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La RDC au Conseil des droits de l’homme: contradiction onusienne ?

octobre 17, 2017

© Damien Glez

 

L’élection de la République démocratique du Congo au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies fait grincer des dents. Son régime est-il légitime pour donner des leçons en matière de droits humains ?

D’un côté, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) indiquait, début septembre, que plus de 440 cas de violations des droits de l’Homme avaient été recensés au mois d’août pour l’ensemble de la République démocratique du Congo. Violations largement attribuées au régime – police, armée, justice, responsables de l’information. Le Conseil des droits de l’homme a même ouvert récemment deux enquêtes, suite aux violences dans le Kasaï.

De l’autre côté, l’Assemblée générale de l’ONU vient de donner son feu vert à l’entrée de cette même RDC à ce même Conseil des droits de l’homme. Sans surprise, les défenseurs des droits humains expriment leur désapprobation, un porte-parole de Human Rights Watch évoquant « une gifle pour les nombreuses victimes ». Avant le vote, 157 associations congolaises avaient appelé les États membres de l’ONU à faire barrage à Kinshasa. Au-delà de la « bulle » activiste, des États membres de l’ONU, comme les États-Unis, ont évoqué une perte de « crédibilité » du Conseil des droits de l’Homme.

On fait avec ce que l’on a, indiquent certains observateurs

Comment une telle incongruité, fortement dénoncée, est-elle possible ? Primo, la République démocratique du Congo a recueilli 151 voix, alors qu’elle n’en avait besoin que de 97. Secundo, certains observateurs indiquent, en « off », que « l’on fait avec ce que l’on a ».

Le Conseil des droits de l’Homme est un organe intergouvernemental qui fonctionne avec 47 États aux mandats à durée déterminée. Dans une logique de répartition géographique équitable, il réserve au continent africain 13 sièges, dont quatre devaient être cédés cette année. Aux côtés de la RDC, le Sénégal, le Nigeria et l’Angola font leur entrée…

« Si tu n’as pas la force du voleur, aide-le à porter le butin »

Y a-t-il, dans le monde, suffisamment de pays irréprochables pour que les 47 sièges soient occupés sans débat ? Membre du Conseil des droits de l’homme jusqu’en 2018, le Burundi a fait l’objet, le mois passé, d’un rapport de l’ONU qui évoque notamment « des arrestations et des détentions arbitraires, des actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants, des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des viols et d’autres violences sexuelles ».

Et les « brebis galeuses » présumées ne sont bien sûr pas toutes africaines. Des pratiques jugées « divergentes du concept de l’État de droit » par l’organisation Freedom House ont valu de nombreuses critiques à une Arabie saoudite pourtant membre du Conseil jusqu’en 2019.

Quant au continent américain, il héberge un autre membre controversé du Conseil : le Venezuela sur lequel l’ONU souhaita, le 11 septembre dernier, une enquête sur de possibles crimes contre l’Humanité. C’est bien connu, quand on se regarde, on se désole, mais quand on se compare, on se console.

La RDC serait-elle « moins pire » que d’autres ? Un ultime argument populaire plaide pour son intégration : « Si tu n’as pas la force du voleur, aide-le à porter le butin ». Si tu n’arrives pas à corriger les actes autocratiques, intègre l’autocrate au Conseil des droits de l’Homme et il se convertira…

Jeuneafrique.com par Damien Glez, dessinateur et éditorialiste franco-burkinabé

Burundi: malgré les multiples rapports sur des violations des droits de l’homme, Bujumbura nie en bloc

septembre 28, 2017

 

Le président burundais Pierre Nkurunziza au défilé militaire à l’occasion de la fête de l’Indépendance du Burundi, le 1er juillet 2015, à Bujumbura. © Berthier Mugiraneza/AP/SIPA

Entre juillet et septembre, trois rapports internationaux ont été rendus, condamnant la politique répressive du gouvernement. Ce dernier crie au complot occidental.

Voilà un peu plus de deux ans que le Burundi sombre dans la terreur et une violence quotidienne qui, selon les dernières estimations, aurait causé entre 500 et 2 000 morts, alors que 420 000 Burundais ont quitté le pays, depuis avril 2015, pour se réfugier dans les différents pays voisins. Le tout devant une communauté internationale incapable jusqu’à présent de rétablir le dialogue, au point mort, entre les autorités burundaises et ses opposants.

La parution, entre juillet et septembre, de trois rapports internationaux condamnant la politique répressive du gouvernement et les agissements des Imbonerakure, le mouvement des jeunes du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, vient de replacer le pays sous les feux de l’actualité, tout en tirant la sonnette d’alarme sur le respect des droits de l’homme au Burundi.

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a justement été la première à publier son rapport, début juillet, « le Burundi au bord du gouffre : retour sur deux années de terreur ». Rien de bien nouveau dans le contenu, mais un résumé de la dégradation générale du pays depuis le début du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Cette étude a été suivie, en août, par celle de l’International Refugee Right Initiative (IRRI), qui a mené l’enquête auprès des réfugiés burundais en Ouganda, pour faire le point sur les raisons de leur départ précipité et sur leurs conditions de vie dans leur pays d’accueil. Enfin, et certainement le plus attendu, le rapport de la Commission d’enquête de l’ONU, dont les conclusions ont été rendu début septembre, incrimine les autorités burundaises.

Après près de deux ans d’enquête, dans les pays limitrophes (Tanzanie, Rwanda) – les autorités burundaises ayant refusé l’accès du pays aux membres de la commission, ces derniers ont recueillis plus de 500 témoignages, permettant d’établir l’implication des services de sécurité burundais et des milices Imbonerakure dans un grand nombre d’exécutions sommaires, d’actes de torture et de viols.

De probables crimes contre l’humanité

Le rapport reste prudent mais évoque la probabilité de crimes contre l’humanité. « Notre travail avait pour but de qualifier les faits qui relèvent des droits de l’homme pour que la communauté internationale dispose des informations qui permettront de faire pression sur les autorités burundaises », explique Reine Alapini Gansou, membre de la commission. L’avocate béninoise espère que ces derniers travaux sortiront les pays africains et l’Union africaine (UA) de leur torpeur et de leur résignation face à la politique d’usure appliquée par Bujumbura.

Certaines atteintes relevées dans le rapport relevant des compétences de la Cour pénale internationale (CPI), les rédacteurs du rapport, qui a été présenté lors de la dernière session du conseil onusien des droits de l’homme, s’attendent maintenant à voir le Conseil de sécurité saisir les juges de La Haye. Le temps presse car les autorités burundaises ont déjà annoncé leur volonté de quitter officiellement la CPI le 27 octobre.

Un complot occidental ?

De son côté, le gouvernement burundais cherche surtout à décrédibiliser le travail des experts onusiens et vient de mettre en place une commission de 12 parlementaires pour examiner le rapport. En route pour New York, Willy Nyamitwe, le conseiller à la présidence et tout nouvel ambassadeur plénipotentiaire, s’est arrêté à Paris, le 16 septembre, pour donner une conférence de presse devant les Burundais de la diaspora. Un exercice de haute voltige durant lequel, pendant trois heures, se sont succédé les attaques en règle contre des médias menteurs et manipulateurs et un plaidoyer en faveur d’un pouvoir burundais dont l’unique préoccupation est d’assurer le bien-être de son peuple.

Selon lui, les réfugiés burundais souhaiteraient rentrer chez eux, mais en sont empêchés par le HCR, pendant que certaines des centaines de disparitions recensées à travers le pays, seraient « volontaires », selon Christine-Nina Niyonsavye, l’ambassadeur du Burundi en France depuis juillet. Devant une assistance essentiellement composée d’ « orphelins de 1972 », Willy Nyamitwe a eu beau jeu de réclamer l’apaisement pour préparer les échéances de 2020, plaçant son pays « en résistance » face à la volonté de nuire de la communauté internationale.

Selon lui le putsch de mai 2015 a été subventionné « par l’UE », alors que la Belgique et la France protégeraient les opposants au régime, avec l’objectif de mettre la main sur le nickel burundais. « Nous n’accepterons jamais d’être les instruments de l’Occident », prévient Willy Nyamitwe, qui se dit même prêt à aller devant la CPI pour défendre les intérêts de son pays. S’il reconnaît que le Burundi est bien en crise, « il n’est pas en feu » assure le conseiller du président.

Il est surtout encore loin d’être en paix, malgré ses affirmations.

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RDC: Kinshasa doit permettre à Katumbi de participer à la présidentielle, selon le Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies

juin 16, 2017

Moïse Katumbi à Paris, le 5 juillet 2016. © Vincent Fournier/JA

Dans une lettre rendue publique le 16 juin, le Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies demande à l’État congolais de prendre les « mesures nécessaires » pour permettre à l’opposant Moïse Katumbi de participer au scrutin présidentiel prévu avant la fin de l’année.

Dans la salle du cabinet de Me Dupont-Moretti, rue de la Boétie, dans le 8e arrondissement parisien, les proches de Moïse Katumbi savourent l’instant. Une lettre venue de Genève et datant du 13 juin, dont Jeune Afrique a pu obtenir une copie ce vendredi 16 juin, apporte une bonne nouvelle : leur champion, poursuivi pour atteinte à la sûreté nationale et condamné à trois ans de prison dans une autre étrange affaire de spoliation immobilière, pourrait enfin mettre fin à son exil forcé pour rentrer en homme libre en RDC.

Devant plusieurs journalistes qui lui tendent micros et enregistreurs, son avocat, Me Dupond-Moretti, lit l’intégralité de la lettre, émanant du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies (HCDH). Moïse Katumbi, assis à droite, esquisse un sourire. Et pour cause : l’opposant avait sollicité, le 2 juin, des mesures provisoires auprès du Comité des droits de l’homme des Nations à la suite de sa plainte contre l’État congolais. Moins de deux semaines plus tard, il en obtient une réponse satisfaisante.

Kinshasa doit permettre le retour de Katumbi en RDC

« Il est demandé à l’État partie [la RDC] de prendre toutes les mesures nécessaires de manière à prévenir tout risque de préjudice irréparable en lien avec l’exercice par l’auteur [Moïse Katumbi] des droits garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. » En effet, l’État congolais est « notamment tenu de prendre toutes les mesures nécessaires en vue d’assurer que l’auteur puisse rentrer en RDC et puisse participer librement et en toute sécurité, en tant que candidat, à l’élection présidentielle prévue pour la fin de 2017. »

« À cette fin, l’État partie est également tenu de prendre toutes les mesures pour garantir à l’auteur son droit à la liberté et à la sécurité en le protégeant contre toute forme d’arrestation ou de détention arbitraire pendant toute la durée de l’examen de sa communication par le comité » des droits de l’Homme des Nations unies.

Une « mesure provisoire » du HCDH

Autrement dit, cette « mesure provisoire » adoptée par le Haut-commissariat aux droits de l’Homme affirme que « Moïse Katumbi ne peut pas être arrêté en RDC et peut se présenter à la présidentielle », décrypte Me Dupont-Moretti, saluant « la célérité » réservée à la requête de son client.

Trois mois plus tôt, un rapport de la commission ad hoc mise en place par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) avait déjà demandé à Kinshasa de permettre à Moïse Katumbi de rentrer en « homme libre » en RDC, qualifiant de « règlement de comptes purement politique » les affaires attribuées à l’ex-gouverneur du Katanga. Mais lors de sa dernière sortie médiatique, le président Joseph Kabila a rétorqué en substance que les évêques catholiques ne pouvaient pas remplacer les juges congolais. Traduction : si Katumbi rentre, il sera arrêté.

Des actions vont reprendre à partir de juillet si le calendrier électoral n’est pas publié

Après la publication de la lettre du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies, Katumbi semble décidé, cette fois-ci, à rentrer « le plus vite possible » au pays. Il confie qu’il ne lui reste qu’à « faire ses valises et à remercier quelques amis qui l’ont aidé » durant son exil. « J’ai ma conscience tranquille », répète le candidat à la présidentielle. Son porte-parole Olivier Kamitatu, acquiesce.

Katumbi prévient : « Des actions vont reprendre à partir de juillet si le calendrier électoral n’est pas publié. » S’accrochant à l’accord de la Saint-Sylvestre qui est selon lui « en train d’être violé par Kabila », il réfute toute idée d’un « troisième dialogue » avec le pouvoir de Kinshasa. « Si la présidentielle n’est pas organisée d’ici fin 2017, le peuple va recourir l’article 64 de la Constitution », tranche-t-il. Une disposition qui donne le devoir à tout Congolais de « faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ».

Jeuneafrique.com par

Congo: Liste succincte des prisonniers politiques

janvier 13, 2017

 

De part sa vocation à sensibiliser les organismes des Droits de l’homme et d’inciter à la solidarité envers les prisonniers politiques du Congo Brazzaville, le Comité de soutien aux prisonniers politiques 242 soumet à Amnesty International la présente liste mise à jour.
Cette liste des prisonniers politiques est non exhaustive et fait état de la situation connue au 12 janvier 2017 :

Paulin MAKAYA depuis le 23 novembre 2015 – PRISON

Jean NGOUABI depuis le 07 Mars 2016 – PRISON

Bruno NGOUABI depuis le 7 août 2015 – PRISON

Roland GAMBOU 21 décembre 2016 – MORT SOUS LA TORTURE

Marcel MPIKA depuis le 31 mars 2016 – PRISON

Anatole LIMBONGO-NGOKA depuis le 27 Mars 2016 – PRISON

Christine MOYEN depuis le 27 Mars 2016 – PRISON

OKOMBI SALISSA clandestinité depuis le 03 avril 2016/prison le 9 janvier 2017 PRISON

Raymond EBONGA depuis octobre 2015 – PRISON

Serge Blanchard OBA depuis octobre 2015 – Interdit de sortie du territoire

Martin MADEBANA depuis Mai 2016 – PRISON

Modeste BOUKADIA depuis Janvier 2016 – PRISON

Jean-Marie Michel MOKOKO en résidence surveillée le 03 avril 2016, juin 2016 -PRISON

Jacques BANANGADZALA depuis Mars 2016 – PRISON

Joseph KITSADI depuis le 11 mai 2016 – PRISON

Narcisse MAZOUTA depuis Mars 2016 – PRISON

Patrice LEGALI depuis le 23 Mars 2016 – PORTÉ DISPARU

Jean Claude SITA depuis Mars 2016 – PRISON

Geoffroy DANGHAT depuis le 1er Aout 2015 – PRISON

Cyr MVOUBI depuis décembre 2014 – PRISON

Jean ZEITA BOULALIEM depuis le 12 janvier 2016 – PRISON

Nicolas KOSSOLOBA depuis le 9 janvier 2016 – PORTÉ DISPARU

Jean-Claude NGOBOLO, son épouse et ses deux enfants depuis le 9 janvier 2016 – PORTÉ DISPARU

Evariste NGAKIE depuis le 9 janvier 2016 – PORTÉ DISPARU

Brunel MATONDO depuis le 9 Janvier 2016 – PORTÉ DISPARU

SAMBA MOUNTA LOUKOSSI depuis le 31 mars 2013 – PRISON

Marcel NTOUSROU et 50 co-accusés depuis le 11 septembre 2014 – PRISON

Éric SOUAMI 13 février 2013 – MORT SOUS LA TORTURE

Dieudonné GANGLIA depuis le 12 janvier 2017 – PORTE DISPARU

Ghys Fortuné NDOMBE BEMBA depuis le 11 janvier 2017 – PRISON

MOUSSAVOU YEMA 21 octobre 2016 – MORT SOUS LA TORTURE

Jugal MAYANGUI depuis le 20 novembre 2016 – Torturé et en Prison

Augustin KALLA-KALLA enlevé le 28 septembre, libéré le 6 octobre 2016 après tortures

 

Avec Brazzanews.fr

Burundi : l’ONG de lutte pour les droits de l’Homme Iteka dissoute par les autorités

janvier 3, 2017

Une patrouille de police dans le quartier de Musaga, à Bujumbura, au Burundi, le 20 juillet 2015 © Jerome Delay/AP/SIPA

La plus ancienne ligue burundaise des droits de l’Homme, Iteka, vient d’être rayée de la liste des ONG autorisée à œuvrer dans le pays. L’ONG dénonçait régulièrement la répression du pouvoir en place, malgré la suspension de ses activités il y a quelques mois.

Le couperet vient de tomber pour Iteka. Une ordonnance ministérielle rendue publique ce mardi 03 janvier sur un site d’information proche du pouvoir prévoit sa radiation définitive de la liste des ONG locales autorisées à travailler au Burundi.

« Attendu que malgré une mesure de suspension provisoire, cette association n’a pas cessé les agissements pour lesquels elle avait été suspendue » et a continué « à ternir l’image du pays et à semer la haine et la division au sein de la population du Burundi », Iteka « est définitivement radiée de la liste des Associations sans but lucratif (ASBL) œuvrant au Burundi », précise le document, émis par le ministère burundais de l’Intérieur.

 

Violations massives des droits de l’Homme

Cette décision des autorités burundaises fait suite à la publication en novembre d’un rapport écrit par la fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) − représentée par Iteka au Burundi −, et qui fait état des violations massives des droits de l’Homme recensées dans le pays depuis le début de la crise en avril 2015.

À la mi-décembre, Iteka avait d’autre part dénoncé une « recrudescence » des arrestations et disparitions d’opposants, et l’instauration d’un climat de « peur généralisée » par le pouvoir burundais.

Depuis le début de la crise engendrée par la volonté de Pierre Nkurunziza de se représenter à un 3e mandat, les violences auraient fait selon l’AFP plus de 500 morts et poussé plus de 300 000 personnes à quitter le pays.

« Nous ne sommes pas surpris par cette décision, a réagi le président d’Iteka, Anschaire Nikoyagize, qui vit aujourd’hui en exil. Elle vient confirmer que le pouvoir burundais continue de tout mettre en œuvre pour que ses graves violations des droits humains ne soient plus rapportées et pour échapper à l’attention de la communauté internationale. »

« Ne pas renoncer »

Malgré la suspension de ses activités, Iteka avait continué de produire des rapports sur les violations des droits de l’Homme au Burundi.

« Cela va  être malheureusement plus dangereux pour nos équipes qui sont sur le terrain », a confié Anschaire Nikoyagize à l’AFP. « Mais, nous n’allons pas renoncer à notre mission, a-t-il promis. Nous nous y sommes préparés et nous allons continuer à travailler dans la clandestinité. »

Iteka vient rallonger la liste des principales ONG indépendantes burundaises à avoir été dissoutes. Les grandes figures de la société civile et les responsables des médias indépendants sont quant à eux, pour la plupart, en exil.

Jeuneafrique.com avec AFP

Vidéo ONU/Congo: Massengo Tiassé à la Session sur les Droits de l’homme

octobre 13, 2016

 

Maurice Massengo Tiassé intervient en 11e position (en français), à la Session des Droits de l’Homme de l’ONU, parmi tant d’autres représentants des organisations non gouvernementales agissant pour la défense des violations des Droits humains. Il a évoqué le cas du Congo avec les prisonniers politiques ainsi que celui des violences et persécutions perpétrées actuellement dans le Pool tout en jetant un regard sensible aux autres pays du monde.

Suivez bien attentivement cette brillante intervention courageuse d’un patriote, désormais persona non grata dans son pays:

http://webtv.un.org/meetings-e vents/human-rights-council/wat ch/item10-general-debate-contd -38th-meeting-33rd-regular- session-human-rights-council-/ 5145201530001

Cette vidéo a provoqué le courroux du pouvoir de Brazzaville pour lui lancer un mandat d’arrêt international.

Par Congomfoa.com

Inde: une militante des droits de l’Homme met fin à 16 ans de grève de la faim

août 9, 2016

Guwahati (Inde) – Une militante indienne des droits de l’Homme, Irom Sharmila, a mis fin mardi à une grève de la faim de 16 ans, considérée comme la plus longue au monde, souhaitant poursuivre son combat en se présentant aux élections locales.

Surnommée la dame de fer de Manipur pour son engagement contre les exactions commises par les forces de sécurité dans cet Etat du nord-est de l’Inde, Irom Sharmila a été libérée contre une caution de 10.000 roupies (150 dollars) après s’être engagée par écrit devant un tribunal à mettre fin à sa grève de la faim. Elle était jusqu’à présent alimentée de force par une sonde nasale.

La militante de 44 ans était sous contrôle judiciaire pratiquement depuis le début de sa grève de la faim qu’elle a entamée en 2000 pour demander la fin des pouvoirs spéciaux accordés aux forces de sécurité dans cette région confrontée à une insurrection séparatiste.

Elle était confinée dans une chambre d’hôpital de la principale ville du Manipur, Imphal, inculpée pour tentative de suicide –toujours puni par la loi en Inde– et était nourrie de force par sonde nasale plusieurs fois par jour.

Lors d’une conférence de presse donnée dans l’hôpital, la militante est apparue émue aux larmes alors qu’elle retirait de son nez les tubes utilisés pour la forcer à se nourrir, et avalait un peu de miel.

Elle a annoncé son ambition de devenir le prochain chef de gouvernement de l’Etat de Manipur.

Je ne connais rien à la politique, et mon niveau d’études est très, très faible, mais je veux convaincre notre peuple, a-t-elle dit dans un anglais hésitant.

Je vais utiliser tout ce que j’ai pour améliorer la société.

La militante, qui avait fait savoir plus tôt son intention de se présenter en candidate indépendante aux élections d’Etat l’année prochaine, a annoncé que sa première action si elle accèdait au pouvoir serait d’abroger la loi sur les pouvoirs spéciaux des forces armées adoptée en 1990.

Appliquée dans le nord-est de l’Inde et au Cachemire, cette législation spéciale est justifiée par le gouvernement par la nécessité de combattre les multiples groupes rebelles qui demandent une plus grande autonomie et des droits accrus aux communautés tribales.

Mme Sharmila avait cessé de manger et boire après avoir assisté à la mort de 10 civils à un arrêt de bus, tués probablement par l’armée, près de chez elle.

Plus tôt, s’adressant aux journalistes à la sortie du tribunal d’Imphal, elle avait reconnu que sa longue grève n’avait pas donné de résultat et avait dit vouloir essayer une nouvelle méthode.

J’ai jeûné pendant près de 16 ans, en pensant que je pourrais changer le système, mais je réalise maintenant que cela ne donnera aucun résultat, a dit la militante, qui est apparue frêle mais déterminée.

Amnesty International avait déclaré Mme Sharmila Prisonnière d’opinion en 2013 et elle a également reçu plusieurs prix internationaux.

Romandie.com avec(©AFP / 09 août 2016 16h52)

Etat d’urgence: la France pourrait bafouer les droits de l’Homme

novembre 27, 2015

droitsdelhome

Dans une lettre envoyée au Conseil de l’Europe, la France a prévenu qu’elle pourrait déroger à la convention européenne des droits de l’Homme. afp.com/EMMANUEL DUNAND

Les autorités françaises ont informé le Conseil de l’Europe qu’elles pourraient déroger à la convention européenne des droits de l’Homme: « un certain nombre de mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence instauré à la suite des attentats » de Paris sont « susceptibles de nécessiter une dérogation ».

La France prévient: elle pourrait déroger à la convention européenne des droits de l’Homme. Les autorités françaises ont en effet informé le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjorn Jagland, « d’un certain nombre de mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence instauré à la suite des attentats terroristes de grande ampleur perpétrés à Paris ». Ces mesures « sont susceptibles de nécessiter une dérogation à certains droits garantis par la convention européenne des droits de l’homme ».

Cette dernière reste cependant en vigueur en France et certains de ces droits ne pourront tolérer de dérogation, a prévenu en réponse le Conseil de l’Europe, notamment le droit à la vie et l’interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants. De même, l’interdiction de l’esclavage et le principe affirmé à l’article 7 – pas de peine sans loi.

« Danger public menaçant la vie de la nation »

La notification de cet état d’exception est prévue à l’article 15 de la convention européenne des droits de l’homme: en « cas de guerre ou d’autre danger public menaçant la vie de la nation », un Etat signataire « peut prendre des mesures dérogeant aux obligations » de la convention, sous réserve d’en informer le Conseil de l’Europe.

Il ne revient pas pour l’instant à l’organisation paneuropéenne de se prononcer sur le bien-fondé de cette démarche de la part de la France. En revanche, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), garante de la convention, pourra se prononcer sur la validité de cette dérogation, lorsqu’elle sera saisie de requêtes précises, alléguant d’éventuelles atteintes, par la France, aux droits fondamentaux.

L’état d’urgence a été proclamé en France le soir des attentats meurtriers du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (130 morts et plus de 350 blessés). Prolongé jusqu’à fin février par le Parlement, il donne à la police de nouveaux pouvoirs, sans passer préalablement par un juge, notamment pour les perquisitions ou la surveillance électronique de personnes.

Lexpress.fr par Eve Taraborrelli avec AFP,

Pékin s’autofélicite de ses progrès prodigieux sur les droits de l’homme

juin 8, 2015

Pékin – Les autorités chinoises se sont auto-félicitées dans un rapport rendu public lundi de leurs prodigieuses réalisations en matière de droits de l’homme, notamment sur le système judiciaire et la liberté d’expression, des domaines qui valent à Pékin de régulières volées de bois vert.

Les prodigieuses réalisations de la Chine (…) sur les droits de l’homme démontrent pleinement qu’elle a pris la voie correcte du développement des droits de l’homme qui convient à ses conditions nationales, assure un livre blanc commandité par le gouvernement.

C’est le 12e rapport de ce type depuis le premier paru en 1991, deux ans après la tragédie de la place Tiananmen. Le précédent était sorti en 2013.

Cet exercice de communication, en forme de plaidoyer pro domo, est destiné à contrer les rapports d’ONG étrangères et celui, annuel, du département d’État américain, généralement très sévères à l’égard de la situation des droits de l’homme en Chine depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en 2012.

Pour William Nee, chercheur travaillant à Hong Kong pour Amnesty International, il faut donner crédit à Pékin d’accorder une certaine importance rhétorique à la question.

Néanmoins, dans certains domaines, particulièrement ceux concernant la liberté d’expression, la société civile et la protection des droits des minorités, le livre blanc semble avoir été écrit dans un autre monde, a-t-il commenté pour l’AFP.

Le Parti communiste chinois (PCC) défend traditionnellement une approche collective des droits de l’homme opposée à celle, jugée individualiste, des pays occidentaux, où prime le respect de l’individu.

Le livre blanc évoque ainsi la hausse des revenus moyens et les créations d’emplois. De fait, la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international ont souvent loué le décollage économique qui a permis à des centaines de millions de Chinois de sortir de la pauvreté.

Mais les organisations de défense des droits de l’homme, quant à elles, multiplient les rapports dénonçant l’emprisonnement ces deux dernières années de journalistes, avocats et universitaires, l’aggravation de la censure ou le recours à la torture pour arracher des aveux.

Dans ce domaine, le rapport officiel pour 2014 assure que les tribunaux ont rejeté les aveux obtenus illégalement de 406 personnes. Introduit l’an dernier, le recours à la vidéo pendant les interrogatoires, pratique sujette à manipulation selon les critiques, est également cité.

Le rapport, d’une quarantaine de pages, se nourrit d’une avalanche de chiffres.

La campagne anticorruption du président Xi est mentionnée avec quelque 12.000 personnes remises à la justice pour 226.000 cas de corruption, à la suite de 2,72 millions de dénonciations.

La liberté d’expression n’est abordée que sous l’angle du nombre des publications et des statistiques sur l’usage d’internet et des réseaux sociaux, sans aucune allusion à l’énorme appareil de censure.

Le rapport s’attarde sur le Tibet et le Xinjiang, régions autonomes chinoises sous tension et, pour le Tibet, interdite d’accès à la presse étrangère.

La qualité de la vie au Tibet et au Xinjiang continue de s’améliorer, affirme le rapport, mettant en exergue l’introduction du chauffage au gaz à Lhassa, au Tibet.

William Nee cite, pour sa part, les restrictions accrues à la liberté de mouvement des Ouïghours, la minorité musulmane du Xinjiang, en proie à une recrudescence de violences, et des Tibétains, qui rencontrent les pires difficultés pour obtenir un passeport et voyager à l’étranger.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juin 2015 14h16)

Droits de l’Homme: 5.000 Erythréens fuient leur pays chaque mois

juin 8, 2015

Droits de l'Homme: 5.000 Erythréens fuient leur pays chaque mois
Droits de l’Homme: 5.000 Erythréens fuient leur pays chaque mois © AFP

Les violations « systématiques et à grande échelle » des droits de l’Homme par le gouvernement d’Erythrée poussent quelque 5. 000 Erythréens à fuir leur pays chaque mois, selon une enquête des Nations Unies.

Après une année d’enquête, trois experts mandatés par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU ont décrit dans un rapport de 500 pages un système répressif où les gens sont régulièrement arrêtés, détenus, torturés ou portés disparus et tués.

« La commission a établi que des violations systématiques et à grande échelle des droits de l’Homme ont été et sont commises en Erythrée sous l’autorité du gouvernement (. . . ) certaines pourraient constituer des crimes contre l’humanité », affirment les experts dont le rapport a été publié lundi.

Ces violations interviennent « à une échelle rarement constatée ailleurs », ajoutent-ils.

Cela provoque un exode massif avec des centaines de milliers d’Erythréens qui ont quitté leur pays, s’exposant dans leur fuite aux multiples dangers des trafiquants et des passeurs et à l’ordre « tirer pour tuer » donné aux forces de sécurité gardant la frontière.

A la mi-2014, le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU avait estimé leur nombre à 360. 000 répartis dans le monde, pour une population totale estimée à 6,3 millions d’habitants.

Les réfugiés Erythréens constituent la seconde population après les Syriens à se lancer dans la périlleuse traversée de la Méditerranée.

Après 22 ans de régime du président Issaias Afeworki, le rapport évoque un système orwellien de surveillance de masse, où voisins et membres de la famille doivent rendre compte les uns sur les autres, où les personnes sont détenues pendant des années dans des conditions horribles sans même savoir pourquoi, où le service militaire à durée illimitée permet au régime de compter sur une main d’oeuvre réduite à l’état d’esclavage pendant des décades.

L’Erythrée, petit pays fermé de la Corne de l’Afrique, s’était opposée à la création de la commission en juin 2014 et n’a pas autorisé les enquêteurs de l’ONU à se rendre sur place.

L’Erythrée est dirigée d’une main de fer par le président Issaias Afeworki depuis son indépendance de fait en 1991, après 30 ans de guerre d’indépendance contre l’Ethiopie.

« Le pays est gouverné non pas par la loi mais par la terreur », a déclaré aux journalistes Mme Sheila Keetharuth, une des auteurs du rapport. Il a été établi avec des entretiens avec 550 Erythréens vivant à l’étranger plus 160 témoignages recueillis par écrit.

Il n’a pas été facile de convaincre certains de témoigner tant le réseau d’espionnage du régime est aussi actif à l’étranger, entrainant des craintes de représailles contre les familles.

La torture est tellement répandue que « c’est une politique du gouvernement d’encourager son emploi », souligne le rapport.

Outre l?esclavagisme dans le travail, « l’esclavage sexuel » est lui aussi routinier. Un témoin a raconté comment il a reçu pour instructions d’amener des filles dans les chambres des officiers. Ils me donnaient leurs noms et leurs adresses et j’allais les chercher », a déclaré un assistant personnel d’un officiel d’un camp d?entrainement. Il conduisait ainsi une à deux filles par jour et en trois ans il estime avoir conduit quelques 1. 200 filles, précise le rapport.

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