Posts Tagged ‘Edem Kodjo’

Togo : décès de l’ancien Premier ministre Edem Kodjo

avril 11, 2020

Edem Kodjo (Togo), ancien secrétaire général de l'OUA, ancien Premier ministre du Togo, facilitateur de l'Union africaine pour le dialogue politique en cours en RD Congo. A Paris, le 05.12.2016.

Edem Kodjo (Togo), ancien secrétaire général de l’OUA, ancien Premier ministre du Togo, facilitateur de l’Union africaine pour le dialogue politique en cours en RD Congo. A Paris, le 05.12.2016. © Vincent Fournier/JA 

L’ancien Premier ministre et ex-secrétaire général de l’OUA est décédé ce samedi matin, en région parisienne, à l’âge de 81 ans.

Edem Kodjo est décédé dans la matinée du samedi 11 avril à l’Hôpital américain de Neuilly, en région parisienne, où il était hospitalisé depuis neuf mois à la suite d’un accident vasculaire-cérébral. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par son épouse.

Secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) de 1978 à 1983, Edem Kodjo avait aussi été le Premier ministre du Togo à deux reprises : sous la présidence de Gnassingbè Eyadéma d’abord, d’avril 1994 à août 1996, puis sous celle de son fils, Faure Essozimna Gnassingbé, de juin 2005 à septembre 2006.

Mission impossible

En 2009, il avait publiquement annoncé qu’il se retirait de la scène politique togolaise. Il avait repris du service quelques années plus tard, en janvier 2016, en tant que facilitateur du dialogue politique en RD Congo – une mission difficile, « impossible » disait-il, qui lui avait été confiée par la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, alors présidente de la Commission de l’Union africaine (UA). Après dix mois d’une facilitation chahutée, qui lui avait valu d’être contesté par l’opposition congolaise, il avait fini par jeter l’éponge.

Il avait 81 ans.

Avec Jeuneafrique

RDC : Kabila, Tshisekedi, Katumbi… L’ex-médiateur Edem Kodjo dit tout

décembre 19, 2016

Edem Kodjo (Togo), ancien secrétaire général de l’OUA, ancien Premier ministre du Togo, facilitateur de l’Union africaine pour le dialogue politique en cours en RD Congo, à Paris, le 05 décembre 2016. © Vincent Fournier/JA

Après dix mois de facilitation chahutée, l’ancien secrétaire général de l’OUA et ex-Premier ministre du Togo a déposé (provisoirement ?) les armes. En exclusivité pour JA, et alors que les Congolais retiennent leur souffle dans la perspective de la fin du mandat du président Kabila, le 19 décembre, Edem Kodjo raconte ici son parcours du combattant.

Comment (et pourquoi) j’ai mis les pieds dans le « marigot »

Je n’ai rien sollicité, c’est venu à moi. Je me trouvais par hasard à Brazzaville un jour de janvier 2016, lorsque j’ai reçu un appel du commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine, l’Algérien Smaïl Chergui. « Mme Dlamini-Zuma souhaite savoir si vous accepteriez une mission de bons offices en RD Congo, me dit-il. Il s’agit de mettre en place un dialogue entre le pouvoir et l’opposition et de déboucher sur un accord politique en vue de l’élection présidentielle. »

Rien de moins ! Réponse prudente de ma part : « Laissez-moi vingt-quatre heures de réflexion. » Cela tombe bien, un chef d’État d’expérience et qui connaît la RD Congo comme sa poche, le président Sassou Nguesso, loge à deux pas. Il me reçoit, je lui soumets la proposition, et il m’encourage aussitôt à dire oui : « Je connais tes convictions panafricaines, je ne vois donc pas comment tu pourrais te défiler. Je vais t’aider. » Ma décision est prise : j’accepte.

Vous ne vous en doutiez pas, mais la deuxième personne à qui j’ai parlé de cette mission, c’était vous-même. Je me souviens de votre question : « Edem, qu’allez-vous faire dans ce marigot ? » Et de ma réplique : « Il faut bien que quelqu’un se sacrifie. »

Premiers pas encourageants

Muni du mandat de Mme Dlamini-Zuma, qui fait de moi un facilitateur du dialogue, je débarque à Kinshasa, résolu à entrer en contact avec toutes les parties. Paradoxal, au vu de ce qui allait advenir, mais vrai : c’est de la part du principal parti de l’opposition, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi, que je reçois le meilleur accueil. Deux délégations viennent me voir pour me féliciter, se réjouir du choix d’« un grand médiateur africain » (je les cite) et me prier de me rendre au plus vite à Bruxelles pour y rencontrer le « líder máximo ». Ce qui, pour moi, allait de soi.

Un oui de « Monsieur Non »

Le 4 février, j’effectue mon premier déplacement dans la capitale belge, à la rencontre de celui que vous avez surnommé, à JA, « Monsieur Non ». Tshisekedi me reçoit, entouré de son fils Félix, de l’abbé Tshilumba, son directeur de cabinet, et de son inséparable assistant Gilbert Kankonde. Cette fois, il dit oui. Oui au dialogue, sans réserves apparentes. Bien qu’une partie de la mouvance de l’opposition s’obstine à me regarder avec suspicion, le fait d’être soutenu par l’UDPS m’encourage. Début mars, je tombe malade et me fais soigner à Paris.

C’est là que le directeur de cabinet du président Kabila, Néhémie Wilondja, vient me rendre visite à mon appartement du XVIIe arrondissement pour m’annoncer qu’une délégation de la sensibilité présidentielle et une autre de l’UDPS se trouvent dans la capitale française pour y discuter du dialogue. Les deux parties, ajoute-t-il, demandent que je préside aux pourparlers. Convalescent, mais requinqué par la nouvelle, j’accepte et choisis le lieu : l’hôtel Raphael. Le 26 mars 2016, veille de Pâques, on s’installe : six côté mouvance, six côté UDPS, et moi au milieu.

Ce n’est pas la première fois que les uns et les autres discutent. Pour le pouvoir, rechercher un accord avec Tshisekedi est une constante, en fonction d’un calcul simple : mouvance présidentielle + UDPS = majorité absolue, plus besoin des autres.

Un dialogue réussi hôtel Raphaël

Ils se sont déjà vus à Venise, puis à Ibiza, sans résultats. Y parviendront-ils à Paris ? La réunion dure deux heures, et je dois dire que nous faisons un excellent travail. Nous réglons tous les problèmes, ou presque, et nous signons un accord portant sur le comité préparatoire au dialogue, son règlement, son ordre du jour et surtout sa composition. Trente membres au total : douze pour la partie présidentielle, six pour la société civile et douze pour l’opposition. Certes, l’opposition, ce n’est pas que l’UDPS, mais il est clair que cette dernière entend garder la main.

Munie d’un mandat dûment signé de Tshisekedi lui-même, dont j’ai exigé et conservé copie (on n’est jamais trop prudent !), la délégation UDPS au Raphael est conduite par deux de ses proches, Floribert Tendayi et Papis Tshimpangila. Elle comprend aussi l’un des propres fils du Vieux, Christian Tshisekedi, et l’un de ses neveux, Bona Kabongo. Comme rien n’est simple dans cette famille, Félix Tshisekedi me dira plus tard, sur le ton du reproche, que son frère Christian n’y connaît rien en politique puisque c’est un homme d’affaires.

Comme si j’avais moi-même composé cette délégation ! Toujours est-il qu’en ce 26 mars l’UDPS nous annonce qu’elle se réserve le droit de nommer elle-même les douze personnalités de l’opposition qui participeront au comité préparatoire. Explication : « On se connaît entre nous, hors de question de nous laisser infiltrer par de faux-vrais opposants ! » Après tout, c’est son affaire. On se sépare donc bons amis.

De retour à Kinshasa, je reçois le secrétaire général de l’UDPS, Bruno Mavungu, accompagné de Félix Tshisekedi. Félix joue les durs, et je m’aperçois rapidement qu’il a pris l’ascendant sur Mavungu, mais il ne remet rien en question. Il ne me reste plus qu’à recevoir la liste des opposants membres du comité préparatoire. On me l’annonce d’une heure à l’autre. Je suis confiant, presque euphorique. À tort.

Quand Tshisekedi tourne casquette

J’ai en main les listes de la mouvance présidentielle et de la société civile, mais, côté UDPS, rien ne vient. Une, deux, trois semaines, rien. Je me rends donc de nouveau à Bruxelles pour y rencontrer Étienne Tshisekedi. Il me reçoit le 5 mai dans un hôtel de la capitale belge, entouré, cette fois encore, de Félix, de l’abbé Tshilumba et de Gilbert Kankonde. Je les sens un peu crispés, exigeant notamment ce qu’ils appellent un renforcement de la facilitation. Mais comme ils ne me montrent aucune hostilité, je sors de l’entretien rassuré, même si je n’ai toujours pas obtenu la fameuse liste.

Encadrement recommandé

Retour à Kinshasa. Au sein de la mouvance présidentielle et de l’opposition non UDPS, on s’impatiente et on me critique. À leurs yeux, je favorise l’UDPS, je fais tout pour ressusciter Tshisekedi et le remettre en selle. C’est alors que surgit cette étrange idée de panel de personnalités censées m’épauler et m’encadrer, afin de « remettre le dialogue sur les rails ». Puisque le facilitateur piétine, entend-on dire, aidons-le à s’en sortir. C’est évidemment tout sauf désintéressé car derrière ce schéma se profile l’ombre des Américains, en particulier celle de l’envoyé spécial pour les Grands Lacs, Tom Perriello.

Via le panel, dont ils seraient membres, les États-Unis, puissance extracontinentale, souhaitent être directement au cœur du dialogue, ce qui à mes yeux n’est pas souhaitable. J’ai rapidement vu la manœuvre, d’où la contre-idée, lancée par moi, d’un groupe de soutien à la facilitation, composé de l’UA, de l’ONU, de l’Union européenne, de l’OIF et des organisations régionales africaines. Cris d’orfraie de la part des Américains et des politiciens congolais qui leur sont proches !

Le soudain manque de coopération de l’UPDS

Début juin, je suis à nouveau à Bruxelles, face à Tshisekedi. Je demande un tête-à-tête. On me le refuse, non sans une certaine indignation : « Le président ne voit jamais personne en tête à tête ! » Va donc pour l’inévitable duo Tshilumba-Kankonde, témoins muets de notre échange. « Grand frère, lui dis-je. J’attends les noms de vos représentants au dialogue depuis deux mois, quand les aurai-je ? » Réponse : « Petit frère, nous sommes jeudi. Lundi, dans quatre jours, vous les aurez. »

Je saurai plus tard que la liste, effectivement, était prête. Elle ne m’a jamais été remise. Qui l’a fait passer à la trappe ? Mystère. Pendant des jours, j’ai cherché à le joindre depuis Kinshasa, en vain. Il a fallu m’y résoudre : Tshisekedi avait tourné casquette. Pourquoi ? Je me souviens que, pendant l’entretien, il n’avait cessé de me répéter que j’étais trop seul et que la formule du panel, qui avait la faveur des Américains, était à ses yeux la meilleure pour m’entourer. Est-ce là la clé de sa volte-face ? Je l’ignore.

Eduardo Soteras/AFP

Meeting de l’opposition organisé le 31 juillet par Étienne Tshisekedi (au centre). Il y qualifieEdem Kodjo de « traître ». © Eduardo Soteras/AFP

Avec Katumbi, un rendez-vous manqué

Heureusement, l’iceberg de l’opposition commence à craquer. Le député Samy Badibanga, qui deviendra Premier ministre en novembre, puis d’autres, manifestent avec insistance le souhait de participer au dialogue. Au même moment se pose le problème de Moïse Katumbi. J’avais prévu de le rencontrer peu après mon second séjour à Bruxelles, début mai. Mon projet était d’aller le voir chez lui, à Lubumbashi, ce qui d’ailleurs ne plaisait guère au pouvoir en place à Kinshasa, qui estimait que c’était là une sorte de reconnaissance.

Menacé à Lubumbashi

La veille du jour fixé pour notre rendez-vous, l’un de ses proches, l’ex-président de l’assemblée provinciale du Haut-Katanga, Gabriel Kyungu, connu pour la brutalité de son langage, se livre dans les médias locaux à une violente diatribe contre moi, avant de conclure que je ne serai pas le bienvenu à Lubumbashi. Dans la foulée, le G7, regroupement d’anciens kabilistes ralliés à Katumbi, publie une déclaration de la même eau à mon encontre, avant d’en appeler, lui aussi, comme par hasard, à la mise en place du fameux panel cher à M. Perriello.

J’annule donc mon déplacement et appelle Katumbi pour le lui signifier. L’échange est aigre-doux : « Kinshasa vous a empêché de venir me voir ! » me dit-il. « Pas du tout, c’est votre ami Kyungu et vos alliés du G7 qui, manifestement, ne le souhaitent pas. Ma sécurité n’est pas assurée à Lubumbashi, pourquoi viendrais-je ? »

La conversation terminée, je joins aussitôt Mme Dlamini-Zuma pour lui proposer de faire venir Moïse Katumbi en terrain neutre, à Addis-Abeba, afin que nous parlions avec lui. Le principe est rapidement acquis lorsque surviennent l’affaire dite des mercenaires et l’ouverture d’une procédure à l’encontre du candidat.

« Le jardin des États-Unis »

Depuis lors, je suis intervenu à sa demande pour faciliter son départ à l’étranger, mais nous ne nous sommes toujours pas rencontrés. Dois-je préciser que je n’ai aucun problème avec M. Katumbi, qui porte le même prénom que celui de mon père ? J’entends souvent dire qu’il est « l’homme des Américains ». Je l’ignore, même s’il en est notoirement proche. Et dans ce cas, il n’est pas le seul. Son grand frère, Katebe Katoto, que j’ai rencontré à Bruxelles, était un ardent défenseur de la formule du panel et un critique acerbe de la facilitation que je menais, au point que j’ai dû lui dire, les yeux dans les yeux : « Moi, Monsieur, je ne suis pas achetable ! »

Au cours de cette même rencontre, un membre du G7 s’est levé : « Vous, vous avez un mentor qui s’appelle la France, a-t-il commencé. Eh bien, sachez que la RDC, c’est le jardin privé des États-Unis ! » Mon sang n’a fait qu’un tour : « Je ne sais pas si vous êtes conscient de ce que vous venez de dire, ai-je rétorqué. À votre place, je ferais tout pour que ça ne sorte pas de cette salle. Sinon l’Afrique entière va se moquer de vous ! »

Coup de foudre à Kinshasa

Nous sommes en juin. L’UA a avalisé mon projet de groupe de soutien à la facilitation, et je décide d’envoyer une nouvelle mission auprès de Tshisekedi à Bruxelles. À Genval, banlieue chic de la capitale belge, l’opposition, UDPS et G7 notamment, vient de lancer le Rassemblement anti-Kabila. Le ton s’est durci, et je crains que ma délégation, composée des Algériens Saïd Djinnit et Smaïl Chergui, ainsi que d’un diplomate belge, ne trouve porte close. Il n’en est rien, et le rapport de quelques lignes que me font ces émissaires est totalement anodin, ce qui m’étonne un peu.

Tensions

Était-ce pour m’endormir ? Le réveil sera brutal. Le 4 juillet, une réunion du groupe de soutien à Addis-Abeba débouche sur une demande qui est presque une injonction : le facilitateur est prié de mettre en place le comité de préparation au dialogue d’ici à la fin du mois. Une date est retenue : le samedi 30 juillet. Mais il y a un problème : de retour à Kinshasa le 27, Étienne Tshisekedi a prévu de tenir un mégameeting le 31 juillet.

Si traître il y a, l’insulte convient à celui qui a signé un accord et ne l’a pas respecté

L’UDPS hurle au complot : c’est du sabotage ! D’ailleurs, me dit-on, vos émissaires à Bruxelles se sont entendus avec nous pour que les deux événements ne coïncident pas – si c’est exact, cela m’a été caché ; pourquoi ? Où était mon intérêt dans cette affaire, alors que je me battais depuis des mois pour inclure Tshisekedi dans le jeu ? A-t-on voulu me piéger, me discréditer afin de mettre quelqu’un d’autre à ma place ? Je n’en dirai pas plus, mais Mme Dlamini-Zuma, à qui j’ai fait, fin octobre, un compte rendu détaillé de ma mission, connaît les tenants et aboutissants de toute cette histoire.

Lors de son meeting devant des dizaines de milliers de personnes, Étienne Tshisekedi m’injurie. Je ne m’y attendais absolument pas. Il me traite de « petit kabiliste partial » et ajoute que je suis « un traître ». Oui, « un traître » ! Passé l’instant de sidération, je réfléchis. Si traître il y a, l’insulte convient à celui qui a signé un accord et ne l’a pas respecté. Or, Tshisekedi a violé l’engagement que ses délégués, mandatés par lui, ont conclu à Paris en ma présence. Donc le traître, c’est Tshisekedi. Partial ? C’est risible.

Pendant longtemps, la majorité présidentielle et une partie de l’opposition, dont Vital Kamerhe, le G7 et la Dynamique, m’ont accusé de favoriser l’UDPS et son vieux leader ! Ce discours m’est tombé dessus comme un coup de foudre. Je ne pardonne pas à Tshisekedi de s’être montré aussi injuste à mon égard. Il ne s’en est jamais excusé ni expliqué. Lorsqu’un ami commun, Mgr Monsengwo, a voulu que j’aille le voir chez lui, à Limete, pour recoller les morceaux, j’ai refusé. Peut-être nous reverrons-nous, mais ce ne sera pas à son domicile. Tshisekedi ne me connaît pas. S’il veut la guerre, je vais le démolir !

GUILLAUME KAZADI/AFP

Gabriel Kyungu (au centre), proche de Moïse Katumbi, ne s’est pas privé de critiquer violemmentle facilitateur de l’UA. © GUILLAUME KAZADI/AFP

L’Église catholique : pêchez en paix

Certes, l’Église est une institution en RD Congo. Certes, je suis moi-même un catholique pratiquant et je me dois de passer le manteau de Noé sur ce que fait ma hiérarchie et qui ne me plaît pas toujours. Je ne dirai donc rien sur le cardinal Monsengwo, que je connais bien et que je respecte. Mais tout de même. J’ai beaucoup compté sur la conférence épiscopale, la Cenco, pour qu’elle m’aide dans ma tâche de facilitation. Au sein du comité préparatoire au dialogue, le représentant de la Cenco, l’abbé Donatien Nshole, avait le beau rôle.

Proches du pouvoir

Idem lorsque, le 1er septembre, s’est ouvert le dialogue lui-même. Surviennent alors les tragiques émeutes des 19 et 20 septembre à Kinshasa, lesquelles – il convient de le préciser, car j’en ai été le témoin – ont commencé par le saccage des sièges des partis membres du dialogue, perpétré par des militants du Rassemblement de l’opposition radicale. Avant que les jeunes kabilistes aillent à leur tour mettre le feu aux locaux de l’UDPS. C’est alors que les curés de la Cenco ont changé de ton. Après avoir exigé une semaine de deuil, ils sont venus poser des préalables au dialogue qui ne figuraient pas dans nos accords. J’y ai consenti à une condition : qu’ils restent dans la salle.

Libre à eux, par ailleurs, d’aller à la pêche miraculeuse et de ramener dans leurs filets les opposants au dialogue. À l’heure où je vous parle, la pêche continue, et je souhaite qu’elle soit fructueuse. D’autant que Joseph Kabila, vous l’aurez remarqué, joue le jeu et encourage les évêques. Cela s’est discuté fin octobre à Luanda, en marge du sommet des chefs d’État de la région, qui a entériné l’accord politique du 18 octobre.

Denis Sassou Nguesso et José Eduardo dos Santos ont suggéré à Kabila de tendre la main au Rassemblement de l’opposition, via la Cenco, ce qu’il a fait. Je crois que tout le monde est un peu tétanisé à l’idée qu’il se passe quelque chose le 19 décembre à minuit et que chacun cherche à conjurer les risques de dérapages.

Présidentielle : 2018 ou le chaos

Les Américains, les Européens, la Cenco, le Rassemblement : tous ou presque « exigent » que l’élection présidentielle se tienne en 2017. Mais c’est impossible avant avril 2018 ! Cette échéance n’est pas le fruit du hasard : le fichier électoral est corrompu, tout le monde l’a dit, sa refonte est indispensable. La RD Congo, c’est 2,5 millions de km², 136 000 bureaux de vote, 20 000 tonnes de matériel électoral à transporter, le plus souvent par voie aérienne ou fluviale.

Un report plus que nécessaire

La commission électorale, les experts de l’ONU et de l’OIF, le général malien Siaka Sangaré, que je considère comme le meilleur expert électoral d’Afrique francophone et que j’ai fait venir… Tous sont formels : on ne peut pas, en resserrant au maximum les délais, aller plus vite. Le fichier électoral sera fiable et complet début octobre 2017, il faut ensuite six mois pour organiser le scrutin. À condition, bien sûr, que son financement – près de deux milliards de dollars – soit assuré. Préconiser une présidentielle bâclée l’an prochain, c’est irresponsable.

J’ai entendu récemment Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères, critiquer l’accord du 18 octobre et remettre 2017 sur le tapis. Cela m’a étonné : son ambassadeur à Kinshasa ne lui a donc pas fait rapport ? Il parle en méconnaissance de cause. Autre revendication de l’opposition radicale et de ceux qui la soutiennent : que Kabila démissionne au soir du 19 décembre 2016 et laisse la place à une période transitoire spéciale, avec à sa tête le président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, qui organisera les élections.

Ce n’est ni constitutionnel – la Cour suprême a tranché, et les participants au dialogue en sont convenus – ni réaliste. Le mandat de Kengo est forclos depuis quatre ans, faute d’élections provinciales et sénatoriales tenues dans les délais. Quelle est sa légitimité ? Sur le plan strictement juridique, le fait que Kabila demeure en place jusqu’à l’élection de son successeur est objectivement la moins mauvaise des solutions.

EDUARDO SOTERAS/AFP

Manifestation pro-Kabila, le 29 juillet. Le président respectera-t-il la Constitution ? © EDUARDO SOTERAS/AFP

Une classe politique brillante, mais toxique

J’ai eu affaire à une classe politique à la fois brillante, adepte des faux-fuyants, intelligente, toxique… L’argent joue un rôle prépondérant : en Afrique de l’Ouest, les gens pensent qu’ils sont riches quand ils ont 100 millions de F CFA. Ici, ils le sont quand ils ont la même somme, mais en dollars. Autre caractéristique : un sentiment national et identitaire à vif. Est-ce un héritage du ­mobutisme triomphant ?

C’est possible, mais les Congolais en général sont allergiques à toute interférence, en particulier occidentale – sauf bien entendu quand elle sert leurs intérêts et qu’ils peuvent l’instrumentaliser à leur profit. Aussi les chefs d’État africains, qui connaissent ce sentiment, sont-ils prudents dès qu’il s’agit de se mêler des affaires congolaises.

Sassou Nguesso joue un rôle positif, Dos Santos aussi, ainsi – et c’est moins connu – que Faure Gnassingbé. Le président togolais entretient des relations étroites aussi bien avec Kabila qu’avec Vital Kamerhe. Si Kamerhe ne nous avait pas rejoints, il n’y aurait jamais eu de dialogue, et Faure a été décisif dans son ralliement, tout comme son « envoyé spécial », le ministre Gilbert Bawara, très introduit à Kinshasa.

Pourquoi (et comment) j’ai mis les pieds dans le « marigot » : suite et fin

Ce n’est pas l’argent qui m’a motivé, et je voudrais être clair, voire trivial à cet égard : Kabila ne m’a pas payé, ce n’est pas lui qui a réglé mes frais de mission ni mes per diem. C’est l’UA qui m’a pris en charge, et il ne m’a rien donné. On a, à ce sujet, raconté n’importe quoi. Je me souviens du jour où je suis allé visiter le fameux barrage d’Inga et survoler l’embouchure du fleuve Congo, spectacle dont j’ai toujours rêvé.

Une compagnie pétrolière avait mis un hélicoptère à ma disposition à cet effet. Le lendemain, des journaux ont écrit que, ça y est, Kodjo est dans le pétrole, Kabila l’y a mis pour l’acheter ! Par contre oui, mon ego, ma place dans l’Histoire, la volonté de sortir par le haut, de ne pas partir sur un échec, celle aussi de démontrer à M. Tshisekedi, qui m’a trahi, que je n’étais pas un nègre de service, tout cela m’a motivé et a forgé ma résilience.


J’espère que Kabila ne me décevra pas !

J’ai rencontré Joseph Kabila quatre fois en dix mois de facilitation. C’est à la fois peu, pour ceux qui croyaient que je le voyais chaque matin, et beaucoup, pour qui connaît l’homme. Il m’a rendu hommage à l’issue de l’accord du 18 octobre, ce qui était, je pense, la moindre des choses : un bon ouvrier aime que l’on reconnaisse qu’il a fait du bon travail. Pour le reste, que dire de lui ? C’est un homme secret, peu disert, simple, dont la sensibilité est à la fois vive et rentrée. J’éprouve pour lui un certain sentiment de compassion, car je sens qu’il n’est pas à l’abri de tout danger, plus précisément de toute menace physique.

Cela joue sans doute dans le ressenti positif que m’inspire celui qui reste pour moi un jeune homme. Autre chose : à titre personnel, en tant qu’Africain ayant longtemps milité pour le panafricanisme, je suis choqué par la façon dont les puissances étrangères font pression sur Kabila et s’immiscent dans les affaires du Congo. De simples chargés d’affaires d’ambassades occidentales se permettent d’exiger n’importe quoi et convoquent des réunions sur l’avenir du pays, des représentants d’ONG et des médias étrangers distribuent bons et mauvais points sur un ton comminatoire. À partir du moment où Kabila fait front contre ces pressions, il me devient sympathique.

Maintenant, je sais que la question se pose – tout le monde se la pose : Joseph Kabila est-il sincère quand il assure qu’il respectera la Constitution, laquelle stipule qu’il ne peut postuler à un troisième mandat ? À cela, je réponds : je le crois sincère, jusqu’à preuve du contraire.Et j’espère qu’il ne me décevra pas.

Jeuneafrique.com par François Soudan

RDC: l’opposition refuse de participer aux travaux préparatoires du dialogue national

août 20, 2016

Kinshasa – La coalition des forces d’opposition congolaise, le Rassemblement récemment créé à Bruxelles, a annoncé samedi son refus de participer aux travaux préparatoires du dialogue national, convoqués mardi par le facilitateur de l’Union africaine (UA), en vue d’élections apaisées en République démocratique du Congo (RDC).

Le Rassemblement qui s’est réuni en urgence considère la décision du facilitateur comme une provocation (…), lit-on dans un communiqué reçu par l’AFP. La coalition demande à l’ensemble (du) peuple de se mobiliser comme un seul homme en vue de faire échec à cette énième forfaiture en observant une journée morte ce mardi 23 août.

Pour les opposants, le facilitateur et ses complices seront tenus pour responsables des conséquences de l’entêtement (du facilitateur, ndlr) à vouloir à tout prix accorder un troisième mandat (au président Joseph) Kabila en violation de la Constitution.

Ce comité n’engage que la personne de Kodjo qui est en plein forcing, a réagi samedi auprès de l’AFP Joseph Olenghankoy, l’un des responsables du Rassemblement.

Le facilitateur, l’ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo, avait convié les délégués mandatés par les organisations politiques et la société civile à prendre part aux travaux du comité préparatoire du dialogue national mardi, selon un communiqué diffusé plus tôt samedi.

Le 31 juillet, le Rassemblement avait récusé M. Kodjo, l’accusant de partialité, et avait fait de son remplacement par l’UA la condition principale à la participation au dialogue.

Le Mouvement de libération du Congo (MLC), deuxième force à l’Assemblée nationale, a également exclu toute participation au dialogue. Le mouvement a fait savoir, par le sénateur Jacques Djoli, ne pas être concerné par cette démarche extra-constitutionnelle.

Les choses sérieuses vont enfin commencer, s’est au contraire réjoui André-Alain Atundu, porte-parole de la majorité présidentielle au pouvoir.

Un climat politique tendu règne en RDC à l’approche de l’élection présidentielle, censée avoir lieu avant la fin de l’année, mais devenue hautement improbable. Au pouvoir depuis 2001, Joseph Kabila doit arriver au terme de son mandat le 20 décembre. Alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat, l’opposition craint qu’il ne tente de s’accrocher au pouvoir.

Fin novembre, M. Kabila avait convoqué ce dialogue national afin de mettre autour de la table la majorité, l’opposition et la société civile pour réfléchir à la tenue d’élections apaisées.

La majeure partie de l’opposition avait d’abord boudé ce dialogue, le considérant comme un piège, puis a accepté d’y participer sous conditions, notamment la libération des prisonniers politiques.

L’annonce vendredi par les autorités congolaises de la libération d’une vingtaine de prisonniers politiques et d’opinion a été considérée par le facilitateur comme une réponse positive à l’un des préalables de l’opposition.

Le Rassemblement a toutefois déclaré qu’aucun acteur politique incarcéré ou en détention n’était bénéficiaire de ces mesures, estimant que sur 112 prisonniers politiques et d’opinion, seulement quatre ont été libérés.

Romandie.com avec(©AFP / 21 août 2016 02h56)

Présidentielle en RDC: le délai constitutionnel est un problème

avril 11, 2016

Kinshasa – Le facilitateur de l’Union africaine (UA) pour le dialogue national en République démocratique du Congo a estimé lundi à Kinshasa que le respect du délai constitutionnel était un problème pesant sur l’organisation de la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année.

Le problème qu’il y a aujourd’hui dans le pays c’est qu’il y a le délai constitutionnel, qu’il faut respecter, [mais] il y a aussi le problème que tous les jours qui passent sont des jours qui ne permettent pas de dire que nous allons respecter ce délai, a déclaré l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo à la presse.

Je n’entre pas dans la querelle entre légalistes et ceux qui disent: il faut être pragmatique, a-t-il assuré en référence au débat politique qui agite Kinshasa.

Vendredi, le gouvernement congolais a accusé l’ONU et l’opposition au président Joseph Kabila de faire preuve d’irresponsabilité en continuant d’appeler à la tenue de la présidentielle avant la fin de l’année.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé le 30 mars le mandat de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).

Sa nouvelle résolution insiste sur la nécessité d’un dialogue politique ouvert, permettant la tenue des élections présidentielle et législatives d’ici novembre 2016, conformément à la Constitution et elle a été saluée par plusieurs plateformes d’opposition au Congo.

Fin novembre, M. Kabila a annoncé son intention de convoquer un dialogue national inclusif destiné à permettre un consensus sur le calendrier électoral et le financement des élections, mais cinq mois plus tard, le projet est au point mort.

Alors qu’approche la fin du mandat de M. Kabila (en décembre) – à qui la Constitution interdit de se représenter – aucune date n’a encore été fixée pour la tenue de la présidentielle et certains dirigeants de la majorité réclament une transition de deux à quatre ans pour pouvoir organiser de bonnes élections.

A l’inverse, une large frange de l’opposition considère l’appel au dialogue du président, au pouvoir depuis 2001, comme une manœuvre et un piège pour lui permettre de rester en poste au-delà de son mandat.

Le Congo-Kinshasa traverse une crise politique profonde depuis les élections législatives et présidentielle de novembre 2011 marquées par des irrégularités et des fraudes massives et ayant reconduit pour cinq ans M. Kabila et sa majorité à la tête du pays.

L’UA a annoncé le 6 avril la nomination de M. Kodjo comme facilitateur du dialogue national voulu par M. Kabila en vue de la tenue d’élections apaisées en RDC.

Devant la presse à Kinshasa, M. Kodjo a estimé que sa mission était délicate mais pas du tout impossible, ajoutant : Il n’y a plus une minute à perdre, le dialogue doit être lancé.

Samedi, le G7, coalition réunissant sept partis d’opposition refusant de participer au dialogue, a souhaité que M. Kodjo ne soit pas venu au Congo pour remettre en cause la nouvelle résolution du Conseil de sécurité, ni pour aider la majorité présidentielle actuelle à créer une nouvelle légitimité extra-constitutionnelle, ni pour cautionner l’organisation d’une énième transition qui durerait trois ou quatre ans.

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2016 19h40)

Invité Afrique/Edem Kodjo: pour l’UA, «c’est tolérance zéro pour les coups d’Etat»

mai 16, 2015

 

Edem Kodjo: pour l’UA, «c’est tolérance zéro pour les coups d’Etat»

Edem Kodjo, en 2011.Wikimedia/Ji-Elle

Après les récentes violences et l’échec de la tentative de coup d’État au Burundi, le président Pierre Nkurunziza est de nouveau au pouvoir à Bujumbura. Mais les institutions internationales s’inquiètent de possibles violentes représailles, et appellent les autorités à la plus grande retenue. Edem Kodjo est le médiateur de l’Union africaine pour le Burundi. Il était à Bujumbura pendant la crise cette semaine, alors que d’autres membres de sa médiation étaient à Dar es Salaam, en Tanzanie. Il appelle bien sûr au calme et au retour au respect des institutions. Edem Kodjo est notre invité aujourd’hui. Il répond aux questions de Melissa Chemam.

RFI : Edem Kodjo, vous étiez sur place à Bujumbura pendant la crise de ces derniers jours. Est-ce que la situation est à présent toujours risquée, qu’espérez-vous voir arriver comme décision des autorités de nouveau en place ?

Edem Kodjo : La situation est toujours risquée dans la mesure où les manifestations ont repris. Donc nous attendons que les décisions soient prises de façon à détendre l’atmosphère et à assurer la sécurité pour tous. Nous estimons par exemple que ceux qui ont été arrêtés après le coup d’Etat puissent être traités avec une totale humanité, que les droits de l’homme soient préservés et sauvegardés. Nous estimons que c’est un énorme chantier que nous avons devant nous et nous allons faire le maximum pour pouvoir essayer de trouver des solutions, ce n’est pas simple.

Avez-vous pu parler au président burundais ?

Oui, avec mon collègue monsieur Ibrahima Fall, nous avons rencontré le président burundais et nous lui avons fait part d’un certain nombre de choses avant même que le coup d’Etat n’éclate. Nous avons attiré son attention sur la nécessité de pacifier l’atmosphère, de faire en sorte qu’un certain nombre de préoccupations des uns et des autres se manifeste et se résolve. Et nous estimions à l’époque que ceux sur qui planaient des mandats d’arrêt, ces mandats d’arrêt devaient être levés. Nous estimions qu’il fallait que les prisonniers politiques, et pas seulement les mineurs, soient libérés et nous avons également pensé qu’il fallait à tout prix nouer un dialogue interne, tout en libérant les médias. Les médias représentant quelque chose de fondamental, surtout en période électorale. Tous ces messages, nous les avons passés clairement au chef de l’Etat, mais le problème aujourd’hui demeure. Dès le lendemain de la tentative de coup d’Etat, les manifestations continuent sur la base du troisième mandat qui est au cœur du débat.

Est-ce que vous considérez que le président Nkurunziza est toujours pleinement légitime malgré ces derniers évènements ?

La légitimité du président Nkurunziza ne dépend pas des derniers événements. C’est un président qui a été élu et dont le mandat vient à expiration au mois d’août, donc il est toujours légitime.

Vous avez mentionné les manifestations qui continuent. Une grande partie des Burundais dans la capitale souhaitent que le président revienne sur son désir de se présenter pour un troisième mandat. Est-ce que c’est le rôle de la médiation de l’Union africaine d’encourager le président à prendre une décision dans ce sens ou dans un autre ?

Toute la communauté internationale, sans exception, a condamné le coup d’Etat. La doctrine de l’Union africaine, c’est tolérance zéro pour les coups d’Etat et les coups de force. Et c’est cela qui a été adopté par presque toutes les personnalités importantes du monde qui ont pris la parole, à commencer par le président Obama, le secrétaire général des Nations unies, d’autres chefs d’Etat de la sous-région et la présidente de la Commission de l’Union africaine elle-même, ça, c’est clair. De la même manière, il y a une totale unanimité sur la nécessité de report des élections et ça c’est un point important puisqu’il figure dans le dossier que nous allons devoir travailler avec les autorités burundaises. Nous allons insister là-dessus parce qu’il apparaît clairement qu’il est difficile dans ces conditions d’organiser les élections.

Les Etats-Unis viennent de précise que, selon eux, un troisième mandat du président burundais représente une source d’attisements de l’instabilité. C’est le département d’Etat qui s’est exprimé ?

On le savait. Les Etats-Unis ont dit cela depuis très longtemps déjà. Ils ne font que confirmer une position qui était claire pour ce qui les concerne.

Est-ce que l’Union africaine pense aller dans ce sens pour le bien de la stabilité dans la région ?

L’Union africaine fera tout ce qu’elle pourra pour faire en sorte que toute décision qui sera prise ici soit une décision qui favorise la paix et la sécurité et qui tienne compte aussi de ces Accords d’Arusha. Les chefs d’Etat réunis récemment à Dar es Salaam ont dit à peu près la même chose. Et les Nations unies disent à peu près la même chose. Et donc l’Union africaine ira dans ce sens. Nul ne peut savoir aujourd’hui quelle est la portée réelle de la solution qui sera trouvée. On ne la connait pas encore cette solution. Mais il faut la trouver en tenant compte des préoccupations qu’expriment les populations, en tenant compte des textes législatifs, constitutionnels qui régissent le pays et en tenant compte également de l’ Accord d’Arusha [qui a mis un terme à dix années de guerre civile qui avaient causé la mort de 300 000 morts.]

Enfin, la situation sécuritaire est ce qui semble préoccuper les principales instances sur place et dans les pays voisins et dans les institutions régionales.

Ça préoccupe d’abord les différentes personnalités, les leaders de certains partis politiques, les gens de la société, certains leaders de la société civile. Et on comprend que certains leaders en appellent à l’Union africaine et à d’autres organisations pour qu’on intervienne de manière à ce que la sécurité soit assurée à tous.

Rfi.fr par Mélissa Chemam