Posts Tagged ‘Eduardo Cunha’

Le président du Congrès des députés écarté au Brésil

mai 5, 2016

Le tribunal suprême brésilien a écarté jeudi de ses fonctions le président du Congrès des députés, selon des source judiciaires. Eduardo Cunha fait l’objet d’accusations dans le cadre du scandale Petrobras. Il aurait dissimulé de l’argent sur des comptes en Suisse.

« Il n’existe pas le moindre doute que le suspect (M. Cunha) ne présente pas les conditions personnelles minimales pour exercer en ce moment, dans leur plénitude, les fonctions de président de la chambre des députés, ce qui le qualifie encore moins pour la substitution de la présidence de la République », écrit le juge du Tribunal suprême fédéral (STF) Teori Zavaski, dans sa décision dont l’AFP a obtenu copie.

Le très controversé Eduardo Cunha a tiré depuis décembre les ficelles de la procédure d’impeachment de la présidente de gauche Dilma Rousseff tout en freinant une procédure de destitution le concernant.

La décision du juge du STF fait droit à une demande du procureur général Rodrigo Janot qui reprochait à M. Cunha d’user de ses fonctions « dans son propre intérêt et de façon illicite pour empêcher que les investigations à son encontre n’arrivent à leur terme ».

Eduardo Cunha est actuellement accusé devant le STF de corruption pour avoir dissimulé sur des comptes en Suisse au moins cinq millions de dollars (4,8 millions de francs) provenant de fonds détournés du groupe pétrolier étatique Petrobras, selon les enquêteurs.

Il fait l’objet de plusieurs autres enquêtes pour des faits présumés de corruption liés au scandale Petrobras qui éclabousse un grand partie de l’élite politique, de l’ex-président Lula au chef de l’opposition Aecio Neves.

Parti centriste
M. Cunha est membre du grand parti centriste PMDB du vice-président Michel Temer, et le plus farouche adversaire de la présidente Dilma Rousseff.

Les sénateurs doivent se prononcer le 11 mai par un vote à la majorité simple sur l’ouverture formelle d’un procès en destitution de Mme Rousseff pour maquillages présumés des comptes publics. Elle serait alors écartée du pouvoir pendant au maximum six mois en attendant le jugement final des sénateurs.

L’issue de ce vote ne fait pratiquement plus aucun doute et le vice-président Temer se prépare déjà à former un nouveau gouvernement. S’il n’avait pas été écarté de ses fonctions, M. Cunha serait alors devenu second dans l’ordre de succession.

Romandie.com

Brésil: le président de l’Assemblée sera jugé pour corruption dans l’affaire Petrobras

mars 3, 2016

Brasilia – Le président de la Chambre des députés du Brésil Eduardo Cunha sera jugé par la Cour suprême dans le cadre du scandale Petrobras, pour avoir reçu au moins cinq millions de dollars de pots-de-vin, a annoncé jeudi la haute institution.

La décision est prise à l’unanimité des dix juges, a déclaré le président de la Cour, Ricardo Lewandowski, répondant favorablement à la demande du parquet fédéral de mise en examen du principal rival politique de la présidente Dilma Rousseff.

M. Cunha est mis en examen pour corruption passive et blanchiment d’argent.

Le troisième personnage de l’Etat brésilien devient le premier homme politique protégé par son immunité parlementaire à comparaître devant la Cour suprême dans le cadre du scandale de corruption Petrobras, qui a coûté plus de deux milliards de dollars à cette compagnie pétrolière publique.

Au Brésil, la Cour suprême est la seule institution à pouvoir juger les responsables politiques qui jouissent d’une immunité.

L’année dernière, le procureur général de la République Rodrigo Janot avait mis en cause M. Cunha pour avoir demandé des dessous de table dans le but de favoriser la construction de deux navires destinés à Petrobras, entre juin 2006 et octobre 2012.

Ces deux contrats s’élevaient à 1,2 milliard de dollars, selon le parquet.

L’enquête sur Petrobras est considérée comme la plus vaste de l’histoire du Brésil et implique des parlementaires, des gouverneurs, des anciens dirigeants de la compagnie ainsi que de grands industriels du pays.

Le polémique et très conservateur Eduardo Cunha est au coeur de la crise politique et économique qui secoue le pays et a infligé de sévères défaites au gouvernement de gauche de Mme Rousseff en 2015.

Se voyant accusé de corruption, c’est lui qui a accepté d’ouvrir une procédure de destitution à l’encontre de la chef de l’Etat qui avait été présentée par un groupe de juristes, soutenus par l’opposition, qui l’accusent d’avoir maquillé les comptes publics.

Le gouvernement voit dans cette procédure d’impeachment une tentative de revanche de l’opposition qui n’accepte pas d’avoir perdu les élections fin 2014.

De son côté, le président de l’Assemblée a déjà annoncé qu’il ne renoncerait pas à son poste et que seul le Congrès peut écourter son mandat.

Romandie.com avec (©AFP / 03 mars 2016 21h59)

Brésil: le scandale Petrobras rattrape le président de l’Assemblée, ennemi de Rousseff

décembre 15, 2015

Brasilia – Peu après avoir donné le feu vert à la destitution de la présidente Dilma Rouseff, le président de l’Assemblée du Brésil, l’ultra-conservateur Eduardo Cunha, risque lui-même de chuter avec les perquisitions menées mardi et le lancement d’une procédure pour mensonge.

Dans le cadre du scandale de corruption Petrobras, la police fédérale a perquisitionné sa résidence officielle à Brasilia mais aussi son domicile privé à Rio et est repartie avec un grand nombre de documents, son téléphone portable et son ordinateur.

L’opération policière, déclenchée sur l’ordre de la Cour suprême, s’est déroulée simultanément dans six Etats du pays et visait d’autres hommes politiques, dans le but d’éviter que des preuves importantes ne soient détruites par les accusés, a indiqué la police. Au total, 53 mandats de perquisition ont été délivrés, dont au moins quatre concernent deux ministres et deux parlementaires du même parti centriste (PMDB) que M. Cunha.

Le gouvernement de Mme Rousseff a affirmé dans un communiqué espérer que soient tirés au clair, le plus rapidement possible, tous les faits qui touchent des ministres et autres autorités, afin de établir la vérité.

Quelques heures plus tard, M.Cunha connaissait un nouveau revers.

Après sept reports, le Conseil d’éthique de la chambre des députés a finalement voté l’ouverture d’une procédure interne à l’Assemblée qui pourrait aboutir à sa destitution.

– ‘Une revanche’ –

53 mandats ont été exécutés, c’est normal dans le cadre de l’enquête mais il est très étrange que cela se passe le jour où le Conseil d’éthique devait se prononcer à mon sujet. C’est une revanche. Je suis totalement innocent, a déclaré un Cunha imperturbable à la presse, accusant le gouvernement de vouloir détourner l’attention du vrai problème, la destitution de la chef de l’Etat.

M. Cunha avait lui-même accepté le 2 décembre l’ouverture de la procédure d’impeachment contre Mme Rousseff – qui pâtit d’une popularité en berne, à 10% seulement, et de la récession économique. Il avait depuis fait en sorte de retarder la procédure lancée contre lui pour avoir menti à ses pairs sur des comptes bancaires en Suisse alimentés par l’argent de Petrobras.

En août, il avait été accusé par le parquet d’avoir reçu au moins cinq millions de dollars de pots-de-vin.

Déjà cerné par l’enquête judiciaire, il va devoir maintenant être auditionné par ses pairs. Il aura dix jours pour se défendre devant le Conseil d’éthique puis, au bout de trois mois, ce dernier se prononcera sur sa destitution qui devra ensuite être votée en séance plénière à l’Assemblée.

M.Cunha est membre du parti centriste PMDB, le plus important à l’Assemblée et membre de la coalition gouvernementale. Mais depuis des mois, il a pris ses distances vis-à-vis de la présidente Dilma Rousseff. M. Cunha a appelé mardi le PMDB à rompre immédiatement avec le gouvernement.

A l’initiative de propositions de loi ultra-conservatrices, contre l’avortement ou les homosexuels, il est la cible des féministes et mouvements de gauche qui réclament son départ dans les manifestations aux cris de Dehors Cunha!.

L’enquête sur Petrobras, lancée en 2014, a mis au jour un système de trucage systématique des marchés passés entre l’entreprise pétrolière et ses sous-traitants, donnant lieu à des commissions de 3% sur chaque contrat dont une partie était reversée à des élus de la coalition au pouvoir.

Elle a déjà envoyé en prison des élus du Parti des travailleurs (PT-gauche au pouvoir) et de la coalition, la plupart des ex-directeurs du géant étatique et les patrons des plus puissants groupes de BTP du Brésil ainsi que le PDG de la banque BTG pactual.

De son côté, Mme Rousseff, réélue de justesse fin 2014, se dit victime d’une tentative de coup d’Etat institutionnel, ourdie par une opposition n’ayant pas digéré sa défaite. Le calendrier de sa procédure de destitution n’est pas encore connu : il dépendra de l’annulation ou non des vacances parlementaires, prévues du 22 décembre au 1er février.

Romandie.com avec (©AFP / 15 décembre 2015 19h17)