Posts Tagged ‘Egypte’

Égypte: des personnalités appellent au boycott de la présisentielle

janvier 28, 2018

Des signatures en faveur de la candidature du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour un deuxième mandat, le 24 janvier 2018 / © AFP / MOHAMED EL-SHAHED

Cinq personnalités égyptiennes ont appelé dimanche au boycott de la présidentielle prévue en mars pour laquelle le chef de l’Etat sortant Abdel Fattah al-Sissi est candidat à sa propre succession, accusant le régime « d’empêcher toute compétition loyale ».

M. Sissi, au pouvoir depuis 2014, est actuellement le seul candidat officiellement en lice pour l’élection dont le premier tour est prévu entre les 26 et 28 mars. Les aspirants à la présidence ont jusqu’à lundi pour déposer leur candidature.

L’appel de ces personnalités a été lancé alors que la course à la présidentielle, où M. Sissi part largement favori, a vu depuis quelques semaines plusieurs prétendants écartés par les autorités. D’autres se sont dits découragés, dénonçant des pressions sur leurs partisans.

Les signataires condamnent « toutes les mesures administratives et sécuritaires prises par le régime actuel pour empêcher toute compétition loyale lors de la prochaine élection » présidentielle.

Le texte, signé entre autres par deux anciens candidats à la présidentielle de 2012, Mohamed Anouar El-Sadate, le neveu de l’ancien président Sadate, et Abdel Moneim Aboul Foutouh, ancien dirigeant des Frères musulmans, appelle « notre grand peuple à boycotter totalement cette élection ».

Il dénonce aussi « le climat de peur » ayant accompagné le processus électoral ainsi qu' »un calendrier électoral ne donnant pas aux candidats une réelle chance de se présenter ».

Hicham Geneina, ex-président de l’Autorité de contrôle des comptes publics et grand pourfendeur de la corruption, a aussi signé le texte. Démis de ses fonctions en 2016 par le président Sissi, il était le responsable de campagne d’un candidat récemment écarté de la présidentielle, l’ex-chef d’Etat-major Sami Anan.

Il a été blessé samedi à l’arme blanche au Caire, son entourage évoquant un « motif politique » pour cette « attaque ». Sami Anan a été écarté de la présidentielle et selon des membres de sa campagne, ni sa famille, ni ses avocats n’ont pu le joindre depuis sa comparution mardi devant un procureur militaire.

Le texte appelant au boycott a également été signé par Hazem Hosni, professeur de sciences politiques à l’université du Caire et Essam Heggy, un éminent scientifique égyptien.

Mercredi, l’avocat défenseur des droits de l’Homme Khaled Ali avait annoncé qu’il renonçait à se présenter à la présidentielle de mars.

D’autres adversaires potentiels ont été ces dernières semaines écartés ou découragés comme l’ancien Premier ministre Ahmed Chafiq.

Romandie.com avec(©AFP / 28 janvier 2018 21h50)

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Égypte/présidentielle: l’ex-Premier ministre Chafiq dit qu’il ne sera pas candidat

janvier 7, 2018

Le Caire – L’ancien Premier ministre égyptien Ahmed Chafiq a indiqué dimanche qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle prévue cette année, contrairement à ce qu’il avait annoncé fin novembre.

Dans un communiqué publié sur son compte Twitter, M. Chafiq a affirmé qu’après son expulsion début décembre des Emirats arabes unis, où il était en exil, et son retour au Caire, il s’était « rendu compte » qu’il n’était « pas la meilleure personne » pour le poste.

Le fait d’avoir vécu aux Emirats arabes unis depuis 2012 ne « m’a peut-être pas permis de suivre attentivement ce qu’il se passait de nouveau (en Egypte), ses progrès et ses succès », a expliqué cet ex-Premier ministre de Hosni Moubarak, qui avait été nommé peu de temps avant la chute de ce dernier en 2011.

Candidat à l’élection présidentielle de 2012 et défait par l’islamiste Mohamed Morsi, M. Chafiq avait ensuite dû faire face à la justice pour corruption. Acquitté, il s’était alors réfugié aux Emirats arabes unis.

L’actuel président égyptien Abdel Fattah al-Sissi n’a pas encore officiellement annoncé son intention de briguer un second mandat.

Romandie.com avec(©AFP / 07 janvier 2018 16h40)

Neuf morts dans une attaque contre une église au sud du Caire

décembre 29, 2017

Des membres de la police judiciaire inspectent le site d’une attaque contre une église au sud du Caire, le 29 décembre 2017 / © AFP / STRINGER

Neuf personnes ont été tuées vendredi au sud du Caire dans une attaque contre une église menée par jihadiste armé, la dernière en date à viser la minorité chrétienne depuis le début de l’année en Egypte, selon les autorités.

L’attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat, mais les chrétiens d’Egypte, les coptes, ont été déjà la cible cette année de deux attaques d’envergure qui ont fait plus de 70 morts et ont été revendiquées par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Dans un premier temps, le porte-parole du ministère de la Santé Khaled Megahed a indiqué que l’assaillant avait été abattu après avoir tué neuf personnes et blessé plusieurs autres dans l’attaque contre l’église Saint Mina à Helouane, dans la banlieue sud du Caire.

Mais le ministère de l’Intérieur a ensuite précisé dans un communiqué que l’assaillant, un jihadiste recherché pour des attaques contre la police, avait été blessé et arrêté.

L’homme était armé de fusils d’assaut, de munitions et d’une bombe qu’il avait l’intention de faire exploser dans l’église, a-t-il poursuivi. Il a d’abord tué deux personnes en ouvrant le feu sur un magasin puis s’est dirigé vers l’église et en a tué sept autres, dont un officier.

Cinq gardes de sécurité ont été blessés, selon des responsables de la police. L’assaillant a ouvert le feu à l’extérieur de l’église Saint Mina et tenté de donner l’assaut au bâtiment, ont-ils précisé.

Dans un communiqué, la présidence égyptienne a affirmé que cette attaque « renforcerait la détermination (du gouvernement) à débarrasser le pays du terrorisme et de l’extrémisme ».

– ‘Acte de haine’ –

Des images vidéo diffusées sur les réseaux sociaux montrent l’assaillant présumé, un homme barbu portant une veste avec des munitions étendu sur le sol, qui semble être peu conscient, alors que des gens le menottent.

La police a ensuite interdit l’accès aux passants du lieu de l’attaque qui survient avant le Noël copte célébré le 7 janvier. Des experts de la police judiciaire étaient sur place pour prélever des indices.

Dans une première réaction publique occidentale, la France a condamné un « acte de haine » et renouvelé son « soutien dans la lutte contre le terrorisme », selon le ministère des Affaires étrangères.

Depuis décembre 2016, des dizaines de chrétiens, essentiellement des Coptes, ont été tués dans des attentats contre des églises ou des attaques ciblées dans la péninsule du Sinaï (est) et ailleurs dans le pays.

Le 11 décembre 2016 au Caire, un attentat suicide contre l’église copte Saint-Pierre et Saint-Paul, a fait 29 morts. L’attentat a été revendiqué par l’EI.

En avril 2017, 45 personnes ont été tuées dans deux attaques suicide revendiquées par l’EI en pleine célébration des Rameaux à Alexandrie, deuxième ville du pays, et à Tanta, dans le nord du pays.

C’est à la suite de cette double attaque que le président Abdel Fattah Al-Sissi a décrété l’état d’urgence, renouvelé sans discontinuité depuis.

– Attaques et menaces de l’EI –

Après ces attaques, le groupe jihadiste a menacé de mener de nouvelles attaques contre la communauté copte.

En mai, le groupe jihadiste a revendiqué une attaque contre un bus de pèlerins coptes qui s’était soldée par la mort de 28 personnes, dont plusieurs enfants.

Les coptes, pour l’immense majorité orthodoxes, constituent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l’une des plus anciennes.

Ils représentent 10% des quelque 96 millions d’habitants et sont présents dans tout le pays, avec des concentrations plus fortes en Moyenne-Egypte. Ils sont faiblement représentés au gouvernement et se disent marginalisés.

Depuis 2013 et la destitution par l’armée du président islamiste élu Mohamed Morsi, des groupes jihadistes dont la branche égyptienne de l’EI attaquent les forces de sécurité principalement dans le nord du Sinaï.

De nombreux policiers et soldats, ainsi que des civils, ont été tués dans ces attaques. Mais la branche locale de l’EI s’en est également prise aux civils, notamment les chrétiens, dans le Sinaï et ailleurs dans le pays.

L’EI est par ailleurs soupçonné d’être derrière une attaque ayant fait plus de 230 morts contre une mosquée de l’est de l’Egypte le 24 novembre, l’attentat le plus meurtrier dans l’histoire récente du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 29 décembre 2017 15h08)                

Égypte: pendaison de 15 hommes jugés coupables de « terrorisme »

décembre 26, 2017

Le Caire – Quinze hommes reconnus coupables d’attaques « terroristes » contre des militaires et des policiers ont été exécutés par pendaison mardi en Egypte, ont indiqué des responsables de la police.

Il s’agit de la plus importante exécution collective en Egypte depuis la pendaison de six jihadistes en 2015.

Ces exécutions ont eu lieu dans deux prisons où étaient détenus ces hommes condamnés à mort par des tribunaux militaires pour des attaques commises dans la région du Sinaï (est), en proie à une insurrection jihadiste.

Elles interviennent une semaine après une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) contre un aéroport militaire du Nord-Sinaï pendant une visite dans la région des ministres de la Défense, Sedky Sobhy, et de l’Intérieur Madgy Abdel Ghaffar.

Depuis la destitution par l’armée du président islamiste élu Mohamed Morsi en 2013, des groupes extrémistes attaquent régulièrement les forces de sécurité égyptiennes, en particulier dans le Nord-Sinaï.

Des centaines de soldats et de policiers sont morts dans ces attaques, ainsi que nombreux civils.

Les tribunaux égyptiens ont condamné à mort des centaines de personnes pour les violences qui ont accompagné la destitution du président Morsi en 2013, mais la plupart des accusés ont fait appel ou obtenu l’organisation de nouveaux procès de première instance.

Romandie.com avec(©AFP / 26 décembre 2017 10h34)                                            

Égypte: nouvelle tranche de prêt du FMI d’environ 2 milliards

décembre 20, 2017

Le Fonds monétaire international souligne qu’avec cette troisième tranche, environ 6,08 milliards ont déjà été décaissés / © AFP/Archives / BRENDAN SMIALOWSKI

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé mercredi avoir approuvé l’octroi d’une nouvelle tranche de prêt de quelque 2,03 milliards de dollars en faveur de l’Egypte.

Il s’agit de la troisième tranche accordée dans le cadre d’un vaste plan d’aide d’un montant total de 12 milliards de dollars qui avait été annoncé en novembre 2016.

Avec cette troisième tranche, ce sont environ 6,08 milliards qui ont déjà été décaissés, a souligné le FMI dans un bref communiqué.

En échange de ce plan d’aide international, le gouvernement égyptien s’était engagé à des réformes drastiques, adoptant une nouvelle taxe sur la valeur ajoutée (TVA), taillant dans les subventions publiques allouées à l’énergie et libérant en novembre le taux de change de la livre égyptienne.

En septembre, le FMI s’était dit satisfait des réformes engagées par ce pays bien qu’il soit en proie à une inflation galopante.

L’Egypte avait été plongée dans une grave crise économique après la révolte de 2011 qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak.

Le 5 décembre, le comité directeur de la Banque mondiale avait approuvé une troisième tranche de prêt de 1,15 milliard de dollars pour soutenir les réformes, dynamiser les créations d’emplois, assurer une sécurité dans le secteur de l’énergie, renforcer les finances publiques et améliorer la compétitivité des toutes petites, petites et moyennes entreprises.

Romandie.com avec(©AFP / 20 décembre 2017 18h01)                

Le pape des coptes d’Égypte refuse de rencontrer le vice-président américain

décembre 9, 2017

Le Caire – Le pape Tawadros II de l’Église copte orthodoxe d’Égypte a annulé une rencontre avec le vice-président américain Mike Pence prévue en décembre au Caire, pour protester contre la décision unilatérale de Washington de déclarer Jérusalem capitale d’Israël, a annoncé l’Église samedi.

La décision annoncée mercredi par le président Donald Trump « a fait fi des sentiments de millions d’Arabes », a jugé l’Église dans un communiqué, ajoutant avoir décidé de ne pas recevoir Mike Pence au cours de sa visite en Egypte.

Cette décision intervient un jour après l’annulation par le grand imam d’Al-Azhar, influente institution de l’islam, d’une rencontre prévue avec Mike Pence pour les mêmes motifs.

Les coptes représentent près de 10% des 93 millions d’Égyptiens dans un pays où les musulmans sont majoritaires.

Romandie.com avec(©AFP / 09 décembre 2017 14h59)                   

Les Émirats expulsent vers le Caire un candidat à la présidentielle

décembre 2, 2017

Le Caire – L’ex-Premier ministre égyptien Ahmed Chafiq, qui a récemment annoncé son intention d’être candidat à la présidentielle égyptienne, va être expulsé vers Le Caire par les Emirats arabes unis où il s’était exilé, ont indiqué samedi à l’AFP deux de ses proches.

Des responsables émiratis sont arrivés samedi au domicile de M. Chafiq et ont indiqué qu’il serait transféré en Egypte à bord d’un avion privé, a rapporté l’une des témoins de la scène.

M. Chafiq avait affirmé mercredi que les Emirats arabes unis l’empêchaient de quitter leur territoire, quelques heures après avoir annoncé son intention d’être candidat à la présidentielle de 2018 contre le président Abdel Fattah al-Sissi.

Ahmed Chafiq avait été candidat à l’élection présidentielle de 2012, mais il avait perdu de peu face à l’islamiste Mohamed Morsi. Peu après cette défaite, il avait été poursuivi par la justice égyptienne pour corruption et avait pris le chemin de l’exil aux Emirats arabes unis.

Désormais acquitté, son avocat avait affirmé qu’il était libre de revenir en Egypte.

Des responsables émiratis « sont venus le chercher chez lui et l’ont mis dans un avion privé. Ils ont dit qu’il retournerait au Caire car ils peuvaient seulement le renvoyer vers son pays d’origine », a rapporté la témoin.

L’avocate de M. Chafiq Dina Adly, a également confirmé sur Facebook que son client avait été « arrêté » pour être renvoyé en Egypte.

Romandie.com avec(©AFP / 02 décembre 2017 15h39)                                            

L’Égypte pleure les 305 morts dans l’attentat contre une mosquée

novembre 25, 2017

Des proches des victimes de l’attentat contre une mosquée qui a fait 235 morts et 109 blessés vendredi, attendent devant l’hôpital d’Ismaïlia le 25 novembre 2017 / © AFP / MOHAMED EL-SHAHED

Funérailles, prières, bandeaux noirs dans les médias: l’Egypte pleurait samedi les 305 personnes tuées la veille dans une mosquée, dont 27 enfants, l’attentat le plus sanglant dans l’histoire récente du pays.

Le Parquet égyptien a indiqué samedi qu’une trentaine d’hommes armés (EI) portant la bannière noire du groupe jihadiste Etat islamique (EI) avaient pris part au massacre des fidèles.

Toutes les victimes de l’attaque, l’une des plus meurtrières dans le monde depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ont été inhumées samedi conformément à la tradition musulmane.

Quelques heures après la promesse du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de « venger les martyrs », l’armée a procédé dans la nuit à des frappes aériennes dans la zone de l’attaque, où les forces de sécurité combattent la branche égyptienne de l’EI.

Les avions ont visé « des véhicules utilisés dans l’attaque terroriste, tuant leurs occupants », a indiqué un porte-parole.

Encore non revendiqué, l’attentat survenu lors de la prière du vendredi dans la mosquée al-Rawda de Bir al-Abd, à 40km à l’ouest d’Al-Arich, capitale de la province du Nord-Sinaï, s’est soldé par au moins 305 tués et 128 blessés, selon un nouveau bilan fourni samedi par le Parquet égyptien.

Les assaillants, au nombre de 25 à 30, ont fait exploser une bombe avant de tirer à l’arme automatique sur les fidèles, a indiqué le Parquet. Cette attaque, rarissime dans une mosquée égyptienne, a laissé le pays en état de choc.

– ‘Terrorisme dans la maison de Dieu’ –

A l’aube, des milliers d’habitants de Mit Habib, un village voisin du lieu de l’attaque, ont assisté aux funérailles du directeur de l’école de Bir al-Abd, Al-Said Abou Eitta, et de son fils Ahmed, tous deux tués dans la mosquée.

Les corps portés sur les épaules, ils ont scandé en larmes: « Il n’y a de Dieu qu’Allah, le martyr est l’aimé de Dieu ». Des funérailles ont eu lieu dans toute la région.

A Ismaïlia, ville proche du canal de Suez dans le nord-est du pays, où les blessés ont été transportés pour être soignés, les proches se pressaient samedi aux abords de l’hôpital, attendant désespérément des nouvelles, a constaté une équipe de l’AFP.

« Le terrorisme dans la maison de Dieu », déploraient samedi les médias qui arboraient des bandeaux noirs en signe de deuil.

En fin de matinée, toutes les mosquées du pays ont dédié la prière aux « martyrs » de cet attentat et certaines devraient faire de même dans la soirée.

Le président Sissi a appelé les forces armées à édifier un mémorial en hommage aux victimes, rapportent les médias d’Etat.

Vendredi, des témoins ont déclaré que les assaillants avaient encerclé la mosquée avec des véhicules tout-terrain et qu’ils avaient ensuite posé une bombe à l’extérieur du bâtiment.

Après qu’elle a explosé, les hommes armés ont tiré sur les fidèles paniqués qui tentaient de fuir et mis le feu aux véhicules de ces derniers afin de bloquer les routes menant à la mosquée.

– Menaces –

Les hommes armés « sont entrés dans la mosquée, ils ont tué plus de personnes qu’ils n’en ont blessées », a raconté à l’AFP Magdy Rizk, blessé dans l’attaque.

« Ils portaient des masques et des uniformes militaires », a ajouté M. Rizk, précisant que les familles vivant dans cette zone majoritairement soufie avaient déjà subi des menaces de groupes extrémistes.

La mosquée al-Rawda est notamment fréquentée par des adeptes du soufisme, un courant mystique de l’islam honni par l’EI qui considère les soufis comme des hérétiques et polythéistes, le plus grand péché de l’islam.

L’attaque a été condamnée par de nombreux pays étrangers dont les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, l’Iran ou l’Arabie saoudite.

Le grand imam d’Al-Azhar, principale institution de l’islam sunnite, le cheikh Ahmed el-Tayeb, lui-même d’obédience soufie, a condamné « l’attaque terroriste barbare », et le pape François s’est dit « profondément attristé par les pertes humaines ».

La branche égyptienne de l’EI mène régulièrement des attaques contre les forces de sécurité dans la péninsule du Sinaï, qui borde Israël et la bande de Gaza palestinienne, bien que la fréquence et l’ampleur de ces attaques contre les militaires aient diminué au cours de l’année écoulée.

Les jihadistes se sont tournés vers des cibles civiles, attaquant non seulement des chrétiens et des soufis mais aussi des habitants bédouins du Sinaï accusés de collaborer avec l’armée.

La précédente attaque la plus meurtrière en Egypte remonte à octobre 2015, lorsqu’un attentat à la bombe revendiqué par la branche égyptienne de l’EI avait coûté la vie aux 224 occupants d’un avion russe après son décollage de Charm el-Cheikh, station balnéaire du Sinaï.

Romandie.com avec(©AFP / 25 novembre 2017 14h07)

Au moins 235 morts dans l’attaque d’une mosquée au Sinaï égyptien

novembre 24, 2017

Des corps dans la mosquée de Rawda près d’Al-Arich, dans le Nord-Sinaï, en Egypte, suite à un attentat, le 24 novembre 2017 / © AFP / STRINGER

Au moins 235 personnes ont été tuées vendredi lors d’une attaque sans précédent contre une mosquée dans le nord du Sinaï menée par des hommes armés à l’heure de la grande prière, l’une des plus meurtrières en Egypte ces dernières années.

L’attaque, qui n’a pas été immédiatement revendiquée, a fait 235 morts et plus de 125 blessés parmi les fidèles, a indiqué la télévision d’Etat égyptienne.

Elle s’est produite autour de la mosquée Al-Rawda dans le village de Bir al-Abed, à l’ouest d’Al-Arich, la capitale de la province du Nord-Sinaï, région où les forces de sécurité combattent la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

D’après des responsables, les assaillants ont déclenché une explosion avant d’ouvrir le feu sur les fidèles, parmi lesquels se trouvaient notamment des conscrits de l’armée.

Le chef d’un groupe bédouin qui combat l’EI a par ailleurs déclaré à l’AFP que cette mosquée était connue comme un lieu de rassemblement de soufis, adeptes d’un courant mystique de l’islam considéré comme hérétique par le groupe jihadiste.

Depuis 2013 et la destitution par l’armée du président islamiste élu Mohamed Morsi, des groupes jihadistes dont la branche égyptienne de l’organisation Etat islamique (EI) attaquent régulièrement les forces de sécurité égyptiennes dans le nord du Sinaï.

De nombreux policiers et soldats, ainsi que des civils, ont été tués dans ces attaques.

La branche locale de l’EI a également revendiqué plusieurs attaques contre des civils, notamment des chrétiens et des soufis.

Plus de 100 chrétiens, essentiellement des Coptes, ont été tués depuis un an dans des attentats contre des églises ou des attaques ciblées dans le Sinaï et à travers le pays.

En février, les chrétiens d’Al-Arich avaient fui en masse après une série d’attaques violentes visant leur communauté.

Les jihadistes ont aussi décapité l’an dernier un chef soufi, l’accusant de pratiquer la magie, et kidnappé plusieurs adeptes du soufisme, libérés après s’être « repentis ».

L’Egypte est par ailleurs menacée par des jihadistes proches d’Al-Qaïda qui opèrent à partir de la Libye, à la frontière ouest du pays.

Un groupe s’appelant Ansar al-Islam (« Partisans de l’islam » en arabe) a revendiqué une embuscade en octobre dans le désert occidental égyptien qui a tué au moins 16 policiers.

L’armée avait ensuite mené des frappes aériennes en représailles, tuant le chef du groupe Emad al-Din Abdel Hamid, ancien officier militaire très recherché après qu’il a rejoint un groupe affilié à Al-Qaïda dans le bastion jihadiste libyen de Derna.

La présidence égyptienne a décrété trois jours de deuil national en hommage aux victimes de la mosquée Al-Rawda.

Romandie.com avec(©AFP / 24 novembre 2017 15h12)

Égypte: au moins 35 policiers et soldats tués dans des combats avec des islamistes

octobre 20, 2017

Le Caire – Au moins 35 policiers et soldats égyptiens ont été tués dans des affrontements avec des éléments islamistes dans le désert occidental, au sud-ouest du Caire, a-t-on appris vendredi de sources sécuritaire et médicale.

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur a confirmé l’incident, survenu sur la route de l’oasis de Bahariya, tout en évitant de donner un bilan des membres des forces de sécurité tués.

Le communiqué a également précisé que plusieurs assaillants « terroristes » ont été tués lors des affrontements. Mais aucune précision n’a été donnée quant à leur nombre.

Les forces de sécurité, qui traquaient des militants islamistes dans la région, ont été attaquées vendredi en fin de journée sur la route menant à l’oasis de Bahariya, à moins de 200 km au sud-ouest du Caire, selon le ministère de l’Intérieur.

Selon une source proche des services de sécurité, leur convoi a reçu des tirs de roquettes. Des engins explosifs ont également été utilisés par les assaillants.

Le groupuscule extrémiste Hasm a revendiqué, dans un communiqué, l’attaque visant les forces de sécurité dans l’oasis de Bahariya.

Dans ce communiqué initial, le groupuscule a revendiqué la mort de 28 membres des forces de sécurité, ainsi que 32 blessés.

Depuis que l’armée a destitué en 2013 le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, des groupes extrémistes ont multiplié les attentats visant les militaires et la police.

Les autorités égyptiennes luttent principalement contre la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui multiplie les attentats dans le nord de la péninsule du Sinaï (est de l’Egypte).

Des centaines de soldats et de policiers ont péri dans ces attaques.

De son côté, Hasm a revendiqué depuis 2016 plusieurs attentats contre la police, des officiels et des juges, au Caire.

Dans leurs revendications, ces groupes n’ont jamais fait état d’une affiliation aux Frères musulmans.

Le groupe Etat islamique a également revendiqué plusieurs attentats meurtriers contre des églises coptes en décembre 2016 et avril 2017.

Au total, plus d’une centaine de Coptes ont été tués dans trois attaques au Caire, à Alexandrie et à Tanta (nord de l’Egypte).

Romandie.com avec(©AFP / 21 octobre 2017 02h47)