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Trump dénonce une élection truquée par des médias corrompus

octobre 15, 2016

Portsmouth (Etats-Unis) – Le candidat républicain Donald Trump, en mauvaise posture dans les sondages face à sa rivale démocrate Hillary Clinton, a dénoncé samedi dans un discours extrêmement virulent une élection truquée par des médias corrompus.

L’élection est truquée par des médias corrompus qui mettent en avant des allégations complètement fausses et des mensonges éhontés afin de la faire élire, a lancé le magnat de l’immobilier lors d’un meeting électoral à Portsmouth, dans le New Hampshire.

En difficulté au sein de son propre camp après ses propos vulgaires sur les femmes, l’homme d’affaires septuagénaire est aussi visé par un déluge d’accusations de harcèlement et d’agressions sexuelles qu’il a rejetées avec force.

C’est une élection truquée (…) Nous ne laisserons pas cela se passer comme cela, a-t-il martelé, assurant que les témoignages des femmes l’ayant mis en cause n’étaient pas crédibles.

A quatre jours du troisième et dernier débat présidentiel, le milliardaire a aussi lancé une surprenante attaque à l’encontre de sa rivale, laissant entendre que cette dernière n’était pas dans son état normal lors de leur dernier face-à-face.

Je ne sais pas ce qui se passe avec elle: au début de son dernier débat, elle était gonflée à bloc. A la fin, elle pouvait à peine rejoindre sa voiture, a-t-il soudainement lancé.

Les athlètes doivent passer un test anti-dopage, je pense que nous devrions passer un test anti-dopage avant le débat. Pourquoi pas’, a-t-il ajouté.

A moins d’un mois de l’élection du 8 novembre qui doit désigner le successeur de Barack Obama, le candidat républicain est dans une passe très difficile: il a été lâché par nombre de responsables républicains qui avancent désormais en ordre dispersé derrière leur candidat.

Romandie.com avec(©AFP / 15 octobre 2016 19h24)

Donald Trump lâché par une partie des républicains avant le deuxième débat

octobre 9, 2016

Après l’affaire de la vidéo aux propos obscènes, plusieurs cadres du Grand Old Party ne voteront pas pour le milliardaire et lui demandent de se retirer de la course présidentielle.

Donald Trump salue ses supporteurs, le 8 octobre à New York City.
Donald Trump salue ses supporteurs, le 8 octobre à New York City. SPENCER PLATT / AFP
A un mois de l’élection présidentielle, une guerre s’est ouverte au sein du Parti républicain. Elle oppose le candidat Donald Trump, affaibli par la diffusion, vendredi 7 octobre, d’une vidéo datant de 2005 dans laquelle il tient des propos obscènes sur les femmes, à une bonne partie des cadres du Grand Old Party (GOP) qui jugent que le milliardaire constitue désormais un handicap insurmontable à la veille d’élections cruciales qui concernent, outre la Maison Blanche, le contrôle du Congrès.

Après quelques heures de saisissement, les voix n’ont cessé de s’élever, samedi, pour demander que le magnat de l’immobilier se retire de la course présidentielle. Deux anciens candidats républicains à la présidence, le sénateur de l’Arizona John McCain et Mitt Romney, ou encore l’ancienne secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, restée silencieuse jusqu’à présent, ont indiqué qu’ils ne voteraient pas pour M. Trump dans un peu plus de quatre semaines.

Des élus du Sénat et de la Chambre des représentants leur ont emboîté le pas. Parmi ces voix dissidentes, on note la présence de nombreuses femmes : les sénatrices Kelly Ayotte (New Hampshire) et Shelley Moore Capito (Virginie-Occidentale), ainsi que les représentantes Mia Love (Utah), Barbara Comstock (Virginie) Ann Wagner (Missouri) et la très conservatrice Martha Roby (Alabama).

Donald Trump ne renoncera pas

Tout se passe comme si ces cadres républicains considéraient désormais que la Maison Blanche est hors d’atteinte et que le GOP se doit de concentrer ses forces sur la défense de ses majorités au Sénat et à la Chambre des représentants.

L’hypothèse d’un remaniement du « ticket » républicain, s’il n’est pas impossible d’un point de vue technique, pose en effet autant de problèmes que de solutions, d’autant que le vote anticipé a déjà commencé dans certains Etats.

Après avoir multiplié les mea culpa, dans les heures qui ont suivi la diffusion de la vidéo, Donald Trump a riposté en assurant qu’il ne renoncerait sous aucun prétexte. Il a ironisé sur « ces très intéressantes dernières vingt-quatre heures », dans un message publié sur son compte Twitter, puis dénoncé par le même canal « les médias et l’establishment [qui] veulent [le] voir en dehors de la course ». Pour dissiper toutes illusions, M. Trump a ajouté, à grand renfort de lettres capitales : « JE N’ABANDONNERAI JAMAIS, JE NE LAISSERAI JAMAIS TOMBER MES SUPPORTEURS. »

Un candidat affaibli comme jamais

Après de longues heures de silence, son colistier, Mike Pence, a réagi dans la journée de samedi. « En tant qu’époux et père, j’ai été outré par les propos et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo datant de onze ans. Je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre », a assuré le gouverneur de l’Indiana dans un communiqué. Restant sourd aux appels à quitter le milliardaire pour offrir une alternative, ce dernier a décidé de poursuivre la campagne comme colistier du milliardaire.

En dépit du scandale qu’il a créé, M. Trump conserve un important pouvoir de nuisance au sein du Parti républicain. Le speaker (président) de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a pu le mesurer à ses dépens, samedi, lorsqu’il a été hué lors d’un meeting dans son Etat du Wisconsin pour lequel il avait refusé d’apparaître aux côtés du magnat de l’immobilier, qui avait finalement renoncé à s’y rendre.

L’homme d’affaires devait convaincre dimanche à l’occasion du deuxième débat présidentiel pour effacer les nouvelles embardées d’une campagne consécutives à un premier échange dominé, le 26 septembre, par son adversaire démocrate, Hillary Clinton. Mais c’est un candidat affaibli comme jamais qui va pénétrer en début de soirée dans l’enceinte de la Washington University de Saint Louis, dans le Missouri.

Lemonde.fr par Gilles Paris (Washington,

Haïti: les observateurs de l’UE achèvent leur mission après l’annulation des élections

juin 8, 2016

Port-au-Prince – La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a décidé de clore la mission d’observation électorale de l’UE en Haïti, qui considère injustifiée la décision du conseil électoral provisoire (CEP) d’annuler le premier tour du scrutin présidentiel.

Cette annonce (du CEP) et ses conséquences vont à l’encontre des conclusions de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne, indique Federica Mogherini dans une déclaration diffusée mercredi matin.

Un peu plus tôt dans la matinée, la chef de la mission européenne en Haïti Elena Valenciano a expliqué dans un communiqué que l’analyse des documents électoraux, sur laquelle s’est basé le CEP pour annuler le vote, comporte de nombreuses faiblesses factuelles, légales, conceptuelles et méthodologiques.

Les résultats du scrutin du 25 octobre avaient été largement contestés par l’opposition, qui avait condamné un coup d’Etat électoral au profit de l’ancien président Michel Martelly.

Le candidat du pouvoir Jovenel Moïse avait recueilli 32,76% des voix contre 25,29% pour Jude Célestin.

Face aux contestations, le second tour de scrutin, initialement prévu le 27 décembre, a été reporté deux fois, obligeant l’instauration, en février, d’un pouvoir de transition dans le pays, suite au départ sans successeur élu du président Michel Martelly.

Pour sortir de cette crise politique, une commission indépendante d’évaluation a étudié les documents électoraux pendant un mois, travail à l’issue duquel elle a recommandé fin mai l’annulation du vote. Son président François Benoit a expliqué qu’il était notamment impossible de retracer l’origine de 40% des votes.

Plus de sept mois après la tenue du scrutin et suivant la recommandation de la commission d’évaluation, le conseil électoral provisoire a annoncé lundi la réorganisation complète de la présidentielle, le 9 octobre 2016 et le 8 janvier 2017.

Mais Elena Valenciano rappelle mercredi que, selon les observateurs européens, les élections de 2015 étaient globalement conformes aux normes internationales, ceci malgré un certain nombre de failles et d’irrégularités observées qui, cependant, n’étaient pas de nature à altérer les résultats dans leur ensemble.

Sur invitation des autorités haïtiennes, l’Union européenne avait déployé ses équipes d’observation électorale dans le pays dès juillet 2015.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juin 2016 17h43)

Elections africaines, réapprendre à compter

mars 16, 2016

Une affiche de la commission électorale nigérienne appelant au vote  pour le premier tour de l'élection présidentielle  à Niamey, le 21 février.

Une affiche de la commission électorale nigérienne appelant au vote pour le premier tour de l’élection présidentielle à Niamey, le 21 février. Crédits : PASCAL GUYOT / AFP
L’opposition nigérienne a décidé de ne pas participer au second tour de l’élection présidentielle dimanche 20 mars pour protester contre les fraudes du 1er tour et le maintien en prison de l’opposant Hama Amadou qui, lui, fait campagne derrière les barreaux. Cette situation baroque n’est pas le premier scrutin non consensuel en Afrique mais les bizarreries ont tendance à se répéter et sapent la légitimité de cette étape fondamentale de la démocratie.

Il est désespérant de constater que les mêmes erreurs se répètent à chaque fois, faisant de certains scrutins une mascarade électorale comme ce fut le cas au Togo en avril 2015 avec le coup de force de la CENI, la commission électorale, qui annonce la victoire de Faure Gnassinbgé après compilation des résultats de 14 commissions électorales locales sur un total de 42…

La nouvelle mode du « coup K.O. » (victoire dès le premier tour) n’a pas amélioré la crédibilité des scrutins. Le Congolais Denis Sassou-Nguesso, qui cumule plus de trente ans au pouvoir, compte dessus le 20 mars. Mais cette majorité magique s’explique difficilement quand on examine un peu la sociologie électorale de ces pays. Heureusement il y a des exceptions. Le Sénégal en 2012 a connu sa deuxième alternance politique avec la défaite du président sortant (la première fois c’était en 2000 avec la défaite d’Abdou Diouf face à Abdoulaye Wade).

Repenser l’observation électorale

Il y a plusieurs raisons à cela mais la principale, qui devrait servir de référence pour tous les autres pays, c’est la possibilité pour les médias de diffuser en direct les résultats bureau de vote par bureau de vote, rendant ainsi compliquée une des fraudes les plus répandues (et pourtant grossière) qui consiste à fabriquer de faux PV de bureau de vote pour la compilation finale (soit des PV qui ne correspondent pas aux résultats réels des bureaux de vote, soit des PV de bureaux de vote fictifs que l’on dissimule en gonflant le taux de participation).

Autre exception heureuse, le Nigeria en 2015 qui a vu pour la première fois de son histoire un président sortant battu. La société civile a joué un rôle majeur en assumant pleinement sa mission d’observation électorale, réduisant ainsi les possibilités de fraudes dans un pays où la fraude électorale était pourtant devenue une industrie lourde. C’est aussi la société civile en Côte d’Ivoire qui a permis, lors de l’élection présidentielle de 2015, d’éviter l’officialisation d’un taux de participation fantaisiste même si le résultat final de l’élection laisse certains encore perplexes.

Lire aussi : Quand l’observation des élections en Afrique vire au mercenariat

La question de l’observation électorale est, en effet, majeure. Il y a un déficit de formation de la société civile et des partis politiques. La communauté internationale pourrait se rendre utile en dédiant le temps qui sépare deux élections à former des observateurs au sein des partis politiques et de la société civile. Les fédérations mondiales de partis politiques (internationale socialiste, internationale libérale…) pourraient aussi remplir ce rôle mais elles en sont totalement absentes, réduisant la solidarité mondiale au soutien aux dirigeants et non aux peuples.

Des listes électorales revues au dernier moment

Que dire aussi de la préparation des élections ? A chaque fois, c’est la même pagaille. On connaît pourtant la date de la prochaine élection dès le lendemain de celle qui se termine, mais rien n’y fait. La liste électorale est révisée en toute hâte six mois avant l’échéance, on permet l’inscription pendant un mois, parfois moins (vu la démographie et le nombre de nouveaux majeurs chaque année on devine qu’un tel délai n’est pas sérieux), et on affiche les listes électorales pendant une ou deux semaines, ce qui ne permet pas un réel contrôle social ni à tous les électeurs d’identifier le bureau de vote duquel ils dépendent.

L’idéal serait de coupler un système d’état civil fiable et une liste électorale (ce que certains pays commencent à faire), mais surtout de faire une révision des listes électorales chaque année avec inscription possible toute l’année et un affichage des listes sur des périodes plus longues. Je me suis toujours étonné qu’aucun des bailleurs de fonds qui financent des élections parfois très coûteuses n’ait jamais lié son financement à une préparation qui débute dès le lendemain de l’élection précédente. Tout le monde se réveille au dernier moment. A chaque fois.

Il faut aussi préciser que la biométrie et l’informatique ne protègent pas de la fraude. Le contrôle social et celui des partis politiques sont bien plus efficaces, d’où la nécessité d’afficher les listes électorales suffisamment longtemps. En revanche, la biométrie est un bon business pour certaines entreprises et autorités qui collectent leur dîme au passage… C’est ce même contrôle social et celui des partis politiques qui doivent être favorisés lors du scrutin et surtout pendant la période de compilation des résultats.

Aujourd’hui, les délais prévus par les différentes Constitutions et lois électorales pour déposer les recours et les examiner ne rendent pas crédible le processus. Il est urgent d’allonger ces délais en donnant le temps aux partis politiques de consolider leurs résultats et de formuler des recours et ensuite aux instances compétentes de les examiner. Ce devrait être une exigence des différentes missions d’observation électorales, afin qu’elles puissent observer le processus des recours comme elles le font pour les opérations de vote. Les missions d’observation électorales devraient également prévoir systématiquement un examen a posteriori des PV des bureaux de vote. C’était prévu sur 4 000 bureaux de vote au Togo pour l’élection présidentielle de 2010, mais l’accès informatique à la base n’a pas été autorisé par le pouvoir en place, qui avait changé les codes…

Bref, la crédibilité des élections du continent ne se renforce pas ces dernières années. Chacun a sa part de responsabilité, y compris la communauté internationale dont la docilité, même en présence de résultats soviétiques, ne contribue guère à promouvoir l’idéal démocratique. Quant à ceux qui tripatouillent les scrutins, ils ménagent toujours la communauté internationale pour s’assurer qu’elle endosse le résultat. Ces apprentis sorciers feraient mieux de tourner leur regard dans une autre direction, celle de leur peuple car c’est de là que viendra la lame de fond.

Quand l’observation des élections en Afrique vire au mercenariat

mars 10, 2016

Observateurs internationaux dans un bureau de vote à Khartoum, au Soudan, le 13 avril 2015.

Observateurs internationaux dans un bureau de vote à Khartoum, au Soudan, le 13 avril 2015. Crédits : © REUTERS
Que trouve-t-on de commun entre la présidentielle du 6 mars au Bénin et le double scrutin législatif et présidentiel du 21 février au Niger ? Dans un cas comme dans l’autre, alors que les opérations électorales étaient toujours en cours, un groupe « d’observateurs » a rendu publique une déclaration pour jurer du caractère « transparent, régulier et démocratique » du scrutin. Quid de la phase cruciale et sensible du dépouillement ? Quid de l’étape décisive de la centralisation des résultats, pendant laquelle se produit la falsification des procès-verbaux des bureaux de vote ?

Le même scénario aurait pu se produire le 25 octobre 2015 lors de la consultation référendaire au Congo-Brazzaville ; il se répétera en avril prochain lors des élections présidentielles au Tchad, au Gabon et à Djibouti. En réalité, la bonne intention d’observer les élections en Afrique – pour attester de leur sincérité – a fait naître une espèce d’observateurs. Lesquels sont prêts à apporter, contre espèces sonnantes et trébuchantes, leur onction à des scrutins calamiteux.

Contre toute évidence, cette catégorie d’observateurs a certifié de la régularité de l’élection d’Ali Bongo Ondimba, au Gabon en 2009, ainsi que la sincérité de la réélection, dès le premier tour, avec 80,15 % des voix, de Blaise Compaoré au Burkina en 2011 ou de la transparence de la victoire, avec 80,6 % des voix, d’Ismaël Omar Guelleh à la présidentielle de 2011 à Djibouti.

Véhicules de courtoisie et pension complète

Aidés par le contexte de rodage de la pratique démocratique en Afrique, qui peut justifier l’observation des élections, ces observateurs se recrutent à Paris, Londres, Madrid ou Lisbonne parmi les juristes, les professeurs de droit à la retraite ou en activité, de même que des personnalités ayant une notoriété ou une légitimité établie.

Certains sont démarchés en amont des scrutins par des rabatteurs accrédités par des pouvoirs en mal de caution qui leur assurent billets d’avion en classe affaires, pension complète à l’hôtel, véhicules de courtoisie et per diem. D’autres observateurs offrent spontanément leurs services, mettant en avant leur excellente et longue expérience dans la surveillance d’élections « tropicalisées ».

Quel que ce soit le mode de leur « recrutement », ces observateurs agissent selon un protocole immuable : ils prérédigent leur déclaration puis la lisent le jour du scrutin, de préférence à la radio et à la télévision nationales.

De Djibouti au Nigeria, en passant par l’Egypte, le Tchad, le Gabon ou le Mali, la teneur de cette déclaration reste la même : « Globalement, les élections se sont bien passées, dans le calme et la transparence. » Et pour faire bonne figure, la déclaration ajoute dans des cas extrêmes de fraudes : « Il y a eu quelques difficultés qui ne sont pas de nature à mettre en cause la sincérité du scrutin. »

Chiffre d’affaires en nette progression

Pour cette catégorie d’observateurs, plus les pays africains organisent d’élections, mieux le business se porte. Le chiffre d’affaires de l’activité peut même connaître des progressions spectaculaires l’année où des scrutins présidentiels sont organisés dans les « pétromonarchies » d’Afrique centrale comme la Guinée équatoriale, le Gabon et le Congo. C’est le cas en 2016 ! Ce juteux créneau, qui fut longtemps le monopole des ressortissants d’autres régions du monde, a enregistré depuis peu l’arrivée en force d’Africains. Ils se recrutent surtout parmi les acteurs de la société civile ou d’activistes locaux, déterminés à prendre leur part du gâteau.

Des Sénégalais iront, sans doute, observer la présidentielle du 10 avril au Tchad ; des Burkinabés seront observateurs du scrutin présidentiel au Gabon tandis que des Camerounais étaient venus témoigner de la sincérité du double scrutin présidentiel et législatif au Niger. Des observateurs guinéens, déployés au Soudan, avaient juré en avril 2015 de la transparence de la réélection du président soudanais Omar Al-Béchir, avec 94,5 % des voix. Peu leur importait qu’il soit au pouvoir depuis 1989 et qu’il soit poursuivi pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI).

Avec pas moins de seize élections présidentielles prévues en 2016 en Afrique, cette catégorie d’observateurs, plus portée sur ses gains que sur sa contribution à la démocratisation du continent, peut donc se frotter les mains. Son carnet de commandes est bien rempli.

Lemonde.fr par Seidik Abba, journaliste et écrivain, auteur d’Entretiens avec Boubacar Ba : un Nigérien au destin exceptionnel (éd. de L’Harmattan).

Déclartation de l’Union Européenne sur la situation politique au Congo: Niet aux tricheurs!

février 20, 2016
Auteur: Union Européenne

L’Union européenne (UE) vient de publier une déclaration sur la situation politique au Congo-Brazzaville. Cette déclaration va dans le droit fil de l’analyse faite par OCDH concernant la nouvelle LOI électorale et le scrutin présidentiel anticipé du 20 mars 2016.

Voici l’intégralité de cette déclaration:

 » L’Union européenne poursuit son dialogue sur la gouvernance électorale avec tous les interlocuteurs en République du Congo depuis octobre 2015. Dans le communiqué conjoint du dialogue politique avec l’UE du 20 novembre 2015, le gouvernement congolais a pris des engagements importants pour l’amélioration de la gouvernance électorale et le respect des libertés fondamentales.

Malgré ces engagements, les réformes introduites par la loi électorale du 23 janvier apparaissent limitées. Ces dernières ne prennent pas suffisamment en compte les recommandations de la Mission d’observation électorale de l’UE de 2002.

Les modifications apportées, qui manquent de transparence, peuvent induire par ailleurs une insécurité juridique et ne semblent donc pas de nature à rassurer sur le caractère démocratique, inclusif et transparent de l’élection présidentielle anticipée au 20 mars 2016.

De plus, cette anticipation du scrutin de trois mois ne permettra pas une amélioration substantielle du fichier électoral, dont la qualité insuffisante risque d’affecter la crédibilité des résultats du vote.

L’application, par le gouvernement congolais, de la nouvelle loi électorale et des décrets y afférents ainsi que la pleine participation de l’opposition et de la société civile indépendante au sein de la Commission Nationale Electorale Indépendante seront des facteurs importants.

L’UE reste préoccupée par le sort des membres et sympathisants des partis politiques arrêtés et en attente de jugement. Les libertés fondamentales des candidats et de leurs partisans doivent être respectées pendant les périodes de pré-campagne et de campagne électorale.

Le contexte actuel ne permet donc pas d’envisager la présence d’une mission d’observation électorale de l’UE lors du scrutin du 20 mars « .

Présidentielle au Bénin : quand les féticheurs s’en mêlent

février 12, 2016

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Des notables du Bénin méditent dans la forêt sacrée de Kpasse Zoun, lors du festival annuel du vaudou, à Ouidah au Bénin. Crédits : STEFAN HEUNIS/AFP
Un portrait de prêtre vaudou peint avec peu de soin décore la façade du couvent. A l’intérieur trônent dans de petites cases plusieurs fétiches sur lesquels pourrissent des offrandes faites depuis plusieurs jours.

Il est midi et le bokonon (prêtre de fa et guérisseur) Dah Fagbédji Amangnibo Ehouzougbé, un peu crotté, avec un pagne ceint à la hanche, s’étire sur une natte. « Désolé de vous recevoir comme cela. Je viens de terminer les rituels du matin. Et je ne me suis pas encore lavé », lâche-t-il désinvolte, en langue fon, à notre arrivée.

C’est le plus puissant des féticheurs de Kpomassé, une commune située à 66 km de Cotonou, la capitale économique du Bénin et à l’est de Ouidah, la cité du vaudou. Il prétend être connu aussi au Sénégal et au Nigeria. « Je suis connu parce que mes recettes marchent toujours. Dans la géomancie, la science divinatoire, je suis le premier. Les plantes aussi je connais. Si tu viens chez Fagbédji, tu ressors toujours gagnant sur tes ennemis », ajoute d’une voix enroué et non sans prétention ce sexagénaire qui a trente-sept ans d’expérience dans le gri-gri et le fétichisme.

« Grandes forces occultes »

A l’en croire, Dah Fagbédji a le pouvoir de guérir toutes sortes de maladies, de rendre riche et même de faire gagner un candidat à une élection. D’où les nombreuses sollicitations qu’il se doit d’honorer.

Le féticheur a reporté plusieurs fois notre rendez-vous avant de finalement nous concéder une audience : « En cette période, j’ai beaucoup de visites ! Vous-même vous savez ! ? C’est les élections. Et les hommes politiques ont besoin d’être accompagnés. Il faut leur préparer des amulettes, des potions magiques pour que la victoire soit de leur côté. Tout ça prend du temps. »

A trois semaines du premier tour de la présidentielle du 6 mars, les milliers de féticheurs que compte le Bénin s’activent dans leur couvent pour faire gagner les candidats qui viennent les solliciter par personnes interposées. « C’est ainsi toutes les échéances électorales, mais pour la présidentielle, c’est autre chose. Il faut faire intervenir les grandes forces occultes parce que les enjeux sont plus grands », reconnaît le fils d’un bokonon à Ouidah. Pendant ce temps, à Cotonou, ces présidentiables en costard se frottent les méninges pour débattre de leur projet de société.

Si la croyance populaire au Bénin veut qu’une grande personnalité ait derrière lui un puissant bokonon, la question aux intéressés eux-mêmes crée souvent une certaine gêne et est taxée d’impertinente. Pourquoi ? « Parce que les hommes politiques ne veulent surtout pas associer leur image à quelque chose qui, il faut le reconnaître, est rejeté par une bonne partie de l’électorat chrétien. Il ne faut pas prendre le risque », tente de justifier un observateur de la vie politique.

« Mais vous pensez que le premier ministre Lionel Zinsou serait sorti d’un accident d’hélicoptère sain et sauf sans l’aide d’un esprit de l’ombre ?, réagit Dansou Hounnongan, secrétaire général du Syndicat national des médecins traditionnels et assimilés du Bénin (Synametrab). Ils sont conscients du rôle qu’on joue pour eux. »

Saintes nitouches

Les politiciens jouent aux saintes nitouches. C’est un regret pour le bokonon Fagbédji retranché dans son couvent à Kpomassé : « C’est pourtant nous qui faisons le boulot. Ils nous négligent. Mais la nuit tombée, ils garent leurs véhicules luxueux pour demander des services. »

Et ça marche réellement ? « Je vous jure qu’ils ont satisfaction. Moi je peux faire gagner les gens », insiste-t-il d’un ton sec. Pour être plus convaincant, Dah Fagbédji s’oblige à livrer une de ses recettes. « Pour faire gagner un homme politique, je dois avoir les noms des autres concurrents. Ensuite je prépare une poudre avec des feuilles, j’ai besoin de 41 musaraignes sur lesquelles je travaille en brousse pour rendre les autres détestables. A l’homme politique, je donne des amulettes qu’il doit mettre dans la poche pendant ses meetings. A chaque fois qu’il dira quelque chose, il sera toujours applaudi », dévide, dédaigneux, le féticheur en secouant la tête.

La discussion est interrompue par une visite. Une femme qui a des problèmes de sorcellerie dans sa famille. « C’est un problème récurrent pour lequel aussi je suis souvent consulté », lance-t-il pour reprendre la conversation laissée en suspens. Mais au moment de prendre congé de lui, il nous interpelle. La veille, des hommes politiques sont venus de la part d’un candidat. Ils lui ont demandé de travailler pour que « le candidat blanc » échoue. « Je leur ai : “Moi je suis pour que le Blanc ne soit pas à la tête du pays. Mais si j’y arrive, pourriez-vous trouver des places à la douane béninoise pour mes deux fils qui sont au chômage ? Ils m’ont dit qu’ils vont rendre d’abord compte à leur patron. »

Dansou Hounnongan n’est pas du même avis. Pour lui, Lionel Zinsou est le candidat qu’il faut pour que les animistes soient respectés : « Il nous aime et l’a prouvé le 10 janvier. L’autre, il nous a tout le temps évités. »

Ce 10 janvier se tenait à Savalou la 25e édition de la Fête des religions endogènes du Benin. Un rendez-vous créé en 1992 par le président Nicéphore Soglo et institué en jour férié en 1998 par son successeur Mathieu Kérékou et où il peut être bienvenu de se rendre quand on a des ambitions politiques nationales. Un enjeu qui n’a pas échappé au premier ministre candidat Lionel Zinsou, coiffé d’un bonnet traditionnel et de plusieurs ministres : « Nos religions sont une expression de notre volonté de paix, de notre volonté de confiance des uns envers les autres (…) On ne doit pas les décrier, il faut les pratiquer, a-t-il déclaré à la tribune. Nous devons moderniser, mais préserver nos traditions. Cette fête est une fête de paix que la République honore, parce que nos cultes sont nos traditions, et pour demain, elles sont notre paix. »

Lemonde.fr par Hermann Boko

Centrafrique: 2e tour de la présidentielle et 1er tour des législatives le 14 février

janvier 28, 2016

Bangui – Le second tour de l’élection présidentielle en Centrafrique – initialement prévu dimanche puis reporté en raison de problèmes d’organisation – et le 1er tour des législatives – scrutin annulé en raison de nombreuses irrégularités – auront lieu le 14 février, selon des décrets de la présidence de transition lus jeudi à la radio d’Etat.

Le second tour de la présidentielle opposera les anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, arrivés en tête du premier tour le 30 décembre 2015. Les législatives, également organisées le 30 décembre dernier, avaient été annulées lundi par la Cour constitutionnelle en raison de nombreuses irrégularités.

Sur proposition de l’Autorité nationale des élections (ANE), chargée d’organiser ces scrutins déjà plusieurs fois reportés, la présidente de transition, Catherine Samba Panza, a de nouveau convoqué le corps électoral centrafricain le 14 février en vue du 2è tour de l’élection du président de la République et en vue du 1er tour des élections législatives, indiquent deux décrets présidentiels.

Ces scrutins doivent ramener la Centrafrique dans la normalité institutionnelle après trois années de violences intercommunautaires ayant plongé le pays – l’un des plus pauvres de la planète – dans une crise sans précédent.

Mercredi, l’ANE avait annoncé le report du second tour de la présidentielle.

On ne peut pas faire l’élection dimanche, c’est impossible, nous annoncerons vite une nouvelle date, avait indiqué son rapporteur-général, Julius Ngouade Baba.

Trente candidats se présentaient au 1er tour à la présidentielle et plus d’un millier aux législatives.

Constatant de nombreuses irrégularités dans la quasi-totalité des 140 circonscriptions des législatives (absence de bulletins de vote, de listes électorales, de cartes d’électeurs, procès-verbaux de bureaux de vote inexploitables, fraudes,…) la Cour constitutionnelle avait annulé lundi l’intégralité du vote.

D’ores et déjà, organiser un nouveau premier tour en deux semaines s’annonce comme un défi pour l’ANE.

La Centrafrique est plongée dans le chaos depuis le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka, elle-même finalement chassée du pouvoir par une intervention internationale menée début 2014 par la France dans son ancienne colonie.

Romandie.com avec(©AFP / 28 janvier 2016 15h16)

Niger/présidentielle: accord d’opposants dans la perspective d’un second tour contre le président Issoufou

janvier 27, 2016

Niamey – Quatre candidats de l’opposition à la présidentielle du 21 février au Niger, dont Hama Amadou, incarcéré depuis plus de deux mois, ont signé mercredi une alliance prévoyant d’appeler à voter pour celui qui serait le mieux placé en cas de 2e tour.

L’objectif de cette Coalition pour l’alternance 2016 , baptisée COPA, semble clair: faire barrage au président Mahamadou Issoufou, candidat à un second mandat sous les couleurs du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS).

Mus par notre volonté politique à oeuvrer ensemble pour la conquête et l’exercice du pouvoir (…) décidons de la création de la Coalition pour l’alternance 2016 +COPA+, indique le texte où chaque prétendant s’engage à assurer l’élection de celui d’entre eux qui arriverait au second tour le 20 mars.

Les signataires en sont Seïni Oumarou, candidat du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, ex-parti au pouvoir de 1999 à 2010), l’ex-président du Parlement Hama Amadou (Moden, Mouvement démocratique nigérien), Mahamane Ousmane, premier président démocratiquement élu du pays (1993-1996) et Amadou Boubacar Cissé dit ABC, de l’Union pour la démocratie et la république (UDR).

C’est Amadou Noma, président par intérim du Moden, qui a apposé sa signature sur le document au nom de Hama Amadou, incarcéré depuis le 14 novembre pour complicité dans un présumé trafic de bébés avec le Nigeria.

La cérémonie de signature du texte a réuni un millier de personnes devant le siège du Moden, dans le centre de la capitale.

A l’issue du premier tour de la présidentielle de 2011, ces quatre candidats avaient totalisé 53% des suffrages dont: 23% pour Seïni Oumarou, 19,81% pour Hama Amadou, 8,32% pour Mahamane Ousmane et AB Cissé 1,6%.

En 2011, MM. Oumarou, Amadou, Ousmane et Cissé avaient déjà noué un pacte similaire, mais il avait été rompu par Hama Amadou, arrivé troisième au premier tour, et qui avait alors décidé de soutenir Mahamadou Issoufou crédité de 36,16%. Ce soutien avait été déterminant dans la victoire finale de M. Issoufou.

Les partisans du président disent qu’il passera dès le premier tour mais ils rêvent les yeux ouverts, a déclaré M. Cissé en lisant un communiqué conjoint de l’opposition. L’histoire et la réalité politique du Niger ne leur permettront pas de passer dès le premier tour, a-t-il soutenu.

Ancien ministre d’Etat du président Issoufou, M. Cissé a appelé la communauté internationale à ne pas fermer les yeux durant le processus électoral au Niger.

Près de 7,5 millions d’électeurs doivent choisir entre 15 candidats lors du scrutin présidentiel qui sera couplé à des législatives.

Romandie.com avec(©AFP / 27 janvier 2016 21h48)

John Kerry appelle au respect des résultats des élections en RCA

janvier 21, 2016

Le Secrétaire d’Etat Américain, John Kerry, a demande aux acteurs politiques centrafricains d’accepter les résultats des élections présidentielle et législatives que s’apprête à proclamer la Cour Constitutionnelle.

Dans un communiqué reçu mercredi à APA, John Kerry relève notamment que l’engouement des Centrafricains le jour du vote démontre qu’on a affaire à un peuple qui veut la démocratie comme mode de gouvernance.

‘’Les violences et armes ne sont plus acceptées comme moyens d’accéder au pouvoir », a-t-il souligné avant de demander aux candidats de respecter la volonté du peuple qui souhaite être gouverné par des personnes élues démocratiquement.

Cette prise de position en faveur du respect de suffrage en Centrafrique du Secrétaire d’Etat américain est de nature à contribuer à apaiser les esprits pour qu’ils ne se lancent pas dans une contestation violente post électorale.

Les Etats Unis ont appuyé financièrement l’organisation des élections présidentielle et législatives du 30 novembre dernier en Centrafrique et ont aidé à travers leurs ONG installées dans le pays à former des observateurs électoraux.

 

Apanews.net