Posts Tagged ‘Droits de l’homme’

RDC/Affaire Floribert Chebeya : Maïck Lukadi exhorte à la réouverture du procès

juin 1, 2020

 

Dix ans après ce double assassinat, le président de l’ONG Assistance aux personnes vulnérables et enfants du Congo pense que la réouverture de ce procès permettra de connaître la vérité sur cette affaire et condamner les coupables.

 

Dix ans après l’assassinat du défenseur des droits de l’homme et directeur exécutif de la Voix des sans-voix pour les droits de l’homme, Floribert Chebeya, et son chauffeur et membre de cette ONG, Fidèle Bazana, le président de l’ONG Assistance aux personnes vulnérables et enfants du Congo (APVEC-ONGDH), Maïck Lukadi, exige de l’Etat congolais, la réouverture de ce procès. Dans un point de presse tenu le 1er juin à Kinshasa, Maïck Lukadi, qui s’est associé à d’autres activistes des droits de l’homme, se convainc que la réouverture de ce procès permettra que la vérité sur ce double assassinat soit connue et que les coupables subissent la rigueur de la loi.

Violations des droits de l’homme pendant la période de l’état d’urgence

Le président de l’APVEC-ONGDH a profité de cette rencontre avec la presse pour dénoncer les violations des droits de l’homme pendant la période de l’état d’urgence sanitaire due à la pandémie du coronavirus. Maïck Lukadi a, en effet, fait constater que le monitoring réalisé par son organisation sur le terrain pendant la période d’état d’urgence à Kinshasa a relevé certaines mauvaises pratiques et violations des droits de l’homme commis par les éléments des forces de l’ordre commis dans les opérations liées à cette dite période. « Nous assistons à une série de spectacles très désolants et décevants, qui sont contraires au respect des droits de l’homme. Toutes ces violations sont commises par les agents de l’Etat », a-t-il affirmé.

Selon le président de l’APVEC-ONGDH, ces agents de l’Etat ont transformé des mesures des restrictions liées à la pandémie du coronavirus en tracasseries de la population. A en croire Maïck Lukadi, des cas de violations des droits de l’homme répertoriés en infra sont notamment les droits à la vie, à la santé, à la liberté et à la sécurité de la personne, ainsi que les droits à l’intégrité physique, à la propriété, etc. Il en appelle ainsi aux responsables de ces services et aux gouvernements national et provinciaux en vue d’appeler à l’ordre ces services et les contraindre au respect des droits de l’homme. « Je profite de cette occasion pour exhorter nos compatriotes congolais au respect strict de mesures barrières mais également à la préservation des droits de l’homme, surtout en cette période liée à l’état d’urgence », a insisté Maick Lukadi. Je demande, a-t-il poursuivi, à l’Etat congolais de veiller et à assurer la promotion et la protection des droits de l’homme à ses citoyens et à chaque instant.

Le président de l’APVEC-ONGDH était accompagné, lors de ce rendez-vous avec la presse, de certains de ses collègues et membres du comité directeur de son organisation dont l’inspecteur général Charles Mukundi, le pasteur Michel Béni Beya, et le chargé d’éthique Tshiasuma Mbuyi Lukoji. Il est rappelé que les deux défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés en 2010 dans les locaux de la police nationale congolaise. Dans le cadre du procès organisé, certains policiers dont le colonel Mukalay ont été condamnés mais les proches de deux victimes estiment que le principal accusé dans cette affaire, le général John Numbi, avait échappé aux poursuites.

 

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Une militante des droits de l’homme tuée par balle en Somalie

novembre 20, 2019

 

Une célèbre militante des droits de l’homme possédant la double nationalité somalienne et canadienne a été tuée par balle mercredi à Mogadiscio, des responsables de sécurité suggérant qu’elle a été atteinte par une balle perdue.

Almaas Elman Ali se déplaçait en véhicule dans l’enceinte de la zone aéroportuaire de la capitale somalienne, un site fortement sécurisé, quand elle a été touchée. «Elle était à l’intérieur d’une voiture sur une route à l’intérieur de l’aéroport», a affirmé un responsable de la sécurité, Mohamed Omar. «Une balle perdue l’a atteinte et elle est décédée en quelques minutes». Almaas Elman Ali a aussitôt été conduite à l’hôpital, mais elle est décédée pendant le trajet.

Les fusillades ne sont pas rares à Mogadiscio, où les islamistes radicaux shebab mènent toujours ponctuellement des attaques meurtrières, mais la zone de l’aéroport, qui abrite aussi une importante base de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), les bureaux des différentes agences de l’ONU ainsi que plusieurs ambassades ou représentations diplomatiques, est placée sous haute protection. «Il n’y a eu aucune fusillade dans l’aéroport ou les zones proches avant cet incident», a souligné Mohamed Omar. Une enquête a été ouverte. Almaas Elman Ali devait assister à une réunion du Elman Peace Center, fondé en 1990 par son père, Elman Ali Ahmed, un homme d’affaires et militant de la société civile, assassiné en 1996.

Elle était rentrée en Somalie pour aider le centre dans ses programmes de lutte contre la violence, en particulier l’un d’entre eux qui encourageait les enfants et les jeunes adultes à abandonner les armes pour retourner à l’école. Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

Le Figaro.fr avec AFP

Une vingtaine de pays s’inquiètent pour les droits de l’homme en Arabie saoudite

septembre 23, 2019

 

Une vingtaine de pays, dont quinze Etats membres de l’Union européenne, ont exprimé leur inquiétude ce lundi 23 septembre au Conseil des droits de l’homme de l’Onu face aux allégations de torture, détentions illégales et procès inéquitables à l’encontre d’opposants saoudiens, notamment des militantes des droits des femmes et des journalistes.

Une première déclaration conjointe au sujet de l’Arabie saoudite avait déjà été présentée en mars au Conseil. Les signataires exhortent notamment Ryad à établir la vérité sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné en octobre au consulat saoudien d’Istanbul, et à faire en sorte que les coupables soient jugés. Parmi eux figurent la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Pérou, a-t-on appris auprès de diplomates. «Nous restons profondément préoccupés par la situation des droits de l’homme en Arabie saoudite. Les acteurs de la société civile en Arabie saoudite font toujours face à la persécution et à des actes d’intimidation», a déclaré l’ambassadrice australienne Sally Mansfield, qui a lu la déclaration.

«Nous sommes préoccupés par les informations faisant état de tortures, de détentions arbitraires, de disparitions forcées, de procès inéquitables et de harcèlement de personnes engagées dans la promotion et la défense des droits de l’Homme, de leurs familles et de leurs collègues», a-t-elle ajouté. La délégation saoudienne au Conseil, qui n’était pas présente lors de la lecture de la déclaration, n’a pas réagi.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

ONU: l’ex-présidente du Chili nommée cheffe des droits de l’homme

août 10, 2018

Nations unies (Etats-Unis) – L’Assemblée générale des Nations unies a confirmé vendredi par un vote la nomination de l’ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet à la tête du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

Michelle Bachelet, 66 ans, doit remplacer le 1er septembre à ce poste le Jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, critique acerbe du président américain Donald Trump.

La décision a été prise par consensus par l’Assemblée générale, qui est composée des 193 Etats membres de l’ONU.

Des applaudissements ont retenti quand le résultat a été officialisé par le président de l’Assemblée générale Miroslav Lajcák.

« Elle prend ce poste à une période ayant de graves conséquences sur les droits humains », a déclaré le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à la presse quelques minutes après la confirmation de cette nomination, qui avait été annoncée mercredi.

En qualifiant le président américain de « dangereux », ou le Premier ministre hongrois Viktor Orban de « raciste », Zeid Ra’ad Al Hussein a souvent provoqué la controverse, perdant ainsi le soutien de plusieurs pays influents.

Mme Bachelet, fille d’un général opposé au régime d’Augusto Pinochet, a été la première directrice d’ONU Femmes, l’agence des Nations unies promouvant l’égalité entre femmes et hommes, à sa création, en 2010.

La socialiste, pédiatre de formation, a été la première femme présidente du Chili, entre 2006 et 2010 et à nouveau de 2014 à 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 10 août 2018 15h15)                               

Venezuela: l’ONU demande une enquête internationale

juin 22, 2018

Genève – Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a qualifié vendredi de « lamentable » la situation au Venezuela, appelant à créer une commission d’enquête internationale et demandant un « engagement accru » de la Cour pénale internationale (CPI).

« L’impunité doit cesser », a affirmé Zeid Ra’ad Al Hussein, à l’occasion de la publication d’un rapport sur le Venezuela.

« Etant donné que l’Etat ne semble ni capable ni disposé à poursuivre les auteurs de violations graves des droits de l’Homme, il y a de solides raisons de demander un engagement accru de la Cour pénale internationale », a-t-il souligné.

La CPI a ouvert en février un examen préliminaire sur des crimes commis au Venezuela, théâtre de troubles politiques meurtriers.

Le Haut-Commissariat demande aussi la création d’une commission d’enquête internationale par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, comme il en existe pour la Syrie.

La publication du rapport fait suite à un premier rapport accablant du Haut-Commissaire, publié en août 2017, qui dénonçait déjà le « recours généralisé et systématique à une force excessive pendant les manifestations, et la détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés ».

Usage de la force excessive, détentions arbitraires, tortures et mauvais traitements, incluant des simulacres d’exécution et des décharges électriques, se poursuivent selon le Haut-Commissariat, qui souligne que cette répression menée par les autorités de l’Etat a commencé en 2014.

– Exécutions extrajudiciaires –

Ce nouveau rapport accuse par ailleurs diverses forces de sécurité vénézuéliennes d’avoir procédé depuis 2015 à des centaines d’exécutions extrajudiciaires, visant surtout des jeunes dans les quartiers pauvres, dans le cadre d’opérations de lutte contre la criminalité.

Plus de 500 exécutions extrajudiciaires auraient ainsi été menées entre juillet 2015 et mars 2017, selon le rapport qui s’appuie sur des statistiques de l’ancien procureur général, désormais en exil.

« Ces opérations de lutte contre la criminalité étaient davantage un exercice visant à montrer que le gouvernement est sérieux dans la lutte contre la criminalité », a expliqué aux médias une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani.

« Quand une boîte de pilules contre l’hypertension coûte plus cher que le salaire minimum mensuel et le lait en poudre pour bébé plus de deux mois de salaire, mais que manifester contre une telle situation peut vous mener en prison, l’injustice extrême de tout cela est flagrante », a fait valoir le Haut-Commissaire.

Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès du pays aux experts de l’ONU, M. Zeid a chargé une équipe de spécialistes des droits de l’Homme d’interviewer à distance quelque 150 personnes, dont des victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats et des médecins notamment.

Ces témoignages ont montré que les méthodes pour « intimider et réprimer l’opposition politique ou toute personne perçue comme étant une menace au gouvernement » se poursuivent mais que « ces détentions sont devenues plus sélectives que durant la période des manifestations », visant des activistes, des étudiants, des défenseurs des droits de l’Homme, des travailleurs des médias et des membres des forces armées.

Au moins 12.320 personnes ont été détenues dans le pays entre janvier 2014 et avril 2018, et plus de 7.000 d’entre elles ont été libérées avec comme condition de respecter un certain nombre de mesures limitant leurs libertés, pointe le rapport, utilisant des éléments communiqués par des représentants de la société civile.

Au moins 570 personnes, dont 35 enfants, ont été détenues depuis août dernier.

Le président Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été récemment réélu jusqu’en 2025, au terme d’un scrutin vivement critiqué à l’étranger.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2018 13h09)                                                        

Iran: une célèbre avocate des droits de l’Homme arrêtée (mari)

juin 13, 2018

Photo prise le 18 septembre 2013 de l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh avec son marin Reza Khandan à Téhéran / © AFP/Archives / BEHROUZ MEHRI

L’avocate iranienne des droits de l’Homme Nasrin Sotoudeh, récompensée à l’étranger pour son engagement, a été arrêtée mercredi, a annoncé son mari sur Facebook.

« Nasrin a été arrêtée à la maison il y a quelques heures et transférée à Evin », a écrit son mari Reza Khandan, en référence à la célèbre prison de Téhéran où sont détenus de nombreux prisonniers politiques.

L’avocate âgée de 55 ans et figure de l’activisme en faveur des droits de l’Homme en Iran, a récemment défendu plusieurs femmes arrêtées pour avoir enlevé leur voile en public afin de protester contre son port obligatoire depuis la révolution islamique de 1979.

« J’ai dit une fois aux interrogateurs » que la seule chose que les autorités savaient faire « c’est arrêter les gens », a écrit son mari sur Facebook.

Mme Sotoudeh a défendu des journalistes et des activistes comme l’avocate et lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, ainsi que des opposants arrêtés lors des grandes manifestations de 2009 contre la réélection de l’ultraconservateur populiste Mahmoud Ahmadinejad comme président.

Nasrin Sotoudeh s’est vue décerner en 2012 le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit décerné par le Parlement européen.

Elle a passé trois ans en prison entre 2010 et 2013 pour avoir agi, selon les autorités, « contre la sécurité nationale » et propagé « la propagande anti-régime ». Durant sa détention, elle avait observé deux grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention dans la prison d’Evin et l’interdiction de voir son fils et sa fille.

Elle a été libérée en septembre 2013, peu de temps avant que le président modéré récemment élu Hassan Rohani assiste à l’Assemblée générale de l’ONU. Il lui est en revanche interdit de représenter des cas politiques et de quitter l’Iran jusqu’en 2022.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 13h35)

Congo: « On ne peut parler de paix durable dans le Pool tant que l’impunité persiste »

mars 27, 2018

 

De g. à dr. Christian Mounzeo, coordonnateur de la campagne « Publiez ce que vous payez au Congo », et Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’homme, à Paris, le 12 mars 2017. © Trésor Kibangula/J.A.

Lors d’un récent passage à Paris, Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’homme, et Christian Mounzeo, coordonnateur de la campagne « Publiez ce que vous payez au Congo », ont livré à Jeune Afrique leur regard sur l’état actuel du Congo-Brazzaville. Interview croisée.

« Pas facile » d’être défenseur de l’environnement et des droits humains au Congo-Brazzaville, souffle Christian Mounzeo, coordonnateur de la campagne « Publiez ce que vous payez au Congo ». Les bureaux à Pointe-Noire de son organisation, la Rencontre pour la paix et les droits humains (RPDH), ont été saccagés dans la nuit du 9 au 10 mars, dans des circonstances non élucidées. « Nous travaillons dans un contexte très difficile », confirme son camarade Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’homme.

Les deux militants congolais ont séjourné mi-mars à Paris, encadrés par l’ONG Fern, basée à Bruxelles. L’occasion de revenir avec eux sur la situation politique, sociale et économique de ce pays pétrolier en proie à des difficultés financières depuis la chute des cours du baril de brut.

Jeune Afrique : Quel rôle la société civile congolaise joue-t-elle dans un contexte de crise politique, économique et sécuritaire ?

Christian Mounzeo : Elle reste l’une des opportunités qui doit permettre aux citoyens de pouvoir s’exprimer. Nous avons lancé un certain nombre d’initiatives à travers lesquelles la société civile se fait entendre et dans le cadre desquelles nous avons eu quelques résultats…

Trésor Nzila Kendet : Mais nous sommes très profondément préoccupés par le rétrécissement de l’espace des libertés.

Quelles sont aujourd’hui les avancées enregistrées dans le domaine de la défense des droits de l’homme au Congo-Brazzaville ? 

Christian Mounzeo : Concernant les engagements internationaux relatifs aux droits et libertés fondamentaux, le Congo-Brazzaville a bien avancé. Le pays est à jour. Sur le plan interne, les libertés individuelles ont toujours été garanties dans toutes nos Constitutions. Il existe aussi un ensemble législatif qui garantit l’exercice des droits humains. Mais des défis persistent quant à leur mise en œuvre.

Au Congo-Brazzaville, le défi majeur demeure l’application même des textes.

Quels sont ces défis ?

Trésor Nzila Kendet : Au Congo-Brazzaville, le défi majeur demeure l’application même de ces textes. Nous vivons en effet dans un pays riche en législations, mais les violations des droits humains ne diminuent guère. On compte encore des prisonniers politiques, des personnes qui ont voulu jouir de leur liberté d’expression et qui se retrouvent aujourd’hui en prison.

Christian Mounzeo : Il faut aussi mentionner les tentatives de réformes législatives qui ont l’ambition de restreindre l’espace des libertés de la société civile. C’est le cas particulièrement de la loi sur le régime des associations, qui a été votée par le Parlement il y a un an. Même si elle n’est pas toujours promulguée, cette loi reste une épée de Damoclès sur la tête des défenseurs des droits humains.

C’est pourquoi nous exigeons une loi précise sur la protection des défenseurs des droits de l’homme, d’une part, et, de l’autre, une mise en application en urgence du code de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques. Car celui-ci prévoit également un espace de protection des médias et de la société civile.

Nous demandons que l’accord de Kinkala soit réécrit pour prendre en compte les questions de justice et de réconciliation

Sur le plan politique et sécuritaire, un accord a été signé en décembre à Kinkala, dans le Pool, où des forces de sécurité affrontent des miliciens du pasteur Ntumi depuis avril 2016. Est-ce le début de la fin de la crise post-électorale au Congo ?

Trésor Nzila Kendet : C’est un accord qui pose un certain nombre de problèmes, car il consacre l’impunité des violations des droits de l’homme commises dans le Pool. Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité y ont pourtant été commis, par des forces gouvernementales comme par des miliciens. Or, on ne peut parler de paix durable dans une impunité totale.

Nous demandons donc que cet accord de Kinkala soit réécrit pour prendre en compte les questions de justice et de réconciliation. Ce compromis doit également mentionner clairement la nécessité de la mise en place d’une commission d’enquête internationale, seule instance capable de faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé dans le Pool.

Christian Mounzeo : Aucun accord ne peut en effet faire l’impasse sur le devoir de vérité, de justice, de réconciliation et de réparation. D’autant que cette situation dans le Pool n’est que le reflet de la crise politique dans le pays. Les solutions à apporter dans ce département doivent aussi tenir compte de la dimension globale du contentieux politique.

Huit ans après les Accords de partenariat volontaire (APV) conclus avec l’Union européenne, où en est le Congo-Brazzaville dans la gouvernance forestière ?

Trésor Nzila Kendet : Jusqu’ici, les avancées sont très minces. La réforme du code forestier, amorcée depuis 2011, n’est toujours pas achevée. Pourtant ce texte est attendu pour combler des vides juridiques et apporter des réponses aux préoccupations des communautés locales. Et ce, dans un contexte où l’exploitation illégale du bois prend de plus en plus d’ampleur au Congo-Brazzaville.

En définitive, pour sortir de la crise économique, le pays doit-il compter sur un accord avec le Fond monétaire international (FMI) ou plutôt se tourner résolument vers son partenaire chinois ?

Christiant Mounzeo : Ce dont les Congolais ont besoin aujourd’hui, c’est avant tout la transparence, la responsabilité des gouvernants dans la gestion de la chose publique et l’application des lois contre l’impunité. Le FMI l’entend-il aussi de cette oreille ? Oui. Mais les entreprises chinoises, elles, doivent encore prouver qu’elles sont redevables et responsables.

Trésor Nzila Kendet : Il nous faut en effet un partenaire qui se préoccupe des exigences de transparence, de redevabilité et d’intégrité.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Violation des droits de l’Homme en Chine: travail des enfants, plainte contre Samsung

janvier 11, 2018

 

Les ONG Sherpa et Peuples solidaires ont déposer plainte contre Samsung, reprochant « des violations des droits humains » dans ses usines chinoises / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Drew Angerer

Travail d’enfants, logements indignes, intoxications au benzène: deux ONG relancent leurs accusations contre Samsung pour violations des droits de l’Homme en Chine en déposant à Paris une nouvelle plainte pour pratiques commerciales trompeuses contre le géant sud-coréen.

S’appuyant sur de nouveaux rapports de militants infiltrés entre 2012 et 2016 dans les usines du groupe électronique, les ONG Peuples solidaires et Sherpa dénoncent « l’emploi d’enfants de moins de seize ans, des horaires de travail abusifs, l’absence d’équipements appropriés aux risques encourus, des conditions de travail et d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine », selon leur communiqué.

Les associations mettent aussi en avant « l’utilisation de benzène et de méthanol dans les usines », qui « aurait causé des maladies incurables chez plusieurs employés ».

Sherpa et Peuples solidaires annoncent donc qu’elles déposeront ce jeudi ces nouveaux éléments au parquet de Paris, à l’appui d’une plainte pour pratiques commerciales trompeuses qui vise Samsung Monde, la maison mère, et sa filiale Samsung Electronics France (SEF).

Dans un communiqué, le géant coréen a assuré respecter « scrupuleusement les normes et réglementations locales et internationales en matière de travail » et appliquer « une politique de tolérance zéro » vis-à-vis du travail des enfants.

Une première plainte, visant uniquement SEF, avait été classée sans suite en 2014 à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Sherpa avait du coup choisi de citer l’entreprise directement devant ce tribunal correctionnel, mais y a finalement renoncé en 2017 pour des raisons de procédure, selon un porte-parole.

Dans leur plainte de 40 pages, consultée par l’AFP, Sherpa et Peuples solidaires accusent Samsung de contredire ses engagements éthiques et son propre code de conduite, alors que le groupe sud-coréen présente sur ses sites internet son ambition de « devenir l’une des entreprises les plus éthiques au monde ».

Des contradictions qui constituent, selon les associations, des « pratiques commerciales trompeuses » pour les consommateurs français du leader de la téléphonie mobile, et qui légitimeraient donc une procédure pénale en France.

« Nous demandons à la justice de sanctionner cet écart inacceptable entre ces engagements éthiques et la réalité dans les usines telle que décrite par les ONG de terrain », écrivent les associations.

– 72 heures par semaine –

« Alors que les multinationales utilisent notamment ces engagements éthiques pour maintenir leur compétitivité, les ouvriers et consommateurs sont démunis face au non-respect de ces engagements. La reconnaissance du délit de pratiques commerciales trompeuses permettrait de rétablir ce rapport de force déséquilibré », selon elles.

Les éléments nouveaux justifiant cette plainte sont tirés « de nouveaux rapports d’enquêtes très documentés de l’ONG China Labor Watch (CLW) qui s’est infiltrée dans les usines » de filiales du groupe et de ses fournisseurs, principalement dans la région de Tianjin, près de Pékin, affirment les associations.

Les accusations s’appuient sur des témoignages, des photos et des vidéos réunis par CLW entre 2012 et 2016. L’ONG affirme ainsi que dans ces usines « les employés travaillent en moyenne 72 heures par semaine », parfois plus en période de forte activité. Au mépris de la loi chinoise limitant à 44 heures le temps de travail hebdomadaire.

« Dix enfants de moins de 16 ans, dont trois jeunes filles, travaillaient dans les usines » de certains fournisseurs de Samsung en 2012, selon CLW. Entre cinq et dix enfants en dessous de l’âge légal étaient encore identifiés lors de plusieurs visites des enquêteurs en 2014 dans une autre usine.

Les enquêteurs documentent encore la présence de benzène, un produit toxique à l’origine de cancers et de leucémie, dans les modes de production. Dans les usines, le benzène est utilisé comme agent nettoyant et comme enduit pour des composants électroniques.

« Cette procédure s’inscrit dans notre lutte de longue date contre l’impunité des multinationales », ont expliqué Sherpa et Peuples solidaires.

Les deux associations plaident pour « que les négociations onusiennes aboutissent à un traité contraignant les multinationales au respect des droits humains sur toute leur chaîne de production » et réclament l’appui de la France à ce processus.

Romandie.com avec(©AFP / 11 janvier 2018 18h33)                

France/Turquie: Macron recevra vendredi Erdogan, parlera des « droits de l’homme » (Paris)

décembre 30, 2017

Paris – Le président français Emmanuel Macron recevra vendredi à Paris son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, avec lequel il abordera notamment « la question des droits de l’homme », a annoncé samedi soir l’Elysée.

M. Erdogan avait annoncé plus tôt dans la journée qu’il se rendrait en France vendredi pour discuter des relations bilatérales entre Paris et Ankara, sans préciser s’il rencontrerait son homologue français.

Cet entretien entre les deux hommes, « qui fait suite aux conversations régulières des derniers mois, sera l’occasion d’évoquer les questions liées aux relations bilatérales entre nos deux pays, ainsi que les questions régionales dont notamment un focus tout particulier sur le dossier syrien, sur lequel ils ont de multiples échanges, mais aussi palestinien », a précisé l’entourage du chef de l’Etat français.

Il s’agit de la première visite du président turc en France depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016 et l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017, mais les deux hommes ont déjà eu l’occasion de se rencontrer lors de sommets internationaux.

M. Erdogan avait mentionné l’éventualité d’une telle visite il y a quelques jours, se félicitant notamment que Paris n’ait pas « laissé tomber » la Turquie sur la question de Jérusalem alors qu’Ankara a très vivement condamné la décision américaine de reconnaître cette ville comme capitale d’Israël.

Le 10 décembre, Emmanuel Macron avait demandé à son homologue, lors d’un entretien téléphonique, de « contribuer à l’apaisement » entre Israël et les Palestiniens et « d’éviter les répercussion négatives dans l’ensemble de la région ».

Le président français lui avait rappelé « que la France désapprouvait la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem ».

– Tension entre la Turquie et l’Union européenne –

L’annonce de cette visite à Paris survient alors que la Turquie a vu en 2017 ramenées quasiment à l’arrêt les négociations au long cours sur sa candidature d’adhésion à l’UE tandis qu’une crise l’opposait à l’Allemagne à propos de la répression de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

Si la chancelière allemande Angela Merkel s’était dit favorable à un arrêt de ces négociations, Emmanuel Macron avait exprimé, dans une interview au quotidien grec Kathimerini en septembre, sa volonter d' »éviter les ruptures » entre l’UE et la Turquie,un « partenaire essentiel » sur de nombreux dossiers, notamment la crise migratoire et la lutte contre le terrorisme.

Le président français avait néanmoins estimé, dans cet entretien, que « la Turquie s’est objectivement éloignée de l’Union européenne ces derniers mois, avec des dérives préoccupantes qui ne peuvent pas rester sans conséquence, sur le projet concernant l’union douanière par exemple ».

MM. Macron et Erdogan ont également régulièrement échangé cette année à propos de l’arrestation des journalistes français Loup Bureau, détenu plus de 50 jours car accusé d’appartenir à une « organisation terroriste », et Mathias Depardon, détenu un mois en Turquie pour « propagande terroriste ».

Tous deux avaient finalement été expulsés vers la France.

Les relations entre la Turquie et l’Union européenne s’étaient particulièrement tendues lors de la campagne pour le référendum du 16 avril sur la révision constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président turc, lorsque plusieurs pays, dont l’Allemagne et les Pays-Bas, avaient refusé la tenue sur leur sol de meetings tenus par des ministres turcs.

Or, la France avait alors autorisé le ministre turc des Affaires étrangères à tenir un meeting électoral à Metz, dans l’est du pays.

Par ailleurs, la Turquie a signé en novembre une lettre d’intention avec la France et l’Italie ouvrant la voie à l’achat par Ankara de missiles sol-air au consortium franco-italien Eurosam.

M. Erdogan a déclaré cette semaine vouloir « avoir de bonnes relations avec l’UE et avec les pays de l’UE », dans le but de « réduire le nombre d’ennemis et augmenter le nombre d’amis », a-t-il ajouté dans des propos rapportés par plusieurs journaux turcs, dont le quotidien Hürriyet.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2017 19h59)                                            

La RDC au Conseil des droits de l’homme: contradiction onusienne ?

octobre 17, 2017

© Damien Glez

 

L’élection de la République démocratique du Congo au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies fait grincer des dents. Son régime est-il légitime pour donner des leçons en matière de droits humains ?

D’un côté, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) indiquait, début septembre, que plus de 440 cas de violations des droits de l’Homme avaient été recensés au mois d’août pour l’ensemble de la République démocratique du Congo. Violations largement attribuées au régime – police, armée, justice, responsables de l’information. Le Conseil des droits de l’homme a même ouvert récemment deux enquêtes, suite aux violences dans le Kasaï.

De l’autre côté, l’Assemblée générale de l’ONU vient de donner son feu vert à l’entrée de cette même RDC à ce même Conseil des droits de l’homme. Sans surprise, les défenseurs des droits humains expriment leur désapprobation, un porte-parole de Human Rights Watch évoquant « une gifle pour les nombreuses victimes ». Avant le vote, 157 associations congolaises avaient appelé les États membres de l’ONU à faire barrage à Kinshasa. Au-delà de la « bulle » activiste, des États membres de l’ONU, comme les États-Unis, ont évoqué une perte de « crédibilité » du Conseil des droits de l’Homme.

On fait avec ce que l’on a, indiquent certains observateurs

Comment une telle incongruité, fortement dénoncée, est-elle possible ? Primo, la République démocratique du Congo a recueilli 151 voix, alors qu’elle n’en avait besoin que de 97. Secundo, certains observateurs indiquent, en « off », que « l’on fait avec ce que l’on a ».

Le Conseil des droits de l’Homme est un organe intergouvernemental qui fonctionne avec 47 États aux mandats à durée déterminée. Dans une logique de répartition géographique équitable, il réserve au continent africain 13 sièges, dont quatre devaient être cédés cette année. Aux côtés de la RDC, le Sénégal, le Nigeria et l’Angola font leur entrée…

« Si tu n’as pas la force du voleur, aide-le à porter le butin »

Y a-t-il, dans le monde, suffisamment de pays irréprochables pour que les 47 sièges soient occupés sans débat ? Membre du Conseil des droits de l’homme jusqu’en 2018, le Burundi a fait l’objet, le mois passé, d’un rapport de l’ONU qui évoque notamment « des arrestations et des détentions arbitraires, des actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants, des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des viols et d’autres violences sexuelles ».

Et les « brebis galeuses » présumées ne sont bien sûr pas toutes africaines. Des pratiques jugées « divergentes du concept de l’État de droit » par l’organisation Freedom House ont valu de nombreuses critiques à une Arabie saoudite pourtant membre du Conseil jusqu’en 2019.

Quant au continent américain, il héberge un autre membre controversé du Conseil : le Venezuela sur lequel l’ONU souhaita, le 11 septembre dernier, une enquête sur de possibles crimes contre l’Humanité. C’est bien connu, quand on se regarde, on se désole, mais quand on se compare, on se console.

La RDC serait-elle « moins pire » que d’autres ? Un ultime argument populaire plaide pour son intégration : « Si tu n’as pas la force du voleur, aide-le à porter le butin ». Si tu n’arrives pas à corriger les actes autocratiques, intègre l’autocrate au Conseil des droits de l’Homme et il se convertira…

Jeuneafrique.com par Damien Glez, dessinateur et éditorialiste franco-burkinabé