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Intempéries en Algérie: au moins 44 morts, les autorités dépassées

février 9, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlLa vague de froid qui balaie l’Europe touche également  l’Afrique du Nord: au moins 44 personnes sont mortes en une semaine en Algérie  en raison de fortes chutes de neige et d’une baisse des températures et la  presse est très critique envers les autorités.

Au moins 30 personnes ont péri dans des accidents de la route et 14 par  asphyxie, due à des émanations de gaz, depuis le début des intempéries, selon le  dernier bilan donné jeudi par la radio nationale Chaîne 3, citant la Protection  civile.  Le dernier bilan officiel s’établissait mercredi à 29 morts.

En Europe, la vague de froid a déjà tué plus de 500 personnes en une dizaine  de jours.

Après la surprise des premiers jours et l’espoir déçu d’un rapide redoux, la  presse a accru ses critiques jeudi contre l’impréparation des autorités face aux  milliers de foyers isolés par la neige et les pluies, privés d’électricité, de  chauffage et de nourriture.

Première cible bien sûr le gouvernement: quarante-huit heures après le  Conseil des ministres, sous la présidence du chef de l’Etat Abdelaziz  Bouteflika, il n’a même pas évoqué ces intempéries dans son communiqué.

« Ou êtes-vous Messieurs les ministres ? », titrait l’éditiorial du quotidien  populaire arabophone Ecchourouk.

« Lors de leur dernière réunion mardi, les ministres ont préféré se concentrer  sur les prochaines législatives et l’augmentation du nombre de strapontins au  Parlement plutôt que sur la tempête de neige responsable de morts, de sinistrés,  d’isolements de villages entiers à travers toute l’Algérie profonde », selon lui.

« Catastrophe et pas de programme d’urgence pour y faire face », dénonçait  El-Khabar.  « Qu’attend le gouvernement pour proclamer l’état d’urgence une  semaine après le début des intempéries qui continuent à assiéger 20 wilayas (sur  48 départements)? », s’interrogeait ce quotidien arabophone.

Les ministres « n’ont pas eu un mot sur ce véritable drame humanitaire qui  frappe le pays depuis dix jours d’Est en Ouest », s’est indigné Liberté  (francophone), tandis que son confrère El-Watan notait dans un encadré en Une:  « Conseil des ministres: aucun mot sur les intempéries », une « omission de  taille ».

Une semaine d’enfer

L’autre conséquence de cette semaine d’enfer pour les Algériens, c’est la  hausse vertigineuse de la bonbonne de butane pour se chauffer, qui est passée de  500 dinars (5 euros) -grand maximum en temps normal- à 2. 000 parfois 3. 000  dinars, selon L’Expression.

Les prix des produits alimentaires ont également flambé.  Plusieurs  boulangeries ont fermé faute d’approvisionnements en farine, selon la Chaîne 3.

Pas de carburant, de bonbonnes de gaz butane, de médicaments et jusqu’à la  semoule qui a manqué, « réduisant les habitants à se nourrir de légumes secs »,  selon les témoignages d’habitants des régions nord-est de l’Algérie.

Bien que 300 axes routiers aient été rouverts par l’armée, les chutes de  neige paralysaient encore 80% du réseau routiers, surtout dans les  Hauts-Plateaux (au sud d’Alger, entre le Sahara et le Sahel) et en Kabylie  (nord-est).

Dans la wilaya (département) de Souk-Ahras, à la frontière tunisienne, le  tronçon reliant Souk-Ahras à la commune frontalière d’Ain Zana sur la RN 20 a  été le plus affecté rendant la circulation très difficile jusqu’à son  déblaiement mercredi soir.

Dans la wilaya de Bejaïa (250 km à l’est d’Alger en Kabylie), Hadj Rabah, 75  ans, de Béni Ouartilane, n’en peut plus.  « La neige continue de tomber depuis  vendredi et les enfants ne vont plus à l’école », comme c’est le cas pour la  plupart des établissements des zones sinistrées.

« A partir de Aïn el Hamam (à 30 km de la capitale kabyle de Tizi Ouzou) il ne  manquerait qu’un panneau qui indiquerait la fin du monde », ironisait un habitant  auprès du quotidien Liberté.

Jeuneafrique.com avec AFP