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Togo : la difficile quête de consensus de Faure Gnassingbé pour les régionales

mars 16, 2021
Portrait de Faure Gnassingbé, le 1er novembre 2019.

Depuis quatre mois, les modalités de l’organisation des élections régionales sont au cœur des discussions. La date du scrutin n’a pas encore été fixée, mais il devrait se tenir au plus tard en septembre prochain.

Comment parvenir à organiser les futures élections régionales de façon consensuelle ? Comment répartir les sièges suivant les cinq régions administratives du pays ? À quoi ressembleront le chronogramme et le protocole à suivre dans le contexte de crise sanitaire ?

Moins de deux ans après la tenue des premières élections municipales depuis trente ans, le Togo se dirige vers l’organisation des régionales pour parachever son processus de décentralisation. Mais, alors que la date du scrutin n’est pas encore fixée, les règles du jeu font l’objet d’intenses tractations politiques depuis quatre mois. Le président togolais a chargé son gouvernement de parvenir à un consensus d’autant plus difficile à trouver que, un an après la présidentielle de 2020, une partie de l’opposition conteste toujours la victoire de Faure Essozimna Gnassingbé.

Sur la centaine de partis politiques recensés au Togo, 26 seulement ont été invités à participer à cette Concertation nationale entre acteurs politiques (CNAP). Parmi les critères d’éligibilité, le fait d’avoir participé à au moins une des trois dernières élections. Mais parmi ceux-ci, une partie a refusé de répondre à l’invitation.

De nombreux absents

Début février, le Comité d’action pour le renouveau (CAR) a suspendu sa participation au dialogue. Le parti fondé par l’ancien Premier ministre Yawovi Madji Agboyibo a argué ne pas avoir été entendu sur plusieurs des points qu’il souhaitait mettre à l’ordre du jour, notamment sa demande de lever des poursuites à l’encontre d’Agbeyomé Kodjo.

Ce dernier, qui continue de se proclamer « président élu », est toujours poursuivi pour « troubles aggravés à l’ordre public » et « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ». Sans surprise, sa formation, le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), ne participe pas au dialogue. De même que la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK), qui avait porté la candidature de Kodjo à la présidentielle, n’a assisté à aucune des réunions qui se succèdent depuis décembre dernier sous la houlette du ministre  de l’Administration territoriale, Payadowa Boukpessi. La Convention démocratique des peuples africains (CDPA) de Brigitte Adjamagbo-Johnson a également brillé par son absence.

Au total, 17 partis ont répondu présent. Leurs représentants participent aux débat dirigés par un bureau à la présidence tournante, assurée tour à tour par un membre de l’Union des forces du changement (UFC, opposition) et de l’Union pour la République (UNIR, le parti de Faure Gnassingbé). L’objectif, fixé par le ministre Payadowa Boukpessi, est clairement défini : après les élections communales de juin et août 2019, « le gouvernement veut procéder à l’installation effective des régions qui interviendra à la suite de l’élection des conseillers régionaux prévue pour 2021. »

Jean-Pierre Fabre rompt avec la stratégie de la chaise vide

Si l’un des participants aux quatre sessions qui se sont tenues depuis décembre assure que « les discussions se déroulent sur une base de confiance », les contestations qui ont suivi la proclamation de la victoire de Faure Gnassingbé ont laissé des traces. « Cette présidentielle n’a pas étanché la soif de changement des populations », estime Kagbara Innocent, député et président du Parti Démocratique Panafricain (PDP), dont la candidature à l’élection avait été invalidée. L’opposant a cependant décidé de s’engager dans le dialogue en cours, insistant sur « le besoin d’entreprendre les réformes majeures nécessaires à la reconstruction d’une stabilité durable ».

Également présente autour de la table, l’Alliance nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre est bien décidée à jouer sa propre carte, et refuse d’adopter la stratégie de la chaise vide de la DMK ou de la CDPA. Après son cuisant échec lors de la dernière présidentielle, à laquelle il était arrivé en troisième position loin derrière Agbéyomé Kodjo – que beaucoup, au sein de son parti, attribuent aux conséquences du boycott des législatives de 2018 -, Jean-Pierre Fabre entend désormais « apporter aux discussions des contributions à la hauteur des attentes des populations togolaises, qu’il s’agisse de l’amélioration du cadre électoral, des mesures d’apaisement politique et des questions  économiques et sociales », assure Patrick Lawson, premier vice-président de l’ANC qui représente Fabre à ce dialogue.

Outre les prérogatives des futures régions dans le développement économique ou en matière de services publics de proximité, l’élection des conseillers régionaux a aussi un enjeu politique qui dépasse le seul cadre des collectivités territoriales. Il est en effet prévu que deux tiers des futurs sénateurs soient élus par les conseillers régionaux. L’un des sujets de discussion en cours porte justement sur la répartition géographique de ces « grand électeurs » selon la démographie de chacune des régions. Institué par la Constitution de 2002, le Sénat n’a toujours pas été mis en place.

Avec Jeune Afrique par Charles Djade – à Lomé

Catalogne/élections: Puidgemont salue une victoire « que personne ne peut discuter »

décembre 21, 2017

Bruxelles – Le dirigeant séparatiste catalan en exil Carles Puigdemont a salué jeudi soir à Bruxelles la victoire du camp indépendantiste lors des élections régionales en Catalogne, soulignant que c’est « un résultat que personne ne peut discuter ».

Le Premier ministre espagnol Mariano « Rajoy a perdu le plébiscite qu’il cherchait » et le fait que le camp indépendantiste reste majoritaire est « une claque », a jubilé M. Puigdemont devant un petit parterre de militants indépendantistes catalans et de sympathisants nationalistes flamands réunis dans une salle du centre-ville de Bruxelles.

Après dépouillement de près de 99% des bulletins, les trois formations indépendantistes disposaient, avec 70 sièges sur 135 au parlement régional, de la majorité absolue comme avant le référendum d’indépendance interdit du 1er octobre.

« Je veux féliciter le peuple catalan parce qu’il a donné une leçon au monde », « une leçon de civisme et de démocratie ! », a lancé M. Puigdemont, un grand sourire au lèvre, après avoir été acclamé par l’assistance aux cris de « Président, président ! »

« Nous avons gagné cette nuit le droit d’être écoutés! », a-t-il martelé.

Mais la dureté de la campagne électorale et le risque que le bras de fer entre indépendantistes et gouvernement espagnol perdure « nous empêchent de sabrer le +cava+ », a-t-il ajouté en référence au vin pétillant espagnol, l’un des produits phares de la Catalogne.

« L’Europe doit en prendre bonne note, la recette de Rajoy ne fonctionne pas » en Catalogne, a-t-il également jugé, en vilipendant la procédure utilisée par Madrid pour destituer l’exécutif régional et prendre le contrôle des institutions après que la région eut déclaré son indépendance.

Mais, interrogé par l’AFP jeudi soir, un porte-parole de la Commission européenne a prévenu que l’UE « ne changera pas » de position sur la crise catalane après le vote de jeudi.

« Notre position sur la question de la Catalogne est bien connue et a été réitérée régulièrement, et à tous les niveaux. Elle ne changera pas. S’agissant d’une élection régionale, nous n’avons pas de commentaire à faire », a indiqué ce porte-parole à Bruxelles, Alexandre Winterstein.

Depuis le début de la crise, l’UE s’est refusée à reconnaître l’indépendance unilatéralement proclamée par le Parlement de Catalogne, considérant qu’il s’agissait d’une « affaire intérieure » espagnole et appelant au « respect de la Constitution espagnole » que Madrid affirme défendre.

Romandie.com avec(©AFP / 21 décembre 2017 23h51)

Allemagne: victoire amère des sociaux-démocrates à Brême, percée des anti-euros

mai 10, 2015

Berlin – Les sociaux-démocrates ont gagné dimanche les élections régionales de la ville-État de Brême (nord-ouest) mais en subissant un recul historique dans ce bastion qu’ils dirigent depuis 1945, tandis que le parti anti-euro AfD devrait entrer de justesse au parlement régional, selon des projections.

Avec 32,7% à 33% des voix, le parti social-démocrate (SPD) du maire Jens Böhrnsen perd beaucoup de terrain par rapport aux 38,6% enregistrés il y a quatre ans, et réalise son plus mauvais score de l’après-guerre à Brême même s’il reste largement en tête, selon deux projections diffusées par la télévision publique.

Son actuel partenaire de coalition, le parti des Verts, qui avait bénéficié de l’accident nucléaire de Fukushima lors des élections de 2011, a encore plus fortement reculé, avec de 14,7% à 15,3% des voix contre 22,5% il y a quatre ans.

Les deux partis, SPD et Verts, devraient pouvoir tout de même reconduire de justesse leur coalition.

S’ils redeviennent la deuxième force politique de cette ville-État qui est aussi le plus petit des 16 Länder allemands, les conservateurs de la CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel, ont peu profité des déboires de la majorité sortante. Ils étaient crédités de 22,4% à 22,7% des voix, soit seulement deux points de plus que leur plus bas historique atteint en 2011.

Les électeurs se sont surtout tournés vers des petits partis, notamment le parti libéral FDP, laminé aux dernières élections régionales à Brême, qui fait son retour dans le parlement régional avec 6,5% ou 6,7% des voix, selon les projections.

L’autre grand gagnant de la soirée était le parti de gauche radicale, Die Linke, crédité de 9,6% à 9,9% des voix, en hausse de plus de 4 points.

Avec un score estimé à 5% ou à 5,2% -soit à peine au-dessus du seuil minimum pour avoir des élus-, le parti Alternative für Deutschland (AfD) avait de bonnes chances de faire son entrée dans un cinquième parlement régional, le deuxième à l’Ouest après sa victoire à Hambourg en février. Mais il fallait attendre des projections plus affinées pour s’en assurer.

Ce parti créé il y a deux ans milite pour la dissolution de la monnaie unique européenne et défend une ligne de plus en plus dure sur l’immigration. Il est cependant miné depuis plusieurs semaines par un conflit interne entre partisans d’une ligne néolibérale, incarnée par le chef du parti, le professeur d’économie Bernd Lucke, et tenants d’une ligne populiste anti-immigration.

Quelque 490.000 électeurs étaient appelés aux urnes dimanche à Brême. Seule la moitié s’est déplacée pour voter, soit le plus faible taux de participation de l’après-guerre pour un État régional de l’Ouest de l’Allemagne.

Les résultats de Brême ne sont aucunement représentatifs des rapports de force politiques au niveau national. Sur l’ensemble de l’Allemagne, les conservateurs de la très populaire Angela Merkel sont nettement en tête dans les sondages avec environ 40% des intentions de vote, contre 25% pour le SPD, des chiffres proches de ceux des dernières législatives de septembre 2013.

Romandie.com avec(©AFP / 10 mai 2015 22h53)