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Melania Trump boucle sa tournée africaine en Égypte

octobre 6, 2018

La Première Dame des Etats-Unis Melania Trump en visite sur le site des pyramides de Guizeh, près du Caire, le 6 octobre 2018, lors de la dernière escale de sa tournée en Afrique / © AFP / SAUL LOEB

Souriante devant les caméras, à l’ombre des pyramides, la Première Dame américaine Melania Trump a bouclé samedi en Egypte sa tournée africaine marquée par des séances photos avec des éléphanteaux ou des écoliers, loin du tumulte politique qui agite Washington.

Au cours de ce voyage présenté comme une visite « diplomatique et humanitaire », Mme Trump a tenté de montrer une image attrayante de l’administration américaine.

Après avoir entamé son voyage mardi au Ghana, elle a effectué un arrêt au Malawi, puis au Kenya, avant de terminer samedi par l’Egypte.

Dans une rare prise de parole devant la presse samedi en Egypte, Mme Trump a affirmé que le but de son voyage était de « montrer au monde » que les Etats-Unis aident les pays africains.

Interrogée sur le fait que son mari aurait qualifié de « pays de merde » Haïti et des pays africains, elle a répondu: « personne ne m’en a parlé et je ne l’ai jamais entendu faire ces commentaires ».

Le voyage de Melania Trump intervient alors qu’à Washington le débat politique est vif à quelques semaines des élections de mi-mandat au Congrès où la majorité républicaine doit affronter en novembre un possible regain des démocrates.

La Première Dame des Etats-Unis Melania Trump est reçue par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son épouse Intissar Amer al-Sisi à son arrivée au palais présidentiel au Caire le 6 octobre 2018 / © POOL/AFP / DOUG MILLS

Par ailleurs, la classe politique est agitée par le processus controversé de confirmation comme juge de la Cour suprême de Brett Kavanaugh, accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles ou de comportements déplacés dans sa jeunesse, ce qu’il nie fermement.

Répondant à la presse samedi, Mme Trump a jugé « hautement qualifié » M. Kavanaugh, mais s’est dans le même temps dite « heureuse » que l’une de ses accusatrices, Christine Ford, ait été entendue.

– « Froncements de sourcils » –

Selon Jennifer Lawless, professeure de Sciences politiques à l’Université de Virginie, le voyage de Mme Trump tombe à pic même s’il peut avoir été planifié avant que le scandale Kavanaugh n’éclate.

« C’est la meilleure chose qui puisse arriver à la Maison Blanche », dit-elle. « Cela envoie le message que la vie continue à la Maison Blanche », selon elle.

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump sort de son véhicule le 1er octobre 2018 dans la base aérienne d’Andrews, dans le Maryland (Etats-Unis), avant de monter dans un avion militaire qui va la conduire en Afrique / © AFP / SAUL LOEB

Aux Etats-Unis comme sur la scène internationale, la Première Dame s’est jusqu’ici tenue à distance de l’action de son mari.

Jeudi, ce dernier l’a encouragé publiquement dans un tweet: « Notre formidable Première Dame, Melania, s’en sort très bien en Afrique. Les gens l’adorent, et elle les adore. C’est formidable à voir ».

Les premières étapes de l’opération séduction n’ont pourtant pas mobilisé les foules ni suscité de ferveur, et Mme Trump a essuyé de nombreuses critiques sur ses choix vestimentaires.

A son départ de la base aérienne d’Andrews lundi, elle s’est attirée de nombreux commentaires sur ses talons aiguilles à motif léopard.

Et le casque colonial qu’elle a porté au Kenya a soulevé une vague de critiques. Réseaux sociaux et presse internationale se sont emparés de ce qui en Afrique reste un symbole de la domination coloniale.

La Première Dame des Etats-Unis Melania Trump (G) lors d’un safari avec Nelly Palmeris (D), la responsable du Parc national de Nairobi dans la capitale du Kenya le 5 octobre 2018 lors d’une tournée en Afrique / © AFP / SAUL LOEB

« Melania Trump provoque des froncements de sourcils en Afrique avec un nouveau chapeau blanc », titrait notamment le New York Times vendredi.

Aux journalistes en Egypte, elle a déclaré: « J’aimerais que les gens se focalisent sur ce que je fais, pas sur ce que je porte ».

– Pyramides –

Quelques heures plus tôt, entourée de mesures de sécurité très strictes, la Première Dame a été accueillie à l’aéroport du Caire par l’épouse du président Abdel Fatah al-Sissi, Entissar al-Sissi. Elle s’est ensuite rendue au palais présidentiel où elle a rencontré M. Sissi.

Puis, elle a été conduite à l’ambassade américaine, avant de terminer sa visite par le site des pyramides de Guizeh, près du Caire. Posant au pied du Sphinx, elle arborait cette fois-ci un chapeau panama.

Melania Trump en visite au Fonds David Sheldrick pour la faune sauvage à Nairobi le 5 octobre 2018 / © AFP / SAUL LOEB

Mme Trump a quitté l’Egypte en fin d’après-midi.

La solide relation établie entre Le Caire et Washington après les accords de Camp David en 1978, a connu une période trouble après la destitution en 2013 du président issu des Frères musulman Mohamed Morsi.

L’aide militaire américaine à l’Egypte de 1,3 milliards de dollars, avait alors été temporairement suspendue en réaction à la répression contre les partisans de M. Morsi et aux violations des droits de l’Homme.

Pendant ce voyage africain, essentiellement destiné aux photographes et vidéastes de presse, Mme Trump a notamment donné le biberon à des éléphanteaux et fait un bref safari au Kenya.

Au Ghana, elle s’est rendue dans un ancien fort esclavagiste. Et à Lilongwe au Malawi, où elle a visité une école primaire jeudi, Mme Trump a été accueillie par des slogans anti-Trump.

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 18h40)

Melania Trump part pour l’Afrique en solo

octobre 1, 2018

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump sur le tarmac de la base militaire d’Andrews (Maryland) avant de s’envoler pour l’Afrique le 1er octobre 2018 / © AFP / SAUL LOEB

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump s’est envolée lundi, sans son mari, pour un voyage d’une semaine qui la mènera au Ghana, au Malawi, au Kenya et en Egypte.

Une « First Lady » qui se rend à l’étranger sans le président n’a, en soi, rien d’extraordinaire: Michelle Obama l’avait fait à plusieurs reprises, de l’Afrique du Sud à la Chine.

Mais l’entêtant parfum de mystère qui entoure toujours la discrète Melania, près de deux ans après l’élection de Donald Trump, et les propos incendiaires de ce dernier concernant le continent africain donnent à ce périple un relief particulier.

L’ex-mannequin d’origine slovène, chaussée de talons aiguilles à motif léopard, a quitté la base militaire d’Andrews, proche de Washington, peu après 18H00 (22H00 GMT).

La troisième épouse du président des Etats-Unis posera le pied sur le continent africain pour la première fois de sa vie.

Brisera-t-elle un peu la glace? S’aventurera-t-elle, même de manière allusive, sur le terrain politique?

Pour cette visite « diplomatique et humanitaire », selon les termes de sa porte-parole Stephanie Grisham, elle entend mettre l’accent sur les enfants.

« Que ce soit pour l’éducation, la dépendance aux drogues, la faim, la sécurité sur internet, les intimidations, la pauvreté ou les maladies, ce sont trop souvent les enfants qui sont les premières victimes dans le monde », expliquait-elle il y a quelques jours depuis New York.

Au-delà de rencontres avec d’autres Premières dames, elle entend mettre en lumière le travail de l’USAID, l’agence américaine pour le développement.

Mais, insiste Stephanie Grisham, elle ne part pas en voyage commandé. « C’est son voyage, son initiative », explique-t-elle à l’AFP.

De fait, aux Etats-Unis comme sur la scène internationale, la Première dame s’est jusqu’ici tenue à distance, dans une forme de neutralité, des initiatives de son mari, dans un contraste marqué avec la plupart de celles qui l’ont précédée à cette fonction.

A ce jour, « elle n’a pas été l’avocate ou la porte-voix de ses politiques », explique à l’AFP Anita McBride, ancienne « Chief of staff » de Laura Bush, épouse de George W. Bush, qui enseigne aujourd’hui à l’American University de Washington.

« Nombre de Premières dames ont été des atouts politiques pour leur mari, même quand ces derniers étaient très impopulaires », rappelle-t-elle, citant entre autres le cas de Lady Bird Johnson, épouse de Lyndon Johnson, qui avait sillonné le sud des Etats-Unis lors de la campagne présidentielle de 1964.

Melania Trump, « femme de peu de mots », est « très indépendante, elle l’a signifié dès le début, juste après l’élection, lorsqu’elle a indiqué qu’elle ne déménagerait pas tout de suite à Washington », ajoute Anita McBride.

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump prête à s’envoler pour l’Afrique avec des chaussures à talon de circonstance, le 1er octobre 2018, sur la base militaire d’Andrews (Maryland) / © AFP / SAUL LOEB

– « Nous adorons l’Afrique » –

Reste que le déplacement pourrait s’avérer délicat.

« Nous adorons tous les deux l’Afrique », lançait Donald Trump à l’ONU il y a quelques jours. « Le plus bel endroit du monde à de nombreux égards ».

Au-delà de cette formule de la part d’un président friand de superlatifs, Donald Trump n’a, depuis son arrivé au pouvoir en janvier 2017, jamais montré d’intérêt pour ce continent.

Et les rares fois où il l’a évoqué, la polémique fut violente.

En janvier, lors d’une réunion à la Maison Blanche, il s’était indigné, parlant de Haïti et des pays africains, de l’immigration en provenance de « pays de merde ». Il n’a pas explicitement contesté ces propos, tenus lors d’une réunion à huis clos avec des élus et qui ont laissé des traces.

Nouvelle controverse de taille en août, lorsque il dénoncé le sort réservé aux fermiers blancs an Afrique du Sud, victimes selon lui de « meurtres de grande ampleur ».

Dans un pays engagé dans un réforme agraire visant à réparer, plus de 20 ans après la chute de l’apartheid, les injustices criantes héritées du régime ségrégationniste, les propos sont mal passés. « Qu’il s’occupe de son Amérique, nous nous occuperons de l’Afrique du Sud », avait rétorqué, cinglant, le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Fait notable: Melania Trump quitte Washington en pleine ébullition, à l’approche d’élections parlementaires cruciales pour la deuxième partie du mandat de Donald Trump. Elle est, jusqu’ici, restée totalement à l’écart des débats.

Le contraste est saisissant avec les dernières élections de mi-mandat, en 2014.

A l’époque, Michelle Obama avait multiplié les déplacements, du Wisconsin à l’Iowa, pour défendre le bilan de « Barack » et mettre en garde les électeurs démocrates contre le risque de l’apathie. « C’est mon homme! », lançait-elle tout sourire sur les estrades, mettant en avant le chemin parcouru depuis l’arrivée de son mari au pouvoir.

Romandie.com avec(©AFP / (02 octobre 2018 00h36)

Égypte: les deux fils de Moubarak arrêtés pour manipulation boursière

septembre 15, 2018

Le Caire – Les deux fils de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak dont la révolution de 2011 avait provoqué la chute, ont été arrêtés samedi dans une affaire de « manipulation boursière », selon une source judiciaire.

Après la chute de Hosni Moubarak à la faveur du Printemps arabe, plusieurs procédures judiciaires ont été déclenchées contre l’ancien chef de l’Etat, resté 30 ans au pouvoir (1981-2011), et ses proches.

Gamal et Alaa Moubarak, ainsi que trois autres personnes, sont accusés d’avoir convenu d’acquérir la majorité des actions de plusieurs banques via des sociétés écrans, sans le déclarer en bourse, comme les y obligeait la loi.

Ils ont été arrêtés sur ordre d’un juge lors d’une audience, en leur présence, dans un tribunal pénal du Caire, et doivent être transférés en centre de détention, selon la même source judiciaire. La prochaine audience dans leur affaire a été fixée au 20 octobre.

Alaa Moubarak a confirmé samedi sur Twitter ce placement en détention, en espérant que « la vérité sera un jour révélée » dans cette affaire.

A l’époque des faits reprochés, il se tenait à l’écart de la politique mais il est accusé d’avoir amassé une fortune grâce aux réseaux de son père.

Son cadet Gamal Moubarak, à la tête du puissant comité politique du parti au pouvoir sous le régime de son père, avait lui longtemps été pressenti pour succéder à ce dernier.

Arrêtés en 2011 dans différentes affaires, ils ont été placés en détention provisoire à plusieurs reprises avant de bénéficier de remises en liberté. Ils n’avaient plus été incarcérés depuis leur dernière libération il y a trois ans.

Avec leur père, Alaa et Gamal Moubarak avaient été condamnés en mai 2015 à trois ans de prison pour avoir détourné plus de 10 millions d’euros de fonds publics alloués à l’entretien des palais présidentiels. Leurs périodes de détention provisoire avaient couvert cette peine.

Plusieurs responsables du régime de M. Moubarak, dont l’ancien chef de l’Etat lui-même, accusés dans des affaires de corruption, ont finalement été acquittés.

M. Moubarak, acquitté en mars 2017 pour le meurtre de manifestants, reste toutefois sous le coup d’une enquête pour corruption.

Les autorités sont en revanche accusées d’instrumentaliser le pouvoir judiciaire dans leur répression des opposants et des partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l’armée en 2013.

La semaine dernière, un tribunal du Caire a condamné à mort 75 personnes, dont des dirigeants des Frères musulmans, dans l’un des plus grands procès de masse depuis la révolte ayant secoué l’Egypte en 2011.

Une commission judiciaire a annoncé mardi le gel des avoirs de plus d’un millier de membres des Frères musulmans, mouvement classé « terroriste » par Le Caire, et d’entreprises ou associations leur appartenant.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 16h21)                                                        

Égypte: 75 personnes, dont des chefs islamistes, condamnés à mort

septembre 8, 2018

Photographie du procès de 700 accusés (dont le photojournaliste Shawkan) dans un tribunal du Caire, en Egypte, le 8 septembre 2018 / © AFP / Mohamed el-Shahed

Un tribunal du Caire a confirmé samedi la condamnation à mort de 75 personnes dont des dirigeants des Frères musulmans, dans l’un des plus grands procès de masse depuis la révolte ayant secoué l’Egypte en 2011.

Dans le même temps, le photojournaliste Mahmoud Abu Zeid dit « Shawkan », détenu depuis 2013 pour avoir couvert la répression sanglante d’une manifestation d’islamistes au Caire, a été condamné à cinq ans de prison, mais devrait sortir prochainement.

Au total, 739 personnes étaient jugées samedi, accusées pour la plupart d’avoir tué des policiers ou d’avoir vandalisé des biens publics en août 2013, lors d’émeutes au Caire.

Après l’éviction en juillet 2013 par l’armée de Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans et premier président élu démocratiquement en Egypte, le pays avait connu plusieurs mois de violence durant lesquels les forces de sécurité ont réprimé dans le sang les rassemblements de ses partisans.

Le 14 août 2013, les forces de l’ordre avaient notamment tué par balles plus de 700 manifestants pro-Morsi en faisant évacuer les places Rabaa al-Adawiya et al-Nahda, au Caire.

Samedi, la cour a confirmé des peines initialement prononcées le 28 juillet. Sur les 75 personnes condamnées à la peine de mort, figurent des dirigeants des Frères musulmans, comme Mohammed al-Beltagui, Issam al-Aryane ou Safwat Hegazi.

Quarante-sept autres personnes ont été condamnées à la perpétuité, 374 à 15 ans de prison, 22 mineurs à 10 ans de prison, et 215 ont été condamnées à cinq ans de prison. Elles peuvent encore faire appel.

– « Simulacre de justice » –

Le photojournaliste égyptien Mahmoud Abou Zeid dit « Shawkan » dans le box des accusés dans un tribunal du Caire le 8 septembre 2018 / © AFP / Mohamed el-Shahed

Le fils de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi, Oussama Morsi, a de son côté été condamné à 10 ans de prison.

« Nous demandons une révision de ce procès par une cour impartiale et dans le respect total du droit à un procès équitable pour tous les accusés, sans recours à la peine de mort », a réagi Amnesty International dans un communiqué.

« La peine de mort ne devrait jamais être une option, qu’importent les circonstances », a affirmé l’ONG.

« Le fait qu’aucun officier de police n’ait été convoqué pour répondre de la mort (de centaines de personnes) lors des manifestations de Rabaa et Nahda montre à quel point ce procès était un simulacre de justice », a-t-elle en outre ajouté.

– « Injuste » –

Le photojournaliste Shawkan, 30 ans, a été condamné lui à cinq ans de prison mais devrait sortir de prison « dans quelques jours » après plus de cinq ans de détention sans jugement.

Il avait été interpellé le 14 août 2013, alors qu’il couvrait au Caire la dispersion du sit-in de l’opposition islamiste.

Le photojournaliste Mahmoud Abou Zeid, dit Shawkan, fait le V de la victoire dans un tribunal du Caire après sa condamnation à 5 ans de prison, le 8 septembre 2018 / © AFP / Mohamed el-Shahed

Tout sourire dans le box des accusés, Shawkan a fait le « V » de la victoire devant les journalistes.

Selon son avocat Me Abdelrady, qui se réjouit de sa remise en liberté prochaine, la peine prononcée est toutefois « injuste parce qu’il n’a fait que son travail ».

Lauréat du prix mondial de la liberté de la presse de l’Unesco en mai, Shawkan était poursuivi pour « meurtre, tentative de meurtre et appartenance à un groupe terroriste », et risquait la peine de mort.

Plusieurs ONG internationales ont milité sans relâche pour sa libération, dénonçant à travers le cas du photojournaliste une attitude répressive du pouvoir vis-à-vis des médias en Egypte.

Elu président en 2014, puis réélu en 2018, Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l’armée et architecte de la destitution de Mohamed Morsi, est régulièrement accusé par les organisations de défense des droits de l’Homme d’avoir instauré un régime ultra-répressif.

Selon Amnesty et Human Rights Watch, au moins 40.000 personnes ont été arrêtées en un an après l’éviction de M. Morsi en 2013.

Selon Reporters sans frontières, 32 journalistes sont actuellement emprisonnés en Egypte, qui figure en 161e position sur 180 au classement mondial 2018 de la liberté de la presse.

Romandie.com avec(©AFP / (08 septembre 2018 21h17)

Décès de l’économiste Samir Amin, théoricien de la « déconnexion »

août 14, 2018

Samir Amin, lors d’une conférence en 2016. © Flickr/CC/Fraktion Die Linke. im Bundestag

L’économiste Samir Amin est décédé le 12 août 2018 à Paris, à l’âge de 86 ans. Ce théoricien du « développement inégal » n’avait jamais renoncé à ses convictions puisées dans le marxisme.

Directeur du Forum du Tiers-monde, l’économiste franco-égyptien Samir Amin est décédé dimanche 12 août à Paris. Il avait 86 ans. « Contrairement à nombre de ses collègues séduits par « l’économie libérale et planétaire », lui n’a jamais renoncé à des convictions puisées dans l’idéologie marxiste », écrivait Jeune Afrique à son sujet en 2005.

L’annonce de sa mort a déclenché une vague de réactions sur les réseaux sociaux, à la fois de la part d’hommes politiques, d’économistes ou d’anciens élèves. Macky Sall, le président sénégalais, a notamment salué celui qui a « consacré toute sa vie au combat pour la dignité de l’Afrique, à la cause des peuples et aux plus démunis ».

Un vrai croyant en une Afrique démocratique et unie », selon Célestin Monga

Selon Célestin Monga, vice-président et chef économiste de la Banque africaine de développement (BAD), « vous n’aviez pas besoin de partager tous ses points de vue marxistes pour le voir comme l’un des esprits les plus aiguisés de l’économie et un vrai croyant en une Afrique démocratique et unie. Le monde a perdu un géant, un esprit magnifique et une espèce rare de professeur ».

Le projet d’un « autre développement »

Né au Caire en 1931, Samir Amin appartient à la génération des économistes tiers-mondistes qui ont tenu le haut du pavé durant toute la décolonisation. Après avoir obtenu son doctorat en économie, il a travaillé entre 1957 à 1960 pour l’administration de Nasser, avant de conseiller entre 1960 et 1963 le gouvernement du Mali. Il est ensuite devenu professeur aux universités de Poitiers, Dakar et Vincennes.

Il a dirigé à partir de 1970 l’Institut africain de développement économique et de planification de Dakar (Idep), rattaché à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. Il a quitté cette organisation en 1980, pour cofonder le Forum du Tiers-monde, une association regroupant plus d’un millier d’intellectuels d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, dont le bureau africain est à Dakar.

« Alors que la faillite du développement paraît consommée en Afrique, Amin multiplie les analyses et les discussions sur le projet d’un « autre développement » dans un monde polycentrique où les quatre ou cinq « grands » qui ont remplacé les deux superpuissances militaires américaine et soviétique n’ont pas cessé pour autant de marginaliser les victimes des stratégies du capital mondial (ou « mondialisé ») », expliquait Jeune Afrique en 2005.

« À « l’ajustement » aux tendances dominantes, Amin oppose donc la « déconnexion » qui consiste, pour une nation défavorisée, à soumettre ses rapports avec l’extérieur aux exigences prioritaires de son propre développement. Ce « nationalisme progressiste », qui n’exclut pas la coopération régionale comme instrument de lutte contre les monopoles mondiaux, constitue, selon lui, une étape de la longue transition du capitalisme mondial au socialisme mondial ».

En février 1977, il signait dans Jeune Afrique une tribune consacrée aux chemins de l’unité du monde arabe.

« Il faut amorcer des formes d’organisation qui permettent aux travailleurs et aux peuples de toute la Planète de coordonner leurs stratégies de lutte, de passer de stratégies défensives, laissant l’initiative au pouvoir capitaliste impérialiste dominant, à une stratégie offensive contraignant l’adversaire à, lui, se retrouver sur la défensive et à répondre à nos initiatives, celles des travailleurs et des peuples », écrivait-il sur son blog en décembre 2017.

Jeuneafrique.com

Visite secrète de Netanyahu en Égypte télévision israélienne)

août 13, 2018

Jérusalem – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a effectué le 22 mai une visite exceptionnelle et « secrète » en Egypte, où il a discuté avec le président Abdel Fattah al-Sissi d’une trêve dans la bande de Gaza, a indiqué lundi une télévision israélienne.

Aucune confirmation officielle israélienne n’a pu être obtenue dans l’immédiat au sujet de cette visite évoquée par la « 10 », une chaîne de télévision privée. La présidence égyptienne n’était pas joignable immédiatement lundi soir pour réagir aux informations de cette chaîne.

Selon la « 10 », l’entretien a duré plusieurs heures. Il s’est déroulé au moment où la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste du Hamas, connaissait une poussée de violences.

Depuis le 30 mars, les abords de la barrière qui sépare l’enclave palestinienne du territoire israélien sont le théâtre d’une mobilisation contre le blocus imposé par Israël depuis plus de 10 ans, mais aussi pour le droit au retour des Palestiniens, chassés ou ayant fui leur terre à la création de l’Etat Hébreu en 1948.

Selon des sources américaines citées par la « 10 », les conversations entre le Premier ministre israélien et le président égyptien ont porté sur la possibilité de conclure une trêve à long terme dans la bande de Gaza, un possible retour de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas pour gérer cette enclave, l’allègement du blocus israélien et la réhabilitation des infrastructures vitales dans cette région, dévastée par trois guerres depuis 2008.

Le Hamas a pris le pouvoir depuis plus de dix ans dans la bande de Gaza à l’issue d’une quasi-guerre civile avec le Fatah, le parti de Mahmoud Abbas.

L’Egypte est, avec la Jordanie, le seul pays arabe à avoir conclu un traité de paix avec Israël. Le Caire a régulièrement été impliqué dans les pourparlers ayant permis de mettre fin aux guerres successives entre le Hamas et Israël.

Entre mercredi et jeudi soir, Gaza et ses pourtours israéliens avaient connu l’une de leurs plus graves confrontations depuis la guerre de 2014. Une trêve fragile avait finalement été instaurée jeudi soir, par l’entremise de l’Egypte et de l’ONU, selon une source proche des négociations.

Depuis le 30 mars, au moins 169 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens. Pour la première fois depuis 2014, un soldat israélien a été tué, le 20 juillet.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2018 20h24)                                                        

Égypte: Sissi a prêté serment pour un 2e mandat de quatre ans

juin 2, 2018

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Le président Abdel Fattah Al-Sissi a prêté serment samedi devant le Parlement, entamant ainsi un deuxième mandat de quatre ans à la tête de l’Egypte où la sécurité et l’économie restent deux défis majeurs.

Au cours d’une session spéciale, retransmise en direct à la télévision d’Etat, la prestation de serment de M. Sissi devant les membres du Parlement et du gouvernement, a été saluée par 21 coups de canons.

Des avions de chasse ont dessiné un drapeau égyptien dans le ciel du Caire et des hélicoptères militaires ont survolé le centre de la capitale au cours de la matinée, au moment où le président égyptien se rendait au siège du Parlement.

M. Sissi, élu une première fois en 2014 après avoir destitué, en tant que chef de l’armée, son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi l’année précédente, a été réélu en mars avec plus de 97% des suffrages exprimés.

Il n’a eu aucune opposition sérieuse à affronter. Son unique adversaire, Moussa Mostafa Moussa, un homme politique méconnu du grand public, était un de ses plus fervent soutiens.

Sept ans après la révolte de janvier 2011 qui a provoqué la chute du régime de Hosni Moubarak, M. Sissi devra s’atteler à deux défis majeurs pour son second mandat, la stabilité sécuritaire et le redressement économique.

M. Sissi est régulièrement accusé par les défenseurs des droits de l’Homme de violer les libertés publiques et de réprimer les opposants.

De nombreux opposants et membres de la société civile ont encore été arrêtés ces derniers mois. Parmi eux figurent le blogueur et journaliste Waël Abbas, les blogueurs Chérif Gaber et Chadi Abouzeid ou encore l’opposant Hazem Abdelazim.

Romandie.com avec (©AFP / 02 juin 2018 11h55)                

Égypte: la justice confirme un jugement datant de 2013 pour bloquer YouTube

mai 26, 2018

Le Caire – Le Tribunal administratif suprême en Egypte a confirmé samedi un ordre de justice émis il y a cinq ans interdisant l’accès à YouTube pendant un mois, en raison de la mise en ligne en 2012 d’un film islamophobe, selon une source judiciaire.

Ce tribunal a ainsi rejeté l’appel interjeté par l’Autorité nationale de régulation des télécommunications contre la décision de justice émise le 9 février 2013, a-t-on précisé de même source.

Le verdict, sans appel possible, devrait être appliqué dès que les autorités compétentes auront reçu le jugement de la Cour, a-t-on ajouté.

Produit aux Etats-Unis, le film « L’Innocence des musulmans » avait déclenché en septembre 2012 une vague de protestations anti-américaines au Moyen-Orient qui a fait plus de 30 morts.

Avec son doublage grossier, ses fausses barbes et ses décors de pacotille, il dépeint le prophète Mahomet comme un voyou aux pratiques déviantes et présente les musulmans comme immoraux et violents.

Le 9 février 2013, le tribunal administratif en Egypte avait demandé au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour bloquer l’accès à YouTube pendant un mois.

Cette décision faisait suite à une plainte déposée par un Egyptien accusant le site d’avoir été à l’origine d’une « menace à la paix sociale » en mettant le film en ligne.

Romandie.com avec (©AFP / 26 mai 2018 15h10)

Égypte: l’armée intensifie les démolitions de maisons dans le Sinaï

mai 22, 2018

Beyrouth – L’armée égyptienne a intensifié les démolitions d’habitations, locaux commerciaux et fermes dans la région du Sinaï depuis le lancement en février d’une vaste campagne militaire contre des jihadistes armés, a affirmé mardi Human Rights Watch (HRW).

L’organisation internationale de défense des droits de l’Homme indique dans un communiqué que les destructions concernent des « centaines d’hectares de terres agricoles et au moins 3.000 immeubles résidentiels et commerciaux, ainsi que 600 bâtiments détruits en janvier ».

Mardi soir, un porte-parole de l’armée a réfuté les affirmations de l’ONG affirmant qu’elle se fondait sur des sources « non-documentées ».

Ces dernières destructions sont « les plus importantes depuis que l’armée a officiellement débuté sa politique d’expulsion en 2014 », assure l’organisation qui a mené une enquête en interrogeant des témoins à distance et en analysant « une série chronologique d’images satellite ».

HRW dénonce des démolitions « illégales » qui selon elle ont parfois eu lieu « dans le cadre de représailles contre des individus suspectés de terrorisme, ainsi que des dissidents politiques et leurs proches ».

Selon Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’ONG, citée par le communiqué, « l’armée égyptienne prétend protéger les gens contre les militants, mais il est absurde de penser que la démolition de logements et le déplacement des populations établies ici depuis toujours garantiraient leur sécurité ».

HRW précise qu’elle a adressé ce mois-ci des lettres au ministère égyptien de la Défense, au gouverneur du Nord-Sinaï et aux services de renseignement pour « enquêter sur les démolitions en cours ».

Selon HRW les premières destructions ont eu lieu en 2013, mais « en 2014, le gouvernement a annoncé un plan d’expulsion des habitants d’une zone tampon sécuritaire de 79 km2, comprenant toute la ville de Rafah », située à la frontière avec l’enclave palestinienne de Gaza contrôlée par le Hamas.

« A ce jour l’armée a presque entièrement démoli la ville », affirme l’ONG en soulignant qu’une nouvelle zone tampon est établie autour de l’aéroport d’Al-Arich, principale localité du Nord-Sinaï, et se traduit par des destructions de logements et fermes.

Les autorités ont pris cette décision après une attaque revendiquée par la branche locale du groupe Etat islamique (EI) visant les ministres de la Défense et de l’Intérieur dans la région. Ces derniers n’avaient pas été touchés.

Depuis la destitution par l’armée du président élu, l’islamiste Mohamed Morsi en 2013, l’Egypte est confrontée à des attaques de groupes extrémistes, tout particulièrement l’EI dans le nord de la péninsule du Sinaï.

Des centaines de soldats, de policiers et de civils sont morts dans ces attaques.

Romandie.com avec (©AFP / 22 mai 2018 17h17)                                                        

Égypte: une militante arrêtée après une vidéo contre le harcèlement sexuel

mai 11, 2018

Le Caire – Une militante égyptienne a été arrêtée vendredi après avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo critique des institutions égyptiennes et contre le harcèlement sexuel qui a suscité la polémique, ont indiqué des sources sécuritaires.

Dans la vidéo postée cette semaine sur Facebook, Amal Fathi critique de manière virulente les institutions égyptiennes, en particulier la Banque Misr. Elle accuse notamment les hommes de la sécurité de l’une des agences de l’institution bancaire publique de l’avoir lourdement « draguée ».

« Sales types » ou encore « saleté de peuple », scande-t-elle dans la vidéo.

Mère de famille de 33 ans, Mme Fathi a été placée en détention pour 15 jours le temps de l’enquête sur ordre du Parquet, selon un communiqué de la Commission égyptienne pour les droits et libertés, une importante ONG locale dirigée par son mari Mohamed Lofti.

Mme Fathi est accusée d' »incitation à renverser le régime égyptien », de « diffusion de fausses rumeurs » et d' »utilisation abusive des réseaux sociaux », toujours selon la même source.

« C’est un jour sombre lorsque les autorités égyptiennes sont plus soucieuses de faire taire une femme qui parle du harcèlement sexuel plutôt que de prendre des mesures pour résoudre le problème », a dénoncé Najia Bounaim, directrice des campagnes d’Amnesty International pour l’Afrique du Nord.

« Nous appelons les autorités égyptiennes à libérer immédiatement et sans condition Amal Fathi », a-t-elle déclaré dans un communiqué publié par l’ONG de défense des droits de l’Homme basée à Londres.

Après la publication de la vidéo, la presse égyptienne prorégime a largement dénoncé le discours tenu par Mme Fathi. Le journal gouvernemental Al-Ahram a ainsi annoncé vendredi l’arrestation de « l’auteure de la vidéo insultante contre l’Egypte et les citoyens ».

Militante des droits de l’Homme, Mme Fathi fait par ailleurs l’objet d’une procédure devant le Parquet de la Sécurité d’Etat suprême pour avoir tenté « de faire échouer les dernières élections présidentielles et de provoquer un soulèvement populaire ».

Le président Abdel Fattah al-Sissi, dont le régime est régulièrement accusé par les défenseurs des droits de l’Homme de violer les libertés publiques, a été réélu à plus de 97% des voix en avril.

Romandie.com avec (©AFP / 11 mai 2018 22h13)