européens: la réunion sera ensuite élargie aux chefs de gouvernement allemand, espagnol et italien, par visioconférence pour la plupart. La progression rapide du Covid-19 en Mauritanie, l’arrivée de délégations en provenance de différents pays alors que les frontières aériennes sont fermées, les exigences de la distanciation ont confronté les autorités à un casse-tête logistique.

«Période de consolidation»

Au cours des six mois écoulés, la France a augmenté les effectifs de Barkhane de 500 militaires pour les porter à 5.100. Elle et ses partenaires ont multiplié les offensives dans la zone des trois frontières, revendiquant la «neutralisation» de centaines de djihadistes. A Nouakchott, il s’agira selon l’Elysée d’ouvrir une «période de consolidation» dans cette région. Autre succès enregistré: dans le nord du Mali, où les forces spéciales françaises, aiguillées par un drone américain, ont tué le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l’Algérien Abdelmalek Droukdal. «On a inversé le principe d’incertitude. C’est nous qui sommes imprévisibles pour les groupes terroristes», se félicitait juste après l’opération un haut gradé français.

D’autres relativisent ces succès: à l’Onu début juin, les Etats-unis s’inquiétaient d’une «incapacité des signataires (de l’accord de paix de 2015 au Mali, NDLR) à faire des progrès significatifs» qui «perpétue l’aggravation de la situation sécuritaire au Sahel». «Le nombre d’attaques dans la région de l’Ouest sahélien a augmenté de 250 pour cent depuis 2018. Les pays partenaires restent déterminés contre le terrorisme, mais n’ont pas les moyens de contenir ni réduire la menace de façon soutenue», estime le département d’État américain dans un rapport récemment publié.

Dans le centre du Mali, les affrontements locaux sont «largement passés inaperçus ces derniers mois», note Ibrahim Maïga, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS) à Bamako. Les groupes djihadistes étendent leur emprise au Burkina, qui s’enfonce dangereusement. Au Burkina, au Mali, au Niger, les accusations d’exactions contre les civils se sont aussi multipliées depuis le sommet de Pau contre les armées nationales.

La communauté internationale suit aussi avec préoccupation les évolutions politiques, alors que 2020 est une échéance électorale dans les trois pays: législatives en mars/avril au Mali, et surtout présidentielle au Burkina et au Niger à la fin de l’année. Au Burkina, des zones entières menacent d’être privées du scrutin présidentiel, qui risque donc d’être contesté. Quant au Mali, son président est confronté à une importante contestation intérieure dont l’issue pour l’instant imprévisible inquiète ses voisins ouest-africains et ses alliés.

Par Le Figaro avec AFP

Les musulmans de France manifestent leur horreur du djihadisme

juillet 31, 2016

Cinq jours après l’assassinat d’un prêtre qui a bouleversé la France, de nombreux musulmans ont manifesté dimanche leur horreur du djihadisme. Certains ont assisté à des messes aux côtés des catholiques, d’autres ont publié des tribunes dans les médias.

Dans la cathédrale de Rouen, plus d’une centaine d’entre eux se sont mêlés à la foule des quelque 2000 fidèles qui se pressaient pour une messe d’hommage au père Jacques Hamel. Ce prêtre de 85 ans a été égorgé mardi dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray par deux jeunes de 19 ans se réclamant de l’organisation Etat islamique (EI).

« Amour pour tous, haine pour personne », pouvait-on lire sur une affiche accrochée à l’intérieur de l’édifice par une association musulmane.

La présence des musulmans est « un geste courageux », « un geste de paix », a souligné l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun. « Vous affirmez ainsi que vous refusez les morts et les violences au nom de Dieu. Comme nous l’avons entendu de vos bouches que nous savons sincères, ce n’est pas l’islam », a-t-il souligné.

A Bordeaux, l’imam de la mosquée, Tareq Oubrou, s’est rendu à l’église Notre-Dame. Il était accompagné d’une délégation d’une dizaine de fidèles, hommes, femmes et enfants.

Une réponse à ces actes d’horreur
A Nice, endeuillée le 14 juillet par un attentat lui aussi revendiqué par l’EI qui a fait 84 morts et 435 blessés, l’église Saint-Pierre-de-l’Ariane a reçu la visite de l’imam Otman Aissaoui et d’un groupe de fidèles. « Etre uni est une réponse à ces actes d’horreur et de barbarie », a souligné le religieux.

Tous répondaient à un appel inédit du Conseil français du culte musulman. Il a aussi été relayé en Italie où, de Milan au nord à Palerme au bout de la Sicile, de petites délégations d’imams, de responsables et de fidèles se sont rendues dans les églises.

Fin d’une certaine retenue
Cette initiative rompt avec une certaine retenue des musulmans pratiquants à s’exprimer dans l’espace public. Après les attentats contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, des policiers et un magasin casher (17 morts), leur faible présence à la manifestation monstre du 11 janvier 2015 leur avait été reprochée.

« Nous devons répondre à l’interpellation de la société française qui nous dit +mais qui êtes vous’ Que faites vous’+ », ont lancé une quarantaine d’entre eux dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche. Ils ont rappelé qu' »aujourd’hui les musulmans de France sont à 75% français ». Ils doivent prendre toute leur place dans la société.

Bataille culturelle contre l’islam radical
Médecins, universitaires, chefs d’entreprise, artistes, « musulmans de foi et de culture », ils ont appelé à « mener enfin la bataille culturelle contre l’islam radical » qui séduit une frange de la jeunesse, alors que « le risque de fracture entre les Français est chaque jour plus important ».

Ils ont souligné la nécessité de réorganiser l’islam de France « qui n’a aucune prise sur les évènements ». Cette préoccupation rejoint celle du Premier ministre Manuel Valls. Dans le même journal, il estime que si « l’islam a trouvé sa place dans la République », il y a « urgence » à « bâtir un véritable pacte » avec cette religion, la deuxième en France.

Deux hommes inculpés
Du côté de l’enquête, deux hommes liés à l’un des meurtriers, Abdel Malik Petitjean, ont été inculpés dimanche et placés en détention, a annoncé le parquet de Paris. Il s’agit d’un cousin de 30 ans, et d’un homme de 20 ans qui avait tenté de rejoindre la Syrie en juin avec lui.

Le premier, originaire de Nancy, « avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin », avait indiqué le parquet un peu plus tôt. Il a été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle ».

L’enquête a aussi permis d’établir que les deux assassins se sont rencontrés via le système de messagerie chiffrée Telegram quelques jours seulement avant leur passage à l’acte, selon plusieurs médias. Le second meurtrier, Adel Kermiche, y aurait décrit par avance le mode opératoire de l’attentat, mentionnant « un couteau » et « une église ».

Les deux jeunes avaient été repérés chacun de leur côté par les services antiterroristes sans que leur projet n’ait été détecté.

Romandie.com avec(ats / 31.07.2016 21h02)