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Congo: Interview de Jean Itadi, président du Cap, après la disparition de Nimi Madingou et de Christophe Moukoueké

octobre 4, 2021

Le Congrès africain pour le progrès (CAP) pleure depuis quelques jours ses deux vice-présidents, Dominique Nimi Madingou et Christophe Moukouéké, décédés respectivement le 23 septembre à Paris, en France, et le 30 septembre à Brazzaville. Dans une interview accordée à la presse, le président du CAP, Jean Itadi, revient sur ce double choc, les préparatifs des prochaines élections ainsi que la main tendue du premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads).

Jean Itadi/Adiac

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B) : Vous venez de perdre deux membres influents du parti, comment vivez-vous ces moments ? 

Jean Itadi (J.I) : C’est un moment difficile, ce n’est pas simplement deux co-fondateurs du CAP, mais ils sont les vice-présidents du parti. Ils partent en une semaine pratiquement, le destin est parfois cruel. C’est une période très difficile, je ne peux être que triste parce qu’il est évident que j’étais bien plus content quand j’avais ces camarades autour de moi. Maintenant que je perds quelques-uns parmi les plus importants, c’est comme si vous dirigiez une troupe et que les principaux officiers tombent. Il n’y a pas de gaité, ce n’est pas possible.

L.D.B : Peut-on dire que votre rêve vient d’être brisé ?

J.I : Non ! Pas du tout. Ce que nous avons appris de notre éducation personnelle, c’est que dans la diversité, il faut s’affirmer. Si nous devions baisser les bras maintenant, nous ne serons pas à la hauteur de la tâche qui est la nôtre. Ils nous ont choisi pour diriger ce parti, c’est pour faire aboutir les rêves qui sont les nôtres. C’est l’occasion plus que jamais de mobiliser celles et ceux qui auraient pu douter pour dire : ils sont partis mais nous devons tout faire pour gagner afin qu’ils se disent que nous sommes partis, mais le travail se poursuit.

Parce que très peu de partis gagnent avec leur créateur. Pascal Lissouba est l’un des rares, dans les partis démocratiques. Généralement, les créateurs partent et ce sont les générations futures qui viennent et qui gouvernent. Mais, si dans cette marche, les successeurs, les uns avec les autres abandonnent le combat parce qu’il y a un premier obstacle, c’est la catastrophe.

L.D.B : Avec qui allez-vous continuer le combat ?

J.I : En fait, c’est un peu curieux. Il y a quelques temps, nous avons décidé de rajeunir la direction du parti, de faire entrer des intelligences nouvelles, dirigeants généralement jeunes, plein de talent et qui avaient pour le pays un amour certain. Ces jeunes-gens étaient déjà avec nous, il y a d’autres qui arrivent, ils vont faire de sorte que l’instrument soit dans les bonnes mains. Il y a des gens qui viennent, ils savent que leur place est au CAP. Que la disparition des deux vice-présidents n’amène pas le président à lâcher. Il y en a qui adhèrent, qui veulent jouer le rôle. Nous allons transformer ce malheur en force et nous serons plus forts.

L.D.B : Le premier secrétaire de l’Upads, Pascal Tsaty-Mabiala, a tendu la main aux anciens du parti pour le regagner, comment avez-vous appris cette invite ?

J.I : La chance que certains ont, c’est qu’ils n’ont pas été les compagnons de Lissouba, ils ne le connaissent pas. Beaucoup d’entre eux croient que Pascal Lissouba et son combat politique ont commencé avec l’Upads. Le Premier secrétaire de l’Upads nous a tendu la main, mais en politique, on ne procède pas de la sorte. S’il veut qu’on se retrouve, il faut poser les bonnes questions : nous allons nous retrouver pourquoi ? Est-ce qu’on se retrouve parce que nous avons été à des étapes différentes? Le Congo connaît des évolutions, on a défini une ligne politique qui nous permet de nous retrouver mais on ne se retrouve pas comme cela.

Un parti politique ce n’est pas un « matanga », un parti politique ce sont les hommes et les femmes qui se retrouvent pour un combat, mais un combat suppose une direction. Quelle est la direction ? Est-ce qu’on viendra-là pour dire que vous étiez les vice-présidents, on va vous mettre quelque part, puis allons-y seulement? …Ils étaient bien contents qu’on se sépare, pourquoi maintenant on devrait se retrouver ? S’ils veulent, qu’ils mettent en place un programme politique et demandent que l’actuelle direction de l’Upads discute avec les partis politiques qui ont la même ligne. Tendre la main pourquoi, nous avons commis quel crime?

L.D.B: Vous avez boycotté l’élection présidentielle de mars dernier, ce sera-t-il le cas pour les législatives et locales à venir ?

J.I : Je dois vous dire que c’est triste pour le pays, depuis les élections de 1992, le Congo n’a jamais organisé des élections justes, libres et transparentes. C’est la honte du pouvoir parce que c’est une de ses missions de faire que l’alternance, la dévolution du pouvoir se fasse selon les règles démocratiques. Nous ne pouvons pas nous dire qu’on se prive d’élections définitivement sinon pourquoi avoir créé un parti politique? Mais, nous sommes simplement attristés du fait que c’est un coup d’épée dans l’eau. Quand vous avez l’exécutif qui est de la même couleur de manière complète que le législatif, il y a des chambres introuvables parce qu’en démocratie, il y a la séparation des pouvoirs.

 En démocratie, il faut accepter le pluralisme, la compétition, il faut que la population choisisse les meilleurs fils du pays pour conduire les destinées ou la représenter. Nous serons aux élections, nous ferons notre part de travail pour aller aux élections et nous espérons que le pouvoir va bien les organiser cette fois-ci. 

Avec Adiac-Congo propos recueillis par Parfait Wilfried Douniama

Congo: Décès de Dominique Nimi Madingou

septembre 24, 2021

Dominique Nimi MADINGOU, ancien Ministre de la République sous la présidence de Pascal LISSOUBA, ancien vice-président de l’UPADS, ancien Député de la circonscription électorale unique de Makabana dans la période allant de 2007 à 2012, actuel vice-président du CAP, Dominique NIMI MADINGOU vient de tirer sa révérence ce matin en France.

Cet ancien sociétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) de Pascal Lissouba, Dominique Nimi Madingou avait créé, avec d’autres dissidents de ce parti, le Congrès africain pour le progrès(CAP) au sein duquel il occupait le poste de vice-président chargé des relations extérieures.

Rappelons qu’au cours de l’assemblée générale ordinaire du CAP tenue le 9 janvier 2015 à Dolisie, dans le Niari, il avait consacré une partie de son discours à l’analyse du message des vœux du président de la République.

« Monsieur le président de la République, vous avez fait montre d’une habilité appréciable. Votre message plein de pondération a été différent de vos interventions parfois menaçantes de ces dernières années. Nombreux y ont trouvé de la ruse, des pièges. Il est vrai que l’on ne reste pas plus de trois décennies au sommet de l’Etat sans une dose de ruse, sans un certain savoir-faire », avait-il relevé, d’entrée de jeu.

Dans le domaine de la santé, avait-il poursuivi, « vous projetez de construire un hôpital général dans chaque département« . Or, actuellement, les maux qui minent les hôpitaux congolais sont, entre autres, le manque de personnel qualifié, l’absence de pharmacies d’hôpitaux, l’absence de plateaux techniques adéquats. Des solutions alternatives moins onéreuses existent, au nombre desquelles, a-t-il fait rl’expérimentation des hospitalisations à domicile qui pourraient utiliser le personnel de santé qualifié aujourd’hui à la retraiteEt de noter : « Il faut également négocier des conditions décentes pour l’utilisation de la diaspora congolaise d’Europe et des Amériques qui est un gisement important de cadres, techniciens et employés compétents ».

S’agissant de l’enseignement, les ministres concernés assistent impuissants à la baisse graduelle du niveau de formation. Les diplômes qui sont délivrés aux impétrants, faisait-il remarquer, sont des visas pour le chômage.

Sur le volet politique, selon Dominique Nimi Madingou, le président de la République a raison de mettre en garde contre le retour aux violences qui ont engendré des guerres civiles et l’instabilité institutionnelle. « C’est de votre devoir de garantir la paix et la cohésion nationale. Ne pointez pas du doigt l’opposition qui ne possède ni armée ni milices et qui est foncièrement pour la paix », indiquait-il.

Paix à son âme !

Avec Brazzanews et Adiac-Congo par Roger Ngombé