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Canada-Québec/Trois-Rivières: L’identité des acheteurs anonymes des églises dévoilée

novembre 1, 2020
Maintenant que les documents liés aux transactions sont publiés au registre foncier, Radio-Canada a pu confirmer l’identité des acheteurs de 3 des 4 églises qui ont souhaité jusqu’ici garder l’anonymat. Les montants des transactions figurent aussi dans les dossiers.

L'église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses sur le boulevard Saint-Maurice, à Trois-Rivières.

© Jean-François Fortier/Radio-Canada
 
L’église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses sur le boulevard Saint-Maurice, à Trois-Rivières.Les documents révèlent que l’acheteur est une compagnie à numéro. Une recherche au registre des entreprises nous apprend que la compagnie 9426-7440 Québec inc. a été constituée 10 jours avant la transaction. Ses administrateurs sont Sébastien Manseau, Olivier Nolin, Réjean Nolin, Nobert Levasseur et Kevin Dauphinais.

Réjean et Olivier Nolin, anciennement propriétaires de Trévi Trois-Rivières, sont maintenant propriétaires de Motosport Mauricie Bois-Franc et Nordikmotor. Quant à Nobert Levasseur, il est un homme d’affaires bien connu au Centre-du-Québec et en Estrie.

Leur président Sébastien Manseau est promoteur immobilier. Il travaille avec Kevin Dauphinais, lui-même propriétaire de Pyrrhotite Expert.

Les transactions pour trois des quatre églises ont été conclues le 22 octobre. La transaction concernant l’église Jean-XXIII n’a pas encore été officialisée, mais la même compagnie s’en porte acquéreur.

Une semaine houleuse

«Ça fait une semaine qu’on est propriétaire et déjà je suis déjà brûlé, vidé», soupire le président de la compagnie, Sébastien Manseau. L’entrepreneur est excédé par la tournure des événements entourant la transaction. Il raconte avoir reçu des messages haineux et des graffitis sont apparus sur les églises.

S’il avoue qu’il aurait préféré rester anonyme pour le moment, il souhaite maintenant rassurer la population sur leur volonté de bien faire les choses. Il rappelle que les partenaires ont grandi à Trois-Rivières. Il assure comprendre les réticences des citoyens devant la démolition des églises. «Éventuellement, même si c’était pas nous, quelqu’un va le faire», estime le promoteur.

«Ce qu’on veut, c’est que la population sache qu’on va faire de quoi de bien, qu’on tente de faire de quoi de bien, si on réussit sans se faire mettre des bâtons dans les roues», ajoute M. Manseau. À titre d’exemple, il cite le projet de logements sociaux qu’ils souhaitent réaliser sur le site de l’église Sainte-Marguerite.

La transaction pour l’achat de l’église Jean-XXIII devrait être complétée au cours des prochains jours. Les organismes délogés des autres églises pourront y être relocalisés gratuitement en attendant qu’un projet s’y installe, assurent les promoteurs. Ceux-ci avouent qu’obtenir l’autorisation de démolir une église est plus complexe qu’anticipé, mais ils entendent collaborer avec la Ville pour aller de l’avant dans le respect des règles en vigueur.

Par CBC/Radio-Canada avec les informations d’Amélie Desmarais

Au Gabon, la fronde des chrétiens face aux mesures anti-Covid

octobre 21, 2020
Une église de Libreville, au Gabon.

Les tensions s’accentuent entre les chrétiens et le gouvernement gabonais autour de la date de réouverture des lieux de culte. Prêtres et pasteurs s’affirment déterminés à célébrer les offices dès le 25 octobre, malgré le risque d’amendes.

Les âpres négociations menées depuis plusieurs mois entre le gouvernement et les principaux responsables chrétiens du Gabon pour l’ouverture des lieux de culte vont-elles déboucher sur un conflit ouvert ?

Après six mois de fermeture des temples et églises en raison des contraintes sanitaires liées au coronavirus dans ce pays majoritairement chrétien, les prêtres catholiques et les pasteurs protestants semblent bel et bien décidés à reprendre les offices religieux à compter du 25 octobre – contre l’avis du gouvernement qui, lui, a fixé la réouverture des lieux de culte au 30 octobre.

« Quitter la peur »

L’archevêque de Libreville a encore enfoncé le clou, ce dimanche 18 octobre, dans une homélie filmée et diffusée sur internet à l’intention des fidèles qui ne peuvent plus se rendre dans les églises. « Le 25 octobre, aucune porte de nos paroisses ne restera fermée », a lancé Mgr Jean-Patrick Iba-Bâ, chasuble verte sur les épaules, alors qu’il célébrait l’office dans la cathédrale Sainte-Marie.

Un discours dans la droite ligne de celui de Mgr Jean-Vincent Ondo Eyene, évêque d’Oyem. « Il vaut mieux mourir martyr que de laisser Dieu se faire insulter. Je nous le redis, quittons la peur ! Un évêque reste un serviteur de Dieu. Il ne doit pas se laisser berner par le pouvoir », avait-il lancé lors de la conférence épiscopale du Gabon, le 4 octobre.

C’est cependant Mgr Jean-Patrick Iba-Bâ, qui a remplacé Mgr Basile Mvé Engone à la tête du diocèse de Libreville en mars dernier, qui semble mener la fronde. Dans un courrier daté du 13 octobre dans lequel il détaille son « décret », il avait déjà annoncé « l’ouverture de toutes les paroisses de l’archidiocèse de Libreville » pour le 25 octobre et promis la célébration des messes « dans toutes les paroisses, aux heures habituelles ».

Pas avant le 30 octobre

Trois jours plus tard, Lambert-Noël Matha, le ministre de l’Intérieur, était revenu à la charge pour réitérer l’intention du gouvernement de fixer la date de réouverture des lieux de culte au 30 octobre.

Ce dernier a par ailleurs précisé les conditions dans lesquelles pourraient être célébrés les cultes : « la délivrance d’une autorisation spéciale par le ministre de la Santé et celui de l’Intérieur » sera nécessaire, un maximum de 30 fidèles sera accepté par office religieux, la distanciation physique devra être respectée – les accolades seront donc interdites – et, pour les catholiques, la communion est suspendue.

« La durée maximale de chaque célébration doit varier entre 45 minutes et une heure », et les lieux de culte ne sont autorisés à ouvrir qu’un seul jour par semaine, a en outre précisé le ministre. Ensuite, « le paiement de la dîme se fera par voie électronique, transfert, ou dans une enveloppe fermée. En outre, les fidèles [devront] également remplir un fichier électronique pour donner les renseignements personnels qui permettraient de prévenir ou de retrouver des cas contacts [s’il y avait] contamination ».

« Deux poids, deux mesures »

Les catholiques ne sont pas les seuls responsables religieux que le gouvernement peine à convaincre. Depuis des mois, la Fédération libre des assemblées et ministères évangéliques (Flame), emmenée par le révérend Louis Mbadinga, demande la réouverture des Églises de réveil.

Le pasteur protestant Pierre Bongolo, qui officie à Libreville, s’étonne ainsi de constater « deux poids, deux mesures » entre les contraintes imposées aux lieux de culte et celles, plus légères, qui pèsent sur les marchés et supermarchés, les écoles ou encore les administrations. « Qu’on demande au secteur publique de travailler une fois par semaine, on verra bien ! »

CELA RESSEMBLE À UNE VOLONTÉ DE TOUT CONTRÔLER, UNE PRIVATION DE LIBERTÉS

« Cela ressemble à une volonté de tout contrôler, une privation de libertés », se plaint le pasteur Georges Bruno Ngoussi, de l’église Nazareth. Figure de la société civile gabonaise, le pasteur évoque même une « arnaque ». « J’ai entendu qu’il faut des tests de dépistage, or ceux-ci coûtent 5 000 F CFA [7,6 euros]. Comment un Gabonais qui a parfois du mal à gagner 1 000 F CFA par jour va-t-il faire pour payer son test ? » s’interroge-t-il. Le pasteur se dit prêt à braver l’interdiction d’ouvrir les lieux de culte, le 25 octobre, sans craindre les sanctions prévues, parmi lesquelles une amende de 5 millions de F CFA.

La communauté musulmane, de son côté, n’est pas montée au créneau, saluant au contraire la réouverture des lieux de culte à la fin du mois. « C’est un grand pas d’avoir ouvert nos mosquées. Nous remercions les autorités pour cette évolution », a déclaré sur la télévision nationale l’imam Youssouf Nziengui, membre du Conseil supérieur des affaires islamiques.

Enfin, les pratiquants du bwiti, la spiritualité traditionnelle du Gabon, sont toujours soumis, officiellement, aux limitations des rassemblements fixées à 30 personnes. Ils ne se sont pas exprimés ouvertement pour demander un allègement des mesures barrières.

Avec Jeune Afrique par Caroline Chauvet

Canada-Québec: Cri du cœur pour sauver neuf églises dans la MRC des Chenaux

juin 25, 2020

Une campagne de financement sera lancée d’ici quelques jours pour soutenir les neuf églises de deux paroisses dans la MRC des Chenaux.
© FRANÇOIS GERVAIS Une campagne de financement sera lancée d’ici quelques jours pour soutenir les neuf églises de deux paroisses dans la MRC des Chenaux.
SAINTE-GENEVIÈVE-DE-BATISCAN — La santé financière des églises de la région n’était déjà pas très reluisante avant le début de la pandémie de COVID-19. Avec le confinement des derniers mois, la situation est devenue encore plus alarmante. C’est pourquoi les paroisses de Sainte-Élizabeth et de Saint-Laurent-de-la-Moraine, qui regroupent neuf municipalités de la MRC des Chenaux et autant d’églises, lancent un appel à l’aide aux citoyens pour tenter de les sauver.«Depuis le 13 mars, il n’y a aucun revenu qui rentre. La campagne annuelle (dîme, contribution volontaire ou capitation) a été annulée, puisque la plupart de nos bénévoles ont plus de 70 ans. Les quêtes le dimanche ou lors des funérailles, il n’y en a plus», résume René Beaudoin, historien et président d’assemblée des deux Fabriques.

Quant aux revenus qu’apportent les baptêmes et les mariages, il faut aussi faire une croix dessus: nombreuses sont les cérémonies religieuses qui ont été annulées ou reportées à l’an prochain en raison de l’interdiction des rassemblements intérieurs et extérieurs.

Les Fabriques ont bénéficié de la prestation canadienne d’urgence (PCU) pour payer les quelques employés mis au banc en attendant qu’un semblant de vie normale reprenne. Mais cette aide gouvernementale ne permettra pas de chauffer les églises, de les éclairer et d’en payer les assurances, ce qui coûte en moyenne 30 000 $ annuellement, par bâtiment.

Résultat: les caisses sont vides et le président d’assemblée ne voit pas comment les neuf églises pourront payer des frais qu’il leur était déjà difficile d’assumer en temps normal. Or, sachant que la situation financière de nombreuses églises était déjà problématique, René Beaudoin estime que cette nouvelle tuile qui leur tombe dessus raccourcit nettement leur espérance de vie.

«Avant la pandémie, la perspective était de trois à cinq ans pendant lesquels on n’aurait pas à s’inquiéter, avec ce qu’on avait comme argent et comme perspectives de dons. Mais là, c’est réduit de un à cinq ans», prévient-il.

Pour tenter de sauver les meubles, les deux Fabriques lanceront sous peu la campagne de financement Adoptez une église. Les résidents de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Sainte-Geneviève-de-Batiscan, Saint-Prosper, Saint-Stanislas, Batiscan, Champlain, Saint-Luc-de-Vincennes, Saint-Maurice et Saint-Narcisse recevront donc sous peu une lettre par la poste pour participer à cette campagne.

«On n’a pas fixé d’objectif pour chacune des communautés. Ce qu’on espère, c’est aller chercher au moins le même montant que les années précédentes, soit 15 000 à 25 000 $ par communauté. Ce dont on rêve, c’est d’avoir assez pour payer les frais fixes, qui varient entre 30 000 $ et 49 000 $ par communauté», indique M. Beaudoin.

René Beaudoin

© OLIVIER CROTEAU René Beaudoin
Il sera possible de retourner un chèque aux Fabriques par la poste, de le déposer dans une enveloppe au presbytère de chaque municipalité ou encore de faire un don par virement bancaire en ligne.Choix difficiles en vue

Même si cette campagne devait permettre aux églises de payer leurs frais fixes cette année, René Beaudoin ne se fait pas d’illusions sur l’avenir de plusieurs d’entre elles. Il enjoint à nouveau aux Fabriques de constituer des comités chargés de penser à leur futur. Est-il possible de conserver la vocation religieuse de leur lieu de culte ou doivent-ils plutôt lui trouver une nouvelle fonction, quitte à le vendre?

«Il faut arriver à enlever nos lunettes roses et vraiment regarder la réalité en face. Il y a des paroisses qui ont dit au Diocèse: “on n’a pas de problème, on a de l’argent dans des placements qu’on peut aller chercher”. Mais en allant chercher de l’argent dans la réserve, ça n’assure pas la longévité», prévient-il.

L’historien suggère aux communautés de penser plus tôt que tard à des alternatives qui permettraient de préserver le bâtiment, même si c’est pour être vendu à un propriétaire privé ou à une Municipalité.

«La pandémie risque d’accélérer les fermetures d’églises. Et pour celles qui ont des projets pour céder l’église, en attendant que ça se concrétise, il faut quand même payer les factures pour que la bâtisse ne se détériore pas parce qu’elle n’est pas chauffée pendant l’hiver. Si la collectivité ne contribue pas financièrement dans l’immédiat, c’est sûr que ça hypothèque des projets», affirme M. Beaudoin.

Initiative reportée

Une journée de réflexion sur l’avenir des églises en Mauricie avait eu lieu en novembre dernier, à Trois-Rivières. Une centaine de participants avaient alors pu entendre des présentations de divers intervenants sur la situation du patrimoine religieux et avaient participé à un atelier de type tempête d’idées pour trouver des idées de projets pour des églises. Une seconde journée devait avoir lieu à la fin du mois d’avril, mais en raison de la pandémie, l’activité a bien entendu été annulée.

«On devait donner un certain nombre d’exemples de ce qui peut se faire avec les églises, des exemples de démarches et de comment mettre en place des comités avec les personnes intéressées dans les municipalités», résume M. Beaudoin.

L’idée de tenir une telle activité n’est pas reléguée aux oubliettes, mais M. Beaudoin, qui avait contribué à organiser et à animer la première journée de réflexion, ignore pour le moment quand elle pourra avoir lieu et sous quelle forme.

Les Fabriques doivent se préparer à la vente de leur église s’il n’est plus possible financièrement de conserver sa vocation religieuse, prévient René Beaudoin. Sur la photo, l’église Sainte-Marie-Madeleine, qui a été vendue à un promoteur privé. Le projet de ce dernier se fait toutefois encore attendre.

© FRANÇOIS GERVAIS Les Fabriques doivent se préparer à la vente de leur église s’il n’est plus possible financièrement de conserver sa vocation religieuse, prévient René Beaudoin. Sur la photo, l’église Sainte-Marie-Madeleine, qui a été vendue à un promoteur privé. Le projet de ce dernier se fait toutefois encore attendre. «J’en suis à me poser la question sur ce qu’on va faire», indique-t-il.
Avec Le Nouvelliste

France: Des églises de l’agglomération de Bordeaux cibles de tags injurieux

janvier 19, 2020

Une demi-douzaine d’églises ont été la cibles de tags injurieux envers l’Eglise dans la nuit de samedi à dimanche.

Une demi-douzaine d’églises de Bordeaux et de son agglomération ont été la cibles de tags injurieux envers l’Eglise, dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19 janvier, des inscriptions sans doute liées à l’actualité.

Au moins cinq églises à Bordeaux, et une à Talence, ont été visées par ces graffitis insultants, découverts dimanche matin sur le portail ou sur les murs, et «sans doute de la même main», a indiqué le diocèse de Bordeaux.

Certains tags faisaient référence à la pédophilie, ou «de manière opportuniste» se voulaient «vraisemblablement liés à l’actualité», que ce soit le procès de l’ex-père Preynat ou les manifestations anti-PMA de dimanche à Paris, a estimé un porte-parole du diocèse.

Le vicaire général, le père Samuel Volta a dit le diocèse «attristé pour le sens du vivre-ensemble», et la communauté catholique «meurtrie par ces comportements, qui sont à l’opposé de la paix que nous recherchons pour notre ville».

Le maire LR de Bordeaux Nicolas Florian a, dans un tweet, «condamné ces actes avec la plus grande fermeté».

Le maire centriste de Talence Emmanuel Sallaberry a dénoncé des actes «odieux et méprisants». Tous deux ont indiqué qu’une plainte était ou allait être déposée. Les tags étaient en cours d’effacement, dimanche après-midi, par des entreprises de nettoyage.

Par Le Figaro avec AFP

France: la carte bancaire fait son entrée dans les églises des pasteurs congolais

janvier 18, 2018

 

Et si la carte bancaire peut être plus efficace dans la quête?
La quête numérique. Plusieurs églises tenues par des pasteurs congolais de Kinshasa ou de Brazzaville, en région parisienne, ont franchi le pas depuis quelques mois. Un service rendu aux fidèles utilisant de moins en moins les billets et les pièces de monnaie. Qui ne s’est pas retrouvé un jour, au cœur d’une célébration, sans pièce à déposer dans la corbeille passant de main en main ?

On n’arrête décidément pas le progrès : pour tenter de redonner un peu plus de vigueur aux dons du culte, les pasteurs congolais ont décidé d’accepter les cartes bancaires.

Conséquence de l’insécurité, de moins en moins des chrétiens transportaient sur eux d’importantes sommes d’argent destinées aux offrandes et dîmes de l’Eglise.

A leur place, tous les dimanches, les fidèles trouvent des lecteurs des cartes bancaires dans lesquels ils peuvent introduire leur carte bancaire et indiquer le montant de leur obole.

La carte bancaire est, de plus en plus, le mode de paiement préféré en France, loin devant les chèques en sérieuse perte de vitesse.

Les modes de consommation changent. Signe qui ne trompe pas : l’Église, elle-même, s’y met à son tour.

Les fidèles n’ont pas été surpris par cette petite révolution.

Drôle d’époque !

Les Echos du Congo Brazzaville par Jean-Jacques Jarele SIKA /

Egypte: au moins 36 morts dans deux attentats contre des églises

avril 9, 2017

Deux attentats à la bombe ont visé dimanche des églises coptes en Egypte, faisant au moins 25 morts à Tanta, au nord du Caire, et 11 morts à Alexandrie, trois semaines avant la visite du pape en Egypte.

Ces deux attentats n’ont pas été revendiqués dans l’immédiat, mais la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI) avait récemment appelé à viser la communauté copte.

La première explosion s’est déroulée peu avant 10H00 en pleine célébration des Rameaux dans l’église Mar Girgis de Tanta, une grande ville à une centaine de km du Caire dans le delta du Nil, au premier jour de la Semaine sainte.

Le bilan s’est rapidement aggravé, passant de 13 morts initialement à 25 morts et 78 blessés selon le ministère de la Santé.

« L’explosion a eu lieu aux premiers rangs, près de l’autel, durant la messe », a précisé à l’AFP le général Tarek Atiya, adjoint du ministre de l’Intérieur en charge des médias.

Quelques heures plus tard, une autre explosion a eu lieu à l’église Mar Morcos à Alexandrie, la grande ville du nord du pays, faisant 11 morts et 35 blessés.

Le pape copte Tawadros II assistait aux célébrations dans cette église. Il « se porte bien » et avait quitté l’église avant l’attentat, a indiqué à l’AFP son secrétaire particulier, le père Angelos.

A Tanta, des images diffusées par la chaîne de télévision privée Extra news ont montré le sol et les murs blancs de l’église couverts de sang, ainsi que des bancs en bois déchiquetés.

Après avoir inspecté les lieux, la police a établi un cordon de sécurité, devant lequel plusieurs personnes étaient rassemblées pour crier leur colère, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le gouverneur de Gharbiya le général Ahmad Deif a indiqué qu’il n’y a pas encore d’informations sur la nature de l’attentat. « Soit une bombe a été placée dedans, soit quelqu’un s’est fait exploser », a-t-il indiqué à la télévision Nile news.

-Attaques sanglantes-

Ces attentats interviennent 19 jours avant une visite du pape François prévue les 28 et 29 avril en Egypte.

« J’exprime mes profondes condoléances à mon cher frère, sa sainteté le pape Tawadros II, à l’Eglise copte et à toute la chère nation égyptienne. Je prie pour les défunts et les blessés », a réagi le pontife argentin.

Le Premier ministre Chérif Ismaïl a condamné l’attentat de Tanta, soulignant « la détermination de l’Etat à éradiquer de tels actes terroristes, et éliminer à la racine le terrorisme noir ».

Parallèlement, Al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite basée au Caire, a condamné « un attentat terroriste lâche ».

Ces nouvelles attaques interviennent quatre mois après un attentat suicide spectaculaire qui avait frappé le 11 décembre au Caire l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, contigüe de la cathédrale copte Saint-Marc, également en pleine célébration, faisant 29 morts.

Les Coptes orthodoxes d’Egypte représentent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient, constituant 10% des 92 millions d’Egyptiens, et l’une des plus anciennes.

Ils se disent victimes de discriminations dans tout le pays de la part des autorités et de la majorité musulmane.

L’attaque du Caire avait relancé les appels à durcir la lutte contre la mouvance jihadiste en Egypte, en particulier dans le Sinaï où elle a mené une série d’attaques sanglantes contre les forces de sécurité.

La branche locale de l’EI avait revendiqué un attentat à la bombe ayant coûté la vie, le 31 octobre 2015, aux 224 occupants d’un avion transportant des touristes russes après son décollage de Charm el-Cheikh, station balnéaire dans le sud du Sinaï.

Le premier avril, un policier a été tué et quinze personnes ont été blessées lors de l’explosion d’une moto piégée à l’extérieur d’un centre de formation de la police à Tanta.

Par ailleurs, l’église Mar Girgis de Tanta avait indiqué fin mars sur sa page Facebook qu’un « objet suspect » avait été retrouvé devant le bâtiment et qu’une équipe de démineurs l’avait récupéré et transporté « dans un véhicule spécial ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 avril 2017 14h21)