Posts Tagged ‘El Nino’

La famine menace le sud de Madagascar frappé par la sécheresse

décembre 10, 2016

Près de 1,4 million de personnes sont en insuffisance alimentaire, dont 850 000 dans un état grave à cause d’un déficit de pluie dû à El Nino.

Lire aussi :   Pour Madagascar, des milliards de dollars et l’espoir d’un nouveau départ

L’absence de pluies abondantes dans la région d’Amboasary est liée au phénomène climatique El Nino. Dans cette commune de 38 000 habitants, située à environ 75 km de Fort-Dauphin, la situation est inquiétante au centre de soins du sud de la ville. « Nous avons aujourd’hui des cas de malnutrition aiguë sévère, déplore Mamy Razanamahefa, médecin. Les patients consultent aussi pour des cas de diarrhées et des infections respiratoires chroniques. Il n’a pas plu ici depuis deux mois, juste une petite averse il y a deux semaines. Les gens sont épuisés et n’ont plus rien à manger. » « La malnutrition aiguë sévère est une condamnation à mort assurée, rappelle Olivier Banquet, directeur d’Action contre la faim à Madagascar. Cette situation fait de la malnutrition un enjeu de santé et de développement majeur, pourtant à ce jour il reste sous-financé. »

92 % de la population en dessous du seuil de pauvreté

Cette crise alimentaire survient après déjà trois années déjà difficiles dans le sud de Madagascar, l’un des pays les plus pauvres du monde, où 92 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. « Depuis six ans, le taux de malnutrition ne cesse d’augmenter », s’inquiète Mamy Razanamahefa.

Nizalovasoa, une petite fille de 21 mois en état de malnutrition aiguë, dans le village d’Andranobory, dans le sud de Madagascar, début décembre 2016.

Nizalovasoa, une petite fille de 21 mois en état de malnutrition aiguë, dans le village d’Andranobory, dans le sud de Madagascar, début décembre 2016. Crédits : DR

Le 2 décembre à Paris, le pays a obtenu 5,9 milliards d’euros des bailleurs de fonds (Banque mondiale, Banque africaine de développement (BAD), Union européenne et agences des Nations unies…) pour remettre sur pied l’économie d’un pays mis à mal par cinq années d’instabilité politique. Une partie de la somme arrivera-t-elle cette fois jusqu’à la région d’Amboasary pour construire des infrastructures et notamment des routes qui sont dans un état désastreux ? L’avenir le dira. Cette région du pays a toujours été « oubliée » par les autorités.

Lire aussi :   FAO : l’Afrique australe menacée d’insécurité alimentaire par El Niño

Le sud est actuellement en période de « kere », de soudure. C’est le moment qui précède les premières récoltes et où le grain de la récolte précédente manque, puisque les réserves sont vides. L’absence d’eau a fait chuter la production de maïs de 80 % par rapport aux niveaux enregistrés depuis 2015, qui affichaient déjà une régression. Mais la production de riz et surtout de manioc est également en baisse. Près de 850 000 personnes sont en situation de grave insécurité alimentaire, ce qui signifie qu’elles ne sont pas en mesure de satisfaire leurs besoins nutritifs et devront compter sur une aide alimentaire d’urgence.

Des bœufs bradés sur le marché

« Après avoir subi déjà deux ou trois saisons de crise, les ménages sont fortement affectés et ils n’ont plus les capacités d’affronter une nouvelle situation d’urgence, estime Luc Genot, coordonnateur des urgences de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. S’il n’y a pas d’appui, on risque de se retrouver face à une crise alimentaire majeure qui coûtera plus chère par la suite. Les familles ont déjà vendu beaucoup de leur moyen de production, comme leurs bœufs. Estimés à 700 ou 800 000 ariary [la monnaie malgache], ils ont été bradés sur les marchés à 100 000 pour faire face à l’urgence. » Beaucoup en sont réduits à manger des figues de barbarie, qui poussent sur les feuilles de cactus et que l’on trouve sur les étals des marchés, ou des mangues roulés dans la cendre pour apaiser la faim. 

Dans le village d’Andranobory, le ciel est gris, saturé de poussières. Le vent s’engouffre dans les ruelles sablonneuses et les rafales font claquer les vêtements usés sur les corps maigres. L’atmosphère plonge le visiteur dans un autre monde, un autre temps. Ici, il n’y quasiment rien à manger et plus de médicaments depuis qu’un réfrigérateur vétuste a mis le feu au centre de santé, le 7 octobre.

Un océan de désespoir

Il est 11 heures et une foule compacte s’avance maintenant devant la mairie en espérant un subside ou juste une bonne nouvelle du médecin ou du maire. Lentement, le docteur mesure le bras d’une fillette que lui présente sa maman. Nizalovasoa a les cheveux courts et ébouriffés, quasiment 2 ans mais en paraît beaucoup moins. Depuis trop longtemps, elle ne mange qu’un repas par jour, un reste de manioc ou de sorgho, avec quelques graines de dolique ou de niébé. Au niveau de son biceps, le tour de son bras est maigre : il fait moins de 11 cm… Sa mère le voit et dans son regard, à cet instant, un océan de désespoir.

Selon l’UNICEF, la moitié des enfants malgaches de moins de 5 ans souffrent de malnutrition, ce qui entraîne des bouleversements physiques mais également un ralentissement de leur développement intellectuel. Les conséquentes à l’échelle du pays sont importantes. Faute de pouvoir étudier convenablement, ces 2 millions d’enfants ne pourront pas produire pour leur pays. Une étude réalisée par l’organisation onusienne a montré que la Grande Ile perd ainsi chaque année, en termes de productivité économique, 700 millions de dollars (660 millions d’euros) à cause de la malnutrition.

A Andahive, une commune de 505 habitants, la situation semble moins critique. La FAO a distribué des tiges de patate douce améliorées qui résistent à la sécheresse et s’adaptent aux conditions particulières du secteur. Sur une parcelle mise à la disposition de la communauté, les résultats sont encourageants. « Les hommes labourent et les femmes plantent, tout le monde travaille ensemble, assure Hihaly, président du groupement des producteurs de semences. L’an dernier, le village était en grande difficulté mais aujourd’hui, les conditions se sont nettement améliorées. On donne même parfois des tiges de patate douce aux villages alentour. »

« Comme d’autres semences du même type, les tiges de patate douce sont une solution à la malnutrition. Mais ce qui marche à un endroit ne marche pas forcément ailleurs, rappelle Luc Genot. Il faut des politiques basées sur le long terme. Et, dans tous les cas, il faut de la pluie. » Si les prévisions globales ne sont pas bonnes jusqu’à mi-janvier, elles pourraient s’améliorer ensuite. Mais pour Nizalovasoa et tant d’autres enfants, c’est maintenant qu’il y a urgence.

Soixante millions de personnes touchées par El Nino

avril 26, 2016

Quelque 60 millions de personnes dans le monde ont besoin d’aide en raison des dégâts provoqués par le phénomène climatique El Nino. Mais le manque d’argent pourrait menacer la livraison de nourriture, a déclaré mardi l’ONU.

« Les chiffres sont vraiment alarmants », a dit à la presse le responsable humanitaire de l’ONU, Stephen O’Brien, à Genève.

El Nino est un courant équatorial chaud du Pacifique, qui se traduit par une nette hausse de la température de l’eau en surface. Survenant tous les 4 ou 5 ans, ce phénomène météorologique provoque tempêtes et inondations dans le monde.

L’épisode 2015-2016 a été l’un des plus violents et a causé des dégâts dans 13 pays, en Afrique, en Asie-Pacifique, et en Amérique centrale et du sud.

Outre les 60 millions de personnes déjà touchées, « des millions d’autres sont en danger », a estimé M. O’Brien, à l’issue d’une réunion avec des représentants de pays touchés et d’organisations d’aide.

La pire sécheresse
En Afrique, des inondations et la sécheresse ont provoqué des famines qui touchent quelque 32 millions de personnes dans la partie méridionale du continent.

L’Ethiopie, qui connaît sa pire sécheresse depuis 50 ans, est au « niveau zéro » de la crise, avec 10 millions de personnes en attente d’aide, a souligné le secrétaire général de Care International, Wolfgang Jamann. Mais livrer de l’aide à ceux qui souffrent n’est pas une tâche aisée.

L’ONU estime qu’il faut 3,6 milliards de dollars pour faire face aux besoins créés par El Nino. « Jusqu’ici, ce qui a été collecté est bien loin de nos besoins. Aujourd’hui, nous avons un déficit de plus de 2,2 milliards de dollars pour livrer de la nourriture, de l’eau potable, des médicaments de base et des semences, afin de s’assurer que les agriculteurs ne perdent pas leur prochaine récolte », a révélé M. O’Brien.

La menace La Nina
« Des programmes d’aide d’urgence, comme la distribution de nourriture en Ethiopie, risquent d’être interrompus », a-t-il averti. « Nous avons des semaines, pas des mois, pour redresser » la situation.

Une autre menace plane sur ces pays, qui commencent à peine à panser les plaies laissées par El Nino: La Nina. Phénomène climatique inverse, La Nin apparaît à la suite d’un refroidissement des eaux de surface de l’océan Pacifique.

« Le niveau de préparation et de réponse des communautés est déjà au plus bas en raison de l’impact de El Nino », a expliqué la secrétaire-générale adjointe de l’agence de développement de l’ONU, Izumi Nakamitsu. « Donc, si la Nina frappe, les communautés seront de nouveau dévastées et peut-être même encore davantage », a-t-elle averti.

Romandie.com

L’épisode El Nino sera parmi les plus intenses, prévoit l’ONU

septembre 1, 2015

Genève – Réapparu il y a quelques mois, le courant équatorial chaud du Pacifique El Nino devrait faire partie des quatre épisodes les plus intenses observés depuis 1950, a indiqué mardi l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

La température de l’eau en surface dans le centre est du Pacifique tropical va probablement dépasser la normale de deux degrés Celsius, indique l’agence de l’ONU qui s’attend à ce que l’épisode gagne en intensité avant la fin de l’année.

Ce courant périodique est souvent associé à des précipitations au-dessus de la normale en automne et en hiver aux Etats-Unis. Il réduit aussi la fréquence des tempêtes et ouragans dans l’Atlantique qui, cette année, connait une saison (juin à fin novembre) au-dessous de la moyenne annuelle.

Une telle hausse de la température du Pacifique n’avait été enregistrée que trois fois dans les annales au cours des 65 dernières années: 1972-73, 1982-83 et 1997-98.

El Nino intensifie la formation de tempêtes dans l’est et le centre du Pacifique.

Généralement, une fois bien installé un épisode El Nino devrait atteindre son intensité maximale entre octobre et janvier et persister le plus souvent durant une bonne partie du premier trimestre avant de s’affaiblir, précise l’OMM.

L’organisation rappelle que les phénomènes El Nino et La Nina (température anormalement basse des eaux équatoriales du Pacifique) ne sont pas les seuls facteurs qui déterminent les régimes climatiques à l’échelle du globe.

Romandie.com avec(©AFP / 01 septembre 2015 14h22)