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Burkina Faso : la famille Sankara ne réclame qu’un euro symbolique

avril 29, 2022

Après le verdict au procès de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons, les familles des victimes attendent de savoir quels dommages et intérêts leurs seront accordés.

© Glez

« La justice n’est pas une affaire d’argent », semble indiquer la famille Sankara en accueillant, le 6 avril dernier, la condamnation de Blaise Compaoré, Hyacinthe Kafando et Gilbert Diendéré à la prison à perpétuité, 35 ans après l’assassinat de l’ancien président du Conseil national de la révolution burkinabè. Alors que le tribunal militaire décidera, le 10 mai, d’éventuelles compensations financières à l’endroit des parties civiles, les parents du défunt ne demandent qu’un franc symbolique de dommages et intérêts.

Comme pour mieux souligner le caractère politique de la tragédie d’octobre 1987, les avocats souhaitent que l’État soit solidairement responsable des préjudices, les exécutants des faits ayant reçu des ordres de certains dirigeants d’alors.

L’alliance et l’arme

Les ayants droit de Thomas Sankara insistent à ce point sur la primauté de la vérité qu’ils exigent que le certificat de décès soit délivré conformément aux faits, alors que le document de l’époque stipule que le président s’est éteint d’une « mort naturelle ». La famille veut également que ses effets personnels lui soient restitués, notamment son alliance et son arme.

Si le panache des Sankara prend des airs de mansuétude, la vérité et la justice conduiront-elles à la réconciliation qui a largement truffé les discours des régimes successifs ?

N’est pas nation arc-en-ciel qui veut, mais Blaise Compaoré espérerait quitter le quartier abidjanais de Cocody-Ambassades et finir ses jours dans son Faso natal. Évoqué par le nouveau ministre d’État chargé de la Cohésion sociale et de la Réconciliation nationale Yéro Boly – ancien cacique du compaorisme -, un projet d’amnistie gagnerait à être précédé de la bienveillance des familles de victimes.

« Prendre un thé avec Blaise Compaoré ? »

Avant même les dernières conclusions du tribunal, Adama Ouédraogo dit « Damiss » a mis les pieds dans le plat. Dans une tribune s’adressant à la veuve Mariam Sankara, le journaliste-écrivain pose une question directe : « Et si vous partiez à Abidjan prendre le thé avec Blaise Compaoré ? » Et d’invoquer Nelson Mandela rendant visite aux architectes de l’apartheid. Relayée par la presse, la tribune suscite un débat sur les réseaux.

Le thé abidjanais devrait donc refroidir. Tous les acteurs du procès n’affichent pas le même désintéressement que la famille Sankara. Les parents d’autres victimes de la tragédie réclament des centaines de millions de francs d’indemnisation. L’État lui-même a demandé un peu plus d’un milliard cent quarante-cinq millions de francs CFA pour les préjudices financiers, matériels et moraux subis. Requête rejetée par les avocats de la défense…

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

France: « L’homme à la pelle en slip » gagne son procès contre France Télévisions

septembre 15, 2021

France Télévisions va devoir verser des dommages et intérêts à Jean-Marc Dutouya, « l’homme à la pelle en slip », et lui rembourser ses frais de procédure.

Jean-Marc Dutouya etait devenu malgre lui une star sur les reseaux sociaux.
Jean-Marc Dutouya était devenu malgré lui une star sur les réseaux sociaux.© AFP/IROZ GAIZKA

Jean-Marc Dutouya a obtenu gain de cause. L’homme filmé en slip et une pelle à la main dans son jardin, en novembre 2015, a gagné son procès contre France Télévisions. Le groupe télévisuel a été condamné à verser 10 000 euros de dommages et intérêts au chasseur landais, après que la séquence d’un reportage a fait le tour des réseaux sociaux, provoquant un réel buzz, et touchant à l’image de cet homme. « Ce jugement met le droit en conformité avec la morale en reconnaissant cette atteinte intolérable au droit à l’image » de Jean-Marc Dutouya, a affirmé à l’Agence France-Presse son défenseur, Me Frédéric Dutin.

Le 9 novembre 2015, une demi-douzaine de membres de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dont son président Allain Bougrain-Dubourg, avaient pénétré dans un champ du village d’Audon (Landes) pour détruire plusieurs matoles (pièges à petits oiseaux) afin de dénoncer le braconnage de pinsons, une espèce protégée.

Jean-Marc Dutouya aussi condamné à une amende pour violences avec arme

Lors de cette action, régulière dans les Landes à cette saison, les militants et des journalistes avaient été pris à partie par les propriétaires, les Dutouya. L’altercation, entre insultes, menaces, bousculades, coups de pelle, avait duré plusieurs minutes jusqu’à l’arrivée de gendarmes. La mère octogénaire de Jean-Marc Dutouya avait été bousculée. Quatre véhicules de journalistes avaient eu des pneus crevés. En juillet 2018, Jean-Marc Dutouya avait été condamné en appel à une amende de 400 euros pour violences avec arme.

Entre-temps, il était devenu malgré lui une star des réseaux sociaux, où sa photo en slip et tee-shirt, armé d’une pelle, avait été l’objet d’innombrables détournements. « Un homme chez lui dans son jardin peut-il être livré en pâture n’importe comment ? La justice a dit non », s’est félicité Me Frédéric Dutin, précisant que son client, qui réclamait 200 000 euros de dommages, était « extrêmement satisfait ». France Télévisions, qui n’avait pas réagi dans un premier temps, devra de plus verser 5 000 euros de frais de procédure et flouter les images du chasseur, selon Me Frédéric Dutin.

Par Le Point avec AFP

Incendie à l’autogare: des dommages de près de 12 M$?

avril 10, 2021

 

Les dommages de l’incendie causé par un geste de vandalisme de novembre dernier à l’autogare de Trois-Rivières risquent fort bien de s’élever à près de 12 millions $.

La bibliothèque Gatien-Lapointe est fermée depuis l’incendie à l’autogare l’automne dernier.

© FRANÇOIS GERVAIS, LE NOUVELLISTE La bibliothèque Gatien-Lapointe est fermée depuis l’incendie à l’autogare l’automne dernier.

La seule soumission reçue par la Ville de Trois-Rivières pour la restauration de la bibliothèque Gatien-Lapointe, de la Maison de la culture, de la salle J.-Antonio-Thompson et des locaux d’Innovation et développement économique Trois-Rivières (IDE) s’élève à 7 358 400 $. Cette proposition provient de l’entreprise Telva de Kirkland.

Ce montant s’ajouterait aux 5 millions $ déjà engrangés pour restaurer l’hôtel de ville.

La facture de l’incendie à l’autogare pourrait s’élever à plus de 12 millions $.

© SYLVAIN MAYER, LE NOUVELLISTE 

Rappelons que de la fumée s’est propagée dans les conduites de ventilation du stationnement souterrain, contaminant les bâtiments municipaux. Absolument tout doit être nettoyé.

La Ville et son assureur analysent toutefois cette soumission. Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, n’a pas voulu commenter le dossier, disant que l’assureur se gardait un droit de négocier le contrat.

Heureusement pour la Ville et ses citoyens, les coûts des travaux sont payés par l’assureur. «La Ville a une franchise de 100 000 $ à payer», précise Guillaume Cholette-Janson, coordonnateur des relations avec le milieu à la Ville de Trois-Rivières.

 Avec Gabriel Delisle – Le Nouvelliste

L’Etat ivoirien réclame 3 milliards d’euros à Simone Gbagbo et ses co-accusés

mars 2, 2015

L'Etat ivoirien réclame 3 milliards d'euros à Simone Gbagbo et ses co-accusés
L’Etat ivoirien réclame 3 milliards d’euros à Simone Gbagbo et ses co-accusés © AFP

L’avocat de l’Etat ivoirien, seule partie civile dans le procès pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » qui se déroule à Abidjan, a réclamé lundi 3 milliards d’euros de dommages et intérêts à l’ex-Première dame Simone Gbagbo et à ses 82 co-accusés.

Me Soungalo Coulibaly est l’avocat de l’Etat Ivoirien, mandaté par le ministère de la Justice. Sa plaidoirie est distincte des réquisitions du ministère public, prévues mardi.

Dans le droit ivoirien, l’Etat peut se constituer partie civile pour demander des peines civiles (dommages et intérêts), quand le parquet général requiert des peines pénales (prison. . . ), selon une source judiciaire.

« La partie civile réclame comme dommages et intérêts, au regard de tous les préjudices subis par l’Etat, la somme de 2. 000 milliards de francs CFA (environ 3 milliards d’euros) que les accusés sont tenus de payer solidairement », a déclaré à la barre Me Coulibaly.

Un tel montant est « fantaisiste, absurde et sans fondement », a lancé Me Habiba Touré, l’avocate de Simone Gbagbo, qui devrait plaider à son tour mercredi. « Chacun est poursuivi pour des faits distincts. On ne peut donc demander une solidarité des accusés », a-t-elle dit.

83 personnes sont jugées depuis fin décembre pour des « atteintes à la sûreté de l’Etat » commises durant la crise postélectorale de 2010-2011, dans un procès dont Mme Gbagbo est la tête d’affiche.

Plus de 3. 000 personnes sont mortes entre décembre 2010 et mai 2011 en raison du refus de l’ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de son adversaire, l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara.

Simone Gbagbo, « rancunière, autoritaire » et d’un « caractère belliqueux », « faisait partie d’un comité de crise logé au palais présidentiel dont la mission était de massacrer la population civile », a déclaré l’avocat de l’Etat ivoirien.

« Elle a approvisionné de nombreuses milices et mercenaires en armes. Elle a participé à un mouvement insurrectionnel et doit subir une application stricte de la loi », a ajouté Me Coulibaly.

Simone Gbagbo, 65 ans, surnommée « la Dame de fer » ivoirienne quand son mari Laurent était au pouvoir, a été autant respectée pour son parcours dans l’opposition que redoutée dans son rôle de « présidente » à poigne, souvent accusée d’être liée aux « escadrons de la mort » contre les partisans d’Alassane Ouattara, qu’elle a toujours honni.

L’accusation, très faible durant le procès, n’a pas fourni de preuve matérielle pour l’incriminer, pas plus que ses 83 accusés, estiment des représentants de la société civile et des sympathisants pro-Gbagbo.

Laurent Gbagbo est actuellement détenu par la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, en attente de jugement pour « crimes contre l’Humanité ».

La CPI, qui poursuit Simone Gbagbo pour les mêmes faits, demande également son transfèrement aux Pays-Bas. Mais Abidjan s’y refuse, arguant que la justice ivoirienne est à même d’offrir un procès équitable et transparent à l’ex-Première dame.

Jeuneafrique.com avec AFP