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Macron élu président en France: réactions de la presse française et étrangère

mai 7, 2017

Emmanuel Macron, le 23 avril 2017 à Paris / © AFP/Archives / Patrick KOVARIK

L’élection du centriste pro-européen Emmanuel Macron à la présidentielle française face à son adversaire d’extrême droite Marine Le Pen, constitue une victoire contre le populisme et un soulagement pour l’Europe, mais tout reste à faire pour le plus jeune chef de l’Etat français, selon la presse française et étrangère.

Europe

FRANCE: Le quotidien Le Monde voit plusieurs « raisons de relativiser ce succès » : « une grande partie des Français n’a pas voté +pour+ un candidat mais +contre+ l’extrême droite », ainsi que le niveau record d’abstentions et de vote blancs et nul. Emmanuel Macron sera « le président dont la légitimité sortie des urnes sera, probablement, la plus rapidement remise en cause ».

Pour le quotidien de gauche Libération, il s’agit d’une « victoire sous pression », car « la forte abstention, malgré la menace FN, est déjà le signe d’une insatisfaction vis-à-vis du nouveau président ».

Le quotidien de droite Le Figaro voit « une élection en demi teinte », avec la plus forte abstention depuis 1969 et une dispersion de l’électorat en quatre blocs. Le journal anticipe des législatives difficiles pour le nouveau président « d’ores-et-déjà privé d’un état de grâce ».

Le quotidien économique libéral Les Echos salue lui « le choix de l’espoir » avec un « nouveau visage de la France, jeune, audacieuse, conquérante ».

Pour le quotidien communiste L’Humanité, « un nouveau combat commence » afin de « contester les politiques libérales annoncées par le nouveau chef de l’Etat ».

ESPAGNE : « La France a choisi Macron et contient le populisme », écrit le journal El País. « Et la France a dit non. La victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, un pro-Européen et un ex-banquier libéral, a contenu la vague du mécontentement populiste qui a triomphé en novembre à l’élection présidentielle américaine et avant le référendum britannique ». « Après le Brexit et Trump, il n’y aura pas Le Pen ».

ALLEMAGNE : Pour le quotidien allemand conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, « l’Europe évite le cauchemar. L’impensable a été évité: la France ne va pas être dirigée par une femme d’extrême droite. La victoire nette d’Emmanuel Macron donne de la confiance, mais l’Europe ne doit pas se faire d’illusions pour autant ».

Le quotidien de gauche Tageszeitung écrit aussi que « la nette victoire d’Emmanuel Macron est un énorme soulagement pour la France. »

SUISSE : « Un homme neuf » pour le journal Le temps : « Emmanuel Macron a réussi son pari insensé. Au-delà du niveau de l’abstention, de la radicalisation des extrêmes à droite comme à gauche et du délitement des partis traditionnels, l’enseignement principal de ce 7 mai est que la France s’est choisie un homme neuf pour entamer sa transformation ».

GRANDE-BRETAGNE: « Bonne chance M. Macron, vous allez en avoir besoin », écrit The Guardian qui s’inquiète du niveau record de l’extrême-droite; « Tout autre résultat aurait été une catastrophe européenne et pour une fois, heureusement, les sondages avaient raison ».

RUSSIE: Le quotidien Vedomosti estime que les Français ont fait le choix du « candidat qui représente les principes essentiels de la Ve République: le gouvernement par une élite qualifiée et l’engagement dans l’intégration européenne ».

Le journal en ligne Gazeta.ru souligne que le nouveau président « devra répondre à la demande de changement, ne luttant pas tant contre un programme conservateur que contre les attentes négatives et le risque de déjà vu ».

Etats-Unis

Le New York Times voit dans la victoire de M. Macron un « grand soulagement pour l’Europe ». Mais il averti que le président élu est confronté à « des défis considérables. Il prend la tête d’une nation profondément divisée, tout comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres grandes démocraties ». Le score de Mme Le Pen au second tour prouve pour le quotidien l’importance « du désespoir de ceux qu’elle appelle les oubliés (en français dans le texte) ».

Asie

AUSTRALIE: Pour The Sydney Morning Herald, « La France vote pour l’optimisme ». Le journal souligne aussi le « soulagement pour l’Europe ».

Romandie.com avec(©AFP / 08 mai 2017 04h40)                      

Élections en RDC: l’exécutif promet un financement « interne »

avril 12, 2017

Kinshasa – Le nouveau Premier ministre de la République démocratique du Congo Bruno Tshibala a déclaré mardi soir à l’AFP qu’il comptait financer le scrutin devant désigner le successeur du président Joseph Kabila avec des ressources « internes », dont il n’a pas précisé l’origine.

« Nous allons mettre tout en oeuvre pour mobiliser les ressources financières internes en vue de financer les élections », a déclaré à Kinshasa M. Tshibala, ajoutant cependant qu’il ne voyait « pas d’inconvénients à ce qu’il y ait un appoint qui viendrait des (…) partenaires » étrangers dans le financement des élections, considérées comme « la priorité des priorités » de son gouvernement.

Mais pour le principal allié de M. Tshibala, Joseph Olenghankoy, chef de la dissidence du Rassemblement – la coalition créée par l’opposant historique Étienne Tshisekedi, décédé en février – « la priorité », avant les élections, « est de répondre aux besoins (du) peuple notamment dans le social, dans la sécurité ».

M. Olenghankoy a tenu ces propos en référence à la crise économique que traverse le pays, après avoir rencontré M. Tshibala dans le cadre de consultations précédant la formation du gouvernement.

Le mandat de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, a expiré le 20 décembre 2016, mais faute de la tenue de l’élection devant désigner son successeur, le chef de l’État se maintient au pouvoir.

La raison officielle avancée pour le report de la présidentielle et des législatives devant avoir lieu en même temps, a été un manque de moyens de l’État congolais pour les financer.

Depuis le début de l’année 2016, la situation des finances publiques du pays n’a cessé de se détériorer avec la baisse des prix des matières premières sur les marchés mondiaux alors que le cuivre et le cobalt extraits en RDC représentent 80% des recettes d’exportation du pays.

Ingérence étrangère’ exclue –

Dans ce contexte particulièrement difficile, M. Tshibala n’a pas précisé par quels moyens il comptait améliorer la marge de manoeuvre budgétaire de l’État.

Dans un discours devant le Parlement, M. Kabila a assuré le 5 avril que « les élections (auraient) bel et bien lieu », sans dire à quelle échéance, et en excluant d’avance toute « ingérence étrangère » dans le pilotage et le déroulement du processus électoral.

M. Tshibala a été nommé Premier ministre vendredi, quelques jours après avoir été exclu du Rassemblement.

M. Kabila soutient que sa nomination est conforme à l’accord conclu le 31 décembre 2016 par la majorité et l’opposition, sous l’égide de l’Église catholique, afin de sortir le pays de la crise liée à son maintien au pouvoir.

Ce compromis politique (que le président n’a pas signé) prévoit le maintien de M. Kabila à la tête du pays jusqu’à l’entrée en fonction d’un successeur élu lors d’une présidentielle devant avoir lieu fin 2017, qui apparaît aujourd’hui hypothétique. En contrepartie, le poste de Premier ministre d’un nouveau gouvernement élargi doit revenir au Rassemblement. Pour le parti de Tshisekedi, le choix de M. Tshibala est une violation de l’accord et une « prime à la trahison ».

État continent au coeur de l’Afrique dévasté par deux guerres entre 1996 et 2003, la RDC n’a connu aucune transition démocratique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Romandie. com avec(©AFP / 12 avril 2017 18h06)

 

RDC : « Nous allons tout faire pour organiser des élections en 2017 »

février 20, 2017

Le chef de la diplomatie congolaise, Léonard She Okitundu, fait le point sur l’application de l’accord politique de décembre et les violences dans l’est du pays.

Un boxeur s’entraîne à Kinshasa, près du stade Tata Raphael. Crédits : EDUARDO SOTERAS/AFP
Il a connu l’exil en Suisse sous Mobutu, a travaillé quinze ans pour une grande ONG chrétienne, Caritas, avant de diriger plusieurs ministères à Kinshasa. Léonard She Okitundu, 70 ans, proche du président Joseph Kabila, a été nommé ministre des affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC) le 19 décembre 2016, date de la fin du second mandat du chef de l’Etat.

Depuis, on l’a vu s’impliquer dans le dialogue entre le pouvoir et l’opposition et mettre en musique une diplomatie délicate lors du Sommet AfriqueFrance de Bamako en décembre, où il s’est entretenu avec son homologue français Jean-Marc Ayrault. De passage à Bruxelles puis à Paris, Léonard She Okitundu a accordé un entretien au Monde Afrique.

La RDC semble isolée après avoir été fermement pointée du doigt par la communauté internationale. Comment y faites-vous face ?

Léonard She Okitundu L’absence d’élection présidentielle fin 2016 a provoqué des tensions avec certains de nos partenaires. Sont apparues des suspicions sur la volonté de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir. Je constate que la signature de l’accord politique le 31 décembre a été interprétée comme un gage de bonne volonté de notre part. Et je m’efforce de rassurer mes homologues sur notre détermination à respecter cet accord. Il y a comme un début de dégel sur le plan diplomatique.

Parmi les conseillers de Donald Trump sur les questions africaines, il y a J. Peter Pham du cercle de réflexion Atlantic Council qui a appelé à plusieurs reprises ces dernières années à la « balkanisation » de la RDC. Cela vous inquiète-t-il ?

Les Américains se sont toujours montrés attachés à la défense de l’unité de la RDC, s’opposant d’ailleurs à la sécession katangaise [en 1960]. M. Pham a eu des positions individuelles différentes, mais je pense qu’il s’adaptera à la ligne diplomatique officielle de Washington. Nous n’accepterons jamais une quelconque balkanisation. Nous le ferons comprendre à M. Pham qui, je l’espère, aura la sagesse de faire évoluer sa pensée.

Pourquoi Joseph Kabila a-t-il récemment refusé de prendre au téléphone le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres ?

Depuis les révélations par la presse [en décembre 2016] sur les interceptions de ses communications par les services de renseignement de puissances étrangères, Joseph Kabila est très prudent. Le président préfère éviter de discuter de dossiers sensibles au téléphone. C’est ce que j’ai expliqué au secrétaire général de l’ONU lors d’un tête-à-tête qu’il m’a accordé fin janvier en marge du sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba. Au nom du président Kabila, je l’ai invité à venir en RDC, qui accueille le plus important déploiement de l’ONU.

En mars, le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter une résolution qui renouvelle le mandat de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). Quel bilan tirez-vous de ses actions récentes ?

Il doit y avoir un débat et une évaluation de l’efficacité de cette mission, présente depuis plus de quinze ans en RDC. La présence de la Monuc, devenue Monusco, a constitué un facteur stabilisateur, c’est indéniable. Mais, aujourd’hui, elle est devenue une sorte de gouvernement parallèle, ce qui n’est pas normal. D’autant que la Monusco a démontré cette année son incapacité à remplir intégralement sa mission, à empêcher des massacres à l’est du pays et à collaborer étroitement avec les forces armées congolaises pour éradiquer les groupes armés.

A cela s’ajoute la question sensible de la présence des combattants sud-soudanais, dont nous réclamons le départ dans les plus brefs délais. La Monusco semble dépassée alors qu’elle compte plus de 20 000 hommes. Il faut donc revoir les moyens et les contours de la mission, ce dont je discute avec la France et la Monusco.

Une patrouille de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) dans les environs de Goma en août 2013.

Une patrouille de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) dans les environs de Goma en août 2013. Crédits : Thomas Mukoya/REUTERS

Le 16 février, plusieurs organisations internationales, dont l’ONU et l’Union africaine, ont exprimé leur inquiétude sur la mise en application de l’accord politique du 31 décembre, parlant d’« impasse persistante ». Le processus est-il bloqué ?

Certains mots employés dans ce communiqué me choquent. Ces derniers mois, le traitement réservé à la RDC par certaines organisations et chancelleries s’apparente à un acharnement. Je ne peux accepter cela. Pour ce qui est de la mise en application de l’accord, les discussions entre la majorité présidentielle et l’opposition se sont poursuivies et ont bien avancé. Mais elles ont été interrompues par la mort d’Etienne Tshisekedi [l’opposant historique est décédé à Bruxelles le 1er février] qui avait d’ailleurs été choisi pour présider le Comité national de suivi de l’accord.

Je suis certain qu’un nouveau premier ministre de l’opposition aurait été désigné s’il n’y avait pas eu ce décès, qu’un nouveau gouvernement d’union nationale aurait été nommé, conformément à l’accord. Les négociations vont reprendre après les obsèques.

Pour les partisans d’Etienne Tshisekedi, le rapatriement du corps est conditionné à la nomination d’un premier ministre de l’opposition. Comptez-vous satisfaire cette demande ?

Je déplore une exploitation politique de la dépouille d’Etienne Tshisekedi par certains extrémistes de son parti. Ils exigent la nomination d’un premier ministre issu de leurs rangs pour rapatrier le corps. Cela me semble indécent. Et cela contredit l’accord dont les modalités de mise en application sont toujours discutées. Et c’est le président du Conseil national de suivi qui doit soumettre au moins trois noms de « premier ministrable » au chef d’Etat, qui fera son choix.

Mais le président du Conseil national de suivi est mort…

Il faut le remplacer. Il doit provenir de l’opposition, mais la majorité doit être consultée. Donc la balle est dans le camp de l’opposition.

Qui gouverne actuellement en RDC ?

Le premier ministre Samy Badibanga, sous l’autorité du président Joseph Kabila. Certains de mes interlocuteurs, comme les Britanniques, me disent attendre la nomination d’un gouvernement d’union nationale pour reprendre la collaboration. C’est leur choix. Mais, en attendant, l’actuel gouvernement est légitime. Le Parlement reprend son activité le 15 mars et les institutions fonctionnent normalement.

Dans le Kasaï, des affrontements meurtriers opposent les forces de sécurité à des miliciens mystiques. Dans le Tanganyika, un violent conflit ethnique est en cours. Au Kivu, des massacres se poursuivent et des groupes armés étrangers sont toujours présents. Comment gérez-vous ces conflits qui causent des centaines de morts ?

Nous ne nions pas ces problèmes. L’est de la RDC connaît toujours des troubles et des mouvements armés ont été instrumentalisés par des pays voisins. Ces derniers, à chaque fois que le gouvernement congolais ne leur est pas favorable, tentent de réactiver des milices. Nous avons abordé ces questions lors du dernier sommet de l’Union africaine avec le chef d’Etat ougandais, Yoweri Museveni. Quant aux autres groupes mystico-religieux qui tentent de semer le désordre, comme au Kasaï, ils ne m’inquiètent pas vraiment. On sera intraitable et on ne laissera pas des illuminés troubler l’ordre public.

Ces tensions compromettent-elles la tenue d’élections ?

Les forces de sécurité vont rapidement y mettre un terme. Les opérations de recensement des électeurs ne sont pas perturbées. On a déjà procédé à l’identification de 12 millions d’électeurs sur les 40 millions. A ce rythme, on devrait avoir terminé en juillet. D’ici là, l’accord sera appliqué. Donc la majorité présidentielle et l’opposition gouverneront et prépareront ces élections générales.

Le ministre du budget vient de déclarer que l’argent manquait pour organiser ces élections…

Nous devons tout faire pour l’appliquer l’accord. Une clause stipule que si des contraintes empêchent l’organisation du scrutin fin 2017, des concertations se tiendront pour convenir de la meilleure date possible. Le constat du ministre du budget n’est pas étonnant. La question financière se pose, c’est une évidence. Mais on ne va pas rester les bras croisés. On va tout faire pour réunir les moyens nécessaires.

Présidentielle en RDC: le délai constitutionnel est un problème

avril 11, 2016

Kinshasa – Le facilitateur de l’Union africaine (UA) pour le dialogue national en République démocratique du Congo a estimé lundi à Kinshasa que le respect du délai constitutionnel était un problème pesant sur l’organisation de la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année.

Le problème qu’il y a aujourd’hui dans le pays c’est qu’il y a le délai constitutionnel, qu’il faut respecter, [mais] il y a aussi le problème que tous les jours qui passent sont des jours qui ne permettent pas de dire que nous allons respecter ce délai, a déclaré l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo à la presse.

Je n’entre pas dans la querelle entre légalistes et ceux qui disent: il faut être pragmatique, a-t-il assuré en référence au débat politique qui agite Kinshasa.

Vendredi, le gouvernement congolais a accusé l’ONU et l’opposition au président Joseph Kabila de faire preuve d’irresponsabilité en continuant d’appeler à la tenue de la présidentielle avant la fin de l’année.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé le 30 mars le mandat de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).

Sa nouvelle résolution insiste sur la nécessité d’un dialogue politique ouvert, permettant la tenue des élections présidentielle et législatives d’ici novembre 2016, conformément à la Constitution et elle a été saluée par plusieurs plateformes d’opposition au Congo.

Fin novembre, M. Kabila a annoncé son intention de convoquer un dialogue national inclusif destiné à permettre un consensus sur le calendrier électoral et le financement des élections, mais cinq mois plus tard, le projet est au point mort.

Alors qu’approche la fin du mandat de M. Kabila (en décembre) – à qui la Constitution interdit de se représenter – aucune date n’a encore été fixée pour la tenue de la présidentielle et certains dirigeants de la majorité réclament une transition de deux à quatre ans pour pouvoir organiser de bonnes élections.

A l’inverse, une large frange de l’opposition considère l’appel au dialogue du président, au pouvoir depuis 2001, comme une manœuvre et un piège pour lui permettre de rester en poste au-delà de son mandat.

Le Congo-Kinshasa traverse une crise politique profonde depuis les élections législatives et présidentielle de novembre 2011 marquées par des irrégularités et des fraudes massives et ayant reconduit pour cinq ans M. Kabila et sa majorité à la tête du pays.

L’UA a annoncé le 6 avril la nomination de M. Kodjo comme facilitateur du dialogue national voulu par M. Kabila en vue de la tenue d’élections apaisées en RDC.

Devant la presse à Kinshasa, M. Kodjo a estimé que sa mission était délicate mais pas du tout impossible, ajoutant : Il n’y a plus une minute à perdre, le dialogue doit être lancé.

Samedi, le G7, coalition réunissant sept partis d’opposition refusant de participer au dialogue, a souhaité que M. Kodjo ne soit pas venu au Congo pour remettre en cause la nouvelle résolution du Conseil de sécurité, ni pour aider la majorité présidentielle actuelle à créer une nouvelle légitimité extra-constitutionnelle, ni pour cautionner l’organisation d’une énième transition qui durerait trois ou quatre ans.

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2016 19h40)

Le président djiboutien élu pour un quatrième mandat

avril 9, 2016

Le président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a été réélu vendredi pour un mandat de cinq ans au premier tour de l’élection présidentielle, a annoncé le Premier ministre djiboutien. Le scrutin avait été boycotté par une partie de l’opposition.

« D’après nos projections, nous pouvons dire que le candidat de l’UMP (union pour la majorité présidentielle) a été élu dès le premier tour », a déclaré en direct à la télévision nationale le Premier ministre Abdoulkader Kamil Mohamed. Ismaël Omar Guelleh a été réélu avec 86,7% des voix, selon des résultats communiqués samedi par le ministre de l’Intérieur Hassan Omar Mohamed.

« Le peuple djiboutien a décidé de me confier à nouveau la plus haute charge de l’Etat. J’ai compris son espérance et je vais me remettre au travail dès demain pour prendre à bras-le-corps les défis que nous posent le chômage et le mal-logement », a déclaré le président réélu dans une allocution diffusée à la télévision.

« Cette victoire sans appel est la vôtre. C’est celle de la jeunesse. C’est d’un peuple libre, d’une nation sereine, forte de ses valeurs, enracinée dans son histoire et sa culture », a-t-il ajouté.

M. Guelleh, 68 ans, faisait face à cinq candidats. Le principal candidat d’opposition, Omar Elmi Khaireh, est arrivé en deuxième position avec seulement 7,3% des voix.

Constitution modifiée
M. Guelleh a été réélu pour un quatrième mandat consécutif après avoir fait modifier la constitution en 2010, pour en supprimer toute limitation.

Ses opposants, qui avaient réussi à se rassembler pour les élections législatives de 2013 sous la bannière de l’union pour le salut national (USN), se présentaient cette fois divisés. Une partie d’entre eux, dénonçant « une mascarade électorale », avait appelé au boycott.

Deux présidents seulement
Djibouti, ancienne colonie française où plusieurs grandes puissances (Etats-Unis, France, Japon et bientôt la Chine) disposent de bases militaires pour profiter de son positionnement stratégique entre l’océan Indien et le canal de Suez, n’a connu que deux présidents depuis son indépendance en 1977.

Ismaël Omar Guelleh a succédé en 1999 à Hassan Gouled Aptidon, père de l’indépendance de Djibouti, après avoir été pendant 22 ans son chef de cabinet. Le taux de chômage du pays avoisine les 60%, et 79,4% des Djiboutiens vivent en dessous du seuil de pauvreté relative.

Romandie.com

Au Tchad, une campagne électorale sous haute tension

avril 8, 2016

Des Soudanais attendent le président tchadien Idriss Déby Itno à l'aéroport de Khartoum, le 8 mars 2016.

Des Soudanais attendent le président tchadien Idriss Déby Itno à l’aéroport de Khartoum, le 8 mars 2016. Crédits : ASHRAF SHAZLY/AFP
Après vingt-six années de règne, le président tchadien Idriss Déby Itno – qui, selon la formule consacrée, espère l’emporter en « un coup K.-O. » – brigue un cinquième mandat consécutif, dimanche 10 avril. Si le chef de l’Etat n’a jamais paru aussi fort, un vent de contestation inédit souffle sur le Tchad. Retour sur une campagne agitée.

Le viol de Zouhoura

C’est un fait divers qui a mis le feu aux poudres. Le 8 février, deux mois avant les élections, cinq hommes enlèvent et violent Zouhoura, Tchadienne de 16 ans et fille de l’opposant politique Mahamat Brahim Ali, président du Mouvement démocratique africain (MDA). La vidéo du viol est postée sur les réseaux sociaux suite à la plainte portée par la jeune femme.

Le 15 février, d’importantes manifestations lycéennes sont organisées dans tout le pays pour dénoncer ces actes et deux adolescents sont tués par la police. Le lendemain, les agresseurs, fils du ministre des affaires étrangères et de généraux, sont arrêtés. Le viol vire à la crise politique. Malgré la réaction d’Idriss Déby, qui dénonce un « acte ignoble », les manifestations contre le pouvoir en place se poursuivent.

Les opérations « villes mortes » et « sifflets citoyens »

La contestation prend de l’ampleur. A l’appel de la coalition « Ça suffit », bon nombre de citoyens restent chez eux le 24 février, à l’occasion d’une journée « ville morte ». A N’Djamena, les écoles, les commerces et les marchés sont paralysés. L’administration tourne au ralenti et les rues sont quasiment désertes.

Le 10 mars, une dizaine d’associations de la société civile tchadienne appellent la population à se servir d’un « sifflet citoyen » à 5 h 30 et 21 h 30 pour demander la fin de la mauvaise gouvernance et l’alternance politique. Une opération toutefois moins suivie que la première.

Un nombre de candidats record

Dix jours plus tard, la campagne débute officiellement. Sur les vingt-sept candidatures proposées, quatorze sont finalement retenues, un record. Parmi elles, sans surprise, Idriss Déby Itno fait figure de grand favori. Face à lui, Saleh Kebzabo, qui se présente pour la troisième fois, deux anciens premiers ministres, Joseph Djimrangar Dadnadji et Delwa Kassiré Koumakoye.

En revanche, le conseil constitutionnel rejette la candidature de Ngarlejy Yorongar, le président du parti fédéraliste, « au motif de défaut de photo et défaut d’emblème », selon l’opposant.

Polémique autour du temps de parole

Premier jour de campagne et première polémique. A l’occasion de la cérémonie de signature de bonne conduite proposée par le Haut Conseil de la Communication (HCC), dix candidats se lèvent et quittent la salle. La raison : le faible temps d’antenne dans les médias publics prévu pour chaque candidat d’opposition lors des trois semaines de campagne. Seul le représentant du chef de l’Etat sortant a finalement signé ce code de bonne conduite.

Quatre leaders de la société civile arrêtés

Alors qu’ils s’apprêtent à organiser des manifestations contre la candidature du président Déby, Mahamat Nour Ahmat Ibedou, Nadjo Kaina Palmer, Younous Mahadjir et Céline Narmadji, quatre leaders de la société civile sont arrêtés, le 22 mars, puis écroués.

Une grève générale et une « marche citoyenne interdite » sont alors lancées et largement suivies à l’appel de l’Union des syndicats du Tchad (UST) et de la coalition « Trop c’est trop ! ». Accusés de « provocation à un attroupement non autorisé, tentative d’atteinte à l’ordre public et opposition à l’exercice d’une autorité légitime », les quatre opposants connaîtront leur peine le 14 avril. Le procureur a pour l’instant requis six mois de prison.

Conséquences : tous les membres de la société civile se sont retirés des principales institutions du pays, dont le Comité électoral national indépendant (CENI).

Fraudes électorales

Cette année, des cartes électorales biométriques devraient empêcher les électeurs de voter à plusieurs reprises. Mais l’opposition craint justement une fraude massive en amont de l’élection.

Selon plusieurs médias locaux, des ressortissants soudanais, originaires du Darfour, disposeraient de cartes électorales pour voter en faveur d’Idriss Déby. Ils auraient été acheminés par avion vers des localités tchadiennes en vue de renforcer le Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti d’Idriss Déby. Une information invérifiable en l’état.

Le 3 avril, un homme soupçonné d’acheter des cartes d’électeurs dans le 7e arrondissement de N’Djamena a été arrêté par des militants de l’opposition. L’homme soupçonné de préparer la fraude a été conduit au commissariat, mais a été rapidement relâché par la police.

Dimanche, plus de 6 millions d’électeurs sont appelés à élire leur président. En cas de second tour, les partis d’opposition devraient fusionner pour affronter le favori.

Lemonde.fr par Youenn Gourlay

Elections en RD Congo: la pression de l’ONU frise l’irresponsabilité, selon Kinshasa

avril 8, 2016

Kinshasa – La pression des Nations unies et de l’opposition congolaise en faveur de la tenue de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels frise l’irresponsabilité, a estimé vendredi le ministre congolais des Affaires étrangères Raymond Tshibanda.

On peut débattre des délais constitutionnels six mois, un an, dix ans avant les élections, il n’y a pas de problème, mais continuer à en appeler à cela à six mois, à sept mois (de l’échéance) alors que vous savez qu’objectivement il devient difficile de les faire dans ce délai, je pense que cela frise l’irresponsabilité, a affirmé le ministre à la presse.

J’ai eu à le relever devant les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, a-t-il ajouté.

Dans sa résolution 2277 adoptée le 30 mars, le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé pour un an le mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

Dans ce texte, le Conseil rappelle la nécessité de préparer la tenue au Congo d’élections pacifiques, crédibles, ouvertes à tous, transparentes, dans le respect des délais prévus, et notamment des élections présidentielle et législatives d’ici novembre 2016, conformément à la Constitution et dans le respect de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Pour M. Tshibanda, il n’y a pas meilleure façon de faire le lit de la violence que de procéder ainsi.

Les gens doivent choisir le camp dans lequel ils veulent se trouver : ils veulent contribuer à faire monter inutilement la tension en République démocratique du Congo pour que demain les choses explosent ou ils veulent que les conditions soient créées pour des élections convenables ?, s’est interrogé le ministre.

En tant que gouvernement de ce pays (…) aussi respectueux que nous voulions être des délais, le plus important c’est qu’il y ait des élections, que les élections remplissent les conditions requises pour des élections démocratiques et que les élections se tiennent dans des conditions de paix et ne perturbent pas la paix, a-t-il ajouté.

L’opposition congolaise accuse depuis plus de deux ans M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, de chercher à se maintenir au pouvoir par tous les moyens à son poste au-delà de la fin de son mandat en décembre. Elle réclame à cor et a cri la tenue d’une présidentielle avant la fin du mois de novembre.

Romandie.com avec(©AFP / 08 avril 2016 13h49)

Congo/Écho de campagne: Le candidat André Okombi Salissa devant les représentants de la jeunesse à Brazzaville

mars 8, 2016
Auteur: AOS

André Okombi Salissa a rencontré ce jour les représentants de la Jeunesse de Brazzaville, pour exposer son Projet de Société et ses propositions pour la Jeunesse Congolaise.

Présidentielle au Bénin: des premiers résultats espérés mardi

mars 7, 2016

Cotonou – Les premiers résultats de l’élection présidentielle au Bénin devraient être publiés mardi, a annoncé lundi la commission électorale (Céna), au lendemain d’un scrutin qui s’est déroulé sans incident majeur.

Nous espérons que nous pourrons parvenir à donner les grandes tendances (du vote) demain, a déclaré à l’AFP Geneviève Boco-Nadjo, la vice-présidente de la Céna, alors que les urnes continuaient d’arriver de tout le pays au siège de la Commission à Cotonou.

Le président Thomas Boni Yayi ne se représentait pas au terme de deux mandats, conformément à la Constitution de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest considéré comme un bon élève en matière de démocratie sur le continent. Cinq des 33 candidats sont favoris pour lui succéder: le Premier ministre sortant Lionel Zinsou, deux des plus gros hommes d’affaires locaux, Patrice Talon et Sébastien Ajavon, et deux banquiers internationaux, Abdoulaye Bio Tchané et Pascal Irénée Koupaki.

La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui avait déployé 120 observateurs et 16 experts dans l’ensemble des 12 départements que compte le pays, a constaté lundi l’absence d’incidents majeurs durant tout le processus électoral qui s’est déroulé dans des conditions acceptables de liberté et de transparence.

Cette élection constitue une étape importante dans la consolidation des acquis démocratiques au Bénin, a estimé dans un communiqué le chef de la mission, l’ancien Premier ministre guinéen Kabiné Komara.

Le premier tour de la présidentielle, initialement prévu le 28 février, avait été repoussé d’une semaine à cause de retards dans la production et la distribution des cartes des 4,7 millions d’électeurs.

A la veille du scrutin, une grande partie des nouvelles cartes d’électeurs n’avaient toujours pas été distribuées, laissant craindre jusqu’à la dernière minute qu’une partie de la population soit exclue du vote.

Mais samedi, la Céna avait finalement autorisé les électeurs à voter avec leurs anciennes cartes, et les nouveaux majeurs du Zou et du Plateau, deux départements du centre où aucune nouvelle carte n’avait pu être distribuée, ont pu voter avec leur carte d’identité.

Le Bénin, petit pays de 10,6 millions d’habitants, est le premier État d’Afrique francophone à avoir entamé une transition démocratique au début des années 1990. M. Boni Yayi, élu en 2006 et réélu en 2011, n’a toutefois pas réussi à résoudre les problèmes de chômage, notamment des jeunes, et de corruption dans les filières essentielles à une économie largement dépendante de l’agriculture et du commerce de transit, comme l’exploitation du port de Cotonou et le secteur du coton. La santé et l’éducation figurent aussi parmi les principaux défis du prochain président.

Romandie.com avec(©AFP / 07 mars 2016 21h17)

Mauricio Macri remporte la présidentielle en Argentine

novembre 22, 2015

Le candidat de l’opposition libérale Mauricio Macri a remporté dimanche l’élection présidentielle en Argentine, selon les sondages à la sortie des urnes diffusés par deux chaînes de télévision. Il a battu le péroniste Daniel Scioli.

Le maire de Buenos Aires Mauricio Macri est âgé de 56 ans. Il a battu celui qui était le favori du scrutin avant le 1er tour de l’élection, Daniel Scioli, candidat de la coalition gouvernementale au pouvoir. Les premiers résultats officiels du scrutin sont attendus dès 23h30 en Suisse.

Les militants du maire de Buenos Aires étaient réunis au quartier général de la coalition Cambiemos (Changeons, Ndlr.) de M. Macri. Aussitôt après l’annonce des résultats des enquêtes sorties des urnes, ils ont exulté et commencé à célébrer la victoire.

« C’est un jour historique qui va changer notre vie (…), les gens sont très mobilisés », avait déclaré Macri avant de voter dans une école de la capitale.

Cet ancien président du club de football de Boca Juniors, le plus prestigieux d’Argentine, promet une rupture avec la politique économique protectionniste menée par les gouvernements de Nestor (2003-2007) et Cristina Kirchner, depuis 2007.

Redresser l’économie du pays
Le nouveau président prendra ses fonctions le 10 décembre. Il aura pour principale mission de redresser l’économie du pays sud-américain, au bord de la récession, après dix ans de forte croissance.

La présidente de gauche Cristina Kirchner, à la tête de la 3e économie d’Amérique latine depuis 2007 après avoir succédé à son mari, ne pouvait briguer un 3e mandat consécutif, selon la constitution.

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