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Congo-Législatives 2022 : le PCT rafle encore la mise au second tour

août 3, 2022

Les résultats du second tour des élections législatives des 26 et 31 juillet derniers, rendus publics le 2 août par le ministre de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Guy Georges Mbacka, donne à nouveau le Parti congolais du travail (PCT) vainqueur avec neuf élus sur les vingt-cinq sièges à pourvoir.

Déjà largement vainqueur au premier tour avec 103 députés, le PCT totalise à lui seul cent-douze élus sur les cent-cinquante-et-un sièges de l’Assemblée nationale. L’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki) arrive en deuxième position avec quatre élus au second tour, suivie de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) qui a obtenu trois sièges. A l’issue des deux tours, les deux formations politiques de l’opposition partagent la deuxième place avec sept députés chacune.

Trois indépendants ont pu se faire élire au second tour dont un à Brazzaville, un dans le Pool et un autre dans la Lékoumou. Avec deux élus au second tour, le Parti républicain et libéral (PRL) de Nick Fylla a créé un exploit, surtout à Moungali 3 où sa candidate, Gervine Mouger Mounea Dizangué Aya, a battu le président du Parti pour l’unité, la liberté et le progrès (Pulp), Jean Didace Médard Moussodia, qui siégeait à l’Assemblée nationale depuis 2002.

Les autres partis comme la Dynamique républicaine pour le développement (DRD), le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI), le Club perspectives et réalité (CPR) et le Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail (MUST) ont obtenu chacun au second tour un député.

Listes des vingt-cinq députés élus au second tour

Département de Brazzaville

Makélékélé 1: Bambi Goma Gerald Lone (UDH-Yuki) ;

Makélékélé 2: Badiabio Joseph (UDH-Yuki) ;

Makélékélé 3 : Mouangassa Princesse Gaétane Line (PCT) ;

Makélékélé 4 : Ayessa Itoua (indépendant) ;

Moungali 1 : Mouagni Aimé Hydvert (CPR) ;

Moungali 3 : Mounea Dizangué Aya Gervine Mouger (PRL) ;

Ouenzé 4 : Gouamba Ninon Pachel (PCT) ;

Mfilou-Ngamaba 1 : Samba Sylvain (UDH-Yuki).

Département du Pool

Kinkala commune: Fylla Saint-Eudes Antoine Thomas (PRL) ;

 Kimba: Bokolojoué Antoine (indépendant) ;

Goma Tsé-Tsé: Mampouya Hellot (DRD);

 Vinza: Nkeoua J. (UDH-Yuki).

Département de la Bouenza

 Mouyondzi : Munari née Mabondzot Claudine (MUST) ;

 Kingoue : Sibali Jean (PCT) ;

 Boko-Songho : Mbanzoulou Eugène (PCT) ;

Madingou commune: Moungondo Albert (UPADS).

Département de la Lekoumou

 Bambama : Souaka Judes Wilfride (indépendant).

Département du Niari

 Moutamba : Lalissini Bikindou Juste Jerslin (PCT) ;

 Moungoundou sud : Mabita Jean Claude Stéphane (MCDDI) ;

Mayoko: Leyinda Pascal Alain (UPADS);

Kimongo : Guimbi Michel (PCT) ;

 Kibangou : Dzamba Bienvenu Victor (UPADS).

 Département du Kouilou

 Mvouti 1 : Matombé Paul (PCT)

Département de Pointe-Noire

 Ngoyo : Baniakina Antoine (PCT)

Tchiamba-Nzassi:  Makosso Christian Ernest (PCT)

Notons que les résultats provisoires du premier et second tour des élections législatives et locales de juillet 2022 seront validés dans les prochains jours par la Cour constitutionnelle. Au niveau des locales, 1154 sièges ont été pourvus pour le compte des 26 conseils départementaux et municipaux à travers le pays.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo: Message de Madame la Ministre Jacqueline Lydia Mikolo aux Mouyondziens et Mouyondziennes

août 2, 2022

Les résultats issus du deuxième tour de l’élection législative sont désormais officiels. Le suffrage universel est notre loi, sa décision s’impose à tous.

Ma grande soeur, la Présidente du MUST, Madame Claudine MUNARI MABONDZOT est déclarée vainqueur. Je réitère les sincères félicitations que je viens de lui adresser ce soir au téléphone. Je souhaite à la députée nouvellement élue de notre circonscription unique de Mouyondzi d’accomplir sa mission avec succès, en préservant ce qui fait l’essentiel de notre Mouyondzi commun : Mbong’ baatu !

Je remercie les mouyondziens et les mouyondziennes, en général, et la jeunesse en particulier, qui, en comptant sur le PCT et sur ma modeste personne, ont réalisé le plus grand rassemblement de notre histoire sur nos idéaux. Je mesure le poids des émotions négatives que vous allez partager à la dimension de l’espoir suscité par ma candidature. Je vous demande de garder foi en l’avenir et dans la cause que nous servons. Grace à vous, une nouvelle ère s’ouvre pour notre localité. Un sage a dit : « l’echec n’existe pas, soit on gagne, soit on apprend » (Nelson Mandela).

Cette formidable synergie des militants et des sympathisants du PCT, des partis et associations alliés, et de nos amis et parents d’horizons diverses qui se sont mobilisés dans cette bataille ne peut demeurer comme une poignée de main sans lendemain. Nous devons continuer à donner une belle image de Mouyondzi, du district à la communauté urbaine. Une localité de Mouyondzi rayonnante, une Mouyondzi qui prône la paix, une Mouyondzi démocratique, une Mouyondzi accueillante et ouverte à tous, une mouyondzi qui travaille et qui ne baisse pas la tête. Notre mission, notre rôle, notre idéal doit être la grandeur de Mouyondzi, de la Bouenza et du Congo. Soyons donc dignes, soyons mouyondziens.

C’est pourquoi, je vous demande de rester unis et de partager ma résolution à continuer d’oeuvrer auprès de tous ceux qui souhaitent LE DEVELOPPEMENT DE MOUYONDZI.


MOUYONDZI D’ABORD!


ENSEMBLE, POURSUIVONS LA MARCHE.

Photo de BrazzaNews.

Avec Brazzanews

Congo-Bacongo : le fils de Mvouba traité d’Ukrainien ya pamba pamba par les habitants

juillet 2, 2022

Les populations de Bacongo réputées être intransigeantes avec les députés ne laissent pas respirer les 21 candidats qui briguent les deux sièges à pourvoir dans cette circonscription électorale. C’est le fils du président du parlement Vadim Osdet Mvouba qui est le centre de leurs critiques et blagues. Parachuté par son père et le PCT, lui qui n’a jamais vécu dans cet arrondissement est traité d’Ukrainien. Il s’agit là pour les populations de le réduire en rien au moment où les Russes interviennent en Ukraine.

Vadim Osdet Mvouba dont la mère serait Russe est bizarrement traité d’Ukrainien à Bacongo, où les habitants sont contre sa candidature. «  Comment un Ukrainien peut nous représenter au parlement ? » s’indignent les habitants de cet arrondissement des sapeurs qui craignent que son père Isidore Mvouba triche et le donne victorieux.

À Bacongo, les populations refusent d’admettre que Vadim Osdet Mvouba est moitié Russe, pour eux ça serait trop lui donner des points et préfère lui attribuer la nationalité ukrainienne. Le fils de Mvouba est parmi les 21 candidats qui concourent pour les deux sièges de Bacongo.

Dans ses sorties, on peut facilement entendre les habitants lancer des insultes contre lui : «  Ukrainien ya pamba pamba ! Yénda ku Ukraine na Zelensky ! Bika Bacongo yéto ! »(Pauvre ukrainien! Va en Ukraine chez Zelensky! Laisse-nous Bacongo). Plusieurs dignitaires du régime ont laissé leurs enfants postuler pour des sièges de députés ou conseillers municipaux et cela agace la population qui voit une volonté de grand remplacement.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Congo-Bacongo 2 : Vadim Osdet Mvouba offre la connexion internet gratuite aux campusards de Tcheulima

juillet 2, 2022

Le candidat du Parti congolais du travail (PCT) dans la deuxième circonscription électorale de Bacongo, Vadim Osdet Mvouba, multiplie des contacts de proximité. Après les vendeurs dans les marchés, il a officiellement lancé, le 1er juillet, la connexion du campus Tcheulima à la fibre optique.

1-Vadim Mvouba lançant la connexion

Après avoir réhabilité le circuit électrique et la bâche d’eau, assaini le campus Tcheulima, le candidat Vadim Mvouba vient d’offrir de l’Internet gratuit aux étudiants de cette résidence de l’Université Marien-Ngouabi. « En vous écoutant, il fallait que je réagisse favorablement à votre requête, parce que vous incarnez par nature l’avenir de ce pays. Comme un arbre qui s’ouvre sur le monde, il nous faut vous offrir une couverture internet illimitée. Grâce à l’internet, on peut se former en ligne, grâce à internet on peut effectuer des recherches, on peut se constituer en réseaux », a-t-il rappelé.

Prêchant l’unité nationale, le candidat du PCT a appelé les étudiants à voter pour lui le 10 juillet. « Le 10 juillet, j’aurai sans doute besoin de votre soutien, j’aurai besoin de vos voix. Il me faut porter vos rêves, vos espoirs, vos expériences à l’hémicycle qui est le temple de la démocratie par excellence. La seule chose que je vous demanderai c’est de voter utile, voter pour le progrès, voter pour la modernisation de notre beau pays », a exhorté Vadim Osdet Mvouba.

Il a, par ailleurs, pris l’engagement de mettre en place un fonds de soutien au campus Tcheulima pour intégrer le tissu social afin de matérialiser le rêve des étudiants. « Tous les trois mois, le  jeune que je suis, dans la mesure du possible, viendrai abonder ce fonds parce que vos problèmes sont mes problèmes », a-t-il promis.

Le président du comité de gestion des étudiants du campus, Borgia Elenga, s’est félicité de ce geste d’autant plus que la connexion internet permettra aux étudiants de mener des recherches. « Nous avons des étudiants finalistes qui vont bientôt présenter leurs thèses. C’est un outil très important actuellement, parce qu’elle nous permettra de faire nos recherches, d’être connectés avec le reste du monde. En retour, nous lui promettons la victoire parce que nous devons respecter la loi de la nature : nous avons reçu, nous devons aussi donner. Rendez-vous le dimanche 10 juillet dans les urnes », a-t-il rassuré.

2- Le candidat du PCT offrant des parasols dans les marchés/Adiac

Notons que le 30 juin, le candidat de PCT à Bacongo 2 a distribué des parasols aux vendeurs du marché de la « Main bleue ». Vadim Mvouba a, à cette occasion, eu des échanges directs avec ses potentiels électeurs qui ont promis de voter pour lui. « Aujourd’hui, il fallait à tout prix passer par les veines pour toucher le cœur de Bacongo dans le cadre d’une campagne de proximité. Il nous faut être en phase avec les réalités locales et le seul moyen d’y parvenir, c’est d’être en immersion dans le Bacongo profond pour comprendre les véritables problèmes qui minent cette population. Il fallait donc ce contact direct », déclarait-il à l’issue de sa ronde.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo-Législatives 2022 : Léonidas Mottom Mamoni retiré de la course à Ouesso 2

juillet 2, 2022

Le ministre de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Guy Georges Mbacka, a annoncé dans une décision rendue publique, le 2 juillet, à Brazzaville le retrait de la candidature de Léonidas Carrel Mottom Mamoni du Parti congolais du travail (PCT) aux élections législatives des 4 et 10 juillet dans la deuxième circonscription électorale de Ouesso, département de la Sangha.

Léonidas Carrel Mottom Mamoni/Adiac

«En vertu de la présente décision, le parti qui l’a présenté peut investir un autre candidat avec son suppléant. La présente décision sera notifiée au candidat Léonidas Carrel Mottom Mamoni et au part politique qui l’a investi », a décidé le ministre.

Selon Guy Georges Mbacka, le candidat aux législatives à Ouesso 2 a tenu, au cours de la campagne électorale, des propos qui portent gravement atteinte à l’unité et à la cohésion nationales et enfreint manifestement certaines dispositions de la loi électorale. «Le fief de l’Upads n’est pas dans le département de la Sangha, ni celui du PCAP, du PRL : les neuf circonscriptions du département de la Sangha sont pour les députés du PCT. Seuls ces derniers peuvent être élus dans ce département, pas d’autres. Un ressortissant de la Sangha pourrait-il chercher à se faire élire à Dolisie ou à Mouyondzi ?» déclarait Mottom dans des propos rappelés par le ministre.  

Des déclarations qui sont contraires, d’après la décision du gouvernement, à l’article 27 de la loi électorale qui stipule que les réunions électorales sont pour faire connaître un candidat ou une liste des candidats, de présenter les programmes ou les arguments d’un candidat ou des candidats d’une liste dans les conditions fixées par la loi.

Notons que le candidat a été déjà lâché par le parti qui l’a investi. En effet, dans une déclaration le 1er juillet à Brazzaville, le secrétariat permanent du bureau politique du Comité central du PCT a condamné avec « véhémence » toute attitude et propos non républicains frisant la division, l’ethnocentrisme et le repli identitaire. Il s’est aussi dissocié totalement de ces « comportements rétrogrades » qui divisent le peuple congolais. « C’est ainsi que le secrétariat permanent désapprouve les propos inacceptables tenus par le candidat Léonidas Mottom Mamoni, investi dans la circonscription de Ouesso 2, lesquels propos se détachent de la ligne politique du parti. Il retire, par conséquent, son appui au candidat Léonidas Mottom et rassure l’opinion publique des sanctions disciplinaires qui suivront, conformément aux statuts du PCT », a promis le PCT, attirant l’attention de l’ensemble de ses candidats sur leur tenue exemplaire pendant la période électorale.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Sénégal : deux morts dans des violences préélectorales à Dakar et en Casamance

juin 18, 2022

Des heurts entre jeunes et policiers ont éclaté, vendredi, dans la capitale et le sud du pays, où l’escalade verbale des dernières semaines entre pouvoir et opposition a tourné à la confrontation redoutée avant les élections législatives.

Un manifestant agite un drapeau sénégalais lors d’une manifestation de soutien à Ousmane Sonko, le 3 mars à Dakar. © Leo Correa/AP/Sipa

Trois figures de l’opposition ont été arrêtées, a indiqué le porte-parole du parti Pastef, Ousseynou Ly. Le leader de l’opposition, Ousmane Sonko, et le maire de Dakar, Barthélémy Dias, autre ardent pourfendeur du président Macky Sall, ont été empêchés de sortir de chez eux par les forces de sécurité.À LIRE[Fact-checking] Sénégal : des rebelles casamançais dans les manifestations de l’opposition ?

Différents quartiers de la capitale ont été le théâtre d’affrontements entre jeunes lançant des pierres et policiers les tenant à distance à coups de gaz lacrymogènes ou les dispersant à l’aide de grenades assourdissantes dans la fumée de pneus incendiés. Une jeune personne a péri quand un projectile a mis le feu dans un local où elle se trouvait, a indiqué un responsable de la Croix-Rouge sous couvert d’anonymat. La presse et l’opposition ont fait état d’un deuxième décès à Bignona, en Casamance où l’opposition a accusé les forces de sécurité de tirer à balles réelles.

Manifestation interdite

De nombreux Sénégalais redoutaient cette montée des tensions depuis que les autorités avaient interdit mercredi à l’opposition de manifester ce vendredi après-midi. L’opposition entendait protester contre l’invalidation d’une liste nationale de candidats pour les législatives du 31 juillet. Elle avait prévenu qu’elle passerait outre à l’interdiction.

Des pelotons de policiers en tenue antiémeute, soutenus par des véhicules blindés, ont empêché quiconque d’approcher la place de la Nation où devait se dérouler le rassemblement, à l’écart du centre politique et économique de la capitale. Les policiers ont refoulé vers les rues adjacentes de petits groupes mobiles qui les harcelaient à coups de pierres.

« C’est vraiment pas bon pour les affaires », se lamentait Bilan Diop, 32 ans, appuyé sur un garde-corps le long de la vaste avenue jonchée de cailloux menant à l’esplanade désertée de la Nation. « Regardez mon magasin, il est fermé, tous les magasins sont fermés alors qu’on approche de la Tabaski », la fête musulmane du Sacrifice, propice au commerce. « Pour l’instant, ça a l’air sous contrôle. Mais ce qui va se passer après, on n’en sait rien », s’inquiétait, avec des détonations en fond sonore, Bamba Diop, 30 ans, qui gagne sa vie en louant des places de parking.

Impasse politique

Dès la matinée, les policiers ont fait le siège autour de la résidence d’Ousmane Sonko, dans le quartier dakarois cossu de Mermoz, résolus à l’empêcher de mettre à exécution son intention proclamée de défier l’interdiction de manifester. À la mi-journée, ils l’ont empêché de se rendre à la grande prière hebdomadaire. « Même notre liberté de culte est bafouée aujourd’hui », a dit posément Sonko, vêtu du boubou traditionnel pour la prière, après s’être heurté à un barrage de policiers.

Le pouvoir cède à la « panique », a assuré Sonko, troisième de la présidentielle de 2019, candidat déclaré à celle de 2024, et populaire chez les jeunes. Trois personnalités de l’opposition, Déthié Fall, Ahmet Aidara et Mame Diarra Fame, ont été arrêtées, a dit le porte-parole du parti de Sonko, sans que cela puisse être confirmé.

L’opposition dénonce l’invalidation de la liste nationale de la coalition Yewwi Askan Wi, menée par le parti de Sonko, comme un stratagème du président Macky Sall pour écarter ses adversaires. L’invalidation écarte des législatives Sonko et certaines figures d’opposition.

Le pouvoir et l’opposition n’ont donné aucun signe de vouloir transiger et les analystes décrivent généralement une impasse politique. De nombreuses voix se sont élevées pour appeler au dialogue face au risque de violences semblables aux émeutes qui, en mars 2021, avaient fait une douzaine de morts dans le pays.

Le président Sall a fermé la porte à un repêchage de la liste invalidée. « De toute façon, le pays va faire ces élections, le Conseil constitutionnel a décidé », a-t-il déclaré. La mise en cause de Sonko par la justice dans une affaire de viols présumés avait contribué en mars 2021 à plusieurs jours d’émeutes, de pillages et de destructions.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Australie : le Premier ministre Scott Morrison chassé du pouvoir

mai 21, 2022

Scott Morrison, Premier ministre depuis 2018, a reconnu sa défaite, samedi 21 mai. Son parti dirigeait le gouvernement australien depuis neuf ans.

Le Premier ministre Scott Morrison etait au pouvoir depuis aout 2018, il a ete battu en mai 2022. (illustration)
Le Premier ministre Scott Morrison était au pouvoir depuis août 2018, il a été battu en mai 2022. (illustration)© OLIVIER DOULIERY / AFP

La coalition conservatrice du Premier ministre Scott Morrison a perdu les élections législatives de ce samedi 21 mai en Australie, selon les projections publiées par les médias après le dépouillement d’environ la moitié des suffrages. Selon la chaîne de télévision nationale ABC, le Parti travailliste serait en bonne voie pour former le prochain gouvernement. Le gouvernement conservateur a été rejeté, notamment, à cause de son inaction contre le changement climatique.

Assez rapidement, le Premier ministre australien Scott Morrison a reconnu, samedi, sa défaite aux élections législatives. « Ce soir, j’ai parlé au chef de l’opposition et au nouveau Premier ministre, Anthony Albanese, et je l’ai félicité pour sa victoire électorale », a déclaré le futur ex-Premier ministre. Cette victoire des travaillistes met fin à neuf années de gouvernement conservateur. Selon des projections publiées par la chaîne ABC, après le dépouillement de la moitié des suffrages, le Parti travailliste emporte le plus grand nombre de députés à la Chambre des représentants. Avec seulement 72 sièges assurés jusqu’à présent, il n’était pas encore certain de décrocher la majorité absolue de 76 députés nécessaire pour former un gouvernement sans devoir se trouver un allié.

Quelque 17,2 millions d’électeurs étaient appelés à choisir les 151 sièges de la Chambre des représentants pour un mandat de trois ans. Quarante des 76 sièges du Sénat étaient également renouvelés pour six ans. Ces trois dernières années, l’Australie a été marquée par une série de catastrophes naturelles majeures et par la pandémie. Un contexte qui a poussé de nombreux Australien à choisir un nombre inhabituel de « petits » candidats pro-environnement qui pourraient détenir les clés du pouvoir.

Les petits candidats plébiscités

Le Parti vert et les candidats indépendants surnommés « teals » étaient en passe de conquérir une série de circonscriptions urbaines habituellement acquises aux candidats conservateurs. La plupart du temps, il s’agit de femmes hautement qualifiées prônant la défense de l’environnement, l’égalité des sexes et la lutte contre la corruption. « Les gens ont dit que la crise climatique est un sujet sur lequel ils veulent agir », a exulté Adam Bandt, leader du Parti vert. « Nous venons de connaître trois années de sécheresse, puis des incendies et maintenant des inondations et encore des inondations. Les gens peuvent le voir, c’est en train de se produire, c’est en train de s’aggraver », a-t-il ajouté.

Durant toute la campagne électorale, les idées politiques ont été reléguées au second plan. Les débats se focalisant plutôt sur les personnalités des candidats des deux partis principaux dans le pays : Scott Morrison et Anthony Albanese.

Les politiques procharbon du gouvernement conservateur ont sans doute été un moteur de ce rejet de Morrison. Dans le même temps, de nombreux jeunes doivent faire face à de grandes difficultés pour trouver un logement abordable. « J’ai grandi dans une communauté qui a été très fortement touchée par les incendies et les inondations au cours des cinq dernières années », a raconté dans un bureau de vote de Melbourne Jordan Neville, qui votait pour la première fois. « Si quelque chose pouvait être fait pour empêcher que cela se reproduise, ce serait incroyable. »

Scott Morrison, un bilan en demi-teinte

Durant la totalité de son mandat, Scott Morrison a résisté aux appels à réduire plus rapidement les émissions de carbone de l’Australie d’ici à 2030. De plus, il soutient sans réserve l’industrie du charbon, un des moteurs de l’économie du pays. À la traîne dans les sondages depuis un an, il s’est prévalu de la reprise économique et d’un taux de chômage actuellement au plus bas depuis 48 ans. Il a dépeint son rival travailliste comme un « électron libre » inapte à diriger l’économie. Problème, sa popularité personnalité était faible alors que des accusations de malhonnêteté le visaient ces dernières semaines.

Le jour du scrutin, le leader travailliste avait, quant à lui, demandé aux électeurs de donner à son parti de centre gauche « une chance » de diriger le pays, et exhorté les gens à rejeter un Premier ministre « clivant ». Le leader travailliste, lui-même décrit comme fade et peu inspirant, a mis l’accent dans les derniers jours de la campagne sur les manquements présumés de son adversaire conservateur. Les Australiens « veulent quelqu’un qui soit juste, quelqu’un qui admettra ses erreurs », a-t-il plaidé.

Un bilan fustigé jusqu’en France. Samedi, Jean-Yves Le Drian a expliqué que la défaite de Scott Morrison lui « convenait très bien », alors que se déroulait la passation des pouvoirs entre lui et Catherine Colonna. Une réaction qui intervient huit mois après que le Premier ministre australien a causé une intense brouille diplomatique avec Paris en cassant un mégacontrat de sous-marins français. « Les actes posés au moment où ils ont été posés étaient d’une brutalité et d’un cynisme, et je serais même tenté de dire d’une incompétence notoire », a-t-il poursuivi.

Le chemin est encore long pour les travaillistes

Par ailleurs, il s’est engagé durant la campagne à accélérer sur la lutte contre le changement climatique. Il souhaite également renforcer la participation des populations indigènes dans les politiques nationales. Enfin, il a promis d’aider les personnes confrontées à la flambée des prix en pleine inflation mondiale due, notamment, à la guerre en Ukraine.

Il pourrait maintenant, pour gouverner, devoir conclure des accords avec des candidats exigeant des mesures plus fermes en matière de climat, risquant ainsi de s’attirer l’ire des factions de son parti favorables au charbon et aux syndicats miniers.

Fraîchement réélu, Anthony Albanese veut changer diamétralement le positionnement de l’Australie quant à la question climatique. Il a promis de transformer son pays en « superpuissance » des énergies renouvelables. « Le peuple australien a voté pour le changement » en mettant fin à neuf ans de gouvernement conservateur, s’est-il félicité dans son discours de victoire. Il a annoncé qu’il participerait mardi au Japon en tant que nouveau Premier ministre australien, au sommet du Quad, une alliance stratégique informelle entre les États-Unis, l’Australie, l’Inde et le Japon.

Par Le Point avec AFP