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Alzheimer : Carpe diem reçoit 2,5 M$ pour changer la vocation de son église

juin 28, 2022
L'église Très-Saint Sacrement de Trois-Rivières sous un air d'été

L’église Très-Saint-Sacrement acquise par Carpe Diem sera transformée en un centre multifonctionnel dédié à l’ensemble de la communauté Photo : Radio-Canada/Simon Laganière

La Maison Carpe Diem poursuivra sa mission auprès des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer dans un tout nouvel espace à la fine pointe de la technologie. L’église du Très-Saint-Sacrement sera transformée en un centre multifonctionnel ouvert tant aux patients vivant avec des pertes cognitives qu’à l’ensemble de la communauté.

L’organisme en a fait l’annonce, mardi, en compagnie de représentants du gouvernement du Québec. Le ministère de la Culture et des Communications investit 2,5 M$ dans ce projet de requalification du patrimoine culturel à caractère religieux.

Propriétaire de l’église depuis 2021, Carpe Diem y mènera des formations et des activités de recherche. Le rez-de-chaussée pourra également accueillir un centre culturel dédié aux arts de la scène, un café et un espace événementiel.

Au Québec, il y a diverses églises qui ont été transformées en projet multifonctionnel. La particularité ici, c’est que l’aspect multifonctionnel ouvert à la communauté est associé à des services aux personnes âgées , explique la directrice de Carpe Diem, Nicole Poirier.

Un lieu novateur et rassembleur

L’organisme veut en faire un lieu de rencontre entre les résidents de la maison et les gens du quartier afin de changer le regard sur le vieillissement et la maladie d’Alzheimer.

Il y a un regard trop misérabiliste. On les exclut, on les enferme. Notre approche est tout le contraire, insiste Nicole Poirier. On veut vraiment que les gens de Carpe Diem puissent prendre leur café avec des gens de la communauté, pas un café juste pour Alzheimer ou un quartier juste pour Alzheimer. Non, on est capable de vivre ensemble quand on connaît bien la maladie.

La valeur du projet est évaluée à 9 millions de dollars.

Ça va générer des bénéfices humains, sociaux et économiques , a déclaré le député de Trois-Rivières, Jean Boulet. Il espère que Carpe Diem inspirera d’autres requalifications de lieux patrimoniaux.

Concrètement, l’enveloppe financière prévoit des travaux de restauration des murs de fondation et du parvis, ainsi que l’ajout d’un débarcadère. On prévoit également le rejointoiement de la maçonnerie, le remplacement du revêtement de toiture et la protection en cas d’incendie.

Radio-Canada avec les informations de Magalie Masson

Russie: Un patriarche va-t-en-guerre divise l’Église orthodoxe

mars 18, 2022

Ancien agent du KGB, le patriarche de l’Église orthodoxe russe soutient avec ferveur l’invasion de l’Ukraine. Dans un manifeste historique, des théologiens orthodoxes parmi les plus éminents le dénoncent maintenant comme un hérétique.

Le patriarche de l’Église orthodoxe russe Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Sur les photos qu’on trouve de lui, le patriarche de Moscou ressemble un peu à l’idée qu’on se fait de saint Nicolas. Sourire avenant, longue barbe blanche, il porte des robes brodées de fil d’or et des chapeaux pointus ornés d’images saintes. Mais la comparaison s’arrête ici, car Cyrille de Moscou, la plus haute autorité religieuse en Russie depuis 2009, n’a rien d’un personnage bon enfant.

En fait, sa sainteté, née Vladimir Mikhaïlovitch Goundiaïev à Leningrad en 1946, est un va-t-en-guerre enthousiaste et un partisan indéfectible de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Nous vaincrons : l’icône protégera l’armée russe et accélérera notre victoire, a-t-il déclaré lors d’un sermon à la fin de février, bénissant ainsi une opération militaire destinée à combattre les forces du mal.

Dans son homélie du 6 mars dernier, il en a ajouté une couche en qualifiant l’invasion de guerre sainte.

Pourfendeur des mécréants

Combattre les forces du mal? Une guerre sainte? Depuis des années, le patriarche Kyrill propage l’idée d’un Rousskii Mir, soit un univers orthodoxe et nationaliste tourné vers des valeurs traditionnelles, explique Lucian Turcescu, éminent professeur de théologie à l’Université Concordia depuis 2005 et spécialiste des liens entre politique et religion en Europe de l’Est.

Le patriarcat de Moscou oppose à cette idée d’une « Russie pure » la menace d’un Occident perverti, décadent, sans morale, précise le chercheur, établi au Canada depuis 1992. Cyrille en a tout particulièrement contre l’homosexualité et l’avortement.

Pour le patriarche, la guerre en Ukraine incombe aux Occidentaux qui veulent imposer ce genre de péchés au bon peuple russe, le souiller, ajoute M. Turcescu, que nous avons joint par visioconférence à Bucarest, en Roumanie, son pays natal, où il séjourne actuellement. Le professeur Turcescu est frappé par la tension qui règne actuellement autour de lui. Vue depuis la Roumanie, la guerre n’a rien d’une réalité abstraite, contrairement à la perception qu’on peut en avoir au Canada. Il décrit la présence de soldats de l’OTAN et le survol du territoire par des avions militaires.

La région est donc manifestement sur un pied d’alerte et, de façon plus personnelle, le théologien l’est lui aussi. Il fait partie d’un groupe de théologiens, de prêtres et de diacres orthodoxes qui ont signé une condamnation théologique de l’idéologie fascisante promue par le patriarcat de Moscou. Publié le dimanche 13 mars, ce manifeste religieux qui qualifie Kyrill d’indigne de la religion orthodoxe est signé par un nombre croissant de personnalités.

C’est un manifeste historique de dénonciation de l’usage indigne du nom de Dieu, résume le professeur Turcescu, qui compare le manifeste à la déclaration de Barmen, un texte théologique contre le régime nazi, rédigé et publié par les protestants d’Allemagne en 1934.

Des fidèles comme butin de guerre

Pour saisir le goût du patriarche Kyrill pour la guerre, il faut remonter un peu dans le temps. En 2018, un schisme survient au sein de l’Église orthodoxe en Ukraine. Une partie du clergé décide de faire reconnaître par le patriarcat de Constantinople [Istanbul], l’autorité théologique suprême dans le monde orthodoxe, une Église ukrainienne orthodoxe indépendante du patriarcat de Moscou  explique le professeur Turcescu.

Cette division des fidèles ne fait pas l’affaire de Moscou qui, du coup, perd des fidèles et de l’influence. Selon l’idéologie de Kyrill, la capitale de l’Ukraine, Kiev, est la ville sainte de l’Église orthodoxe et du Russki Mir [le monde russe]. Moscou n’en est que le siège politique, précise-t-il encore. Il faut donc comprendre que le patriarche voit dans cette guerre une occasion de récupérer ses ouailles et ses billes.

Patriarche, contrebandier et ex-espion du KGB

Même si ses fidèles l’appellent votre sainteté, Cyrille n’a rien d’un enfant de chœur. Il ne l’a jamais reconnu publiquement, mais il a été un agent important des services secrets russes à l’époque de la guerre froide, affirme le professeur Turcescu, qui croit que le patriarche et Vladimir Poutine se sont rencontrés alors qu’ils étaient tous deux des agents du KGB.

Le professeur de Concordia cite diverses sources universitaires et historiques pour appuyer cette information étonnante. En effet, Cyrille était mentionné sous le nom de code de Mikhaïlov dans les archives de l’ère soviétique qu’une commission d’enquête parlementaire de la Douma avait pu consulter au début des années 1990.

Il était devenu espion notamment en sa qualité de représentant du patriarcat russe auprès du Conseil œcuménique des Eglises (COE) à Genève. Le prédécesseur de Cyrille, Alexis II, était lui aussi un espion du KGB.

Et ce n’est pas la seule originalité dans la feuille de route de l’homme d’Église. Plusieurs enquêtes journalistiques de la Novaïa Gazeta, un journal indépendant russe, ont révélé l’implication de celui qu’on appelle aujourd’hui Cyrille dans d’énormes trafics illégaux d’alcool et de tabac grâce auxquels l’homme serait devenu immensément riche.

Alors qu’il est archevêque, il devient président du département des Affaires étrangères du patriarcat de Moscou et profite de la guerre en Irak, au début des années 2000, pour accroître davantage son immense fortune. Le commerce des cigarettes en Irak, reconnu et soutenu par la Russie, avait été confié à l’Église russe, qui prélevait une dîme. En 2006, le Moscow Times estimait déjà sa fortune personnelle à quatre milliards de dollars.

La Russie est de loin le plus grand pays orthodoxe au monde avec plus de 100 millions de fidèles. Le patriarcat russe est aussi l’autorité de plusieurs églises orthodoxes ailleurs dans le monde. Or, raconte le professeur Turcescu, de plus en plus d’évêques orthodoxes, en Ukraine ou ailleurs, refusent désormais de prier pour le primat de leur Église.

Est-ce normal, demande le chercheur, qu’un représentant de la foi fasse bénir les armes de Poutine? En effet, des prêtres sous l’autorité de Cyrille ont même béni des kalachnikovs.

Avec Radio-Canada par Émilie Dubreuil

Sénégal : un imam accuse les catholiques d’être des « mécréants » et déclenche la colère de l’Église

mars 1, 2022
Façade de la cathédrale Notre Dame des Victoires, le 26 mai 2004 à Dakar. © AFP

Les associations et mouvements catholiques sénégalais exigent des excuses après les propos de l’imam Serigne Lamine Sall qui a considéré les catholiques – de même que les francs-maçons et les juifs – de « mécréants ». Des propos qui ont déclenché une très vive polémique.

Le 24 février, l’imam Serigne Lamine Sall était invité sur le plateau de la chaîne de télévision locale Walf TV où il a notamment affirmé que les catholiques étaient « condamnés de la même manière » que les francs-maçons et les juifs dans l’islam. Selon lui, il n’existe que deux religions, « l’islam et les mécréants ». Les propos de l’imam sont « inadmissibles et ne peuvent être justifiés que par le mépris, l’indécence et l’ignorance », a estimé le 1er mars lors d’un point presse à l’archidiocèse de Dakar Philippe Abraham Birane Tine, le président du Conseil national du Laïcat, qui rassemble les associations et mouvements catholiques du pays.

« Une parole de trop »

Ces propos ont déclenché une vive polémique au Sénégal, pays ouest-africain réputé pour sa tolérance, avec une population musulmane à près de 95%. Parmi les réactions, Mame Mactar Guèye, vice-président de Jamra, une ONG islamique, a estimé sur une radio que « l’imam Serigne Lamine Sall aurait pu se passer de ces propos malheureux à l’égard de la communauté chrétienne. C’est (une) parole de trop ».

À OFFENSE PUBLIQUE, RÉPARATION PUBLIQUE

L’Eglise catholique du Sénégal a réclamé mardi des excuses de la part de l’imam Sall et demandé aux autorités une « autosaisine » du procureur dans ce type d’affaires. « Ce que nous attendons n’est pas compliqué: il y a un adage qui dit à offense publique, réparation publique. Nous souhaitons que l’imam revienne dans l’émission où il a parlé et qu’il présente ses excuses », a expliqué l’abbé Alphonse Birame Ndour, vicaire épiscopal de l’Église catholique du Sénégal, chargé du dialogue interreligieux.

Cohésion nationale

En outre, selon lui, le parquet doit s’autosaisir car dès lors qu’il y a « flagrant délit et que la cohésion nationale peut être menacée ». « L’offense n’est pas faite seulement à la communauté chrétienne mais au Sénégal tout entier », a-t-il ajouté.

Pour Philippe Abraham Birane Tine, qui a qualifié les propos de l’imam de « discriminatoires, outrageants, agressifs », ces derniers « confortent notre certitude que les fondements de notre nation sont en danger ». Il a par ailleurs appellé le président sénégalais Macky Sall a mettre « tout en œuvre pour que, désormais, les coupables de telles forfaitures soient repérés et sanctionnés ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina : préservatifs, plaisir et « discipline sexuelle »… Polémique entre le gouvernement et l’Église

octobre 29, 2021
Damien Glez © Damien Glez

Passe d’armes, au Burkina Faso, entre un ministre qui promet la diffusion gratuite de préservatifs et une Église catholique qui promeut la « discipline sexuelle ». Les contrats qui lient les structures de santé de l’Église à l’État vont-ils être rompus ?

La laïcité se porte bien, dans ce « pays des Hommes intègres », toujours cité comme un exemple de cohabitation apaisée des communautés religieuses – et ceci en déniant le qualificatif de « religieux » aux jihadistes qui ensanglantent une bonne partie du territoire. Si les dents grincent parfois, à la limite de ce que la presse qualifie de « polémique », c’est le signe que les débats ne sont pas enterrés. Ces derniers jours d’octobre ont vu poindre de vigoureux échanges autour de la promotion à faire de la contraception.

Avant la réponse du berger, c’est la bergère des ouailles catholiques qui relançait ce vieux débat, le 14 octobre, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage Les dangers pour la santé des méthodes contraceptives : une approche scientifique de la question. La Commission épiscopale en charge de la pastorale de la santé au Burkina Faso, représentée par son vice-président Mgr Gabriel Sayaogo, invoque, ce jour-là, le caractère sacré de la vie et évoque certaines maladies dont souffriraient les femmes ayant utilisé diverses méthodes contraceptives.

Plaisir et « logiciel sexuel »

Le ministre de la Santé profite, lui aussi, d’une intervention publique pour répondre aux propos de l’homme de Dieu. Le 18 octobre, lors de sa conférence inaugurale au lancement d’un master en Management de structure de santé, Charlemagne Ouédraogo invite ceux qui ne souhaitent pas procréer à utiliser des préservatifs pour jouir d’une sexualité « juste pour le plaisir », en bonne intelligence avec les programmes de la planification familiale…

L’intervention est enregistrée, les réseaux sociaux bruissent et le père Jean-Emmanuel Konvolbo monte au créneau, dénonçant la promotion de « l’intempérance sexuelle » et du « logiciel sexuel de monsieur le ministre de la Santé, celui de la satisfaction immédiate de toute pulsion ». Dans une tribune, le théologien qualifie le plaisir « naturel » valorisé par Charlemagne Ouédraogo de « sexualité à l’état animal », une cause « à coup sûr de malheur ». Peu nombreux sont pourtant les animaux qui planifient au mieux les naissances de leur progéniture…

Menaces

Le ton badin de ces échanges primordiaux va-t-il s’envenimer au-delà de ces joutes philosophiques respectueuses ? Dans sa même conférence, le ministre de la Santé menaçait de rompre les contrats entre les institutions sanitaires de l’Église et le gouvernement : « Nous disons à nos chers partenaires catholiques de ne pas saper les efforts du gouvernement. Si vous communiquez sur ce qui ne relève pas de votre spécialité, je mets fin et dénonce la convention qui lie vos structures au ministère de la Santé en toute responsabilité. » Trouble dans un pays où les centres de soin liés à l’église contribuent plutôt avantageusement à un accès au soin encore insuffisant.

Conscient que les vertus de l’arbre à palabres sont parfois compromises par un usage exclusif du numérique, le ministre Charlemagne Ouédraogo a rencontré, le 23 octobre, le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Tout est-il pardonné entre Ouédraogo ? Le 25 du mois, l’archevêché de Ouagadougou rejetait le compte rendu de la rencontre publié par le ministère. La confrontation des deux « logiciels » va-t-elle faire bugger le système laïc ?

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Le député britannique David Amess assassiné lors d’un rassemblement citoyen

octobre 15, 2021

 Le député conservateur David Amess a été poignardé dans une église de sa circonscription, dans la ville de Leigh-on-Sea, au Royaume-Uni.

© /Photo tirée du compte Twitter de David Amess Le député conservateur David Amess a été poignardé dans une église de sa circonscription, dans la ville de Leigh-on-Sea, au Royaume-Uni.

L’élu conservateur a été poignardé à plusieurs reprises vendredi dans une église de Leigh-on-Sea, dans le comté d’Essex, où il rencontrait ses concitoyens. Il a succombé à ses blessures sur place.

Selon les forces de police de l’Essex, l’élu de 69 ans est mort sur les lieux en dépit des efforts soutenus des services d’urgence pour le réanimer.

Un appel a d’abord été reçu par la police pour une agression au couteau dans l’église méthodiste de Belfairs, à Leigh-on-Sea, une ville balnéaire à l’est de Londres. Sur les lieux, les agents ont découvert la victime gravement blessée avant de procéder à l’arrestation d’un homme de 25 ans. Un couteau a aussi été retrouvé sur les lieux par les policiers.

Le suspect est détenu et passible d’une accusation de meurtre.

«Nous ne recherchons personne d’autre en rapport avec l’incident et nous ne pensons pas qu’il y ait une menace permanente pour le grand public», a assuré la police.

Le bureau du député Amess, à Londres, a confirmé l’incident sans donner plus de détails.

Le député David Amess a été attaqué alors qu'il rencontrait ses concitoyens dans une église de sa circonscription.

© ANDREW COULDRIDGE/Reuters Le député David Amess a été attaqué alors qu’il rencontrait ses concitoyens dans une église de sa circonscription.

Selon des témoignages recueillis par les médias britanniques, David Amess aurait été poignardé à plusieurs reprises alors qu’il participait à une «surgerie», soit une rencontre avec les citoyens de sa circonscription où ces derniers viennent lui faire part de leurs demandes ou pour y signaler des problèmes à régler.

David Amess, membre du Parti conservateur, siège au Parlement britannique depuis 1983. Il y représente la circonscription de Southend West depuis 1997. Eurosceptique, il a été une voix très active en faveur du Brexit.

Cette attaque a priori gratuite contre un député a soulevé l’indignation de nombreux citoyens et parlementaires dont le leader du Parti travailliste, Keir Starmer, qui a déclaré sur Twitter qu’il s’agissait d’une nouvelle «horrible et profondément choquante».

«Je pense à David, à sa famille et à son équipe», a-t-il ajouté.

L’ancien premier ministre conservateur, David Cameron a pour sa part écrit sur Twitter : «Des nouvelles très alarmantes et inquiétantes en provenance de Leigh-on-Sea. Mes pensées et mes prières vont à Sir David Amess et à sa famille».

Plusieurs précédents

Ce triste événement n’est pas sans rappeler l’assassinat en pleine rue de la députée europhile Jo Cox, en 2016, une semaine avant le référendum sur le Brexit par un sympathisant néo-nazi.

Le député travailliste Stephen Timms a avait aussi été poignardé à l’estomac en mai 2010 par une étudiante radicalisée par des sermons en ligne d’un prédicateur lié au groupe terroriste Al-Qaida.

En 2000, le député libéral démocrate Nigel Jones et son assistant Andrew Pennington avaient aussi été attaqués par un homme armé d’une épée lors d’une rencontre avec des citoyens. Andrew Pennington a été tué tandis que Nigel Jones avait été blessé.

Avec CBC/Radio-Canada

France: un rapport évoque 330 000 victimes au sein de l’Église catholique

octobre 5, 2021

PARIS — Quelque 330 000 enfants ont été victimes d’agressions sexuelles au sein de l’Église catholique en France au cours des 70 dernières années, selon une estimation contenue dans un rapport publié mardi, qui représente le premier grand bilan du pays sur le phénomène mondial.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le nombre comprend des agressions commises par quelque 3000 prêtres et autres personnes impliquées dans l’Église – des actes répréhensibles que les autorités catholiques ont dissimulés pendant des décennies de manière «systémique», selon le président de la commission qui a publié le rapport, Jean-Marc Sauvé.

Le président de la Conférence des évêques de France a demandé pardon aux victimes, dont environ 80 % étaient des garçons, selon le rapport. Les évêques se réunissent mardi pour discuter des prochaines étapes.

La commission indépendante a exhorté l’église à prendre des mesures vigoureuses, dénonçant les «fautes» et le «silence».

«Les conséquences sont très graves», a déclaré M. Sauvé. «Environ 60 % des hommes et des femmes qui ont été agressés sexuellement rencontrent des problèmes majeurs dans leur vie affective ou sexuelle.»

«Nous considérons que l’Église a une dette envers les victimes», a-t-il ajouté.

Le document de 2500 pages a été publié alors que l’Église catholique en France, comme dans d’autres pays, cherche à faire face à des secrets honteux longtemps dissimulés.

Les victimes ont salué le rapport comme attendu depuis longtemps.

François Devaux, chef du groupe de victimes La Parole libérée, a déclaré qu’il s’agissait «d’un tournant dans notre histoire».

Il a dénoncé les dissimulations qui ont permis des «crimes de masse pendant des décennies».

«Mais pire encore, il y a eu une trahison: trahison de confiance, trahison des mœurs, trahison des enfants, trahison de l’innocence», a-t-il déclaré, appelant l’Église à offrir réparation.

Olivier Savignac, le responsable de l’association de victimes Parler et Revivre, a contribué à l’enquête. Il a déclaré à l’Associated Press que le ratio élevé de victimes par agresseur était particulièrement «terrifiant pour la société française, pour l’Église catholique».

M. Savignac a attaqué l’Église pour avoir traité de tels cas comme des anomalies individuelles plutôt que comme une horreur collective. Il a décrit avoir été maltraité à l’âge de 13 ans par le directeur d’un camp de vacances catholique dans le sud de la France, qui a été accusé d’avoir agressé plusieurs autres garçons.

«Je percevais ce prêtre comme quelqu’un de bon, une personne attentionnée qui ne me ferait pas de mal», a raconté M. Savignac. «Mais c’est lorsque je me suis retrouvé sur ce lit à moitié nu et qu’il me touchait que j’ai réalisé que quelque chose n’allait pas… Et on garde ça, c’est comme un kyste qui grandit. C’est comme une gangrène à l’intérieur du corps de la victime et de la psyché de la victime.»

Le prêtre a finalement été reconnu coupable et condamné en 2018 à deux ans de prison, dont un an avec sursis.

La commission a travaillé pendant 2 ans et demi, écoutant les victimes et les témoins et étudiant les archives des églises, des tribunaux, de la police et de l’actualité à partir des années 1950. Une ligne téléphonique lancée au début de l’examen a reçu 6500 appels de victimes présumées ou de personnes déclarant connaître une victime.

M. Sauvé a dénoncé l’attitude de l’Église jusqu’au début des années 2000 comme «une profonde et cruelle indifférence envers les victimes».

Le rapport indique qu’environ 3000 agresseurs d’enfants — dont les deux tiers étaient des prêtres — ont travaillé dans l’église au cours de la période de sept décennies. Ce chiffre est probablement sous-estimé, a avancé M. Sauvé. Le décompte des victimes comprend environ 216 000 personnes maltraitées par des prêtres et d’autres religieux, a-t-il déclaré.

Les estimations sont basées sur des recherches menées par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale sur les agressions sexuelles sur enfants dans la population française.

«Parfois, les responsables de l’Église ne dénonçaient pas (les agressions sexuelles) et exposaient même les enfants à des risques en les mettant en contact avec des prédateurs», a déclaré M. Sauvé. «Nous considérons (…) que l’église a une dette envers les victimes.»

Le président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, a dit que les évêques «sont consternés» par les conclusions du rapport.

«Je souhaite (…) demander pardon, pardon à chacun de vous», a-t-il déclaré aux victimes.

M. Sauvé a déclaré que 22 crimes présumés pouvant être poursuivis ont été transmis aux procureurs. Plus de 40 cas trop anciens pour être poursuivis, mais impliquant des auteurs présumés encore en vie ont été transmis aux responsables de l’Église.

avec Sylvie Corbet, The Associated Press

Nigeria-TB Joshua : malgré les critiques, sa veuve lui succède à la tête de son Église

octobre 3, 2021
TB Joshua à Lagos, le 31 décembre 2014. © PIUS UTOMI EKPEI/AFP

Plus de trois mois après le décès du célèbre prédicateur, l’Église qu’il avait fondée et qui compte plusieurs millions de fidèles à travers le monde est plus divisée que jamais. Sa femme Evelyn, qui prend officiellement sa suite, sera-t-elle à la hauteur ?

Il est presque 10h30, ce dimanche 19 septembre. À travers le monde, des dizaines de milliers de personnes sont branchées sur la chaîne de télévision de la Synagogue, l’Église de toutes les nations (SCOAN), qui rend hommage ce jour-là à TB Joshua, prédicateur aussi charismatique que controversé, décédé le 5 juin dernier. Trois mois ont passé depuis la disparition du richissime télévangéliste (en 2011, Forbes évaluait sa fortune entre 10 et 15 millions de dollars), mais ses fidèles sont toujours sous le choc. Surtout, de profondes divisions et des querelles de succession minent la méga-Église qu’il avait fondée à la fin des années 1980.

À Lagos, la sécurité a été renforcée autour du bâtiment et les agents chargés de la surveillance des lieux sont presque plus nombreux que les fidèles et les employés de l’Église, dont beaucoup ont été licenciés par la nouvelle maîtresse des lieux : Evelyn, l’épouse de TB Joshua. « Ils ont tous dû faire leurs cartons, assure une personne rencontrée sur place. Certains ont été accusés de voler de l’argent, l’un d’entre eux a même été arrêté ! » Mais notre interlocuteur en est convaincu : ces problèmes sont essentiellement dus à une querelle de « leadership ».

Décédé à l’âge de 57 ans, sans que les causes de sa mort ne soit divulguées, TB Joshua n’avait pas préparé sa succession. Dès le 5 juin, un jeu de pouvoir a donc débuté en coulisses, les membres les plus influents et les plus anciens de l’Église pesant de tout leur poids pour reprendre le flambeau. Certains soutenaient la veuve du défunt, tandis que d’autres arguaient que leur nouveau chef devait être choisi parmi les plus proches collaborateurs de TB Joshua.

Evelyn Joshua, en novembre 2020.
Twitter/@Mama__Evelyn

De fait, Evelyn n’était pas un pilier de la SCOAN. Elle n’était même pas très impliquée dans ses activités avant la mort de son époux. Mais ses soutiens ont demandé aux tribunaux d’accepter qu’elle soit nommée au conseil d’administration, ce que la justice a formellement accepté, et c’est cela qui, le 11 septembre, a permis sa désignation en tant que cheffe de l’Église.

Vive opposition

Cette séquence, les dirigeants de la SCOAN ne l’ont pas digérée, eux qui avaient veillé à la laisser dans l’ignorance des activités les plus importantes de l’organisation après le 5 juin. À peine Evelyn s’est-elle installée dans ses nouvelles fonctions qu’il est d’ailleurs apparu clairement qu’elle allait être confrontée à une vive opposition.

Une fronde est née dans les rangs de la SCOAN, lui reprochant de s’être « unilatéralement proclamée cheffe de l’Église » et contestant la régularité de sa nomination. Selon les mécontents, qui se sont réunis sous le nom de Congrès mondial de la SCOAN, Evelyn « a affirmé [qu’]une congrégation de 2 000 membres de l’Église l’avait nommée ». « C’est ridicule, poursuivent les frondeurs. Où la réunion s’est-elle tenue ? Deux mille personnes peuvent-elles choisir le leader d’une Église qui compte des millions de membres partout dans le monde et sur les cinq continents ? »

La liste de leur griefs est longue. « Le pasteur TB Joshua n’a jamais dirigé l’Église sur la base du profit. Aujourd’hui, il y a un projet de la nouvelle dirigeante auto-proclamée, Evelyn Joshua, qui veut commercialiser chaque activité de l’Église. Mais elle n’est pas pasteur. Elle n’a jamais été ointe par le pasteur Joshua. Comment peut-elle se présenter comme le nouveau leader ? »

À cette situation confuse s’ajoutent des rumeurs selon lesquelles des membres accusés de vol ont été arrêtés. La nouvelle direction de la SCOAN aurait-elle entrepris de régler ses comptes, ainsi que le laissent entendre certains ? Non, répond l’entourage d’Evelyn Joshua, qui explique qu’un audit complet des activités de l’Église depuis la mort de son époux a été ordonné « pour sécuriser certains actifs essentiels ». « De nombreux détournements ont été perpétrés au cours des derniers mois », précise James Akhigbe, chef du service juridique de la SCOAN, qui évoque des « actes inimaginables ». La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) a officiellement été saisie pour enquêter sur les soupçons de détournement.

ILS ONT ÉTABLI UN CONSEIL D’ADMINISTRATION ET SONT ALLÉS SE SERVIR DANS LES COFFRES EN PLEINE NUIT », ASSURE UNE SOURCE

« Ces fraudes ont fait de beaucoup [des dirigeants de l’Église] des multimillionnaires après la mort de TB Joshua, accuse une source citée dans le Guardian, un journal local. Ils sont près de vingt. Ils ont ont mis la main sur les activités de l’Église juste après la mort de TB Joshua et ne voulaient pas entendre parler de sa femme. Ils ont établi un conseil d’administration et sont allés se servir dans les coffres en pleine nuit. »

Dans ses premiers déclarations en tant que nouvelle cheffe de la SCOAN, Evelyn Joshua a joué la carte de l’apaisement. « Je ne suis qu’une servante qui, sous la direction du Saint-Esprit, fera équipe avec vous tous pour diriger les affaires de ce grand ministère », a-t-elle lancé, avant de répéter que feu son mari demeurait « le fondateur et le surveillant général » de l’Église. Mais alors que l’édifice bâti par TB Joshua menace de se fissurer de toutes parts, elle va avoir fort à faire pour maintenir l’influence d’une Église qui compte encore plusieurs millions de fidèles.

Avec Jeune Afrique par Dele Yusuf – pour The Africa Report

Côte d’Ivoire: cérémonie de levée du corps de Charles Konan Banny, en l’église Saint François-Xavier d’Abidjan

septembre 21, 2021

Avec Ivoire TV5

France-Abus sexuels dans l’Eglise: à Reims, la parole libérée des victimes

septembre 15, 2021
Abus sexuels dans l'Eglise: a Reims, la parole liberee des victimes
Abus sexuels dans l’Eglise: à Reims, la parole libérée des victimes© AFP/FRANCOIS NASCIMBENI

« Regarder en face » les cas d’abus sexuels, « accueillir la parole des victimes »: l’archevêque de Reims à ouvert mardi une série de quatre réunions publiques inédites dans le diocèse, avant un attendu rapport de la Commission indépendante mise en place par l’Église catholique au niveau national.

« On m’a volé mon corps d’enfant. J’ai 51 ans et mon âme à huit ans ». Sur la scène de la petite salle de spectacles de la maison diocésaine Saint-Sixte à Reims (Marne), Laurent Martinez joue son propre rôle devant une centaine de personnes.

Violé à huit ans par un prêtre d’une école catholique de la région lyonnaise, il en a conçu « Pardon », une pièce puissante et sensible jouée en préambule des échanges.

« C’est mon histoire ! J’avais dix ans. Et j’avais 64 ans quand j’en ai parlé pour la première fois à mon évêque » raconte Francis, la voix secouée de sanglots. « En mai-juin, j’ai eu l’occasion d’en parler avec mes enfants. Mon fils aîné m’a dit qu’il était content que je parle » et « qu’il s’en doutait parce que je ne parlais jamais de mon enfance », poursuit-il.

« Perdu la foi »

Quelques fauteuils plus loin, un autre retraité prend la parole. « J’ai été violé dans mon enfance par un prêtre de Reims. Cette expérience, je l’ai refoulée. Pour pouvoir parler, il faut être écouté. Je n’ai pas trouvé d’interlocuteur » confie-t-il d’une voix basse et tendue.

« Voilà comment j’ai perdu la foi », après « une éducation et une scolarité très catholiques », ajoute-t-il. « Je me suis arrangé pour que mes enfants ne soient pas baptisés, qu’ils n’aillent pas à l’Église ».

Pour lui, le problème reste que « l’Église pense que la loi de Dieu est supérieure à celle des hommes ». L’homme s’éclipse ensuite discrètement de la salle.

« L’enfant est une proie facile. J’avais été repéré comme le faible dans le troupeau. Un pédophile fait toujours comme ça », déplore devant le public Laurent Martinez, l’auteur de la pièce.

Face à lui, une responsable d’association, chargée d’accompagner les enfants victimes, témoigne: « vous avez bien décrit combien les victimes sont dévastées. La parole fait sortir du secret ». « Dans l’Église le silence a duré trop longtemps. C’est ce silence qui me faisait mal. Il faut en finir ! » lance aussi, nerveuse, une jeune membre d’une autre association catholique féminine.

Chiffres « effrayants »

« Enfin, il y a un débat dans ce diocèse qui bruissait de rumeurs de comportements inappropriés. Mais que de temps perdu ! », regrette un intervenant.

« Nous sommes au début du chemin », concède l’archevêque de Reims, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la conférence des évêques de France depuis 2019. « Mais on sait maintenant ce que l’on ne voulait pas voir: la souffrance des victimes » poursuit-il, qualifiant les prises de parole de cette soirée de « première nécessité ».

Une enquête dans les archives du diocèse de Reims-Ardennes a révélé « qu’il y avait eu, depuis les années 50 jusqu’à aujourd’hui, 11 cas de prêtres coupables », dévoile Mgr de Moulins-Beaufort.

« Je crains que, le 5 octobre, le rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église ne rende des chiffres considérables, effrayants » affirme-t-il.

Créée en 2018, après la révélation de plusieurs scandales, et commandée par l’épiscopat et les instituts religieux, la Ciase est chargée d’enquêter sur les agressions sexuelles sur mineurs dans l’Église depuis 70 ans.

Elle s’est appuyée sur de nombreuses archives de l’Église, de la presse ou de la justice, une enquête portant sur un échantillon représentatif de la population générale, ou encore un appel à témoignages effectué via une plateforme d’appels téléphoniques pendant près de 18 mois.

En mars, elle avait révélé un chiffre provisoire « d’au moins 10.000 » victimes depuis 1950.

« Il faut que les victimes sachent que si elles parlent, elles seront maintenant entendues » s’engage Mgr de Moulins-Beaufort.

Par Le Point avec AFP

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Avec France24