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Congo-Littérature : l’écrivain Ludovic Julien Kodia n’est plus

juin 29, 2021

L’écrivain congolais Ludovic Julien Kodia est décédé le 27 juin à Brazzaville des suites d’une longue maladie.

   

L’écrivain Ludovic Julien Kodia /DR

« La douleur est profonde et nos larmes interminables. Nous demeurons proches de toi par tes écrits. Nous échangions, je l’ignorais, nos derniers moments de gaieté. Après cela, ce fut la maladie. Après la maladie, la mort…», ont écrit les écrivains congolais sur leur page Facebook.

De son côté, l’écrivain Sauve Gérard Ngoma Malanda a fait un témoignage sur l’illustre disparu. « Avec Julien Kodia nous avons entretenu une relation de plusieurs années. Il était venu vers moi pour la première fois, comme beaucoup d’auteurs pour passer à l’émission télévisée Cultura. Je l’ai reçu pour son roman « Destin cruel » puis récemment pour son recueil de nouvelles  » L’absurdité de la vie ». Notre amitié a dépassé le cadre de la camaraderie », a-t-il dit.

« C’est tout le sens de la condition humaine. Mais, Julien Kodia, le sentimental, c’est aussi l’intrusion de la chanson dans la littérature congolaise ! Cette ballade heureuse qu’il nous fait dans son recueil de nouvelles, en convoquant des grands noms de la rumba congolaise des deux rives des années 60/70 … C’est donc un auteur qui a su décrire, sinon traduire son affection et nous nous réjouissons de ce partage ! Cet héritage littéraire qu’il nous laisse… », a-t-il ajouté.

Ludovic Julien Kodia fut auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels « Mes larmes coulent en silence », « Destin cruel », « De l’amour à la haine », « Le sentiment trahi », « L’absurdité de la vie ». Economiste, il était aussi membre du Centre biblique évangélique.

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika 

Congo/Littérature : Yvon Wilfrid Lewa-let Mandah atteint le quart de siècle de sa carrière

janvier 5, 2021

Le poète, écrivain, comédien et metteur en scène,  Yvon Wilfrid Lewa-Let Mandah, s’apprête à fêter en mai prochain les 25 ans de sa carrière littéraire et artistique.

1996 – 2021, cela fait 25 ans que l’écrivain est présent sur le marché du livre et sur les tréteaux à travers ses différentes œuvres littéraires et ses représentations théâtrales. C’est un artiste comblé et accompli qui veut partager avec les amoureux des lettres et de la scène sa passion pour l’art et la culture qui lui a permis de sillonner de nombreuses villes du monde telles que Paris et Casablanca.

Les témoignages des amis, collègues et parents sur son œuvre, les conférences ainsi que les représentations théâtrales vont meubler les différentes activités dans les trois villes, notamment Pointe-Noire, Brazzaville et Dolisie. Jeune étudiant à l’université Marien N’Gouabi, Yvon Wilfrid Lewa-Let Mandah a  participé régulièrement à l’amission littéraire Autopsie animée par le regretté Léopold Pindy Mamonsono à Télé Congo, avant de devenir le correspondant à Dolisie de la même émission à la demande de son animateur. Une responsabilité qui a marqué sa carrière puisqu’il a créé la troupe théâtrale Autopsie qui s’est produite dans plusieurs festivals et évènements culturels dans le pays avec les pièces comme « Mon patron n’est pourtant pas un blanc », « Tout ou Rien », « Apocalypse » écrites et mises en scène par lui-même.

Récipiendaire du Prix international Tchicaya U’tamsi et du  Prix Tchikounda récompensant le meilleur écrivain du Kouilou, Lewa-Let a aussi publié les recueils de poèmes : « Les jalons, l’envol des pleurs », « L’ailleurs ». Il a présenté récemment le tableau apocalyptique de la planète dans son septième ouvrage intitulé « Le diagnostic du monde ».

Face au ravage de la pandémie du coronavirus, l’écrivain a réuni près d’une soixantaine d’écrivains dans « L’anthologie des écrivains du Congo : Du chaos du coronavirus à l’éclosion d’un nouveau monde » parue aux Editions LMI en 2020.Une manière pour les écrivains d’apporter leur contribution à la lutte contre  la covid-19. Avide de connaissances nouvelles et attiré par l’échange et le partage d’expériences dans le domaine théâtral,  Yvon Wilfrid Lewa-Let Mandah, président national du Centre Congo Brazza de l’Institut international du théâtre (CRC-IIT), a aussi participé au salon du livre de Paris en 2016. ll a également réprésenté le Congo au 35e congrès mondial de l’IIT tenu du 17 au 22 juillet 2017 à Ségovie en Espagne, la plus grande organisation mondiale dans les arts de la scène ou arts du spectacle qui a vu le jour en 1948 à Paris en France et a pour partenaire officiel l’Unesco.

Avec Adiac-Congo par Hervé Brice Mampouya

Interview. Hervé Michel Bia Buetusiwa : « L’écriture est une vocation »

décembre 23, 2020

Très connu sous son célèbre sobriquet «Tata N’Longi Biatitudes », Hervé Michel Bia Buetusiwa est tout aussi multi-option que multi-facette. Dans un entretien accordé au Courrier de Kinshasa, l’intéressé retrace son parcours et veut agir aujourd’hui pour l’avenir.

L’écrivain Hervé Michel Bia Buetusiwa

Courrier de Kinshasa : Vous êtes écrivain, est-ce par passion, par mimétisme ou par ambition ?

Hervé Michel Bia Buetusiwa : J’écris depuis plusieurs années. Je le fais depuis mon enfance. J’ai participé à plusieurs concours puis j’ai arrêté Je suis allé faire les études de droit, je n’avais pas autour de moi des gens avec lesquels nous avions une passion commune. Ce qui faisait de cela une passion solitaire.  Donc, je me suis concentré sur mes études à cause de l’absence des gens qui porteraient avec moi cette passion et lorsque j’ai croisé des personnes qui partageaient ma passion, je me suis décidé de publier

C.K : Justement, d’où vous est venue cette envie d’écrire ?

M.B.B; Ce n’est pas une envie en fait ! Etre écrivain, c’est une vocation, c’est une passion on va dire.  

C.K: Aviez-vous déjà à l’époque un modèle ?

M.B.B : A l’époque, le modèle était essentiellement étranger, quand j’étais tout jeune, c’était essentiellement étranger parce que les écrivains congolais, on ne les connaissait que très peu. Et de manière générale, il n’y avait pas d’endroit connu où l’on pouvait trouver leurs ouvrages complets à part des extraits dans des anthologies, et puis, pour la plupart, on pensait qu’ils étaient morts alors qu’ils vivaient encore. Donc, c’était difficile d’avoir des modèles au niveau du pays.

CK : Qu’est-ce qui  vous a poussé à embrasser à nouveau ce métier d’écrivain après votre sortie de la faculté ?

M.B.B : C’est le fait d’avoir croisé des gens qui partageaient la même passionla passion de l’écriture m’a encouragé à publier parce que je n’avais jamais arrêté d’écrire. Mais aussi les réseaux sociaux m’ont fait découvrir qu’il y avait un public congolais qui avait le goût de la lecture.

C.K ; Quelles est votre lecture de cette carrière d’écrivain en RDC du point de vue économique ?

MBB : Déjà que la carrière d’écrivain est une carrière artistique et la carrière artistique et très difficile partout dans le monde, pas seulement en RDC. Sur les milles des jeunes qui chantent dans les quartiers, il n’y en a qu’une seule ou deux qui vont s’en sortir avec ce métier. C’est la même la chose pour le football où il y a beaucoup des garçons talentueux, mais tous ne brillent pas pour autant. Et l’écriture c’est la même chose, il y a une forme de sélection qui se fait là. Partout dans le monde il y a des gens qui publient mais très peu parviennent à en faire un métier à part entière.

CK ; Qu’est-ce qui justifie cela ? Est-ce une règle non écrite ?

MBB : Il s’agit d’une discipline artistique. Donc, il faut toucher un grand nombre des gens pour pouvoir en faire une activité rémunératrice. Or la tension, le circuit des distributions sont faites de manière à ce qu’il y ait un nombre réduit des gens qui arrivent au sommet. Ça c’est dans le monde entier même dans la musique, c’est comme ça. Comme je l’ai dit, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus de manière générale. Même ailleurs, il y a très peu d’écrivains qui vivent de leurs ouvrages et ça, on ne le saura jamais suffisamment. Même ceux qui sont le plus connu, ils vivent des activités annexes à l’écriture par exemple, organisent des ateliers, des conférences etc.  

CK ; N’est-ce pas déjà vivre de son œuvre ?  

MBB ; C’est comme ça que je dis indirectement. Donc, ils ne vivent pas de leur droit d’auteur, ils vivent d’une économie du livre qui est installée. Ici le problème est encore plus accentué parce que l’économie du livre n’existe pas. Le circuit du livre qui part de l’édition à la librairie en passant par la promotion, n’existe pas. C’est difficile pour un écrivain de ne vivre que de son  œuvre. C’est une carrière difficile ça ressemble grandement à l’apostolat

CK : Est-ce possible de changer cet état des choses ou faut-il carrément s’avouer vaincu ?

MBB : Il y a moyen de le changer et c’est ce que nous sommes en train de faire dans le cadre des activités associatives dans lesquelles nous sommes impliqués et c’est ce que les autres acteurs culturels font aussi en soutenant justement la promotion de l’écriture. Mais la première étape consiste à ce que le public congolais puisse adhérer à la lecture. Cela va permettre la vente des livres, ce qui va à son tour  générer de l’argent. Avec d’autres amis, nous nous sommes lancés dans l’aventure de l’édition. C’est pour nous permettre d’agir au niveau de la production, de la distribution et de la promotion des livres et c’est ce que la jeune association dénommée « les écrivains du Congo Asbl » essaie de faire.

CK : Outre vos ouvrages, vous êtes aussi concepteur du célèbre concert des mots. D’où vous est venue cette idée ?

MBB : En tant qu’écrivain, j’ai envie de vendre mes textes. J’ai envie qu’on me lise. Mais surtout d’introduire les gens dans mon univers. Et comme à Kinshasa, les livres ne circulent pas et que nous sommes dans une ville empreinte de la musique, j’ai opté pour cette façon de faire. J’ai voulu être original et surtout que j’aime bien faire passer mes textes par la musique. Mais après, il faut dire que nous n’avons pas inventé le concept.

CK : Et si vous aviez à choisir entre l’écriture et le droit ?

MBB : A ce stade de ma vie je choisirais les deux, mais après à un certain moment j’aimerais avoir plus des temps pour écrire .Tout comme la littérature le droit aussi est une passion pour moi

CK ; Combien d’ouvrages deja ?

MBB :Trois notamment Mais j’aime, Cœur épelé et Bateki Mboka

CK : Un ouvrage en vue ?

MBB : Il y a beaucoup des projets en vue, du théâtre, de la poésie, du roman, etc. Nous y travaillons.

Avec Adiac-Congo propos recueillis par Christopher Khonde

Congo/Disparition : l’écrivain Georges Mavouba Sokate a tiré sa révérence

juillet 21, 2020

 

Ecrivain et critique, Georges Mavouba Sokate s’est éteint le 20 juillet à Pointe-Noire à l’âge de 71 ans des suites d’une courte maladie.

 

Le regretté Georges Mavouba Sokate Crédit photo »Adiac »

La nouvelle est tombée comme un  couperet et a mis tout le monde littéraire et artistique en émoi. L’écrivain Georges Mavouba Sokate est décédé à l’hôpital général Adolphe-Sicé de Pointe-Noire. Écrivain très prolixe à la muse fertile, aussi à l’aise en poésie, dans le conte, le récit ou le roman, l’écriture de Georges Mavouba Sokate a toujours suscité le  respect et l’admiration. Adepte du mot juste, de la phrase idéale, ce grand orateur à la plume alerte et libertaire savait châtier la langue française pour décrier les maux de la société par ses mots emprunts de néologismes qui faisaient sa marque de fabrique. « L’écrivain est celui qui ose » aimait t-il répéter.

Ancien professeur d’anglais à la retraite, Georges Mavouba Sokate a aussi exercé à Pointe-Noire dans les sociétés pétrolières de la place, notamment à CMS Nomeco. Membre du Salon littéraire Jean-Baptiste Tati-Loutard de Pointe-Noire, qui réunit des hommes et femmes de lettres, Georges Mavouba Sokate a été également un critique littéraire.

« Mal de mer à vingt ans », publié en 2000 aux Editions Souvenir du Benin, « Des iles de l’extrême océan », « Sous les piliers du wharf » (poésie), « Arthur Nona et la grande épopée des diables rouges », « De la bouche de ma mère » en 2009, « Ndandu le vieux pêcheur et l’enfant du fleuve »,  contes du royaume Kongo chez l’Harmattan Paris en 2011 (récits et contes), « Libertés d’oiseaux et de pierres vives » (poésie) en 2013, « La construction d’une conscience nationale au Congo par le musicien » chez  l’Harmattan Paris 2014, « Que les ténèbres soient… » en 2016,  « Sous le charme des courtisanes » en 2019  sont ses principales œuvres.

 

Hervé Brice Mampouya

L’écrivain chilien Luis Sepulveda est mort en Espagne du Covid-19

avril 16, 2020

L'écrivain chilien Luis Sepulveda en 2012

L’écrivain chilien Luis Sepulveda en 2012

Aurimages via AFP

L’écrivain , qui avait été forcé à l’exil sous la dictature de Pinochet, est mort à l’âge de 70 ans après avoir été contaminé par le nouveau coronavirus.

L’écrivain chilien engagé Luis Sepulveda, forcé à l’exil sous la dictature d’Augusto Pinochet, est mort à 70 ans en Espagne du Covid-19, a annoncé jeudi sa maison d’édition. L’auteur était hospitalisé depuis fin février à Oviedo, dans la région des Asturies (nord) où il résidait. Il avait développé les symptômes de la maladie au retour d’un festival littéraire au Portugal.

« L’écrivain Luis Sepulveda est mort à Oviedo. L’équipe de Tusquets Editores regrette profondément sa perte », a écrit le groupe éditorial espagnol dans un communiqué. Il est notamment l’auteur du « Vieux qui lisait des romans d’amour », un de ses premiers livres qui lui avait valu une renommée internationale. Vivant en Europe depuis les années 1980, Sepulveda est également l’auteur d’une vingtaine de romans, chroniques, récits, nouvelles et fables pour enfants traduits dans une cinquantaine de pays.

Un auteur engagé

« Le personnel soignant a tout fait pour lui sauver la vie mais il n’a pas surmonté la maladie. Mes plus sincères condoléances à sa femme et à sa famille », a assuré sur Twitter le président de la région des Asturies, Adrian Barbon.

Né en octobre 1949 à Ovalle, au nord de la capitale chilienne Santiago, l’auteur avait milité très jeune dans les jeunesses communistes puis dans une branche du Parti socialiste. Ce qui lui avait valu d’être arrêté en 1973 par le régime du général Augusto Pinochet. Emprisonné pendant deux ans et demi, il avait finalement vu sa peine commuée en exil et avait quitté en 1977 le Chili où il n’est jamais revenu s’installer.

Par LEXPRESS.fr avec AFP

France: Décès de Jean Daniel, écrivain et fondateur du Nouvel Observateur

février 20, 2020

FRANCE-PRESSE-JEAN DANIEL

L’ancien journaliste de Combat et de L’Express, proche d’Albert Camus, était un compagnon de la gauche et un fervent défenseur de la presse.

Le fondateur, directeur et éditorialiste du Nouvel Observateur s’est éteint hier soir, a annoncé L’Obs. Il avait 99 ans. «L’Obs a l’immense tristesse d’apprendre la mort de son fondateur et éditorialiste Jean Daniel, peut-on lire sur le site de l’Obs. Il est décédé mercredi soir à l’âge de 99 ans après une longue vie de passion, d’engagement et de création. Le plus prestigieux journaliste français s’est éteint. Il fut à la fois un témoin, un acteur et une conscience de ce monde».

Avec Jean Daniel, c’est une des figures historiques de la gauche et du journalisme français qui vient de disparaître. Né le 21 juillet 1920 à Blida, près d’Alger, Jean Daniel, patron du Nouvel Observateur (devenu L’Obs), qu’il avait fondé en 1964, a indéniablement marqué son époque par ses engagements politiques, notamment à travers un soutien à l’union de la gauche et à François Mitterrand. Dernier-né d’une famille juive de onze enfants, le jeune Jean Daniel, qui sera éduqué dans un milieu modeste, accède à la conscience politique à partir des années 1930, époque où il est sensible aux idées du Front populaire. Il s’intéresse au marxisme, découvre la littérature et se passionne pour l’œuvre d’André Gide, qui publie, en 1936, Retour de l’URSS, ouvrage d’une lucidité précoce sur le stalinisme qui évite à Jean Daniel de succomber à la fascination communiste. Après des débuts en philosophie à la faculté d’Alger, il est sensible à l’appel du général de Gaulle et s’engage à partir de 1942 dans un groupe de résistants qui participe à la libération d’Alger par les Américains. Il rejoint la division du général Leclerc, où il est affecté dans le bataillon du génie, et participe à la campagne de France jusqu’en 1945.

D’Albert Camus à Michel Foucault

Après la Libération, la politique et le journalisme ne vont plus quitter Jean Daniel. Il entre à 26 ans, en 1946, au cabinet du socialiste Félix Gouin, proche de Léon Blum, dont il rédige des mois durant les discours, publie des articles dans le journal Combat et fonde, en 1947, la revue Caliban, sous le parrainage d’Albert Camus, qui va devenir son mentor et sa référence. Une revue qui paraîtra jusqu’en 1952, où signeront Jules Roy, Emmanuel Roblès, Étiemble et Louis Guilloux. Résolument à gauche, Jean Daniel se situe selon ses propres dires « quelque part entre la SFIO et le PCF ».

Après avoir publié un roman, L’Erreur, il est engagé par Jean-Jacques Servan-Schreiber à L’Express en 1954 et soutient la politique de décolonisation de Pierre Mendès France. Partisan de l’indépendance algérienne, il sera inculpé à deux reprises pour atteinte à la sûreté de l’État et menacé de mort par les partisans de l’Algérie française. Journaliste de stature internationale, il rencontre des personnalités aussi importantes que Kennedy ou Fidel Castro. Divergeant d’avec JJSS, il rompt avec L’Express en 1964 et accepte la proposition de Claude Perdriel d’assumer la direction de la rédaction d’un nouveau journal, Le Nouvel Observateur, qui prend la succession de France Observateur.

Proche de ce que l’on a appelé la deuxième gauche, très réceptif à des syndicats comme la CFDT ou des partis comme le PSU, le magazine de Jean Daniel a réuni des signatures de talent, tels Maurice Clavel ou Jacques Julliard. De grands noms de l’intelligentsia, depuis Michel Foucault à Roland Barthes, signeront dans ce titre qui, après Mai-68, allait être le journal de référence d’une gauche engagée sur les questions du féminisme et la revendication homosexuelle. De son côté, Jean Daniel continuera une œuvre d’essayiste politique (De Gaulle et l’Algérie. La tragédie le héros et le témoin ; Les Religions d’un président. Regards sur les aventures du mitterrandisme ; Voyage au bout de la nation, etc.), commentant à la fois l’actualité internationale, en particulier celle du Moyen-Orient, pour laquelle il a une prédilection particulière et les aléas de la politique française.

« On ne gouverne pas la France contre Le Nouvel Observateur  »

Charles de Gaulle

Si l’envergure et le rôle de Jean Daniel sont incontestables, les voix critiques n’ont pas manqué à son encontre. « On ne gouverne pas la France contre Le Nouvel Observateur », ironisera un jour de Gaulle pour critiquer la tendance de ce magazine à s’ériger en détenteur de vertu. Raymond Aron critiquera très vertement Jean Daniel, notamment durant l’affaire Soljenitsyne, lui reprochant de demander des comptes à un géant pour son anticommunisme.

Membre du conseil supérieur de l’Agence France-Presse et du Comité consultatif national d’éthique, Jean Daniel a incarné un journalisme aspirant à assumer une forme d’autorité morale. Sans doute l’affaiblissement du pouvoir de l’écrit et la diffusion de l’information tous azimuts, notamment à travers Internet, rendent-elles cette ambition plus improbable que par le passé.

Avec Le Figaro par Paul-François Paoli

France: L’écrivain Hubert Mingarelli, prix Médicis en 2003, est mort

janvier 27, 2020
L'écrivain français Hubert Mingarelli pose le 1er mars 2007 à Paris, avant d'assister à l'émission littéraire de la chaîne TF1 "Vol de Nuit".

L’écrivain français Hubert Mingarelli pose le 1er mars 2007 à Paris, avant d’assister à l’émission littéraire de la chaîne TF1 « Vol de Nuit ». AFP

 

Hubert Mingarelli était un auteur économe de ses mots au style épuré. Il est décédé ce week-end à l’âge de 64 ans

L’écrivain français Hubert Mingarelli, lauréat du prix Médicis en 2003 et dont le dernier roman figurait dans la sélection du Goncourt, est mort ce week-end à l’âge de 64 ans, a-t-on appris ce lundi auprès de son éditeur. « C’est une nouvelle très triste. Hubert Mingarelli est décédé des suites d’une longue maladie », a annoncé la maison Buchet-Chastel. Il était l’auteur d’une vingtaine de romans.

Écrivain discret, Hubert Mingarelli était un auteur économe de ses mots au style épuré. Son dernier roman, La terre invisible avait été sélectionné l’an dernier par le jury du prix Goncourt. Lauréat du prix Médicis en 2003 pour Quatre soldats, il avait reçu le prix Landerneau et le prix Louis-Guilloux en 2014 pour « L’homme qui avait soif ».

Voyageur, l’écrivain avait quitté l’école très tôt, ne se sentant pas fait pour cela, prenant le large. Après avoir sillonné les mers du globe, il s’était lancé dans l’écriture en 1990. Ses premiers livres étaient publiés en collection jeunesse.

Des héros jeunes et passionnés

Ses héros étaient souvent des enfants et dans Quatre soldats, l’un de ces hommes est à peine sorti de l’adolescence. Ce livre, récompensé par le prix Médicis, prend place quelque temps après la Première Guerre mondiale, dans une Russie bolchevique alors en pleine guerre civile. L’homme qui avait soif se passe à la fin d’un autre conflit majeur, la Seconde Guerre mondiale, quelques mois après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.

Son dernier roman se déroulait également juste après la fin de la Seconde guerre mondiale, en juillet 1945, en Allemagne cette fois. Le narrateur, photographe de guerre, est obsédé par sa découverte des camps de concentration nazis. Hubert Mingarelli était le seul Français, avec Annie Ernaux, à figurer l’an dernier dans la sélection du prestigieux Man Booker International Prize.

Par Lexpress.fr avec AFP

L’écrivain britannique et prix Nobel de littérature V.S. Naipaul est mort

août 11, 2018

Londres – L’écrivain britannique V.S. Naipaul, prix Nobel de littérature en 2001, est mort à 85 ans, a annoncé samedi sa famille.

« Il était un géant dans tout ce qu’il a accompli et il est mort entouré par ceux qu’il aimait, ayant vécu une vie pleine de créativité merveilleuse et d’initiative », a déclaré sa femme, Lady Naipaul, dans un communiqué.

Vidiadhar Surajprasad Naipaul – peintre du déracinement, des petites gens et des empires déclinants – est l’auteur de plus de trente ouvrages.

Né le 17 août 1932 dans les Antilles britanniques, à Port of Spain, la capitale de la Trinité, d’une famille d’immigrés indiens, il avait étudié la littérature anglaise à l’université d’Oxford avant de s’établir en Angleterre en 1953.

Il avait consacré une grande partie de sa vie à voyager et était devenu un symbole du déracinement dans la société contemporaine.

En lui décernant le prix Nobel en 2001, l’Académie suédoise avait qualifié V.S. Naipaul d' »écrivain cosmopolite » et « tourmondiste littéraire ».

L’une de ses oeuvres majeures est son autobiographie « Une maison pour Monsieur Biswas » en 1964, où le héros emprunte les traits du père de l’écrivain.

A travers ce livre, il décrivait la difficulté pour les immigrants indiens dans les Caraïbes de s’intégrer dans la société tout en conservant leurs racines.

En 1998, il livrait « Jusqu’au bout de la foi », après avoir refait, apaisé, le voyage qui l’avait conduit, dix-sept ans auparavant, dans les quatre pays musulmans non arabes (Indonésie, Iran, Pakistan, Malaisie) qui avaient inspiré le fiévreux « Crépuscule sur l’Islam, voyage au pays des croyants ».

Il y décrivait les pays post-coloniaux comme des sociétés « à moitié faites » et soutenait que l’islam réduisait à l’esclavage et tentait d’éliminer les autres cultures.

Romandie.com avec(©AFP / 11 août 2018 23h51)                                                        

Cameroun: l’écrivain Patrice Nganang interpellé par la police

décembre 7, 2017

Yaoundé – L’écrivain camerounais Patrice Nganang a été arrêté mercredi par la police à l’aéroport de Douala, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays, a-t-on appris de source proche de la police.

« Patrice Nganang a été interpellé hier à Douala », alors qu’il devait embarquer pour Harare, selon cette source, qui s’exprimait sous couvert d’anonymat.

« Des agents l’attendaient à l’aéroport. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il a été, aux dernières nouvelles, conduit à Yaoundé où il serait détenu au SED (Secrétariat d’Etat à la Défense, direction de la gendarmerie) », a précisé cette source.

« Il s’est illustré ces derniers jours par un certain nombre d’actes de provocation », a-t-elle ajouté, évoquant notamment des publications sur sa page facebook.

L’écrivain, qui réside aux États-Unis, terminait un séjour au Cameroun pendant lequel il s’est notamment rendu dans les régions anglophones (ouest), plongée depuis un an dans une grave crise socio-politique aux accents sécessionnistes.

M. Nganang est l’auteur de « Temps de chien », prix Marguerite Yourcenar et Grand prix de la littérature d’Afrique noire. Il enseigne la littérature à l’Université de New York.

Mardi, il avait publié sur le site internet de l’hebdomadaire Jeune Afrique un « carnet de route en zone (dite) anglophone », très critique envers le président camerounais Paul Biya pour sa gestion de la crise et la répression dans ces zones, a rappelé JA, qui s’est inquiété jeudi matin de la « disparition » de l’écrivain.

Romandie.com avec(©AFP / 07 décembre 2017 17h42)                                            

Mali: Yambo Ouologuem, la mauvaise conscience des lettres ouest-africaines, s’est éteint

octobre 16, 2017
Yambo Ouologuem © Capture d’écran/Youtube

L’auteur malien du Devoir de violence, tour à tour célébré – notamment avec le prix Renaudot en 1968 – et dénigré, vivait reclus depuis de nombreuses années. Il est décédé samedi 14 octobre, laissant derrière lui une oeuvre intrigante ainsi que des mystères.

Yambo Ouologuem est décédé dans la ville de Sévaré à 77 ans ce 14 octobre. Depuis plusieurs années, l’auteur malien, considéré comme une des principales figures de la littérature contemporaine francophone d’Afrique de l’Ouest, vivait à l’écart de toute vie mondaine, tourné vers l’islam.

Cet été, Jeune Afrique conseillait à ses lecteurs de relire Le Devoir de violence, publié en 1968 au Seuil à Paris et aujourd’hui épuisé. Exercice littéraire, fresque historique, le livre est aussi une charge politique étrillant de manière égale la violence du colonialisme occidental et celle des pouvoirs africains. L’auteur s’attaque aux mythologies de l’universalité européenne comme du bonheur des sociétés africaines d’avant la colonisation.

Un ouvrage emblématique

Le roman est perçu à sa parution comme une trahison vis-à-vis d’un camps par les plus grands noms, à l’instar de Léopold Sédar Senghor. Il est aussi accueilli comme un chef d’œuvre littéraire : le prix Renaudot est décerné à son auteur, qui n’a alors pas 30 ans. Il lui vaut aussi une sévère accusation de plagiat, dès 1972, qui fait encore débat aujourd’hui. À ces accusations l’auteur et ses soutiens répondent qu’il s’agit de collages, d’emprunts à Graham Greene, à Rimbaud, au Coran ou encore à de vieilles sources arabes.

Lexercice de regard critique sur les sociétés africaines précoloniales suscite lui aussi toujours la polémique. À une terrasse de café parisienne, le jeune auteur sénégalais Mbougar Sarr, édité par Présence Africaine, racontait quelques semaines avant l’annonce du décès de Ouologuem à Jeune Afrique à quelle point Le Devoir de violence l’avait secoué. Ouologuem est considéré comme le pionnier d’une littérature du désenchantement qui compte des auteurs comme Ahmadou Kourouma, Sony Labou Tansi et Mongo Beti. Une littérature qui tisse un fil logique entre la corruption des pouvoirs précoloniaux et la violence de la pénétration impérialiste.

Un livre érotique

L’accusation de plagiat et la violence de ses pairs à son égard n’auront pas laissé Ouloguem indemne. Déjà à l’époque, dans sa trentaine, il opérait un retrait et se faisait discret. Mais entre-temps, Ouologuem n’a pas cessé d’écrire. Dans la foulée, il publie par exemple des écrits pamphlétaires, comme Lettre à la France nègre, réédité en France en 2003. Mais aussi un deuxième roman, publié en 1969 sous le pseudonyme d’Utto Rudolf, Les Mille et Une Bibles du sexe, réédité en 2015. À la noirceur brutale du premier roman succède la violence lumineuse de ce texte érotique qui n’épargne rien à son lecteur.

Le style, parfois ampoulé et emporté, n’occulte pas le fond des récits de Ouologuem : l’auteur pénètres les soubassements de l’âme et des sociétés et y cherche nos réflexes les plus honteux, passionnés ou destructeurs.

Des textes et des questions

La carrière de Ouologuem a été fulgurante, comme son oeuvre. Sa disparition laisse intactes les besoins de réédition et les interrogations qui bruissent autour de ses motivations. Jean-Pierre Orban, éditeur qui a réédité Les Mille et Une Bibles du sexe chez Vent d’ailleurs en 2015, expliquait à Jeune Afrique son envie de voir le livre de nouveau imprimé en 2018. Bien d’autres textes continuent de dormir depuis leur première parution sous divers pseudonymes.

Jeuneafrique.com par