Posts Tagged ‘droit des femmes’

Burundi : Marguerite Barankitse élue « Africaine de l’année » par les internautes de Jeune Afrique

mars 8, 2013
 

Pour les lecteurs de jeuneafrique.com, Marguerite Barankitse est l'Africaine de l'année.
Pour les lecteurs de jeuneafrique.com, Marguerite Barankitse
est l’Africaine de l’année. © AFP

À l’occasion de la journée internationale du droit des femmes, les internautes de Jeune Afrique ont élu Marguerite Barankitse « Africaine de l’année ». Surnommée Maggy par ses compatriotes, la fondatrice de l’ONG burundaise Maison Shalom recueille depuis le milieu des années 90 des milliers d’orphelins. Portrait « interactif » de celle que l’on appelle aussi la « Maman aux 10 000 enfants ».

Vous avez été nombreux à voter pour désigner qui, parmi les 21 candidates que Jeune Afrique avait sélectionnées, serait l’Africaine de l’année. Avec plus de 20% des voix, c’est la Burundaise Marguerite Barankitse qui s’est finalement distinguée, après un long suspense, l’athlète ivoirienne Murielle Ahouré se plaçant en deuxième position avec quelque 10% des voix. Fondatrice de l’ONG Maison Shalom, Marguerite Barankitse recueille depuis deux décennies des orphelins du Burundi, au point d’être parfois surnommée « la Maman aux 10 000 enfants ».

 

————————–

Jeuneafrique.com  par Mathieu Olivier

Le cardinal Marc Ouellet futur pape?

février 11, 2013
Cardinal Marc Ouellet Photo Alberto Pizzoli/QMI

Cardinal Marc Ouellet
Photo Alberto Pizzoli/QMI

MONTRÉAL – Le cardinal Marc Ouellet pourrait-il succéder au pape Benoît XVI ? Les paris sont ouverts.

Les bookmakers de Londres n’ont pas tardé lundi à accorder une cote à l’ancien archevêque de Québec. Ils lui ont donné une chance sur trois de prendre la place de Benoît XVI, qui a annoncé sa démission pour des raisons de santé. 

Le cardinal Ouellet se classe ainsi au deuxième rang des successeurs préférés de la firme londonienne Ladbrokes. La position de tête revient au cardinal ghanéen Peter Turkson avec deux chances sur cinq.

Mais, de façon plus sérieuse, le nom du cardinal Ouellet, qui est âgé de 68 ans, circule depuis quelque temps dans les cercles catholiques comme aspirant au trône de saint Pierre. En 2011, le National Catholic Reporter, le principal média catholique américain, plaçait le cardinal Ouellet dans la liste des trois principaux remplaçants éventuels de Benoît XVI.

«Le cardinal Ouellet est actuellement préfet de la Congrégation pour les évêques, un poste puissant qui pourrait avantager sa candidature, puisqu’il saurait prendre les rênes de la bureaucratie du Vatican», écrivait le Catholic Reporter.

Le prélat est généralement considéré comme un conservateur dans l’Église et défend donc des positions à droite de l’échiquier catholique, notamment en matière d’avortement.

Lors de son passage comme archevêque de Québec, de 2003 à 2010, il avait suscité de vives réactions en affirmant que l’avortement ne devrait pas être pratiqué même en cas de viol. À la suite de ces déclarations, l’Assemblée nationale du Québec avait senti le besoin d’adopter une motion unanime réaffirmant le droit des femmes à l’avortement.

Selon le Catholic Reporter, le cardinal Ouellet a la stature d’un futur pape à cause de ses solides connaissances théologiques et du fait qu’il parle couramment plusieurs langues.

De son côté, le New York Times a précisé lundi qu’«il n’y a pas de favori qui se détache parmi les nombreux prétendants possibles, groupe qui comprend le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, le cardinal Christoph Schoenborn, archevêque de Vienne, et le cardinal Marc Ouellet.»

Originaire d’Abitibi

Le prélat est originaire du petit village de La Motte, en Abitibi. À l’été 2011, il avait accordé une entrevue à l’hebdomadaire «La Frontière» sur la possibilité d’être nommé pape. «Ah, mon Dieu, ce serait un cauchemar», s’était-il exclamé.

«On ne peut pas empêcher le monde de rêver», avait d’abord répondu le cardinal Ouellet, souriant. Il avait ensuite expliqué qu’il voyait «le travail que le pape a à faire». «Ce n’est peut-être pas très enviable, c’est une responsabilité écrasante.»

«Enfin, il y a la grâce de Dieu, il y a l’aide du Saint-Esprit, évidemment, mais c’est une grosse responsabilité», avait-il ajouté.

Seule ombre possible au tableau pour la candidature du cardinal Ouellet comme pape : son frère

Paul avait plaidé coupable en 2009 à deux accusations d’agressions sexuelles à l’endroit de deux adolescentes.

Par Canoë.ca

Le harcèlement sexuel, la onzième plaie d’Égypte

mars 16, 2012

Commentaires désobligeants, attouchements, exhibitionnisme…  En Égypte, le harcèlement sexuel dont sont victimes les femmes est depuis  longtemps monnaie courante. La révolution n’y a rien changé.

« Un homme à moto s’est approché et m’a agrippée par-derrière. Je lui ai  hurlé dessus alors qu’il s’éloignait. Une dizaine de personnes étaient présentes  dans la rue, personne n’a réagi. » Ce témoignage n’a rien d’un incident  isolé. Des dizaines de faits similaires sont quotidiennement rapportés sur le  site de HarassMap, une initiative recensant les cas de harcèlement sexuel en Égypte. Depuis le lancement du site, en décembre 2010,  près de 700 agressions ont été listées.

Dans le pays le plus peuplé du monde arabe, le harcèlement sexuel est depuis des années un véritable  fléau. Cela va des commentaires désobligeants aux attouchements  inappropriés, en passant par l’exhibitionnisme et les invitations sexuelles. En  2008, une étude du Centre égyptien pour les droits de la femme révélait que  83 % des femmes interrogées ont été harcelées sexuellement ; 46 % ont  affirmé subir ce harcèlement de manière quotidienne, 91 % dans des lieux  publics. Quant aux hommes, ils sont 63 % à admettre avoir déjà pratiqué le  harcèlement.

–> Lire aussi : Au Maroc, le suicide d’Amina Al Filali  suscite un  débat national sur le viol et le droit des femmes

Longtemps considéré comme tabou, le sujet est aujourd’hui abordé plus  librement. Mais si des organisations de la société civile ont rédigé plusieurs  projets de loi visant à pénaliser le harcèlement, rien de concret n’a été  entrepris par les autorités. Pour beaucoup, ce sont les difficultés économiques  et sociales – qui repoussent l’âge moyen auquel les hommes se marient  (29 ans) – conjuguées à des normes sociales prohibant les relations  sexuelles hors mariage qui ont contribué au développement du phénomène. « Les gens subissent des pressions très importantes. Et dans une société  qui ne permet pas à ses citoyens d’exprimer leurs frustrations, les opprimés  reproduisent sur de plus faibles qu’eux ce qu’ils subissent », explique  Rebecca Chiao, cofondatrice et directrice de HarassMap.

Fanatisme

Mais l’argument socio­économique ne suffit pas à expliquer l’ampleur du  phénomène. « Le harcèlement a lieu partout, dans les quartiers pauvres  comme dans les quartiers riches. Ceux qui le pratiquent sont autant des hommes  que des jeunes garçons, mariés ou célibataires, riches ou pauvres », précise Racha Hassan, chercheuse spécialisée dans les droits de la femme et l’un  des auteurs de l’étude du centre égyptien. « La société égyptienne est  devenue une société machiste et patriarcale.

Certains l’utilisent comme une arme politique pour briser la détermination  des militantes.

Quand une fille se fait harceler, c’est elle que l’on blâme, et non  l’agresseur », déplore-t-elle. C’est pour cela que les victimes portent  rarement plainte. Pour la chercheuse, ce glissement s’est amorcé avec la  propagation d’« un discours religieux extrémiste qui fait de la femme un  objet inférieur à l’homme que l’on traite avec mépris ».

Hordes

La révolution du 25 janvier avait redonné espoir. « Durant dix-huit  jours, les gens étaient surpris, ils nous appelaient pour nous dire qu’il n’y  avait pas d’agression, qu’ils se sentaient en sécurité », se souvient  Rebecca Chiao. Mais après la chute de Hosni Moubarak, le phénomène est reparti  de plus belle. Dans certains cas, le harcèlement est utilisé comme une arme  politique pour briser la détermination des militantes égyptiennes. C’est ce qu’a  découvert à ses dépens la journaliste égypto-américaine Mona Eltahawy,  brutalement interpellée le 23 novembre 2011 par les forces de l’ordre  durant un mouvement de protestation et violentée dans les locaux même du  ministère de l’Intérieur.

Mais les manifestations sont aussi particulièrement propices aux agressions  sexuelles. Lors du premier anniversaire de la révolution, le  25 janvier 2012, plusieurs femmes ont affronté des hordes de jeunes  hommes qui tentaient de les déshabiller. Un incident qui rappelle les cas de  harcèlement généralisé qu’a connus la capitale égyptienne en 2006 et en 2008  après le mois de ramadan. Et qui montre que le pays attend encore sa révolution  des moeurs.

Jeuneafrique.com par Tony Gamal Gabriel