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Poutine fait l’éloge du renseignement militaire russe, au coeur d’un scandale d’empoisonnement

novembre 2, 2018

Moscou – Vladimir Poutine a fait l’éloge vendredi du « professionnalisme » et du « courage » du renseignement militaire russe (GRU), participant à une cérémonie pour le centenaire de ce service au moment où il est notamment accusé de l’empoisonnement d’un ex-agent en Angleterre et de cyberattaques à travers le monde.

« Je connais vos – sans rien exagérer – capacités uniques, y compris dans le domaine des opérations spéciales », a déclaré M. Poutine s’adressant à l’assemblée lors de la cérémonie qui se tenait dans le Théâtre de l’armée russe à Moscou.

« Je suis convaincu de votre professionnalisme, de votre courage personnel et de votre résolution, convaincu que chacun de vous fera tout pour la Russie et notre peuple », a-t-il souligné.

Créée par les bolchéviques en 1918 et considérée comme une structure rivale du KGB pendant l’époque soviétique, la Direction générale des renseignements de l’état-major des forces armées (GRU, renommé officiellement GU en 2010) a la réputation d’être la plus puissante et la plus audacieuse agence d’espionnage russe, tout en étant peu connue du grand public.

Dans son discours, M. Poutine, qui est lui-même un ancien officier du KGB, a d’ailleurs proposé de rajouter de nouveau au nom du service la lettre « R » désignant « renseignement » et de rétablir ainsi le nom GRU.

Ces derniers mois plusieurs pays occidentaux ont accusé le GRU d’être impliqué dans des cyberattaques et piratages dans le monde entier, alors que Londres a mis en cause le service de renseignement militaire russe dans l’empoisonnement en mars en Angleterre d’un ex-agent double russe, Sergueï Skripal.

Les autorités britanniques ont émis des mandats d’arrêt contre deux agents présumés du GRU, soupçonnés d’avoir perpétré l’attaque au Novitchok, un puissant agent innervant, contre l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, en Angleterre.

Aux Etats-Unis, le GRU a notamment été accusé d’être à l’origine du piratage des ordinateurs du parti démocrate américain, prélude au scandale de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Dans cette affaire, 12 Russes présentés comme des agents du GRU ont été inculpés en juillet.

Ces accusations sont rejetées par la Russie.

Romandie.com avec(©AFP / 02 novembre 2018 15h48)                                                        

La lettre d’Obama à Trump: éloge de la démocratie

septembre 3, 2017

L’ancien président américain Barack Obama, le 23 avril 2017 à Chicago / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / SCOTT OLSON

C’est une tradition ancienne et élégante: le président américain sortant laisse à son successeur une lettre, qu’il trouve à son arrivée dans le Bureau ovale.

Celle de Barack Obama à Donald Trump, révélée sept mois après son départ, s’articule autour d’un conseil central: au-delà de l’âpreté du combat politique et de la brutalité des luttes de pouvoir, ne jamais perdre de vue l’importance des institutions démocratiques.

Cette missive d’un peu moins de 300 mots du 44e au 45e président de l’histoire des Etats-Unis prend un relief particulier après plusieurs semaines chaotiques pour Donald Trump, critiqué jusque dans son propre camp pour son manque de clarté – et de hauteur – après les violences racistes de Charlottesville.

« Cher monsieur le président »: le courrier, dont CNN a obtenu une copie, commence par des félicitations à l’aube de cette « grande aventure » qu’est la présidence.

« Des millions de personnes ont placé leurs espoirs en vous, et nous tous, au-delà des partis, devons espérer plus de prospérité et de sécurité sous votre présidence ».

Durant la campagne, Barack Obama avait martelé, avec une virulence qu’on ne lui connaissait pas, que le magnat de l’immobilier était à ses yeux un danger pour la démocratie: « Le sort de la république est entre vos mains », avait-il lancé aux électeurs quelques jours avant le scrutin.

Mais au lendemain de l’électrochoc du 8 novembre, alors que la famille démocrate était encore groggy par la défaite surprise d’Hillary Clinton, il avait insisté sur l’importance d’une transition apaisée et constructive avec l’extravagant milliardaire populiste, qu’il avait reçu dans le Bureau ovale pour un tête-à-tête longtemps inimaginable.

Soulignant combien il s’agit d’un poste unique pour lequel il n’existe aucune « recette simple », Barack Obama livre malgré tout dans sa missive quelques conseils ciselés à son successeur.

Insistant sur l’importance du « leadership américain » dans le monde, il met l’accent sur le poids de la parole des Etats-Unis: « Il nous appartient, par nos actes et par l’exemple que nous donnons, de soutenir l’ordre international qui s’est mis en place depuis la fin de la Guerre froide, et dont notre prospérité et notre sécurité dépendent ».

– ‘Bonne chance’ –

Mais Barack Obama s’attarde aussi longuement sur la dimension singulière du rôle de président, au-delà des vicissitudes quotidiennes de la politique.

« Nous ne sommes que des occupants temporaires de ce poste », écrit-il. « Cela fait de nous des gardiens des institutions et des traditions démocratiques telles que l’Etat de droit, la séparation des pouvoirs, la protection des droits civiques pour lesquelles nos ancêtres se sont battus ».

« Quelles que soient les tensions de la politique au jour le jour, il nous appartient de laisser ces instruments de notre démocratie au moins aussi forts que dans l’état dans lesquels nous les avons trouvés », martèle-t-il.

Dernier conseil du 44e au 45e, dans un registre plus personnel: « Dans la bousculade des événements et face au poids des responsabilités, prenez du temps pour les amis et la famille. Ils vont aideront à surmonter les moments difficiles qui sont inévitables »

« Bonne chance », conclut-il, se disant prêt à aider « de quelque manière que ce soit ».

Donald Trump, qui a publiquement souligné qu’il avait été touché par ce courrier, n’a jamais revu Barack Obama depuis sa prise de fonction.

Parmi toutes ces lettres de président à président, celle laissée, le 20 janvier 1993, par le républicain George H.W. Bush à son successeur démocrate Bill Clinton, a marqué les esprits, par sa dignité, sa classe.

« Votre succès est le succès de votre pays », y écrivait à la main le 41e président des Etats-Unis. « Je vous soutiens totalement », ajoutait-il à l’attention de son adversaire qui venait de le priver d’un second mandat.

Evoquant son « sentiment d’émerveillement et de respect » au moment où il était entré dans le prestigieux Bureau ovale quatre ans plus tôt, il ajoutait « Il y aura des moments très durs. Ne laissez pas les critiques vous décourager ».

Romandie.com avec(©AFP / 03 septembre 2017 17h37)

Russie: Poutine fait l’éloge des agents de renseignement clandestins

juin 24, 2017

Le président russe Vladimir Poutine, le 22 décembre 2014 à Moscou / © POOL/AFP/Archives / MAXIM SHIPENKOV

Le président russe Vladimir Poutine a fait l’éloge samedi des agents de renseignement clandestins, des « personnes pas comme les autres » dont le dévouement à la patrie est exemplaire.

« Renoncer à sa vie, à ses proches et quitter son pays pour beaucoup d’années, en consacrant sa vie à la patrie, tout le monde n’est pas capable de faire cela », a déclaré l’ex-agent du KGB, 64 ans, dans des propos retransmis sur la chaîne publique Rossia 1.

« Ce sont des personnes pas comme les autres, qui ont des qualités pas comme les autres, des convictions pas comme les autres, un caractère pas comme les autres », a-t-il estimé, précisant que son travail pour le service de renseignement extérieur à l’époque soviétique avait été lié « notamment au renseignement clandestin ».

« Ce sont des personnes uniques. Je leur souhaite du bonheur et de la prospérité », a ajouté le président russe.

Lui-même ancien membre du Service de renseignement extérieur (SVR) du KGB, Vladimir Poutine a été en poste à Dresde, en Allemagne de l’Est, alors au sein du bloc socialiste, entre 1985 et 1990, selon sa biographie officielle publiée sur le site du Kremlin.

« Même avant de terminer ma scolarité, j’avais déjà envie de devenir agent de renseignement », avait confié M. Poutine dans cette biographie, précisant avoir fondé son opinion sur le KGB « sur la base des récits romantiques sur le travail des agents de renseignement ».

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2017 21h09)

Cuba-France: Ségolène Royal critiquée pour son éloge sans nuances de Fidel Castro

décembre 4, 2016

La ministre de l’environnement a salué « un monument de l’histoire », oubliant les atteintes aux droits de l’homme perpétrées par le régime cubain.

La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, a salué, samedi 3 décembre, à Santiago de Cuba, la mémoire de Fidel Castro, « un monument de l’histoire », rejetant les accusations de violations des droits de l’homme à son encontre.

 

Mme Royal a estimé que l’ancien président, mort le 25 novembre à l’âge de 90 ans, était « le symbole d’une amitié très profonde entre Cuba et la France ». « Grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin. Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la terreur qu’il y a eue pendant la Révolution française », a-t-elle estimé.

Interrogée sur les violations des droits de l’homme reprochées par l’ONU et l’opposition au régime cubain, Ségolène Royal a dénoncé la « désinformation » et souligné au contraire l’existence sur l’île d’« une liberté religieuse » et d’« une liberté de conscience ». « Donc il faut savoir regarder les choses positivement même si ça dérange », a-t-elle ajouté, estimant que « la France n’a pas à donner de leçon » à Cuba.

Des violations répétées des droits de l’homme

Dans son rapport 2015-2016, l’ONG Amnesty International dressait pourtant un tout autre portrait du régime cubain, malgré son ouverture progressive et sa réconciliation avec les Etats-Unis :

  • les détracteurs du régime sont toujours « victimes de manœuvres de harcèlement, d’“actes de répudiation” (manifestations organisées par des partisans du régime avec le concours d’agents des services de sécurité), ainsi que de poursuites pénales motivées par des considérations politiques » ;
  • les arrestations politiques sont encore monnaie courante : la Commission cubaine des droits humains et de la réconciliation nationale (CCDHRN) en a dénombré 8 600 en 2015 ;
  • les autorités continuent de « contrôler l’accès à Internet, bloquant et filtrant certains sites, ce qui restreignait l’accès à l’information et les critiques antigouvernementales » ;
  • Amnesty « n’a pas été autorisée à pénétrer sur le territoire cubain depuis 1990 ».

Un constat visiblement contesté par la numéro trois du gouvernement français, qui a expliqué qu’« il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l’homme alors qu’on sait qu’ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n’en a pas ». « Et bien, fournissez-moi des listes de prisonniers politiques, à ce moment-là on pourra faire quelque chose », a-t-elle ajouté.

Salve de critiques, jusqu’au PS

Ces déclarations ont été vivement critiquées par l’opposition, de François Bayrou (MoDem) à Florian Philippot (FN) en passant par Roger Karoutchi, Thierry Mariani et Guillaume Larrivé (Les Républicains). Dimanche, le sénateur PS de Paris David Assouline a pris ses distances avec les propos de la ministre, en tweetant que « notre pays rayonne dans le monde parce qu’il a inventé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, pas pour son soutien aux dictateurs ». Le candidat à la primaire de la gauche François de Rugy (ex-EELV) a demandé à l’Elysée de désavouer ces propos.

Ségolène Royal, envoyée à La Havane par François Hollande pour le représenter alors qu’il est en déplacement à Abou Dhabi, est la seule membre d’un gouvernement européen, avec le premier ministre grec, Alexis Tsipras, à avoir fait le déplacement à Cuba à l’occasion de la semaine de deuil national consacrée à l’ex-président cubain.

Lemonde.fr avec AFP