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Albinos de tous les pays d’Afrique, unissez-vous !

juin 20, 2016

Une jeune albinos qui vient d’être maquillée se regarde dans un mirroir, au Zimbabwe en juin 2016.

Une jeune albinos qui vient d’être maquillée se regarde dans un mirroir, au Zimbabwe en juin 2016. Crédits : Tsvangirayi Mukwazhi / AP
Organiser un concours de « Miss et Mister Albinos », bâtir des tombes en béton ou obtenir des condamnations exemplaires pour les meurtres rituels : les albinos d’Afrique ont évoqué les clés de leur intégration et de leur sécurité lors d’un forum inédit de l’ONU qui s’est achevé lundi 20 juin en Tanzanie.

« De toutes les régions du monde, l’Afrique subsaharienne est la plus hostile pour les albinos », souligne Ikponwosa Ero, experte indépendante sur l’albinisme nommée en 2015 par l’ONU, elle-même atteinte de cette maladie génétique caractérisée par une absence de pigments dans la peau, les cheveux et les yeux.

Des croyances séculaires

Le soleil de plomb prédominant sur le continent est sans pitié pour leurs yeux et leur peau, vulnérables au cancer. Mais, surtout, ils y sont attaqués, tués et leurs tombes profanées en raison de croyances séculaires selon lesquelles potions et gris-gris préparés à l’aide de parties de leur corps apporteraient chance et richesse.

Lire aussi : La chasse aux albinos s’intensifie au Malawi

L’ONG canadienne Under The Same Sun (« sous le même soleil ») a répertorié 457 attaques – dont 178 meurtres – commises contre des albinos dans 26 pays africains, principalement ces dix dernières années. L’ampleur exacte du phénomène est cependant difficile à cerner en raison du secret qui entoure ces pratiques.

Mais les albinos ont désormais les moyens de donner du poids à leur cause depuis que les Nations unies ont reconnu leurs souffrances, notamment via l’institution de la Journée mondiale de l’albinisme, célébrée le 13 juin depuis 2015.

Meilleure intégration

Depuis vendredi, 150 représentants de la société civile et de gouvernements, issus de 29 pays africains et en grande partie albinos eux-mêmes, se sont réunis à Dar es-Salaam pour partager leurs expériences et leurs idées en vue d’améliorer leur sécurité et une meilleure intégration. C’est justement en Tanzanie, pays les albinos sont les plus attaqués, qu’a eu lieu ce premier forum organisé sous l’égide de Mme Ero.

Lire aussi : Au Malawi, le calvaire quotidien des albinos

« L’idée, c’est d’établir une feuille de route commune incluant des mesures simples, efficaces et bon marché », en matière de prévention et de protection, notamment s’assurer que les albinos soient entourés de voisins de confiance ou qu’ils disposent simplement d’une porte à leur maison, explique Mme Ero.

Sur un continent, où les cercueils sont souvent ensevelis en pleine terre, elle évoque la nécessité de les faire recouvrir de « ciment afin d’éviter que les corps d’albinos ne soient exhumés ».

En matière d’intégration et de sensibilisation, Alex Michila, vice-président de l’Association des albinos du Malawi, préconise d’inscrire des enfants albinos dans des internats « afin qu’ils côtoient des enfants non albinos ». Au Malawi, Amnesty International a constaté récemment une vague d’attaques « sans précédent ».

Condamnations « exemplaires et dissuasives »

Abdallah Possi, vice-ministre tanzanien chargé des personnes handicapées et lui-même albinos, a rappelé plusieurs condamnations « exemplaires et dissuasives » prononcées dans son pays contre des personnes jugées coupables d’avoir tué des albinos.

« Une voix panafricaine est d’une importance cruciale, parce que, au final, nous devons faire pression sur les gouvernements, soutient Jon Beale, directeur de l’ONG Standing Voice. Ensemble, nous avons plus de poids. » Le Kenya fait de l’avis général figure d’exemple dans la région, notamment grâce à l’existence d’une ligne téléphonique d’urgence en cas d’agression, à des distributions de crème solaire financées par le gouvernement et à des programmes de prises en charge des cas de cancer de la peau.

En matière d’intégration et sensibilisation, Alex Michila, vice-président de l’Association des albinos du Malawi, préconise d’inscrire des enfants albinos dans des internats « afin qu’ils côtoient des enfants non albinos ». Dans ce pays, le Malawi, Amnesty International a

La présence d’albinos dans la sphère publique kényane, comme le député Isaac Mwaura et la juge de la Haute Cour kényane Grace Ngugi, est également saluée unanimement alors que le Kenya s’apprête à organiser, le 9 septembre, à Nairobi, son premier concours de « Miss et Mister Albinos ». « De cette manière, nous nous redéfinissons comme des personnes physiquement belles, soutient le député kényan Isaac Mwaura. Nous ne sommes pas des fantômes et nous ne sommes pas laids. »

 

Lemonde.fr avec AFP

Investir pour la jeunesse africaine dans l’agriculture et l’éducation

juillet 2, 2015
Paysannes africaines

Paysannes africaines

La 3e Conférence internationale sur le financement du développement se tient du 13 au 16 juillet 2015 à Addis Abeba. À cette occasion, en partenariat avec l’ONG ONE, le footballeur ivoirien Yaya Touré appelle les pays impliqués dans la lutte contre la faim et la pauvreté à « tenir leurs promesse ».

En 2040, l’Afrique comptera deux milliards d’habitants, soit un milliard de plus qu’aujourd’hui, et la majeure partie de cette population sera très jeune. Elle représentera 40 % de la jeunesse mondiale. Dès à présent, nous devons donc bien plus les soutenir et investir en leur faveur, si nous voulons qu’ils participent à la mobilisation mondiale pour l’éradication de la faim et de l’extrême pauvreté.

Nous savons que les jeunes ont de l’énergie à revendre. Si on les laisse libérer cette énergie tout en leur apportant le soutien dont ils ont besoin, ils seront les véritables moteurs de la prospérité africaine. Mais si on ne leur donne pas les bonnes opportunités, la frustration qui en résultera risque de nous exploser au visage et d’entraver les progrès de toute la société.

Dans ma jeunesse, j’ai eu la chance de pouvoir canaliser mon énergie grâce au sport et à l’école. Aujourd’hui, j’aimerais que tous les jeunes Africains, garçons et filles, aient la même opportunité et puissent vivre dans la dignité.

Et si nous voulons que les jeunes Africains soient les moteurs du progrès mondial, nous devons nous assurer que la jeunesse ait la tête et le ventre remplis.
Il faut donc accroître le soutien aux investissements dans l’agriculture afin de produire plus de nourriture, et de meilleure qualité. Les dirigeants d’Afrique et du monde entier doivent travailler plus dur pour tenir leurs promesses, tout en y incluant le développement durable, l’adaptation au changement climatique et l’agro-écologie.

Les investissements dans l’agriculture restent le meilleur moyen de sortir les plus pauvres de l’extrême pauvreté. Pour stimuler la productivité et produire plus, nous devons nous assurer que tous les producteurs agricoles, y compris les femmes et les jeunes, puissent accéder aux financements, aux prêts bancaires et à la sécurité foncière. C’est non seulement une question de justice, mais c’est aussi du bon sens économique : cela permettrait de sortir entre 100 à 150 millions de personnes de l’extrême pauvreté et de la faim. C’est le type d’investissement que l’ONG ONE appelle de ses vœux en ce moment même au travers du mouvement #WithStrongGirls.

En outre, les jeunes, filles et garçons, doivent tous avoir le même accès à un enseignement primaire et secondaire de qualité. Ils doivent quitter l’école avec des compétences de base en calcul, en lecture et en technologies de l’information. Les filles, en particulier, quittent le système scolaire trop tôt – un gâchis pour elles mais aussi pour le développement de leur pays.

Aucun de ces progrès ne se fera gratuitement. De nombreuses promesses de soutien ont été faites à l’Afrique, et par les dirigeants de l’Afrique, en termes d’éducation, de nutrition et d’agriculture. Le défi est maintenant de les tenir.


C’est en nous unissant et en travaillant en équipe que l’on peut marquer les plus beaux buts.

Aujourd’hui, des millions de militants appellent tous les pays du monde à adopter un pacte mondial pour tenir les promesses faites aux plus pauvres, en particulier aux jeunes. Ils demandent que les plus pauvres, ceux qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour, aient accès aux services essentiels, à savoir l’éducation, l’alimentation et les soins de santé. Selon les experts, garantir ces services coûterait seulement entre 300 et 500 dollars par personne et par an. Les gouvernements africains doivent se concentrer sur cet objectif, qui doit aussi être amplifié par les 135 milliards de dollars consacrés par les pays riches chaque année à l’aide internationale.

Dans ce contexte, j’ai été surpris d’apprendre que beaucoup de pays, tant africains que leurs partenaires, ne tiennent pas leurs promesses d’investir dans l’agriculture et l’éducation. Cette situation doit changer. Il faudrait commencer par s’assurer qu’au moins la moitié de l’aide aille vers les pays les plus pauvres, afin de soutenir leurs efforts d’autonomisation.

La bonne nouvelle, c’est que toutes les nations du monde se rencontreront, dans les semaines qui viennent à Addis-Abeba, pour examiner un ensemble de mesures pour un financement durable et suffisant du développement. Si ces fonds sont transférés via des budgets transparents, pour qu’on puisse garder un œil sur la manière dont l’argent est dépensé, nous aurons remporté une importante victoire. Nous serons en mesure de fournir une alimentation correcte, une éducation de qualité et des conditions de vie décentes à l’ensemble de la jeunesse africaine.

Au football comme dans la lutte contre la faim et la pauvreté, c’est en nous unissant et en travaillant en équipe que l’on peut marquer les plus beaux buts. En respectant ces règles, l’humanité pourrait marquer un but mémorable, celui d’éradiquer l’extrême pauvreté. L’Afrique sera alors le continent moteur, jeune et dynamique qu’elle doit être, et participera au façonnement d’un monde meilleur pour nous tous. Aucun match n’a jamais eu un tel enjeu.

Jeuneafrique.com par Yaya Touré,
footballeur ivoirien évoluant en Europe, champion d’Afrique et capitaine de l’équipe nationale de son pays.

Oprah Winfrey a reçu un Oscar d’honneur

novembre 13, 2011

Oprah Winner

C’est la reine de la télévision américaine. Elle est également actrice et productrice. Oprah Winfrey a rassemblé avec son émission quarante millions de téléspectateurs chaque semaine. Aujourd’hui elle est récompensée… pour son action humanitaire.

C’est à cinquante-sept ans et après vingt-cinq ans de talk-show à la télévision qu’Oprah Winfrey a été distinguée.

Hier l’animatrice a reçu un Oscar d’honneur pour son action humanitaire. Elle a reçu plus exactement le Jean Hersholt Humanitarian Award (prix décerné en marge de la cérémonie des Oscars et visant à récompenser une personnalité de l’industirie du divertissement pour son implication dans l’humanitaire)

Sa réaction a été pour le moins émouvante puisqu’elle a évoqué son parcours et ses origines modestes en expliquant :

« Personne n’aurait jamais pu imaginer qu’il soit possible d’être autre chose qu’une domestique avec de bons patrons blancs, qui vous donnent des vêtements et vous laissent emporter de la nourriture à Noël. (…) Il est inimaginable que je puisse me tenir devant vous ce soir. »

Oprah Winfrey a ensuite ajouté qu’elle n’aurait jamais pensé recevoir un Oscar pour ce qu’elle considère comme une vocation. L’humanitaire, elle y a tellement consacré tellement de temps et d’argent ! Saluons donc cette femme qui mérite bien sa distinction.

Voici.fr par F.P